Bonjour tout le monde,

Voilà bien longtemps que je n'ai pas posté et je m'en excuse. Entre le boulot d'été et ma rentrée, je n'ai vraiment pas eu le temps. J'espère que vos vacances se sont bien passées. Les délais pour cette nouvelle année scolaire vont être plus longs, disons que les chapitres s'allongent, mes cours reprennent et donc le temps pour écrire se fait plus rare et chaque chapitre devient plus difficile et prenant… J'espère que cela ne va pas vous déranger outre mesure…

J'ai oublié de vous dire, ma fiction est sélectionnée par le site : / / damn-addict-lemon . forumgratuit . fr dans la catégorie des BEST DARKWARD donc n'hésitez pas à voter…

Merci pour toutes vos reviews, on en est à 53 pour le dernier chapitre. Merci donc à : , Grazie, Aliiice, ptitcoeurfragile, aelita48, lili70, caropat07, Virginie-de-TN, Caro, PAM89, Caro, twilight0507, anayata, shona, Jackye, Appl3 d'or, AnonymeH, Celine879, erika shoval, marie, nana, pounine, cchope, vinie65, mel031, fan-par-hasard21, bellaeva, Triskelle Sparrow, Lou, ulkan13, celine11, ninibel, ecathe38, vanina, Nana-hime21, PatiewSnow, bellardtwilight, Sandrine50, choukinette76, Shyragirl, Cendrillon49, Audryr, Undomiel, Ludivine28, Ve, couuline, Aveery, Mzlle'Moon, …

Caro : Alors pour le fait qu'Edward la surveille ou non durant son absence, tu le découvriras ou pas. Pour ce qui est de son attirance envers Bella, tu le découvriras également ou pas. Je peux rien te révéler sans en dire trop. Merci, bisous et bonne lecture.

PAM89 : Bonjour ! Pour le changement ou non d'Edward, il peut être brutal et cacher tout autre chose. J'espère que ma suite te plaira. Merci pour ton soutien, merci, bisous et bonne lecture…

Caro : Il y aura peut-être un Pov Edward (dites merci à Eiphose et Magicvanille pour cela). Bisous, merci et à bientôt.

Twilight0507 : Non il ne l'a pas fait. Merci, bisous et bonne lecture…

Shona : Non pas de lemon et c'est vrai qu'il est chiant ton Edynouchet (euh tu n'as pas d'autres surnoms ^^). Merci à toi de me lire, bisous et bonne lecture…

Marie : Coucou, tu sais que quoique tu dises tu me redonne le sourire ^^. J'adore vraiment tes reviews et tu reste dans le top des reviews ^^. Je réponds toujours aux reviews, enfin quand Ff marche et le veut bien… Merci à toi de me laisser toujours une trace de ton passage. Je suis toujours sadique dans les fins de mes chapitres et ce n'est pas prêt de changer. Pour les possibles bêtises de Bella pendant l'absence d'Edward, je te laisse les découvrir ou non. Merci, bisous et bonne lecture…

Nana : Je note ton vote. Merci, bisous et bonne lecture.

Lou : Coucou, je vois que les changements d'Edward te conquièrent ^^. Mais est-ce que ça va durer ? Je sais, je sais, je joue avec toi mais bon, c'est génial de voir combien tu es transportée. Merci pour tout, bisous et bonne lecture…

Vanina : Je prends en compte ton vote. Vraiment tu penses qu'il est déjà amoureux ? Bisous, merci et bonne lecture…

PatiewSnow : C'est probable ce que tu dis dans ta review mais moi-même, je ne peux pas m'avancer et te dire que tu as raison, ce serait trop facile. Merci, bisous et bonne lecture…

Undomiel : Merci beaucoup… Je risque de poster moins régulièrement l'année scolaire qui vient mais compte environ un tous les mois ou tous les deux mois (prends plutôt le dernier créneau on sait jamais)… Merci pour tes compliments, j'espère que ma suite va te plaire, bisous et bonne lecture…

Ve : Coucou, merci pour les compliments. Euh contrairement à toi, ma Bella me tape sur les nerfs comme à peu près toutes les Bella mais ça, c'est juste parce qu'elles ont un Edward ^^. Bon j'arrête de raconter ma vie, j'espère que ma suite te plaira. Bisous, merci, et bonne lecture…

Couuline : Coucou et bienvenue. Je connais très bien LOA puisque c'est ma première fiction Darkward que j'ai lu et d'ailleurs ma beta est la traductrice de cette merveille. Pour ma suite, je pense poster dans les délais d'une fois tous les mois ou deux mois, ce sera selon mon avancée et selon mes études. Pour le côté dark d'Edward, il peut très bien se calmer pour devenir bien pire qu'il ne l'était mais ce n'est qu'une suggestion. Bisous, merci et bonne lecture…

Chapitre 8

Je n'eus pas longtemps pour me poser la question qu'il en sortit avec un sac noir. Toujours sans un regard pour moi, il se dirigea vers la porte. Depuis qu'il était rentré de nouveau dans la chambre, j'avais interrompu tout mouvement. J'attendais.

Je ne sus pas combien de temps nous restâmes immobiles mais cela me parut trop court. Il se retourna et me fixa un bref instant. Je ne sus comment définir la brève lueur qui emplit son regard mais cela me déstabilisa. Il se retourna et je crus l'entendre soupirer. Alors qu'il ouvrit la porte, il me dit de sa voix froide :

-Je dois partir en mission pendant une semaine. Ne me fais pas regretter de ne pas te laisser sous surveillance Isabella.

Sans un mot de plus, il sortit.

°o°o°o°

Il était parti.

Et maintenant, j'étais seule avec mes interrogations, mes émotions et mes peurs. J'avais toujours cru qu'être seule, loin de Lui allait me faire me sentir libre, allait me remettre les idées au clair mais maintenant… C'était une toute autre affaire.

Tout ce qu'il fallait que j'affronte se trouvait devant moi et je ne savais plus comment y faire face. Tout tournait autour de ma nouvelle vie. Mon enlèvement mais surtout ma vie aux côtés d'Edward. Mes sentiments vis-à-vis de lui, mes envies, mon avenir possible et cet éventuel nous.

Toutes ces interrogations s'entrechoquaient dans mon esprit et me donnaient mal à la tête. Pourtant, il fallait que je les éclaircisse et que j'y voie plus clair…

Les secondes semblaient interminables, tout comme les minutes. J'étais toujours dans la chambre, mes gestes se faisant automatiquement alors que je rangeais cette chambre.

Tandis que je me penchai pour faire le lit, tous mes souvenirs de cette nuit et de ce matin me revenaient avec les émotions que j'avais ressenties alors. Je ne savais pas comment les qualifier tant elles étaient intenses et devenaient une part entière de ma nouvelle vie… Je savais que je ressentais du désir mais pas seulement ça. Une forte sensation revenait toujours par vague alors que j'étais avec Lui, contre Lui ou lorsque je pensais à Lui. Je ne savais pas comment la nommer. Une certaine part de moi appréhendait de connaitre sa nature…

Alors que je me détournais de cette couche pour aller me préparer, ma solitude me pesait toujours un peu plus. Était-ce normal ? Se sentir aussi seule, abandonnée… Dans mon ancienne vie, notamment lorsque j'avais vécu ma fin de lycée chez Charlie, j'avais eu l'habitude d'être seule et cela ne m'avait jamais autant affecté mais maintenant, dans ce nouveau contexte… Cela ne me convenait plus et je ne le comprenais pas…

Quand j'entrai dans sa penderie, son odeur était partout et la sensation de vide s'intensifia en mon sein. C'était comme s'il me manquait… Pourquoi je me mettais à ressentir cela pour Lui ?

Lorsque j'eus fini de mettre de l'ordre et de me préparer, je me retrouvai de nouveau en proie à mes interrogations et au vide de ma vie sans Lui. C'était si étrange de se rendre compte combien notre existence pouvait s'avérer risible quand elle est déserte de tout, combien maintenant sans Lui je me sentais seule…

Je me remémorai mes premiers jours ici. Je ne m'étais jamais plainte de ma solitude, ma peur me guidant et me possédant entièrement. Edward avait été l'objet de mes craintes, de mes angoisses mais surtout de ma colère et de ma haine. Mes plans pour Lui échapper n'étaient que de douces désillusions alors que l'enfer de ma nouvelle condition prenait possession chaque jour un peu plus de mon être…

Mon ancienne vie était bien loin. Quand je repensai à mes parents, je voyais des visages mais leur voix n'était plus aussi claire. C'était comme si tout ce que j'avais vécu avec eux, tout ce que j'avais été, avait été effacés. Cela me fit mal et pourtant une part de moi en faisait fi, me disant d'avancer et de faire avec. C'était si déroutant…

Je revoyais encore le sourire de mon père, les yeux de ma mère. Je me souvenais de la maison de Phoenix, de celle de Forks, de la différence de climat entre l'Arizona et l'état de Washington, de mes deux lycées mais tout le reste n'était que des bribes informes et sans visage, ni contour dans mon esprit. Allait-ce devenir beaucoup plus flou par la suite ? Allais-je totalement oublier mon passé, mes parents ? Les mots de Carlisle à notre arrivée me revinrent : Vous pouvez oublier vos espoirs, vos rêves et vos familles. Maintenant que je me retrouvais seule et sans souvenirs, un arrière goût amer emplit mon être. Il avait ce qu'il avait voulu et cette constatation me fit d'autant plus souffrir…

Pourtant ce n'était pas cela qui me déstabilisait le plus.

