Bon et bien voilà enfin le chapitre 9. J'avoue j'ai mis beaucoup plus de temps que prévu pour le publier. J'ai vraiment eu du mal à l'écrire du coup j'ai préféré l'abandonner un petit moment le temps de me concentrer sur mes exams et autres stages (et puis aussi sur mes vacances j'avoue). A la base je voulais le publié juste avant la rentrée mais au final j'ai mis un peu plus d'une semaine pour l'écrire. Il ne ressemble pas exactement à ce que j'avais prévu initialement mais j'espère qu'il vous plaira.
Ah oui et merci pour vos reviews, je suis contente de voir que cette histoire plait toujours :).

Edit : Après une relecture à tête reposée, j'ai remarqué que ce chapitre était encore rempli de fautes (et pas que des petites). J'ai donc tout corrigé et je m'excuse auprès des gens que ça aurait pu gêné dans leur lecture. Si jamais vous en voyez d'autres qui vous sautent aux yeux n'hésitez pas à me les signaler, je les corrigerais dés que possible.

Bonne lecture !


Chapitre 9 :

Si je n'avais pas un minimum de fierté et d'amour propre, à l'heure qu'il est je serais déjà en pleure à genoux devant mon tyrannique et impitoyable père pour essayer de le raisonner. En effet, je suis injustement victime d'un complot familial et l'être...humain ? Dont je suis soit disant la descendante directe, a décidé de se servir de son influence pour me pourrir la vie. D'ailleurs, il a l'air plus que satisfait de la tournure de notre conversation, ses mains croisées devant sa bouche n'étant là que pour cacher son sourire victorieux face à ma mine déconfite. Je tentai quand même un ultime (et unique) argument pour obtenir gain de cause :

-Pourquoi tu veux absolument que je sois présente ce week-end ? Après tout, jusqu'à maintenant je m'occupais des réglages les plus importants la semaine et ça allait très bien. En plus, il y a déjà un nombre plus que suffisant de mécaniciens payés pour s'occuper des derniers réglages.

-Satsuki, tu peux t'estimer heureuse que j'autorise ma fille à se conduire comme une délinquante en acceptant qu'elle participe à des courses plus ou moins légales. D'ailleurs, je vais être plus que généreux en te laissant rejoindre samedi soir la bande d'énergumènes qui te sert d'équipe.

A l'entente de sa dernière phrase je me retins de pousser un cris victorieux et de me jeter dans ses bras en pleurant des « merci, merci, merci... », tous plus pathétiques les uns que les autres, face à cette extraordinaire concession. Bon premièrement, parce que sa tirade n'était pas spécialement débordante de compréhension et d'amour paternel. Deuxièmement, son sourire machiavélique n'avait pas disparu (je le soupçonnais même de s'être intensifié). Et troisièmement, justement parce que c'était une «extraordinaire concession ». Mon père ne revenait jamais sur une décision surtout quand c'était en sa défaveur. J'attendais donc patiemment qu'il finisse de me divulguer le fond de sa pensée avant de sauter de joie car pour l'instant ça sentait juste l'arnaque à plein nez.

-Cependant, si tu n'es pas là vendredi soir pour finir les réglages de la voiture de Kaito avant les qualifications de samedi et que tu n'es pas présente pour peaufiner ce qu'il y aura à peaufiner après ces qualifs, je te promets que je ferais en sorte que tu ne puisses plus jamais approcher une voiture à moins de cent mètres.

Je penses que mon visage venait de perdre les dernières couleurs qui avaient vaillamment survécu à mon premier choc. Je venais de me décomposer pour la deuxième fois en moins de dix minutes. En effet, inutile de préciser que les dites qualifications pouvaient durer très très longtemps et qu'il me serait donc quasiment impossible de rejoindre les Project D avant que les courses commencent (sauf si par miracle ma chance arrêtait sa gréve puérile et se décidait à réapparaitre).

-Ah oui et bien sûre ça marche aussi si il ne passe pas les qualifications ou n'est pas dans les trois premier lors de la course de dimanche.

Round 1 : mon père 1 – moi 0. Victoire par KO.

