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Chapitre 19

"Harry, je suis content de te voir," s'exclama Percy, une légère impatience dans la voix, en se levant de son fauteuil, tandis que Harry descendait l'escalier du dortoir aux premières lueurs de l'aube.

"Étant donné que tu semblais m'attendre, ce n'est pas vraiment surprenant", déclara Harry en bâillant. "Mais au moins tu n'as pas essayé de me réveiller ce matin."

"Oui, eh bien... je voulais te demander... qu'est-ce que tu crois que tu es en train de faire?"

"Je vais prendre mon petit déjeuner?" suggéra Harry.

"Pas maintenant," s'irrita Percy. "La nuit dernière."

"Tu n'étais pas là?" demanda Harry innocemment.

"Non, j'étais ... occupé ..." répondit Percy, l'air un peu embarrassé.

"Avec Pénélope?" rigola Harry.

"Cela ne te regarde pas, Harry," dit Percy avec raideur, les oreilles subitement rouge.

"Je te taquine, Percy, je suis content que tu aies une petite amie," lui dit Harry sincèrement

"Merci." Percy lui offrit un petit sourire. "Je vais être honnête avec toi: tu as une influence très perturbatrice et je suis convaincu qu'il est de mon devoir de te détester. Pour une raison quelconque, ce n'est pas le cas. Mère semble déterminée à faire de toi un membre de notre famille, tout comme Ron et les jumeaux. Toi-même tu ne sembles pas tout à fait opposé à l'idée. Et donc cela me déconcerte toujours quand tu fais des choses comme ça, qui font de toi la proie soit de justiciers qui voudraient t'arrêter parce qu'ils pensent que tu es l'héritier de Serpentard dorénavant soit de gens qui te détestent tout simplement."

"J'apprécie ton intérêt Percy," lui dit Harry. "Je ne cherche pas à vous inquiéter, je pense que je sais ce que je fais."

"Tu penses?" répéta Percy faiblement. "Tu PENSES? Maintenant, je suis encore plus inquiet …"


"Tu es un Fourchelangue!" s'exclama Hermione tandis que Ron et Neville poussaient Harry dans une salle de classe vide. Harry n'avait vraiment pas envie d'avoir cette conversation, maintenant ou jamais, mais il était reconnaissant à ses amis d'avoir eu la bonne idée de s'assurer qu'ils soient hors d'écoute.

"C'est ce que j'ai dit hier soir," dit Harry impassible.

"Pourquoi tu ne l'as pas dit plus tôt?" demanda Ron, chamboulé. Il semblait être encore plus énervé qu'il ne l'avait été la dernière fois, mais vu que c'était il y a quelques belles semaines Harry n'aurait pas parié dessus. Peut-être que c'était parce que la dernière fois, même si la capacité inattendue de Harry était toujours la même, cette fois Harry avait su comment elle s'appelait, et ce que signifiait exactement être un Fourchelangue, donc c'était comme s'il avait leur délibérément caché. C'était vrai, mais Harry ne pensait pas que Ron apprécierait s'il lui disait qu'il n'avait pas envie de s'embêter à lui dire et vivre constamment dans la peur que Ron balance tout sur un coup de tête. Il n'aurait jamais exposé volontairement son secret, mais il était à peu près aussi subtile que Voldemort, même si moins violent.

"Tout le monde flippe quand ils entendent parler de ça," expliqua Harry. "Et franchement, comment est-ce que j'aurais pu placer dans une conversation que je parlais aux serpents?"

"Ben c'est quelque chose que t'aurais pu mentionner quand on a appris qu'un Basilic pétrifiait des élèves ces dernières semaines," Neville semblait un peu agacé.

"Je sais, je sais," convint Harry avec lassitude. "Mais ce n'est vraiment pas un gros problème. Je ne me suis pas approché du Basilic et à part l'entendre de temps en temps gémir sur le fait qu'elle veut tuer des gens en passant à côté de moi, je n'ai vu aucune indication de sa présence."

