Disclamer: Les personnages, le monde, les lieux sont à JKR.

Genre: Romance, mignon, guimauve, gaminerie.

Autres: Petite romance d'un gamin de 11 ans, et début de scolarité, destruction de rêves d'enfants~~ J'ai essayé de retranscrire ce petit OS avec toute la candeur qu'il me reste, c'est dur de s'imaginer à cet âge là, ce qu'on pensait.


OS: À 11 ans.

À 11 ans on est de nouveau des petits, mais des petits heureux. Avant cet âge on est les plus grands des enfants. Maintenant, il y a le collège et au collège on est les petits tout timide qui se cherchent une place. Il est dur de se faire des amis après, enfin à part avec les nouveaux petits.

À cet âge là, on se sent grandir d'un coup, on affronte pour la première fois l'entrée de l'immense train noir et rouge crachant de la vapeur. On affronte héroïquement les larmes qui viennent nous piquer les yeux car on ne va plus voir nos parents pendant un long moment. Ou on se retient de courir dans un wagon pour échapper soit à l'entente glaciale de la famille, soit sa chaleur étouffante. On change mais pas totalement.

On rencontre aussi des gens, des gens différents de l'entourage familial et des soirées mondaines. On rencontre des visages de toutes les formes ainsi que des expressions en tout genre. Une fois posé dans un wagon, il est intéressant de comprendre pourquoi la petite brune essuie ses larmes d'un revers de la main alors que d'autres coulent de nouveau sur ses joues. Il est aussi drôle d'écouter un grand blond parlant d'une jeune fille dont on ne peut qu'imaginer la beauté.

Le jeune garçon brun et aux lunettes carrées essaya donc d'empêcher un petit rire de traverser la barrière de ses lèvres. Son père le lui avait dit, cela ne se fait pas de rire en public. Pourtant le garçonnet voit bien les amis du grand blond rire de ce dernier en se moquant de lui tant il devient aussi rouge que leur écharpe. Lui aurait-on menti ? Pourtant d'après ses souvenirs, les visages froids en public ont toujours été présent.

Le garçon connaissait déjà quelques élèves de son année, mais ceux-ci n'étaient visiblement pas dans son même compartiment. Être séparé d'eux ne le gênait guère. Ils ne les aimaient pas spécialement car leur visage était des répliques même de ceux de leurs parents, et l'inconnu le faisait plus frissonner. Pourquoi la nature nous donnerait un visage différent si c'était pour le faire ressembler à quelqu'un d'autre ?

Il regardait sur le quai de la gare quelques secondes lorsque le train démarra. Son père pouvait-il le voir à bord de l'engin ? Il espérait que non, car il prévoyait de faire sa première action de "grand", c'est-à-dire désobéir à une règle de son patriarche.

Il n'avait jamais ressenti l'envie de désobéir, mais la liberté qu'offrait Poudlard ouvrait des perspectives. Il voulait des personnes avec qui il pourrait rire aussi librement sans que son père n'ait quelques chose à dire. Il voulait des gens qui s'inquiètent pour lui et à qui il manquerait. Il voulait des amis qui soient avec lui pour ce qu'il était et non pour son nom. Il allait donc essayer une petite approche vers la seule autre première année du compartiment, une petite fille lui faisant face.

Il mit alors sa main dans sa poche et en sortit un mouchoir de relativement haute qualité et de couleur vert et argent. Il allait le proposer à la petite brune qui pleurait encore de tout son saoul. Mais d'un coup, la porte du compartiment s'ouvrit avec fougue, et dans un sursaut il replongea directement sa main dans sa poche. Son père avait-il déjà deviné ses pensées ? C'était lui qui voulait l'attraper la main dans le sac ?

Mais étrangement, ce n'était pas son père qui avait ouvert la porte. La rigolade des plus âgés s'arrêta par cette interruption. L'intrus était un grand garçon, plus vieux même que les autres adolescents. Il avait les cheveux noirs coupés très courts et ressemblait à une armoire. Il en imposait clairement. Le garçon avait déjà changé ses vêtements par son uniforme arborait une jolie couleur bleue.

La petite fille en face releva les yeux comme si son sauveur était arrivé. Elle se releva et sauta dans les bras de l'inconnu.

- Ah... Petite idiote, je t'avais dit de bien me suivre, dit l'intrus dans un sourire.

Tiens tiens, le jeune garçons brun nota dans sa tête. "On peut insulter gentiment !" Pensa-t-il légèrement choqué.

- GRAND-FRÈRE, chouina la petite.

Puis le garçon s'excusa en repartant avec sa petite sœur dans les bras.

Théodore Nott ressentit un vide, il avait raté sa première occasion de se faire une amie. Il baissa les yeux au sol en se collant un peu plus contre la paroi du train.

