Coucou tout le monde ! Me voilà avec une petite fic toute mimi et pas longue juste pour le plaisir ! J'avoue que pour moi c'est aussi l'occasion de faire une pause entre ma Non Romantique et une autre fic (très) longue en cours d'écriture, alors j'espère que vous allez aimer !

Je suis bien consciente qu'il y a quelques petits détails qui ne concordent pas trop avec la réalité (oui, parce que j'ai quand même fait des recherches sur le somnambulisme), mais j'espère que vous allez apprécier. Il y aura deux ou trois chapitres, mais pas plus ;)

Bisous Bisous


Somnambule bulle bulle

"Tu dors comme un grand livre d'images" (Georges Schéadé)

Dans la salle commune Gryffondor, Hermione avait calé sa tête contre l'accoudoir du fauteuil et regardait avec tendresse ses deux meilleurs amis bâcler leurs devoirs. Elle les avait terminé depuis longtemps, elle, et les voir s'agiter autour d'un problème de métamorphose la berçait. Doucement, la jeune fille rejoignait les bras tendus de Morphée. Parfois, un soupire plus fort que les autres la ramenait à la réalité et pour quelques instants, elle reprenait le dessus sur l'inconscience qui la gagnait. A nouveau, Ron soupira, et à nouveau, Hermione dit :

« Il fallait vous y prendre plus tôt. »

C'était devenu comme une chanson. Une éternelle mélodie que l'on chantonne sans cesse. Les deux garçons, qui prenaient soin de ne pas répondre à cette phrase se contentaient de soupirer plus fort, cependant cette fois ci, Ron ne pu se contenir.

« Les devoirs ne sont pas notre simple préoccupation, à nous, on les fait une fois que toutes les choses plus intéressantes ont été faite. »

C'était un affront comme Hermione les connaissait bien. Mais elle était trop fatiguée pour lui répondre, et les deux garçons le virent bien. C'est d'ailleurs ce qui les décida d'arrêter les frais pour ce soir. Harry piquait du nez sur son parchemin de potion, et Ron butait sur le même mot depuis cinq minutes. Tous deux rangèrent leurs affaires et le bruit des cahiers que l'on ferme éveilla pour de bon Hermione. Elle frotta ses yeux avec ses poings en baillant allègrement.

« J'ai cru que cette journée n'en finirait pas. » Soupira t'elle en s'étirant.

« Il ne fallait pas rester, tu aurais dû aller te coucher plus tôt. » Dit Harry avec un ton chaleureux et tendre.

D'ailleurs, Harry ne comprenait pas pourquoi Hermione était restée avec eux. D'habitude, elle partait se coucher en début de soirée, les laissant à leurs pénibles devoirs. Mais ce soir, et depuis deux jours, elle refusait d'aller dormir. Cependant, le survivant était bien trop fatigué pour se pencher davantage sur la question. Après tout, cela pouvait bien attendre demain matin...

Ils souhaitèrent bonne nuit à la jeune fille et montèrent les escaliers menant aux dortoirs des garçons, alors qu'Hermione empruntait ceux des filles. Mais une fois que ses deux amis eurent fermé la porte derrière eux, Hermione arrêta son ascension et fit demi tour pour aller se replacer sur un fauteuil de la salle commune. Elle resta quelques instants sans bouger, ses yeux la piquant un peu.

« Je ne dois pas dormir, je ne dois pas dormir » se répétait-elle sans cesse dans sa tête.

Mais cela ne fonctionnait pas, ses paupières se faisaient de plus en plus lourdes. Bientôt, Morphée viendrait l'arracher à la réalité, et cela lui faisait peur.

« Je dois trouver de quoi m'occuper... » Parvint-elle à réfléchir, l'esprit embrumé de fatigue.

Son regard endormi parcouru la salle commune à la recherche d'une quelconque occupation, et tomba sur les cartables en cuir de Ron et Harry. Les deux garçons avaient laissé là leurs affaires, certains de les retrouver le lendemain. Et si elle les avançait dans leur travail ?

Hermione hésita quelques secondes. Après tout, ils n'avaient qu'à s'y prendre plus tôt, au lieu d'aller jouer au Quidditch ! Oui... Mais Harry luttait contre les forces du mal sans arrêt, et le Quidditch était sa seule source de plaisir... Et puis, il fallait qu'elle s'occupe, si elle ne voulait pas dormir.

Saisie d'un élan d'amitié envers ses amis, elle se leva et ramassa leurs cartables. Elle saisit les parchemins qu'ils avaient placé à la va-vite dans leur sac et les posa sur la table. Elle ouvrit son encrier et trempa sa plume avant de la poser sur le parchemin. Il était 02heures.


Hermione consulta sa montre. 03Heures. Elle soupira, posa sa plume sur la table et frotta ses yeux avant de se remettre au travail. Petit à petit, son esprit dérivait loin de la réalité, et elle ne se sentait pas glisser vers le sommeil. La fatigue reprenait ses droits, et Hermione voyait son écriture diminuer au fur et à mesure qu'elle plongeait au pays des rêves.


Hermione remua légèrement en soupirant de bien être. Elle se cala plus confortablement contre elle-ne-savait-quoi avec un sourire aux lèvres.

La jeune fille ouvrit doucement les yeux, pour apercevoir, à quelques centimètres d'elle une pair d'yeux d'un gris perle s'ouvrir lentement.

La surprise lui fit écarquiller ses yeux et elle prit alors conscience que ces deux perles grises appartenaient à un homme... Et que cet Homme n'était autre que Malfoy.

Elle était dans le LIT de MALFOY !

Cette pensée percuta enfin son cerveau et son sourire s'évanouit en même temps que celui de Draco. Apparemment, le garçon venait d'avoir le même raisonnement qu'elle et c'est d'une même voix qu'ils poussèrent le même hurlement :

« AAAAAAAAAAAAAAAAAAH ! »

Hermione sauta en arrière et se cogna violemment la tête contre le mur, tandis que Malfoy se prenait les pieds dans les draps et tombait avec un bruit sourd sur le sol.

Les cris réveillèrent tout le dortoir. Mais à peine eurent-ils ouvert les rideaux à baldaquin de leur lit et compris la situation qu'Hermione avait déjà filé par la porte, laissant un Malfoy estomaqué et à moitié dénudé sur le sol.


« GRANGER ! »

La voix d'un Draco en colère résonna dans tout le couloir, et Hermione se stoppa net.

« Qu'est-ce qu'il lui prend ? » Demanda Harry en posant son regard soupçonneux sur Hermione.

« Heu... Je vous rejoins dans pas longtemps ! » S'exclama t'elle rapidement en poussant sans ménagement Harry et Ron dans la grande salle pour le déjeuner.

Hermione soupira. A toute allure, son cerveau réfléchissait déjà à un moyen de se sortir de là, mais plus Malfoy avançait vers elle, et moins elle n'en trouvait.

« On peut savoir ce que tu foutais dans mon lit ce matin ? » Demanda t'il d'une voix doucereuse où transperçait néanmoins la rage mal contenue.

« Une solution... Une solution... » réfléchissait-elle

Paniquée, la jeune fille dit la première chose qui lui vint à l'esprit :

« Enfin, tu ne te souviens pas ? La fête, toi, moi... »

Draco écarquilla les yeux et Hermione fut fière l'espace d'un instant d'avoir réussi à lui faire abandonner son masque de froideur. Elle vit Malfoy blanchir et elle sut qu'elle avait par la même occasion touché dans le mille. Elle se doutait bien que les Serpentard fêteraient en privé leur victoire contre les Poufsouffle, mais apparemment, Malfoy avait dû se mettre cher...

« Tu... Tu rigoles.. ? »

Hermione ne crut pas avoir déjà vu Draco aussi blême, et l'espace d'un instant, elle se demanda s'il n'allait pas disparaître. Elle vit là une occasion de tirer profit de la situation, et de se venger, par la même occasion de 6ans d'insultes et de moqueries.

« Est-ce que j'ai l'air de rigoler ? » Minauda t'elle en ponctuant la fin de sa phrase par un clin d'œil suggestif.

« On remet ça quand tu veux. » Continua t'elle en plantant son regard taquin dans celui vide du Serpentard.

« Oh putain... » Murmura t'il les yeux dans le vague. « Oh putain, oh putain ! » Souffla t'il en agrippant ses cheveux, les décoiffant un peu plus.

