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Bonjour ou Bonsoir :D

Tout d'abord, cette histoire m'est venue à l'esprit en lisant les livres

Mercy Thompson de Patricia Briggs.

Le seul point commun cependant sera la nature du personnage principal.

Sur mon profil se trouvent les liens pour voir à quoi ressemble Bella.

Merci à ma Big Sister pour la correction.

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Animal Meurtri

Suite à la mort de sa mère, Bella va vivre à Forks chez son père. Seulement, elle n'est pas humaine. Ne l'a même jamais été. Comment rencontrera-t-elle les Cullen ?

- Bonne Lecture-

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L'avion amorça sa descente et je soupirai. Pourquoi exactement ? Tout simplement car j'étais en route pour Forks. Petite ville constamment nuageuse où mon père vivait depuis toujours. Shérif, c'est un homme on ne peut plus rationnel. Un trait de caractère qui l'amena à nous exclure de sa vie, ma mère et moi.

Nous étions alors parties en Alaska, endroit où, ce qui fait de nous des êtres singuliers, était à sa place. J'ignorais comment les gens, comme nous, pouvaient être nommés. Peut-être que le terme de « changeur » est ce qui se rapproche le plus de la réalité. En effet, je pouvais me transformer en coyote.

Nous étions heureuses mais un jour ce fut la balade de trop.

On ne peut pas grand-chose contre son instinct et le coyote est un animal curieux. Ma mère l'était déjà en tant qu'humaine alors doublé d'un coyote, cela lui avait été fatal.

Nous nous étions séparées pour chasser. Et alors que j'avais attrapé avec beaucoup de chance un écureuil, j'entendis au loin un loup hurlé. Je m'étais précipitée avec tout la vitesse que mon espèce pouvait avoir car j'avais eu un mauvais pressentiment et j'étais arrivée à temps pour voir trois loups rentrés dans les bois. Ma mère était sur le flanc. Elle ne bougeait plus.

Seule sa respiration saccadée m'avait permise de savoir qu'elle était vivante. Ses blessures étaient graves et elle saignait beaucoup. J'avais approchée mon museau du sien et avait geint dans l'espoir de la réveiller. N'obtenant aucune réaction, je m'étais transformée et l'avais portée jusqu'à la maison.

La posant délicatement dans son lit, je l'avais examinée. Je ne pouvais l'emmener à l'hôpital. J'avais souvent le ressentiment que c'était de ma faute. Pour moi, notre particularité est tellement naturelle qu'à aucun moment je n'avais pensé à aller voir un vétérinaire. Bien que le risque d'être découvert était élevé, j'aurais dû ne serait-ce qu'y penser.

J'étais sortie pour aller chercher de l'eau et de quoi la soigner et aussi m'habiller. En rentrant, j'eus la surprise de voir qu'elle avait retrouvé son apparence humaine. Un souffle d'espoir m'avait chuchotée que c'était bon signe, que je pouvais l'emmener à l'hôpital.

Espoir qui avait été démoli quand je m'étais aperçue avec horreur qu'elle ne respirait plus. J'ignore combien d'heures j'étais restée agenouillée près du lit, ma main dans la sienne, à pleurer comme jamais je ne l'avais fait.

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A quoi ressemblait mon père ? Je n'en avais qu'une vague idée puisque tout ce que j'avais de lui était une vieille photo que ma mère conservait comme le saint graal. Cependant un homme m'attendait dans le hall avec un panneau marqué de mon prénom entier.

Il me sourit gauchement. Je devrais lui laisser une deuxième chance. Peut-être regrette-t-il. Peut-être a-t-il changé. Presque qu'aucun mot ne fut prononcé. Je n'étais pas une grande bavarde ( surtout depuis le décès de ma mère ) et apparemment, je tenais ce trait de caractère de mon père .

Arrivés à « notre maison », il me fit visiter. Il allait falloir du temps pour que je me sente comme chez moi. Il était midi et nous mangeâmes. En silence. Il essaya de faire un peu la conversation mais fut bien obligé de constater que je ne disais rien.