-Parce qu'en plus de me refiler un travail qui n'est pas spécialement le mien à la base, tu veux aussi que je m'assure que Kaito fasse bien le sien ?

Non je n'étais pas énervé, non je n'étais pas en colère, non...c'était bien pire. J'en étais arrivé au stade où même un meurtre n'aurait pas été suffisant pour calmer mes nerfs. Et le fait que le sourire de mon géniteur (oui il était descendu d'un cran dans mon estime et s'il n'avait pas l'influence nécessaire pour ruiner ma vie en un claquement de doigt il serait déjà passer au stade d'illustre inconnu doublé d'un gros connard) ne décollait pas de son visage n'arrangeait rien. D'ailleurs, il garda le même ton calme et exaspérant (ou effrayant tout était une histoire de point de vu) qu'il avait depuis le début de notre conversation et ajouta :

-Oh non, je veux juste m'assurer que tu ne bâcleras pas le tien pour finir plus vite. Après, s'il s'avère que ton frère perd à cause de son manque de compétences se sera bien regrettable pour toi mais le verdict sera le même puisque rien ne me prouvera que ton travail a été fait correctement. Sur ce, jeune fille, j'ai une réunion importante dans dix minutes je vais donc devoir te laisser.

Il se leva de son siège, contourna son bureau, ouvrit la porte et d'un geste de la main m'invita à sortir avant de me suivre et de la refermer derrière nous. Dans un dernier effort je tentai la protestation de la dernière chance :

-Mais...

Le regard noir qu'il me lança en se retournant, et qui laissait allègrement deviner qu'il refusait toute forme de contestation, me dissuada de continuer. Je partis sans rien ajouter et allai téléphoner à Ryôsuke pour partager un peu de mon désespoir avec lui (et puis aussi pour, accessoirement, lui apprendre que je ne pourrais pas être présente vendredi soir et qu'il y avait de forte chance pour que je sois d'une grande inutilité le samedi aussi).


Et voilà, samedi dix neuf heures, mon frère avait réussi à passer les qualifications sans problème (heureusement pour lui sinon je l'aurais tué jusqu'à ce que mort s'en suive...je vous laisse méditer sur ce crime original) et les derniers réglages venaient d'être terminés. Je poussai un énorme soupir de soulagement et m'accordai cinq secondes de pause pour réfléchir. La première course des Project D devrait commencer vers vingt-deux heures. Le sommet où ils se trouvent est situé à environ une heure et demi d'ici. Si je me débrouille bien je devrais être capable de rassembler mes affaires et récupérer ma voiture (totalement remise des péripéties avec mon crétin de frère) en une demi heure à peu près. Je devrais donc être là bas vers vingt et une heures, vingt et une heures trente.

J'entrepris donc de me mettre en route sur le champs quand mon portable sonna. Ryôsuke ? Étrange. Je décrochai et répondis perplexe :

-Allô, oui ?

-Satsuki, on a un problème. Est ce que ta voiture est préparée pour courir en montée ?

En montée ? Un problème ? Oh mon dieu ! Après un gros blanc nécessaire au reformatage de mon cerveau je répondis avec une inquiétude non feinte :

-Il est arrivé quelque chose à Keisuke ?

-Plus ou moins. Il a glissé sur une grosse plaque d'huile. On a aucune preuves concrètes mais on est quasiment sûre que ce sont nos adversaires.

-Les enfoirés. Et il va bien ?

-Oh oui physiquement, par contre sa fierté et sa voiture en ont prit un sacré coup. D'ailleurs, on a fait ce qu'on a put mais il ne pourra pas courir avec ce soir à moins qu'il veuille se suicider.

Je me retins de lui demander s'il parlait de la voiture ou de sa fierté mais je me ravisai. La blague serait sûrement malvenue au vu des circonstance. Et puis, mine de rien si je me bougeais pas j'étais parfaitement sûre que cet abruti serait tout à fait capable de prendre le départ même si cela impliquait de finir dans le fossé.

-Et je suppose que c'est pour ça que tu veux ma voiture ?

