Auteur : AlyNiki

Traductrice : Moi

Spoilers : -

Rating : M

Genre(s) : Angst/Romance

Disclaimers : Tout l'univers des Cullen appartient à Stephenie Meyer. L'histoire que vous allez lire appartient à AlyNiki. Quand à moi, je ne suis qu'une humble traductrice.

Bêta : omoi yume...Merci Apolline!

Notes : Pour ceux que ça intéresse de lire cette histoire en version originale, le lien se trouve dans mon profil.

Je rappelle que vous pouvez désormais me trouver sur Facebook sous le nom de Saw Trombone... Si vous voulez discuter de mes fics ou vous tenir au courant de ma vie :D Vous êtes les bienvenus!


- Chapitre 11 : Tarzan et Jane -

Soudainement, je compris pourquoi elle avait traîné Jasper avec elle pour me donner cette petite information. J'étais en train d'hyperventiler et mes émotions passaient de l'excitation, à la terreur, à l'extase puis à la nervosité. J'étais excitée à l'idée d'avoir enfin ce que je voulais. J'étais terrifiée en pensant à la douleur de la transformation et à l'idée de devoir abandonner ma famille. J'étais extatique à l'idée que ce soit Emmett qui me transformerait (transforme passe aussi). Et j'étais nerveuse parce que je me demandais si ce n'était peut-être pas trop tôt. Bien que je voulais ça plus que tout, vraiment, j'avais besoin d'un peu de temps pour m'y préparer. Pendant si longtemps, ça avait été hors de question, surtout après que la Meute de Jacob ait insisté que ce serait une violation du traité, et je ne m'étais pas encore préparée mentalement au sacrifice de mon humanité et à laisser tout ce que je connaissais derrière moi.

Jasper m'envoya une vague de calme. J'essayai de lui faire un sourire de remerciement. Vraiment, j'essayai. Pour une raison ou une autre, cependant, je n'arrivais pas à me calmer. J'avais besoin de faire une petite crise de nerf pour pouvoir réfléchir à tout ça ensuite. Bien que le calme artificiel que je ressentais était agréable, c'était trop distrayant.

"Jasper, est-ce que je peux faire ça toute seule?" lui demandai-je doucement.

Il jeta un coup d'oeil à Alice. Ses yeux se perdirent dans le vide pendant un instant alors qu'elle vérifiait mon futur. Elle secoua très légèrement la tête, et une autre forte vague de calme me submergea.

"Alice!" pleurnichai-je.

Bien sûr, ma voix ne fut pas aussi forte que je l'aurais voulu. C'était principalement dû au fait que j'étais bien trop détendue pour rassembler la force nécessaire pour projeter ma voix. Mon irritation enfla sous ma façade de calme et Jasper retint un petit rire à mes dépends. Je commençai à me sentir très heureuse sous sa manipulation. Bien que je souriais d'une oreille à l'autre, je réussis tout de même à lui lancer un regard noir, ce qui ne fit que l'amuser encore plus.

"Cette situation n'est pas drôle!" dis-je dans un gloussement. Toute trace de menace dans ma voix s'était dissipée à cause de mon état de pur bonheur. "Je veux être en colère après toi."

"Très bien," concéda Jasper. "Je ne te forcerai plus à être heureuse," me dit-il avec un petit sourire en coin.

Je devins vide de toutes émotions. Complètement vide; émotionnellement catatonique. Physiquement, il me fallut absolument toutes mes forces pour rester debout. Lorsque je commençai à tanguer, Alice se précipita à mes côtés et m'aida à m'asseoir sur le canapé avant de lancer un regard noir à Jasper.

Il me libéra de mon vide émotionnel et le remplaça par de l'agitation. Je lui lançai un regard noir; en partie à cause de l'émotion et en partie parce qu'il jouait nonchalamment avec mon humeur. Son sourire amusé resta en place.

"Stupide vampire, et son grand-huit émotionnel," marmonnai-je, dans un souffle.

Alice éclata de rire. Jasper ricana depuis son coin de la pièce.

"J'aime quand tu es irritée," admit-il.