Je n'avais pas prononcé un mot depuis que j'avais crié en découvrant le corps sans vie de ma mère. Je ne voulais plus jamais dire quoi que ce soit. Que mon père le prenne pour lui, je m'en fichais.

Je ne pouvais être moi-même seulement quand j'étais un coyote. Là, je me sentais revivre. Je me sentais plus proche de ma mère.

Charlie ( penser à lui comme mon père est trop dur et inexacte à mes yeux ) partit au travail assez tôt dans l'après-midi en m'informant que je commençais les cours dans deux jours. L'occasion rêvée pour partir chasser, je n'avais que peu manger à table. Demain, j'en profiterais pour acheter ce qu'il me fallait pour le lycée.

Je sortis par derrière, vérifiai que personne ne pouvait me voir et me déshabillai. Avant que je ne retire entièrement ma culotte, un coyote se trouva à la place que j'avais occupé deux secondes plus tôt. Je secouai mes pattes arrières pour me débarrasser de mon vêtement.

Je me dirigeai tranquillement vers le fond du jardin. Le seul aspect positif de Forks, c'était sa forêt verdoyante et pleine de vie. M'y balader me fit du bien. Quand je fus bien enfoncée dans la forêt, je humai la trace d'une proie.

Il y a peu de temps, un lapin était passé par là. Je me mis à trottiner en suivant son odeur. La neige crissait sous mes pattes. Bientôt, les empreintes du lapin furent visibles. L'odeur se fit plus forte.

Je me figeai et guettai un bruit m'indiquant l'emplacement de mon futur repas. Il ne se fit pas tarder, je le vis enfin. Seulement, lui aussi me repéra. Il était agile. Mais un coyote l'est aussi. Après quelques secondes de course-poursuite dans la neige, il se retrouva sous mes crocs.

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Chasser me dégoûtait au début. Ma mère disait que je ne laissais pas assez de côté l'humaine que je suis. Que je devais réussir à laisser le coyote prendre les rênes de mes réflexions. Que je pourrais être un coyote sans pour autant en oublier mon humanité. Que cette activité deviendrait acceptable et même incroyable quand j'y parviendrais.

J'avais fini par y arriver et ma mère avait été très fière de moi. D'ailleurs, je ne mangeais que très peu sous ma forme humaine. A partir de ce jour, je me laissais dominer par ma part animal et j'avais enfin été moi-même.

J'avais fait face à celle que je suis. Le coyote et l'humaine avaient fusionné. S'étaient apprivoisés. Et la sensation qui en avait découlé avait été intensément libérateur.

Je chassai encore quelques lapins et j'attrapai même une musaraigne. Une fois l'estomac apaisé, je me permis de laisser mes pattes me promener. J'adorais ces moments. Faire partie intégrante de la nature. Et non être une intruse. Comme j'en avais l'impression quand j'allais en forêt en étant humaine.

Le vent m'apportait différentes odeurs. Je discernai une fragrance familière mais je ne saurais dire en quoi. Après quelques secondes à peine, l'odeur me parvint plus forte et j'identifiai immédiatement le parfum caractéristique des loups. Je grognai. Penser à ces animaux me serrait le cœur. J'avais encore la vision des trois loups, s'enfuyant après avoir attaquer ma mère.

Il sortit de l'orée des arbres. J'étais plantée au milieu de l'endroit dégagé. Je faillis coucher mes oreilles en arrière et reculer quand je pris conscience de sa taille inhabituelle.

Une chose est sûre : ce n'est pas un loup. Il en a l'apparence mais il ne peut pas en être un. Son pelage marron rougeâtre bougeait au gré du vent. Il me fixait, j'en fis de même. Il ne possédait une posture menaçante car, et à juste titre, il ne me jaugea pas comme une menace. Ce qui permit ma sommaire décontraction.

