NA : Désolée pour le délai, je voulais attendre de voir 6X13 avant d'écrire ceci!

NA 2 : Un fait amusant : le 14 février 2007 tombait 75 centimètres de neige en moins de 12 heures sur la ville de Sherbrooke au Québec. Cette tempête avait été surnommée la tempête de la Saint-Valentin. Les rues étaient complètement bouchées et les véhicules d'urgence ne pouvaient se déplacer. Dans une des voitures coincées dans la neige se trouvait une femme en train d'accoucher. Les autorités ont dû la transporter en motoneige jusqu'à l'hôpital le plus prêt. La voiture, elle, était restée coincée pendant plus de vingt-quatre heures dans la rue… tout comme celle de mon conjoint! Tant qu'à la mienne, j'ai pu la déplacer sans grand problème, mais on a pu voir la forme du châssis fossilisée dans la neige!

Spoiler : 6X16 : Pendant un blizzard Booth et Brennan se retrouvent coincés ensemble dans un ascenseur.

Disclaimers: Si j'avais été l'auteur de Bones, je m'appellerais Hart Hanson et BB se seraient mis ensemble au 100e épisode.


« On vous rappelle que le District de Columbia ainsi que les États de la Virginie, du Maryland et du Delaware ont déclaré l'État d'Urgence en raison de la tempête hivernale qui s'attaque à cette région en ce 17 mars. On prévoit plus de 70 centimètres de neige, des températures sous les -10°C et des vents de plus de 80 kilomètres-heures. On recommande à tous les habitants de rester à la maison après le début de la tempête et d'éviter d'utiliser les appareils électroménagers pendant les heures de pointe, c'est-à-dire entre 6 heures et 9 heures le matin et entre 17 heures et 20 heures le soir. En cas de panne d'électricité, on vous suggère d'éviter d'utiliser des dispositifs alternatifs de chauffage afin d'éviter les incendies ou les intoxications au monoxyde de carbone. On vous rappelle qu'un blizzard s'abat présentement sur la région de Washington, on vous recommande de rester à la maison ».

« Doivent-ils vraiment nous rappeler qu'il y a un blizzard, les imbéciles! Je l'ai en pleine face leur blizzard! »

Les jointures blanchissant sur le volant de son VUS – et Dieu qu'il était content d'avoir choisi son véhicule au lieu de la Prius de Bones – et tentant du mieux possible de garder sa voiture du bon côté de la route, Booth sentait la colère monter en lui.

L'enquête qu'il devait résoudre, si elle était arrivée vingt-quatre heures plus tôt, l'aurait complètement captivée; mais ce jour-là, avec la neige qui empêchait pratiquement les véhicules d'urgence de se déplacer, l'urgence de la situation l'emmerdait royalement. Dans tout autre contexte, il serait simplement retourné à la maison et aurait laissé la neige tomber oubliant le tueur pour quelques heures. Aujourd'hui, par contre, sachant que la victime était atteint du virus Ébola, il devait retrouver le tueur le plus rapidement possible avant qu'il n'entre en contact avec qui que ce soit et éviter une pandémie qui tuerait probablement des centaines sinon des milliers de personnes.

Tentant sans grand succès de conduire jusqu'à chez lui afin de chercher des vêtements plus appropriés à la situation, il jurait contre les voitures coincées dans la neige et les rues ensevelies.

« Booth, vous auriez dû prévoir et vous habillez en conséquence!

- Je ne croyais pas à avoir à pourchasser des criminels aujourd'hui! Qui aurait pu prévoir qu'il tomberait plus de neige aujourd'hui que durant les deux derniers hivers en entier?

- Le NWS avait prévu la tempête depuis plusieurs jours déjà, c'est pourquoi que je me suis habillée comme cela aujourd'hui, disait Brennan en faisant référence à son immense ensemble Kanuk.

- Où avez-vous pris ce truc? Je veux dire, ce n'est pas exactement le genre de vêtement qu'ils vendent au sud du 49e parallèle.

- Sur le Web.

- Sur le Web? Pourquoi diable avez-vous acheté ce truc?

- Il m'est utile aujourd'hui, dit-elle alors que le véhicule commençait un tête-à-queue. Oh mon Dieu!

