Cette nouvelle histoire sera difficile. Elle contient des extraits où la violence physique s'associe à la violence psychologique.

La romance qui va se développer ne sera pas commune.

Je tiens à préciser qu'il ne s'agit pas d'inceste.

Chapitre Premier

Si j'avais eu un peu de courage ce matin, j'aurais tenté d'être véritablement présentable pour ma première journée d'enseignant.

Sauf que, je passais un quart d'heure sur mon facebook à discuter avec ma sœur, Rosalie, toujours étudiante en médecine. D'autres minutes à faire des étirements, pompes, abdominaux, échauffement divers au vue de cette journée. Quant on enseignait le sport, on se devait un minimum d'entretenir un corps svelte et musclé.

Quand mon horloge South Park (vestige de mes années lycéennes et étudiantes) m'indiqua 7h45, je saisis ma veste au vol et quittait mon studio dans le centre de Forks. Petite localité aux antipodes de ma Californie natale. J'enfilais mon casque et la moto vrombit.

J'avais une seule année d'expérience, un lycée public prés de Miami Beach. Un endroit magnifique, autant le décor que les filles. Sublimes, des courbes parfaites, des corps entretenus, le soleil qui tapait fort dés les premières lueurs de l'aube (ok, peut être pas, mais c'était assez chaud pour être motivé à aller bosser).

Ici, je bravais le brouillard. Les routes désertes me firent monter la pression. Je me trompais peut être de chemin ?

Dix autres minutes et je me garais, j'étais bien sur la bonne route et un sourire étira mes lèvres quand je vis les élèves qui faisaient grises mines. En tant que prof de sport, j'avais l'habitude de ces têtes de condamnés. La plupart des élèves n'appréciaient pas cette matière, ils s'en plaignaient sans cesse et pour les intéresser il me fallait plus qu'un ballon et une partie de soccer.

Toutefois, j'étais sur motivé, j'aimais enseigner, j'aimais le sport et peu à peu, j'étais certain qu'il aimerait venir au gymnase. D'accord j'étais jeune, idéaliste, un peu utopique, mais j'y croyais tellement !

Comme le directeur me l'avait signifié à la pré-rentrée, une semaine plus tôt, cette année, on m'attribuerait une classe, je devrais gérer le quotidien de celle-ci, leur emploi du temps, les activités diverses, bulletin, conseil de classe… bref, j'étais leur professeur principal. Je récupérai leur emploi du temps dans mon casier, la salle des professeurs était enfumée. Je me trouvais dans le seul endroit fumeur du lycée (endroit officiel, j'étais certain que des élèves avaient leur endroit discret). Je lisais la note du directeur nous souhaitant une bonne rentrée et par la même occasion une bonne année.

Je me mis à lire la feuille des présences, essayant de retenir les noms et de les prononcer correctement. Je m'arrêtais sur un nom « Isabella Swan » ça me disait quelque chose….

« Merde ! » Elle devait être de la famille du flic qui m'avait collé une prune pour excès de vitesse. Par contre la vieille qui roulait à 10 devant moi n'avait pas eu d'amende pour excès de lenteur ! A l'occasion c'était sa fille… Peu importe, ça restait qu'une élève et j'avais déjà payé l'amende.

Je me rendis dans la cours où mes élèves attendaient. Comme prévu, ils avaient une tête d'enterrement, du bétail prés à se rendre à l'abattoir. Je leur fis un sourire entendu et leur indiquait le gymnase. Ca grommelait ci et là « fais chier », « fallait que le prof principal soit le prof de sport », « j'aime pas le sport », « moi d'façon j'en branlerai pas une en sport cette année ».

Ils s'assirent en cercle, moi en leur centre. 22 élèves de terminale, une majorité de garçons, chose étonnante. L'année dernière, il y avait plus de fille. Je fis l'appel, essayant de mémoriser leur visage avec leur prénom. Les filles m'affublaient d'un sourire radieux. Les garçons se contentaient d'un hochement d'épaule nonchalant.

- Isabella Swan, citais je en levant les yeux, la cherchant dans le cercle.

- présente, répondit elle la voix blanche.

D'ailleurs il n'y avait pas que la voix qui était blanche, son visage était pâle à faire peur et je sentais son malaise d'ici. J'aurais voulu l'encourager, il y avait toujours un ou deux élèves complètement réfractaires au sport, qui arrivaient tellement anxieux que ça les rendaient malade. Toutefois, je me retins, le premier jour, nous n'allons pas faire grand-chose, elle se rassurerait d'elle-même.

La première heure, ils remplirent des fiches d'informations, leur carnet de correspondance pour l'emploi du temps. La deuxième j'entamais une partie de balle au prisonnier. Un jeu simple, je formais volontairement les équipes.

