Titre : La lune est une menteuse.

Auteur : Damoiselle A.

Résumé : Bella quitte Forks pour Anchorage, en Alaska… Elle espère se reconstituer un bonheur loin de l'endroit où son premier amour l'a quitté. Un pari risqué qui lui apportera pas mal de surprises JC/BS.

NDA : Bonjour à tous ! Ceci n'est pas ma première fiction, mais c'est la première sur ce site, et avec ce livre. J'ai lu les quatre livres de Twilight : du bovarysme à l'état pur. Je trouve dommage que certains thèmes n'est pas été exploités et je me suis dit qu'il serait drôle de jouer avec ses personnages.

J'espère que cette histoire vous plaira, je l'écris pour moi mais surtout pour vous.

Bonne lecture, et à bientôt !


Prologue

Quand peut-on dire que le bonheur est là ? Que nous sommes heureux ? Comment constituer un bonheur raisonnable ? Je suis tombée amoureuse d'un homme. Un homme à la nature dangereuse pour ma vie. J'ai vécu une passion irraisonnée et irraisonnable. Pourtant je me pose la question : mieux vaut avoir connu un bonheur intense et une déception à la hauteur de ce bonheur ou ne rien avoir connu ? Comment être heureuse ? Où trouver une autre source d'amour, de joie, d'estime ?

J'ai attendu dix-huit ans pour le connaitre, pour avoir ce que j'avais demandé : quelqu'un qui me reconnaisse et m'aime pour ce que je suis. Il avait attendu encore plus que moi, plus d'un siècle. Au final étions-nous heureux ?

Il a veillé sur moi avec constance et gentillesse, j'ai voulu faire de même. Nos natures trop dissemblables nous ont éloignés, mais est-ce que ces sensations ressenties étaient le véritable bonheur ? Ai-je autre chose à connaitre ? De plus fort, de plus intense ? Et sinon pourquoi continuerai-je à vivre ?

Si à dix-neuf ans j'ai connu tous les bonheurs d'une vie, quel avantage à vivre plus longtemps ? Alors voilà, je vis parce qu'il y a une chance infinitésimale pour que je sois peut être un jour plus heureuse que ces jours là. Mais la vie est-elle aussi facétieuse ?


Chapitre Premier

- Bella, lève-toi, tu vas être en retard.

- J'arrive Charlie, grognais-je de ma couette.

Je me retournai soupirant, m'exaspérant et m'injuriant mentalement de tous les noms pour avoir pensé à déménager le premier jour des vacances d'été. Pourtant mon raisonnement se tenait : il fallait que je m'installe le plus rapidement possible et que si possible je trouve un travail à temps partiel compatible avec mes études.

Je préférais faire tout le sale boulot avant de partir en vacances chez ma mère.

Mais mon corps protestait vigoureusement et ma raison vacillait.

Une image apparue dans mon esprit, et je me levai immédiatement pour la chasser, seule l'occupation m'aiderait à ne plus m'en souvenir. Je me levai tel un ressort et commençait à fourmiller d'activités quotidiennes et banalement humaines : me laver, me préparer et descendre déjeuner avec Charlie.

- Tu pars à quelle heure ?

- Vers le milieu de l'après-midi je pense. Jacob ne va pas tarder. Il doit m'aider à charger mes affaires dans la camionnette.

Un silence confortable s'établit entre mon père et moi.

- Ca ne va plus être pareil sans toi, lâcha soudain Charlie.

- Il faut bien que j'aille à l'université. Je ne suis pas si loin, ce n'est pas comme si j'habitais Juneau*. Anchorage est une grande ville avec un aéroport qui me reliera à Seattle en trois heures. Je pourrais revenir au moindre problème.

- J'espère bien, bougonna Charlie.

La moto de Jacob se fait entendre juste au bon moment dans la cour. J'embrassai mon père avant d'aller saluer mon meilleur ami.


-Voilà tout est chargé, lâcha Jacob avec un grand bruit.

- Merci Jacob de m'avoir prêté tes muscles, lui répondis-je en souriant.

- De rien. Ca va aller toi ?

- Bien sûr, et puis ce n'est pas comme si je partais pour toujours.

- Tu es sûre que c'est une bonne idée ?

- J'ai besoin de changer de cadre, Jacob. J'en ai vraiment besoin.