Même si mon passé n'était que néant et ombres, je ne regrettais pas… J'avais commencé une nouvelle vie ici. Sans mon enlèvement même prémédité, je n'aurais jamais connu Edward. N'était-ce pas déroutant qu'un tel mal puisse cacher un bien ? Je ne savais toujours pas quels sentiments je nourrissais pour Lui mais j'en venais à ne plus être en colère contre Lui, contre Carlisle et ces hommes qui m'avaient emmenée ici…

Mes émotions étaient si confuses. Tout m'échappait…

Les seuls sentiments que j'arrivais encore à identifier étaient le désir, la profonde attirance que j'avais pour Edward, mon attachement grandissant alors que mon manque de Lui augmentait en moi à chaque seconde passée. Pourtant une toute autre émotion me possédait chaque jour que je passais à ses côtés. C'était comme une flamme qui grandissait toujours un plus en mon sein. A chaque fois que je le voyais, mon cœur se mettait à battre avec un peu plus de force… C'était si déstabilisant de ne pas pouvoir mettre un nom sur cette émotion…

Je savais que je ne devrais pas ressentir tout cela pour mon bourreau et pourtant je ne pouvais cesser de les éprouver…

Je devrais être horrifiée et dégoutée de tout cela. Je devrais maudire le jour qui m'a vu naitre, haïr Edward et tous les hommes de sa trempe mais je ne le pouvais pas. Je ne le voulais pas.

Toute ma colère, ma haine même et ma rancune s'étaient envolées alors que le temps passait et que mes sentiments changeaient envers Edward. Il n'avait pourtant rien fait pour que je l'apprécie. Je ressentais encore la douleur autant physique que psychique de ses punitions. J'éprouvais encore ma honte alors que je me rendais compte que j'avais failli me donner à Lui sans résistance ni réticence. J'avais même été consentante…

J'avais lu dans quelques journaux des cas similaires et les psychologues avaient alors diagnostiqué des Syndromes de Stockholm et je me posais maintenant la question à savoir si j'en étais également atteinte…

J'étais certes déjà attachée à Edward mais cela ressemblait tout au plus à de l'attirance physique et du désir rien de plus… Mais cette sensation étrange et inconnue en moi qui grandissait me perturbait toujours un peu plus…

Pourtant ce syndrome n'expliquait pas tout, j'avais lu que toute personne déjà informée de ce trouble avait beaucoup plus de difficultés à la contracter. Il y avait aussi des détails concernant un quelconque sentiment de confiance ou de sympathie que les victimes ressentaient pour leur ravisseur, je n'en étais pas encore là. J'étais loin de vouloir donner ma vie pour Edward ou même de fermer les yeux sur tout ce qu'il m'avait dit ou fait. Le goût amer de ses punitions coulait toujours dans mes veines et confirmait mes réflexions…

Alors comment pouvais-je expliquer ces sentiments ? C'était si invraisemblable que je l'apprécie et que je m'attache à Lui surtout si tôt

Toutes ces interrogations ne faisaient que se répéter dans mon esprit, je me sentais me perdre en elles et j'avais peur des conséquences qu'elles allaient entrainer…

Il me fallait sortir de là, ne plus penser à tout cela.

Tout ce que j'arrivais à clarifier soulevait d'autres problèmes beaucoup plus difficiles à résoudre. Je me sentais revenir en algèbre et revoir mon professeur s'arracher les cheveux devant mon incompétence face à une équation… Pourtant, les calculs me semblaient beaucoup plus doux à côté de mes sentiments et de mes interrogations sur leur nature.

Il me fallait vraiment sortir de là…

Tout dans cette chambre me rappelait nos moments ensemble, bons comme mauvais. Je ne pouvais faire le vide en moi et tous ces questionnements qui ne faisaient qu'en soulever de nouveaux me rendaient folle. Oui il me fallait sortir de là…

On se mit à frapper à la porte comme si la personne de l'autre côté avait entendu mes pensées.

Je ne savais pas si je pouvais ouvrir. Edward ne m'avait formulé aucune interdiction, juste une phrase : Ne me fais pas regretter de ne pas te laisser sous surveillance Isabella. Il n'y avait aucune menace et donc je ne voyais aucune raison pour que je finisse punie. Pourtant une part de moi angoissait…

Allait-il toujours en être ainsi ? Allais-je avoir peur à chaque fois que l'on frappait à la porte, à chacun de mes gestes ou paroles ?

Je me rendais compte que malgré l'attirance que je ressentais pour Edward, j'étais loin d'effacer l'empreinte de ses punitions, de rayer les mauvais moments que j'avais passé entre ses mains. Une part de moi voulait faire table rase du passé et faire en sorte que je devienne tout ce qu'il voulait mais je n'y parvenais pas… Je ne savais pas quel serait mon avenir ou plutôt ce que nous allions partager ensemble. Je connaissais déjà la nature des liens qui allaient nous unir : j'allais devenir sa femme, je devrais offrir mon corps pour ses besoins et engendrer sa descendance mais une partie de mon être rêvait encore d'amour. Etait-ce encore possible ? Je revoyais encore le trouble que j'avais cru percevoir dans ses yeux mais cela voulait-il seulement dire quelque chose ? La nature bipolaire d'Edward ne m'aidait pas, il passait si vite de la colère au désir et inversement. Ses prunelles noires étaient si expressives et pourtant si mystérieuses. Une partie de moi croyait encore à une part d'humanité en Lui mais si cela n'était que le fruit de mon imagination ?

Je ne pus me poser d'avantage de questions car les coups contre la porte se rappelèrent à mon bon vouloir.

Mon cœur battait fort dans ma poitrine alors que je sentais mon corps se couvrir d'une couche de sueur froide. C'était si étrange d'avoir peur de ce qui se trouvait de l'autre côté de la porte et tout cela par peur de représailles… Que devais-je faire ?

Les coups s'intensifièrent et je craignais que la porte ne finisse par céder sous la force de la personne de l'autre côté…

Je m'avançais, la peur au ventre et je dus prendre plusieurs inspirations pour tenter de me calmer avant d'ouvrir la porte. Je me mis à pousser un soupir de soulagement quand ce fut fait. C'était Alice…

La dernière fois que je l'avais vue me paraissait remonter à loin. J'étais soulagée de la voir ici même si une part de moi ressentait toujours une certaine crainte. Je ne savais pas si je pouvais la faire rentrer ou si je pouvais sortir et naviguer comme je le voulais dans cette demeure…

Je ne pus me poser d' avantage la question que la main d'Alice m'agrippa et je me retrouvais plaquée dans une forte étreinte. Comment un être aussi chétif pouvait-il avoir une telle force ? Alors qu'elle se reculait et que j'étais toujours sous le choc, elle m'entraina presqu'en courant dans les couloirs jusque vers la salle à manger. Elle m'y fit entrer et je me retrouvais seule en face d'elle et de Rosalie.

La belle blonde était confortablement installée à la table et me regardait avec un grand sourire. Cela amplifia un peu plus sa beauté et à côté d'elle, je me trouvais toujours aussi insignifiante, voire même le vilain petit canard… Je ne savais pas pourquoi j'avais été enlevée, j'étais si banale et bien qu'Edward me trouve parfaite –ce qui me surprenait beaucoup et qui était peu plausible- je ne faisais partie que du commun des mortels…

-Bella, me salua Rosalie.

-Rosalie. Alice. Dis-je en me tournant vers ma voisine.

Cette dernière me lança un immense sourire alors qu'elle gardait toujours ma main dans sa poigne. Elle la raffermit d'ailleurs avant de m'entrainer vers Rosalie de son pas sautillant. Je tentais tant bien que mal de suivre son rythme mais ma démarche devait faire tache à côté de la sienne. Même avec Alice, je ne me sentais pas à ma place. Je n'avais rien à voir avec ces deux beautés et une gêne flagrante prenait possession de mon être…

-Cela fait bien longtemps que l'on ne t'a pas vue. Certes, il y a les repas mais disons que ce n'est pas avec nos silences que nous allons mieux te connaitre… Dit Alice.

-Cela ne fait que quelques jours Alice… Soufflai-je.

-Quelques jours ! Tu veux dire une éternité ! S'exclama-t-elle.

Alice était-elle toujours aussi expansive ? Je me tournais vers Rosalie pour voir son expression et elle leva les yeux au ciel avant de me faire un clin d'œil. La réponse devait être oui…

-Tu sais que pour les silences, c'est à Carlisle mais surtout à Edward que nous le devons et tu le sais… Dit Rosalie.

-Oui, c'est vrai. Grimaça ma voisine.

Je ne savais pas de quoi elles parlaient. J'avais déjà aussi observé le silence du sexe féminin à table et je savais que c'était parce que les hommes le voulaient mais selon leurs dires, il en était tout autre ou tout du moins, ce n'était qu'une partie de la réalité… Je ne savais pas quoi en penser. Pouvais-je leur demander de m'éclairer ? De m'expliquer ? Et leurs explications, qu'allaient-elles m'apporter ?

