Auteur : DQRC

Traductrice : Moi

Spoilers : -

Rating : T

Genre(s) : Angst/Romance

Disclaimers : Tout l'univers des Cullen appartient à Stephenie Meyer. L'histoire que vous allez lire appartient à DQRC. Quand à moi, je ne suis qu'une humble traductrice.

Notes : Pour ceux que ça intéresse de lire cette histoire en version originale, le lien se trouve dans mon profil.


-Chapitre 1-

Le soleil se couchait sur la baie, transformant la vaste étendue d'eau en de l'or liquide. Je souris en m'étirant sous les rayons mourant, alors que le sable chaud caressait agréablement ma peau.

"Ça te plaît ?" me chuchota sa voix douce à l'oreille alors que son souffle chatouillait ma nuque, me faisant frémir de plaisir.

"Mmm," souris-je, en me tournant dans sa froide étreinte pour entourer son torse de marbre de mes bras. Il rigola à nouveau et repoussa une mèche de mes cheveux derrière mon oreille de ses longs doigts.

"Je t'aime," murmura-t-il, avant de déposer une série de baisers délicats le long de ma mâchoire. Je frissonnai, malgré la chaleur, et me collai contre ses larges épaules. Lentement, j'ouvris les yeux...

Bip Bip.

Bip Bip.

"Non," grognai-je, en enfouissant ma tête sous la couette. "Encore cinq minutes." J'étais sur le point d'arriver au meilleur moment...

Bip Bip.

Bip Bip.

Je jurais et sortis la main de sous la couette, mon bras cherchant mon réveil. J'entendis un fort bruit et sentis le sol trembler. Je m'assis immédiatement, faisant tomber ma couette et m'exposant ainsi à l'air glacial. Désorientée et confuse, je regardai autour de moi, cherchant la source de ce bruit. Mes yeux tombèrent sur ma table de chevet - dans ma hâte à éteindre mon réveil, il semblerait que j'ai été trop brutale, faisant tomber les nombreux livres et CD empilés de manière précaire sur le coin de ma table. Mes yeux se posèrent sur le réveil, qui avait innocemment atterrit entre Jane Eyre et De Grandes Espérances.

Bip Bip.

Bip Bip.

"Saleté," marmonnai-je, en l'éteignant, avant de me lever à contre-coeur. Je chancelais de ma chambre jusqu'à ma salle de bain, trébuchant au moins trois fois. Ce ne fut qu'une fois que je fus douchée et habillée et que j'eûs bu un verre de jus d'orange - ma tolérance à la cafféine étant honteusement faible - que je pûs enfin penser à la journée à venir.

Je m'installai sur l'un des tabourets de la cuisine de mon petit appartement et jetai un coup d'oeil au calendrier accroché au mur. 4 Janvier. Plus de six ans étaient passés depuis qu'Edward m'avait abandonné dans la forêt de Forks. Six ans passés à lutter chaque jours parce que j'étais incapable, malgrès tous mes efforts, de l'oublier. J'avais fini l'école avec d'excellentes notes, même en math; bien sûr, un coeur brisé et une isolation volontaire font des miracles sur les études. Après ça, j'étais entrée en fac - pas à Darmouth - où j'avais passé une licence d'Anglais, avant d'étudier pour devenir professeur. J'avais obtenue mon premier poste d'enseignante de Littérature Anglaise dans un lycée de Rochester à New York, et je vivais dans cette ville depuis deux ans.

Ma vie avait continué même si ce n'avait pas été mon cas.

Je grognai à nouveau en me dirigeant vers la fenêtre pour regarder la ville couverte de neige. La météo de Rochester me faisait penser à celle de Forks - moins pluvieuse mais tout aussi désagréable. Je me détournai et me regardai dans le miroir accroché au mur opposé. En apparence, je n'avais pas vraiment changé. J'étais toujours aussi banale et même si mon corps avait développé quelques courbes au cours des années, j'étais toujours plutôt mince et insipide. Mes cheveux et mes yeux étaient toujours marrons et mes lèvres bien pleine, mais mon visage avait perdu toutes les rondeurs de l'enfance alors que je me transformais en adulte. Je me demande ce qu'il penserait de moi maintenant ?