Les adieux avec Charlie ne furent pas très expansifs, ile me prit dans ses bras et m'embrassa. Billy, le père de Jacob, était venu me faire ses adieux et passer la soirée avec mon père « entre hommes ». Je soupçonnais Billy de ne pas vouloir laisser mon père seul un jour pareil et l'en remerciai.

Jacob m'a donné une brève étreinte me faisant promettre mille choses comme une vraie mère poule. J'ai ri, ai démarré la camionnette et me suis lancée sur les routes. Je dormirais dans mon camion ce soir ou alors je serai courageuse et roulerai jusqu'en Alaska et rejoindrais la résidence étudiante et le petit logement que mes parents avaient accepté de me payer là bas.

J'étais pressée de voir à quoi il ressemblait, j'ai roulé plusieurs heures d'affilée. Inévitablement mes pensées commencèrent à divaguer. J'essayais de m'occuper l'esprit en écoutant de la musique, en chantant. J'ai ouvert ma vitre, pour que le vent froid fouette mon visage et me réveille.

Malheureusement mes pensées revenaient sans cesse à lui. Comme si je devais en faire le deuil pour avancer. Soit.

Edward Cullen était entré dans ma vie aussi vite qu'il en était sorti, pour mon bien, ma sécurité. Le pire de tout est que je comprenais ces raisons, les ressentais au fin fond de mon cœur. Le peu d'instinct de survie que je possédais le remerciait.

L'anniversaire de mes dix-huit ans s'était extrêmement mal passé. Non parce qu'il s'était trompé sur les chocolats à offrir ou la taille de la lingerie qu'il m'avait offerte, mais plutôt parce que son frère avait failli me tuer en perdant le contrôle de sa soif. Mon beau fiancé était un vampire et si la plupart de ceux de sa famille pouvait se contrôler en ma présence, son frère Jasper perdait totalement les pédales dès qu'une goutte de sang humain paraissant dans son champ de vision. Il m'avait sauté dessus. Je ne due la vie qu'aux reflexes d'Edward, plus rapide que la plupart des vampires.

J'étais en vie. Edward s'en voulait, il comptait le nombre de fois où j'avais échappé à la mort en sa présence et en celle de sa famille, sans compter le risque permanent que je prenais à chaque rencontre. Ayant bien ressassé et remâché ses pensées pendant une semaine, Edward avait parlé à sa famille avant de venir me voir. Il me quittait. Ils partaient tous, espéraient que je serais heureuse dans une vraie vie d'humaine.

Une vraie vie d'humaine, n'importe quoi. Pourquoi aurais-je été plus heureuse dans une vie normale ? Et si ma vie n'aspirait qu'à être du côté des êtres de contes et légendes ? Et si ma normalité était celle-ci ?

J'attirais les ennuis comme d'autres les hommes. A croire que le destin s'acharnait à me voir morte. Le dernier conseil d'Edward avait été d'aller faire mes études ailleurs, ne pas rester à Forks plus d'un an, la menace Victoria l'inquiétait et il comptait sur Alice pour le prévenir d'un danger.

Il n'avait pas prévu que Victoria contrecarrerait le don d'Alice, je n'ai réussi à rester en vie cette fois que grâce à Jacob et la meute des Quileutes.

Victoria était finie, je ne le reverrai plus jamais. J'ai passé de longs mois en dépression. J'aimais cette douleur constante qui me rappelait qu'il avait existé. Ces pensées malsaines avaient finies par me rendre à moitié folle, j'avais perdu beaucoup de poids et étais tombé plusieurs fois malade. Jacob avait décidé de s'en mêler.

Il m'avait redonné le sourire, fait rencontrer la meute, la fiancée de Sam… M'avait rappelé que la vie est malicieuse, tortueuse et qu'il ne fallait jamais dire jamais.

Une seule question m'a tenue en éveil et m'a empêché de virer encore plus mal: si je vivais, est-ce que j'aurais la force de ne pas devenir ce à quoi le destin, la situation, mon histoire me prédestinaient ?

J'ai tenté le pari, mis les bouchées doubles pour avoir mon diplôme et me suis inscrite à l'Université d'Anchorage, une grande ville d'Alaska, pour préparer un master en philosophie. Un domaine qui m'intéressait beaucoup et dans lequel l'université d'Alaska n'était pas la dernière. Pourquoi la philosophie ? Parce que c'est quelque chose de gratuit. C'est une réflexion pour le plaisir de réfléchir et peut être de mieux vivre. Pour comprendre. Et j'avais soif de comprendre.