Alors que je pensais ne plus faire face à des interrogations, je me trouvais de nouveau envahie de questions d'un autre ordre. Une partie de moi brulait de connaitre le pourquoi de cette situation et ma conscience me murmurait que cela avait avoir avec un certain mystère aux cheveux bronze…

Pourtant une part de moi avait peur, peut-être parce que j'allais devoir faire ma vie avec Lui et que tout détail le concernant pouvait faire pencher la balance dans le néant. Peut-être était-ce également parce que certains de mes sentiments n'étaient pas innocents ou plutôt n'étaient plus comme ils le devraient ? Peut-être parce que je commençais à me perdre dans mes émotions, dans mes pensées et que je ne savais plus où j'allais ?

-Au fait, comment cela se passe avec Edward, Bella ? Me demanda Rosalie, me sortant de mes pensées.

Son regard bleu était empli de sollicitude comme si Edward était un monstre

Mais qu'est-ce qui n'allait pas chez moi ? Bien qu'il ait été tout autre depuis cette nuit, il était toujours celui qui m'avait frappée, attachée, rabaissée et faite enlever… Il était toujours cet être mystérieux, froid et cruel, voire même inhumain… Cette dernière pensée pourtant me perturba, pouvais-je vraiment dire qu'il l'était toujours ? Ses derniers regards me revenaient à l'esprit, tout comme ses gestes après ma dernière punition…

Ne me fais pas regretter de ne pas te laisser sous surveillance Isabella.

Je devais arrêter de me bercer de mes douces illusions, il était toujours celui que je haïssais… Il me fallait cesser tout de suite de me tourmenter à propos de mes sentiments et sur un futur heureux avec Edward, il était toujours le même et ne changerait pas, cela était impossible…

Je me perdais de nouveau dans mes réflexions et ce fut la poigne d'Alice qui me fit revenir parmi elles. Leurs regards ne me trompaient pas, elles avaient vu sur mon visage la réponse qu'elles attendaient. Je n'aimais pas être prise en pitié et leur attention me mettait d'avantage mal à l'aise…

-Hum, comment se passent vos vies ici ? Tentai-je pour faire diversion.

Rosalie avait compris ma tentative alors qu'Alice commençait à babiller sur son existence entre ces murs…

Cela se passait bien de son côté. Jasper n'était pas celui qu'il paraissait. Certes, il était silencieux et calme mais il était doux et attentif aux besoins d'Alice. Il ne l'avait pas brutalisée, ni humiliée. Il s'était même montré chevaleresque. Il avait certes été distant voire légèrement froid les premiers temps mais bien vite il était devenu celui qu'elle avait toujours attendu. Il ne s'était montré autre que lors des repas selon mon amie. Il changeait même radicalement à quelques pas de cette salle et tout cela parce qu'il s'approchait des autres membres de sa famille, enfin surtout quand Edward était présent. Je ne comprenais pas cette attitude et mes amies s'étaient concertées du regard avant de m'observer puis Alice reprit son discours. Que me cachaient-elles ?

Elles semblaient connaitre la cause de tout cela et pourquoi Edward était la véritable source du problème. Au vu de l'air qu'elles affichaient, elles savaient que j'ignorais tout, qu'il ne m'avait rien dit… D'ailleurs que pouvait-il m'avoir dit vu ce qu'il se produisait à chaque fois que nous étions en présence ?

Alice poursuivit son récit, n'omettant aucun détail sur sa vie avec Jasper et combien il était affectueux et même parfait. Elle nous raconta même quel amant exceptionnel il était et ce dernier détail me rappela ce qui avait failli m'arriver la nuit dernière…

Je revoyais Edward contre moi, m'embrassant contre cette baie vitrée puis sur son lit. Je sentais encore ses mains sur moi, ses lèvres contre les miennes, sa chaleur tout contre moi. Je me perdais de nouveau dans le tumulte des sensations que j'avais ressenti et que je ressentais toujours en sa présence. Cette même chaleur que je ne connaissais qu'avec Lui revint au fond de mes entrailles. Je devais être anormale de ressentir ce genre de choses pour un monstre, pour un homme qui n'en était pas un… Enfin, qui n'avait ni sentiments ni émotions… Pourquoi en mentionnant son côté disons-le « humain », je revoyais le sexe dur, long et érigé d'Edward ? Je crus m'étouffer en m'en rendant compte. Je devenais perverse en plus d'être anormale…

Il me fallait remonter à la surface alors que je me sentais me noyer dans les émois que je vivais auprès de Lui, que je revivais des souvenirs disons-le plutôt doux dans ses bras la nuit dernière et ce matin. Il me fallait l'oublier le temps qu'il était loin de moi. Il me fallait que je le sorte de mon esprit et de mon corps car j'avais l'impression de l'avoir dans la peau. N'était-ce pas étrange ?

Alice continuait toujours son récit sur sa vie presque parfaite du fait de son manque de shopping alors que je me perdais encore un peu plus dans le méandre de mes émotions, de mes souvenirs et des sensations ressenties auprès de celui auquel je ne devais pas penser. Edward

Pourquoi tout se résumait maintenant à cet homme, à ce monstre ? Pourquoi dès que je fermais les yeux, je voyais son visage ? Pourquoi peu importe l'air que je respirais, je cherchais son odeur ? Pourquoi je me sentais comme nue, pourquoi j'avais froid alors que j'étais loin de Lui ? Tout cela me semblait exagéré et exaspérant. Comment pouvais-je être si faible près de Lui ? Pourquoi cette soumission malgré moi ?

Alors que j'étais toujours perdue dans mes pensées, loin du récit d'Alice qui n'était qu'une lointaine suite de mots sans sens pour moi, je sentais l'insistance d'un regard sur moi. Celui de Rosalie. Je savais que j'étais égoïste de ne pas écouter notre amie commune, que je devais profiter du temps qui nous était imparti pour mieux nous connaitre mais je n'en avais pas le cœur, ni l'envie pour l'instant… Je ressentais de la culpabilité alors que je voyais que la belle blonde m'observait, me scrutait…

-Alice, par pitié, arrête. Je commence à devenir sourde à force d'entendre des Jasper par ci, des Jasper par là. Continue encore à le décrire comme parfait et je vais me retrouver à fantasmer sur lui alors que j'ai Emmet dans ma vie. S'emporta Rosalie.

-Hum, pardon… C'est vrai. Dès que je pense à lui, je m'emballe facilement. Je m'excuse… Dit une Alice toute penaude et rougissante. Mais bon, Jasper est tellement Parfait ! Sa voix augmentant de quelques octaves sur le dernier mot.

Ce bref interlude m'avait fait sortir de mes sentiers tortueux et sans fin… Je fis face à Rosalie qui me fixait toujours. Ses yeux bleus m'envoutèrent et je me retrouvais plongée dans leur clarté. Elle m'adressait un sourire chaleureux bien que ses prunelles montraient une certaine inquiétude. Mais peut-être ne me faisais-je que des idées ?

-Alice ! Pitié épargne nos oreilles à Bella et à moi. Je commence à avoir une migraine et à voir ton homme à la place du mien ! Ajouta la belle blonde alors qu'elle me faisait un clin d'œil discret.

-Avoue seulement que mon Jasper est génial… Soupira une Alice rêveuse.

-Pour le peu que je l'ai côtoyé, il est bien…

-Bien. BIEN ! Tu rigoles, il est fantastique ! S'emporta le petit lutin brun.

-Alice, STOP ! Rugit Rosalie.

J'avais l'impression d'assister à un match de tennis. J'avais déjà aperçu le côté expressif et très passionné d'Alice pour le shopping et ce dès notre enlèvement mais la voir ainsi pour un homme, qui était en partie responsable de son enlèvement… Il y avait de quoi avoir le vertige…

Ma voisine survoltée avait le teint rouge, les yeux pétillants, presque fous alors qu'une mine boudeuse s'emparait de son visage de poupée. Son souffle court était très audible… C'était comme si elle avait couru un marathon. Elle se tourna vers moi et peu à peu, un sourire reprit forme sur ses lèvres. J'avais quand même légèrement peur qu'elle ne reparte dans son récit merveilleux à Jasperland…

Je me tournais de nouveau vers Rosalie et cette dernière me regardait toujours aussi intensément.

-Alors Bella, raconte nous quelle était ta vie avant tout cela ? Comment tu vis tout cela : cet enlèvement, Edward ? M'interrogea la belle blonde.

Je sentais leurs regards sur moi et mes joues se mirent instantanément à rougir. Que pouvais-je bien leur dire ? Que ma vie avait complètement changé ? Que je ne me reconnaissais pas dans cette existence de soumission lorsque j'étais auprès d'Edward ? Que je me sentais perdue, voire quelque fois malheureuse quant je pensais à mes parents ? Ou encore que j'étais totalement désireuse d'un homme pour lequel je ne devrais pas ressentir la moindre attirance voire que j'aie de possibles sentiments pour Lui ?

Pourtant c'était ce que je fis…

Enfin, en partie. Je ne racontais rien concernant Edward, ni sur ma nouvelle vie. Je ne faisais que m'attarder sur l'innocence de mon ancienne existence, sur mes parents, sur mes passions, sur tout ce qui me manquait au jour d'aujourd'hui. Je ne savais pas de quoi demain serait fait, si j'allais un jour retrouver tout cela…

Je ne vis pas le temps passer et bientôt, nous dûmes nous séparer car la nuit était tombée. Nous avions beaucoup parlé de ma vie et je lisais dans leurs regards leur compréhension. Cela m'avait fait du bien de me confier mais pourtant une gêne subsistait en moi. Est-ce qu'un jour Edward allait me connaitre ainsi ? Est-ce qu'un jour j'allais pouvoir lui parler à cœur ouvert de celle que j'étais avant et que je désirais rester ?

