Titre : Le garçon et l'Agent orange

Chapitre 2: Le garçon

Résumé : Une enquête qui emmène Booth et Brennan très loin de chez eux devient très personnelle pour Booth.

Spoilers : 6X09, mais pas au-delà.

Ratings : Flirte entre T et M, mais laissez-le savoir si c'est trop 'sexy' pour du T.

NA : J'espère que vous apprécierez, j'ai eu du plaisir à l'écrire.


Comment un homme de sa carrure avec sa forme physique, capable de poursuivre un suspect sur plusieurs kilomètres et qui n'avait pas été mis K.O. depuis des années n'arrivait pas à suivre une fille de la moitié de sa taille à peine sortie de l'adolescence était au-delà de sa capacité de compréhension. Valérie avançait d'un pas rapide sans s'arrêter une seconde pour reprendre son souffle et plus ils avançaient, plus son rythme accélérait.

Alors qu'il commençait à contempler la possibilité de prendre bientôt sa retraite, il se retourna vers Bones, dont il connaissait parfaitement la forme physique, pour l'apercevoir la respiration haletante et des gouttes de sueur coulant sur son front. Il fut surpris de comprendre qu'il n'était pas le seul à ne pouvoir suivre la jeune étudiante. Il s'arrêta un instant, sortit une bouteille d'eau de son sac-à-dos et la tendit à Brennan qui le remercia en l'acceptant.

« Eh! Euh… Valérie, c'est ça? Appela-t-il la jeune fille qui s'arrêta pour se retourner vers lui.

- C'est ça, vous pouvez m'appeler Val.

- D'accord, Val, vous croyez qu'on pourrait s'arrêter un instant? Prendre une petite pause?

- On pourrait, mais vous voyez cette roche là-haut? Il y a la plus magnifique vue de la planète là-bas.

- La beauté… de la vue… haletait Brennan, ne peut être… mesurée empiri… empiriquement.

- Prenez le temps de respirer Bones… et je crois que ce n'était qu'une expression.

- Alors, vous préférez mourir de fatigue en bas sous de mornes érables effeuillés ou mourir de fatigue devant la plus belle vue de la planète?

- Je choisis la vue, vous Bones?

- Montons ».

Valérie n'avait pas menti; la vue était spectaculaire. À leurs pieds, une haute falaise tombait sur plusieurs dizaines de mètres laissant voir les montagnes, les vallées; toute la splendeur des Appalaches américaines. En apercevant le paysage, Booth sentit son souffle se coincer dans sa gorge. Malgré tout ce qu'il avait vu dans toute sa vie, les pays exotiques dans lesquels il avait voyagé, il n'avait que rarement vu une telle beauté. La journée était claire et on pouvait voir au-delà de l'horizon.

« C'est le mont Washington, là-bas? Demanda Brennan en ayant atteint le sommet de la petite montée.

- Qui sait? Répondit Valérie.

- Seigneur, Bones. Comment ne pouvez-vous pas croire en Dieu après avoir vu une telle beauté?

- L'idée que Dieu ai modelé la Terre est absolument absurde. S'il l'avait fait, je dois dire qu'il n'a pas fait un excellent job! Je ne crois pas en Dieu; je crois au déplacement des plaques tectoniques et à des millions d'années d'érosion.

- Je ne crois pas que Dieu ait pu faire cela, répondit soudainement Valérie faisant sourire Brennan. Je crois que Dieu nous a donné la capacité d'apprécier ce paysage magnifique ».

Cette fois, ce fut Booth qui lança un petit sourire arrogant à Brennan, mais avant même qu'un des deux n'aient eu le temps de reprendre complètement son souffle, Valérie s'était relevée pour repartir.

« On y va, dit Brennan, appréciant de plus en plus l'enthousiasme de la jeune fille.

- Bones! Mais notre petite pause?

- Il reste près de deux heures avant d'avoir à revenir, Booth, le soleil ici se couche vers les 16 heures, je veux au moins voir les restes avant d'avoir à repartir.

- Allons-y alors », dit-il en regardant les deux femmes se lever pour repartir. Il soupira, il était maintenant coincé entre deux Bones et ce n'était pas vraiment une bonne nouvelle.

Ce qu'il ignorait était qu'à ce moment ils étaient très près du sommet de la montagne. Lorsqu'ils aperçurent la petite clairière grouillant d'activité, ils comprirent rapidement que, malgré le problème de juridiction, quelqu'un avait déjà pris les choses en main. On entendait d'ailleurs dans un haut-parleur la voix du docteur Drolet qui supervisait les opérations du pied de la montagne.