Cette pensée inattendue me surprit et je secouai la tête, en colère après moi-même. Normalement, je ne m'autorisais pas à me poser ce genre de questions. elles me menaient à des souvenirs que j'aurais préféré oublier. J'avais appris au cours des années qu'il valait mieux me détacher de tout ce qui me raccrochait à mon passé, c'était la manière la moins douloureuse de vivre. C'était pour cette raison que j'avais pris ce poste à Rochester, à des centaines de kilomètres de Forks. Je m'étais peut-être battue avec Charlie pour ne pas retourner à Phoenix au cours des mois qui avaient suivis le départ d'Edward, mais lorsque j'avais quitté le lycée, j'avais réalisé que m'entourer de souvenirs de lui me rendait lentement folle.

En vérité, c'était une des raisons pour lesquelles je passais les vacances d'hiver seule, malgrès les suppliques de Charlie et de Renee pour que je leur rende visite. Je m'étais rendue à Forks pour Thanksgiving cependant; ce dîner à La Push était devenu un rendez-vous annuel fixe pour moi. Jacob et moi étions toujours amis. Ah, Jake, songeai-je tendrement alors que mes yeux étaient attirés par un cadre photo placé sur la table basse. C'était une photo de nous autour d'un feu de camps qui remontait à cinq ans. Il avait son bras autour de moi, et je souriais; c'était l'une des seules photos que je possédais qui me montrait réellement heureuse. Derrière nous, on pouvait voir les silhouettes de Quil, Embry, Paul, Sam et Jared qui jouaient au football. Emily avait prit cette photo juste après qu'on ait fini de manger. Je me rappelai encore comme elle nous avait dit que l'on formait un beau couple et la lueur triomphale dans les yeux de Jacob à ces mots. Ça ne s'était jamais fait cependant, malgré les souhaits de Jake. On avait essayé, pendant quelques mois au cours de l'été avant que je ne parte à la fac; c'était peut-être parce que j'en avais assez de devoir constamment redessiner les limites entre nous, ou alors parce que j'avais finalement accepté que j'éprouvais ce genre de sentiments pour lui. Quelle que soit la raison, on avait essayé de se donner une chance. Ça n'avait pas duré. Pour être tout à fait honnête, je pense que j'étais trop brisée pour partager plus que de l'amitié avec qui que ce soit, encore plus avec quelqu'un d'aussi important que Jacob. J'avais trop peur de me rapprocher de lui, trop peur de le perdre comme j'avais perdu Edward. Ça s'était terminé lorsque j'étais partie pour la fac en Septembre et aucun de nous n'avait tenté de faire renaître la flamme au cours des années suivantes. Depuis, il avait rencontré une fille, Carole, et ils s'étaient mariés. Elle était tout ce que j'aurais pu souhaiter pour Jake - tout ce dont il avait besoin et que je ne pouvais pas lui donner. Elle était heureuse, entière et en mesure de l'aimer inconditionnellement, quelque chose que je n'aurais jamais été capable de faire.

Je jetai un coup d'oeil à ma montre; c'était l'heure de partir. Attrapant prudemment mon énorme sac, j'enfilai ma veste et pris mes clés placée dans un pot dans l'entrée. Il faisait encore plus froid dehors que ce à quoi je m'attendais. Je m'emmitouflai dans ma veste et courbai la tête sous le vent. Je n'avais pas de voiture; j'avais dû laisser ma camionnette à Forks et même si j'avais ma moto, ce n'était pas vraiment approprié pour aller au travail, surtout en hiver. Résultat, je ne me déplaçai pratiquement qu'en bus.

Le trajet ne fut pas long et j'étais tellement plongée dans mes pensées que je remarquai à peine les rues que je parcourais. Je ne pouvais pas m'empêcher de penser au rêve que j'étais entrain de faire lorsque je m'étais réveillée. Que je rêve d'Edward n'était pas inhabituel, mais mon imagination n'était habituellement pas aussi vivante qu'elle l'avait été ce matin. Ça ne pouvait qu'être mauvais, qu'est-ce que ce serez ensuite, entendre des voix? Je ricanai à ma propre blague alors que le bus ralentissait à mon arrêt et je descendis en lançant un faible sourire au chauffeur.