Je restai tout de même sur mes gardes si l'envie subite de faire de moi son dîner se manifestait. Comportement inutile puisque je savais que contre un loup de la taille d'un cheval, je ne faisais pas le poids. Je détaillai son regard. J'y vis ce qui confirma ma première impression : ce loup était un homme. L'intelligence humaine dans ses yeux ne pouvait me tromper.

Il se désintéressa de ma petite personne pour fixer un point au loin puis, après avoir grogner, partit en galopant d'où il était venu. Très vite, il fut hors de vue. Je restai pensive. Alors comme ça des loups-garous vivaient dans l'état de Washington ? Cette perspective ne me plut guère. Je n'en avais jamais rencontré avant aujourd'hui et cela me satisfaisait.

Le vent se leva, apportant jusqu'à ma truffe une odeur inconnue.

Décidément, c'était la journée ! Je fus sûre de deux choses. La première, ce n'est pas humain. La deuxième, ce n'est pas le loup qui avait fait demi-tour. Non, cette odeur-là déclencha des frissons qui me parcoururent l'échine. Instinctivement, je guettai les alentours grâce à mon ouïe.

La vue peu développé des coyotes est compensée par un odorat extrêmement fin et une excellente ouïe. Ces deux sens étaient ceux que j'utilisais en premier. Je différenciai à présent deux odeurs bien distinctes. Cela ne voulait dire qu'une seule chose : ils étaient proches. Trop proches.

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Je me cachai dans un buisson assez grand pour me dissimuler, à l'affût de leur position. J'entendis des voix, c'était deux hommes. Ils se disputaient car, d'après ce que je réussissais à comprendre, l'un deux avait fait fuir leur gibier.

C'était mauvais pour moi ça : des chasseurs. Comme pour me donner raison, l'un deux se figea et je remarquai alors qu'ils n'avaient aucun fusil. Le plus surprenant néanmoins fut qu'ils étaient en T-shirt par -1°C.

Ces deux informations consolidèrent mon hypothèse qu'ils n'étaient pas humains, même s'ils en avaient l'air. Mais qu'étaient-ils ?

- Sens-moi ça, fit le blond.

L'autre, un géant brun, s'exécuta.

- Hum, c'est quoi à ton avis ? A entendre le cœur, il est tout près mais n'a pas encore pris la fuite. Inhabituel tu ne trouves pas ?

Il ne faut jamais fuir devant un prédateur. C'était l'une des nombreuses leçons que ma mère m'avait enseignée. Je n'eus le temps de cligner des yeux que le géant brun était accroupi devant mon pauvre corps tremblant, écartant les feuillages pour me débusquer.

Son regard noir, affamé, me tassa encore plus au fond du buisson. Je sus que je vivais mes derniers instants. Je soutins toutefois son regard. Autant affronter la mort dans les yeux. Alors j'allais finir tuer comme ma mère, sous forme de coyote ? Bizarrement, j'en fus heureuse. Mais repenser à ma mère me fit mal et j'étouffai un sanglot qui ressembla plus, avec mon apparence de coyote, à un jappement.

Celui qui allait stopper les battements de mon cœur lança :

- Tiens tiens, un coyote. Je n'ai jamais eu la chance d'en goûter.

Il empoigna la peau de mon cou et me tira en dehors de ma cachette. Mes pattes raclèrent le sol pour résister et me maintenir à ma place d'origine, sans grand résultat évidemment puisque je ne pesais que 11 kg. Je renâclai pour signaler mon désaccord. J'essayai alors de le griffer mais je me fis plus mal qu'autre chose.

- Un teigneux à ce que je vois.

Sa remarque ne me plut pas. Il commença à se pencher et avant que je ne pense à me transformer devant eux, le blond cria :

- Attends Emmett !