« Je dois vous avertir, dit Valérie, en s'approchant d'eux. Le lieutenant qui s'occupe de l'enquête pour la SQ, malgré tout son charme, a la qualité morale d'un bambin de trois ans un peu égoïste.

- Oh! Ok! Dit Booth un peu étonné. Nous allons être prudents?

- Valérie! Disait une voix suave et charmeuse au loin. Enfin, tu es là!»

Valérie se retourna et sourit à l'homme qu'elle venait de décrire. Elle s'avança vers lui et lui donna un baiser sur chaque joue laissant Booth et Brennan derrière elle, paralysés, les yeux grands ouverts et la bouche légèrement ouverte.

L'enquêteur était absolument superbe, même Booth devait l'avouer. Il était grand et avait les épaules larges et carrées. Son regard bleu velouté perçait tout ce qu'il regardait et son look mal-rasé accentuait sa mâchoire définie. Ses pommettes saillantes et ses cheveux sagement décoiffés lui donnaient un air gamin pour lequel n'importe quelle femme aurait fondu. Il était un des hommes les plus symétriquement parfaits que Brennan avait vus dans sa vie.

« Je suppose que c'est le FBI, dit-il en souriant alors que Booth sortit de sa catatonie.

- Lieutenant Carbonneau, voici l'agent spécial Seeley Booth du FBI, présenta Valérie alors que les deux hommes se serrèrent la main. C'est un fan des Flyers, continua-t-elle alors que Carbonneau retira sa main et la regarda comme s'il venait de serrer la main du diable ce qui fut remarqué, mais ignoré par Booth.

- Voici ma partenaire, le docteu… commença Booth avant de se faire couper par Brennan.

- Je peux me présenter moi-même, Booth, dit-elle en souriant idiotement. Docteure Tempérance Brennan, anthropologue judiciaire à l'institut Jefferson de Washington ».

Carbonneau prit sa main et en embrassa le dos, alors que les yeux de Booth s'écarquillèrent. Tout ce qu'il avait besoin présentement était qu'un Adonis sans moralité flirte avec sa partenaire. Cette enquête serait sûrement une des plus longues de sa vie.

« Enchanté, dit Carbonneau de sa voix suave.

- Enchantée, répondit Brennan en souriant idiotement.

- Je ne veux pas interrompre les présentations, mais le temps est compté ici, dit Valérie.

- Excellent, dit Booth. Où est le corps?

- Eh bien, hier un 'chasseur', dit Carbonneau en faisant des guillemets avec ses mains, est monté ici pour faire le tour de ses trappes. Son chien a trouvé le crâne à travers la neige. Par ici. »

L'enquêteur mena le groupe à l'endroit où le crâne avait été trouvé et au moment même où il fut visible, Booth sentit son cœur se resserrer dans sa poitrine. Il avait vu ce genre de crâne avant, il connaissait ces enquêtes. Il soupira. Le crâne était trop petit pour être celui d'un adulte.

« Impressionnez-moi, mademoiselle Bergeron, dit Brennan avant de mettre le crâne dans les maint gantées de Valérie.

- Humain, mâle, cinq à sept ans, est ici depuis très, très longtemps.

- Combien de temps?

- C'est difficile à déterminer étant donné l'absence de chair. Les marques de morsure indiquent qu'il a été dévoré par des animaux sauvages, probablement des vautours.

- Je n'ai pas vu de vautours, dit Carbonneau.

- On est en plein hiver, les vautours sont dans le sud à ce temps-ci de l'année.

- Elle vous corrige aussi, non? Demanda Booth amusé.

- Tout le temps! Au moins, avant qu'elle arrive dans le décor, le Dr Drolet m'ignorait quand je me trompais. Mademoiselle Val, ici, ne peut s'empêcher de me corriger quand je lui en donne l'occasion et croyez-moi ça arrive souvent.

- La décalcification des dents démontre qu'il est ici depuis des années, probablement des décennies.

- J'estimerais la mort à environ 25 ans, dit Brennan.

- Est-ce que c'est un meurtre? Demanda Booth.

- Je ne le sais pas, je vais prendre des photos et les enverrai à Angela pour qu'elle commence la reconstruction.

- Rapide! Commenta Valérie, surprise.

- On a trouvé des restes un peu partout dans le périmètre, dit Carbonneau espérant être utile.

- Waouh! Ça c'est étrange, dit Valérie en tournant le crâne dans ses mains avant de sortir de son sac une paire de lentilles agrandissant qu'elle échangea contre les propres lunettes.

