Petit mot de l'auteur : Désolé pour l'attente ! Mais maheureusement, mes partiels sont passés avant ma traduction ;) Bonne lecture !


- Enchanté de te rencontrer, Jenny, dit le Maître en lui tendant sa main libre.

Ils se serrèrent la main et Jenny sourit.

- Moi aussi, je suis enchantée !

Le Maître fut ébahit une fois de plus par la beauté de son sourire.

- Alors, dit le Docteur à Jenny, quel âge as-tu maintenant ?

- Je viens d'avoir six ans ! lui annonça-t-elle.

- Vraiment ? s'écria le Docteur. Six ans ! Je suis désolé que ça fasse si longtemps. Tu as réussi à te débrouiller ?

Elle était sur le point de lui répondre quand le Maître l'interrompit.

- Attendez ! Six ans ? Comment peut-elle avoir six ans ?

- Elle est né il y a six ans, exposa le Docteur comme si c'était l'évidence même.

- Ça, j'avais compris, lui rétorqua le Maître. Mais comment se peut-il qu'elle soit née il y a seulement six ans ? Elle a l'air d'en avoir vingt ! Elle est humaine, n'est-ce pas ?

- Les apparences peuvent être trompeuses, dit le Docteur. Toi plus que quiconque devrait le savoir ! Et oui, elle est humaine, mais seulement en partie … Tu ne l'as pas vu dans mes souvenirs ?

- Euh … Non ? lui répondit le Maître, qui semblait profondément perdu.

- Tu veux dire que tu ne sais pas qui elle est ?

- Et bien non, je n'en ai aucune idée.

- Maître, dit le Docteur en prenant une grande inspiration, Jenny est ma fille.

- Quoi ? demanda le Maître dans un souffle.

- Comment ça « quoi » ? demanda le Docteur. Je pensais … Je pensais que tu l'avais vu quand tu as inspecté mes souvenirs.

- Elle est blonde … dit le Maître, tandis que Jenny semblait perplexe.

- Oui, certes, et alors ? demanda le Docteur. Tu te sens bien, Maître ?

- Tu n'as pas … Est-ce qu'elle a … Qui est sa mère ?

- Oh !

Le Docteur se mit à rire, mais on pouvait y déceler une pointe d'excuses.

- C'est ça qui te fait peur ! Tu n'as aucune raison de t'inquiéter. Je suis son père, mais je suis aussi sa mère, techniquement. Elle a été crée quand j'ai mis par inadvertance ma main dans une machine de procréation qui a créé une nouvelle forme de vie à partir de mon seul génome. C'est d'ailleurs pour ça que son nom est Jenny.

- Oh ! Le Maître émit un soupir de soulagement. J'ai cru que … Oublie ça. Je suis vraiment enchanté de te rencontrer, Jenny. Je n'aurais jamais pu imaginer que j'allais rencontrer la fille du Docteur aujourd'hui. Mais maintenant, je comprends mieux pourquoi je connaissais ton sourire, dit le Maître en souriant lui aussi. Mais comment peut-elle être en partie humaine ?

- Et bien, dit-elle, la machine était encodée pour créer des humains. J'ai deux cœurs, comme vous, mais avec des qualités humaines, ce qui fait donc de moi une humaine.

Les deux Gallifréens se regardèrent et acquiescèrent d'un signe de tête.

- Alors, qu'est-il arrivé aux femmes qui t'accompagnaient la dernières fois ? demanda Jenny. La rousse qui parlait fort et la jolie brune ? C'était quoi leurs noms déjà ?

- Ah oui, dit le Docteur. Donna et Martha. Et bien Martha travaille toujours sur … des projets, et Donna est rentrée chez elle, avec sa famille.

- Vraiment ? Mais alors, avec qui voyages-tu maintenant ? demanda-t-elle en glissant son regard vers le Maître, suspicieuse.

- Je suis resté seul pendant un moment, mais récemment, le Maître s'est joint à moi. Nous voyageons ensemble, dit le Docteur qui, embarrassé, ne savait pas trop quoi dire.

- Oui, ajouta le Maître, nous venons tout juste de commencer notre long voyage tous les deux.