Pendant un bref instant, je restai assise là, complètement irritée par son commentaire. Je n'allais pas lui donner la satisfaction de savoir que j'étais intéressée par son commentaire même s'il pouvait sentir la curiosité en moi. Il n'avait qu'à croire que j'étais curieuse au sujet de l'annonce d'Alice. Finalement, cependant, je ne pus pas m'empêcher de lui demander.

"Très bien," soupirai-je. "Je mords à l'hameçon."

"En fait, je pense que c'est Emmett qui va mordre quelque chose," renifla-t-il. "J'allais te dire que tu es amusante quand tu es frustrée."

"Tu l'as déjà mentionné," l'interrompis-je.

"Tu ne fais que démontrer mon propos," me dit-il en haussant un sourcil. Je soupirai et croisai les bras sur ma poitrine mais restai silencieuse.

"Tu as beaucoup d'esprit quand tu es irritée. Tes sarcasmes viennent en force. C'est plutôt amusant, même si c'est à mes dépends."

C'était tout? Il trouvait mes sarcasmes amusants et apparemment, j'étais un peu plus cassante lorsque j'étais irritée? Eh bien! S'il voulait des sarcasmes...

"Tu ne crois pas que c'est un peu cruel de jouer avec mes émotions? Après tout, comment tu sauras quand je suis vraiment en colère après toi si tu fabriques mes émotions pour moi?"

"Tu n'es pas en colère après moi," me dit-il avec un autre petit sourire en coin.

"Oh vraiment?" répliquai-je.

"Vraiment. Tu es juste irritée qu'Alice ne t'ai pas encore tout dit," sourit-il avant de jeter un coup d'oeil à sa femme rayonnante.

Il avait absolument raison. Ces vampires étaient vraiment des maîtres de la distraction. Je tournai brusquement toute mon attention vers Alice seulement pour voir que son visage était dénué de toute émotion. Je décidai de la laisser voir ce que le futur nous réservait avant d'exiger des réponses. Elle parla avant moi.

"Oublies ça," grommela-t-elle.

"Quoi?" criai-je.

"Ça a changé...encore une fois," marmonna-t-elle avec colère en secouant la tête.

"Alors je ne serai pas transformée après tout?" Je devais le savoir.

Elle sembla réfléchir à la question. Soit elle ne connaissait pas la réponse, soit elle essayait d'épargner mes sentiments. Connaissant Alice, elle cherchait le meilleur moyen d'étirer la vérité autant que possible; comme je le faisais pour éviter de me trahir avec les mensonges.

"C'est...compliqué," finit-elle par me répondre.


Alice et Jasper partirent après que Jasper m'ait rendu presque comateuse. Je me rappelai du choc qui m'avait submergé quand Alice m'avait dit que je ne serais plus transformée. Je me rappelai même du bref moment de panique que j'avais eu lorsque j'avais réalisé que si je n'étais pas transformée, alors les Volturi me tueraient; si je ne me tuais pas toute seule dans un stupide accident. Je pensai même me rappeler de la colère que j'avais ressenti suite à cette trahison. Le reste était complètement flou.

La note qu'elle m'avait laissé m'expliqua que mes émotions s'étaient emballées et que Jasper n'avait pas pu le supporter. Apparemment, même dans mon état comateux, je le submergeai toujours avec la sévérité de mes émotions. Je ne lui en voulais pas, bien sûr. Même si j'aurais aimé qu'il me laisse sortir ça de mon système.

Et maintenant j'étais là, toute seule, avec rien d'autre à faire que de penser à mon destin. Quelque chose avait changé. Plus que ça, quelque chose avait changé drastiquement. C'était suffisant pour que la décision d'Emmett soit brutalement annulée. Mais bien sûr, je n'avais aucune idée de ce qui avait changé. Je ne savais même pas qu'il avait eu l'intention de me transformer. J'avais cru que la Meute de Jacob lui avait dit clairement que je devais rester humaine. Emmett devait en avoir décidé autrement.

Cette pensée me réchauffa le coeur. Il voulait me transformer. Il voulait me regarder. J'avais été si excitée à cette idée, mais ensuite mon monde s'était effondré.

