High Anxiety (Edwardsbloodtype)

Traduction autorisée

Disclaimer: tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer et l'histoire en version originale à Edwardsbloodtype.

Rappel : cette fic est classé M, il y est décrit de façon explicite d'usage de drogue et de consommation d'alcool par des mineurs et de sexe.

Remerciements aux non inscrites Rebecca, Nana10, Claire03, Hlne USA, Mylene, Aussidagility, qui m'ont laissé leurs impressions sur la première partie de l'épilogue ainsi qu'à toutes celles à qui j'ai répondu. Je ne remercierai jamais assez Space Bound Rocket pour m'avoir soutenu jusqu'au bout.

Bella nous a quitté très perturbée par son voyage à Forks. Elle avait fort souhaité y voir Edward pour trouver une fin à leur histoire et avancer dans sa vie, notamment avec Jackson. Elle avait espéré sans doute n'aimer encore que l'Edward de son passé et découvrir que cet Edward n'existait plus, ne pas retrouver cette alchimie qui avait existé entre eux pour enfin tourner la page. Mais ça ne s'est pas passé comme ça... C'est avec beaucoup d'émotion que je vous laisse découvrir la fin.

~High Anxiety~

Epilogue Part 2~ Remember Me

Garth Brooks~ The Dance

~Edward~

L'air à l'extérieur était chaud mais pas insupportable, bien plus humide que généralement fin juin. J'appréciai la chaleur du soleil sur ma peau. La porte s'ouvrit et se referma en claquant, une bonne odeur de café fait de frais flotta dans la brise, ce qui signifiait que le gâteau était sur le point d'être servi et bien sûr précédé de cette redoutée chanson traditionnelle de Joyeux Anniversaire. Avec un doux sourire, Rebecca posa un grand verre de limonade sur la table à côté de ma boîte de cachets. Je la remerciai d'un signe de tête, me tournant pour regarder les gouttes d'eau dégouliner sur les côtés du verre comme la pluie contre une vitre.

Même si elle était payée grassement pour le faire, elle était bien trop aux petits soins pour moi, demandant si j'avais besoin de quoi que ce soit. Avais-je faim, soif, trop chaud, trop froid, besoin d'un autre coussin sous mes fesses, m'étais-je souvenu de prendre mon traitement, avais-je utilisé les toilettes, incluant chaque acte humiliant possible pour un homme là-dedans. J'allais très bien, et devenait irrité à tout ce pouponnage. C'était déjà bien assez que ma famille ait lancé une grande fête pour attirer l'attention sur ma toujours plus grande incapacité, tout comme mon âge, mais ils avaient engagé Rebecca pour prendre soin de mes besoins pensant que c'était ce qui était le mieux pour moi. Comme si je n'avais pas mon mot à dire à cela.

Je savais que je devrais être plus reconnaissant d'avoir autant de gens qui fassent attention à moi, mais les voir tous heureux, souriants ne faisait que me rappeler celle qui n'était pas là. Le seul visage que je voulais vraiment voir.

"Edward, m'avez-vous entendue? C'est l'heure de prendre vos pilules."

Ces satanées pilules qui avaient empoisonné toute mon existence. Avec un regard mauvais et une grande gorgée de limonade, j'avalai ces maudites choses en un coup. Je voulais dire à Rebecca de me laisser seul, mais je n'osais pas lui aboyer dessus, la douce petite chose. A la fin de la journée, quand j'étais seul, c'était sa voix qui me tenait compagnie et je savais qu'il ne valait mieux pas mordre la main qui me nourrissait… et dans mon cas, me lavait, s'occupait de mes médicaments, payait mes factures et massait mon épaule quand elle me faisait vraiment trop mal.

Il y avait tellement de monde ici; les plus petits courant et riant alors qu'ils s'éclaboussaient dans l'eau avec les enfants plus âgés. Ensuite il y avait les adolescents qui parlaient et parlaient et parlaient à propos de rien qui soit important pour moi car j'étais tellement out quand il s'agissait de technologie et de ce genre de choses vu que je n'en avais pas vraiment l'utilité. Mais au moins ils me parlaient… ce qui était mieux que d'être ignoré. Il y avait tellement de visages que je ne reconnaissais pas alors que j'aurais probablement dû. J'avais peur de demander, car je ne voulais que personne mette en doute ma mémoire, qui allait très bien, merci beaucoup. Aiguisée comme une punaise.

Euh… peut-être comme un trombone ces jours-ci, qui trompais-je?

Je me souvenais des choses importantes.

Une jeune brunette dans un bikini rouge avec une paire de nichons incroyables me fit signe quand elle attrapa mon regard. Ces temps-ci, je me foutais bien d'être attrapé à faire quelque chose, beaucoup moins que reluquer une jolie fille.

"Hé Rebecca…" dis-je, lui donnant un petit coup de coude. "Qui est la brunette?" Je fis signe de la tête à la brunette en question. Alors qu'elle se tournait je remarquais qu'elle avait un cul vachement beau assorti à ses superbes lolos.

"C'est la fille Landon, je pense."

"Oh," Je fronçai les sourcils. Landon. Je ne l'appréciais pas beaucoup. Il était infect et avait besoin d'une bonne coupe de cheveux.

"Vous avez le béguin pour elle, Edward?"

"Nope. Je vérifie juste la marchandise." J'étais tout sinon honnête. "Et son cul aussi."

Rebecca suffoqua et s'étrangla un peu avec sa limonade, me giflant gentiment le bras. "Que pensez-vous que dirait Bella de ça?" Elle recula immédiatement après avoir parlé, réalisant ce qu'elle avait dit.