- Donc, tous les deux … vous êtes plus que des compagnons, non ? demanda-t-elle en regardant ses doigts entremêlés.

- Ouep ! s'écria le Docteur, surprenant un peu le Maître.

- C'est super ! Je suis très heureuse pour toi, Papa, félicitations !

- Merci, dit le Docteur en enroulant un peu plus ses doigts autour de ceux du maître.

Leurs mains étaient si serrées l'une contre l'autre qu'elles semblaient sur le point de se souder, mais c'était comme s'ils étaient encore trop loin l'un de l'autre.

- Et bien, ça m'a fait très plaisir de te voir ! Tu devrais venir me rendre visite un jour, dit Jenny. Je ne reste pas très longtemps au même endroit, mais je suis sûr que tu sauras me retrouver ! Je penserai fort à toi, dit-elle en entourant le Docteur de ses bras.

Il lâcha la main du Maître afin de pouvoir la serrer contre lui.

- J'étais très heureuse de te revoir !

- Moi aussi ! lui dit le Docteur.

- Et vous, Maître, j'ai été très contente d'avoir pu vous rencontrer aujourd'hui.

Et elle se jeta également à son cou. Comme il fut prit par surprise, le Maître mit quelques secondes avant de l'étreindre à son tour.

- Prenez bien soin de mon père.

- C'est bien mon intention, dit-il après qu'ils se soient séparés.

Jenny commençait à s'éloigner quand le Docteur lui cria :

- Oh, Jenny, si jamais tu veux venir faire un tour avec nous à bord du TARDIS, n'hésite pas ! Ce pourrait être amusant.

- Je ne suis pas encore prête pour les voyages dans le temps, je crois. Et je n'ai pas envie de me mettre entre vous. Mais peut-être une autre fois, bye !

Et elle s'éloigna en bondissant.

- C'était extraordinaire ! s'écria le Docteur tandis qu'il reprenait la main du Maître dans la sienne. Cela faisait longtemps que je ne l'avais pas vu, et beaucoup plus pour elle. Mais je suis sure que nous la recroiserons ! Comment te sens-tu, Maître ? demanda-t-il en plaçant son autre main sur le front du Maître. Nom d'un Ood, tu es encore plus fiévreux que tout à l'heure. Tu veux que l'on rentre au TARDIS ?

- Non, c'est juste que je viens de rencontrer ta fille. Ta fille ! Est-ce que tu te rends compte ce que ça représente pour moi ? demanda-t-il en posa sa main sur la joue du Docteur, et la caressant distraitement du bout du pouce. Je viens de rencontrer quelqu'un d'important dans ta vie. Et tu m'as présenté à elle ! Et tu as dit …

Le Maître semblait sur le point de pleurer.

- Quoi ? Qu'est-ce que j'ai dit ? demanda le Docteur d'une voix clairement inquiète.

- Tu as dit … Et bien, quand elle a demandé si nous étions plus que de simples compagnons … Tu as dit « oui ». Je ne sais pas si tu réalises ce que tu me fais ressentir, parfois, Docteur. Simplement t'entendre dire ça, c'est comme si … nous faisions un pas dans la bonne direction. Le fait que tu ais été capable d'admettre que nous sommes plus que des amis maintenant, ça me rend tellement heureux …

Le Docteur se mit à rire de soulagement, mais de cette façon si sexy qui n'appartenait qu'à lui.

- Je suis comblé, si cela suffit à te rendre heureux. Je n'étais pas sur de quoi répondre, mais quand je l'ai dit … Je n'y ai pas vraiment réfléchi. C'est sorti instinctivement.

Le visage du Maître oscillait entre joie et crainte.