Celle que j'étais à l'heure actuelle était loin de cette Bella insouciante. Je ne savais pas de quelle nature serait ma vie à l'heure d'aujourd'hui. Je pensais qu'elle ne serait qu'ombre et noirceur au côté d'Edward. Aucun indice ne m'aidait à contrer cette certitude, aucun souvenir ne me revenait pour apporter une part de lumière dans cet horizon si dénué de vie et d'espoir…

°o°o°o°

Les jours se succédaient et je continuais à partager mon temps avec Rosalie et Alice, qui étaient devenues les seules amies que je n'avais jamais eues. C'était étrange de me dire qu'elles me connaissaient bien mieux que les personnes avec qui j'avais passé mon temps avant tout cela… Peut-être aussi bien que mes parents.

Quand je pensais à eux, une part de moi les regrettait et je me demandais chaque matin si un jour j'allais les retrouver, ne serait-ce que les apercevoir. Je me posais des questions sur comment ils vivaient ma disparition, ils devaient bien s'en être rendus compte puisque je ne leur avais donné aucune nouvelle…

Rosalie et Alice étaient mes seules amies mais aussi mes seules confidentes. Bien sûr, j'avais gardé sous clé mes pensées presqu'omniprésentes concernant Edward. Je leur avais caché mes sentiments vis-à-vis de Lui, comment avaient été mes premiers instants avec Lui, comment je vivais, ce que je ressentais, ni même ce qu'il s'était passé entre nous. Je ne leur disais rien à ce sujet bien qu'elles insistaient pour tout connaitre et pour mieux m'aider comme le soulignait Rosalie dès que le sujet était abordé et que je déviais vers autre chose…

J'avais appris que la vie de Rosalie se passait aussi bien que celle d'Alice, même si son récit était moins passionné et expansif que celui de notre lutin… Emmet était un homme d'apparence bourrue et même si notre premier aperçu lors de notre arrivée ici était en sa défaveur, il était un gentleman. Ce qui me surprît dans son histoire, c'était qu'après qu'il ne soit parti avec Rosalie à son bras, il s'était montré tout autre et même très doux. Il lui avait prêté son lit dès le premier soir et lui avait laissé de l'espace les premiers temps pour qu'elle s'accoutume à sa présence, et à sa nouvelle vie…

Il s'était montré monstrueux uniquement parce qu'il devait le faire en présence de son père et d'Edward. Surtout devant Edward. Elle m'avait longuement regardé quand elle m'avait avoué cela.

Je ne savais toujours pas ce qu'elles me cachaient concernant l'homme qui partageait mon existence. Je commençais d'ailleurs à perdre patience mais je restais silencieuse et j'attendais encore un peu avant de leur demander… Je ne connaissais pas ce qu'elles mettaient sous clé, elles aussi, et bien qu'une part de moi était curieuse, j'avais peur. J'étais même terrifiée. Et si tout cela changeait ma conception de cet homme ? Et si tout cela se révélait si monstrueux que rien que sa vue me rendrait malade ? Et si tout cela était bien pire que tout ce à quoi je pensais ?

J'avais presque la nausée à chaque fois que ces interrogations remontaient à la surface. Pour ce qui était de mes questions concernant mes sentiments envers Edward, j'étais toujours dans le brouillard et je n'aimais pas cette sensation d'être perdue…

La semaine était presque terminée et bientôt j'allais de nouveau Lui faire face. Je ne savais pas si un nouvel enfer m'attendait ou si j'allais de nouveau avoir à faire à son indifférence ou encore à son nouveau visage. Je savais que j'allais de nouveau être dans ma cage, que je n'allais plus avoir les quelques libertés que j'avais cru retrouver en son absence. Je ne pourrais plus parler avec mon cœur, ni retrouver à travers mes paroles les souvenirs de mon ancienne vie… Et pourtant j'allais le revoir…

Je ne comprenais pas mes émotions.

Rien que de penser au retour d'Edward, mon cœur et mon corps faisaient des siennes et je me retrouvais enflammée et impatiente de le revoir alors qu'une part de moi tentait tant bien que mal de freiner des quatre fers en voyant mes libertés de nouveau s'envoler...

°o°o°o°

°°° Playlist: Thirty Seconds To Mars – Closer To The Edge °°°

POV Edward

Je venais de laisser Isabella, seule, nue dans notre chambre. C'était étrange de partager ma vie avec une telle femme. Enfin... J'étais de nature solitaire. Mon passé n'était certes pas un idéal, rien que mon métier n'était pas normal. Je n'étais pas prêt à partager cette partie de ma vie avec Isabella. Pour moi, elle était un ange de perfection. Mon attitude avec elle pouvait vous sembler anormale voire même dangereuse mais c'était ainsi que j'avais été élevé.

Isabella.

Elle était la seule qui me faisait douter de mon comportement. Depuis qu'elle était arrivée dans ma vie, je ne savais plus comment agir. J'avais adopté l'attitude que j'avais toujours eu avec les femmes : Je voulais, je prenais, je jetais. Mais pourtant... Dès le premier jour, j'avais été attiré par elle et même avant cela...

Je n'avais pu m'empêcher de penser à elle et ce depuis le jour où je l'avais vue en photo et où j'avais commencé à la vouloir, à la désirer. Plus les jours passaient et plus mon obsession pour elle grandissait en moi. Je rêvais même d'elle la nuit. Quand je baisais une autre femme qu'elle, c'était son nom que je murmurais en jouissant. Tout cela devint bien pire quand le jour de son enlèvement fut programmé.

L'avoir maintenant à mes côtés me faisait ressentir des émotions que j'avais crues disparu. Tout était plus fort. Quand je la touchais, je m'enflammais. Quand je m'éloignais d'elle, je me sentais mourir un peu plus à chacune seconde qui passait, à chaque mètre qui me séparait d'elle. Tous ces sentiments, ce besoin, ne devraient pas être. J'étais devenu un faible et tout cela depuis qu'elle était là. Je ne comprenais pas cette attraction qu'elle suscitait chez moi, ni cette flamme qui grandissait dans mon cœur.

Cette semaine loin d'elle me faisait comprendre d'autant plus ce besoin d'être auprès d'elle. Dès que je fermais les yeux, c'était son regard, son visage, son corps que je voyais. Ma poitrine était comme compressée par le poids de son absence. En très peu de temps, elle était devenue mon oxygène, la drogue qui me redonnait vie. Sans elle, je ne faisais que survivre…

Je me rendais compte que mon comportement envers elle ne la ferait pas venir à moi mais l'éloignerait très certainement. Que pouvais-je donc faire ?

°o°o°o°

POV Bella

Voilà que le vendredi était déjà là et Rosalie et Alice m'avaient indiqué qu'aujourd'hui serait le jour du retour de nos hommes. Elles avaient reçu des appels de Jasper et d'Emmet tous les jours et n'osaient s'éterniser alors qu'elles savaient que je n'avais eu aucun signe de vie d'Edward toute cette semaine.

Nous n'avions pas croisé Carlisle de la semaine et les filles ne m'en avaient pas touché un mot. C'était comme si nous avions été seules…

Nous étions de nouveau dans la salle à manger et Alice nous faisait part de nouveau de son impatience de retrouver son Jasper, tant il lui avait manqué… Je ne me souviens plus de combien de fois, elle nous avait fait partager ses sentiments envers son homme et combien il était fabuleux et aujourd'hui était bien pire. Toutes ces fois, où elle n'avait fait que se répéter et flirter avec la limite de l'hystérie en pensant à lui, n'étaient rien ! Aujourd'hui, elle battait des records et Rosalie et moi ne faisions que nous regarder, acquiescer aux bons moments et pousser des soupirs en attendant qu'elle finisse de nous rabattre les oreilles avec son Apollon. J'adorais Alice mais dans ces moments-là, j'étais à la limite de l'égorger rien que pour retrouver mon silence…

Oui mais tu ferais de nouveau face à tes interrogations…

Cette pensée ne m'enchantait guère mais alors que notre lutin reprenait son récit, je me demandais vraiment si mes questions concernant mon futur, mes sentiments envers Edward, ne valaient-elles pas mieux…

Ma tête commençait à me faire mal alors que je sentais mon sang pulser dans mes tempes en me concentrant pour oublier ma voisine qui jacassait encore sur les cheveux de Jasper, les lèvres de Jasper, les doigts de Jasper,… J'en étais au point de faire une overdose de mon amie et de son amour pour son homme. J'en étais limite écœurée…

-Alice, s'il-te-plait arrête. Je commence à avoir la migraine à force de t'entendre… Soufflais-je

-Je suis d'accord avec Bella, je crois que je serai prête à me jeter sur Jasper pour l'embrasser dès son retour car ça sera synonyme de ton silence ! Surenchérit Rosalie.

-Je vous remercie les filles, c'est fou comme vous êtes heureuses pour moi. Bouda Alice.

-Tu sais qu'on t'aime Lutin mais là tu en fais trop… Soupirai-je.

-Je sais mais Jas… Commença Alice

-Prononce une seule fois encore son prénom et je te fais bouffer ta langue. Cracha la belle blonde.