Je fronçai les sourcils à la mention du nom de Bella, mais répondis, "Rebecca, si un gars comme moi avait une chance d'un coup avec une fille comme ça, je serais prêt à parier les six derniers cheveux qu'il me reste sur la tête que ma Bella me donnerait sa bénédiction. En fait, elle me fournirait probablement les capotes." Rebecca se moqua juste de moi, achevant ses ricanements par un petit soupir.

"Mais elle n'est pas là, n'est-ce pas?" demandai-je doucement, déplorant le fait qu'elle soit toujours dans mon esprit et toujours dans mon cœur. Rebecca me fit un petit sourire, et sans me regarder, glissa sa main sur la mienne et la pressa.

"Avec toutes les discussions sur elle, je regretterai toujours de ne pas l'avoir rencontrée," dit Rebecca après un court silence.

"Elle était magnifique, vous savez."

"J'ai vu les photos," dit-elle avec un sourire. Il y avait des photos dans toute la maison, de nous, des enfants, de mes parents et des frères et sœurs et leurs enfants, et bien sûr de tous nos petits-enfants... douze et à présent, deux arrières petits-enfants... des jumeaux avec de grosses joues et des yeux verts. Tout ce dont j'étais certain était que mes enfants continuaient à avoir des enfants et mon testament continuait à être modifié pour contenir une personne de plus.

Rebecca se tourna vers moi. "Elle était plus belle toutes les fois où elle vous regardait."

"C'était la même chose pour moi quand je regardais Bella. J'avais des étoiles dans les yeux, même après cinquante ans de mariage."

"Bonté Divine, c'est à se demander comment vous avez pu vous supporter l'un l'autre après si longtemps." Sourit Rebecca avec espièglerie. Elle se moquait de moi parce que je n'étais pas toujours aussi agréable à gérer.

Je gloussai, me souvenant que Bella disait à peu près la même chose sur devoir regarder ma face un jour de plus. "Elle n'était pas toujours douce tout le temps non plus, vous savez. Quelques fois elle était une véritable chienne. Une vrai casse-couilles. Mais vous savez... nous tenions, et nous nous aimions malgré tous nos défauts."

"J'admire votre franchise, Edward." Rebecca roula des yeux malicieusement. "Mais je suppose que cela ne peut pas être toujours parfait."

"Non, en fait, il n'y a jamais eu une époque où les choses furent nickel-chrome ou magiques comme on le lit dans les romans, mais nous avions nos moments. Et pour être honnête, ce n'était pas le jour de notre mariage, ou quand nos enfants sont nés... bien qu'ils aient été de magnifiques moments à se souvenir. C'était les matins où nous étions allongés tranquilles dans le lit avant que les enfants mettent le désordre dans la maison, ou la fois en Italie où elle et moi avions laissé les garçons avec mes parents et nous nous étions éclipsés discrètement pour faire l'amour derrière une vieille ferme en Toscane. C'était quand j'ai ouvert les yeux après mon opération, ne m'étant jamais attendu à ce qu'elle soit la première chose que je verrais."

Rebecca pencha la tête de côté, me demandant silencieusement de continuer. Elle n'était avec moi que depuis peu de temps et je lui avais raconté quelques histoires de ma jeunesse et de ma carrière de baseball, aussi courte fut-elle. Mais parler de Bella était encore trop douloureux, trop frais. Elle était partie depuis six mois maintenant... c'étaient les plus longs, les plus solitaires six mois de ma longue vie. Mais c'était mon anniversaire et je me sentais un peu nostalgique. A ce moment-là, mon petit-fils, Christopher et sa copine Tegan, vinrent sous la tonnelle, s'asseyant en face de moi.

"Salut Gramps, es-tu en train de raconter des histoires à propos de Gran?" demanda-t-il avec de la curiosité dans les yeux.

Chris me ressemblait pour beaucoup avec ses yeux verts et ses cheveux sombres. Mais il était un peu petit et trapu encore, n'ayant pas perdu ses rondeurs de bébé et peut-être que son métabolisme était juste lent, qui sait? Son tempérament, il le tenait certainement de sa mère; toujours à rire, toujours à bien aller. Il n'était pas maussade, ou boudeur et il était un bon gamin, pas comme ceux de ses frères... fauteurs de trouble. De tous les jeunes, Chris passait le plus de temps avec moi. Il faisait souvent un saut après les cours sur sa bicyclette juste pour me porter un repas que ma fille avait préparé pour moi. Il restait assis des heures, fasciné par les vieilles photos que je sortais et il absorbait les histoires comme une éponge. J'appréciais sincèrement ce gosse. Lui et sa copine me rappelaient Bella et moi autrefois quand nous traînions dans cette cabane dans l'arbre nous regardant avec mièvrerie et nous faisant de stupides sourires quand je ne pouvais rien faire d'autre que regarder. Je ne l'avais jamais dit à personne mais Chris avait eu mon vieil attirail de baseball et une double part de la grosse part de mon fric pour les petits-enfants. Il avait besoin d'une voiture s'il voulait sortir cette jeune fille pour un rendez-vous correct. Appelez ça une erreur dans les comptes mais une fois que je serais six pieds sous terre, qui allait le mettre en doute?

Lui et sa copine se tenaient la main et attendaient patiemment que je continue.

"Vous voyez, j'ai eu cette opération à l'épaule la veille de mon trentième anniversaire. Ma copine Bella et moi avions rompu des années avant ça et elle était venue en ville pour voir Grand-Tante Alice et Oncle Jasper." Je soupirai doucement, pensant momentanément à mon frère. Il me manquait plus que je l'aurais pensé. Après qu'un cancer ait pris Em à la soixantaine, Jasper et moi étions devenus plus proches que jamais, ne voulant pas avoir de regrets. Il avait emménagé avec Bella et moi après que lui et les enfants aient mis Alice dans un centre de soins. Mais ce ne fut qu'une année après qu'il prit un coup et ne récupéra jamais vraiment. Nous les avions enterrés lui et Alice côte à côte.