Le lycée Sycamore Grove était grand, avec un peu plus de 2500 étudiants inscrits. J'enseignai principalement aux Terminales, mais je reconnus certains jeunes appartenant aux clubs extra-scolaires que je dirigeai l'année dernière. J'aimais rester occupée et se porter volontaire pour aider à organiser certaines des nombreuses activités extra-scolaires m'avait sembler être le meilleur moyen. Le building en lui-même ressemblait à tous les autres Lycées typiques - grand et carré, couleur sable, avec des escaliers menant aux larges portes d'entrée, à travers lesquelles les étudiants s'engouffraient actuellement. En chemin, je dus faire attention de ne pas être touchée par l'une des boules de neige qui étaient actuellement lancée par ce qui semblait être la majorité des étudiants mâles. Je secouai la tête et levai les yeux au ciel; certaines choses ne changeraient jamais.

Lorsque j'atteignis la porte, je vis un étudiant que je reconnus comme étant l'un des miens se diriger vers moi. Je grognai, partagée entre l'amusement et l'exaspération. C'était Adam Carter - un élève de première populaire qui était apparemment (je ne suivais pas vraiment les exploits sportifs de l'école) une star de l'équipe de baseball. Il avait des cheveux blonds et des yeux marrons qui me faisaient irrésistiblement penser à Mike Newton, car il semblait bien décidé à me suivre partout. Mes collègues aimaient me taquiner en me disant qu'il craquait sur moi, mais je préférais me dire qu'il était excessivement amical - je n'avais vraiment pas besoin des attentions d'un garçon de 17ans. Non, tu préfères rêver d'eux à la place. Je m'enfonçai férocement les ongles dans les paumes de mes mains et essayai de repousser cette pensée. Comme si j'avais besoin de me rappeler de mes hallucinations nocturnes malsaines - elles envahissaient ma vie bien assez comme ça.

"Bonjour Mademoiselle Swan!" dit Adam de sa grosse voix, ce qui incita d'autres élèves à l'observer alors qu'il se dirigeait vers moi. Il fit mine de prendre mon sac mais je fis un pas en arrière, essayant de dissimuler mon recul en faisant semblant de trébucher. Pour mon plus grand malheur, cela ne sembla pas le refroidir.

"Euh, bonjour Adam, tu as passé de bonnes fêtes?" demandai-je, distraite par ma recherche d'une échappatoire.

"Oh bien sûr, on a été faire du snowboard avec les gars, c'était GE-nial," babilla-t-il joyeusement, ses mots se mélangeant dans mon esprit. J'enregistrai vaguement l'utilisation d'argot et songeai distraitement que le langage actuel était bien moins attirant que le language formel du début de siècle, avant de me secouer les puces. C'était inquiétant à quel point ce court rêve m'affectait.

J'interrompis Adam, bien décidée à prendre le large. "C'est formidable, mais il faut que j'aille parler à, euh," Je me creusai les méninges pour l'un des professeurs et décidai de citer celui dans le bureau était le plus loin, "au Docteur Takagi, donc je te verrais plus tard." Je lui fis ce que j'espérais être un sourire et m'enfuis, manquant même de trébucher dans les escaliers.

"Ouais," cria Adam, "premier cours en classe 12E!" Je ne répondis pas mais m'engrouffai à travers la porte la plus proche, en secouant la tête. C'était quoi mon problème avec les ados de 17 ans enthousiastes? Et pourquoi ne comprenaient-ils jamais que je ne suis pas aussi pas aussi intéressante qu'ils le pensent?

Ces réflexions me préoccupèrent jusqu'à ce que j'arrive à la salle des professeurs, et à mon plus grand soulagement, je ne fus plus accostée par aucun admirateur pubéscent. Lorsque j'entrai dans la grande pièce aux murs beiges cependant, je réussis à me tordre la cheville et à faire tomber mon sac sur mon pied, pour le plus grand amusement de plusieurs profs de math qui se tenaient là. Irritée, je ramassai mes affaire et me dirigeai vers la kitchenette. Tant pis pour la cafféine, songeai-je, j'ai besoin d'un café.


