Libertinage au crépuscule - 19

Il fallait bien que je trouve comment la satisfaire sans déranger nos Aphrodite! Je fis entrer une phalange pour tester sa réaction ce que je n'attendis pas longtemps. Elle poussa un cri de fond de gorge tout en languissement. Bruit consécutif à une sensation de plaisir à n'en pas douter. J'observais d'un œil la technique d'Alice qui ne cessait pas de m'étonner. Jasper contribuait de son côté à lui donner son content de sensations avec tact et douceur. Si j'avais pu, je les aurais tous pris dans mes bras trop heureux de me sentir en communion avec eux. Cela me donnait des idées.

- Bella chérie? Tu peux te positionner entre les jambes de ta bonne amie?

Aussitôt suggéré, aussitôt obéis. Bella adopta alors une attitude beaucoup plus agressive en embrassant à pleine bouche son amante tout en frictionnant avec application son bassin. J'attrapais celui-ci pour le bloquer.

- Ne t'enhardis pas trop, laissez-nous vous rejoindre. Elle comprit mon injonction en continuant à un rythme plus doux et tout aussi efficace.

Pour ma part, le derrière de ma conquête m'attirait comme un aimant et je commençais à poursuivre ma préparation. Jasper se trouvait mis de côté par cette manœuvre, il se contentait d'observer nos femmes fort excitées par ces changements d'imbrication. S'il continuait à ouvrir la bouche sans la fermer, la bave n'allait pas tarder à couler à la commissure inférieure, quant à ses yeux ils allaient sortir de leurs orbites. Je décidais donc de le secouer un peu.

- Jasper, nos amies auront certainement grand plaisir à déguster ta friandise...Fais-leur ce plaisir.

- Tu es sûr? Me demanda-t-il incertain. Je compris alors qu'il avait des scrupules à toucher ou à se faire toucher par Bella.

- Bien sûr, nous sommes des êtres consentants ici. Le plaisir est notre seul guide. Il approcha donc timidement son vit des belles bouches vermillon qui déjà se tendaient à mes paroles et qui ne tardèrent pas à le combler de leurs attentions. Quelle vue stimulante!

Son chibre entrait et ressortait de la bouche de Bella pendant que cette chère Alice lui léchait (oserais-je dire amoureusement ?) les testicules. Il haleta très rapidement à ce rythme.

- Doucement mesdemoiselles, les tempérais-je, souvenez-vous que cette caresse est royale et doit se faire avec grâce pour allonger notre plaisir commun. Je voulais pleinement me régaler de notre communion. Je remis ce mot dans un contexte religieux et me demandais si un curé serait intéressé par notre nouvelle définition, sur son autel en pleine messe par exemple.

Finalement, j'avais envie de tempérer les propos de Donatien, il ne fallait pas que s'occuper de foutre dans la vie. Il fallait foutre en pays de connaissance. C'était cela le plaisir ultime. Mon être vibrait à leur tempo et j'aimais cette sensation. Je positionnais enfin mon vit gonflé pour pénétrer l'objet de mes attentions, ce qui ne manqua pas de lui faire ouvrir plus grand la bouche, l'instrument de mon amant entra plus profond. Un cri s'étouffa dans sa gorge. Moi-même, je me trouvais enfin où je voulais être: imbriqué dans les chairs de mon amante à sentir les frictions rêvées, les petites jambes d'Alice frottant mes cuisses.

Je pus ainsi travailler mon ange à loisir, l'emmener à nouveau où nos corps se perdaient pour n'être plus qu'un amas non défini de chairs ne souhaitant qu'être rassasiées. Le visage de Jasper était assez éloquent pour être sûr sans lui demander qu'il partageait mon point de vue.

Nos cris se perdirent dans la nuit puis moururent à regret. Je voulais passer ma vie à cela avec elle. Etait-ce trop demandé ? Aucun dieu ne m'avait arrêté jusqu'à présent, ce n'était pas une pauvre humaine qui allait se mettre en travers de ma route. Quel était donc le pouvoir exact de Jeanne vis-à-vis de ma…compagne ?

Ayant roulé sur le côté, j'attirais à moi Bella pour profiter d'elle solitairement et caressais ses cheveux, sa peau avant de prendre la parole pour ne pas gâcher ce merveilleux moment où je la sentais alanguie et apaisée.

- Je reviens ma belle. Dis-je en lui donnant encore un baiser sur la tempe. Je me précipitais pour trouver le broc d'eau et la bassine avec des linges et les posais à proximité. Jasper se leva aussi pour prendre un linge, il versa l'eau dans la bassine et nous nous occupâmes de rafraichir nos moitiés respectives.

Je tamponnais sa peau puis la parsemais juste derrière de baisers. Elle sembla beaucoup apprécier ce traitement en me dévisageant comme aucune autre femme ne l'avait fait.

- Viens avec moi, lui proposais-je. Elle tressaillit.

- Je ne peux pas, tu le sais. Chuchota-t-elle.

- Non, je n'en sais rien. Éclaire-moi ma douce. Lui répondis-je en attrapant son poignet et en le portant à ma bouche puis à ma joue. Toucher son corps était un jeu dont je ne me lassais pas.

- Jeanne m'a sauvé, ma vie ne m'appartient pas. Le ton était calme et définitif.

- Jeanne t'a peut-être sauvé, mais regarde ce qu'elle a fait de nous Bella. Des pantins à sa solde ! S'emporta tout d'un coup Alice.