Ma demi-sœur Kimberly et sa famille nous rendaient visite régulièrement, jusqu'à l'année dernière où elle a eu une attaque. Et ma petite sœur Claire eh bien, elle avait depuis longtemps disparu, s'étant tuée dans un accident peu après son trente-deuxième anniversaire. Ma mère et mon père étaient fous de chagrin, alors Bella et moi avions pris les deux petits de Claire avec nous pour un petit moment après que son mari ait fait une dépression... ce fut une mauvaise période. Pas de très bons souvenirs et elle me manquait beaucoup.

Rosalie et Bella restèrent amies pendant des années, durant ses trois mariages ratés et la naissance de ses quatre enfants. Nous ne l'avions pas su jusqu'après qu'Em meure, mais quand elle s'était montrée à ses funérailles écrasée par le chagrin, elle avait avoué à Bella qu'elle et mon frère avaient eu une liaison pendant des années. Nous n'en avions jamais parlé à la femme d'Em bien sûr, car cette information aurait été une souffrance inutile. Mon frère mourut heureux, je suppose.

Je secouai ma tête de tous ces souvenirs et m'éclaircit la voix, pour continuer. "Tu aurais aimé Jasper, Chris. Il était une vraie merde parfois, mais dans l'ensemble, un bon gars. Quoiqu'il en soit, ma Bella, elle vint et passa le week-end avec moi et quel week-end ce fut!" Je leur fis juste un petit mouvement de sourcils parce que bordel, pourquoi pas? Je savais fichtrement bien que ce garçon et sa copine faisaient un peu plus que se tenir la main!

Chris et Tegan rirent, tandis que Rebecca ajouta un discret, "Oh mon," à mon insinuation que le week-end fut en effet osé. Et je jure que je l'entendis marmonner quelque chose de désobligeant concernant le vieux monsieur cochon que j'étais. Ah, qu'elle aille se faire foutre!

"Mais comme toutes les bonnes choses ont une fin, ensuite elle me quitta pour retourner à New York à son fiancé." Je dis ce mot avec un dédain évident. Le nom de Jackson m'avait pour toujours fait grimacer. Dieu merci il perdit sa popularité autour de 2025.

Chris suffoqua. "Gran faisait ça avec un autre gars et toi en même temps?"

"Yep," dis-je avec un bref signe de tête. "Ta grand-mère était une vraie femme adultère." D'accord, non elle ne l'était pas mais c'était bien amusant de voir les expressions sur la figure des gosses. "Gran avait une décision à prendre il me semblait. Elle est repartie à New York pendant quelques semaines, mais finalement elle est revenue à moi... elle est toujours revenue à moi." Je retraçai la clé noire sur mon avant-bras, depuis longtemps ternie, même après que l'encre fut retouchée quelques fois. "J'étais son Edward et elle ne pouvait pas résister à mon charme."

Les filles rirent alors, mais Chris dit juste avec un clin d'œil dans leur direction, "Elles ne peuvent toujours pas Gramps. Souviens-toi quand nous étions allés au mariage de Tante Tina? Les filles voulaient toute une danse avec toi."

Je ris de bon cœur. "C'est vrai! Je les ai repoussées avec un bâton ce soir-là."

"C'était ta canne."

Chris regarda sa copine. "Il a été pris à empoigner le cul de ma cousine Tiffany!"

Je fis dédaigneusement un signe de la main. "Pffftt. Rumeurs... que des mensonges." J'avais simplement tapoté ses fesses et à ma décharge, ils m'avaient laissé boire du champagne avec tous les médicaments que je prenais, alors ils n'avaient à blâmer personne sinon eux-mêmes.

"Tu sais, Miss Tegan. J'étais sacrément un assez beau garçon quand j'étais jeune." Dis-je, juste pour faire bonne mesure.

Elle ricana et devint toute rouge. "J'ai vu toutes les photos, M. Cullen. Vous étiez très, très beau." Elle baissa la tête dans l'embarras.

Ouais, je le suis encore.

Je lui affichai mon plus beau sourire, désignant mes dents. "Tu vois celles-là? Toutes à moi. Et ceci est tout à moi aussi," ajoutai-je en montrant mes cheveux.

Chris pouffa. "Ouais, les six poils. Ils sont tous siens, Teeg."

Je le pointais du doigt sévèrement avant de mimer lui trancher la gorge. "Tu es exclus de mon testament." La petite merde me roula les yeux avant de murmurer des excuses. "J'ai cent huit ans, bon sang! Je pense que j'ai l'air plutôt pas mal." Je m'adossai au siège les bras croisé, indigné.

"Tu as quatre-vingt-huit ans, Gramps," dit-il sèchement.

"Bon, je m'en sens trois cent quatre," marmonnai-je. Oui. Je me sentais très vieux. Tout me faisait mal et rien ne fonctionnait correctement et ma bite était aussi flasque qu'un hot-dog non cuit. Foutrement fichue.

"Donc elle est revenue?" Tegan se pencha sur ses coudes se rapprochant de moi, impatiente d'entendre la suite. Je pouvais voir dans le décolleté de son top, mais je n'étais pas prêt à laisser quiconque savoir ça. C'était mon anniversaire après tout.