- Hé ! Fut-il alors interpelé par une jeune fille de la bande d'adolescent avait bien vu que le petit garçon était tout seul. Tu rentres en première année si je ne me trompe pas ?

Le dit garçon hocha la tête, car de nouveau une règle que lui avait apprise son père fit surface automatiquement, répondre avec le moins de mots possibles, pour affirmer la demande de la demoiselle.

- Je crois pouvoir dire que tu as des parents sorciers, tu connais donc un peu l'établissement, as-tu une préférence dans les différentes Maisons ? Demanda-t-elle pour faire avancer la pseudo discussion.

Théodore réfléchissait, que dire ? Il n'avait maintenant plus cette espèce de mains d'adulte qui le dirigeait. Il pouvait dire ce qu'il pensait vraiment ici ? Ou devait-il se comporter selon les exigences de son père ? Il connaissait vaguement ce que représenter les quatre Maisons, il en connaissait qu'une plus que les autres. La Maison par laquelle son papa était passée et beaucoup de ses connaissances. Celle des rusés Serpentard. Lui-même trouvait que cette Maison avait l'air sympathique. En effet, les serpentards devaient être des personnes passionnantes. Mais après avoir lu les principales ressources des trois autres maisons, il hésitait beaucoup ce qu'il voulait.

Gryffondor lui donnait l'image d'une Maison chaleureuse. De plus, le critère du courage lui promettait d'avoir de superbes aventures comme cela était décrit dans son livre l'Histoire de Pourdlard. Une vie palpitante pleine de surprise. Puis Serdaigle, la Maison des argents et bronzes, très intelligents et mordus de lecture pensait-il. Donc pour lui des gens intéressants avec qui il pourrait parler des meilleurs livres qu'ils aient lu. Et enfin la Maison Poufsouffle, il avait entendu des choses à leur sujet de la part de son père. Cependant, en entrant la description pour y entrer, il avait senti une douce chaleur dans son estomac. Ils étaient loyaux et soudés, il voulait des amis comme ça. Des personnes qui seraient comme des frères ou soeurs qu'il n'avait jamais eu et qu'il n'aurait jamais. Un endroit accueillant ne faisant pas de distinction. Une vraie seconde famille.

Malheureusement, dès qu'il se mettait à rêver de la Maison jaune et noir, il voyait le visage de son père. Cela faisait l'effet d'une douche glacée et il perdait toutes ses certitudes concernant ce qu'il voulait. Après tout, Serpentard était aussi une maison rassurante car il connaissait des familles en étant issues. Et puis de toute façon c'était une obligation au regard de sa famille.

Après quelques secondes de réflexion, il tourna son visage encore plein de candeur vers la jeune fille. Dans le sourire qu'il essayait de former (oui car il manque d'expérience), il prononça avec sa voix encore d'enfant :

- Serpentard.

Le visage que fit la fille n'était pas des meilleurs. Elle se tourna brusquement vers ses amis qui avaient eux aussi un léger regard noir. Qu'avait-il dit de mal ? Il ne comprenait pas et l'ambiance du compartiment changea de tout au tout. Sourire amène vraiment la peine et la solitude se dit-il en se tournant tristement vers le paysage.

...

Après quelques temps, il comprit, il comprit pourquoi les Serpentards étaient mal vu. Il comprit que les stéréotypes prenaient le dessus sur les personnalités. Il l'entendait aussi derrière son dos. Les remarques sur son père, et les persifflages. Son père n'était pas parfait, mais il l'aimait. Sa famille était bizarre oui. SOn père ne faisait pas que des choses bien, oui. Mais que pouvait-il y faire ? Personne hors de sa maison ne lui faisait confiance quand des mots sortaient de sa bouche. Pourquoi on crachait à ses pieds lorsqu'on remarquait sa présence ? Il n'aimait pas ça. Théodore Nott a toujours voulu des amis, mais il comprit qu'être dans la Maison des serpents n'était pas un avantage pour en avoir. Pourquoi les Serpentards sont vus de cette manière, je ne suis pas comme ça, se disait-il tout le temps.

Il avait pensé qu'entrer à Poudlard serait quelque chose de magique. Que les côtés un peu dur de la vie s'adouciraient, mais non, il n'avait pas d'amis et se sentait encore plus seul qu'avant. Il s'enferma alors dans son monde, invisible au yeux des autres, il lisait. Les livres étaient maintenant ses meilleurs compagnons.

Le petit garçon qu'il était, était grandement déçu. Jamais il n'aurait imaginé une scolarité si ennuyante et surtout si solitaire. C'est donc profondément blessé dans ses sentiments qu'il baissa son nez vers ses parchemins.