Hermione aurait pu être une bonne actrice... Mais en le voyant si mal, la jeune fille pouffa un peu... Puis elle explosa de rire. Elle riait tant qu'elle dû poser sa main sur l'épaule du Serpentard pour s'empêcher de tomber. Le garçon comprit enfin qu'elle s'était payée sa tête et lui fit remarquer d'un ton cassant :

« Tu te moques de moi ? »

« Mouhahahahaaaaaa ! (Hermione riait encore tellement qu'elle en pleurait) Je suis désolée Malfoy... Mais tu aurais vu ta tête... Mouhahahaha ! Trop drôle »

Le garçon reprit son masque indéchiffrable et fit ironique :

« Ah ah ah ! On se fend la poire ! C'est vraiment hilarant !... T'as un humour de Troll Granger ! On te l'a déjà dit ? »

Hermione pouffa encore et ajouta :

« Et toi Malfoy, tu as un second degré de Véracrasse ! »

Le garçon fronça les sourcils, vexé et Hermione reprit son sérieux.

« Alors, dit-il enfin après quelques minutes de silence. Pourquoi étais-tu dans mon lit ce matin ? »

Hermione soupira, toute trace de rire ayant disparu.

« Je suis somnambule, Malfoy. Crois moi, je n'avais aucune intention de me réveiller un jour dans ton lit. »

Le garçon la fixa incrédule.

« Tu... tu es somnambule... C'est là ton excuse ? »

Hermione leva les yeux au ciel, excédée.

« Oui, c'est mon excuse, Malfoy ! Je n'en ai pas d'autre et c'est la vérité ! »

Le garçon resta impassible quelques instants, et Hermione crut même apercevoir une lueur de déception dans son regard. Mais il reprit la parole en s'arrêtant à la hauteur de la jeune fille :

« Arrange toi pour que ça ne se reproduise plus ! »

Puis il entra dans la grande salle et disparut derrière les lourdes portes.

Hermione soupira. Que ça ne se reproduise plus... Il était bien gentil, mais elle ne contrôlait rien ! Depuis une semaine elle se retrouvait dans des endroits insensés, dans la bibliothèque (ça elle pouvait le comprendre), dans le parc, dans la volière, et même dans les bras d'une armure... Mais là... Malfoy... Elle avait fait fort ! Elle devait trouver un remède pour ne pas dormir, ou pour ne plus être somnambule.


« Nous allons essayer cette potion. Vous viendrez demain me dire si elle fonctionne ou non ! » Dit Madame Pomfresh en souriant à une Hermione dépitée.

« Et si ça ne marche pas ? Je ne veux pas me réveiller à nouveau... dans le parc ! » Fit-elle tout en pensant « dans les bras de Malfoy ». Et d'ailleurs, comment avait-elle pu rentrer chez les Serpentard ? N'avaient-ils pas un mot de passe ? Elle ne le connaissait pas pourtant... Hermione soupira et saisit la fiole que lui tendait Pomfresh, priant de toutes ses forces pour que cela marche.

C'était toujours la même chose. A l'approche des solstices, elle devenait somnambule. Un peu comme de simples personnes deviennent des loups pendant la pleine lune. Sauf que pour elle, cela durait sur plus d'une semaine avant et après le solstice... Et ce, deux fois par an ! Jamais personne n'avait trouvé une explication. Certains disaient que c'était dans sa tête. Que c'était comme si elle voulait son état. D'autres encore disaient que le solstice réveillait quelque chose en elle, un instinct ou je ne sais quoi. Mais personne n'avait pu lui formuler une théorie qui tenait la route.

« Courage ! Se rassura Hermione en entrant dans la serre où elle avait cours de botanique. Après tout, quelles sont les chances pour que tu te réveilles à nouveau dans les bras de Malfoy ? »


La journée passa trop rapidement au goût d'Hermione qui voyait la nuit approcher à grands pas.

La jeune fille ne savait pas comment faire. Dormir, ou ne pas dormir ? Essayer de ne pas dormir n'avait pas été très concluant. Elle avait fini par se réveiller dans le lit de ce Serpentard... La jeune fille fixa la fiole contenant un liquide violacé. Après tout, que risquait-elle ? Peut-être se réveillerait-elle le matin suivant dans les bras d'un beau et courageux Gryffondor ?

Elle sourit face à sa stupidité. Toutefois, la jeune fille pris soin de mettre son pyjama le plus beau. Elle se coiffa même les sourcils avant de dormir... Après tout...


Le soleil se leva une nouvelle fois sur Poudlard. A cette heure ci, tous les élèves dormaient paisiblement, la tête encore dans leurs songes. Tous ? Tous, sauf une.

La jeune fille venait de se réveiller, et elle appréhendait le moment où elle allait devoir ouvrir les yeux. Ce ne fut que lorsqu'elle sentit un souffle près de son oreille qu'elle ouvrit les yeux, le cœur battant. Hermione gémit de désespoir. Elle se trouvait actuellement dans une position plus qu'étrange dans le lit de Draco Malfoy. La jeune fille leva les yeux au ciel, maudissant son somnambulisme. Elle essaya tant bien que mal de s'extirper des bras de son ennemis, mais le garçon la retenait fermement contre lui. Hermione rougit jusqu'aux oreilles lorsqu'elle s'aperçut que le Serpentard était vêtu en tout et pour tout d'un caleçon très moulant et son sang se glaça lorsque la main froide de Draco bougea dans son dos pour aller se positionner sur ses reins. Elle ferma les yeux, faisant taire les frissons qui l'avaient envahie et repris ses tentatives de s'échapper.

Lorsque Draco Malfoy se réveilla ce matin là, un bruit étouffé attira son attention. La porte du dortoir venait de s'ouvrir, et il vit Hermione filer en douce.

« Trop, c'est trop ! » Se dit-il. « Elle ne m'échappera pas ! »

Aussitôt, le garçon se leva et ouvrit la porte du dortoir. Elle était en bas des escaliers, marchant sur la pointes des pieds.

« Granger ! » L'appela t'il d'une voix chuchotante. (NDL : Oui je sais, ça ne se dit pas, mais vous avez compris le principe.)

La jeune fille se figea sur place avant de se tourner dépitée vers Draco.

« Il a fallut que tu te réveilles ! » Grinça t'elle en chuchotant aussi. Tous deux ne comptaient pas élever la voix pour ne pas risquer d'ameuter tout Poudlard.

« Je rêve ou tu étais encore dans mon lit ce matin... » Continua t'il en descendant les escaliers.

« Figure toi que j'essaye d'y remédier ! » fit-elle.

La jeune fille semblait mal à l'aise et elle souffla :

« Pourrais-tu te vêtir un peu Malfoy ? »

Le garçon ne comprit qu'après quelques instants que sa tenue dénudée la gênait et il lui offrit un sourire sarcastique.

« Enfin... Te réveiller dans mes bras ne te déranges pas, tu en redemandes... Mais me voir torse nu t'effraie ? »

Un soupire lui répondit et il sourit davantage.

« Granger, si je ne te connaissais pas, je dirais que tu es une petite coincée... »

« Et toi, Malfoy, si je ne te connaissais pas, je dirais que tu es un gamin à l'égo sur-dimensionné. »

Malfoy pouffa et Hermione lui adressa un regard malicieux. Pourquoi ne s'insultaient-ils pas ? Tous deux l'ignoraient, mais ils avaient l'impression de partager quelque chose de nouveau.

Hermione se détourna et reprit son chemin vers la porte de sortie, mais Draco saisit son poignet, l'empêchant d'avancer. Irritée, la jeune fille lui dit :

« Ce n'est pas que ta présence m'agace, mais il est 06heures et j'aimerai retourner à mon dortoir avant que tout Poudlard ne me voit en pyjama dans les couloirs. »

Draco rit à cette pensée.

« Ça pourrait être drôle. Ce serait une petite vengeance pour t'introduire dans mon lit chaque nuit. »

Hermione fronça les sourcils.

« Si tu fais ça, je dis à tout le monde où j'ai passé la nuit. Et ta réputation de Sang pur détestant les sang de bourbe volera en éclats. »

Draco plongea son regard menaçant dans celui de la jeune fille. Il la défia un instant. Hermione ne put s'empêcher de constater que ses pupilles étaient devenues grises foncées. L'air menaçant de Malfoy ne l'impressionnait pas. Pour l'heure, elle était subjuguée par ses yeux si changeants.

« Tu utilises de la potion, pour tes yeux ? »

« Quoi ? » Demanda-t-il incrédule, décontenancé par cette question sortie de nulle part.

« Oui. Heu. Quand je me suis réveillée hier matin, tes yeux étaient gris clair, et là, ils sont gris foncés. Alors, est-ce que toi aussi tu utilises cette espèce de potion à la mode qui change ta couleur des yeux pendant 24heures ? Si c'est ça, c'est un peu la honte, dans tout Poudlard, juste Lavande l'utilise, et tu conn... »

« Je n'utilise pas de potion, Granger ! » Soupira Draco agacé par un débit de paroles si élevé par un matin si tôt « Allez, va t'en ! » Continua t'il. Plus elle partirait vite, plus tôt il aurait la paix.