"Yep, quand j'ai ouvert les yeux, elle était là à mon côté ressemblant à un ange… j'aurais juré y être passé pendant l'opération. Elle me dit qu'elle avait quitté son stupide fiancé et qu'elle se demandait si je connaîtrais un endroit où elle puisse rester car elle était officiellement sans domicile." Je me souvenais avoir ri d'elle et combien ça m'avait fait mal même avec toute la morphine qu'ils m'injectaient. Je n'avais jamais été aussi heureux de voir son magnifique visage. Elle m'était revenue et honnêtement je pensais que j'avais des hallucinations.

"Bella s'installa avec moi, apprit comment prendre soin de ma blessure. Elle était tellement bonne pour moi Seigneur qu'elle était bonne pour moi. Cuisinant, faisant le ménage, me tenant compagnie, et elle écrivait dans mon journal pour moi quand je ne pouvais pas. Elle était à nouveau ma meilleure amie."

Et pendant les trois mois où je ne pouvais presque pas bouger après les broches et les tiges et la soudure des os, elle me tailla une pipe au moins une fois par jour, Dieu la garde. Je m'étais rattrapé pour ça dès que je fus apte physiquement.

Remarquez, les choses furent bizarres au début car je savais qu'elle aimait Jackson même si elle disait qu'une fois revenue à New York, elle avait su dans son cœur qu'elle ne voulait pas être avec lui. Tout ce à quoi elle pouvait penser c'était à moi, disait-elle. Je ne pense pas que je lui aie rendu ça facile, quand je ne cessais pas de l'appeler et de lui envoyer des textos sans relâche essayant de m'assurer qu'elle comprenait combien je la voulais dans ma vie. Je lui aurais bien envoyé des fleurs et des bijoux aussi, mais je savais qu'elle vivait avec ce gars et je ne voulais pas causer en plus d'autres problèmes que d'avoir déjà eh bien… couché avec elle alors qu'elle était fiancée. Hé, elle était ma copine et vous pouviez parier ce que vous vouliez que je n'allais pas laisser tomber sans me battre. Je l'avais perdue autrefois et j'avais su au moment où elle avait posé le pied sur ce carré d'herbe de ce vieux portique minable des balançoires que je n'allais la laisser partir encore. Alors je m'étais battu comme un diable pour elle.

Pour être équitable, elle se prit quelques semaines pour faire part de la nouvelle au pauvre gars et pour savoir quoi faire de toutes ses affaires, mais je pense qu'elle avait besoin de temps seule juste pour être certaine. Parce que notre histoire n'était pas une chose sure non plus à ses yeux, alors elle avait peur de prendre la mauvaise décision... le choix entre ce qui était bon pour elle et ce qu'elle voulait véritablement dans son cœur. J'avais été le premier à l'admettre quand nous avions rompu, je n'étais pas bon pour elle, ne l'étais pas depuis un moment. J'étais un connard toxique et arrogant, égoïste et égocentrique, trop stupide pour apprécier ce que j'avais jusqu'à ce qu'elle soit partie. Mais le temps éloigné d'elle, avec ma blessure couplée à être obligé de prendre une retraite anticipée et mon divorce d'une femme avec qui je n'aurais jamais dû me marier en premier lieu, m'avaient changé pour sûr. Je n'aurais jamais fait l'erreur de la laisser partir à nouveau. Il n'y avait rien, ni enfer ni marrées, qui allait nous séparer encore une fois.

Et donc les choses pour nous allèrent bien... vraiment bien. A part beaucoup se peloter et bien entendu la bouche de Bella sur mes parties viriles, nous nous étions abstenus d'être physiquement intimes, simplement parce qu'après l'opération j'étais trop fragile pour être physique. Mais plus important, nous avions besoin de rétablir notre relation amicale. Nous savions que nous étions sexuellement compatibles, ça n'avait jamais été un problème. Donc ensuite nous devions apprendre à aimer qui nous étions devenus en tant qu'adultes pendant que nous étions séparés l'un de l'autre. J'étais totalement une autre personne, et je priais le Seigneur que Bella m'apprécie pour qui j'étais.

"Cet été-là fut... fun." Je souris en me remémorant son visage souriant et la façon dont elle se promenait dans la maison nue juste pour me tourmenter. Nous lisions dehors pelotonner l'un à côté de l'autre quand le soleil brillait et quand il ne brillait pas... nous nous tenions chaud l'un l'autre d'une autre façon. Nous apprîmes tout sur l'autre à nouveau, et nous étions à nouveau au stade où nous étions quand nous avions seize ans et amoureux et avions peur de l'avenir. Mais c'était une bonne peur, ne pas savoir ce qui allait vraiment arriver mais juste savoir que nous le ferions ensemble.

"Quand l'été arriva à sa fin, Bella dit qu'elle devait retourner à New York. Son travail était là-bas, ses patients l'attendaient et son groupe d'entraide avait été assuré temporairement par quelqu'un qu'apparemment les filles n'aimaient pas. Elle se sentait obligée d'y retourner et rectifier ça. Je n'eus pas d'autre choix que d'y aller avec elle cette fois, car elle l'avait fait pour moi d'innombrables fois dans le passé et pour être franc, je l'aurais suivie au bout du monde juste pour être avec ma copine. Nous avions fermé la maison au bord de la plage et acheté un logement à quelques blocs de son bureau. Je démarrai les cours à Columbia après les vacances et Bella et moi passâmes notre premier réveillon du Nouvel An de retour ensemble à Times Square, ivres de champagne et d'amour, couverts de confettis, nous gelant les fesses. Mais mec... nous étions tellement étourdis d'amour."

"Nous restâmes un an et puis Bella décida que son père lui manquait et elle voulait être près de ma famille également, alors nous avions plié bagages pour retourner à Seattle et s'installer là, dans la maison au bord de la plage à nouveau. Je n'ai attendu qu'un mois avant de faire ma demande en mariage pour la troisième et dernière fois."