"Elle?" répéta Ron. Comme Harry ouvrait la bouche pour expliquer, il secoua la tête. "Non, peu importe."

"Tu ne penses pas que les pétrifications régulières soient un signe de la présence du Basilic?" interrogea Neville de manière rhétorique.

"C'est une affaire très grave!" Hermione insista avec véhémence. "Être un Fourchelangue est ce pour quoi Salazar Serpentard était le plus célèbre-"

"Ça, et le fait qu'il était un fanatique Sang-Pur," marmonna Neville à Ron, qui sourit.

"Maintenant, toute l'école va penser que tu es son ancêtre*!" S'écria Ron.

Harry le regarda fixement. "Pourquoi penseraient-ils une chose aussi stupide?"

"Parce qu'il ne leur viendra pas à l'esprit qu'il est possible d'être un Fourchelangue sans être son héritier vu que les Fourchelangues sont tellement rares?" avança Neville timidement.

"Je parie qu'ils sont loin d'être aussi rares que ce que tout le monde croit et ceux qui ne veulent pas se faire étiqueter de 'Mage Noir en Puissance' - que ça soit vrai ou non, c'est le revers de la fortune - font en sorte de garder cette capacité cachée," désapprouva Harry. "Et ce n'était pas ce que je voulais dire de toute façon."

"Qu'est-ce que tu voulais dire?" demanda Neville, perplexe.

"Je voulais dire que sauf si ce n'est qu'une bande de crétins -" commença Harry.

"Ce que tu as tendance à penser de toute façon," le coupa Hermione.

"Certes, mais sauf s'ils sont encore plus stupides que ce que j'avais imaginé à l'origine, ils ne penseraient pas que je suis son ancêtre, mais plutôt son descendant," termina Harry. "Sauf s'ils adhèrent à cette folle théorie du voyage dans le temps où je serais mon propre grand-ancêtre... ou un truc comme ça."

"Un peu comme les théories du complot du Chicaneur dont toi et Luna raffolent?" s'enquit Hermione innocemment.

"Bien sûr que non, Hermione," se moqua Harry. "Tout le monde sait que tu ne peux pas être ton propre ancêtre."

"Vraiment?" interrogea Hermione, se demandant comment cela ne serait pas aussi farfelu que d'autres théories dont elle avait entendu Harry, Luna, et parfois Ron (maudit soit-il d'avoir remporté cet abonnement à vie) débattre. "Comment ça?"

"C'est une question de génétique, Hermione," commença Harry patiemment. "Je ne m'attends pas à ce que tu saches beaucoup de choses sur le sujet, mais tu sais ce qu'est l'ADN, non?"

Hermione hocha la tête alors même que Ron et Neville commençaient à lâcher le fil de la conversation.

"Eh bien, si tu as un enfant celui-ci aura la moitié de tes gènes et par là même, si tu as des petits-enfants, ils auront environ un quart de tes gènes," poursuivit Harry. "La probabilité que tu contribues exactement à la bonne moitié de tes gènes afin de correspondre avec les gènes ton partenaire est si faible que ça ne vaut même pas la peine de la calculer. C'est pourquoi il est pratiquement impossible pour quelqu'un d'être son propre enfant ou petit-enfant, bien que la probabilité croisse légèrement après chaque génération. Dans tous les cas, ce serait un cas d'inceste et ta famille serait coincé dans un cercle vicieux où tu remonterais le temps à chaque fois pour vivre ta vie dans le passé. Dans mon cas, j'ai aussi l'avantage de savoir que Salazar Serpentard est une personne réelle de sorte que même s'il n'existait pas, je ne choisirais pas son nom comme pseudonyme. En fait, vu qu'il a vécu il y a plus de mille ans, je ne m'embêterais probablement pas avec un pseudonyme du tout."