Hermione ne bougea pas d'un pouce.

« Oui, bon d'accord, j'y vais... »

D'un coup, elle s'approcha très près du visage de Draco, ses deux prunelles marrons fixant avec intensité celle de Draco.

« T'es sûr, pour la potion... Parce que c'est vraiment troublant... »

Draco recula précipitamment en s'exclamant : « Je n'utilise PAS de potion ! Va t'en maintenant ! J'aimerai ne pas avoir mal à la tête aujourd'hui ! »

Hermione ne se fit pas prier et décampa.

« Granger ! La rappela Draco avant qu'elle ne franchisse la porte. A demain matin. » Lui dit-il d'une voix complice en lui adressant un clin d'œil. Il entendit Hermione le traiter d'imbécile et sourit. Cette situation était finalement marrante.


Mais Hermione revit Malfoy avant le lendemain matin. Le petit coup d'œil qu'ils échangèrent éveilla les questions jusqu'alors en sommeil de Harry.

« On peut savoir ce qu'il se passe entre Malfoy et toi ? Depuis deux jours vous ne vous disputez pas ! Si je ne vous connaissais pas, je dirais même que vous avez l'air complice. »

Harry rit à cette pensée, sachant que le jour où Hermione et Malfoy partageraient autre chose que des insultes, il ferait le tour du château tout nu sur son balais. Mais son rire mourut à la vitesse de l'éclair quand il s'aperçut que Hermione ne partageait pas son hilarité, pire encore, elle rougissait.

« En fait... » Commença t'elle d'une petite voix.

« DITES MOI QUE JE RÊVE ! » S'écria Harry, bondissant en arrière et se frottant le visage, tout à coup paniqué et horrifié.

« En parlant de rêve... » Fit Hermione.

Alors, elle lui raconta tout depuis le début. Le solstice, sa « malédiction », son premier réveil dans le lit du Serpentard, son deuxième réveil... Et probablement le prochain si elle ne trouvait pas une solution.

Une fois son récit terminé, Harry était devenu plus pâle que Draco.

« Mais ne t'inquiètes pas Harry, ce sera bientôt finit ! » Fit-elle en posant sa main sur son épaule.

« Hermione, chaque nuit tu vas dans le lit de notre ennemi et tu me dis de ne pas m'inquiéter ? »

« C'est inconscient ! »

« Justement ! Tu ne te rend même pas compte de ce que ça peut entrainer ! »

« Heu.. C'est provisoire... » Se défendit elle piteusement.

« Et que faire si les autres Serpentard te découvraient dans leur chambre ? Et qui sait ce que Malfoy te fait quand tu es... »

« Il ne me fera rien ! Et de toutes manières, je vais trouver une solution pour ne plus que ça n'arrive ! »

« Et comment ? Tu comptes t'attacher à ton lit pour ne pas t'échapper ? »

« Non, idiot... Quoi que... Madame Pomfresh me donne des potions pour remédier à mon... état... Mais jusqu'à présent, aucune d'elles n'a fonctionné. »

Harry échangea un regard entendu avec Hermione qui se décomposa. Ainsi, ses espoirs d'oublier bien vite cette histoire s'envolaient...


Mais la jeune fille ne perdit pas de sa détermination, et le soir même, elle tenait dans sa main une nouvelle potion que lui avait donné Madame Pomfresh.

« Celle ci, c'est la bonne » Se disait-elle en observant le liquide jaune canari.

« Oula ! Fit Ginny qui passait par là. Ça a l'air radioactif ce truc ! T'es sûre de vouloir boire ça ? Ça ne risque pas de te tuer ? »

Hermione lança un coup d'œil désabusé à la Rousse en disant :

« Je préfère mourir dans d'atroces souffrances que de me réveiller à nouveaux dans... »

« ...les bras terriblement musclés de celui que le tout Poudlard féminin s'arrache, j'ai nommé Draco Malfoy... »

« Un truc du genre, ouais. » Répondit Hermione blasée. « A la tienne ! » Continua t'elle sur un ton faussement enjoué avant d'avaler d'une traite le liquide à l'allure repoussante.


« Malfoy... chuchota Hermione. On t'a déjà dit que tu ronflais ? »

Draco ouvrit les yeux.

« Tu racontes n'importe quoi ! Je ne ronfle pas ! » Se vexa t'il. « Et qu'est-ce que tu fou encore dans mon lit ! Tu ne peux pas te passer de moi, Sang de bourbe ? »

Hermione se leva rapidement et se stoppa net lorsqu'un grognement provenant d'un lit voisin retentit. Une fois assurée que la personne (ou le monstre) qui avait grogné dormait bien, elle refit sa queue de cheval en soupirant :

« Malfoy... Tes insultes sont un peu dépassées, tu sais... Elles ne m'atteignent même plus. Inutile de te fatiguer à me les dire à chaque fois que tu me vois... »

« C'est bon pour la forme. » Grogna t'il « On ne change pas les bonnes habitudes. »

Il vit Hermione lever les yeux au ciel et ne put s'empêcher de sourire. Cette dernière quant à elle se sentait un peu mal. Elle ignorait ce qui la poussait à s'immiscer chaque nuit dans le lit de Draco Malfoy, et cela la troublait. De plus, elle commençait à prendre goût à la chaleur du corps de Draco contre le sien... Elle soupira en s'asseyant sur le lit. Puis elle prit sa tête entre ses mains.

« Qu'est-ce qui ne va pas chez moi ? » Se demanda t'elle.

A première vue, elle avait pensé tout haut, car Malfoy répondit :

« Beaucoup de choses j'imagine... A commencer par ta tête et... » Mais Draco s'interrompit lorsqu'un sanglot lui parvint. Il resta figé de longues secondes, son estomac se tordant pour il ne savait quelle raison. Un sanglot plus fort que les autres le ramena à la réalité, et c'est d'une voix maladroite qu'il reprit :

« Mais.. Ne te mets pas dans cet état là... Tu sais, il existe la chirurgie esthétique maintenant... Un ou deux sorts bien placés de la part d'un médicomage et hop... »

Hermione gloussa légèrement mais ses pleurs ne s'estompèrent pas. Le jeune homme, mi allongé mi assis derrière elle était tétanisé, ne sachant pas quoi faire. Habituellement, il évitait les gens qui pleuraient, mais là, il n'avait pas d'autre choix que d'attendre que ça passe ou que Granger parte. Il pouvait la mettre dehors, mais il avait un cœur, tout de même, et martyriser un ennemi alors qu'il est déjà à terre... Ça n'était pas dans ses principes. Il observa le corps recroquevillé d'Hermione, secoué de sanglots muets. Ses boucles se balançaient par à coup sur ses épaules dénudées. Il fut émerveillé par la peau blanche des épaules de la gryffondor. Elles avaient l'air d'être fait de soie...

Le garçon ferma les yeux un instant, essayant de se reprendre, puis il avança ses doigts vers elle. Il les posa sur son dos et les sanglots s'arrêtèrent instantanément. Qui aurait cru que ce serait si facile ? Il sourit intérieurement, mais quand elle tourna la tête vers lui, il vit que si ses larmes avaient cessé, son chagrin restait intact.

« Je suis désolée... Dit-elle. Je m'en vais. »

Draco plongea son regard dans celui brillant de la gryffondor. Et il y lut une détresse si forte qu'il ne put s'empêcher de dire :

« Tu peux rester un peu, si tu veux... »

Après tout, il n'était que 05heures...

Il la vit hésiter, puis elle se recoucha à ses côtés, sur le dos, droite comme un I (horizontal). Draco crut même qu'elle avait cessé de respirer. Peut-être était-elle morte ?

« Merci. » Souffla t'elle si bas qu'il peina à comprendre ce qu'elle avait dit.

« Heu... Pourquoi tu pleurais ? » La questionna t'il après quelques minutes d'un lourd silence. Il sentit Hermione se détendre près de lui.

« Je ne sais pas... Pour tout et rien. La pression j'imagine. »

« Ouais... Se réveiller dans les bras d'un Adonis, ça doit te mettre une sacrée pression... »

Il sentit à nouveau des secousses et crut qu'elle s'était remise à pleurer. Il tourna la tête sur le côté pour la voir mordant son poing, espérant faire taire son fou rire.