Rebecca et les enfants avaient les yeux grands ouverts plein d'intérêt alors que j'avais raconté cette histoire maintes fois avant mais pas depuis que Bella était décédée. Cela semblait plus, je ne sais pas... poignant maintenant qu'elle était partie. Malgré le fait que j'étais submergé par l'émotion, cela me semblait plus facile d'en parler maintenant que je savais qu'il y avait quelqu'un qui pouvait relayer tout ça à la génération suivante avec un sincère enthousiasme. Je ne voulais vraiment pas que notre histoire soit oubliée, elle était trop belle, trop douloureuse, trop douce pour être oubliée et je savais que Bella aurait ressenti la même chose.

"Nous venions juste de prendre notre petit-déjeuner et elle était assise à la table avec son ordinateur portable ouvert," dis-je roulant des yeux à leurs expressions désorientées. "Un portable est un ordinateur qu'on met sur la table... oh, peu importe. J'étais en train de lire la section sport. Du journal," clarifiai-je pour leur bénéfice. Les médias papier n'existaient même plus. Ils avaient presque abattu tous les arbres dans l'hémisphère nord il y a environ dix ans. Personne n'était même autorisé à avoir un vrai sapin de Noël à moins qu'il ne soit bien planté dehors dans le sol et ne me faites pas démarrer sur la façon dont vous obtenez un reçu pour un achat... il arrive directement dans votre boite de réception. Contrôle gouvernemental, je vous dis.

Je m'égare.

"Donc j'ai la bague dans ma poche et j'avais l'intention de faire un grand truc, un joli pique-nique à la plage avec tout le tralala, mais il pleuvait et nous n'avions pas faim et le moment me semblait...bon. Nous avions ce bloc que nous gardions sur la table... il était en forme de cheeseburger et à l'intérieur la partie fromage était en fait des Post-it jaunes, je sais parce que ça ressemblait à du fromage..." Je gloussai me rappelant toutes les fois au lycée où nous nous étions passé le bloc en va et vient y écrivant de superbes notes à l'autre. J'allais continuer l'histoire mais un regard à leur expression confuse et je me rendais compte qu'ils n'avaient aucune idée de quoi je parlais.

"Les Post-it sont ces carrés de papier repositionnables..." Encore, des visages vides tout autour. "Oh, pour l'amour de... peu importe..." Je continuai à leur raconter l'histoire de nos fiançailles, souriant de m'en rappeler de façon aussi vivante comme si ça s'était passé hier.

Je me souvins que le soleil était soudain apparu à travers la couche nuageuse et la façon dont il se déversait par les fenêtres après trois semaines de pluies à verse. Bella avait ses cheveux remontés en un chignon désordonné, de petites mèches traînaient sur son visage et de temps en temps elle tordait ses lèvres pour les écarter de son visage en soufflant. Elle était en train de piquer un énorme muffin avec une fourchette, aux pépites de chocolat. Ils étaient ses favoris et je les avais fait pour les prendre à la plage mais elle en était déjà à son deuxième, donc tenter de faire un pique-nique à ce stade aurait été idiot.

Je pris le bloc hamburger et écrivis, Je t'aime, le glissant sur la table juste comme nous le faisions pendant notre cours de biologie des années auparavant.

Elle sourit en coin, sans un regard elle gribouilla, Tu aimes juste mes nichons et mon superbe cul, puis le glissa vers moi.

Très vrai, mais j'aime le restant de toi également, My beautiful girl. Lui glissai-je en retour.

Oooh, je t'aime jusqu'à la lune, écrivit-elle.

Je t'aime jusqu'aux étoiles, répondis-je.

Je t'aime jusqu'au bout du monde et après encore, dit-elle, et je savais ce qu'elle voulait dire. J'étais si foutrement chanceux. Je n'avais jamais eu vraiment l'impression de mériter ce qu'elle m'avait offert jusqu'à cette année qu'on venait de passer ensemble. J'avais montré à Bella ce qu'elle signifiait pour moi chaque jour car je savais ce qu'elle était pour moi. Ce qu'elle avait toujours été.

Discrètement, je tirai la bague de ma poche et la plaçai sur le papier et écrivis, Je t'aime assez pour faire de toi ma femme. Veux-tu m'épouser?

La façon dont son visage s'illumina était un moment que je n'oublierai jamais, même si mes souvenirs se ternissent avec l'âge. J'avais souhaité alors, et en particulier maintenant avoir fait une vidéo ou pris une photo de son expression car c'était un pur bonheur. Bella bondit par-dessus la table, me fit tomber et me soumit à une pluie de baisers. Je me souvenais avoir ri et lui demander si cela voulait dire oui.

"Tu m'as juste demandé de t'épouser sur un Post-it!"

"Oui, c'est ça," dis-je en haussant les épaules. Mes grands gestes les plus importants n'avaient pas bien tournés pour nous dans le passé, donc c'était clair et simple cette fois.

Et la troisième fois fut vraiment un enchantement.

Nous avions eu un ridicule mariage, tout le tralala, beaucoup d'invités, un DJ, un orchestre et un harpiste pour l'heure du cocktail, parce que... pourquoi pas? Bella porta deux tenues différentes parce qu'elle ne pouvait pas se décider et j'avais un paquet d'argent alors encore une fois, pourquoi ne pas la gâter? Ce serait l'unique mariage, aucun de nous n'en n'aurait jamais d'autre à nouveau, et je voulais qu'elle ait tout ça. De plus que ce soit mon deuxième était un certain point délicat qui ne nous avait jamais véritablement quitté, donc je savais que je devais lui donner carte blanche. Ce fut foutrement grandiose. Nous étions ivres et amoureux et heureux et ce fut une soirée d'enfer, valant chaque penny. Excepté les stupides colombes. Elles avaient chié partout et ce n'était pas super.