-Ok, ok, calme-toi Rosie… Souffla notre lutin exaspérant.

Le silence s'ensuivit et Rosalie et moi, nous regardâmes, le soulagement se lisant sur nos visages. Mon Dieu, Alice s'était enfin tue ! Mais ce ne fut que quelques secondes…

-Au fait pourquoi lutin ? Demanda-t-elle.

-Parce que tu es aussi petite et insupportable qu'un lutin. S'exaspéra Rosalie.

-Oui mais franchement c'est moche un lutin. Je n'ai pas les oreilles qui pointent vers la Lune ou encore vers Mars, je n'ai pas les pieds monstrueux et je n'ai pas d'affreux chapeau pointu ! Pourquoi pas une fée ?

-Non, un lutin et puis laisse tomber ! Souffla mon amie blonde à court de force.

Alors que le silence revenait, je sentis comme un changement dans l'atmosphère qui nous entourait. C'était comme si une sorte de sensation angoissante venait de prendre possession de la salle alors que l'attente devenait toujours un peu plus insupportable. C'était étrange…

Je levais les yeux vers Rosalie me regardait également et j'avais comme l'impression qu'elle ressentait aussi cette impression désagréable. Quant à Alice, elle restait silencieuse enfin à sa façon… Ses doigts venaient de se mettre à tapoter avec nervosité sur la table alors que sa chaise se mît à grincer quand elle se balança sur les pieds. Rosalie se mit à souffler alors qu'un sourire commençait à naitre sur mon visage… Alice resterait Alice.

-Allez Alice, fais-toi plaisir et parle-nous encore de ton Jasper… Marmonna Rose.

-Non. J'ai bien compris que je vous embêtais avec mon homme parfait. Je n'aimerais pas briser vos belles oreilles avec cet être sublime et fantastique. Dit Alice d'un air mauvais bien que les mots concernant son Jasper soient passionnés et teintés d'amour.

-Je trouve le silence angoissant et cette attente, c'est juste un enfer. Alors s'il te plait, parle-nous encore de ton cher et tendre. Grogna mon amie blonde.

-Je ne vais pas combler le silence juste pour ton bon plaisir, ma belle et puis mon Jasper est un sujet bien trop captivant pour ne servir qu'à combler le silence. S'indigna notre lutin.

-Tu ne veux quand même pas que je supplie pour que tu nous parles de lui même si c'est pour combler l'attente… Dit Rosalie

-Remarque ce serait hilarant. Je t'en prie Rosie, supplie-moi ! Déclara une Alice plus que sérieuse alors qu'un sourire machiavélique naissait sur ses lèvres et qu'elle cessait de se balancer sur sa chaise.

-Alors là, rêve ! Gronda Rose.

-Bien, alors je me tais…

Si l'atmosphère n'était pas aussi pesante, j'aurais pu rire mais je n'y parvenais pas. Les secondes s'écoulaient et ma liberté s'amenuisait au fur et à mesure. C'était pathétique de ressentir cela alors qu'une part de moi se languissait de son retour…

-Ok, ok. Tu as gagné ! Je t'en supplie Alice, parle-nous encore de ton dieu vivant, ton Jasper ! Finit Rosalie sur un ton digne d'un dramaturge de seconde catégorie.

-Mets-y un peu plus de cœur et je serais tentée de t'exaucer… Ricana Alice.

-Je te déteste…

-Moi aussi je t'aime mon chou… Et puis, mets-toi à genou, ce sera encore meilleur…

-Je vais la tuer, crus-je entendre grogner Rosalie.

Je ne pus les écouter plus longtemps lorsque des bruits de pas dans le couloir semblèrent se rapprocher de nous. Je ne fus pas la seule à les entendre puisque je vis mes deux amies se tendre à mes côtés et cesser leur conversation. Nous nous tournâmes comme une seule personne vers la porte, attendant de voir si l'inconnu s'arrêterait ou passerait son chemin.

Plus les pas se rapprochaient, plus l'atmosphère dans la pièce se glaçait. Mon cœur se mettait à battre plus rapidement alors que ma respiration se faisait hachée. Si cela continuait, je risquais de devenir cardiaque avec le temps. La peur faisait déjà partie de mon quotidien mais s'était quelque peu atténuée cette dernière semaine, cependant, elle revenait de plus belle…

La personne semblait progresser dans notre direction et le bruit montait crescendo à l'instar de mon pouls dans mes tempes, de mon cœur dans ma poitrine et de mon angoisse dans ma gorge. Etaient-ils rentrés et venaient-ils nous chercher ? Mais à bien y réfléchir, ce son ne semblait émis que par une seule personne mais alors qui était-ce ? Je ne pus me poser d'avantage la question que notre inconnu se matérialisa sur le seuil de la porte.

Demetri. (N/ Magicvanille : Yesssssss, revoilà mon homme !)

Je n'avais plus revu cet homme depuis mon enlèvement mais d'après mes amies, il était l'homme qui me suivait le plus dans les premiers temps à l'exception d'Edward bien évidemment. Il était comme dans mon souvenir voire même plus grand et plus menaçant. Ses yeux d'ailleurs me détaillaient et un rictus fit son apparition sur son visage. Il inclina légèrement la tête en guise de salut alors que ses prunelles me scrutaient toujours avec attention.

-Monsieur Carlisle m'envoie vous chercher Miss Swan. dit-il posément.

Ses yeux m'observaient toujours de leur air malsain et froid. Pourtant, bien qu'une part de moi ait une appréhension, je n'avais pas peur. Ses prunelles dures et glaciales n'étaient rien comparées à celles d'Edward dans ses instants sombres. De plus, s'il m'arrivait quelque chose – pourquoi d'ailleurs m'arriverait-il quelque chose ? – il allait être furieux enfin c'était ce que je pensais tout du moins… Je me levais sous les regards de mes amies et de cet homme de main et m'approchait de ce dernier avant qu'il ne m'escorte jusqu'à la sortie et le long des couloirs.

Les portes se succédaient et je me retrouvais de nouveau télescopée dans les souvenirs de mes premiers jours où je m'étais maintes fois perdue. Et la cuisante punition qui s'en était s'ensuivit me revenait également ainsi que le goût amer qu'elle avait laissé dans mon être.

Je savais que Demetri me menait à Carlisle mais ce qui me faisait m'interroger était la raison de cette entrevue. Pourquoi le chef des Cullen voulait-il me voir ? Les questions s'entrechoquaient dans mon esprit, toutes plus abracadabrantesques les unes que les autres… Mais qu'importe…

A mesure que nous avancions dans ce dédalle de couloirs, ma peur s'intensifiait et je savais qu'elle ne cesserait d'augmenter tant que je ne saurai pas à quoi m'en tenir…

Alors que nous arrivions enfin devant une porte et que Demetri s'était arrêté sur son seuil, il se tourna vers moi et me fit un léger sourire, certes froid mais il était en quelque sorte comme compatissant de me voir dans cette posture… (N/Magicvanille : ouais, je sais il est trop chou mon chouchou^^) Je devais me tromper. Un nœud se forma bien malgré moi dans ma gorge et j'avais le sentiment d'avancer vers mon bucher alors qu'il n'y avait aucune raison, non ?

La porte était toujours fermée mais les battements de mon cœur semblaient égrainer chacune des secondes qui passaient et ne faisaient qu'augmenter mon angoisse alors que je n'étais même pas encore entrée… Demetri frappa à la porte et attendit à mes côtés, sans un regard de plus pour moi, que Carlisle nous ouvre. Une voix étouffée nous parvint et l'homme de main ouvrit la dernière barrière qui me séparait de mon futur beau père, de l'homme qui nous avait « commandées » comme il nous l'avait si bien dit.

Je me retrouvais de nouveau devant cet homme blond. Depuis mon premier jour en ces lieux, je ne lui avais plus prêté attention et n'avais fait que baisser les yeux en sa présence, en la présence de tous les Cullen… Mais maintenant, c'était une toute autre affaire.

Carlisle était le même que dans mon souvenir, un être à l'aspect sympathique et on voulait presque se confier à lui mais je savais ce que cachait en partie cet homme : un être glacial qui nous avait privées de nos vies et de nos familles et ce sans le moindre regret, il arborait même un grand sourire… Ma haine pour lui refit surface mais il me fallait être prudente et cacher mon ressentiment pour lui, il restait son père.

Sans que je ne m'en rende compte, le patriarche des Cullen m'avait empoigné le bras avec une douceur dont je ne le croyais pas capable puis il m'avait escortée au centre de ce que je supposais être son bureau, après avoir refermé derrière nous. Une grande table en bois brut occupait une importante partie du fond de la pièce alors qu'une table d'auscultation en occupait l'autre extrémité…

Je m'étais toujours demandée quels métiers les Cullen exerçaient mais maintenant, je connaissais l'un d'entre eux. Carlisle était médecin. Enfin, je supposais qu'il l'était à moins qu'il ne s'agisse que de matériel médical pour torturer des personnes… Je devenais paranoïaque sur les bords et la peur qui me tenaillait n'arrangeait rien…

Carlisle me lâcha le bras sans un mot, ni un regard et je me retrouvais au milieu de ce bureau, la peur au ventre, en attendant de connaître le but de ma venue ici. De nombreux scénarii apparaissaient dans ma tête, tous peu probables voire complètement ridicules et impossibles comme le fait que l'on allait me retrouver morte et momifiée à la mode égyptienne. C'en était vraiment risible tant je devenais imaginative et folle…

-Installe-toi Bella. Dit Carlisle alors qu'il me faisait dos et qu'il regardait par la grande baie vitrée qui nous offrait la vue sur la forêt et la montagne environnante.