Pour mon plus grand déplaisir, la cloche finit par sonner, et je fus forcée de quitter la sécurité relative de la salle des professeurs pour affronter la jungle qu'était les couloirs. Je jetai un coup d'oeil à mon emploi du temps et réalisai qu'Adam avait eu raison - mon premier cours était effectivement dans le batîment 12. Il y avait environ cinq minutes de marche jusque là, sept si je comptais les embouteillages et les boules de neige à éviter en chemin. Je me servis une autre tasse de café - tant qu'à faire - et sortit rapidement de la salle des professeurs avant que quiconque puisse me dire quoi que ce soit pour le vol d'une des propriétés de l'école.

Le trajet fut, heureusement, tranquille - à moins qu'on ne compte l'interruption d'une bagarre, l'interdiction de lancer des boules de neige à l'intérieur et la redirection d'une seconde confuse qui lorsqu'elle avait essayé de rejoindre sa classe de biologie s'était retrouvée dans le placard à balais alors que plusieurs premières 'serviables' ricanaient derrière elle.

Lorsque j'arrivai enfin dans la salle 12E, je découvris que plus de la moitié de ma classe était déjà là, à choisir leurs places et à s'installer sur les bureaux pour flirter, s'échanger les potins de vacances et prendre des photos avec leurs portables. Il y avait toujours cinq minutes avant le début officiel des cours donc je les laissai faire et préparai mes affaires pour le cours. On commençait 'Orgueil et Préjugés' aujourd'hui et si on avançait à un bon rythme, on commencerait 'Jane Eyre' d'ici quelques semaines. Six ans plus tôt, je n'aurais jamais été capable de lire mes nouvelles favorites d'Austen ou de Brönte sans fondre en larme. Mais maintenant, je ne ressentais plus qu'un petit pincement au coeur - inconfortable mais supportable.

Je fouillais dans mon sac pour trouver les fiches que j'avais l'intention de distribuer et alors que je cherchai, mon coude cogna contre mon sac. "Merde," jurai-je alors que l'une de mes pochettes tombait au sol et que tout son contenu se dispersait sur le lino. Je contournai mon bureau et me penchai en avant, tout en tenant toujours mon café, pour ramasser mes papiers.

"Laissez moi vous aider Mademoiselle Swan!" me dit une voix enthousiaste, et je relevai la tête pour voir à nouveau Adam. Je ne l'avais pas vu entrer dans la salle et je ressentis une vague d'irritation.

"Non Adam, ça va mer-" protestai-je en vain. Il m'ignora et se jeta par dessus son bureau avec l'énergie que seul un adolescent peut posséder le lundi matin. Il est vraiment comme Mike, songeai-je en le regardant ramasser mes papiers avec tellement d'enthousiasme qu'il cogna ma main tenant le café. Ou peut-être qu'il est plus comme moi. Je grimaçai lorsque ma tasse s'écrasait par terre...au pieds de l'homme qui venait d'apparaître dans l'entrée.

Des éclats de rire et des sifflets éclatèrent dans la classe alors que les yeux des élèves voyageaient de mon visage irrité à celui mortifié d'Adam. Je soupirai. Quel bon début de semestre.

L'homme dans l'entrée s'éclairçit la gorge et je levai les yeux pour voir Patrick Delaney. Professeur dévoué, Patrick avait été mon mentor au cours des premiers mois où j'avais enseigné et, malgré le fait qu'il ait presque une décennie de plus que moi, une amitié était née entre nous. Cette année, il avait été nommé responsable des classes de seconde - pas la moindre des choses, vu qu'il y avait plus de 600 secondes.

"Bonjour, Mademoiselle Swan," il s'éclairçit la gorge, amusé, "est-ce que, euh, tout va bien?"

"Ca n'a jamais été mieux," dis-je en serrant les dents douloureusement consciente que le rouge me montait aux joues. Je ne m'inquiétai pas de la réaction de Patrick vis-à-vis du café - je savais qu'il s'en moquait - mais je n'appréciai pas le fait que je venais de me ridiculiser devant une classe entière d'adolescents moqueurs.

