Titre: Une Alliance Profane

Auteur: gleefulmusings

Spoilers: Saison 1.

Avertissements: Langage, slash pour la suite, « epic bitchery ».

Les personnages n'appartiennent pas à l'auteur, aucun profit n'est fait, etc. Et cette histoire ne m'appartient pas, mais elle est de gleefulmusings qui a bien voulu m'accorder le droit de la traduire.

Bon, alors, nouvelle fic, une de mes préférées. Je suis désolée de mettre autant de temps à publier, mais je n'ai vraiment pas beaucoup de temps. Pour votre information, l'auteur lit le français, donc elle lira ma traduction (grosse pression!) et sûrement aussi vos reviews !

Bonne lecture !

Chapitre 1 : Une proposition indécente

Kurt Hummel était tellement occupé à épousseter sa collection de produits pour les cheveux - et absolument pas à penser à Finn Hudson dans un maillot de bain bleu chatoyant - qu'il faillit ne pas entendre sa cloche annoncer un visiteur. Bizarre, pensa-t-il en fronçant les sourcils alors qu'il entendait le pas lourd de son père. Mercedes ne sonnait jamais. Elle préférait annoncer son arrivée en frappant plusieurs fois, en hommage à un numéro de Chaka Khan.

Il sourit tendrement, ravi d'avoir sa compagnie. Heureusement qu'ils en avaient fini avec cette ridicule histoire de béguin. Vraiment, elle aurait dû savoir sans qu'il ait besoin de lui dire. Mais quand même, il ne pouvait nier qu'il s'était senti flatté. Et puis, s'il n'était pas désespérément et entièrement dévoué au pénis dans toute sa splendeur, Mercedes aurait été le genre de fille qu'il rechercherait. Elle était intelligente, drôle, classe, pouvait chanter mieux que tout le monde – excepté peut-être la tragique horreur qu'était Rachel Berry – et avait des formes à tous les endroits appropriés. Il fit la moue et secoua la tête. Honnêtement, il ne comprenait absolument pas pourquoi un homme hétéro sain d'esprit préférerait un cadavre sur pieds à une fille avec un postérieur si exceptionnel. Plébéiens.

À la pensée de ne pas devoir passer un autre vendredi soir seul, Kurt se dérida, et il se mit à chantonner doucement du Kylie Minogue en commençant à ranger sa chambre. Non pas qu'elle soit en désordre en soi, parce que, bien entendu, elle ne l'était jamais, mais il avait été tellement absorbé par l'entretien de ses produits qu'il avait négligé quelques objets errants qui avaient besoin d'être immédiatement relégués à leur place habituelle.

Il haussa un sourcil en entendant des bruissements en bas de l'escalier. Mercedes et son père s'entendaient à merveille, mais ils ne se permettaient pas beaucoup de converser lorsque Kurt lui-même n'était pas là. Il haussa les épaules et ferma la porte de son placard avec entrain avant de regarder sa chambre. Estimant son état satisfaisant, il avait juste assez de temps pour une petite vérification devant le miroir avant que Mercedes ne fasse son entrée. Comme prévu, ses cheveux étaient impeccables, et il débattit momentanément du bien fondé d'une petite application de laque, puis en réfléchissant mieux, abandonna l'idée.

« Pourquoi améliorer la perfection? »

Il sourit à sa réflexion et ajusta son col.

« Kurt ! », hurla Burt du bas de l'escalier. « Il y a une fille pour toi. »

À cette affirmation, Kurt haussa les deux sourcils. Certainement pas Mercedes, si la note de dérision dans la voix de son père était une quelconque indication. Qui cela pouvait-il être ? Mystère ! Plus vraisemblablement, Brittany s'était encore trompée, était arrivé chez lui, persuadée que c'était sa maison, et ne comprenait pas pourquoi sa clé ne marchait pas. Il secoua la tête avec un petit sourire et alla au pied de l'escalier.