Qu'est-ce qui avait bien pu se passer pour changer mon futur si radicalement? Alice semblait si sûre d'elle quand elle était venir me dire qu'Emmett avait décidé d'une date pour ma transformation. Alice était connue pour être excitable et pour ne pas réussir à se contenir parfois, mais (même) elle avait semblée bien trop convaincue pour que mon futur disparaisse aussi soudainement. Elle ne serait jamais venu me le dire si elle pensait que ça allait pouvait changer.

Mais là encore, ses visions ne semblaient pas très exacte dernièrement, pas que je parierais contre elle malgré ça. Elle avait été si sûre qu'une fois qu'Emmett déciderait de ne pas reprendre Rosalie, en tout cas, pas dans l'immédiat, alors Edward ne reviendrait pas de peur d'être rejetté. Et pourtant, il était revenu peu après qu'elle soit repartie. Encore pire, il savait qu'il allait devoir se battre pour moi, bien que ce soit une bataille perdue d'avance.

Quelque chose me dérangeait encore à ce sujet, cependant. Il était parti si brusquement après avoir senti ma détermination. Il m'avait dit qu'il devait parler à Jasper. Je réalisai seulement maintenant que quelques minutes plus tard à peine, Alice et Jasper étaient venu me voir. Il était possible qu'ils aient été assez près pour qu'il puisse entendre leurs pensées, pour qu'il découvre ce qu'Alice était venu me dire. Il était possible qu'il soit la raison pour laquelle mon futur ait abruptement changé, la raison pour laquelle je restai humaine.

Il n'y avait pas de mot assez fort pour décrire la trahison que je ressentais en pensant ça. Je voulais être en colère. Je voulais être furieuse même. Bon sang, je me serais même contenté d'être dégoûtée par son comportement. Mais au lieu de ça, tout ce que je pouvais ressentir, c'était de la sympathie teintée de regret. Il m'aimait et il voulait me protéger. Ça c'était clair à la façon dont il tentait désespérement de maintenir mon humanité. Mais il m'avait déjà perdu, et ce faisant, il avait perdu tout droit sur mon humanité.

Mais ça ne me disait toujours pas comment il avait pu faire changer Emmett d'avis. Enfin, je supposai que j'aurais dû connaître le plan d'Emmett pour savoir quel défaut dans son raisonnement Edward avait utilisé. Je ne savais même pas ça. Toutes ces inquiétudes et toutes ces questions allaient me rendre dingue.

Emmett apparut au beau milieu de mes réflexions. Ça faisait plus d'une heure que je faisais les cent pas dans ma chambre et j'étais sûre que j'aurai soit les pieds très calleux soit un sol très poli. Il me fallut un moment pour réaliser qu'il était dans ma chambre.

"Emmett!" haletai-je.

Ce fut à cet instant que je remarquai l'expression horrifiée sur son visage. On aurait dit qu'il ne voulait vraiment pas être là, comme s'il se dégoûtait d'être là avec moi. J'espérai juste qu'il était déçu de ne plus pouvoir me transformer comme il l'avait prévu. Bien que je ne pouvais pas me débarasser de l'idée qu'il y avait quelque chose d'autre, quelque chose de plus, surtout lorsqu'il resta assis en silence avec la même expression sur le visage.

"Qu'est-ce qui a changé?" lui demandai-je doucement, en espérant qu'il puisse entendre le sous-entendu dans ma question.

Ses yeux dorés croisèrent les miens. Toute trace de vie y avait disparu même s'ils brillaient quand même dans la lumière douce de la pièce. Mais ils étaient vides. Derrière sa façade, il y avait le même homme brisé que j'avais vu la nuit où Rosalie l'avait quitté; la nuit où mes yeux avaient été semblables aux siens.

"Des nouveaux-nés," répondit-il.

"Des nouveaux-nés?"

Il poussa un soupir exaspéré. "Des nouveaux-nés vampires. Ils sont sauvages et complètement incontrôlables. Apparemment Victoria avait un peu de temps libre et elle a décidé de te tuer donc elle a commencé à créer une armée de nouveaux-nés."

"Et pourquoi ça t'empêcherait de me transformer?" lui demandai-je avec confusion. "Est-ce qu'il ne vaudrait mieux pas que je sois une vampire aussi pour pouvoir me protéger?"