Il se tourna sur le côté, pour mieux la regarder rire et il entendit :

« T'as vraiment un sacré égo »

Il sourit. Pris d'une impulsion qu'il ne contrôla pas, il passa son bras autour de la taille de la Gryffondor et la ramena contre lui. Il referma sa prise sur son corps et la sentit se tendre. Lui non plus ne bougeait plus.

« Heu.. Malfoy ? » Chuchota t'elle, la voix tétanisée par cette situation.

« Ne dis rien. » répondit-il.

Le silence s'installa. Peu à peu, le corps de la jeune fille se détendit et sa respiration se fit plus lente. Elle s'était endormie. Draco s'autorisa à caresser ses cheveux, un peu, puis trouva le sommeil à son tour, un sourire aux lèvres et des questions plein la tête.

Lorsqu'il rouvrit les yeux, elle l'observait, n'osant pas bouger, toujours emprisonnée de ses bras.

« C'est affreusement gênant » Souffla t'il en la libérant. Elle émit un petit rire et se leva. « Pense au T-shirt la prochaine fois ! » Lui ordonna t'elle. Puis, sans bruit, elle quitta la pièce. Il la laissa partir, avec la sensation d'avoir oublié quelque chose.

Ce qu'il y avait d'étrange avec cette situation, c'est que lorsque le matin arrivait et que tous les deux se réveillaient dans les bras l'un de l'autre, ils étaient dans un autre monde. Plus d'insulte, plus de rivalité, plus rien. Ils se parlaient un peu comme deux étrangers le feraient. Et c'est ce qui leur faisait le plus peur. Car c'est ce qu'ils étaient. Deux étrangers l'un pour l'autre. Et chaque matin, ils découvraient un peu de l'autre, sans préjugé, appréciant même ce qu'ils voyaient. Quoi de plus déstabilisant pour deux personnes se haïssant dès le premier regard ?


Hermione soupira à nouveau.

« Comment ça, pas fonctionné ? Voilà qui est étrange ! Trois potions, et aucune ne fonctionne ? Suivez vous les instructions que je vous ai donné, Miss Granger ? »

« Bien sûr que oui ! » S'indigna celle ci alors qu'elle observait Pomfresh faire des va et viens devant elle.

« C'est vraiment incompréhensible... Marmonnait l'infirmière en se tenant le menton. Il doit y avoir un problème... »

« Madame ! » S'exclama Hermione, signifiant qu'elle était encore présente. « J'ai cours, alors heu.. Est-ce que vous auriez autre chose en stock ? »

« J'ai bien peur que non, Miss Granger ! Votre cas est incompréhensible ! Pour ce soir, dormez avec une de vos camarades de dortoir qui a le sommeil léger, même si elle ne pourra peut-être pas vous retenir, elle vous empêchera de vous noyez si vous décidez de faire un plongeon dans le lac... »

Hermione blanchit, s'imaginant tout un tas de scénarios catastrophes.

« Est-ce que... Est-ce que je risque de me faire renvoyer de l'école ? Si jamais je fais quelque chose qu'interdit le règlement alors que je suis somnambule ? » Paniqua t'elle.

L'infirmière ne prit même pas la peine de répondre à cette question, qu'elle jugea probablement superficielle.

« Quoi qu'il en soit, reprit Madame Pomfresh, revenez me voir demain matin avant les cours, j'aurai une nouvelle potion pour vous. »

Hermione acquiesça et ramassa en vitesse ses affaires, souhaitant plus que tout quitter cet endroit.

Elle arriva un peu en retard en botanique, cependant elle ne releva même pas quand le professeur en demanda la raison, et elle alla directement s'assoir, la tête pleine de ses pensées.

« Et si Harry avait raison ? Qui sait ce que peut me faire Malfoy ? » Se disait-elle en mettant ses gants. « Je devrais peut-être opter pour la manière forte et m'attacher aux barreaux du lit... Ce que c'est barbare... » Continua t'elle en déracinant la plante qu'elle tenait devant elle. La jeune fille arrêta le mouvement de rempoter la fleur et continua ses pensées : « Peut-être que Ginny pourrait dormir avec moi... » Cette idée illumina son visage, puis elle se ravisa : « Oh non, elle a le sommeil aussi lourd que du plomb... » Hermione parcourut la salle du regard, mesurant le pour et le contre de telle ou telle personne. Son regard s'arrêta sur Brown, au moment où cette dernière émettait un gloussement pathétique : « Pas Lavande, je ne peux pas la supporter... Voyons voyons... Parti comme c'est parti, je ferais mieux d'aller directement dans le lit de Malfoy, ça m'éviterai bien des soucis... »

Hermione soupira. Y arriverait-elle un jour ? Avec les ASPIC qui approchaient, elle avait autre chose à penser... Et voilà que sa fleur se mettait à pleurer...

« GRANGER ! FAIT TAIRE CE TRUC ! » S'écria Malfoy hors de lui en désignant la fleur qui brayait à tout va, donnant des coups de racine dans tous les sens.

Hermione revint sur terre, la fleur commençait à suffoquer.

« Miss Granger ! Elle ne peut pas respirer à l'air libre ! Rempotez la ! » S'écria Madame Chourave scandalisée qu'une des meilleures élèves ait oublié ce détail. Hermione s'exécuta sans conviction, et elle entendit Ron lui chuchoter :

« Mauvaise journée, hein ? »

La jeune fille leva un sourcil : « A qui le dis-tu »

Un silence s'installa pendant plusieurs minutes, puis Hermione lui demanda :

« Tu saurais où je peux trouver une corde ? Ou.. Des menottes ? »

Le regard que lui lança Ron était mi-surpris, mi-choqué, mi-pervers.

« Hermione, je t'aime beaucoup, tu sais... Mais quelque fois, tu es aussi bizarre que Luna. »

Ils ne dirent plus un mot de tout le cours.


« Tu es sûre que tu veux faire ça ? » Demanda une Ginny anxieuse.

« Puisque je te dis que oui ! » S'exclama Hermione.

La Rousse poussa un profond soupire avant de sortir les menottes de son sac. Hermione avait fini par demander à Ginny, Ron n'étant pas d'un grand secours.

« Super ! Applaudie une Hermione enjouée, mais.. où les as-tu trouvé ? »

« Tu m'aimerais pas le savoir. » Répondit son amie en grimaçant, encore perturbée.

Elle attacha Hermione à son lit.

« Tu es sûre hein ? »

« Bonne nuit Ginny ! » Fit son ainée excédée.


Draco sursauta. Il dormait profondément, et un bruit l'avait tiré de son sommeil !

Il tendit l'oreille à l'affut du moindre mouvement. Il sentit alors son matelas s'affaisser et tout son corps se tendit. Soudain, le visage d'Hermione apparut à quelques centimètres du sien, un sourire inquiétant sur son visage. Draco sursauta et retint avec peine le cri de surprise qu'il allait pousser. Une chance pour cette fichue Gryffondor que les autres Serpentard aient tous un sommeil lourd, sinon, il y a longtemps qu'elle aurait été dégagé à coup de pieds dans le cul.

« Putain Granger ! »

Un petit rire lui répondit, et le doigt d'Hermione vint s'enfoncer profondément dans la joue de Draco.

« Aïe ! »

« C'est toi le chat ! » Rigola t'elle en se levant. Elle se mit debout sur le lit et sauta à pieds joints.

« C'EST TOI LE CHAT ! » Hurla t'elle réveillant par la même occasion tout le dortoir.

« Putain Draco ! Souffla une voix endormie. Va faire ta sauterie ailleurs ! »

Draco ne fut pas même étonné que les autres ne s'alarment pas. Ce n'était pas la première fois que le dortoir servait de baisodrome.

Toutefois, et il ne savait pour quelle raison, l'idée que les autres trouvent Granger lui glaça le sang, et il essaya de rattraper la jeune fille, sautant toujours allègrement sur le lit, mais elle s'échappa en riant.

« C'est toi le chat ! » Rit-elle encore une fois avant d'ouvrir à la volée la porte du dortoir.

« Pssssst ! Granger ! Eh ! Reviens ! »

Mais peine perdue, un nouvel éclat de rire lui répondit. La voix étouffée de Granger parvint jusqu'à lui :

« Attrape moi, Poule mouillée ! »

Draco passa la main sur son visage, complètement désespéré. Puis il se leva, anxieux à l'idée de ce qu'elle pouvait faire s'il n'essayait pas de « l'attraper ».

Il la rattrapa alors qu'elle sortait de la salle commune des Serpentard.

Une fois dans le couloir, elle se mit à marcher droit devant elle à une allure soutenue.

« Granger ! » Appela Draco, sa patience s'épuisant à chaque seconde.

Mais elle continuait d'avancer, insensible à l'appel du garçon.