À 11 ans, c'est dur de travailler.

...

C'est plus tard, alors qu'il releva la tête d'un de ses nombreux devoirs qu'il l'a vit. Elle était vraiment mignonne avec ses cheveux en broussaille, une petite moue de gamine qu'elle était, des yeux pétillants d'aventure. Elle était certes un chouilla plus haute que lui, mais il s'en fichait, elle était la première petite fille qui sortait vraiment du lot.

Il se demandait qui elle était. Il s'était tellement renfermé dans sa bulle qu'il ne faisait plus attention à son entourage. Cependant elle, elle avait attiré son attention. Elle n'était pas toujours accompagnée au début. Il avait cru qu'il pourrait devenir ami avec elle car elle trainait presque autant que lui à la bibliothèque. Elle était bonne élève et était de sa promotion. Théodore Nott s'était demandé comment il pouvait approcher la petite fille vêtue de rouge et or.

Il se sentit découragé lorsqu'elle changea. Elle n'était plus seule comme lui, après quelques mois, elle avait réussi à se faire des amis de sa Maison. Et lui, il n'avait pas réussi à lui demander autre chose que s'il pouvait emprunter son livre.

Mais c'est surtout après avoir entendu quelques échanges avec le blond de son dortoir qu'il se dit que c'était tout bonnement impossible pour lui de devenir ami avec elle, aussi chou soit-elle.

À 11 ans c'est dur d'être amoureux d'une Granger, fille de moldus, se dit-il. Son petit cœur battait fort lorsqu'il la voyait, il lui trouvait toutes les qualités du monde dans sa tête et contrer les insultes des autres à son égards.

Elle était adorable avec ses petites joues rondes, toutes rouges lors de l'hiver glacé qu'avait pris Poudlard.

Ses dents de castors? Tsss, elle est aussi mignonne que ces petits rongeurs de toute façon, bande de jaloux.

Il avait envie de tirer la langue à ces malotrus qui se moquaient d'elle, mais cela ne se faisait pas (dixit son père). Que pouvait-il faire alors ? La regarder à longueur de temps ? Il voulait déposer des bisous sur ces joues roses toutes rondes, toutes moelleuses.

Il admirait la connaissance qu'elle avait pour une fille moldu. Elle en savait bien plus que nombreux d'entre eux. Elle pétillait d'intelligence et débordait de charme malgré sa petite taille de petite fille.

Elle était de feu et elle semblait plus âgé, elle avait 12 ans, non ? Se questionna-t-il lui-même un jour alors qu'elle grignotait à petite bouchée un carreau de chocolat et qu'une fine ligne marron s'était installée sur le haut de ses lèvres.

Théodore s'imaginait souvent lui parlant. Il aimait s'imaginer qu'elle lui raconte comment est le monde moldu. Ce monde totalement inconnu pour lui, comme si cela était une contrée lointaine. Des animaux les plus étranges les uns que les autres, une nourriture à part, les jouets aussi il aimerait bien savoir comment ils sont.

La petite Granger dont le prénom était Hermione ressemblait pour lui aux poupées de porcelaine que parfois il voyait dans les vitrines du Chemin de Traverse.

Il ne voulait pas sortir avec elle, de toute façon se terme il ne le comprenait pas encore, il n'avait que 11 ans, mais il voulait se coller à elle comme on se colle à un ours en peluche. Elle avait l'air toute douce, sa chevelure inhabituelle lui donnait un air sauvage, comme les lions. Il voulait lui embrasser les joues quand il était triste comme avec ses peluches qu'il avait caché à la maison. La serrer dans ses petits bras pour retrouver une chaleur réconfortante après avoir eu une mauvaise note à un devoir.

Et oui, à 11 ans l'amour c'est perturbant, c'est enfantin, c'est mignon.

Mais un jour, alors qu'il la regardait pour se redonner du moral. Elle était seule à sa table de la bibliothèque. Cela semblait être une opportunité pour lui parler, non ? Lui prendre sa main qui avait l'air toute chaude. D'ailleurs, elle commençait à s'endormir contre sa main qui lui retenait la tête. Elle était parfaite se dit-il.

Il se leva, s'approcha à petit pas regardant sur les côtés que son père n'apparaisse pas, il s'approchait et ...

Ah, ah non, un filet de bave glisser le long de son menton. Ah non elle n'était pas parfaite du tout se dit-il en retournant à sa table. Assis, il fouilla dans son sac pour croqué, pas très content, dans une chocogrenouille. Puis il repensa à la petite fille du train, moins intéressante que la pétillante Hermione mais avec des joues presque aussi rondes.

Et voilà comment à 11 ans, une romance se termine.