- Nous connaissions les termes du contrat, Alice. Nous savions que ce n'était pas par bonté d'âme qu'elle nous a tiré des griffes des Volturi. Continua Bella les yeux perdus dans le vague. Il est temps que je m'explique Édouard. Je suis Bella Souane, fille du sergent Charles Souane du petit village de La Fourche. Mon père est mort en sauvant un officier, Philippe Le Doilleur de Féniquesse lors de la guerre de sept ans. Celui-ci avait fait l'effort de rencontrer ma mère pour lui narrer les faits. A l'époque j'avais huit ans et je suivais les cours des frères des écoles chrétiennes (18). Ma prédisposition pour les études avait été remarquée et il décida pour récompenser le courage au combat de mon père, de m'envoyer dans le pensionnat tenu par les frères Volturi. C'est là que j'ai vécu l'enfer. Elle ferma les yeux à ce souvenir et deux larmes coulèrent sur ses joues. Je la pris dans mes bras et la berçais doucement.

- Mon nom complet est Alice Brandon de la Devinière et j'ai rencontré Bella chez les frères Volturi, continua son amie en fixant Jasper. Enfant, j'étais considérée comme anormale par ceux qui m'entouraient, ma famille a préféré m'oublier en me confiant aux bons soins d'enseignants le plus loin possible de leur domaine. Nous y sommes restées jusqu'à ce que Jeanne nous en sorte, il y a quatre ans.

- Tu es anormale, mon cœur ? Et en quoi donc ? S'enquit Jasper étonné.

- Je …J'ai des …prémonitions. Bafouilla-t-elle gênée. Certains me traitaient de sorcière. Et elle aussi commença à pleurer si bien que Jasper ne put que m'imiter. Je préférais quand elles geignaient de plaisir et déchargeaient !

- Il n'y a pas de gêne à avoir avec nous. Nous sommes libertins, nous ne croyons pas aux sorcières, ni à la bonté naturelle des hommes d'ailleurs. Séchez vos larmes mes belles, nous nous occuperons de vous, n'ayez crainte. Mais pourquoi cette mise en scène pour nous rencontrer ?

- A la demande de Jeanne, nous devions tisser des liens sous quelque prétexte que ce soit. Elle nous a dit que vous étiez dangereux pour la royauté. Expliqua Alice.

- Moi ? Dangereux ? Cela est bien drôle ! Et en quoi ?

- En tant que comploteur…

- Il n'y a pas des Damiens (19) à tous les coins de rue que je sache !

- Nous nous sommes bien rendues compte que cela était stupide, aussi avons-nous décidé d'arrêter cette ineptie. Réussit à articuler Bella.

- Ce n'était pas la peine de couper les ponts ma douce, lui susurrais-je rassurant.

- Mais enfin Édouard, je te trahissais !

- Tu avais toutes les excuses possibles, tu obéissais aux ordres comme un bon petit soldat décidée à maitriser le plus grand trousseur de jupons de tous les temps ! M'exclamais-je fièrement en souriant. Jasper éclata de rire et bientôt les filles ne tardèrent pas à se joindre à lui. Cependant, Bella se reprit vite en m'attrapant la nuque, elle me fit pencher vers ses lèvres.

- Recherches-tu la quantité ou la qualité ? Me demanda-t-elle en me scrutant au fond des yeux de façon inquisitrice.

- Cela dépendra de toi, mon cœur. Lui avouais-je sereinement.

- En quoi ai-je ce pouvoir ?

- Ton plaisir est mon plaisir. Ceci guidera ma vie désormais, voilà jusqu'où je te suis attaché. Tu es ma vie Bella. Elle me contempla abasourdie.

- Tu ferais tout ce que je te demanderais ?

- Je le pense. Répondis-je avec un regard interrogatif à son encontre.

Elle réfléchit un moment puis regarda en direction de Jasper et Alice occupés l'un avec l'autre.

- Et si je te demandais …d'être ton unique amante? Ou que tu arrêtes avec Jasper ? Lança-t-elle.

- Il faudrait que ce soit réciproque, tu ne crois pas? Lui envoyais-je en retour avec un clin d'œil sachant pertinemment que son commerce avec Alice n'était pas prêt de s'arrêter.

- Hum ! Je crois que tu m'as percé à jour ! Je t'aime comme tu es, Édouard, libertin et heureux de l'être ! Elle m'embrassa fougueusement et je ne pouvais m'empêcher de tourner sa phrase dans ma tête, elle m'aime comme je suis ! De quels dieux étais-je béni pour avoir rencontré cette femme fantastique sur ma route ? Ceux du plaisir et de la dépravation, à n'en point douter.

(18) Les Frères des écoles chrétiennes (ou lasalliens) forment un institut religieux voué à l'éducation des jeunes des classes modestes, fondé à Reims en 1684 par Jean-Baptiste de La Salle. On enseignait : l'histoire, la géographie, l'histoire naturelle, l'hydrographie, la mécanique, la cosmographie et les langues. On y donnait des cours de sciences et de dessin industriel, des cours de mathématiques et d'architecture. On y pratiquait certains métiers: tissage, travail du fer et du bois.

(19) Robert François Damiens ou Damier, est célèbre pour avoir tenté d'assassiner le roi Louis XV et pour être la dernière personne à avoir été écartelée légalement en France, sous l'Ancien Régime

10/06/11 Petit chapitre soit, mais costaud non? Bon j'avoue j'étais malade, d'où le retard. J'ai eu la surprise d'être contactée pour être référencée sur un blog, du coup les charmantes bloggeuses m'ont fait une belle bannière pour illustrer leur propos, c'est fort sympa.

C'est le blog de repertoirefic emysandra sur skyrock, je vais mettre le lien sur mon profil.