- Quoi? Demanda Brennan en faisant de même avant d'approcher son regard du crâne.

- Vous deux ensemble, c'est comme fêter le Festival des fouines, commenta Booth recevant deux regards assassins avant que Valérie retourne son attention au crâne.

- Vous voyez les microfractures sur l'os temporal. Un objet contondant?

- Peut-être, Booth?

- Oui?

- Je veux qu'on élargisse le périmètre à 100 mètres sur 100 mètres et qu'on y récolte la neige.

- Vous plaisantez? Dit Booth alors que quelque chose dans la neige attira le regard de Valérie.

- Non. Il pourrait y avoir des indices qui s'effaceront une fois qu'elle sera fondue au printemps.

- Vous avez une idée de la quantité de neige qu'il s'agit?

- Probablement quelques tonnes.

- Et vous voulez qu'on envoie toute cette neige au Jefferson?

- Non! On va la laisser fondre à la faire filtrer au LSJML. On aura donc besoin d'un camion-citerne. Je veux qu'après avoir recueilli toute la neige, on examine tout le périmètre. Je veux qu'on retrouve tout ce qui reste du squelette et qu'on l'envoie à l'Institut.

- Espérons simplement qu'il ne fera pas tempête cette nuit.

- Ici! Cria Valérie.

- Quoi? Demanda Brennan

- Mandibule, taille et dentition correspondant à celui du crâne. Il semble y avoir une fracture dans la partie inférieure du menton.

- Ça aidera à la reconstruction faciale.

- Docteur Brennan? Demanda une voix au loin.

- Oh! Docteur Drolet, j'avais oublié que vous étiez là, dit-elle dans le micro prévu à cet effet.

- Ça m'arrive un peu trop souvent ces derniers temps, blagua-t-il. Je ne veux pas interrompre la partie, mais il est temps de descendre, il fera nuit bientôt et vous ne voulez pas revenir après que la nuit soit tombée.

- Parfait nous partons. Vous avez compris, mademoiselle Bergeron, Booth?

- Oui, demain, nous serons de retour, dit Booth avec un semblant d'enthousiasme.

- Mettez le crâne dans un sac ainsi que la mandibule », ordonna Brennan sous le regard amusé de l'enquêteur Carbonneau à qui la jeune femme aux yeux bleus plaisait visiblement, ce qui irritait davantage Booth.

La descente fut rapide, mais risquée. L'inclinaison de la montagne était forte et si le soleil avait déjà commencé à descendre, il aurait effectivement été très dangereux de dévaler cette pente en cette fin d'après-midi. Ils arrivèrent rapidement au pied de la montagne pour rejoindre le docteur Drolet qui les y attendait. Après avoir photographié le crâne et avoir envoyé les photos à Angela pour une reconstruction faciale, Brennan se retourna vers Booth pour le retrouver en train d'argumenter au téléphone.

« Tout va bien? Demanda-t-elle en s'approchant de lui.

- Ces imbéciles du Bureau ont oublié de louer l'Auberge.

- Oh!

- Ouais, je dois me chercher un endroit à dormir pour ce soir.

- J'ai bien peur que vous ayez de la difficulté, dit le docteur Drolet. C'est le début de la saison de ski de fond. J'ai dû faire cinq téléphones avant de trouver une Auberge pour Valérie et moi. J'ai bien peur qu'il ne reste plus rien d'ici plusieurs kilomètres.

- Merde, ça veut dire qu'il faut que je conduise jusqu'à …

- Vous pourriez partager ma chambre », dit Brennan avec une aisance surprenante.

Booth leva son regard, à la fois surpris et inquiet, et croisa celui de Brennan. Depuis les dernières semaines, après la révélation des sentiments de Bones pour lui, ils avaient essayé de rester le plus loin possible l'un de l'autre afin d'éviter de réveiller des choses qu'ils espéraient garder profondément endormies de peur de blesser ou de se faire blesser. Brennan, qui n'avait jamais refait référence à cette conversation après avoir sorti de la voiture ce soir-là, avait au meilleur de ses capacités tenté d'encourager la relation entre Booth et Hannah. Quant à Booth, il l'avait tout simplement évité. Il avait évité de la toucher, de la regarder, de penser à elle pendant qu'il était éveillé et évitait de dormir de peur qu'elle ne le rejoigne dans ses rêves. Il était donc plus que surprenant qu'elle lui offre ainsi sa chambre qui, il supposait, ne contenait probablement qu'un lit. Il fut encore plus surpris lorsqu'il se surprit à s'entendre dire : « Bien sûr, Bones. C'est gentil de votre part! »

Ils se rendirent donc à l'Auberge, mangèrent rapidement un morceau et la fatigue s'emparant à nouveau du corps de Booth, il alla se coucher immédiatement après le repas. Après une douche rapide, Brennan le rejoignit, gardant son corps consciemment très loin de celui de son partenaire dans le lit format géant qu'ils partageaient.