- Vraiment ? Tu n'y as pas réfléchi ? C'est tellement … Comme dans un roman que j'ai lu sur Terre, durant mon époque Saxon. J'imagine que tes humains savent de quoi ils parlent, en ce qui concerne les actions irréfléchies et l'amour …

Le Docteur émit un petit rire gêné et pencha la tête, appuyant ainsi un peu plus sa joue contre la main de (du) Maître. Mais elle quitta alors son visage, et il se sentit maladroit. Enfin, jusqu'à ce que les bras du Maitre enserrent fermement sa taille, tandis que ses lèvres se pressaient contre les siennes. Il commençait à s'habituer à ce genre de démonstration d'affection, à présent, mais il ne savait pas trop comment il devait réagir. Il ne savait pas quoi faire de ces bras, ni comment étreindre le Maître. Mais tout était fini avant qu'il n'ait réussi à prendre une décision. Et le Maître commença à s'éloigner, se retournant après quelques pas pour vérifier si le Docteur le suivait.

- Allons, Docteur ! Je n'ai pas pu te couper le souffle à ce point là ! dit-il en revenant sur ses pas, près du Docteur.

- Excuse-moi. C'est juste que c'est dur pour moi … C'est comme si je venais juste de réaliser que je suis avec quelqu'un. C'est assez nouveau pour moi, du moins depuis …

Le Docteur essayait réellement d'exprimer ses sentiments, sans vraiment y parvenir.

- C'est moi qui devrais m'excuser. Je sais, j'ai dit que je ne te brusquerais pas, et j'essaye, mais tu dois me dire quand tu veux que j'arrête. Parce que je le ferais, si tu me le demandes.

- Je le sais, mais ce n'est pas ça. C'est juste que je suis toujours un peu comme sous le choc, quand j'y pense.

- Moi aussi, avoua le Maître, induisant un soulèvement de sourcil chez le Docteur. Rien que de penser que je suis ici avec toi, même si ce n'était qu'en tant que simple compagnon, ça me laisse complètement abasourdi.

Le Maître et le Docteur restèrent plantés là, à se regarder dans le blanc des yeux, pendant une bonne minute. Puis le Maître dut briser le silence, craignant que cela ne vienne détruire ses chances.

- As-tu prévu d'acheter quelque chose ? Est-ce que tu as de l'argent, au moins ? demanda-t-il.

- De l'argent ? Ah ça non ! L'argent m'a toujours embrouillé à un point que tu ne peux imaginer. Par contre, je fais du troc. Ces gens veulent de l'argent, dit le Docteur comme s'il donnait un cours, mais ils sont toujours heureux de marchander.

- Et qu'est-ce que tu as apporté pour tes échanges ? demanda le Maître, alors qu'ils marchaient côte à côte.

- Et bien, le pistolet de Wilf, tout d'abord. Je ne vais jamais l'utiliser, et je pense que ces gens seront fascinés par sa conception primitive.

- Tout le monde n'est pas comme toi, Docteur ! s'écria le Maître en riant.

- Non, mais qui n'aime pas une petite antiquité de temps en temps ?

Les deux Seigneurs du Temps étudièrent la moindre pièce ressemblant à de la technologie que le marché avait à offrir. Peu de choses attirèrent leur attention, jusqu'à ce qu'ils arrivèrent à une table derrière laquelle un vieil homme dormait.

Ils examinèrent les composants étranges. Le Docteur ressemblait à un enfant humain dans un magasin de jouet, et le Maître prit le temps d'apprécier de le voir ainsi.

- Qu'est-ce que c'est que ça ? demanda le Docteur dans un murmure alors qu'il tenait ce qui semblait être une petite boite en plastique noir.

Sur le haut de la boite, il y avait un unique bouton sur lequel le Docteur s'empressa évidemment d'appuyer. La boite émis alors une série de rapides bips suraigus, et des chiffres vinrent s'afficher sur un écran que le Docteur n'avait pas remarquer plus tôt.

- Ceci, dit le vieil homme, à présent bien réveillé, est un Compteur de Vie. Quiconque allume cet appareil verra son âge apparaître à la seconde près sur cet écran.

- Oh ! Et où avez-vous trouvé un tel appareil ? demanda le Docteur en examinant la boite de plus près.

- Je l'ai eu lors d'un échange, et je me suis dit que je pourrais bien en obtenir quelque chose, répondit le vieil homme.

- En quelle unité est mesuré le temps ? l'interrogea le Docteur.

- C'est ça qui est drôle : le temps est mesuré en années terriennes. Pour un peuple aussi primitif, ils sont assez doués pour nous surprendre de temps à autre.