-Oui, j'ai hésité à le faire partir avec la 86 mais celle ci est entièrement configurée pour la descente et puis le modèle de la tienne se rapproche plus de la FD.

-Hé bien on peut dire que vous avez de la chance dans votre malheur, je viens de terminer ce que j'avais à faire ici. Et ne t'inquiète pas pour les réglages je devrais être là haut une demi heure avant le début de l'épreuve ce qui me laissera le temps pour changer quelques trucs si besoin est.

-Parfait, bon et bien à toute à l'heure.

On raccrocha et je repartis dans ma course contre la montre pour arriver à l'heure à destination.


Il était vingt et une heure quinze quand j'attaquai la montée pour arriver au sommet. Pile dans les temps (je ne mentionnerais pas le fait qu'un bon nombre d'excès de vitesse m'ont permis cet exploit). J'en étais à peu près à la moitié quand je vis une voiture garée sur le bas côtés et...quelqu'un assis sur le capot. Purée, j'en étais sûre, cet idiot a quand même pris sa voiture et tenté de la pousser au maximum. Je ralentis et m'arrêtai à côtés de mon binôme blond au bord du suicide avant de sortir de mon véhicule.

-Hé bien, à ce que je vois quand je ne suis pas là tu en profites pour devenir médiocre.

Un petit sourire ironique c'était affiché sur mon visage pour essayer de lui montrer que je tentais, plus ou moins maladroitement, de faire de l'humour pour le dérider un peu. Apparemment, tentative ratée puisqu'il ne réagit absolument pas. Bon et bien, il venait encore une fois de planter mais je ne saurais dire si c'est parce que je venais de débarquer et qu'il n'était pas prêt psychologiquement ou si c'était le résultat de la phrase que je venais de sortir. Dans tout les cas, j'en profitai pour essayer d'analyser la gravité des dégâts présents sur la Mazda jaune à l'aide de la lumière prodiguée par mes phares. Tout le par-choc gauche était enfoncé et on avait tenté de ressouder des bouts de carrosserie à l'aide de scotch. Conclusion :

-Tu avais décidé que c'était une belle nuit pour mourir ?

Ah ça y est, débugage enclenché. Ces sourcils se froncèrent et il se tourna vers moi :

-Mais qu'est ce que tu racontes ?

-Le bras de suspension est complètement plié et le parallélisme est à revoir. La seule chose que tu gagneras à courir avec ta voiture dans ces conditions c'est le cimetière.

J'avais finit, bien malgré moi, sur un ton avec beaucoup plus de reproches que prévu ce qui eu l'air de surprendre notre pilote suicidaire.

Finalement, il reprit appuie sur son capot et se renfrogna :

-Comment je vais faire ? Il est hors de question que j'abandonne face à des types pareils.

Bon, apparemment, Ryôsuke n'avait pas jugé bon d'informer son frère de notre conversation téléphonique. Ba, tant pis, il allait encore une fois être choqué mais bon il n'était plus à ça près. Je lui tendis donc les clés de ma voiture. Comme prévu il resta complètement interdit, ses yeux restant fixés sur mon cadeau alors que son visage affichait une moue de totale incompréhension. Je décidai d'ajouter un cadeau bonus en l'aidant à comprendre mon geste :

-Elle est comme neuve. J'ai finit de la réparer cette semaine. Bon, les réglages ne sont pas encore parfaits mais un mec qui était prêt à courir avec ce qui se rapprochait plus d'une épave que d'une voiture ne devrait pas trop être tatillon sur les détails.

Il récupéra mes clés sans paraître vraiment convaincu :

-Mouai mais mon frère ne sera jamais d'accord. Une des règles d'or des Red Suns est de toujours courir avec son propre véhicule.

-Peut être sauf que tu ne fais momentanément plus partie des Red Suns mais des Project D. Et puis, si tu tiens vraiment à faire cette course débrouille-toi pour le convaincre de te laisser partir avec ma voiture car...

Je récupérai ses clés qu'il gardait dans son autre main avant de continuer :

-Moi je garde ce-ci, répliquai-je en les agitant devant son nez, jusqu'à ce que la course soit terminée pour être sûre que tu ne fasses pas une autre tentative de suicide involontaire.