Draco avait lu quelque part qu'il ne fallait jamais réveiller un somnambule... Mais après tout, c'était Granger, alors il s'en foutait.

Il l'attrapa par le bras et tenta de la ramener au dortoir.

« Allez, je t'ai attrapé, c'est bon, on rentre. »

Elle s'arrêta et plongea ses yeux inexpressifs dans ceux de Draco.

« C'est carrément flippant, arrête ça ! » Ordonna t'il.

La jeune fille se mit à parler, mais Draco ne comprit rien à ce qu'elle tentait de dire. Et puis, sans prévenir, elle lui vola un baiser. Tout petit, tout rapide, mais Draco ne réalisa ce qu'il venait de se produire que lorsqu'il comprit qu'elle s'était échappée. En effet, elle avait repris sa route en riant.

Il finit par la rattraper encore une fois et lui dit :

« Rentre dans ton dortoir et va dormir. »

Un air d'enfant passa sur son visage, et elle fit un « non » très enfantin, mais ses yeux restaient vides.

Draco soupira. Lui n'avait qu'une envie, c'était de retrouver son lit.

« Allez Granger, va dormir... Tu peux dormir avec moi si tu veux. »

Il lui tendit la main qu'elle regarda toujours sans expression.

Elle finit par la saisir, et il l'emmena jusque dans son lit. Il se coucha sans attendre et ferma les yeux. Il entendit un bruit étouffé, comme quelque chose qui tombait par terre, puis elle le rejoint dans son lit. Elle se colla contre lui et se fut le silence totale. Visiblement, elle dormait. Draco soupira, repensant au baiser qu'elle lui avait volé. Il finit par s'endormir.

Lorsqu'il se réveilla, elle dormait encore. Il l'observa de longues minutes, se demandant ce qu'il était en train de se passer. Elle remua quelque peu. Seul son visage dépassait des couvertures, où elle était emmitouflée. Lui avait eu trop chaud la nuit dernière, entre Granger-ou-la-chaudière-humaine et les couvertures.

Elle se réveilla et aussitôt après avoir constaté où elle était, elle cacha son visage sous la couette.

« Par Merlin ! C'était des menottes en sucre ou quoi ? »

Draco leva un sourcil interrogateur.

Elle ressorti son visage et l'observa.

« Au moins... Dit-elle en voyant le T-shirt que portait le garçon, tu as pensé à te vêtir davantage. »

Elle se leva sur son coude et se frotta les yeux. « Par Merlin ! » S'exclama t'elle pour la deuxième fois en ramenant la couverture sur elle.

Malfoy s'était certes couvert cette fois, mais elle, elle avait retiré son haut.

Draco tourna les yeux vers elle pour l'apercevoir rouge de gêne.

« Dis moi que tu n'as rien vu ? » Gémit-elle.

Le garçon se mis dos à elle et soupira :

« Prends un T-shirt à moi et fiche le camps ! »

La jeune fille s'exécuta. Draco sentit qu'elle sortait du lit et il tourna la tête pour la voir enfiler son T-shirt. Pas de bol, elle lui tournait le dos.

« Malfoy... »

Draco grogna, encore à moitié endormis. Hermione vint le secouer.

« Malfoy ! Explique moi pourquoi il n'y a plus personne dans le dortoir... »

Draco ouvrit soudainement les yeux. Il posa son regard sur son réveil et poussa un cri d'effroi

« Parce qu'on est en retard ! »

Tous deux s'agitèrent soudainement.

« En retard de beaucoup ? » Demanda Hermione tout en s'arrangeant les cheveux.

« On devrait déjà être en potion ! »

La jeune fille poussa un cri hystérique et s'écria :

« Donne moi ta cape ! »

« Quoi ? Il en est hors de question ! Tu ne vas pas salir MA cape avec ton sang... »

« C'est ça ou ta réputation ! Il est hors de question que je me balade dans les couloirs en pyjama ! »

Draco posa son regard sur elle et constata que son pyjama était constitué d'un vieux T-shirt et d'un short.

« Arrête ça ! » S'écria t'elle d'une voix suraigüe.

« Arrêter quoi ? » Demanda t'il en faisant glisser son regard le long de ses jambes.

« MAIS ÇA ! Paniqua t'elle. T'es en train de me reluquer ! »

Draco saisit ses cheveux, à bout. « Ça va Ça va ! Prends ma cape ! »

Hermione s'en saisit.

« Tu viens avec moi aux dortoirs Gryffondor. » Exigea t'elle.

« QUOI ? Nan mais ça ne va pas ! »

« Allez ! Je ne veux pas arriver plus en retard que toi en potion ! »

« Tu te démerdes Granger ! »

La Gryffondor s'écria « J'ai passé la nuit avec Draco Malfoyeuh ! J'ai passé la nuit avec DrHUMF ! »

Draco s'était jeté sur elle et l'avait fait taire d'une main sur la bouche.

« Tu ne feras pas ça ! » Grinça t'il.

« Mmfh »

Ils étaient à présent couchés sur le lit, Draco sur Hermione. La jeune fille bougea faiblement sous le garçon, cherchant un moyen de s'échapper. Le temps sembla alors s'arrêter, et tous deux se défièrent du regard.

« Si tu disais ça, tu y perdrais autant que moi... »

« Mmhf ! »

Draco sourit.

« Je vais peut-être devoir m'arranger pour que tu ne parles plus jamais... » Fit-il avec une voix glaciale. Il vit les yeux d'Hermione briller de peur. Il retira sa main de sur sa bouche et lui murmura à l'oreille : « Je te fais peur ? »

Un frisson parcouru leur corps.

« La seule façon que tu aurais de me faire taire serait de me tuer. Car si tu trouvais un moyen de me faire taire, je pourrais écrire, et même si tu me coupais les mains, je pourrais trouver un moyen de... »

Hermione ne continua pas. Draco s'était soudainement levé et il ouvrit la porte, lui faisant signe d'y aller la première. La jeune fille sourit.

Elle avait gagné ce round.


« Entrez ! » Fit la voix grinçante du professeur Rogue.

La porte s'ouvrit sur une Hermione plus ébouriffée que jamais et un Draco plus agacé.

« Excusez nous professeur... » Commença Hermione, la mine coupable.

« Devoir de préfets » Se contenta de dire Draco, bousculant au passage Hermione en allant s'assoir.

« Miss Granger ! Claqua la voix du professeur de potion, vous comptez déranger encore plus la classe en vous enracinant ici ou nous pouvons reprendre ? »

Hermione s'excusa une nouvelle fois et alla trouver sa place toute penaude.

Elle était extrêmement mal à l'aise. Toute la classe avait les yeux rivés sur les deux nouveaux arrivants, sceptique. Qu'arrivait-il à la rivalité Serpentard/Gryffondor ? Que faisaient ces deux là ensemble ? Par un si bon matin ? Cependant, personne ne pu s'interroger davantage car le professeur Rogue fit taire rapidement les questions en les surchargeant de travail.

« Pssst ! Hermiooone ! » L'appela Harry.

Hermione feigna ne pas avoir entendu le jeune homme qui l'appelait, mais après avoir reçu une dizaine de coup de pieds, elle dû s'avouer vaincu :

« Quoi ? »

« Tu t'es encore réveillée avec... lui ? »

Tous deux reportèrent leur attention sur leur potion, Rogue passant près d'elle. Une fois le danger parti, Hermione grinça :

« A ton avis ! »

Elle entendit Harry soupirer à ses côtés mais resta concentrée sur sa potion. Il ne manquait plus qu'elle loupe cette saloperie et la journée ne pourrait pas être plus médiocre.

« Comment va t-on faire ? » La questionna t'il alors qu'ils sortaient des cachots.

« Toi je ne sais pas, mais moi, je dois aller voir Madame Pomfresh. Elle devrait avoir une autre potion à me donner. J'espère que celle ci marchera. » Soupira Hermione.


Hermione observa la potion ambrée à travers les rayons de la lune, tout en se demandant si cette dernière ferait effet. Elle jeta un regard sur le dortoir. Toutes ses camarades dormaient, hormis Ginny qui l'observait inquiète. Hermione reporta son attention sur la Lune qui semblait la narguer. Pourquoi fallait-il qu'elle devienne somnambule alors que le solstice était là ? Elle soupira. C'était aujourd'hui... Il fallait voir les choses du bon côté en se disant qu'il ne lui restait plus qu'une semaine avant de reprendre un rythme de sommeil normal. « En attendant, se dit elle en débouchant la fiole, cul sec ! » Et elle avala la fiole dans son entier.

Puis elle plongea sans même s'en apercevoir dans le pays des rêves.