- Désolé, c'était plus glissant que je croyais, ma voiture n'est pas chaussée pour être conduite dans ces conditions, continua-t-il alors qu'une motoneige les dépassait. Maintenant, où il a trouvé cela, lui? C'est exactement ce dont on aurait besoin!

- Vous savez, pendant les blizzards, qui pouvaient durer des mois entiers dans le nord Canadien, les Inuits avaient l'habitude de s'enfermer dans leur igloo pendant toute la durée de la tempête. Il pouvait rester à l'intérieur pendant plusieurs semaines, sans autre provision que ce qu'ils avaient pu recueillir en prévision de la tempête, quitte à se nourrir du plus âgé d'entre eux tout cru lorsque les réserves de nourriture étaient épuisées.

- Ah! Je ne croyais que ce n'était que les Péruviens qui faisaient cela! Ne reste qu'à savoir qui, entre nous deux, crèvera en premier pour savoir qui mangera l'autre.

- Ça, c'est dégoûtant! » Rit-elle avant que Booth stationne du mieux possible son véhicule devant son appartement.

Alors que Booth se rendait à la salle de bain pour mettre des vêtements plus appropriés à la météo, Brennan se permit d'explorer l'appartement. L'appartement de Booth avait peu changé depuis le départ d'Hannah. Les objets aléatoires qui le décoraient étaient toujours là, le seul absent était le téléphone qu'Hannah lui avait donné en cadeau lorsqu'elle y avait emménagée.

« Bones? Avait-elle entendu provenant de la salle de bain.

- Oui, Booth?

- J'ai oublié de me prendre un gilet. Pouvez-vous regarder dans le deuxième tiroir de ma commode et m'en amener un.

- Vous êtes sûr?

- Je suis un peu coincé ici, dit-il avec un ton embarrassé alors que Brennan laissa échapper un petit rire.

- OK! »

Elle ne perdit pas une seconde avant de se diriger vers la chambre pour ouvrir le deuxième tiroir de la commode tel que Booth lui avait demandé.

« Une couleur en particulier?

- Le gris à losange, vous savez lequel dont je parle?

- Définitivement », Brennan sourit. Il était rare que Booth portait des gilets avec son habituel veston cravate, mais lorsqu'il le faisait, son gilet gris à losange était définitivement son préféré.

Fouillant dans le tiroir cherchant le gilet en question, ses doigts entrèrent en contact avec un objet métallique qui attira son attention. Prenant l'objet dans ses mains, elle en reconnut la nature immédiatement. Elle baissa les yeux et soupira. Elle ne savait pas pourquoi Booth avait cessé de porter sa boucle de ceinture préférée. Elle caressait de ses doigts le lettrage, le 'cocky' de la boucle glacée lorsque soudainement, elle entendit la porte de la salle de bain s'ouvrir.

« Vous avez trouvé, Bones? »

Elle sursauta et laissa tomber par terre la boucle de ceinture. Elle resta figée sur place, embarrassée d'avoir été surprise dans cette situation compromettante. Elle se pencha, prit la boucle et la replaça rapidement dans le tiroir.

« Désolée, non… euhm… je vais… » Elle pointa la porte de sortie de la chambre et fuit rapidement la pièce laissant Booth, soupirant, chercher lui-même son chandail dans le tiroir.

Il avait cru qu'après qu'elle lui ait fait sa confession pendant le mois d'octobre que de porter cette boucle de ceinture, un symbole de leur affection, la blesserait, lui rappellerait ce qu'ils auraient pu être si elle avait accepté sa proposition l'année précédente. Il n'aurait jamais cru que son absence la blesserait davantage. Peut-être dans un futur proche, lorsque les plaies commenceraient à se refermer, il pourrait la porter à nouveau.

Il enfila son gilet et sortit de la chambre avec un peu de gêne. Il ne voulait pas qu'elle se sente embarrassée.

« Vous êtes prêt Booth? Demanda-t-elle avec le plus grand sérieux du monde.

- Ouais, ouais, laissez-moi simplement enfiler mon manteau de ski, et on pourra partir ».

Pendant que Booth fouillait dans le fond de son placard afin de trouver le manteau qu'il n'aurait cru avoir besoin si tardivement en saison, le regard de Brennan s'affairait à se poser n'importe où sauf sur lui. C'est en le dirigeant vers une bibliothèque fournie d'objets quelconques que Booth affectionnait collecter, elle remarqua un objet qui lui était familier.