Patrick me fit un large sourire, ses yeux sombres brillant derrière ses lunettes, "Bien, je suis juste venu vous prévenir qu'un nouvel étudiant va vous rejoindre aujourd'hui. Il est au secrétariat pour récuppérer son emploi du temps pour le moment, mais il arrivera plus tard."

"Merci, Monsieur Delaney," répondis-je, en utilisant son nom de famille devant notre public.

"Pas de problème," il tourna le regard vers Adam et pointa la tasse brisée du doigt avant de lui dire sévèrement, "J'irai chercher quelque chose pour nettoyer ça, si j'étais toi, mon garçon, avant que quelqu'un ne glisse dessus." Il attendit suffisamment longtemps pour qu'Adam se précipite hors de la pièce avant de me faire un clin d'oeil.

"A plus tard, Bella."

Avec un soupir, je me tournai pour faire face à ma classe, ignorant les retardataires qui se précipitaient à leurs places. Il était temps de commencer à travailler.


Au bout de dix minutes de leçon, et la grande majorité de mon stress avait disparu. L'enseignement était mon point fort, et j'aimais vraiment ça, surtout quand il fallait discuter bouquins. Quand j'avais quitté l'école, j'avais envisagé de devenir bibliothècaire avant que Charlie ne me convainque de me lancer dans l'enseignement. Au début, je m'étais dit qu'il avait perdu l'esprit; je pouvais à peine regarder quelqu'un sans rougir. Cependant, j'ai graduellement réalisé que ce n'était peut-être pas une si mauvaise idée. J'avais toujours aimé parler de bouquins - maintenant, j'étais payée pour le faire. Il y avait aussi quelque chose d'incroyablement satisfaisant à partager mon amour de la littérature et à voir les étudiants apprendre à aimer les livres qu'ils étudiaient. J'avais rapidement découvert que mon manque total de confiance en moi n'était pas un problème; c'était comme si en discutant de ces personnages que j'aimais tellement, je me protégeai de toutes mes insécurités. C'était complètement différent hors de cours, mais en classe, j'étais dans mon élément.

Je venais juste de dire à ma classe de se mettre par pairs lorsque, par-dessus le brouhaha qui s'ensuivit, j'entendis la porte s'ouvrir à nouveau. Supposant que c'était Adam avec un balai, je ne relevai pas la tête mais continuai à distribuer mes feuilles aux étudiants tout en calmant les disputes entre groupes. Ce ne fut que lorsque je retournai à mon bureau que je réalisai qu'Adam n'était toujours pas entré dans la pièce.

"Adam," soupirai-je, "s'il te plaît, ne traîne pas dans l'entrée, entre et-" les mots moururent dans ma gorge lorsque je regardai la silhouette qui se tenait dans l'entrée. Je me sentis me figer alors que je fixai, choquée, son visage.

Non. Ca ne se pouvait pas, pas après tout ce temps. Non, Bella. Tu rêves encore. Je secouai la tête, abasourdie, et regardai ailleurs avant de le regarder à nouveau, incapable d'en croire mes yeux. Réveille TOI Bella, réveille toi! Mais j'étais réveillée. J'étais réveillée et je fixai le visage que j'avais essayé d'oublier pendant des années, le visage de la première et dernière personne que j'avais jamais aimé.

Edward.

Le monde disparut, ne laissant que lui. Je n'arrivai pas à croire qu'il était là, après six ans de rien, il se tenait maintenant à moins d'un mètre de moi. Il avait exactement la même apparence qu'il avait toujours eu: grand, pâle et bien sûr, terriblement beau. Alors que mes yeux affamés parcouraient son visage, je sus instantanément que mes rêves avaient été de très mauvaise qualité. C'était une délicieuse agonie; je savourai chaque détail, mais chaque regard me déchirait un peu plus le coeur.