Oui, oui, je sais, j'aurai pu lui dire que c'était Ryôsuke lui-même qui était à l'origine de la magouille du changement de voiture mais si celui-ci ne l'avait pas fait c'était sûrement pour une bonne raison et de toute manière c'était bien plus amusant comme ça.

Keisuke resta un moment perplexe (sûrement le temps d'assimiler ce que je venais de lui dire) puis se ressaisit :

-Tu as raison. Il faut que je fasse cette course par n'importe quel moyen sinon ces bâtards auront gagnés et c'est inconcevable.

Wouhaou, même moi je n'avais jamais réussit à l'énerver autant c'est dire si il était en colère. Je le regardai rejoindre ma voiture quand il se retourna d'un coup :

-Il vaut peut être mieux que je ramène "mon épave" vu son état.

Je lui souris avant d'affirmer avec un petit clin d'œil :

-Ne t'inquiète pas, Keiji est un sadique et grâce à lui j'ai déjà conduit pire.

Il se renfrogna un peu à l'entente du nom de mon patron (sûrement avait il encore un peu de mal à digérer l'épisode Kotaru...Bof ça lui passera) puis haussa les épaules et ajouta :

-Ok, fait comme tu veux. Bon ba on se rejoint là haut alors.

J'acquiesçai d'un hochement de tête et nous nous mîmes en route pour le parking où tous le monde nous attendait.


Bien entendu je mis un peu plus de temps que Keisuke pour arriver à destination (pas que le fait de finir au fond d'un ravin me déplaise mais si je pouvais éviter c'était quand même mieux). Une fois au point de rendez-vous je descendis de la voiture endommagée et rejoignis le petit groupe qui faisait face au leader brun qui, pour une fois, n'avait pas l'air de vraiment comprendre ce qui lui arrivait. En effet, son blondinet de frère lui jouait une scène qui n'avait rien à envier aux meilleurs tragédies de ce monde :

-Même si c'était une règle fondamentale chez les Red Suns de ne jamais courir avec une voiture d'emprunt, aujourd'hui je vais la briser. S'il te plait, Pardonne-moi frangin ! Car même si tu n'es pas d'accord j'ai l'intention de faire cette course, même si au final on ne la considère pas comme une course officielle des Project D. Je dois faire cette course à n'importe quel prix !

Suite à ce petit monologue, Ryôsuke soupira et se tourna vers moi avec un petit air amusé :

-Je pensais que tu lui aurais dit.

Je souris à mon tour lui faisant ainsi comprendre que je trouvais la situation très amusante tandis que notre nouveau comédien tragique nous regardais d'un air hébété. Le stratège brun se retourna vers lui pour lui fournir quelques explications :

-J'ai appelé Satsuki toute à l'heure pour savoir si sa voiture était disponible et si elle acceptait que tu coures avec sachant que son modèle se rapprochait beaucoup de la tienne et que ce serait plus facile pour t'adapter.

Il paru encore plus surpris et répliqua :

-Mais...alors tu t'étais arrangé pour me trouver une autre voiture ?

Alléluia ! Notre maître de la déduction était de retour parmi nous.

-Je ne trouvais pas que c'était spécialement une bonne chose mais nous n'avions pas d'autre choix. Je refuse d'admettre avoir perdu sans même avoir fait la course surtout contre ce genre d'adversaires.

Après l'explication de son frère, Keisuke se tourna vers moi. Bon ba il ne m'a pas oublié apparemment. Pas grave, j'assume et je suis prête à affronter fièrement son « pourquoi tu m'as rien dit ? Tu t'es bien foutue de ma gueule hein ? ».

-Merci.

-... ?

Oui c'est la seule chose que je pus répondre (d'ailleurs, à partir de maintenant je vais lui interdire de me remercier puisque je peux constater, pour la deuxième fois, que mon cerveau a du mal à l'encaisser). Devant mon air interloqué au plus haut point, il ajouta :

-Franchement, ça me fait plaisir que tu me fasses assez confiance pour me prêter ta voiture et puis, mine de rien, tu me sauves la vie au sens propre comme au figuré puisque tu te doutes bien que si je n'avais eu aucune autre voiture je serais quand même parti avec ma FD et j'y serais allé à fond.