Après cela, nous passâmes trois semaines sur un yacht à visiter les îles grecques, quelques choses que nous avions toujours voulu faire. Nous l'avions fait surtout nus. Et ce n'est pas trop longtemps après cela, quand Bella eut arrêté de prendre la pilule que les bébés arrivèrent. Deux garçons et une fille, et ensuite après que ma plus jeune soit allée à l'école et que Bella était heureuse d'avoir à nouveau son corps et sa vie, nous avions été surpris par un autre petit garçon.

Mon plus petit gars était différent, cependant. Se développant différemment, ne regardant pas dans les yeux, ayant un vocabulaire comme un dictionnaire, ne pouvant pas pourtant répondre à une seule question. Il avait été diagnostiqué Autiste, léger toutefois, mais non sans défi. Mon garçon progressa comme un champion, et ma femme fut extraordinaire avec sa patience et l'amour qu'elle trouva pour ses quatre enfants et pour moi.

Le temps passa plus vite que je ne pouvais même l'avoir imaginé. Ils grandirent de bébés à enfants puis adultes si rapidement et dans le processus ils nous rendirent foutrement fous. Bella se référait à eux comme ses "Petits Suceurs d'Âme," car elle jurait qu'ils avaient drainé hors d'elle son essence même. Mais les rires (et plus souvent les cris) dans la maison étaient un des sons les plus beau au monde et aucun de nous ne les aurait échangé pour autre chose.

J'avais renoncé à retourner à la fac de médecine quand nous étions à New York l'année où nous nous étions remis ensemble. Je savais que c'était au tour de Bella d'être sous les projecteurs et les études de médecine signifiaient internats, résidences et de longues heures où je n'aurais pas été à la maison. Je lui avais déjà donné cette vie et je savais comment cette histoire s'était terminée. Donc je profitai de mes expériences personnelles et pris la voie de la kinésithérapie, ouvrant finalement un centre qui était spécialisé dans les blessures sportives. J'aidais les gens, des gosses blessés surtout, et c'était bon d'avoir de la valeur pour la société. Et allez comprendre, quand l'entraîneur des filles au softball du lycée avait laissé tomber à la dernière minute, devinez qui se proposa. Moi... entraînant un tas de poulettes au lycée. Oh, l'ironie.

Je me demandais souvent si le Juge Aro pensait à moi du fond de sa cellule.

J'aimais ma vie.

Et ceci étant dit, la vie avait certainement sa façon à elle de s'assurer que nous en prenions soin. La mort de ma sœur nous secoua mais nous survécûmes. Nos enfants devinrent de bons citoyens, tous mariés, diplômés de l'université et ayant eux-mêmes des enfants, même mon plus jeune qui avait appris à s'adapter aux défis que la vie lui imposait. Il s'avéra être un prodige du piano, jouant actuellement avec le Seattle Philharmonic Orchestra. Il avait épousé une violoncelliste et avait un petit garçon. J'étais sacrément fier de lui, de tous mes gosses.

Nous nous étions finalement installés en Californie où le soleil était un spectacle bienvenu et les douleurs dans mon corps se dissipèrent peu après notre arrivée. Nous vivions proches de mes frères et de leurs familles, et quand mon père prit sa retraite, mes parents vinrent aussi.

Ne vous y trompez pas, ce n'était pas tout grand soleil et arcs-en-ciel étincelants. Bella et moi avions nos chamailles. Il y avait pas mal de trous dans le mur de la forme de mon poing car nous nous prenions la tête pour des choses pour lesquelles nous réalisions plus tard qu'elles n'avaient pas d'importance après tout. Elle me rendait dingue avec ses névroses, sa jalousie et son shopping excessif. Mais c'était ma Bella. Je la rendais folle en essayant de garder la maison nette avec quatre gosses et un chien, et mon appétit sexuel qui devint seulement plus vorace avec l'âge. Elle était fatiguée, j'étais excité. Nous faisions du mieux que nous pouvions pour que les choses marchent.

J'avais passé quatre-vingt-huit ans de ma vie en essayant de donner un sens à tout ça, les naissances, les morts, les guerres que j'avais vues, le changement dans la technologie, la grippe qui avait balayé un tiers de la nation. J'avais vécu une vie digne d'un roi, et même si cela n'avait pas été véritablement parfait, c'était plus que je ne l'avais même imaginé. J'avais été béni.

Et maintenant là aujourd'hui, alors que ma famille était rassemblée autour de moi, beaucoup tout sourire et appareil photo pour commémorer le moment, tout ce que je voulais était un visage avec moi. Toujours qu'un seul magnifique visage.

Au fil des ans, j'avais vu ce visage couvert de larmes, s'y propager un sourire si grand à en faire mal, crier et rire et même une fois... couvert de crème fouettée. J'avais vu la façon dont elle regardait nos bébés et comment elle me contemplait à l'autre bout d'une pièce avec désir. Le regard qu'elle me renvoyait était une vraie douleur dans ma poitrine, débordant d'amour pour elle, d'amour pour ce qu'elle avait toléré de moi pour me donner une seconde, troisième et quatrième chance quand je n'en méritais aucune.

J'avais vu le regard de pure douleur marqué le visage de ma magnifique femme quand elle me regardait souffrir de la perte de mes trois parents en l'espace de trois ans. Et je vis encore quand la démence triompha de Charlie et qu'il ne reconnaissait même plus son unique fille; témoin de ça une fois de plus quand finalement il mourut.