J'ai roulé une bonne partie de la nuit ne m'arrêtant toutes les trois heures pour me dégourdir les jambes. Mes pensées roulaient devant mes yeux de plus en plus fatigués. Je passai la frontière groggy et frigorifiée. Je décidai de mettre de la musique et commençait à chanter à tue-tête sur le nouvel album récemment acquis d'un groupe de rock anglais.

J'arrivai de bon matin à Anchorage. Ne restait qu'à trouver le campus universitaire, d'après mes recherches il ne devait pas être loin. J'en profitais pour faire le tour de la ville encore endormie et repérer tout ce qui me serait utile notamment autour du campus. Laverie, épicerie, marché…

Je me garai devant la résidence à l'heure où les routes commençaient à se remplir de gens pressés se rendant au travail ou amenant leurs enfants à l'école.

Mon antiquité roulante protesta du nombre de kilomètres que je lui avais fait faire en quelques heures. Elle n'avait jamais autant roulé. Charlie avait été inquiet de me laisser partir avec. Je devais l'appeler pour le rassurer.

Je me rendis à la Conciergerie pour prendre les clefs de la résidence, j'avais tous les papiers nécessaires dans une jolie pochette. La concierge s'appelait Mrs Santers. Elle était ce qu'il y a de plus adorable. De grands yeux bleus, des cheveux grisonnants bouclés, étonnée de me voir arrivée si tôt.

Elle me tendit les clefs avec un grand sourire et me proposa l'aide de son mari pour l'emménagement. Je pris note, la remerciai et pris le nécessaire à ménage que j'avais prévu pour nettoyer mon logis.


J'étais au deuxième étage. Salle de bain et cuisine privative. J'entrai et me trouvai dans le noir, pas une seule ampoule. Je me dirigeai vers ce que je croyais être les fenêtres et réussi à les ouvrir. Je me retrouvai devant un paysage splendide. Une forêt intense. Je ris en constatant que ce paysage était presque aussi vert que Forks.

Je laissai les fenêtres ouvertes pour aérer. Mon logement était petit mais fonctionnel : l'entrée donnait dans une pièce à vivre. Chambre, salon, salle à manger. Cette pièce contenait une porte et un passe plat. La porte donnait sur une salle de bain avec WC et cabinet de douche. Le passe plat sur une kitchenette bien aménagée.

Du parquet vitrifié au sol et du carrelage blanc dans la cuisine et la salle de bain. L'endroit était lumineux grâce à la baie vitrée de la pièce à vivre qui me rappelait la maison des Cullen.

Le ménage me prit une partie de la journée, je n'avais pas dormi, étais fourbue et l'emménagement restait à faire. Mais je n'aurais voulu reporter cela pour rien au monde. Au fur et à mesure que mes muscles s'engourdissaient mon esprit devenait plus clair, plus apaisé. Je ressentais un réel bien être à préparer mon nouveau nid.

Je descendis manger à la cafétéria du campus au milieu d'après-midi. J'en oubliai que je ressemblais à une souillon, une sauvage, devant toutes ces jeunes filles propres, manucurées, habillées et maquillées.

Mais je m'en fichais, je m'installais dans un coin avec musique et livre devant un paysage de rêve. Il faisait bon pour cette période de l'année, environ 10°C. Je savais qu'il y avait probablement peu de chance pour que le thermomètre grimpe à une température plus élevée.

Je regardais les étudiants rire, manger, commencer leur devoir, vivre. Je pliais bagage dès mon repas terminé et rentré chez moi. Pas encore tout à fait « la maison ».

En rentrant chez moi je passai devant la Conciergerie. Mrs Santers m'arrêta, me demandant si je voulais de l'aide. Je lui fis un grand sourire et acceptai. Le lit pèserait lourd. Je fis la connaissance de Mr. Santers. Et tandis que le couple m'aidait à rentrer mes effets personnels, dans la fin d'un après midi radieux, je laissais leur bienveillance rouler sur moi avec bonheur.


* : capitale de l'Alaska, peu pratique en matière de transport, notamment routiers.