-Heu...ba...heu...de rien.

Oh mon dieu, voilà que je me mets à rougir ! Non mais ça va pas du tout ! A force de trop trainer avec lui voilà qu'il me déteint dessus. Je vais moi aussi finir avec un seul neurone, c'est triste. Tout ça parce qu'il veut instaurer une relation de confiance entre nous, ce qui est quand même la base d'un bon fonctionnement pilote/mécanicien. Heureusement, Fumihiro vint à ma rescousse et me sortit de mon profond désespoir :

-Mais Ryôsuke, seront ils d'accord avec ce changement de voiture ? Après tout, ils n'acceptent que les choses qui peuvent faire tourner la course à leur avantage.

Aha ça c'est une mission pour moi et puis ça me fera oublié mon petit dérapage émotionnel non contrôlé.

-Laisse, je vais le faire. J'ai l'habitude, entre le circuit et le garage j'ai eu l'occasion de rencontrer pas mal d'individus dans leur genre. Négocier avec eux ne devrait pas me poser trop de problèmes.

Ryôsuke paru un peu surpris mais approuva :

-Ok, je te laisse t'en charger mais fait quand même attention.

-Je viens avec toi.

Euh oui mais non. Faut vraiment qu'il arrête d'être gentil avec moi ça devient carrément flippant. A choisir, je préférais quand il était invivable et imbu de lui même. Bref, je décidai donc de détourner mon acolyte blond de son nouveau rôle de garde du corps autoproclamé :

-Hum...tu peux pas les voir, ils peuvent pas te voir et je vais paraître beaucoup moins crédible si tu essayes d'assurer mes arrières. Je suis une grande fille ne t'inquiète pas pour moi et crois moi je serais beaucoup plus efficace toute seule.

Sur ces bonnes paroles, je partis donc en direction du camp adverse avant qu'il ne puisse répliquer quoi que ce soit.


Arrivée là bas, un grand brun un peu frisé avec une sale tête et un regard lubrique, que je ne pouvais pas m'encadrer, s'approcha de moi :

-Héhé, salut ! Alors comme ça les grands Project D sont tellement désespérés qu'ils essayent de gagner leur victoire en nature ?

Ah ouai quand même. Ils sont vraiment graves. Je retins difficilement une grimace de dégout (et de lui enfoncer un bon coup de genoux dans ses parties intimes pour lui faire passer toutes envies peu catholiques.).

-Non, je suis juste venu vous prévenir que Keisuke fera la course en montée avec ma voiture. C'est la même marque mais pas le même modèle.

-Oh comme c'est touchant ! Il a appelé sa chérie pour lui venir en aide.

Non mais c'était une maladie ou quoi ? Après mon frère, ces trois abrutis. Enfin, bref, ce n'était pas le sujet et libre à eux de penser ce qu'ils voulaient. Pour l'instant il fallait que j'interrompe leur fou rire agaçant.

-Bon, ba puisque ça à l'aire de vous plaire, tant mieux.

Je m'apprêtai à faire demi tour quand leur pseudo chef brun m'interpela:

-Hé ! Il est hors de question qu'il coure avec cette voiture. Pas le même modèle vous vous foutez de nous ? Je ne suis pas d'accord !

-Oh, pourtant à ce qu'il paraît vous avez dit qu'il pouvait aligner la 86 ou quoi que ce soit d'autre du moment qu'il était présent ?

-N'importe quoi ! Je n'ai jamais dit ça !

Oho ils ne m'avaient pas menti ce sont vraiment de grands cas sociaux.

-Oh allez, c'est bon, même dans les courses de F1 ils ont des voitures de remplacement. En plus, il n'a absolument jamais conduit la mienne ce qui reste quand même un très gros avantage pour vous.