Draco remua légèrement. Il sentit une résistance s'opposer à ce qu'il prenne toute la place du lit et sut avant même d'ouvrir les yeux qu'il s'agissait de Granger. Mais le garçon ne la réveilla pas. Il resta là, contemplant l'endormie tout en pensant à l'après. Bien qu'il aurait préféré se faire torturer plutôt que de l'avouer, il s'était habitué à sa présence chaque matin avec lui. Une chance qu'il fermait toujours ses rideaux à baldaquin, autrement, il y a un moment que les autres serpentard en auraient profité aussi.

La belle au bois dormant remua puis soupira d'aise et Draco resserra sa prise sur elle, un étrange sourire aux lèvres. Quand elle était là, avec lui, il ne pensait plus à des choses morbides. Sa présence l'empêchait de partir dans ses pensées obscures et il trouvait cela étrange. Rassurant, mais étrange. Comme si rien ne pouvait lui arriver tant qu'il l'avait dans ses bras. Alors, il ne la lâchait pas. Mais qu'adviendrait-il de ce qu'ils étaient en train de devenir tous les deux, lorsque tout cela serait fini ? Reprendrait-il ses vilaines habitudes ? Ses insultes ? Et elle, redeviendrait-elle indifférente à ses sarcasmes ? Il soupira et il entendit murmurer :

« C'est à toi de décider. »

Sur le coup, il ne comprit pas de quoi elle parlait. Mais quand elle ouvrit les yeux, il sut qu'elle pensait à la même chose que lui. Il ne répondit pas. Il ne savait tout bonnement pas quoi décider. Il trouvait sa présence agréable, quand elle se taisait. Mais c'était un fait. Elle et lui n'étaient pas faits pour s'apprécier, ni même se côtoyer...

Et tandis qu'il pensait à tout cela, la Gryffondor s'était levée et s'apprêtait à ouvrir les rideaux du lit. Mais elle tourna la tête en direction de Draco et lui demanda :

« Pourquoi on se déteste ? »

Le garçon fixa un point invisible, droit devant lui.

« Est-ce vraiment qu'une histoire de sang, Malfoy ? »

« Je crois surtout que c'est une histoire longue. » Répondit-il.

« Pas si longue que ça. Tu m'as détesté dès que tu m'as vu, n'est-ce pas ? »

Il sourit.

« Et toi, Granger, depuis quand me hais-tu ? Et ne me sors pas que tu ne m'as jamais haï, ce serait faux. »

La jeune fille eut une moue et répliqua piquante :

« Je n'en avais pas l'intention ! »... Puis elle dit : « Je te déteste depuis que tu as failli faire tuer Buck. Tu vois, ce ne sont pas tes insultes qui m'ont fait te haïr, ce n'est pas le mal que tu m'as fait à moi, c'est le mal que tu as fait aux autres. »

Draco resta sans voix.

« Et.. Malfoy ? Je ne te hais pas. Tu m'indiffères. Je te hais seulement quand tu es devant moi à m'insulter ou à insulter un des miens, à faire du mal gratuitement, et aussi quand on parle de toi avec Harry et Ron. Là je te hais. Autrement, quand on se croise et que tu ne dis rien, quand je ne croise pas ton regard moqueur, ou quand je pense à toi, je ne te hais pas, je dirais même que je n'éprouve aucun sentiment mauvais pour toi. Je te déteste quand il faut que je le fasse, c'est tout, c'est comme ça, je m'en fou. Je ne fais pas de sacrifices à te haïr, je n'ai pas peur de toi, je n'éprouve pas de remords à te parler gentiment. Je te hais quand tu me hais, pour donner le change, quand il faut que je te haïsse. »

« Tu... tu t'en fou, c'est ça que t'essaye de me dire ? »

« Un truc dans le genre, ouais. »

« Tu n'as jamais cherché à comprendre pourquoi j'en avais après toi plutôt qu'après les autres ? Après toi et ton groupe ? »

« Non, je n'ai jamais cherché. Mais j'aimerais savoir, si tu veux me le dire. »

Draco croisa les bras.

« Tu t'en fou... »

« Très bien. » Soupira t'elle en ouvrant un peu plus le rideau.

« Ça va, grogna t'il. »

Elle fut étonné qu'il la retienne. Lui même était étonné de le faire. Il voulait retenir le moment où elle partirait.

« Je te hais, toi et ta clique, parce que vous avez été les seuls à ne pas chercher à être aimé de moi. Ils ne m'aiment pas tous, mais ils ont peur de mon nom, et ils me respectent. Je suis comme un prédateur lâché parmi ceux du bas de la chaine. Ils me mangent tous dans la main de peur des représailles. Tous, sauf vous, et toi en particulier. Voilà pourquoi je te hais plus que les autres. Pour ton sang aussi, mais ça n'est qu'un détail. Ça a toujours été comme ça, j'ai toujours eu pour mot d'ordre de ne jamais me mêler à vous, sang-de-bourbe et autre traitre à leur sang... »

« Pourrais-tu éviter d'utiliser ces mots ? S'il te plait ? »

« Je croyais que ça t'importait peu ? » Demanda t'il moqueur.

Il l'avait fait exprès, le salop.

« De toutes manières, continua t'il, je suis dans mon lit, je dis ce que je veux. Si tu n'es pas contente, tu n'as qu'à partir. »

Hermione leva les yeux au ciel :

« C'est ce que je m'apprêtais à faire ! »

Elle lui sourit et ouvrit définitivement les rideaux.

« Tu sais, Malfoy, je te hais parce que j'ai toujours eu à le faire... Parce que je n'avais pas besoin de faire autre chose. Mais là... J'aime bien ne pas avoir à le faire. J'aime mieux. » Chuchota t'elle en partant.

« Moi aussi j'aime mieux. » Lui fit-il avant qu'elle ait disparu. Il ne savait pas très bien si elle l'avait entendu, mais il s'en foutais. C'était plus pour lui même qu'il l'avait dit.

Petit à petit, il se rendait compte qu'il avait détesté une image. Qu'il avait haï ce qu'elle représentait. Et là, il découvrait la vraie Granger. Pas cette inconnue que l'on hait juste pour haïr. Granger avait changé de statut en l'espace de quelques matins. Elle était passée d'une simple étrangère haïe à une femme aimable. Oui, il aimait bien cette Granger-non-étrangère, même si elle était agaçant à toujours parler. Il soupira et massa ses tempes à l'aide de ses longs doigts arachnéens. Plus le temps passait, et plus il se demandait si finalement, ce n'était pas elle qui menait le jeu. Il avait toujours pensé la dominer, être le tyran et elle la victime. Mais il avait découvert ce matin qu'il n'y avait jamais eu de victime. Il y avait juste lui. Toujours lui. Seulement lui...


« Encore une petite semaine » Dit Hermione à Ginny en soupirant. « Plus qu'une semaine... » Se dit-elle à elle même.

« Tu sais... Fit Ginny en enfournant un pain au chocolat, Tu devrais profiter de cette situation pour te taper Malfoy. »

« QUOI ? » Hurla Hermione

« Ben oui, continua sa Rousse d'amie, t'auras le somnambulisme comme excuse... Non ? »

« NON ! » S'écria la Gryffondor totalement choquée.

« Oh allons Hermione ! Tu en as envie, petite coquine ! »

Hermione rit

« Ce que tu es bête ! »

Elle venait de comprendre que Ginny se moquait d'elle. Mais l'espace d'un instant, elle l'avait cru, et elle avait même imaginé le faire ! Profitant que sa cadette avalait la fin de son pain au chocolat, elle s'autorisa une grimace. Par Merlin, elle s'était vraiment imaginé le faire avec Malfoy ! Hermione secoua la tête pour chasser ces idées et elle reporta son attention que Ginny qui... l'observait.

« Tu y as vraiment pensé ! » S'écria cette dernière avec malice. « Par Morgane, Hermione Granger tu es une vraie dévergondée ! »

Cette dernière se mit à rougir :

« C'est de ta faute tout ça ! Pourquoi vas-tu me mettre de telles choses en tête ! Par Merlin, tu veux que je devienne folle ? C'est déjà assez ... chiant de se réveiller dans un lit étranger chaque matin sans que tu en rajoutes une couche ! Sans compter que les ASPIC arrivent à la vitesse de l'éclair, et que si ça continue comme ça, je ne les aurais pas ! »

Toute essoufflée, la jeune fille arrêta là sa tirade.

« Ça va mieux ? » Demanda son amie.

« Oui »

« Pour Malfoy... Dit Ginny après un moment, si j'étais à ta place, je sauterais sur l'occasion ! »

Hermione lui lança un regard noir.