Il secoua lentement la tête. "Je ne veux pas que tu sois aussi impuissante que ça alors que tu es en danger. Et on a des problèmes plus grave maintenant parce que ça va être dur de convaincre les clébards que ce n'est pas de notre faute. Ils salivent à l'opportunité de nous attaquer pour avoir rompu le traité."

"Je parlerais à Jake," chuchotai-je. "Je peux lui expliquer ce qui se passe."

Il hocha la tête. "Ça aiderait probablement."

"Mais...?"

"Je ne peux pas te mettre en danger. Les Volturi sont en route pour anihiler les nouveaux-nés. Je ne peux pas risquer ta vie lorsqu'ils arriveront."

"Mais je la risque de toute façon!" lui criai-je. "Où as-tu déjà oublié leur menace? Je dois être transformée ou ils me tueront. Est-ce que c'est une blague de mauvais goût? Si je reste humaine, je mourrais parce que je connais le secret. Si je suis transformée, je mourrais parce que je serais une nouvelle-née et donc une menace."

Emmett resta stoïquement assis alors que je crachai ma frustration. Ce n'était pas de sa faute, mais il n'y avait personne d'autre. Il était le seul disponible pour déverser ma colère. Aussi horrible que je me sente de m'en prendre à lui, je ne pouvais pas le regretter. Après tout, si ce monde surnaturel dans lequel je vivais n'existait pas, je ne passerais pas ma vie à être en danger.

"Edward le savait?"

"Oui," répondit-il. "C'est lui qui a découvert les nouveaux-nés dans l'esprit de Victoria. Il m'en a parlé ce matin et j'ai essayé de réfléchir au meilleur moyen de régler ça depuis ce matin."

"Quand as-tu décidé de me transformer?" Je devais le savoir.

Il me fit son sourire tout en fossette. "A l'instant où Edward est revenu." Son sourire s'effaça. "Puis il m'a parlé des nouveaux-nés."

"Est-ce que tu t'es dit qu'il a peut-être manipulé la situation parce qu'il ne veut pas que je sois transformée?" lui demandai-je, d'une voix pleine d'un espoir doux-amer.

"Il tient à toi, Bella. Même si beaucoup de ses actions ont fait plus de mal que de bien, il est tout aussi inquiet pour toi que je le suis."

"Alors c'est tout?" soufflai-je. "Et je n'aurais jamais mon mot à dire dans ma propre destinée? Je ne pourrais jamais prendre de décision concernant ma propre vie?"

"On aura tout le temps pour ça plus tard. Mais pour le moment, je ne peux pas. Je suis désolé. Plus désolé que tu ne le sauras jamais. Je ne...peux pas," murmura-t-il.

J'étais trop abasourdie pour répondre. Pour la énième fois, je fus heureuse que Jasper ne soit pas là pour expérimenter et altérer mes émotions. Je voulais sentir les feux de l'impuissance qui brûlaient dans mes veine. J'avais besoin de sentir le poids de sa décision réduire mes espoirs à néant. Ça rendait la situation réelle, tangible, et horriblement douloureuse. J'avais besoin de ressentir tout ça pour garder pied dans la réalité. Parce qu'aujourd'hui était en train de devenir une expérience sur-réelle, et retomber dans mon trou noir était le seul moyen de réagir à ça.

"Bella," m'appela Emmett. Les murs semblèrent se rapprocher alors que la douleur devenait suffocante. Sa voix fut étouffée par un bourdonnement irritant dans mes oreilles alors que le tunnel qu'était devenu ma vision se rétrécissait de plus en plus.

"Reste avec moi, mon coeur," me dit-il d'une voix alarmée. Des mains froides agrippèrent mes épaules et me secouèrent. Elles ne purent pas me débarrasser des ténèbres cependant. Je continuai à m'enfoncer encore plus dans un trou noir de désespoir, m'éloignant de la lumière de ma vie.

"Jasper!" appela-t-il d'une voix paniquée. "Aides-la! Fais quelque chose!"