Ce que je ne voulais pas, c'était que deux personnes décident du sort des autres membres de leur classe, laissant ceux qu'ils n'aimaient pas être choisis en dernier. Soupire, lassitude général, ils formèrent difficilement les équipes.

- Aller, on se motive un peu, criais je avec entrain, le ballon sous le bras.

Je les observais tous, certains prénoms me faisaient défaut, j'avais pourtant une excellente mémoire.

- Les deux capitaines au centre du terrain, je lancerai la balle en l'air, le premier à taper dedans, gagnera la balle pour son équipe.

Je marchais le long de la ligne jaune d'un marquage de terrain de basket, un pas aérien et posé.

- Je rappelle les règles : si vous êtes touchés vous aller dans le camp adverse dans ce qu'on appelle « la prison », la ligne noire au bout, vous aurez la balle. Si vous touchez un élève, vous pouvez sortir et retourner dans votre camp. Si vous attrapez la balle de votre adversaire au bond, il est éliminé et un de vos co-équipiers peut revenir sur le terrain. Est-ce que vous avez compris ? questionnais je pour la forme, c'était un jeu vieux comme le monde, ils le connaissaient tous.

Coup de sifflet, la partie débuta. Ils n'étaient pas dans le jeu, faisaient parfois exprès de se faire sortir, puis après la première demi-heure, des meneurs avaient émergé du jeu, motivant le reste de leur équipe et ils jouaient enfin pour gagner.

Je notais mentalement la valeur de mes élèves, leur souplesse, la façon dont ils se mobilisaient sur le terrain, leur envie de jouer. J'en comptais cinq qui tiraient au flanc, dont la jeune Isabella, perdue au fond du terrain, priant de ne pas être la cible probablement.

La sonnerie retentit, la partie les avaient captivé et je parlais brièvement des sports que l'on allait pratiquer avant qu'ils ne retournent aux vestiaires.

-En autonme : ultimate, énonçais je la voix forte et implacable.

De la protestation souffla chez les garçons, je les coupais d'un sifflement aigu.

- C'est du frisbee, vous serez par groupe de quatre. En hivers : patinage, un bus nous conduira à Port Angeles, prévoyez 5 dollars par mois, de novembre à Février/ Mars. Printemps, été : mini-hockey, terminais je.

Comme prévu, annoncer la patinoire les avait allumés. J'avais discuté avec une fille dans un bar de Port Angeles, quelques semaines plus tôt. Elle était assistante de direction dans cette patinoire et offrit d'accueillir les élèves du lycée de Forks pour quasiment rien.

Le seul point négatif était, qu'à présent, je devais l'appeler régulièrement, lui proposer quelques rendez-vous, histoire qu'elle ne se sente pas utilisée…

Je prenais la direction de mon bureau entre les deux vestiaires quand je l'aperçus du coin de l'œil, prés des poutres. Elle entortillait une de ses mèches à son index droit, le regard criant sa détresse. Je la rejoignis au petit trot.

- Un problème Isabella ? interrogeais-je doucement.

Sa bouche se tordit en une moue crispée, pas une seule fois, ses yeux rencontrèrent les miens.

Son problème je le connaissais. Elle ne voulait pas pratiquer et mis à part un certificat médical en bonne et due forme, je ne pourrais rien pour elle.

- Il n'y a pas d'autre … choix, murmura-t-elle.

- Pour ?

- La patinoire.

Je dus tendre l'oreille pour l'entendre. Je partis dans un rire discret.

- J'aurais pensé que ce serait pour le mini-hockey…

Elle rougit intensément, je souriais toujours, bêtement cette fois-ci. Je ne mettais jamais à l'aise les personnes. Avec le temps, j'avais compris que c'était une question purement physique. Les femmes me trouvaient beau, les hommes étaient jaloux. Quand je m'en rendis compte, j'avais finis le lycée et je regrettais de ne pas en avoir profité. Bien que je rattrapais le temps depuis la fac.

Avec sérieux, je la forçais à me regarder, pour qu'elle voit que je ne me moquais plus. J'étais son enseignant et je ne voulais pas qu'un élève soit en peine avec moi.

- Ce n'est pas une compétition, on apprendra petit à petit.

Elle souffla discrètement, j'insistais.

- Sérieusement, il ne s'agit pas de préparer les JO

- Je suis maladroite, me coupa-t-elle férocement, j'ai pas envie de me casser une jambe… encore…

Je posais ma main sur son épaule, elle tressaillit, je lui souris.

- Je te promets de rester à côté à chaque fois.

Elle n'était pas d'accord, je le voyais à ses yeux embués et résignés, elle hocha simplement la tête et prit la direction des vestiaires.