« Ce ne sont pas mes verres fumés là?

- Ouais, je ne sais pas comment elles sont arrivées là. Je voulais vous les redonner, mais ça m'est sorti de la tête.

- Mais… je les avais données à Hannah!

- Pardon?

- Mes lunettes, je les avais données à Hannah!

- Pourquoi diable aviez-vous donnée vos lunettes de soleil à Hannah?

- C'était une petite blague entre nous lorsqu'elle avait reçu une balle dans le genou. J'étais venue bredouille lui rendre visite et elle m'avait fait remarqué que dans notre société, lorsqu'on visite une personne à l'hôpital, on doit lui donner un présent. Elle a donc réquisitionné mes verres fumés.

- Wow! Vous lui avez sauvé la vie et pour vous remercier, elle vous a volé vos verres fumés?

- N'y voyez rien de méchant, elle n'avait pas de mauvaises intentions, disait-elle en défendant son ancienne amie.

- Non, je viens juste de comprendre un tat de petites choses, c'est tout.

- Désolé, je ne voulais pas vous rappeler votre douloureuse rupture.

- L'appeler ma douloureuse rupture ne m'aidera certainement pas à la guérir! Sourit-il. Reprenez vos lunettes, elles vous appartenaient en premier après tout. Allons-y, nous avons une pandémie à stopper ».

Sans un mot supplémentaire, les deux partenaires sortirent de l'appartement et se pénétrèrent dans le confiné monte-charge qui servait d'ascenseur pour l'édifice. Appuyant rapidement sur le bouton Rez-de-chaussée avant de se frotter les mains pour les réchauffer – il ne pouvait faire plus de dix degrés dans ce placard, il se demanda un instant, peut-être pourrait-on appeler cela l'instinct, s'ils avaient bien fait d'avoir emprunté ce moyen pour retourner au VUS. Il sentit le monte-charge descendre quelques secondes avant de s'arrêter brusquement alors que les lumières s'éteignirent pour être remplacée par les ampoules d'urgence.

« Booth? Demanda Bones inquiète.

- Oh! C'est pas vrai! Il s'approcha de la porte et hurla. Eh! Vous m'entendez en bas? »

Ce fut une voix inconnue qui lui répondit.

« Oui?

- On est coincé ici, vous savez ce qui se passe?

- Panne d'électricité. Il n'y a pas un appareil électrique qui fonctionne dans tout le building.

- Génial! Dit-il avec colère alors que Bones sortait son portable de son manteau.

- Cam? Brennan. Nous sommes coincés dans un ascenseur dans l'immeuble chez Booth. Il semblerait qu'il y ait un problème avec l'alimentation électrique de l'établissement. Avez-vous trouvé quelque chose de nouveau sur la victime?... Vraiment? … mais nous devons prendre des rayons X de la victime… D'accord… Tenez-nous au courant de tous nouveaux développements… Puisque nous ignorons combien de temps durera cette tempête, nous allons seulement garder le téléphone portable de Booth allumé. Je vais préserver la batterie du mien. Appelez-nous lorsque vous aurez des informations supplémentaires sur la victime ».

Elle éteignit le téléphone et se retourna vers Booth.

« Tout va bien?

- Apparemment nous ne sommes pas les seuls à être dans le noir. Cam dit qu'il n'y a pas non plus d'alimentation électrique à l'institut ».

Les heures passèrent. Les deux partenaires passèrent une bonne partie de leur séjour dans cet espace restreint à tenter de résoudre l'affaire, mais après quelques heures, le froid affectant définitivement le temps de vie de leur batterie, le téléphone de Booth s'éteignit, complètement à plat suivi de peu par celui de Brennan.

La température baissait rapidement et malgré le fait qu'elle portait un manteau qui avait été conçu spécialement pour ces conditions, Brennan commença à grelotter, le froid mordant ses orteils restées trop longtemps immobiles.

« Vous savez, je serai probablement celle qui vous nourrira pendant les prochaines semaines, blagua-t-elle.

- Vous avez froid, mais qu'advient-il de votre super manteau du Canada?

- Disons simplement que mes orteils vous serviront possiblement d'encas à votre repas principal.