Soudainement, mon trou noir ne put pas me consommer assez vite. Jasper serait là. Il n'avait pas besoin de sentir le vide que je ressentais. Je devais me laisser aller, je devais disparaître avant qu'il ne soit forcé lui aussi à vivre avec ça. J'inspirai profondément, inhalant une dernière fois la douleur autour de moi. Lorsque je soufflai, je poussai chaque once d'émotion hors de mon corps. Les ténèbres me consumèrent entièrement.

On pourrait croire que vivre dénué d'émotions serait sans douleur. Ce serait même compréhensible de supposer que si on ne ressentait rien, on ne faisait rien. Il y a très peu de personnes dans ce monde qui savent à quel point c'est faux; j'étais l'une de ces malheureuses personnes.

L'abysse émotionnel était une expérience douloureuse. A l'extérieur, j'étais un robot. Je faisais ce qui était nécessaire pour survivre et maintenir les apparences que j'étais en vie. A l'intérieur, cependant, j'étais misérable. A l'intérieur, mon coeur était sur le point de tomber en miette. Supprimer mes émotions signifiait juste qu'elles étaient dormante sous la surface, à attendre, toujours à attendre que quelque chose provoque une réponse. Une fois qu'elles étaient provoquées, elles devenaient intenses et destructrices, un effet secondaire de leur suppression.

C'était ça que j'essayai d'éviter. C'était une lutte constante pour éviter quoi que ce soit qui puisse provoquer une réponse émotionnelle. J'avais déjà vécu ça auparavant; je pouvais le refaire. La différence cette fois, c'était que la raison pour laquelle j'avais réprimé mes émotions était toujours assis devant moi. La raison pour laquelle j'étais retombée dans les ténèbres me regardait avec panique et me criait quelque chose. Mes sens, cependant, étaient étouffés et je ne pouvais pas le comprendre.

Du coin de l'oeil, je vis Jasper et Alice entrer dans la pièce. Je voulus m'excuser auprès de Jasper lorsque je le vis grimacer. Il ne méritait pas d'être là et d'expérimenter ça avec moi. Je voulais lui dire qu'il ferait mieux de partir pour son propre bien. Je voulais dire à Alice de l'éloigner de moi parce que ça lui faisait mal d'être en ma présence. Je n'en eus pas l'opportunité.

Jasper fut à mes côtés en un instant et il enroula ses bras puissants autour de moi. Une vague de calme m'enveloppa. Ce fut subtile au début, juste assez pour faire disparaître la douleur du vide. Il semblait savoir que trop d'émotion d'un coup serait une véritable torture. Là encore, il n'avait pas à le deviner, il pouvait le sentir aussi.

Mon corps s'affaissa dans ses bras alors que la sensation de calme détendait mes muscles. Lorsque ma tête devint lourde, il m'allongea sur le lit, sans jamais rompre le contact entre nous pour renforcer son empathie. Une fois que je fus allongée, d'autres émotions m'envahirent.

La première fut la tristesse. Juste une pointe de tristesse parce qu'il savait que je devais pleurer mon futur perdu. Un petit sanglot m'échappa avant que le climat émotionnel ne change. Il remplaça ma tristesse par une colère graduelle. Alors que mon humeur devenait de plus en plus intense, l'objet de mon hostilité changea. Je m'en voulais à moi, j'en voulais à Emmett, j'en voulais à Edward, et j'en voulais définitivement à Jacob. Mais j'en voulais aussi à Carlisle pour avoir promis de me transformer et j'en voulais à Alice pour être venu me le dire. Ils étaient la raison pour laquelle j'avais eu de l'espoir.

Ma colère se dissipa rapidement et je commençai à me calmer. Jasper me laissa une chance de me remettre de l'intensité de ma colère avant de continuer. Bien que mes yeux étaient fermés, je lui fis un faible sourire de remerciement. Je commençai à me sentir curieuse après ça. Ma nature inquisitive se réveilla et je commençai à me demander pourquoi je réagissais aussi intensément à cette situation. Emmett ne m'avait pas quitté. Il ne m'avait même pas dit qu'il voulait me quitter. Et pourtant, je tombai en morceau comme s'il avait prononcé les mêmes mots catastrophiques qu'Edward m'avait dit un jour, qu'il ne voulait plus de moi. Ma réaction était bien trop exagérée mais il devait bien y avoir une raison pour ça...