« Fais juste descendre Brittany, Papa. S'il te plaît, et merci ! »

Il se retourna pour une ultime vérification et fit la moue quand il remarqua une petite tache de quelque chose sur son tapis immaculé. Soupirant de contrariété, il courut le plier pour effacer cette présence offensante. En entendant des pas qui approchaient, il dit distraitement, « Attention à la dernière marche, Brittany. Je ne veux pas de nouvelle trace de chaussures sur mon sol. »

« Ce n'est pas Brittany, salope. »

Kurt trembla. Oh seigneur.

« Joli cul. »

Ce n'était pas en train de se produire. Ce n'était juste pas en train de se produire. Il ferma les yeux, respira par le nez, et se mit lentement debout. Il se retourna sur les talons pour affronter l'intruse qui avait osé souiller le sanctuaire inviolé de son domaine.

Santana se tenait là, bras croisés, sourcils froncés, prête à sourire.

Pour toute réponse, Kurt fronça un sourcil.

Ainsi commença une bataille silencieuse de volontés indomptables. Ils se tenaient là, et se lançaient des regards furieux, chacun attendant que l'autre fasse le premier pas. Chacun comprenait les avantages du silence : il pouvait être manié de manière à désarçonner l'opposant, il imposait l'anxiété et la peur. Kurt n'allait pas céder une quelconque victoire à une telle personne, de toute manière. Elle avait envahi son territoire, et c'était du coup sa responsabilité de se déclarer et de présenter ses intentions.

Santana le savait, l'avait planifié stratégiquement. Elle savait qu'elle devrait jouer très prudemment. Kurt Hummel ne lui devait rien et elle n'avait rien sur lui, sinon elle l'aurait simplement fait chanter pour qu'il adhère à sa proposition. Hélas. Dans l'état actuel des choses, elle devrait flatter sa vanité, ce qu'elle ne pensait pas être trop éprouvant. Et puis, si son plan a priori brillant devait fonctionner, elle devrait faire le premier pas, et le triomphe potentiel contrebalançait largement le petit malaise engendré par le fait que ce soit elle qui lui demande de l'aide.

Elle recula d'un pas. « J'ai une proposition à te faire. »

Son regard horrifié l'amusa. « Calme toi, Mary », renifla-t-elle. « On sait tous les deux que tu es pédé comme un phoque, il n'y a donc aucun danger que ta vertu soit compromise. »

Il prit la mouche, mais attendit qu'elle continue.

Elle embrassa la pièce du regard, et admit silencieusement que le jeune homme avait des goûts élégants. Même si la situation n'était pas idéale, elle n'était pas opposée à passer du temps dans cette chambre. Excellent. Son infâme plan était vraiment bien pensé. « Puis-je être franche ? »

« Je préférerais. De toute manière, qui pourrais t'en empêcher? » demanda-t-il malicieusement.

Elle sourit. « Touché. » Elle hocha la tête. « Bien, alors, laisse-moi poser cartes sur table. Nous sommes tous les deux intelligents, talentueux, riches, hautement séduisants, en nous avons un sens infaillible de la mode. » Puis elle se tut.

« J'en conviens. » dit-il à contrecoeur, avec un ton hésitant.

« Par conséquent », continua-t-elle, « il nous appartient donc de former une alliance. »

Il pencha la tête. « Je t'écoute. » Ses yeux se rétrécirent. « Pour le moment », ajouta-t-il.

Elle inclina la tête. Il s'était montré ouvert, quoique méfiant. Elle s'attendait à une plus grande résistance. Elle avait besoin d'une échappatoire ingénieuse. Son seul espoir était maintenant total et complètement honnête. « Je crois que nous avons quelque chose que les autres veulent. Maintenant que Quinn est K.O. puisqu'en cloque, je suis son successeur de facto. Je suis montée sur le trône et j'ai l'intention d'y rester indéfiniment. Pour que cette décision soit effective, j'ai besoin de quelqu'un dont les intérêts personnels seraient en adéquation avec les miens. »

« Ta logique est imparable. » lui accorda-t-il.