"Je ne suis pas sûre... d'avoir tout suivi," admit Hermione. La jeune fille était brillante, mais elle n'avait aussi que douze ans.

"Tu n'as pas besoin d'avoir suivi," lui assura Harry. "Juste de savoir que j'ai raison."

"Il est dangereux d'imposer une telle jurisprudence," lui dit Hermione avec sérieux.

"Juste pour cette fois, crois-moi," déclara Harry.

"Voilà comment tout cela commence," répliqua Hermione.

"Si tu n'es pas son descendant," Neville mit particulièrement l'accent sur le mot litigieux pour ne pas avoir à endurer d'autres tentatives de clarification de la part de Harry, "alors comment cela se fait que tu puisses parler Fourchelangue? Ou alors tu ne sais peut-être pas?"

"J'en ai hérité de Voldemort qui est lui-même le descendant de Serpentard," répondit Harry avec désinvolture.

"TU ES LE DESCENDANT DE TU-SAIS-QUI?" hurla Ron, choqué et horrifié.

"Bien sûr que non," répliqua Harry, son visage se colorant de vert. "Tu t'imagines les gens comme lui se reproduisant? C'est comme ça qu'on fait les cauchemars les plus horribles..."

"Mais tu viens de dire-" protesta Neville.

"Quoi, alors maintenant je ne peux pas hériter de quelque chose si je ne suis pas apparenté à cette personne?" s'exclama Harry avec indignation.

"En général, non," lui dit Hermione.

"Sauf si on parle de Gringotts, et encore, la plupart des gens sont apparentés les uns aux autres de toute façon. Comme Harry continue à le souligner," marmonna Ron, un peu amèrement.

"Ce n'est que lorsque Draco est dans les parages," se défendit Harry. "Et d'ailleurs, si vous décidez de devenir tous tatillons, on peut dire que je ne suis pas techniquement un Fourchelangue."

"Tu peux parler aux serpents. Ça fait de toi un Fourchelangue." asséna Neville sans ambages.

"Oh n'importe qui peut parler aux serpents," dit Harry avec dédain. "Le plus dur c'est de les amener à te répondre. Mais de toute façon, ma cicatrice - que j'ai reçu de l'Avada Kedavra de Voldemort - est une Fourchelangue. Si jamais je la perdais, je serais tout à fait incapable d'interagir avec les serpents britanniques."

"Comment pourrais-tu bien savoir ça?" Demanda Hermione. "Non, meilleure question: comment peux-tu perdre une cicatrice?"

"C'est simple. Il faut tuer Voldemort," répondit Harry simplement.

"On comprend rien de ce que tu dis. Encore une fois." rajouta Ron après coup.

"Peu importe," conclu Harry, en sortant de la salle de classe. Il fut presque immédiatement pris à partie par une petite foule de Serpentard très impatients, tous tenant un serpent dans les bras. "Vous devriez y aller sans moi les gars, ça risque de prendre un peu de temps."


"Hey, Harry!" l'appela Fred. "Nous voulions-"

"Te dire-" continua George.

"Que nous avions été impressionnés-"

"Par ta petite cascade au-"

"Club de duel-"

"Et nous espérons-"

"Que tu continues à-"

"Inspirer Ronichou-"

"A poursuivre ta-"

"Et donc notre destinée-"

"De farceur de compétition-"

"De Maître de la manipulation-"

"Et de brillant homme d'affaires."

Harry fixa les jumeaux Weasley qui lui sourirent innocemment. Il n'était pas dupe une seconde. "Un de ces jours, vous devrez m'apprendre ce sort."

"Quel sort?" dirent-ils en chœur.

"Oh allez, je ferais n'importe quoi!" insista Harry.

"Désolé Harry-"

"Nous serions ravis de t'aider-"

"Vraiment-"

"Mais nous n'avons aucune idée-"

"De quoi tu parles-"

"Ou de ce que-"

"Tu fumes mais-"

"Nous commençons à penser-"

"Que nous aimerions bien essayer."