A travers mes réflexions, je commençai à sourire. Que ce soit de moi-même ou parce que Jasper m'envoyait des vagues de bonheur, je n'en étais pas sûre, cependant j'avais mes doutes. Le bonheur enfla lentement en moi. Au début, je ne résistai pas, bien que je savais que je n'avais aucune raison d'être heureuse.

Finalement, ce fut trop pour moi. Je commençai à me débattre dans les bras de Jasper pour essayer d'échapper à sa poigne de fer. C'était futile, je le savais. Mais je devais essayer. Je ne voulais pas me sentir heureuse. Je luttai contre ce bonheur avec mon propre désespoir.

Le remède de Jasper fut de remplacer chaque émotion présente en moi par de l'espoir. Je ne pus pas résister, bien que je le voulais vraiment. C'était bien trop agréable pour résister. Je m'immobilisai dans ses bras et profitai de cette émotion, si temporaire soit-elle. Ça me détruirait plus tard, lorsque je reviendrais à moi-même, mais pour le moment, je me laissai savourer cet optimisme artificiel.

En m'abandonnant à cette sensation, je devins très calme, très vite. Avant même que je ne m'en rende compte, je me réveillai après m'être endormie. Il faisait nuit noire dehors lorsque je réussis enfin à convaincre mes paupières de se soulever. La maison était complètement silencieuse. Charlie ne semblait pas être réveillé. Je commençai à me poser des questions et me tournai vers ma table de chevet pour découvrir qu'il était presque minuit. J'avais dormi pratiquement toute la journée.

Même ma fenêtre était fermée. Voilà qui était inhabituel. Je me redressai lentement, légèrement désorientée. Une paire d'yeux dorés étaient illuminées par la lumière pâle de la lune. Mes yeux n'étaient pas encore ajustés à la faible lumière, du coup je n'arrivai pas à reconnaître la personne à qui ces yeux appartenaient.

"Bonjour," me dit la voix douce d'Emmett. "Devrais-je t'appeler la Belle aux Bois Dormant?"

"Si j'étais la Belle aux Bois Dormant, alors tu aurais dû m'embrasser pour me réveiller," répliquai-je rapidement. "Et bien que tu sois charmant, un prince tu n'es pas."

Il rigola doucement. Une vague de soulagement me submergea lorsque je vis que les choses étaient revenues à la normale entre nous. J'avais craint que la scène de ce matin n'ait complètement changé la dynamique de notre relation. Je ne savais absolument pas si Emmett me voudrait encore. Apparemment, toutes mes inquiétudes avaient été vaines. Et pour ça, je remerciai le ciel.

"Qui a dit qu'un vampire ne pouvait pas être un prince?" répliqua-t-il.

"Où est ta couronne, ta majesté immortelle?"

"Très bien, Bella, tu gagnes," admit-il avec un petit rire. "Heureuse?"

Cette pensée me fit réfléchir. Étais-je heureuse? Je souffrais, oui. J'expérimentai même encore un peu de l'espoir que Jasper m'avait envoyé. Cette pensée me fit réfléchir à nouveau. Je n'étais plus vide. Je me sentais comme d'habitude. Quoi qu'il ait fait, ça avait marché.

"Je serais plus heureuse si tu pouvais me transformer," lui dis-je.

"Je ne peux rien te garantir pour le moment, mon chou," me dit-il avec un sourire en coin. "Bien que j'ai trouvé comment te garder en sécurité jusqu'à ce qu'on puisse te rendre plus solide."

"Vas-y, je t'écoute," l'encourageai-je.

"Il faudrait que tu t'en ailles. On devrait partir tout de suite," me dit-il d'une voix prudente en jaugeant ma réaction.

"Très bien. Où allons-nous?" lui demandai-je anxieusement.

Je sautai rapidement sur mes pieds et commençai à jeter des vêtements dans mon sac de voyage. Ça me rappelait mes deux derniers voyages. Je commençai à me demander si je partirais jamais en voyage normalement avec ces vampires.

"En Alaska," me répondit-il.


Prochain chapitre : Austin Powers et Felicity Shagwell

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