Écrit dans le cadre du défi Tatoué sur mon cœur amoureuxde la Ficothèque Ardente.

Thème : Tatouage et érotisme

Phrase d'inspiration : « C'est une chose très différente que d'aimer ou que de jouir; la preuve en est qu'on aime tous les jours sans jouir et qu'on jouit encore plus souvent sans aimer. » - Donatien Alphonse François, marquis de Sade


Résumé

Il avait des amis. Bien des gens auraient été prêts à beaucoup pour lui. Mais Harry se sentait toujours aussi seul. Quand Severus Rogue lui ouvrit les bras, il n'hésita aucunement à s'y jeter, conscient qu'il s'embarquait dans un jeu bien dangereux…


Avertissement

L'histoire qui suit est une histoire impliquant une relation entre deux hommes. Également, sans être explicite, il y allusion à des relations sexuelles et des jeux de sang. Passez votre chemin si ça ne vous plaît pas.


Mieux vaut souffrir qu'être seul

La lame s'enfonça dans la chair tendre, perçant la peau fragile de sa pointe. Une première goutte de sang apparut, perlant à la surface. La pointe s'enfonça un peu plus profondément, veillant à ne toucher aucun nerf, avant de s'étendre vers le bas, entaillant la peau en une belle ligne droite. Il n'y avait plus seulement que quelques gouttes de sang, c'était désormais un flot rouge clair qui glissait sur l'épaule du garçon.

Harry gémit, plaintif. À travers la trace de chaleur que laissait son sang, il ressentait la brûlure aigue de la lame qui lui déchirait la peau. Il avait mal, vraiment mal. C'était plus intense encore que la brûlure de sa cicatrice lorsqu'il s'approchait du seigneur des ténèbres. Dément. Mais c'était trop tard, Harry ne pouvait plus reculer.

C'était un jeu dangereux, certes, mais dont l'idée les avait tous les deux fait frissonner de désir. Il n'y avait rien de plus excitant que de voir sa peau marqué du nom de son amant. Mais maintenant que la lame entaillait sa peau et que la douleur devenait insoutenable, l'érection d'Harry s'était entièrement évanouie, revenant à son état de repos initial. Il n'avait plus envie, ne ressentait plus aucune étincelle d'excitation. Le jeu n'était plus que dangereux.

Un autre gémissement plaintif quitta la bouche d'Harry. Il n'irait pas plus loin, il ne dirait pas qu'il ne voulait plus jouer ou qu'il avait peur. Dans son dos, il sentait encore l'érection bien imposante de Severus. Et Harry ne voulait pas le décevoir… C'était lui qui avait exprimé le désir de marquer la peau d'Harry, suppliant presqu'en répétant à quel point la simple idée le rendait fou.

Et Harry savait, savait que quoi qu'il dise, Severus ne s'arrêterait pas. Il ne saurait pas comment, même s'il lui avait promis de le faire. Ils étaient déjà allé trop loin, avaient déjà grandement dépassé les limites qui auraient dut être imposées à Severus. Et Harry savait, il avait laissé ses limites s'éloigner, devenir floues derrière lui, sans rien faire. Il gémit encore, se tortillant légèrement sur le drap de satin froid. La main de l'autre homme se fit plus insistante au bas de son dos, le maintenant en place. Un murmure à son oreille vint l'avertir. S'il bougeait, s'en était terminé. S'il bougeait, les lettres ne seraient pas bien tracées. Et même de cette erreur, il s'en retrouvait marqué pour la vie.

Il entendait les halètements de Severus, ses jubilations, lesquelles se mêlaient à ses propres gémissements de douleur. Il sentait son érection qui, à chaque poussée de ses hanches, venait à la rencontre de la fente qui se dessinait entre ses fesses. Poussant chaque fois un peu plus profondément, les écartant comme s'il cherchait déjà à pénétrer Harry, comme ça, sans aucune préparation. Et Harry l'aurait laissé faire, souhaitant même, durant un moment, qu'il le fasse. Ne serait-ce que par cette douleur serait venue le distraire de l'autre, beaucoup plus inconfortable. Mais Severus ne s'aventurerait pas sur ce chemin là, pas aujourd'hui du moins.

Harry se convainquait que Severus ne lui voulait aucun mal. Ils s'aimaient, c'était l'évidence même. Mais le passé du plus âgé était si sombre et si tortueux qu'il ne pouvait qu'en être normal que sa vie sexuelle en soit atteinte et en soit emplit de perversion. Et Harry assumait par amour, même si bien des fois, il avait l'impression d'être le seul à aimer. Severus ne semblait être une part de cette relation que par le plaisir qu'il retirait face à la soumission d'Harry à touts ses fantasmes. Mais Harry savait, il savait que c'était faux. Que des illusions. À tout le moins, il ne pouvait que l'espérer.

Impuissant, dépendant, il se laissait sans broncher s'enfoncer dans les jeux toujours plus cruels de Severus, sachant qu'un jour il n'en reviendrait pas. Pas intacte, du moins. Son ancien professeur finirait par avoir beaucoup plus que son âme; il aurait sa peau également. Et Harry assumait une fois encore, par amour. Il était prêt à tout donner, même sa vie, si ça pouvait faire plaisir à celui qu'il aimait. Il ne retirait peut-être aucun plaisir de cette relation, mais au moins, il n'était pas seul. Et il se sentait vivant. Chaque douleur que lui faisait ressentir Severus, chaque fois que la lame transperçait sa peau, Harry frissonnait et se cambrait. Il était vivant. Il se sentait vivant.

Harry gémit lorsque la dernière lettre du nom de Severus fut gravée dans sa peau. Son dos était couvert de sang, poisseux, mais il ne songea même pas à aller se nettoyé. Il était beaucoup trop soulagé que son supplice soit terminé. Il ne voulait que se lover contre l'homme plus âgé, et s'endormir là, en se sachant aimé. Alors qu'il fit se, se collant contre le torse de son ancien professeur, il ferma les yeux. Il sentit une main serpenter jusqu'à son omoplate dans une caresse rude. Puis des doigts qui vinrent appuyer sur ses nouvelles cicatrices. Un autre gémissement- il en avait tellement laissé s'échapper cette nuit –là qu'il ne les comptait plus- quitta ses lèvres. Severus sourit, satisfait de son œuvre.

Harry Potter, le garçon qui était né pour sauvé la communauté sorcière appartenait désormais à un Mangemort plus ou moins repentit.


Un peu 'dark', je sais, mais j'ai l'impression que si une relation venait qu'à naître entre Harry et Severus, il faudrait que ce soit quelque chose de sombre. Parce qu'ils sont souffert tous deux, ils sont tous les deux torturés. N'est-il pas normal qu'ils s'enfoncent ainsi? (bon enh, je ne dis pas que je les vois dans cette relation, mais dans quelque chose de dark...). N'hésitez pas à dire ce que vous en avez pensé, suffit de 30 secondes et ça fait toujours plaisir à l'auteur!