- Dégoûtant, Bones. Donnez-moi votre pied.

- Que voulez-vous faire?

- Allons Bones, faites-moi confiance, dit-il en prenant de force le pied de sa partenaire avant d'y enlever la botte puis la chaussette.

- Qu'est-ce que vous faites?

- En Afghanistan, en hiver, les températures peuvent descendre sous les -30°C. Je connais quelques techniques afin de vous éviter de perdre vos orteils, dit-il en massant ses pieds de ses mains, les réchauffant avec la chaleur de son corps. Il aperçut alors les quelques plaques blanches qui avaient apparues sous les orteils. Seigneur, Bones, vous auriez pu me dire avant que vous geliez. Vous avez des engelures! Avez-vous froid à d'autres endroits, vos mains sont correctes, vos oreilles?

- Je vais bien Booth, c'était seulement les pieds.

- Bon, je vous avertis, vous allez sentir une grande chaleur, puis vos pieds vont commencer à brûler, mais VRAIMENT brûler. Ce sera douloureux, mais ce n'est que votre sang qui réchauffera votre pied.

- Je connais ma biologie, Booth, merci beaucoup », dit-elle avec sarcasme alors qu'elle sentait déjà ses pieds se réchauffer dangereusement.

Booth avait eu raison, c'était douloureux, très douloureux. Fermant les yeux et tentant de penser à autre chose, elle ne pouvait empêcher un spasme envahir ses jambes et des larmes couler sur ses joues. Il prit environ une minute – malgré que cela lui ait paru une éternité – avant que le tremblement ne cesse et que Booth ne dépose ses pieds contre sa cuisse. Il plongea la main dans sa poche et en ressortit une paire de chaussette à carreaux rose et verts.

« Mais où avez-vous pigé ça? Sourit Brennan

- Un gars se doit d'être prêt à toute éventualité, blagua-t-il en lui enfilant les chaussettes. Vous devez avoir eu chaud pendant que je me changeais tantôt. Vos pieds ont transpiré et vos chaussettes se sont trempées ce qui a fait geler vos pieds plus vite. Ne mettez pas vos bottes tout de suite, vos pieds sont trop chauds, vous allez transpirer et nous serons dans cette même situation dans une demi-heure.

- Merci Booth, dit-elle avec une calme sérénité.

- Ah ce n'est rien, dites-vous que je serai peut-être celui qui mourra de faim en premier après tout si vos orteils ne me servent pas d'encas! Blagua-t-il à nouveau alors qu'il sentait que les pieds de Brennan était revenus à une température suffisamment normal pour l'aider à enfiler ses bottes. Regardant son ami travailler de gestes affectueux, Brennan ne put s'empêcher de poser une question.

- Êtes-vous toujours en colère contre moi?

- En colère, quelle colère? Je ne suis pas en colère contre vous, si je l'étais, je ne viendrais pas juste de sauver vos orteils.

- Après qu'Hannah et vous ayez rompu, dans le bar, vous étiez en colère…

- … j'étais saoul, l'interrompit-il.

- Booth, je vous connais assez pour savoir lorsque votre colère est sincère ou simplement une confection due à une consommation excessive d'alcool. Vous étiez furieux ce soir-là, Booth, et pas seulement contre Hannah. Vous aviez des ressentiments contre moi, comme si j'étais en cause dans votre rupture avec Hannah.

- Je suis désolé si j'ai pu vous faire mal sentir.

- Vous avez voulu arrêter notre partenariat! S'écria-t-elle avec un peu d'exaspération. Vous étiez furieux! Vous avez dit des choses que vous ne pouviez pas ne pas penser.

- Ok, peut-être suis-je un peu en colère, peut-être je vous blâme un peu pour la merde émotionnelle dans laquelle je me retrouve depuis presqu'un an maintenant, peut-être… argh! Il lâcha le dernier grognement avec exaspération et impatience.

- Alors, vous êtes toujours en colère contre moi.