"Je vous ferais un prêt pour démarrer votre boutique de farces et attrapes," promis Harry.

Fred et George échangèrent un regard.

"Fais donc cela et on en reparlera."


"Justin!" siffla Ernie d'un ton urgent. "Qu'est-ce que tu fais là?"

Justin, qui travaillait présentement sur un projet de Botanique avec Harry, prit un air contrit avant de rejoindre Ernie qui essayait et échouait lamentablement de passer inaperçu derrière une étagère. Harry, pour sa part, fit un signe de la main à Susan Bones et Hannah Abbot, qui eurent l'air vaguement mal à l'aise en lui répondant et s'en retournèrent à faire semblant de ne pas écouter ce que Ernie disait à Justin.

"J'étudie," déclara Justin simplement.

"Avec Harry Potter!" Ernie était consterné.

"Vraiment? Je n'avais pas remarqué. J'aurais probablement dû deviner quand il a commencé à disserter sur sa cicatrice et traduit trois conversations séparées en Fourchelangue pour un Serpentard et deux Serdaigle," dit Justin sarcastiquement.

"Tu sais ce que je veux dire," s'agaça Ernie. "Je t'ai dit de te cacher dans la salle commune."

"Certes," reconnu Justin.

"Alors, pourquoi tu ne le fais pas?" demanda Ernie.

"Parce que j'avais un projet à faire," répondit Justin.

"Tu aurais pu le faire dans la salle commune," remarqua Ernie sévèrement.

"C'était un projet en binome et Harry n'est pas à Poufsouffle," souligna Justin. "D'ailleurs, le laisser entrer dans la salle commune ruine un peu le but de se cacher là-bas, n'est-ce

pas?"

"De toute façon, pourquoi est-ce que tu travailles avec Potter?" Ernie avait commencé à appeler Harry par son nom de famille dès qu'il eut décrété qu'il était secrètement maléfique après tout. Enfin, pas secrètement-secrètement, mais plutôt maléfique de façon éhonté. En fait, Harry était ravi que tout ceux qui pensait qu'il était l'héritier se référait à lui comme Potter et que les autres continuaient à l'appeler Harry - à son insistance, vu qu'il avait quelques mauvais souvenirs de personnes le haïssant qui l'appelaient «Potter» avant de faire de sa vie un enfer - car de cette manière il était plus facile de différencier les moutons sans cervelle qui le croyaient des moutons sans cervelle qui été gouvernés par la peur. Il savait qu'il ne devrait pas comparer les trois quarts de l'école, ceux qui le soutenaient, à des moutons de panurge, mais il savait par expérience qu'ils ne réagissaient que grâce à ses explications et à l'aide apportée pour réanimer les victimes du Basilic.

"Ce n'est pas comme si on avait eu le choix dans nos partenaires," déclara Justin, levant les yeux au ciel. "Tu le sais bien vu que tu es avec Lavende Brown."

"Tu aurais dû expliquer la situation au professeur Chourave-" commença Ernie.

"Quelle situation?" l'interrompit Justin.

"La situation de Potter étant l'héritier de Serpentard et attaquant les gens pour son seul plaisir, les guérissant pour se faire de la publicité et se débarrasser de ceux sur son chemin," répondit Ernie d'un ton neutre.

"Même si tu avais raison, il est obligé de travailler avec quelqu'un et si tu crois qu'un Sang-mêlé comme lui ayant une meilleure amie Née-de-moldus est un fanatique Sang-pur, alors tout le monde est susceptible d'être l'héritier," déclara Justin, raisonnable.

"Je préférerais tout de même que mon meilleur ami arrête de se mettre en danger inutilement en essayant de paraître noble et Gryffondor," murmura Ernie, amèrement.

"C'était méchant," rétorqua Justin, en frémissant à la comparaison.

"Je sais," dit Ernie, l'air penaud. "Je suis désolé."