Je me demandais toujours où nous nous trouvions. Je savais que j'avais pris l'avion et que nous avions beaucoup roulé après notre enlèvement mais le lieu où nous étions actuellement m'était inconnu. Ces montagnes et forêts ressemblaient à celles que je connaissais de Forks mais elles me restaient étrangères. Je ne leur connaissais aucun signe familier et pourtant le temps était en tout point semblable à celui de l'état de Washington bien que la pluie soit plus rare en ce lieu mais les nuages lourds étaient les mêmes… Il faisait même plus sombre par ici et une atmosphère sinistre et mystérieuse semblait y planer. Cela me faisait penser aux propriétaires des lieux. Toute cette ambiance était similaire au caractère des Cullen, surtout à Edward…

Un raclement de gorge me sortit de mes pensées et je me mis à rougir de m'être faite surprendre en pleine réflexion, surtout par le patriarche des Cullen. Ce dernier me scrutait de son regard gris-bleu et mes rougeurs s'accentuèrent. Ses prunelles me fixaient toujours alors qu'un sourire fit son apparition sur le visage de mon beau père. Si je ne l'avais pas vu à mon premier jour en ce lieu, j'aurais presque cru que son faciès était bienveillant…

-Bien, maintenant que j'ai ton attention Isabella nous allons pouvoir commencer…

Mon cœur qui semblait s'être calmé depuis mon arrivée repartit dans sa course folle à ses mots…

-Voilà avant que mes fils ne partent pour ce qu'ils avaient à faire, Edward est venu me voir et m'a informé d'une chose dont je n'avais pas connaissance. Il semblerait que tu sois vierge… Je t'ai fait venir ici pour voir si cela était exact et si ce n'était pas une fourberie pour retarder le moment où mon fils te prendra…

Je crus m'étouffer sur ces derniers mots. Non mais quel monstre ! Jamais je n'avais cru être aussi insultée… La peur que je ressentais semblait s'être effacée et je me mis à n'éprouver que colère et haine pour ce personnage. Quel être odieux !

-Je n'ai plus aucune confiance envers le sexe faible depuis bien longtemps et je ne m'excuserai pour ces paroles que si j'ai la confirmation de ton état… Je vais donc te demander de te déshabiller et de t'allonger sur ma table d'auscultation.

Je ne pus que faire ce qu'il m'avait demandé bien que j'avais l'envie de déverser ma colère sur lui. Pourtant, une part de moi – certes petite – me demandait de rester prudente et de ne pas le faire par peur de représailles. Je ne pus que l'écouter et je me mis à me déshabiller…

Je sentais le regard de mon beau père sur moi alors que je me dévêtissais, cette attention me mit mal à l'aise. Alors qu'avec Edward, je ressentais comme du désir et l'envie de plaire, avec Carlisle, je trouvais cela malsain et rien que le fait d'ôter mes habits devant lui me semblait trop intime. J'avais déjà été chez le médecin, je n'étais pas ingénue à ce niveau vu que mon « casier » hospitalier était bien rempli vu le nombre de fois où j'étais tombée sur la tête voire pire mais le regard que me portait ce médecin en cet instant n'était pas approprié…

Quand je fus en sous-vêtement, je me précipitais vers la table tout en faisant attention à ne pas tomber. Me retrouver par terre n'était pas le meilleur moyen d'être discrète et de ne pas attirer le regard déjà insistant de cet homme. Alors que j'étais allongée, je baissai les yeux pour ne pas voir l'expression que mon beau père arborait, une nouvelle frayeur me possédant et prenant le pas sur ma colère et ma haine.

Je l'entendis se rapprocher et bientôt je sentis ses mains sur mon corps alors qu'il m'auscultait comme tout bon médecin pour mon plus grand soulagement bien que la peur ne me quitta pas. Le silence nous entourait et une part de moi en était heureuse alors que d'un autre côté, mon angoisse ne faisait que s'accentuer avec le temps. Les gestes de Carlisle étaient précis et ne montraient aucune émotion…

-Tu as un corps en bonne santé et très appréciable niveau beauté. Ta mère ne m'avait pas menti… Souffla-t-il.

De quoi parlait-il ? En quoi Renée ne lui avait pas menti ? Et puis comment la connaissait-il ?

Je crus sentir de nouveau son regard perçant sur moi et je me mis à me concentrer pour rester les yeux baissés afin qu'il ne puisse pas voir mon trouble…

-C'est vrai que tu n'es pas au courant mais mon informateur ou plutôt mon informatrice à ton sujet n'est autre que ta génitrice. Je devrais l'en remercier car tu es superbe pour Edward… Ne t'inquiète pas, elle a été très élogieuse te concernant comme toute bonne mère… Soufflant d'une vive émotion le dernier mot.

Je n'en croyais pas mes oreilles, ma propre mère m'avait jeté dans les bras de mes bourreaux. Ma gorge déjà nouée à ma venue dans ce bureau se resserra alors qu'un goût de bile l'emplissait et que la nausée me gagnait. Ce n'était pas possible, j'étais en plein cauchemar…

-Je l'ai rencontrée lors d'un congrès sur l'architecture auquel nous assistions et alors qu'elle me posait des questions sur l'infrastructure, je ne me souviens plus vraiment comment on en est venus à diner ensemble. Le fait est qu'elle m'a beaucoup parlé de toi, Isabella et il m'est tout de suite apparu comme une évidence que tu serais parfaite dans le rôle de ma future belle fille. Je me souviens lui avoir demandé de me montrer une photo et durant un moment d'absence, je le lui ai comme dire « empruntée »…

Je me sentais de plus en plus nauséeuse alors qu'un violent mal de tête faisait palpiter mes tempes, me mettant à chaque instant, un peu plus au tapis. Je n'en revenais pas que tout cela me soit arrivé à cause du trop plein de confiance qu'avait ma mère pour le genre humain. Je ne pouvais imaginer ma mère discutant de ma personne à un congrès, avec Carlisle, lui donnant des détails sur mon existence et faisant de moi une candidate idéale pour un de ses fils…

- Par la suite, je suis rentré ici et j'ai discuté avec mes fils pour connaitre leurs opinions concernant les divers « choix » et « candidatures » pour les postes de belles filles et d'épouses Cullen… J'ai bien vu que ta photo avait attiré le regard d'Edward – je n'avais même pas observé que tu captivais également Jasper -, mais ta venue était obligatoire rien que pour avoir fait naitre cette étincelle dans ses yeux…

Mon médecin ne semblait pas avoir remarqué mon trouble, qui ne faisait que croitre un peu plus. Toutes ces paroles ne faisaient que tourner un peu plus dans mon esprit et ma nausée ne faisait qu'augmenter à chaque instant. Carlisle continuait de raconter combien il était « heureux » qu'une véritable femme, de valeur, ait enfin attrapé le regard de son benjamin… Ses derniers mots concernant Edward étaient comme teintés d'un soulagement non feint mais j'avais tout de même cru noter une pointe d'inquiétude …

-Bien, l'examen de ton corps est pour l'instant irréprochable mais il me faut maintenant passer à l'examen gynécologique. Je vais enlever ta culotte et te demander de planter tes talons dans la table…

Mon malaise concernant la révélation de Carlisle fut vite occulté par mon mal être devant cet homme et ma pudeur retrouvée. Je ne pus malheureusement que faire ce qu'il me disait et mon cœur se mit à battre dans ma gorge alors que la boule qui y était toujours logée semblait enfler un peu plus chaque seconde.

Alors qu'il enlevait mon sous-vêtement, je sentis l'air glacial me frapper au niveau de mon intimité et alors qu'avec Edward, ce contraste de température me faisait frémir un peu plus, aujourd'hui, sur cette table, c'était tout l'inverse. Ce fut bien pire quand je sentis des instruments que je pensais être en métal glisser le long de mon sexe et gratter à cet endroit. Je n'aimais vraiment pas cela et le fait que mon beau père procède à cette « inspection », qu'il me regarde et me touche, ne fit qu'amplifier d'avantage mon malaise.

Les secondes me paraissaient interminables alors que je le sentais toujours au niveau de mon intimité et chaque battement, chaque respiration était de trop et devenait un enfer…

Je ne saurais vous dire combien de temps j'étais restée allongée ainsi sur cette table, exposée et offerte mais cela me paraissait bien trop long. Quand enfin, je sentis les instruments quitter mes chairs, que j'entendis les gants claquer sur la peau de Carlisle alors qu'il les ôtait et qu'il me recouvrait, je sentis mes poumons se vider de leur air et une sensation proche de la liberté m'emplit totalement. Cet instant serait à jamais gravé dans ma mémoire comme étant le plus embarrassant de ma vie, dépassant même mon souvenir où j'avais fini à moitié nue au lycée quand mon pantalon s'était déchiré devant toute ma classe.