- Non! Pas en colère, en tout cas pas une grosse colère, peut-être un ressentiment. Depuis cinq ans, nous travaillions ensemble. Nous étions amis et vous ne nierez pas que nous avons toujours été attirés l'un par l'autre. Je suis un bon gars, j'attrape des méchants, j'aime mon fils, j'ai toujours été fidèle dans mes relations romantiques et JAMAIS, je ne ferai de mal à la personne avec qui je partagerai ma vie. Et tout cela, vous le saviez. Vous saviez que vous et moi aurions pu avoir quelque chose d'extraordinaire et vous avez refusé.

- J'avais peur. Ne comprenez-vous pas que j'étais complètement effrayée par la possibilité de vous perdre? Comment pouviez-vous savoir que vous m'aimeriez toujours dans cinquante ans? Comment pouviez-vous savoir ce que vous alliez ressentir dans plusieurs décennies? Comment je pouvais risquer de me mettre dans une situation où je pouvais vous perdre…

- Bones.

- J'ai réalisé plus tard, trop tard peut-être, que le risque en aurait probablement valu la peine, mais je ne pouvais pas le savoir ce soir-là. Tout ce que je voyais était la possibilité que si vous me quittiez, si vous mouriez, je serais démolie et… ça me fichait la trouille. Je préférais vous avoir dans ma vie comme ami, partenaire, que de tomber amoureuse de vous pour vous perdre ensuite.

- Je ne vous aurais jamais quitté, Bones.

- Je sais cela aujourd'hui ».

Un inconfortable silence s'installa entre les deux. Booth ne savait quoi dire de plus. Il savait depuis un moment maintenant que Bones avait des sentiments pour lui, il le savait depuis plusieurs mois déjà, depuis l'affaire du docteur Lauren Eames.

« Je n'ai jamais voulu vous faire de mal, Bones.

- Je sais.

- Je ne pouvais pas quitter Hannah parce que vous ressentiez des regrets, je ne pouvais pas quitter la femme que j'aimais, avec qui j'avais une relation saine, facile, amusante parce que vous vouliez tenter quelque chose qui, nous savions tous les deux, était plus que risquée. Je ne voulais pas vous faire de mal, Bones. C'était la dernière chose que je voulais, mais je ne pouvais pas… c'était trop dur…

- Je vous avais faire trop de mal, chuchota-t-elle.

- Ouais, acquiesça-t-il sur le même ton.

- Vous aimez toujours Hannah? Demanda-t-elle par curiosité.

- Pas comme je croyais. Je ne suis pas certain que je l'ai réellement aimé comme je voulais l'aimer, comme je disais que je l'aimais. Oui, je l'aimais sincèrement, mais est-ce qu'elle était l'amour de ma vie? Probablement pas.

- Vous prétendiez l'aimer?

- Inconsciemment, peut-être. Je sais maintenant que c'est plus facile d'aimer un peu quelqu'un et faire semblant de l'aimer beaucoup que d'aimer beaucoup quelqu'un et faire semblant de peu l'aimer ».

Il avait levé son regard et avait croisé le sien. L'éléphant dans la pièce, ou plutôt dans l'ascenseur était de retour.

« Booth, avait-elle commencé à chuchoter.

- Et si nous jouions à un jeu, Bones?

- Quel genre de jeu? Répondit-elle intriguée.

- Vous vous rappelez le jeu que Sweet nous avait fait jouer il y a quelques années. Je dis un mot et ensuite vous dites le premier qui vous passe par la tête.

- Je ne sais pas si vous vous en rappelez, mais ce jeu a fini par moi qui voulais avoir un enfant.

- Oh! C'est vrai… ce n'est pas grave, vous voulez toujours un enfant?

- Pas dans un avenir immédiat, non.

- Alors, à quoi le mal?

- Allons-y.

- Je commence : froid.

- Hiver.

- Hockey.

- Sport.

- Baseball.

- Parker.

- Fils.

- Mère.

- Famille.

- Mariage.

- Amour.

- Bones », dit-il avant de se rendre compte de ce qu'il venait de faire.

Deux paires d'yeux s'écarquillèrent et un air de panique apparut sur le visage de Booth. Il prit une inspiration saccadée et la laissa sortir d'un seul coup. Il se leva dans l'espace confiné de l'ascenseur se retourna dos à Brennan et plaça ses mains sur ses hanches avant de regarder par terre. Il soupira. D'un geste violent, il frappa de son poing le mur de l'ascenseur dont le métal de mauvaise qualité avait gardé la forme du poing avant de le botter brutalement.