Elle hocha la tête. « Et c'est là que tu entres en jeu. Je ne te connais pas bien. Ce que je connais, je ne peux pas dire que je l'aime parce que mon jugement sur toi n'est pas encore complet. Cependant, ce que j'ai vu, je le respecte. »

Ses yeux se rétrécirent.

« Je n'essaie pas de te flatter, ou quoi que ce soit. » insista-t-elle. « Je n'aime pas donner des illusions aux inférieurs. »

Il esquissa involontairement un sourire.

« Bien », acquiesça-t-elle. « Tu es fort, tu as du cran. Tu as une grande gueule que tu n'as pas peur d'ouvrir. Tu es aussi séduisant que moi, mais d'une manière qui ne me menace pas. Plus important encore, tu sais qui tu es et tu ne t'en excuses pas. » Elle fit une pause. « Ca fait du bien. Je n'aurais pas besoin de te dorloter. Tu sais faire attention à toi je le sais. Je t'offre une opportunité de joindre nos forces et de mettre nos ressources en commun. » Elle leva une main. « Sache par avance que je ne recherche pas un collègue monarque. » l'avertit-t-elle, « mais un régent. Je vais gouverner, avec toi à mes côtés. »

Il croisa les bras. « Et quel avantage, s'il y en a, vais-je tirer de cette union profane ? »

Elle rayonnait. « Tu me pose la question juste au bon moment. », nota-t-elle avec plaisir. Son regard devint glacial. « Je sais ce que ces brutes te font. Je peux tout arrêter. »

« Et si tu as ce pouvoir, pourquoi ne l'as-tu pas utilisé auparavant ? », objecta-t-il immédiatement.

Elle haussa les épaules. « Parce que je m'en foutais. »

C'était une meilleure réponse, et plus honnête que ce à quoi il s'attendait. Il avait quand même des réserves. « C'est tout ? »

« Non. Si tu t'allies avec moi, je stopperai le harcèlement, je te garantis que tu n'auras plus affaire à Puck. On ne te lancera plus de Slushies à la figure. Et », ajouta-t-elle en s'approchant, « tu ne seras plus seul dans ta haine de Rachel Berry. »

Il se retourna et commença à faire rapidement les cent pas en se tordant les doigts, et à considérer son offre. Elle était alléchante, il le savait, et elle méritait d'être considérée. Santana Lopez n'était pas seulement populaire, c'était une vraie garce. Sur le plan personnel, cela lui plaisait beaucoup. Il était rare de trouver des esprits proches du sien, surtout les malfaisants. En outre, cette fusion avait un délicieux potentiel à scandales, ce qui était tout simplement divin. Il s'arrêta et se retourna pour lui faire face, satisfait de voir qu'elle était placidement en train d'attendre sa réponse. Excellente impassibilité.

« Avant que je ne consente à quoi que ce soit, j'ai quelques inquiétudes à adresser. »

Elle acquiesça. « Je t'écoute. »

Il hocha la tête de concert. « Le premier obstacle que j'entrevois est la simple vérité : nous n'avons pas confiance l'un en l'autre. Dans n'importe quelle autre circonstance, je proposerai qu'on se confie l'un à l'autre pendant une séance de spa, suivie par un examen visuel et verbal des étudiants au centre commercial. »

Les yeux de Santana se mirent à briller.

« Mais ça ne marcherait pas dans cette situation. Je n'ai aucun secret à te raconter. Tu connais mon penchant pour les corsets, tu sais que je suis gay, que ma mère est morte, et que je suis amoureux de Finn Hudson, de manière complètement inappropriée. Tout le monde sait ça. » Son front se rida. « Excepté Finn, bien sûr. » Il soupira. « Qu'en penses-tu ? »

« Hmm », dit-elle sans s'engager à rien. « Ton évaluation est, malheureusement, justifiée. Et si je te dis mes plus profonds secrets, je n'ai aucune garantie que tu ne les utiliseras pas contre moi plus tard. » Elle le dévisagea. « Même si je ne pense pas que tu le ferais. »

Il haussa les épaules. « Je ne le ferais pas, même sans engagement. Ce n'est juste pas ma manière d'opérer. »