"Ed-ward," balbutiai-je, mes mains agrippant mon bureau pour m'empêcher de tomber. J'enregistrai vaguement que les conversations s'étaient légèrement calmées, et je pouvais sentir les regards curieux des étudiants du premier rang, qui avaient noté ma posture rigide et mon expression choquée avec beaucoup d'intérêt. Je savais que j'aurais dû dire quelque chose, n'importe quoi, mais je ne pouvais pas. Mon esprit fut submergé alors que tous les souvenirs que j'avais réprimé réapparaissaient, comme de l'eau échappant d'un barrage.

Edward rigolant alors qu'il secouait la neige de ses cheveux; Edward dans la clairière; jouant à la console avec Emmett; écoutant de la musique; roulant à toute vitesse; Edward embrassant mon cou; ses mains courant le long de mes côtes alors qu'il murmure contre mes lèvres...

J'haletai lorsque ce dernier souvenir apparut. Je regardai Edward, mon coeur battant la chamade.

"Bella," souffla-t-il, d'une voix de velours si basse que je fus la seule à attendre. Il avait l'air surprit, mais bien, bien plus calme que moi, au moins, il ne tremblait pas incontrôlablement.

On se regarda pendant une éternité jusqu'à ce que, finalement, je sois sauvée.

"Mademoiselle Swan?" C'était à nouveau Patrick. Il avait toujours l'air d'une bonne humeur indécente, étant donné le tournoi émotionnel que je subissais actuellement. Ses yeux parcoururent la pièce avant de tomber sur Edward et, en hochant la tête, Patrick barra un nom sur sa liste.

"Ah, vous voilà Monsieur Cullen. Y'a-t-il le moindre problème avec votre emploi du temps?"

Et soudain je compris... Une horrible vague de compréhension me submergea. Edward était le nouvel élève. Edward, mon vampire centennaire d'ex petit ami qui avait été, jusqu'à il y a quelques secondes, complètement absent de ma vie pendant plus de six ans, était maintenant l'un de mes étudiants. Si je n'avais pas été aussi abasourdie, j'aurais éclaté de rire.

"Non monsieur," répondit Edward, d'une voix apparamment calme. Sous la vague d'hystérie qui grondait en moi, je sentis une pointe d'indignation blessée. Est-ce que me voir après six ans n'avaient absolument aucun effet sur lui? D'après son expression, on aurait dit que non. Bien sûr qu'il s'en moque, Bella, songeai-je avec ironie. Ne te rappelles-tu pas de ce qu'il t'a dit dans la forêt? Je m'en rappelai, clairement. Le souvenir de mon rejet avait toujours la force de me faire tomber à genoux.

"Excellent. Je vous suggère de vous asseoir," Patrick sourit et pointa un bureau vide du doigt, au troisième rang, avant de se tourner vers moi. Pendant un instant, je pensai détecter une étincelle d'émotion sur le visage d'Edward, mais avant que je puisse en être sûre, il me tourna le dos et se dirigea vers son bureau avec grâce. A contre-coeur, je regardai Patrick.

"Bien, je te laisse t'en occuper alors," me dit-il avec un large sourire avant de baisser la voix d'un air conspirateur. "Tu ne devrais pas avoir de problèmes avec celui-là, Bella. D'après son dossier, c'était un étudiant modèle à San Francisco." Je hochai faiblement la tête, incapable de me forcer à répondre; quelque chose que Patrick, pris dans son bavardage, ne sembla pas remarquer. "Passe une bonne journée, Bella." me dit-il avec excitation avant de quitter la pièce.

Une bonne journée. Bien sûr.

Je me tournai pour faire face à ma classe désormais silencieuse, essayant de toutes mes forces de dissimuler le fait que je tremblais et m'assurant que mes yeux ne glissaient pas vers le bureau collé au mur, au troisième rang.

"Okay, passons au chapitre trois," réussis-je à dire. La scène où les futurs amants se rencontrent pour la première fois; c'est tellement approprié que ça en devient dégoûtant, songeai-je.

Puis, sachant que le seul moyen de me sortir de ce cauchemar serait de continuer mon cours jusqu'à ce que je sois sauvée par la sonnerie, je serrai les points, renforçait ma résolution et me préparait à la matinée la plus dure de toute ma vie.


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