- Oui, n'est-ce pas ? s'écria le Docteur, encore plus fasciné.

- Mais bon, j'imagine qu'ils n'ont pas fait un si bon travail que ça. Ça dit que vous avez plus de 900 ans ! Il doit y avoir un faux contact, dit le vieil homme.

- Probablement, oui.

Le Docteur sourit et ré-appuya sur le bouton pour éteindre l'appareil, et il le reposa sur la table.

- Attends ! dit le Maître en lui prenant l'objet. Je veux voir ce qu'il dira à mon sujet.

Il appuya alors sur le bouton, et ce qui s'afficha sur l'écran les stupéfia tous les trois.

Le Compteur de Vie se mit à osciller entre deux nombres : l'un à peine plus grand que celui du Docteur, et un bien, bien plus petit. Cette alternance se poursuivit, les embrouillant encore plus, jusqu'à ce qu'un des nombres se fixe.

- Deux semaines ? s'écria le Maître. Pourquoi est-ce qu'il affiche deux semaines ? Il s'agit forcément d'une erreur !

- C'est extrêmement bizarre, acquiesça le Docteur. Donne-le-moi, lui dit-il en tendant une main tandis que l'autre cherchait son tournevis sonique dans sa poche.

Il mit le tournevis en marche, le passa tout autour de la boite, écoutant attentivement le bruit qu'il émettait.

- Non, il est en parfait état de marche. Il n'y a aucun problème.

- Alors, est-ce que vous le voulez ? demanda le vieil homme.

- Désolé, mais non, nous ne faisons que regarder. Merci quand même de nous l'avoir montré, dit le Docteur en s'éloignant avec le Maître.

Ils s'arrêtèrent non loin de là, dans un coin tranquille, et ils chuchotèrent tout près l'un de l'autre.

- La boîte avait raison concernant ton âge ! s'écria le Maître. Comment se peut-il que la mienne ait été fausse ?

- Il n'avait pas tord, répliqua le Docteur. Pas vraiment.

- Qu'est-ce que tu veux dire par là ? demanda le Maître, inquiet.

- Et bien … Cela fait combien de temps que tes disciples t'ont ressuscité ?

- A peu près … Deux semaines.

- Exactement ! Et le corps que tu as à présent, continua-t-il, a été crée à ce moment-là. Tu es un peu plus âgé que moi, mais ce corps en particulier n'est vieux que de deux semaines. C'est pourquoi il n'arrêtait pas d'osciller. Il était dérouté par les différentes lectures qu'il pouvait faire de toi.

- Je … Wow ! C'est un peu effrayant. Mais ce corps semble pourtant en tout point similaire à celui que j'avais quand je suis mort, argumenta le Maître.

- C'est parce que c'est comme ça que tes disciples t'ont ressuscité. Le livre secret de Saxon portait bien son nom : ils t'ont ramené tel que tu étais en tant que Harold Saxon, dit le Docteur. Enfin, à quelques exceptions près : tu as l'air plus vieux, moins squelettique, et tes cheveux sont maintenant blonds et plus épais.

- Tu as remarqué tout ça ? demanda le Maître, avec un petit sourire en coin.

- Bien sur. Pourquoi ?

- Non, pour rien.

- Enfin bref, c'est assez dôle. Je me demande combien de temps cela va prendre avant que tu ne te régénère. Peut-être vas-tu conserver ce corps longtemps, qui sait ?

- Je l'espère ! C'est le plus séduisant que j'ai jamais eu !

Le Maître avait dit cela tout en regardant ses mains, qu'il porta ensuite à son visage, comme pour en ressentir chaque trait. Le Docteur laissa échapper un petit rire, avant de lui demander :

- Est-ce que tu as soif ? Je vais aller me chercher à boire.

- Pourquoi pas. Par où est le bar ?

- Il n'est pas question que tu touche à une seule goutte d'alcool. Pas dans ton état. On va trouver un vendeur ambulant et prendre un jus de fruit, ou je ne sais quoi, dit le Docteur.

- Mais je vais bien ! protesta le Maître.