Mais de loin le pire fut quand cela lui arriva à elle. Ce fut un lent processus, un auquel nous nous étions attendus comme Alzheimer était héréditaire. Elle avait oublié de petites choses et puis des visages et des noms et ensuite finalement qui étaient ses enfants. Cette maudite maladie leur brisa tous le cœur.

Le plus étrange fut que j'étais la seule personne de qui elle put constamment se rappeler. Tout ce que j'avais besoin de faire était l'appeler Beautiful ou Bébé et parfois juste B pour que ça réussisse, et elle souriait à mon visage en se souvenant. Pendant longtemps elle resta coincée à ses dix-sept ans, ricanant et me disant combien elle aimait mon sourire en coin et voulait le mettre dans sa poche, des choses stupides comme ça. Elle parlait de choses, de détails d'une époque ou de lieux dont je n'avais qu'un vague souvenir avec clarté comme si elle regardait une image juste en face d'elle. Je lui faisais plaisir et lui permettais d'être tout ce qu'elle voulait être à ce moment-là parce que peut-être être vieux et savoir que tu as peu de temps qui te reste était trop à supporter pour elle. Et évoquer ses souvenirs la rendait si heureuse, comment lui prendre ça?

Nous restions assis des heures avec des photos, s'attachant à susciter un souvenir, et quelques fois elle se rappelait et c'était un tel moment de joie. Mais c'était fugace. Elle demandait toujours à voir le lever du soleil avec moi et elle me demandait de rester avec elle jusqu'à ce qu'elle soit endormie car même si elle n'était pas souvent présente d'esprit, elle savait bien qu'un jour elle ne se réveillerait pas.

Comme moi.

Je regardais se faner ses souvenirs, sa jeunesse, mais jamais sa beauté.

Je tins bon aussi longtemps que je pus le jour où elle mourut. Mes enfants furent si rapides à appeler une ambulance, mais je savais que ce n'était pas ce qu'elle voulait. Elle était partie paisiblement dans son sommeil, espérons sans douleur et rêvant à de belles choses, et je tenais sa main, la caressant avec vénération, touchant son visage et essayant de mémoriser ses courbes à travers les larmes qui coulaient sur mes joues, jusqu'à ce que mes enfants me disent que je devais arrêter. Nous avions bataillé et je leur avais dit d'aller au diable, qu'ils étaient en train de détruire mes derniers instants avec elle.

Je ne parlai à personne pendant trois jours après qu'ils aient pris son corps. Déni, colère, douleur... perte, acceptation. Mon cœur était brisé, irréparable.

Lorsqu'on fit les préparatifs, ma fille découvrit que Bella m'avait laissé une lettre, enfouie dans son tiroir sous ses culottes. La date m'indiquait qu'elle avait été écrite quand elle avait encore l'esprit intact, avant que la maladie nous la vole. Dans la lettre, elle me disait combien elle chérissait sa vie avec moi, et que je ne me demande pas si j'avais été un homme bien ou un bon père ou mari. Elle voulait que je sache que sa vie avec moi était un cadeau, quelque chose qu'elle chérirait toujours et que son amour pour moi était incommensurable. La toute dernière ligne disait qu'elle m'aimerait pour l'éternité et que je devrais venir et la trouver quand il serait temps.

Je ne savais pas ce qu'elle voulait dire par là, mais j'espérais bien sûr qu'elle n'avait pas prévu de me tourmenter de l'au-delà.

La main de ma fille sur mon épaule et un bruyant chorus de Happy Birthday me ramena brutalement au présent. "Papa, c'est la recette de maman... chocolat noir, avec des fraises."

Au lieu d'être étranglé par l'émotion au fait que ma douce fille soit si bonne pour moi, je hurlai, "Bordel! Vous pourriez éclairer la moitié de Seattle avec cette chose!" dis-je, regardant alors qu'ils amenaient le gâteau dehors, flamboyant. Je soufflai les bougies, devant m'y prendre à plusieurs reprises avant de les éteindre toutes. Il y avait après tout, quatre-vingt-huit bougies.

Nous mangeâmes le gâteau et Dieu sait qu'il était délicieux, et ils me firent ouvrir les cadeaux que je ne voulais pas. Je les remerciai tous d'être venus me fêter et pour leurs chemises que je ne mettrai jamais, le chapeau que je ne porterai jamais, le jeu électronique de baseball auquel je ne jouerai jamais. La seule chose que je voulais ou avais besoin était la photo encadrée de ma Bella et moi, prise pour mon dix-huitième anniversaire. C'était de Chris et Tegan, bien entendu. Il lui avait rendu presque son état original. Ce gosse était un vrai bon garçon. Il me rendait fier.

Je coinçai la photo sur mes genoux, souhaitant que les larmes ne jaillissent pas devant tous ces gens. Ils commencèrent à mettre d'anciennes vidéos alors, une tradition, et je ne pouvais supporter plus longtemps la nostalgie. Cela avait été une longue journée et j'étais tellement fatigué. Quand je demandai à Rebecca de m'aider à rejoindre ma chambre, personne ne parut être bouleversé, comme s'ils semblaient comprendre que j'étais un vieux monsieur et que j'avais besoin de repos. Je pris baisers et étreintes de tous, même les collants des bébés auxquels je ne fis pas beaucoup attention, et leur souhaitai une bonne nuit.

Je pouvais entendre les sons des rires et les occasionnels "ooh et ahh" alors que ma famille regardait les années passées sur film de l'autre côté de ma porte. Rebecca m'aida à mettre mes confortables vêtements de nuit et me donna une dose de mes cachets, tirant la couverture jusqu'à mon menton et embrassant mon front avant de fermer la porte derrière elle.