Métamorphose. Hermione adorait la métamorphose. Malheureusement, elle avait cours avec les Serpentard. Et elle détestait s'en réjouir ! Heureusement, le cours était passé rapidement, et à peine la sonnerie avait-elle retentit que la jeune fille se précipitait dehors. Voilà qui n'était pas dans ses habitudes. En effet, elle était toujours la dernière à sortir de cours. Mais là, elle n'avait pas arrêté de regarder Malfoy, et d'espérer qu'il la regarde. Et lorsqu'enfin il détournait son regard vers elle, elle baissait les yeux en rougissant. Quelle idiote elle faisait !

« Granger ! »

Hermione se figea, terrifiée. Que lui voulait-il ? Où donc étaient passés Ron et Harry quand elle avait besoin d'eux ? La jeune fille se recomposa un visage impassible et se tourna :

« Que me veux-tu, Malfoy ? »

Un sourire apparut sur les lèvres du garçon et elle frissonna.

« Je me disais... Étant donné que je vais me réveiller et que tu seras à mes côtés encore une fois, peut-être pourrais-tu venir plus tôt, en étant réveillée, comme ça, si on s'embrasse, ce ne sera pas inconscient de ta part. »

Hermione le fixa à la fois incrédule et terrorisée.

« Est-ce que... bafouilla t'elle. On s'est embrassé ? »

Elle vit le regard de Malfoy s'illuminer et eut vraiment peur de ce qui avait bien pu se passer.

« En fait, reprit-il, c'est toi qui m'a embrassé. »

La jeune fille ouvrit grand les yeux, complètement choquée. Sans un mot, elle fit demi tour et tenta de s'enfuir loin d'ici.

« Je dois trouver un moyen pour que tout cela cesse ! » Se dit-elle

Elle entendit le rire de Draco dans son dos et serra les dents. Dans quel merdier s'était-elle mise ?

Les bruits de talons du Serpentard se répercutèrent dans les couloirs qui se vidaient, heure du déjeuner oblige.

« Pas de quoi se mettre dans cet état, c'était un tout petit bécot. Je n'ai presque rien senti ! » S'amusa t'il.

« Laisse moi tranquille ! » S'écria t'elle d'une voix suraiguë , bien conscience qu'il ne la lâcherait pas avant d'avoir obtenu ce pour quoi il était venu.

« C'est hors de question Granger ! »

La jeune fille fulminait : « Que me veux-tu à la fin ? »

Elle n'eut pas le loisir de se retourner pour planter son regard assassin dans celui du garçon qu'elle fut entrainée par une poigne de fer dans une salle de classe.

Tout se passa très vite. Déstabilisée, elle ne comprit pas ce qui lui arrivait. La lumière l'aveugla quelques instants et elle percuta quelque chose de dur (le mur). Enfin, la bouche de son agresseur se posa sur la sienne et l'entraina dans un ballet passionné. La surprise passée, Hermione se laissa aller au plaisir qu'elle ressentait et au bien être que lui procuraient les deux bras puissants qui la collaient contre ce corps si chaud...

Elle soupira d'aise, et la raison l'ayant définitivement quittée, elle répondit avec gourmandise à ce baiser. La réaction de son amant ne se fit pas attendre et il la serra plus fort, sa main venant s'accrocher à la hanche de la jeune fille. Il semblait essayer de résister à quelque chose mais la passion était plus forte.

Enfin, après de longues secondes, ils se séparèrent à bout de souffle et Hermione se souvint que c'était Draco Malfoy. Elle hoqueta en prenant conscience de ce qu'il venait de se passer, et elle interrogea Malfoy du regard.

« J'ai récupéré ce que tu m'avais volé, Granger...chuchota t'il tout près d'elle. »

Puis il s'éloigna brutalement et ouvrit la porte, et avant de disparaître, il rajouta : « ... Avec les intérêts. »

Complètement sonnée, Hermione le regarda partir sans bouger, repensant encore à la saveur du baiser qu'il lui avait donné. Le ventre noué par elle ne savait quoi, elle se dit qu'elle n'allait pas assister au repas.

Draco marcha quelques minutes dans les couloirs et trouva le plus rapidement possible un coin isolé où il appuya sa tête contre le mur et ferma les yeux. Il était encore essoufflé et le parfum d'Hermione flottait encore dans l'air. Il lui avait donné la raison de reprendre ce qu'elle lui avait volé... Mais la raison était toute autre. Durant tout le cours de métamorphose, il avait sentit son regard sur lui. Et quand il tournait la tête, elle détournait le regard avec la mine gênée. Et à chaque fois qu'il sentait son regard peser sur lui, il se sentait étrange... Et quand il apercevait une toute petite rougeur sur son visage, il avait envie de tout envoyer valser et de l'embrasser à l'instant. Alors il avait attendu la fin du cours, et alors que tout le monde partait manger, elle se dirigeait vers la bibliothèque... Alors il avait saisit l'occasion et avait cédé à l'envie de la posséder.

Il soupira à nouveau. Qui aurait cru qu'il aurait ressenti autant de choses en un seul baiser ? Quand elle s'était mise à lui répondre, son estomac avait explosé, et il avait eut la sensation de flotter dans les airs. Mais le pire dans tout ça.. C'est qu'il avait terriblement envie de recommencer.

Le garçon serra les poings. Où donc était passée sa haine ? Il y a quelques jours à peine, il la haïssait à tel point qu'il saisissait la moindre occasion pour l'embêter et l'insulter. Et en quelques jours à peine il n'arrivait plus à ressentir ça pour elle... De la haine ne subsistait rien, à part peut-être de l'obsession. Un nouveau soupire franchit la barrière de ses lèvres. Il voulait tant la haïr à nouveau. Ou peut-être pas. Pensa t'il en portant un doigt à ses lèvres qu'il caressa pensivement.


« Bonjour » Murmura t'il alors qu'Hermione ouvrait les yeux.

Elle marmonna un « bonjour » qui fit sourire Draco.

Il s'apprêtait à reprendre la parole, mais un bruit derrière les rideaux attira son attention. Une silhouette se tenait juste devant son lit et Draco tira fort sur la couverture pour en recouvrir une Hermione comprenant à peine ce qu'il se passait.

« Hey Draco ! » Fit Blaise Zabinni alors qu'il ouvrait en grand les rideaux.

« Putain Zabinni ! Tu pourrais prévenir avant d'ouvrir ! Imagine si j'étais en train de... »

« On va faire une partie de Quidditch avec les autres, ça te tente ? » Continua son ami, imperturbable.

Draco réfléchit quelques instants.

« Je vous rejoints dans une demi heure sur le terrain. » Dit-il.

Blaise acquiesça et dit en fermant les rideaux :

« Eh Drake... Si j'étais toi, je ferais vite sortir ta... ton amie de sous la couette, avant qu'elle ne s'étouffe par l'odeur de tes dessous de bras ! »

Draco saisit un coussin qu'il envoya là où était Zabinni, mais il avait déjà disparu.

Hermione émergea de dessous les couettes en disant : « Charmant, ce garçon. » Draco sourit et attira Hermione contre lui.

« Heu... Malfoy ? Demanda celle ci. Tu n'as pas Quidditch ? »

Le garçon soupira et libéra la Gryffondor qui saisit la cape de Draco posée au pied du lit et s'en vêtit.

Draco entrebâilla les rideaux et y passa la tête.

« La voie est libre ! » Fit-il

Hermione sortit du lit et attendit patiemment que Draco se lève. Elle l'observait, les bras croisés avec un regard tendre, ce qui étonna Draco.

« On peut savoir ce que tu attends ? » Demanda t'il, lasse d'être ainsi observé.

« Eh bien vois-tu, d'habitude quand je pars d'ici, il doit être quoi, 06heures du matin, aussi je suis sûre de trouver la salle commune vide... Hors là, l'heure du déjeuner doit être passée, et nous sommes samedi. Aussi, je m'attends à trouver tous un tas de petits reptiles en bas... J'attends donc que tu m'aides à sortir. »

Draco leva un sourcil. Elle avait dit cela d'une traite, comme quelque chose qu'elle récitait de mémoire. Il grogna. Elle ne le lâcherait pas avant d'avoir obtenu son aide. Lasse de se battre contre celle qu'il avait appris à apprécier, il se leva et s'habilla (tranquillement).

Hermione ouvrit grand les yeux lorsque le serpentard pointa sa baguette sur elle. Elle n'eut pas le temps de réagir qu'elle sentait comme un liquide froid couler le long de son cou et recouvrir son corps en entier. Elle sourit. Décidément, Malfoy n'était pas aussi bête qu'il n'y paraissait.

« Granger, t'es où ? » Demanda t'il.