Le Docteur lui lança un regard des plus sérieux, tel un avertissement, et le Maître capitula :

- Très bien, comme tu veux.

Un sourire de victoire illumina le visage du Docteur, tandis qu'il hochait légèrement la tête. Ils marchèrent jusqu'à arriver devant un stand proposant des snacks et autres en-cas. Le Docteur ne connaissait pas le langage dans lequel était écrit le menu, mais grâce au TARDIS, il était tout de même capable de le lire. Cela ne voulait pas pour autant dire qu'il comprenait ce que la carte proposait.

- Qu'est-ce que ça dit ? demanda le Maître.

- Oh, regarde par toi-même. Tu as été dans le TARDIS assez longtemps pour être capable de le déchiffrer.

- Désolé, mais je ne peux pas lire ça.

- Ce n'est pas drôle.

- Je n'essaye pas d'être drôle. Je ne comprends pas ce qui est écrit sur ce menu.

- Ce n'est vraiment pas bon signe. Il faut absolument que nous retournions dans le TARDIS immédiatement !

- Mais je me sens très bien ! s'écria le Maître, l'air plus honnête que jamais.

Mais le Docteur savait que le Maître devait malgré tout se sentir un peu fiévreux, et il plaça sa main sur son front pour s'en assurer.

- Non, tu es visiblement désorienté, à cause de la fièvre. Tu ne t'en rends pas compte car … et bien … tu es désorienté ! Tu as besoin de repos. Je n'aurais d'ailleurs jamais du te laisser te lever.

- Je m'en fiche ! Tu crois que j'allais laisser passer une occasion de visiter une planète en ta compagnie ? Pas question !

Mais le Maître commençait à avoir l'air fatigue et confus.

- Allez, viens, dit le Docteur en attrapant la main du Maître afin de le ramener jusqu'au TARDIS.

- Ces humains … laissa échapper le Maître dans un bâillement. Pourquoi causent-ils autant de problèmes ?

- Que veux-tu dire par « problèmes» ?

- Et bien, ils te charment afin que tu les sauves et ils ne te remercient jamais. Ils utilisent ton ADN sans ton consentement pour créer Jenny, qui est d'ailleurs charmante, mais elle n'est pas un Seigneur du Temps. Ils créent des engins bizarres qui calculent l'âge de n'importe quelle créature vivante, et il faut que l'on tombe dessus. Et maintenant, j'ai envie de dormir, tout comme eux. Je n'ai plus dormi autant depuis que j'ai quitté mon corps originel.

Le Maître desserra sa prise sur la main du Docteur.

- Mais ils ne sont pas si mal, au fond, les défendit le Docteur.

- Comment ça ?

- Et bien, si ce n'avait pas été pour ces minuscules et insignifiantes créatures, je ne serais pas qui je suis à présent, admit le Docteur.

- Oui, tu aurais sans doute plusieurs régénérations de moins, et tu serais plus enclin à exprimer tes sentiments, ironisa le Maître.

- Ne soit pas comme ça, dit le Docteur. Je veux juste dire qu'après la guerre, je suis allé à la rencontre de ce peuple, et je les ai sauvés encore et encore. Certes, j'ai également sauvé de nombreux autres mondes. Mais la Terre m'a offert tant de joie et d'amis formidables.

- Tu les aimes vraiment, ces singes puants, n'est-ce pas ?

- Je me sens responsable d'eux, comme s'ils étaient des petits animaux perdus. Tu les nourris une fois et ils ne cessent de revenir. Et tu les continues de les nourrir parce que tu as l'impression que tu y es obligé, mais ça ne te dérange pas. Et tu finis par t'y attacher.

Les yeux du Docteur étaient plongés dans le lointain, revoyant des souvenirs de cette planète lointaine.

- En voila une explication intéressante … chuchota le Maître.

- Voila la navette, dit le Docteur en désignant un véhicule similaire à celui qu'ils avaient emprunté précédemment. Montons vite, et nous serons bientôt de retour à bord du TARDIS.

- Très bien, abdiqua le Maître, abattu.