J'entendis Carlisle se lever et se diriger vers son bureau alors que j'étais toujours allongée, gênée et mal à l'aise de tout cet examen. Quand j'eus enfin repris mes esprits et que j'eus tenté de dompter ma honte et ma nausée, je me levais et allais me rhabiller toujours sans un regard pour mon beau père alors que je sentais le sien sur ma personne. Je ne savais pas ce que j'allais ressentir en le croisant de nouveau tous les jours à la salle à manger pour déjeuner et dîner. Je me doutais que rien ne serait plus pareil alors que j'avais vécu tant de choses dans ce bureau…

Quand j'eus fini de me rhabiller, je m'assis en silence en face de lui bien que je n'osais toujours pas le regarder tant je trouvais cela embarrassant d'avoir été nue et autant exposée devant lui. Ses yeux étaient toujours sur moi, je les sentais…

-Bien, je vois que tes dires sont confirmés. Tu es effectivement vierge et je suis soulagé que tu aies dit la vérité. Je vais noter ta franchise dans mon dossier te concernant. De plus, il aurait été dommage qu'un mensonge entache ma haute estime de ta personne et ne soit responsable de nouvelles marques dirons-nous sur ta peau… Je vois qu'Edward a pris soin de toi en t'administrant une pommade pour les cicatrices. Si je n'avais pas été témoin de ses humeurs et si je n'avais pas su qu'il t'avait punie, jamais je n'aurais cru qu'il ne t'avait sanctionnée…

Je le vis croiser ses doigts sous son menton alors que je sentais encore son regard sur moi…

-Tu as la peau très douce et tu as une très belle anatomie. J'en viens à regretter de ne plus être jeune et je dois dire que si je n'avais pas connu ma femme, j'aurais voulu être à la place de mon fils… Finit-il en riant.

Au mot « femme », mon attention avait été piquée au vif et mes yeux avaient été automatiquement attirés par mon beau père. D'ailleurs je vis son humeur changer alors qu'il se rendait compte de ses propos…

Je m'étais toujours demandé où était la mère d'Edward, ne l'ayant jamais croisée, ni même rencontrée. A mon souvenir, il me semblait d'ailleurs que jamais personne ne l'avait mentionnée devant moi et cela avait dès le premier jour piqué ma curiosité. Le fait que ce soit Carlisle qui en parle et que son humeur change ainsi rien qu'en la nommant était étrange. Il était passé d'un air presque joyeux voire moqueur à un air si sombre et si en colère, voire même triste et amer…

Je ne sus combien de temps, nous restâmes ainsi, lui terré dans son silence et dans ses émotions et moi le regardant, tentant d'analyser ses traits et de dompter ma curiosité… Il crut se rendre compte de ma présence dans le bureau car je vis mon beau père se ressaisir et se racler la gorge.

-Hum, tu ferais mieux de partir Isabella…

Bien que ma curiosité soit encore piquée au vif, je ne voulais pas m'attarder en ces lieux où j'avais connu les plus vives émotions : la colère et la haine quant au but de ma venue, le malaise et la nausée des attentions malsaines de Carlisle, la surprise et le dégout pour ma mère alors que c'était elle, la responsable en quelque sorte de mon malheur, mais aussi la curiosité, la gêne,…

Je fus bien vite sortie de ce bureau et je me retrouvai de nouveau dans les dédalles de couloirs. J'avais cru me retrouver seule, cherchant mon chemin pour retourner soit dans la salle à manger, soit dans notre chambre à Edward et à moi mais quelle ne fut pas ma surprise de retrouver Demetri…

-Je vous attendais… J'ai pour ordre de vous raccompagner à votre chambre. Dit-il avec un sourire poli et froid.

Je me retrouvai de nouveau noyée dans ce labyrinthe sans fin, où je n'identifiai aucune porte connue, ni de passage déjà emprunté… Je ne savais pas si un jour, j'allais enfin connaitre tous les recoins de cette demeure mais cela me semblait improbable…

Alors que nous avancions, je me remémorai chacune des paroles qu'avait prononcées Carlisle et je ressentais de nouveau les mêmes émotions et quand enfin, vint le tour des révélations concernant ma chère mère, je crus que tous mes sentiments étaient comme multipliés… Je n'arrivais toujours pas à croire que c'était Renée qui m'avait plongée dans cet enfer. Elle, qui était si inoffensive voire même candide, elle avait fait confiance à un homme tel que mon beau père et n'avait pas eu la moindre réticence à raconter ma vie à un inconnu… Je ne pouvais croire en cette presque stupidité de sa part. Je ne saurai vous dire combien j'étais blessée et combien je me sentais trahie…

Alors que je vis s'arrêter mon « garde du corps » à travers mes yeux brumeux, je fis de même et alors que je levais le regard, je me rendis compte que nous étions arrivés. J'étais de nouveau devant la porte de la chambre d'Edward. Je ne savais pas comment décrire les sentiments qui me tenaillaient. J'avais à la fois envie de m'enfermer dans cette chambre pour ne plus en ressortir, pleurer tout mon saoul afin d'extérioriser toute cette douleur dans mon cœur mais je voulais à la fois m'enfuir loin d'ici afin d'oublier, de m'oublier…

°°° Playlist: Blue October – Fairy Tale °°°

Une musique me parvenait à travers la porte et toute pensée me déserta alors que je ne me rendis compte que d'une chose : il était revenu. Edward était là.

Je ne saurais vous décrire les sentiments qui m'assaillaient alors que j'en prenais conscience. C'était si indescriptible et étrange de ressentir une joie si intense mais aussi cette appréhension qui faisait que je voulais retarder le moment où je le retrouverai… Avait-il changé depuis nos derniers instants ensemble ? Etait-il redevenu cet être froid, inhumain ? Ou bien serait-il de nouveau distant ? Encore ces questions et elles ne faisaient que se retourner dans mon esprit…

La musique me parvenait toujours et une vive émotion emplit mon cœur alors que son intensité le touchait. C'était si beau…

Les battements de mon cœur semblaient vouloir sortir de ma poitrine alors que je me sentais m'envoler corps et âme dans cette chambre. Je ne savais pas ce qu'il m'arrivait mais depuis que je savais qu'il était revenu, j'étais devenue toute autre, j'étais redevenue celle que je n'étais qu'auprès de Lui. C'était un imperceptible changement mais je le sentais maintenant. Mon cœur battait plus vite, j'avais l'impression que je respirais mieux et toute interrogation concernant mes sentiments pour Lui n'avait plus lieu d'être puisqu'il était de nouveau là. Mon corps tremblait alors que je me sentais m'envoler…

Je ne pus tenir plus longtemps et j'ouvris la porte sans prendre le temps d'annoncer ma présence. Je ne vis pas Demetri s'effacer alors que je refermais la porte et que je me retrouvai seule face à Lui. Edward se tenait de dos et restait en admiration devant la baie vitrée. Je ne savais pas s'il m'avait entendue, ni vue entrer.

Il était comme dans mon souvenir, voire peut-être encore plus grand et plus sombre. Il était comme à son habitude habillé tout de noir. Aucune émotion, ni tension n'habitait ses épaules et je ne saurais vraiment dire s'il s'était rendu compte de ma présence. Alors que je tentais de capter son regard dans la noirceur de la forêt qui nous entourait, je me sentis plonger dans les ténèbres des bois et dans l'ambiance portée par la musique.

Alors que j'étais toujours plongée dans les paroles si à fleur de peau de la chanson, je ne le vis, ni l'entendis arriver. Ce ne fut que lorsqu'il fut devant moi, ses mains caressant l'épiderme de mes bras, de mes épaules avant de parcourir le chemin inverse pour finir par entrelacer nos doigts que je me rendis compte de sa proximité.

Mon cœur repartit de plus belle alors que je sentais ma poitrine se gonfler avec puissance, c'était comme si j'avais retenu ma respiration ou bien comme si je m'étais sentie oppressée. Son odeur emplit mon nez et je crus chavirer tant elle était sublime, si masculine et si Edward. Sa peau douce caressait la mienne et de délicieux frissons couvraient mon épiderme. La douce chaleur que je ne connaissais qu'avec Lui, emplit mon être et je me sentis de nouveau pousser des ailes, redevenir Icare qui s'approchait bien trop près du soleil…

Je ne savais toujours pas quelle était la nature de mes sentiments mais tout ce que je pouvais dire était que je me sentais de nouveau entière. N'était-ce pas désarmant ? Edward était mon geôlier, je devrais le haïr pour cela mais c'était comme s'il m'apportait la lumière dans cette nouvelle existence… Il m'avait manqué, comment pouvais-je ressentir cela pour cet être que tout le monde craignait, dont tout le monde se cachait ? Je n'étais pas normale, loin de là. C'était comme si j'étais amoureuse du diable, n'était-ce pas risible ? Il m'était impossible de tomber amoureuse de Lui… Rien que l'idée me révulsait et instinctivement, je fis un pas en arrière.