Hermione saisit sa main et suivit docilement le garçon qui s'engageait dans la fosse aux serpents.

« Heu... Draco ? » L'appela une voix de fille.

Draco s'arrêta aussitôt et Hermione, lui tenant toujours la main en fit de même. Lentement, il se tourna pour faire face à Astoria.

« Est-ce normal que tu tiennes une main qui n'a – semble t'il – pas de corps ? »

Hermione se figea. Elle porta un regard hébété à sa main pour s'apercevoir qu'en effet, sa main était bel et bien visible.

Draco offrit un sourire charmeur à Astoria, provoquant un étrange sentiment de jalousie à Hermione.

« Nous sommes à Poudlard, dit-il... Même les choses les plus insensées sont normales. »

Astoria sourit.

« Je vois. Dit-elle. De quelle maison est-elle ? »

« Je te demande pardon ? » Répondit Draco avec le plus de naturel possible.

Hermione, quant à elle, n'en menait pas large.

« Eh bien oui. Je me dis que si la demoiselle a besoin d'un sort de désillusion pour traverser notre salle commune, c'est qu'elle ne doit pas être à Serpentard. Voyons... Poufsouffle ? Je sais que tu les aimes bien... Cesseras-tu un jour de jouer les Don Juan ? » Demanda t'elle, un brin de malice dans la voix.

Draco fit mine de réfléchir.

« Heu... Oui, lorsque tu seras ma femme. »

Brusquement, Hermione lâcha la main du Serpentard, comme piquée. Bon sang, mais que lui arrivait-il ? Se mettre en colère pour une réflexion dans ce genre, typiquement Malfoyenne qui plus est ?

La jeune fille se dirigea rapidement vers la sortie, et elle sortit après avoir entendu très nettement Astoria rigoler qu'il l'avait vexé.

« Non mais pour qui elle se prend celle là ? » Se demanda Hermione tout en marchant dans les couloirs.

Et puis, quel crétin ce Malfoy ! Même pas capable d'effectuer un sort convenablement ! En voilà un qui ne suivait pas bien les cours !

Des pas précipités se firent entendre dans les couloirs.

« Granger ! » Appela Draco.

Hermione ne se retourna pas, continuant sa marche, se disant que de toutes manières, il ne la voyait pas.

« Granger ! Tu comptes balader ta main partout dans Poudlard ? »

Hermione étouffa une injure en se rendant compte qu'en effet, sa main était toujours visible. La jeune fille tenta en vain de cacher la traitresse sous son vêtement, mais elle restait toujours visible pour Malfoy qui trouvait cela très drôle (à en juger par le rire qu'il tentait d'étouffer)

Occupée à essayer de faire disparaître sa main, Hermione oublia l'espace d'un instant de marcher, et Draco la rattrapa. Il saisit alors la seule chose encore visible sur le corps de la jeune fille et la fit s'arrêter.

« Pourquoi tu es partie ? » Demanda t'il et Hermione fut frappée par l'innocence avec laquelle il avait posé la question.

« Je ne savais pas combien de temps ton sort si parfaitement exécuté allait tenir ! Grinça t'elle. Et je ne voulais surtout pas interrompre ta conversation. »

Draco lui offrit un sourire.

« Je ne vois pas ce qui te fait sourire ! » Fulmina t'elle

« Est-ce que tu es jalouse ? » Demanda t'il en retenant un rire.

« Pas du tout ! Où vas-tu chercher ça ? » S'offusqua la brune.

« Bon... Si tu n'es pas vexée ou jalouse, je vais aller rejoindre Blaise et les autres au terrain. »

« T'as qu'à faire ça. » Cracha amèrement Hermione.

Elle tenta de retirer sa main de celle de Draco, mais il l'attira contre lui et elle tomba dans ses bras. Coincée dans cette étreinte, elle ne put faire aucun mouvement pour se défaire. Est-ce que Draco se rendait compte à quel point sa bouche était près de celle d'Hermione ?

« Bien sûr que non, idiote, tu es transparente. » Se rassura Hermione, son cœur battant à tout rompre.

« Astoria et moi étions promis l'un à l'autre. Mais ni elle ni moi ne voulions de ce mariage. Aussi, quand la nouvelle loi est passée, celle qui autorise d'annuler certains mariages de convenance, nous avons sauté sur l'occasion. J'aime bien l'embêter avec ça. Et elle me le rend bien. »

Hermione ne dit rien. Elle n'osait toujours pas bouger.

« C'est assez... Bizarre comme situation. » Fit Draco en la relâchant doucement.

Hermione ne sut pas s'il parlait de sa transparence ou de leur proximité et elle laissa Draco partir sans essayer de le retenir.


Hermione applaudit furieusement lorsque apparurent les joueurs de sa maison. Les Gryffondor firent un tour du terrain sous les acclamations des spectateurs. A côté d'elle, Hermione voyait le chapeau rugissant de Luna s'agiter au dessus de sa tête. Son sourire s'élargit quand Harry lui adressa un grand « coucou » qu'elle lui rendit. Son regard dévia sur les Serpentard qui effectuaient aussi le tour du stade. Hermione repéra vite le Serpentard qui occupait ses pensées.

Ce dernier la fixait sans ciller, et la jeune fille murmura un « bonne chance » sincère. Il lui répondit par un clin d'œil avant de se détourner. Dire que la jeune fille était fébrile serait un euphémisme. Elle sautait littéralement dans son siège à chaque action du match, tiraillée entre l'envie de voir gagner son équipe, ou celle de voir Draco attraper le vif d'or.

Ce fut finalement Harry qui referma ses doigts autour de la boule dorée, signant ainsi la fin du match.

« Allez Hermione ! Reprends une birraubeurre ! » S'exclama Ron en montrant joyeusement sa propre pinte rempli du liquide ambré.

« Non. Je vais me coucher ! » Sourit la jeune fille, tenant fermement une autre fiole (couleur bleu turquoise)

Elle but d'une traite le liquide qui lui arracha une grimace de dégout. « La birraubeurre, c'est bien meilleur. » se dit-elle en s'installant sur son lit. Il y avait bien longtemps qu'elle avait renoncé à dormir en pyjama, préférant garder ses vêtements. Toutefois, elle enlevait ses chaussures et ses collants qui la grattaient. Elle soupira, les échos de la fête parvenant à ses oreilles. Petit à petit, les bruits se firent plus lointains et elle s'endormit.

En bas, la fête battait son plein.


« Hermione ? » Fit la voix enjouée d'un Harry éméché.

Le garçon se libéra de l'étreinte de Ginny pour aller voir sa meilleure amie. Le visage inexpressif de la jeune fille l'avait interpelé.

Mais il la perdit de vue quelques instants. Le garçon parcourut la salle du regard, mais il était bien difficile de repérer qui que ce soit dans cet amas de Gryffondor. Harry secoua la tête. Pourquoi perdre son temps, il savait où elle se rendait. Le jeune homme monta dans son dortoir, cherchant quelque chose de bien précis, puis redescendit en quatrième vitesse et passa la porte menant dans les couloirs.


« Je t'attendais. » Dit Draco à Hermione lorsque celle ci pénétra dans la chambre.

La jeune fille ne lui répondit pas, elle dormait. Tranquillement, elle se coucha près de lui. Il se laissa aller à l'étreinte qu'elle lui offrit et ferma les yeux.

« MALFOY ! » Chuchota une voix. Draco bondit. Mais le dortoir semblait vide (si on omettait les autres endormis).

Il avait juré entendre la voix de Potter. Draco se réinstalla correctement auprès d'Hermione et enleva une mèche rebelle de la joue de la Gryffondor.

« Lâche la tout de suite ! » Reprit la voix. Draco releva la tête.

« Heu... Merlin, c'est toi ? » Demanda t'il sarcastiquement.

Harry retira la cape.

« T'es qu'un sale profiteur ! » Dit-il en tirant Hermione par le bras.

Draco saisit l'autre bras, voulant la garder pour lui.

« Rends la moi ! » Fit Harry sévèrement.

« Pas question ! » S'obstina Draco en tirant davantage le bras de l'endormie.

Elle finit par émettre un grognement qui calma les deux adversaires. Draco cessa la lutte et regarda Harry prendre la Gryffondor dans ses bras. Il partit dans la nuit et Draco ne trouva le sommeil que bien plus tard.

Et lorsqu'il se réveilla le lendemain matin, il fut satisfait de retrouver, collée contre lui la jeune fille. Malfoy 1 – Potter 0


Et voilà pour la première partie ! J'espère que vous avez apprécié ! En tout cas, moi je me tripe bien en l'écrivant (comme vous avez pu le constater !) Bisous à tous et à toutes ^^