« Dommage. »

Il sourit. « Mettons de côté cette troublante mise en garde, il reste la question de Mercedes. Je ne l'abandonnerai sous aucun prétexte, et je ne tolérerai pas non plus son dénigrement. Si je suis à tes côtés, elle devra être là aussi avec moi, et toute protection que tu m'accorderas s'étendra à sa personne. »

Elle avait anticipé cette demande, et n'était pas troublée. Elle était plutôt enchantée. La loyauté était un trait de caractère qu'elle admirait, même si elle ne la pratiquait pas régulièrement elle-même. « Pas de souci. Cette fille est, en un mot, féroce. »

Il haussa un sourcil. « Et je suppose que Brittany sera la quatrième addition à ce paradigme intéressant ? »

Elle hocha la tête. « Naturellement. Cela te pose un problème ? »Elle maudit la note de contrariété qui s'était glissée dans sa voix. C'était tellement gauche de pleurnicher. Elle eut peur, puis le visage de Kurt s'adoucit.

« Absolument pas. », dit-il doucement. « Il se trouve que je l'aime beaucoup. » Il fronça les sourcils. « Et qu'en est-il de ta relation », il continua en utilisant des guillemets imaginaires, « avec Noah Puckerman ? »

Elle haussa une épaule. « C'est une bête de sexe, mais je suis accro au pouvoir, pas aux muscles. Sa réputation en a pris un sérieux coup, à cause de sa stupidité, et je ne suis le choix deuxième choix de personne. Il est temps que j'agrandisse mes horizons. »

« Et que fait Quinn dans tout ça ? », murmura-t-il en détournant les yeux.

Santana se mordit la lèvre à contrecoeur, puis sursauta quand la vérité s'imposa à elle. « Tu l'aimes bien. »

Les yeux de Kurt s'enflammèrent. « Rien à voir. »

Elle secoua la tête. « Oh, si, si. Ça a complètement à voir. » Elle hésita, puis se lança. « En ce qui concerne le problème de la confiance, » dit-elle en s'éclaircissant la gorge, « est-ce que ça faciliterait les choses si j'admettais que moi aussi je l'aime bien ? »

Il se mordit la lèvre. « Cela pourrait. », reconnut-il. « Toi d'abord. »

« D'accord, » soupira-t-elle. « Elle a vraiment de mauvaises cartes en main. Elle est en train de devenir le trampoline de l'équipe de football, et ce n'est pas juste. Elle a couché avec Puck. Je n'aime pas ça, mais c'est arrivé, et seulement une fois. L'alcool était un facteur, même si ce n'est pas une excuse. Elle m'a intégrée et presque élevée. Je n'aime pas ce qui lui arrive. »

« Elle a été ma meilleure amie pendant dix ans. »

Elle eut un mouvement de recul. « Pardon ? »

Il lui lança un regard narquois.

« Que s'est-il passé ? »

Il haussa les épaules. « La politique du collège. J'étais un poids. »

Elle tressaillit. « Non pas que je ne sois pas coupable de la même chose, mais ouais, c'était pas cool de sa part. »

Nouveau haussement d'épaules. « C'est la vie. » Il agita ses pieds nerveusement. « Est-ce que Finn l'a mise dehors ? »

Elle exhala et acquiesça. « Elle reste avec Puck, ce qui n'est une bonne situation pour aucun d'entre eux. »

Il réfléchit un petit moment. « Je pourrais avoir une solution, mais elle devra me payer des réparations. Si tu pouvais faciliter ça, je ferais l'effort. »

« C'est fait. »

Ses yeux se fermèrent. « Et donc, ton but ultime ? Le contrôle de la classe ? Du Glee Club ? »

Elle secoua la tête. « Rien d'aussi banal. » Elle sourit vicieusement et se pencha vers lui. « Nous allons prendre le contrôle du lycée, bien sûr. », ronronna-t-elle.

Un lent sourire s'étendit sur le visage de Kurt. « Tes termes sont acceptables. »