« Mais, qu'est-ce qui ne va pas chez moi?

- Booth.

- J'ai essayé de vous oublier. J'ai essayé. J'ai essayé tellement fort que j'ai failli me marier à une autre pour tenter de vous oublier, Bones, pour me prouver que je n'avais pas besoin de vous et maintenant… Merde Bones, vous ne comprenez pas que de vous aimer fait mal!

- Booth, les choses ont changé maintenant. J'ai changé.

- Je sais, Bones, je sais.

- Peut-être qu'on pourrait… commença-t-elle alors qu'il savait pertinemment bien où elle allait.

- Non, Bones. Pas… pas tout de suite, en tout cas. Pas pour un moment, pas avant… que je vous aie pardonnée.

- Que vous m'ayez pardonné? Je croyais que c'était déjà fait.

- Moi aussi, dit-il avec une pointe de tristesse dans sa voix. Il retourna vers elle et se laissa tomber à ses côtés. Je suis désolé, Bones. Je suis tellement désolé.

- Je sais.

- Je ne dis pas non pour toujours. Je dis non, pour maintenant.

- Je sais, affirma-t-elle tentant d'effacer l'émotion dans sa voix et de cacher la larme qui coulait sur sa joue.

- Eh! Dit-il en glissant des doigts sous son menton pour retourner son visage vers lui. On est toujours des partenaires et des amis, comme l'an dernier, continua-t-il en essuyant la larme. Vous êtes toujours, Bones, ma Bones. Bientôt, Bones, bientôt, je serai prêt. Vous m'attendrez? »

Elle ne dit rien, ne fit qu'un signe de oui de la tête. Il glissa une main autour de son épaule, embrassa sa tempe et garda sa tête collée contre la sienne.

« Je suis fatiguée! Affirma-t-elle après un long moment. C'est illogique, nous n'avons rien fait de la journée

- C'est la perte de chaleur. Dormez, on viendra nous chercher bientôt.

- Comment pouvez-vous le savoir?

- Eh! Nous sommes la meilleure équipe du FBI, il ne nous laisserons pas mourir ici.

- Si je meure, vous aurez probablement de quoi vous nourrir pour un bon moment, blagua-t-elle.

- Je ne veux pas survivre de cette manière », répondit-il en embrassant à nouveau ses cheveux avant de fermer ses yeux.


Ayant trouvé toutes les preuves nécessaires pour arrêter leur principal suspect, Cam et Angela avaient interpellé les autorités compétentes afin de libérer l'agent et l'anthropologue toujours coincés dans l'ascenseur et les attendaient dans le lobby de l'édifice où habitait Booth.

« Dr Saroyan, la génératrice est installée, nous pourrons tenter de faire fonctionner l'ascenseur.

- Génial. Espérons seulement qu'ils seront en état pour aller faire l'arrestation et qu'on les retrouvera avec des vêtements sur le dos, dit-elle avec son habituel ton à la fois professionnel et détaché.

- C'est drôle, j'espérais exactement le contraire », avait répondu Angela en commençant à rire, suivie immédiatement par le docteur Saroyan.

Au moment, où elle disait ces paroles, on avait entendu le moteur de l'ascenseur démarrer et la cabine amorcer sa descente. Alors qu'elle avait stoppé au rez-de-chaussée, les filles ouvrirent le grillage et furent attendries par ce qu'elles virent. Face à elles étaient assis, endormis, les deux amis, la tête de Brennan sur la poitrine de Booth, son bras entourant sa taille alors que ce dernier la serrait fort contre lui, comme pour la protéger.

« Ah! Ils sont trop mignons! Je ne sais pas si ces deux là se rendront compte un jour qu'ils sont fait l'un pour l'autre », avait-elle sourit avant de pénétrer dans l'ascenseur pour les réveiller.

Ce qu'elle ignorait était que le lendemain, une boucle de ceinture familière se retrouverait autour de la taille de Booth, une paire de lunettes qu'on n'avait vue depuis longtemps se retrouveraient sur le nez de Brennan et que quelques mois plus tard, après une querelle sur un sujet sans grande importance, Booth avouerait qu'il lui avait pardonné et qu'à jamais, ils se réveilleraient dans les bras l'un de l'autre.

Fin