Ainsi, ils s'installèrent dans la navette et quelques minutes plus tard, ils étaient de retour à leur point de départ. Le Docteur claqua des doigts et les portes du TARDIS s'ouvrirent pour les laisser entrer. Ils contournèrent les commandes et alors qu'ils allaient emprunter le couloir, le Docteur se tourna vers le Maître et le regarda dans le fond des yeux.

- Est-ce que tu vas vouloir que je reste avec toi ?

Le Maître regarda le bout de ses chaussures, comme s'il avait honte, avant d'acquiescer d'un petit signe de tête.

- Allons dans celle-là alors, dit-il en les conduisant vers sa chambre. Je n'aime pas le lit qu'il y a dans la tienne. Il n'est pas assez grand.

- Tu es sérieux ? On pourrait y dormir à dix ! s'écria le Maître alors qu'ils entraient dans la chambre du Docteur.

- Oui, mais je ne l'aime pas quand même. Je me ( je bouge) bouge beaucoup quand je dors, et j'ai besoin de place.

- Comment tu peux le savoir puisque tu es en train de dormir quand tu le fais ? demanda le Maître alors qu'ils se dirigeaient vers l'immense lit.

- Une fois, j'ai dormi sur le lit de ta chambre, et je me suis réveillé sur le sol, derrière le fauteuil.

Le Docteur avait dit tout cela très sérieusement, ce qui tira un léger rire du Maître, déjà presque endormi.

- Regarde, tu dors debout ! s'écria le Docteur. Allez, allonge-toi et dors. Ton esprit n'est pas clair, il faut que tu le laisse se reposer.

- Très bien, dit le Maître en grimpant sur le lit gigantesque.

Le Docteur contourna le lit et se rendit compte que pendant ce temps, le Maître était sur le point de rejoindre le pays des rêves.

- Docteur, l'appela le Maître dans un souffle.

- J'arrive, dit-il en s'allongeant aux côtés du Maître. Le Docteur s'étira et croisa ses bras derrière sa tête.

Il sentit le Maître se rapprocher de lui, mais pas assez pour qu'ils se touchent. Il tourna la tête vers lui et vit que le Maître l'observait à travers ses paupières à demi-closes, comme s'il cherchait à se décider à propos de quelque chose.

- Qu'y a-t-il ? s'inquiéta-t-il.

- Tu n'as pas envie que je te touche, énonça le Maître.

- Je n'ai jamais dit ça, réfuta le Docteur.

- Mais tu n'as jamais dit vouloir que je te touche.

- Non, en effet, confirma-t-il.

- Alors ?

- Alors quoi ?

- Est-ce que cela te dérange si je te touche ? demanda le Maître, un peu blessé.

- Non, ça ne me gène pas.

- Mais est-ce que tu en as envie ?

Le Docteur se contenta de le fixer, ne sachant pas quoi lui répondre exactement.

- En as-tu envie ?

- Je ne sais pas.

- Comment peux-tu ne pas savoir ? C'est une question qui n'attend qu'une réponse par oui ou par non. C'est noir ou blanc, pas de place pour le gris. Dis-moi juste « oui » ou « non », ordonna le Maître, d'un ton plus sévère qu'il ne le voulait.

- Oui, murmura le Docteur.

Le Maître sourit légèrement avant d'aller plus loin :

- Oui, c'est-à-dire ?

- C'est ma réponse à ta question.

- Hum, et de quelle question parles-tu ? demanda le Maître, essayant ouvertement de piéger le Docteur afin qu'il le dise haut et fort.

- Je … Je veux que … que tu me touches, admit le Docteur dans un souffle.

- Très bien, si c'est ce que tu veux.

Et le Maître se pelotonna contre le Docteur, avant de s'endormir dans l'instant. Le Docteur le tint fermement contre lui pendant qu'il dormait, afin qu'il sache qu'il était protégé. Il avait été tenté de regarder le rêve du Maître, mais il décida de respecter sa promesse et de ne rien faire. Il se contenta de le serrer dans ses bras, tout en pensant à leur relation, à leur passé et à leur futur.


Petit mot de l'auteur : Alors ça vous a plu ? J'espère que oui ! N'hésitez pas à me donner votre avis, vous savez comment faire ;)