Cette phrase sembla faire « tilt » dans leur tête. Je continuai donc sur ma lancée :

-De toute façon si cette proposition ne vous va pas on annule tout. Pas de course et donc pas de gagnant, pas de perdant. A vous de voir ce qui vous va le mieux.

Finalement, ils n'eurent pas d'autre choix que d'accepter et la course put démarrer.


Comme à mon habitude je rejoignis Ryôsuke et Fumihiro pour avoir les détails de la course en directe. Bien entendu, notre pilote blond gagna haut la main (de toute manière il avait MA voiture donc ça ne pouvait pas se passer autrement). Son adversaire, ayant une connaissance plus que médiocre de sa propre voiture, avait ralentit, alors qu'ils étaient côte à côte en ligne droite, pensant que les deux voitures ne passeraient jamais entre une barrière de travaux et le rail de sécurité alors qu'ils avaient environ dix centimètres de marge (cinq centimètres chacun à peu près).

Une fois la course terminée, mon « locataire » vint me rendre mes clés.

-C'est vraiment une voiture géniale.

Oh rien que ça. Était ce juste pour me faire plaisir et implicitement me remercier (une deuxième fois) ou le pensait il vraiment ? Ba, peu importe, après tout il avait raison. Je lui souris et ajoutai :

-Oui, c'est la meilleure.

Je lui tendis les siennes que j'avais gardées en otage.

-Malheureusement, je ne peux pas en dire autant de la tienne puisque je n'ai pas pu la tester au meilleur de sa forme.

Un petit sourire amusé se dessina sur son visage.

-Hé bien une fois qu'elle sera entièrement réparée tu pourra venir constater par toi même que non seulement elle est géniale mais qu'en plus elle est bien meilleure que la tienne.

-Alors là je suis curieuse de voir ça !

Et voilà comment une nouvelle dispute, cette fois ci sur la suprématie de nos voitures, débuta. Sauf que contrairement aux autres, qui se finissaient par « boudage » intensif d'un des deux protagonistes (inutile de préciser que les trois quart du temps c'était notre cher blond mononeuronique le boudeur), celle ci se termina en fou rire incontrôlable.

Une fois remis de nos émotions (Kenta nous ayant très largement aidé en nous jetant, purement et simplement, une bouteille d'eau à la figure. Oui, il en avait aussi envoyé sur son mentor, son dieu, son guide spirituel, son frère d'arme bref sur Keisuke...Je soupçonne un trop plein de jalousie d'être à l'origine de se léger dérapage) on rejoignit le reste de l'équipe pour assister à la course en descente.

Fumihiro, en contact avec des personnes situées le long du parcours, nous informa des dernières observations :

-Il semblerait que les spectateurs soient éblouis par la technique de freinage de Takumi.

-Évidemment, avec son entrainement, pour lui c'est un jeu d'enfant de repousser les limites de son freinage.

Je vous laisse devinez qui venait de parler avec un sourire hautain. Oui, c'est ça grand, blond un peu (trop) sûre de lui parfois. Bon, à noter quand même qu'il venait de parler positivement de son rival numéro un sans essayer de se mettre lui même en avant ce qui était un énorme progrès.

Bref, à la suite de cette remarque pertinente Ryôsuke fit son habituel point culture :

-Les freins de la 86 ont été réglés de manière à être plus efficace en descente que sur route plate. Ajoutez à ça l'avantage d'une voiture légère, en fonction du pilote, il est tout à fait possible pour les freins de faire mieux qu'un ABS.

Après cette brève explication, Matsumoto, toujours en charge de la 86, s'approcha l'air un peu ennuyé agrémenté d'une légère inquiétude :

-Keisuke

L'interpelé se retourna quelque peu surpris.

-En fait, juste avant le départ Takumi m'a dit quelque chose qui m'inquiète. Le type qui vient de perdre en montée aurait appelé des amis à lui peu fréquentables qui seraient en route pour venir ici. Apparemment, il lui a bien fait comprendre que s'il ne voulait pas d'ennuis il valait mieux qu'il perde la course.

-T'es sérieux ?

-Oui...C'est peut être du bluff mais j'ai préféré t'en parler.