Je sentis ses doigts se resserrer alors que je m'éloignais de Lui. Je n'osais le regarder bien que je sente de nouveau la sensation brulante de son regard sur mon corps, sur mon visage. Les mêmes frissons de plaisir et de désir se mirent à couvrir ma peau alors que la même chaleur suffocante emplit mon être, se concentrant d'abord sur mes reins, puis bien plus bas dans mon bas ventre…

Une de ses mains quitta l'une des miennes et parcourut de nouveau le chemin que ses doigts avaient tracé sur mes bras en feu, laissant de nouvelles vagues de chaleur m'envahir au passage. Elle remonta le long de ma nuque, remit une mèche de cheveux derrière mon oreille, rien que ce geste faillit me faire gémir et je dus me mordre la lèvre pour ne pas laisser sortir le signe de ma faiblesse… Elle traça un chemin de feu le long de ma joue avant que son pouce n'effleure la lèvre prisonnière de mes dents, la délivrant avant de caresser à plusieurs reprises le tracé de ma bouche. Je me sentais défaillir sous ses attentions et je voulais me maudire d'être aussi faible et si brulante pour cet être, cet homme qui me faisait trembler de désir… Sa main finit sa descente pour se loger sous mon menton et Edward exerça une légère pression pour que je croise enfin son regard que j'imaginais d'un vert brulant et lumineux…

Quand je croisais enfin ses prunelles, mon cœur rata un battement et repartit dans une course folle. Mon souvenir n'avait pas rendu justice à sa beauté et je me sentais me noyer devant tant de splendeur. Comme un être aussi sombre de l'intérieur pouvait-il être aussi angélique et lumineux de l'extérieur ?

Ses yeux étaient indescriptibles, c'était comme s'ils produisaient leur propre lumière tant ils étaient emplis d'émotions ? Ce ne pouvait être cela, c'était bien trop étrange et humain… Sa main n'avait pas quitté ma peau et elle se mit à tracer de nouveau mes traits, m'envoyant de nouvelles décharges. Mon cœur continuait sa frénésie alors que mes poumons tentaient de me garder lucide mais son odeur était partout et je me sentais fondre devant Lui.

Quand Edward me prit dans ses bras, je succombais, je me perdais totalement. Tout ce qui n'était pas Lui n'avait pas lieu d'être. Mon corps était comme le réceptacle du sien. Son odeur m'entourait et je me sentais me noyer contre Lui. Mes pensées devenaient incohérentes alors que mon être se mettait à trembler contre le sien, à vibrer pour Lui.

Je sentis son souffle dans mes cheveux alors que son nez chatouillait mon cuir chevelu avant qu'il ne descende le long de mon cou et que la chaleur que je sentais déjà en mon sein ne grandisse encore, s'intensifiant toujours un peu plus à chacune de ses respirations, de mes respirations. Ses mains avaient quitté mon corps avant qu'elles ne se logent dans le creux de mes reins et se mettent à dessiner des cercles sur ma peau déjà brulante pour Lui. Mes mains, muées d'une vie qui leur était propre, se logèrent sur ses hanches, puis au niveau de ses reins, me faisant me fondre un peu plus contre Lui. Le visage d'Edward se nicha dans mon cou, son souffle s'écrasant contre mon épaule et une émotion intense m'envahit alors que je me sentais m'envoler toujours plus haut…

-Laisse-moi te toucher cette nuit, Isabella. Dit Edward d'une voix rauque, presque douloureuse.

Ses mains continuaient de tracer des arabesques sur mes reins.

-Laisse-moi t'embrasser cette nuit, Isabella. Murmura-t-il contre ma peau.

Ses lèvres se posèrent avec douceur sur moi avant de devenir plus intenses. Que pouvais-je répondre à cela alors que je m'embrasais toujours un peu plus pour Lui, que je m'enflammais contre Lui ?

-Laisse-moi te faire découvrir les plaisirs de la chair, Isabella. Continua-t-il, sa voix devenant toujours plus rauque et emplie de désir.

Je sentais bien la tension qui l'habitait alors que ses muscles se contractaient contre mon corps et que son être répondait au « besoin » qu'il avait du mien. Je ressentais bien la dureté qui se pressait contre mon bassin. Des vagues de souvenirs me revenaient à l'esprit… Les premières paroles d'Edward concernant le devoir conjugal que j'allais connaitre dans son lit et que je n'y vivrais rien d'autre, que je pouvais oublier mes rêves et espoirs d'amour. Je me revoyais dans cette chambre il y avait de cela quelques jours et des sensations si ferventes et si remplies de vie. Cependant les sentiments de honte et mes envies d'en finir alors que j'avais cru ma peur s'était réalisée venaient noircir ce tableau… Comment expliquer tout cela ? Comment pouvais-je ressentir toutes ces sensations contradictoires, ces émotions ?

-Ne me fuis pas, Isabella. Ne réfléchis à rien, laisse-toi aller dans mes bras… Souffla-t-il.

Mais je ne pouvais pas faire cela si je ne voulais pas me perdre moi-même. Et puis si je me laissais aller comme il le disait bien, qui me dit que je resterai entière, intègre, que je serai toujours la même…

-Je sens ton corps se tendre contre le mien et ton esprit m'échapper. Je t'en prie, Isabella, laisse-moi te faire découvrir le plaisir. Finit-il d'une voix brisée.

Ses mots mettaient mon être en feu mais mon esprit ne pouvait se laisser aller dans ses bras. La peur m'emprisonnait et me possédait. J'étais terrorisée de ce que cet homme pouvait me faire et je ne pouvais pas m'abandonner avec Lui. Comment pouvais-je ensuite me regarder dans le miroir si mes émotions étaient si contradictoires, si floues ?

Ses mains continuaient toujours à tracer de douces arabesques sur mes reins et je me sentais me calmer et mon corps fondait toujours un peu plus entre ses doigts… Son souffle s'écrasait toujours contre la peau de mon épaule et bientôt ses lèvres se posèrent de nouveau sur mon épiderme brulant déjà pour Lui, à l'instar de mon être …

Ses baisers tour à tour doux et intenses, voire même passionnés, remontaient le long de mon cou, m'envoyant toujours de nouvelles vagues de frissons et de plaisir. Ma respiration était sifflante et difficile alors que je me sentais toujours plus envoutée par son odeur. Ma gorge était comme nouée et j'avais toujours plus de mal à déglutir…

Ses lèvres remontaient toujours sur ma peau et ses mains suivirent au bout d'un certain moment leur chemin, longeant mon dos, puis mes flans, effleurant mes seins, puis ma nuque et ma gorge. Edward s'éloigna quelque peu. Ses yeux brulants me dévisageaient et je ne saurais vous dire quelle expression je laissais paraitre tant j'étais perdue. Cependant je le vis se rapprocher de moi, son visage volant toujours un peu les quelques centimètres, puis les millimètres qui nous séparaient.

Puis ses lèvres goutèrent les miennes.

Je n'avais qu'un vague souvenir de nos baisers mais rien n'égalait ce que je vivais en cet instant. Ses lèvres venaient de tout effacer, de tout éclipser. Elles étaient si douces, si comment dire parfaites. Son souffle caressant, chatouillant ma bouche, me promettant mille merveilles s'il se mêlait à la danse et je me mettais à désirer qu'il le fasse. Je voulais tant gouter de nouveau la saveur si unique d'Edward…

Je crus mourir quand la pointe de sa langue effleura d'abord timidement ma bouche puis la caressa, traçant ses contours… Ma respiration se bloqua alors que mon cœur battait toujours plus vite et plus fort dans ma poitrine. J'entrouvris les lèvres et il répondit à l'invitation. Edward avait le contrôle de notre baiser et je me sentais me perdre toujours un peu plus alors qu'il menait cette danse sensuelle et passionnée…

La musique se jouait toujours en fond, répétant toujours inlassablement la voix de la cantatrice sur cet air très rock et je me sentais transportée et voler toujours plus haut vers ce soleil qui m'enflammait encore un peu plus…

Mes mains qui étaient restées inertes depuis le début de notre baiser remontèrent le long de son corps dur et puissant. Mes doigts s'installèrent dans ses cheveux si particuliers et pourtant si soyeux et doux. Je me mettais à prendre part et notre baiser ne faisait que s'intensifier à mesure que les secondes s'écoulaient et que la musique devenait puissante en arrière plan.

Bientôt nous n'eûmes d'autre choix que de nous éloigner pour respirer. Ma respiration à l'instar de la sienne était erratique mais je n'en avais que faire tant je voulais de nouveau m'embraser dans un de ses baisers…

Edward me regardait. Ses yeux étaient noirs et ce que j'y voyais me donnait envie de mettre aux ordures mes réticences et mes peurs et d'avancer selon les sensations que me faisaient vivre cet homme, selon les sentiments inconnus que je ressentais pour cet ange.

Je ne l'avais jamais trouvé aussi magnifique qu'en cet instant. Ses lèvres étaient gonflées, son souffle erratique s'abattait avec force sur mon visage et son gout… Mon Dieu, son gout… Ma langue en conservait encore quelques notes mais je voulais ardemment recommencer à l'embrasser pour en connaitre toutes les saveurs et subtilités. Ses yeux devenaient toujours plus sombres et incandescents à mesure que les secondes s'écoulaient…

-Laisse-moi t'apprendre le plaisir à ma manière, Isabella. Susurra Edward, ses yeux me clouant sur place alors que sa voix rauque envoya des vibrations dans tout mon être.

Je n'avais plus la force de lutter même si ma conscience me hurlait que ce qui s'annonçait était immoral. Sans que je ne m'en rende bien compte, je me jetais sur ses lèvres…

Alors votre avis ? Et le POV Edward (SURPRISE !) ?

Pour ceux et celles qui veulent un lemon, tapez 1…

Pour ceux ou celles qui veulent que Bella le repousse, tapez 2…

Pour toute autre suggestion, tapez 3…

Et une dernière question pour la route : HAPPY ou BAD END ?

Pleins de robisous. Bonne rentrée et à bientôt… Laissez une review.

Votre. Potine.