"Harry a toujours été si gentil pourtant," intervint Hannah avec incertitude, en abandonnant toute prétention d'ignorer les deux garçons. "Et il a fait disparaître Vous-Savez-Qui. Il ne peut pas être entièrement mauvais, si?"

"Personne ne sait comment il a survécu à cette attaque," avança Ernie, en baissant la voix de manière théâtrale. "Vous-Savez-Qui lui a jeté le sortilège de mort. Personne ne peut survivre à ce sortilège, encore moins un bébé. Seul un très puissant mage noir aurait pu survivre pour raconter l'histoire."

"Je suis sûr que Harry a fait une grosse annonce l'année dernière à ce sujet: il aurait survécu parce que sa mère s'est sacrifiée pour lui," souligna Susan.

Avait-il fait ça? Harry ne se souvenait pas vraiment. Pourtant, s'il l'avait fait alors cela pourrait jouer en sa faveur en impressionnant plus de moutons.

"Oh allez, c'était un bébé, qu'est-ce qu'il en sait?" s'exclama Ernie.

"Je suis entièrement d'accord," renchérit Susan. "Il n'était qu'un bébé. Comment aurait-il pu être aussi maléfique que Vous-Savez-Qui en personne ait décidé de le tuer? Comment aurait-il pu savoir que Harry était un démon en devenir à cet âge?"

"Eh bien... " Ernie s'arrêta, se rendant compte qu'elle donnait un argument valable. "Je ne suis pas encore convaincu par cette théorie de la mère que se sacrifie pour son enfant. Je veux dire, est-ce que Lily Potter est la seule personne à avoir jamais donné sa vie pour quelqu'un qu'elle aime? Je ne crois pas. Comment, par Merlin, Potter a-t-il été le seul à survivre?"

"Peut-être qu'il est l'Elu," proposa Justin.

Harry faillit s'étrangler. Ce n'était pas très loin de la vérité, en fait, même s'il espérait pouvoir garder cela secret pendant quelques années de plus.

"Mais," tenta Ernie à nouveau.

"Laisse tomber Ernie," conseilla Susan.

"Très bien. Ne venez pas pleurer quand Potter vous pétrifiera tous," gronda Ernie et prit le chemin de la sortie d'un pas rageur.

"Au contraire, il se vengera sur toi pour avoir terni son nom," répliqua Susan.

Les épaules de Ernie se raidirent et il se mit à marcher plus vite.

"Si Harry faisait ça, est-ce que les gens ne se méfieraient pas à nouveau de lui?" demanda Hannah.

Justin haussa les épaules. "Probablement. D'un autre côté, il n'est pas nécessaire de dire cela à Ernie. Et peut-être que maintenant je vais pouvoir retourner à mon travail…"


"Potter," la voix de McGonagall résonna à travers la bibliothèque soudainement silencieuse quelques heures plus tard.

"Oui?" demanda Harry poliment. "Est-ce que quelqu'un d'autre été pétrifié?"

"En effet. Ernie MacMillan a été trouvé juste devant la salle commune de Poufsouffle," lui annonça McGonagall avec gravité.

"Je vois, je …" Harry s'interrompit tandis que quelque chose lui venait à l'esprit.

"M. Potter?" l'invita à continue McGonagall.

"J'AI UN ALIBI!" hurla Harry, en ignorant le regard de-la-mort-qui-tue que Madame Pince lui envoya.

"Excusez-moi?" s'enquit McGonagall, ne semblant pas comprendre.

"Depuis cette histoire au club de duel, certaines personnes - Ernie étant l'un des plus virulents - m'ont accusé d'attaquer tout le monde. Et je n'avais jamais d'alibi, mais cette fois j'étais ici, travaillant pendant tout ce temps et je dois avoir, quoi, trente témoins," continua Harry avec enthousiasme.

"Quoi qu'il en soit," coupa McGonagall. "Un étudiant a encore été pétrifié."