Je me permis de glisser mon opinion :

-Ils ont quand même été capable de provoquer un accident qui aurait pu être grave simplement pour gagner alors ça ne m'étonnerait pas qu'il l'ait vraiment fait.

Kenta en fit de même et aboya :

-C'est n'importe quoi ! Ce sont de vraies pourritures ! Si c'est vraiment le cas, on ferait mieux d'appeler nos potes nous aussi. Tu as juste un coup de fils a passer, Keisuke.

Le maître paru contrarié et calma vite les ardeurs de son fidèle toutou :

-Oublie ça , Kenta. Ne t'en fait pas tout ira bien.

La réponse n'avait pas l'air de le convaincre beaucoup (et à vrai dire moi non plus) mais il se contenta de grogner dans sa barbe et ne protesta pas.

Fumihiro, lui, fit par de son inquiétude :

-J'espère que cette menace ne le déstabilisera pas et ne l'empêchera pas de gagner.

C'est ce moment que choisi notre chef d'équipe pour prendre par à la conversation :

-Non. Il n'est pas si faible. Quand il conduit, sa concentration est pratiquement équivalente à celle d'un pro.

Il eut raison une fois de plus. Takumi réussit à dépasser son adversaire grâce à un restant de plaque d'huile qui fit dévier ce dernier (comme quoi le destin aussi peu avoir le sens de l'humour). Et malgré le niveau de puissance inférieur de sa voiture, il conserva tout de même la tête car sa technique était bien supérieure.

L'euphorie de la victoire passa bien vite quand Fumihiro reçu un appel d'un de ses informateurs.

-Cinq ou six voitures suspectent se dirigeraient dans notre direction. Qu'est ce qu'on fait Ryôsuke ?

-Montez tous dans vos véhicules et tenez vous prêt à partir. Je m'en occupe.

Keisuke n'avait même pas laissé le temps de répondre à son frère. De toute évidence, la situation lui était plutôt familière. Bizarre, pourquoi ça ne m'étonne pas ? Enfin bon, ce n'était certainement pas le moment de faire une remarque déplacée sur son ancienne vie de voyou dégénéré. J'imitai donc tous les autres membres de l'équipe et effectuai un repli stratégique en direction de ma voiture.

Quand les engins suspects arrivèrent leur pilotes descendirent et commencèrent à se diriger lentement dans notre direction. Notre sauveur blond (oui, vu qu'il se sacrifiait pour l'équipe j'estimai qu'il avait bien droit à une petite promotion) se saisit d'une barre en fer présente dans un des fourgons et les rejoignit doucement. Ils arrivèrent enfin face à face. Il y eu un moment de pause et les truands...s'inclinèrent devant lui. Dire que j'étais estomaquée était un bel euphémisme. Finalement, ils dégagèrent tous leurs voitures du passage et Keisuke revint paisiblement vers nous. Je sortis précipitamment de mon refuge pour lui demander quelques explications :

-Heu...on peut savoir ce qui vient de se passer ?

Terriblement gêné, il se passa la main gauche derrière la nuque et répondit :

-Hum, hé bien ...Ce sont en quelque sorte des amis d'enfances ou de mes exploits passés, plutôt...

Je croisais les bras sur ma poitrine et fronçai les sourcils avant de répliquer :

-Des exploits ?

Il rougit encore plus et ajouta :

-Oui, bon ok c'est une époque dont je ne suis pas vraiment fier. Ce gars était mon second quand je n'étais qu'un voyou.

Je retint difficilement un « oh parce que tu n'en ais plus un ?» tandis que les autres restèrent choqués face à sa dernière phrase (sauf Ryôsuke que la situation avait l'aire de beaucoup amuser). Enfin, en attendant ses ex-acolytes furent très utiles car ils terrorisèrent tellement nos adversaires que ceux ci n'opposèrent aucune résistance quand on leur annonça que nous annulions les contre-la-montre à cause de l'état de la FD.

Au final, cette petite aventure pleine de rebondissement aura fini avec plus de peur que de mal et tout le monde put rentrer sain et sauf chez lui.