"J'espère te voir bientôt, mon amour." Je murmurai ces mots à dessein pour Bella, comme je le faisais tous les soirs parce qu'elle me manquait si foutrement beaucoup et je n'étais juste plus le même depuis qu'elle avait quitté cette terre. Ensuite je laissai le sommeil me prendre ce soir d'été de mon quatre-vingt huitième anniversaire, tout en tenant la photo et sa, maintenant très abîmée, lettre sur ma poitrine, rempli à bord de l'amour de ma famille et d'un inexplicable sentiment de paix.

Je suis seul là.

L'instinct me dit de ne pas avoir peur, mais je ne peux m'en empêcher. Je n'aime pas l'inconnu. Et étant donné que ma vie n'avait pas été sans certaines frasques, je suis légèrement inquiet quant à où exactement j'ai fini. Peut-on aller dans les deux, même si j'aime à penser que j'ai été une assez bonne personne pour une grande partie de ma vie pour justifier finir dans le meilleur des deux endroits.

Ceci étant dit, je ne suis pas sûr d'être précisément en enfer ou pourquoi je suis tout seul ici parce qu'il y avait tellement de confusion et de bruit avant toute cette soudaine immobilité et ce calme. Je jette un coup d'œil autour, aux arbres, tant d'entre eux, au vert si éclatant et au feuillage si épais. Je regarde un ciel d'un bleu des plus lumineux au-dessus de ma tête et la lumière du soleil me laisse des points blancs dans ma vision. Il me faut un moment pour regagner mes repères. Je peux entendre le bruit en fond d'une eau tumultueuse au loin, une cascade, ou une rivière peut-être. Cet endroit...si familier mais pourquoi ne puis-je le situer. Est-ce que je rêve?

Je balaie une main sur le dessus de ma tête...cheveux, plein et épais et ça ne se peut pas. La main n'a pas de rides ni de taches brunes, pas de signes de l'âge ou des années à porter des enfants avec. Impossible...

Il y a un rire au-delà du virage des arbres. Je connais ce rire... je connais ce son. Il emplit mon cœur et pousse mes pieds de ce chemin de terre et je cours, prompt et rapide et mes poumons ne me brûlent même pas. Quand je la vois je crie son nom et elle se tourne, de longues boucles brunes balayant son épaule bronzée et elle court vers moi, les bras tendus, poussant de petits sons aigus de joie. Je suis empli d'une chaleur que je n'ai jamais connue.

"Tu m'as trouvée, tu m'as trouvée!" dit-elle les larmes aux yeux. Elle est si heureuse de me voir.

Mes mains tremblent alors qu'elles la tiennent contre moi, serrant son petit corps contre le mien, pas un centimètre entre nous. Elle est encore plus magnifique de ce que je me souviens d'elle. Je suis béat.

"Bien sûr, petite idiote," dis-je. "Pensais-tu que je ne l'aurais pas fait?"

"Non, je savais que tu le ferais, mais c'est beaucoup plus tôt que je m'y attendais." Elle semble triste.

"Je ne pouvais pas vivre sans toi, bébé. Je n'étais pas entier sans toi. Je voulais être avec toi." Elle tend le bras pour toucher mon visage de ses mains douces. J'avais eu une bonne vie, mais j'en avais assez. Il était temps de partir. Temps de voir quoi d'autre m'attendait.

"Regarde-toi, mon beau gosse." Après un long baiser qui débute doux mais nous laisse tous les deux plein de désir et haletant fort, elle se libère de moi, tendant les bras pour prendre ma main dans les siennes. "Viens E, tout le monde attend de te voir."

Je souris sachant que ma famille est ici et je désire tous les voir mais je veux un moment seul avec elle d'abord. Je prends sa main, la faisant pivoter vers moi. Des baisers pleuvent sur son visage et sur son cou et je lui dis encore et encore combien elle m'a tant manqué.

Elle me dit la même chose et nous nous embrassons pour des jours et des heures et ça peut être toute une vie ou peut-être juste quelques secondes. Ça n'a pas d'importance. Je suis là, elle est là, nous sommes ensemble... c'est parfait.

Puis des choses... des émotions et des sensations... des sensations physiques s'agitent en moi, que je n'ai pas ressenties depuis des années. Les yeux de Bella pétillent quand elle sent cette même chose frotter contre son ventre. J'empaume ses fesses et son sourire timide me dit qu'elle me désire aussi.

"Patience," murmure-t-elle doucement. "Nous avons l'éternité."

Je souris alors que nous marchons vers notre destination et je n'ai jamais été aussi content, aussi plein de joie qu'à ce moment-là. Dix-sept ans pour toujours.

"Oh," dit-elle alors qu'elle s'arrête brusquement. Son nez se plisse, tellement adorable. Ce visage m'avait tant manqué, ce jeune et magnifique visage. "Hum... notre maison est un peu grande et... elle est peut-être un petit peu... rose."

"Tu es sérieuse?" demande-je incrédule. "Une maison rose... pour l'éternité?"

"Fallait être là le premier alors," dit-elle avec un haussement d'épaules et un sourire très enjoué que j'entends bien enlever de sa figure à la toute première occasion que j'ai d'être seul avec elle. Sa main presse la mienne me rappelant qu'elle est toujours la même fille que j'aime. Ici, sa tête est entière et elle se souvient de tout.

Le plus amusant est que ça a toujours été Bella pour moi. Et je sais maintenant que ça le sera toujours. Quoiqu'il se profile, je ne serai jamais, jamais seul.

Les mains liées et les cœurs pleins, ma Beautiful Girl et moi marchons côte à côte pour rejoindre nos familles, nos amis... où nous commenceront notre "pour toujours".

Et je suis chez moi.

Edward Anthony Masen Cullen

20 Juin 1992 21 Juin 2080

Bien-aimé mari, fils, père, grand-père, ami.

The End