Le géant brun, qui se prénommait finalement Emmett, grogna mais se retourna quand même pour demander hargneusement :

- Quoi ? Tu le veux ? Mais cela fait trois jours de plus que toi que je n'ai -

- Non, le coupa-t-il, en me fixant mystérieusement depuis qu'il avait empêché l'autre de me tuer. Il y a quelque chose d'anormal. Je ressens ses émotions. Or cela m'est impossible avec les animaux, tu le sais.

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Le géant brun ( je ne pouvais me résoudre à l'appeler Emmett ), me tenant toujours par le cou, se retourna lentement vers moi, encore accroupi. Je retroussai les babines devant son expression choquée qui le rendait parfaitement figé à quelques centimètres de ma gueule.

- Par contre, continua le blond, avec les Quileutes, mon pouvoir fonctionne.

- Qu'est-ce que ça veut dire ? Les Quileutes ont des coyotes dans leur troupe maintenant ? s'esclaffa le géant.

Son attitude s'était métamorphosée aussi vite que moi quand je passe d'une forme à l'autre. Je gesticulai furieusement pour qu'il lâche prise. Il le fit, comprenant mes intentions. Il rigola bruyamment en me rassurant :

- Ne t'inquiète pas petit coyote, je ne te ferais pas de mal. Enfin tu peux remercier Jasper car c'était moins une.

Il se releva en rajoutant qu'ils devraient demander à un certain Carlisle si les gènes quileutes peuvent concerner les coyotes puis qu'un certain Edward devrait me rencontrer pour qu'ils soient sûrs de leur théorie.

M**** ! Combien étaient -ils ? Au moins quatre. Et je n'avais aucune, mais alors là aucune, envie de les recroiser un jour, eux ou qui que ce soit leur ressemblant de près ou de loin.

Le géant brun disparut aussi vite qu'il s'était approché après m'avoir saluée d'une tape affectueuse sur le crâne tandis que j'en grognai. L'autre dont je savais maintenant qu'il s'appelait Jasper, le suivit bien qu'à regret puisqu'il avait l'air de vouloir percer mon secret à jour.

Il secoua la tête et disparut à son tour. Sur le chemin du retour, je ne sentis plus l'odeur du loup-garou ni même des deux autres, quoi qu'ils soient. Le soleil commençait déjà sa descente quand j'atteignis la maison. Mes vêtements formaient un tas près de la porte à l'arrière.

Je me transformai et m'habillai le plus vite possible. Le temps s'était peut-être radouci mais sous forme humaine, ma peau arborait une chair de poule. Je n'avais pas très faim ayant chasser cependant je me fis un chocolat chaud pour me réchauffer. Charlie m'envoya un message pour me prévenir qu'il rentrerait tard. Me fuyait-il ?

Cette pensée ne me fit même pas souffrir tellement je m'étais préparée à la crainte que je lui inspirais. Quand j'étais encore bébé, il s'était dévoué pour me donner à manger en pleine nuit. Seulement quand il était arrivé, c'était un mignon (d'après ma mère) bébé coyote qui l'attendait.

J'avais mis quelques jours pour reprendre forme humaine car les transformations ne se contrôlaient pas quand on était enfant. Ma mère fut bien obligé de lui expliquer ce qu'elle était, que c'était héréditaire et qu'elle avait espéré que je ne sois pas comme elle. Charlie avait eu peur. Il nous a abandonnés. Le pire, c'est que ma mère ne lui en avait jamais voulu. Le comprenait.

J'avais mal au main et je sus que c'était en essayant de griffer le géant brun ( c'était devenu officiellement son surnom ). Je me passai les mains sous l'eau et cela piqua un peu. Je m'installai devant la télé avec ma tasse fumante dans les mains.

Aujourd'hui avait été riche en émotions fortes. J'avais cru me faire attaquer deux fois par deux créatures différentes. Ces événements m'avaient épuisée. Je m'endormis avec une question tournant en boucle dans ma tête comme un vieux disque rayé : qu'étaient-ils ?

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Alors ?

Ce premier chapitre vous plait-il ?

Dîtes-moi ce que vous en pensez pour savoir si je continue

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