"Oh, il va s'en sortir," dit Harry avec dédain en suivant le professeur de métamorphose jusqu'à l'infirmerie.

"C'est peut-être vrai, mais je tiens à vous rappeler qu'il y a toujours une créature meurtrière en cavale et cela ne vous sied guère d'être si désinvolte," rétorqua McGonagall d'un ton

sévère.

"Je sais, je sais …" dit Harry. Il jeta un œil à Ernie. "Hey! Je lui ai vendu ce miroir! Et il me reproche encore tout ce bazar! Ce petit …"

"Harry," l'interrompit Dumbledore.

"Bonjour Professeur," dit Harry chaleureusement. "Que faites-vous ici?"

"Je suis toujours impliqué quand un basilic attaque mes élèves," expliqua Dumbledore.

"Cela est compréhensible," Harry hocha la tête.

"Tu as été extrêmement utile au cours de cette crise et je te soupçonne d'être en quelque sorte impliqué dans ce rideau de fer du secret protégeant les problèmes de Poudlard aux yeux du monde sorcier," dit Dumbledore agréablement.

"Je fais ce que je peux," dit Harry, évasif.

"Permet-moi de commencer en disant que je suis convaincu que tu n'as rien à voir avec ces attaques. Cependant, je suis assez curieux: comment en sais-tu autant sur ce problème?" Les yeux de Dumbledore semblaient voir à travers son crâne et Harry fut soudainement très reconnaissant à Hermione de l'avoir poussé à maîtriser l'occlumencie quand ils avaient dix-neuf ans. Enfin, elle et tous ses autres amis avaient vingt ans, mais il avait un peu de retard.

"Je viens du futur," annonça, Harry, impassible.

"Vraiment," dit Dumbledore, sceptique mais intrigué.

"Oh oui," Harry hocha la tête. "Certes, d'où je viens Ginny Weasley avait le journal et attaquait seulement les Nés-de-moldus, Sirius Black était totalement innocent des crimes dont il avait été accusé et envoyé à Azkaban - sans procès - et s'était échappé l'an prochain, Draco Malfoy est le Maître de la Baguette de Sureau, et Snape vous aide à vous euthanasier."

"Vraiment," répéta Dumbledore, cette fois l'incrédulité évidente dans sa voix. "Comment es-tu revenu, si je peux me permettre?"

"Accident de rideau," répondit Harry rapidement. "C'était très traumatisant."

Dumbledore poussa un profond soupir. "J'aimerais que tu sois honnête avec moi,

Harry."

"Qui dit que je ne le suis pas?" demanda Harry rhétoriquement. "Mais vous pouvez être assuré que tout ce que je ne vous dis pas est soit pour une très bonne raison, parce que je ne pense pas que ce soit pertinent, ou tout simplement parce que je ne veux pas faire face aux

conséquences."

"C'est plutôt décourageant Harry," lui dit Dumbledore franchement.

"Je ne sais pas quoi vous dire d'autre," dit Harry en haussant les épaules.

"Peut-être la vérité?" suggéra Dumbledore.

"La vérité," soupira Harry, imitant la réponse de Dumbledore à son propre plaidoyer pour la vérité lors de sa première première année. "C'est une belle et terrible chose, et doit donc être traitée avec beaucoup de prudence."

"C'est tout à fait d'aucune aide et, je le soupçonne, délibérément énigmatique," rétorqua Dumbledore, l'air un peu déçu.

"Eh bien, si c'est le cas c'est que je l'ai obtenu d'un vieil homme réticent et secret jusqu'à la fin," dit Harry en souriant.

"Si tu décides à l'avenir de te confier à moi, mon bureau est toujours ouvert," termina Dumbledore avec sincérité.

"Merci Professeur," répondit Harry, touché. "Je m'en souviendrais."


* ancêtre = c'est tout à fait délibéré. L'auteur ne s'est pas trompé ^^