Il ne savait pas comment il s'était retrouvé dans cette position et il se serait probablement senti davantage coupable s'il n'avait pas été complètement intoxiqué à la fois par son parfum et par son manque de sommeil, mais il n'avait pas passé une heure sous les draps qu'il s'était retourné vers elle, l'avait approché avant de l'entourer de son bras et de la serrer contre lui. Probablement complètement emportée dans les bras de Morphée, elle ne broncha pas. Il aurait même pu jurer qu'elle s'était inclinée davantage vers lui, qu'elle s'était rapprochée, son dos et tout l'arrière de son corps se collant contre le sien.

Avant d'en avoir même eu conscience, sa main glissa sous son t-shirt et caressa son abdomen. Un son guttural, presque primal, mais à la fois si féminin, sortit de sa gorge et il ne put s'empêcher de monter sa main plus haut pour frôler la base de ses seins avant de la glisser sous l'élastique de son pantalon. Booth pencha sa tête vers ses cheveux, humant l'odeur de cannelle qui s'y était glissée. Il plaça un baiser à la base de son cou, puis un deuxième avant de se mettre à la dévorer complètement alors que sa main continuait la douce torture que Brennan semblait définitivement apprécier. Savourant le son mélodieux de ses gémissements qui envahissaient la romantique chambre dans laquelle ils étaient couchés, Booth continuait de déguster chaque parcelle de sa gorge et de sa nuque. Alors qu'il sentait arriver le point de non-retour, il entendit la porte de sa chambre s'ouvrir en trombe.

« Malaise, malaise, méga-malaise, énorme malaise, entendit-il Angela dire d'un ton frénétique.

- Quel malaise Angela? Dit Brennan d'un ton inquiet, loin des gémissements qu'il avait entendus quelques secondes plutôt.

- Est-ce que c'est Booth qui est couché dans ton lit? » Demanda l'artiste.

Booth avait ouvert les yeux et était soudainement bien content que Brennan ait décidé d'attendre un peu avant de venir se coucher. L'avoir eu dans le lit à cet instant précis aurait été pour le moins embarrassant. Sachant pertinemment bien qu'il devrait se lever bientôt et discuter boulot avec Angela, qui n'avait certainement pas commencé une vidéoconférence à cette heure pour rien, il tenta un instant de réciter le nom de saints dans sa tête afin de faire partir la preuve encore présente de son excitation et pria le Seigneur pour que ses rêves ne cessent avant qu'il ne s'embarrasse devant Bones ou Hannah.

« Oui, la nuit d'hier a été courte et la journée difficile. Booth a eu des problèmes de location de chambre. Il s'est endormi au moment où sa tête a touché l'oreiller.

- Non, dit Booth en se levant, content que toute trace de son rêve soit disparue, je suis réveillé. Quoi de neuf, Angela?

- Bien, bien, bien? Ne sommes-nous pas sexy lorsque nous nous réveillons, Agent Booth? Cette Hannah est une fille bien chanceuse.

- Angela, je suppose que tu as quelque chose pour nous? Ignora Booth

- Ah oui! Méga-malaise. J'ai terminé la reconstruction faciale et je suis à peu près sûre que vous ne l'aimerez pas, spécialement pas toi, Booth », dit-elle en retournant tranquillement le dessin qu'elle avait fait de la victime. En la voyant dévoiler ce visage, le souffle Booth se coinça dans sa gorge, ses yeux s'écarquillèrent et un air de panique envahit tous ses traits. Angela aperçut immédiatement cet air. Elle l'avait vu à quelques reprises lorsque Brennan ou un proche de Booth avait été en danger. Cet air n'avait jamais promis rien de bon.

« Oh mon Dieu, chuchota Bones d'un ton à la fois surpris et inquiet. C'est Parker! »

À suivre…


NA: Imaginez Frédérick de Grandpré dans le rôle de Carbonneau, ahgrrrrrrrrrr! Si vous ne savez pas qui est Frédérick de Grandpré, googlez-le et rincez-vous l'œil.