Hé bien bonjour à toutes et à tous !

Je viens de réaliser qu'il s'était quasiment écoulé un mois depuis la dernière MaJ sur cette fanfiction. J'en suis absolument désolée, et je n'ai pas d'excuses à part les choses d'une vie normale : travail, fatigue, choses à faire à côté.

Peut-être aussi un peu le fait que je me suis soudainement retrouvée à écrire l'épilogue, et que c'était un peu bizarre probablement... Je veux dire, c'était comme si j'avais commencé cette histoire hier et bam. Cinquante et quelques chapitres plus tard, c'est déjà terminé.

Je vais pas faire des remerciements façon oscars, ce n'est qu'une fanfiction en fait. Pas un truc professionnel. A part dire un grand merci à Melanie, pour sa correction et ses conseils.

Mais aussi, et surtout, à toutes celles/ceux qui ont cliqué sur ce lien, qui ont eu la curiosité de lire, d'aimer ou non, de le dire en review ou de rester derrière son écran parce qu'on n'a pas toujours de commentaires à mettre après une lecture. Merci à vous, sincèrement !

misslacro, Abbeystew (merci à toi :)), Looove T., samystère, fan-par-hasard21, Shirley, Guest, vinie65, sand91, lapiaf8, Maryfanfictions, halay, Elodie pixie B, Lilly1008, ulkan13, Asuna93, Oracsteph, aussidagility (c'est vrai que parfois, on peut envier Lola), callie226, Isabella Sarah, AuroreAthena, choubidou. lily, Fan de twilight, Coeur2crystal, Fleur50, Anais88, AliLouane, alexavia, aude77, soraya2107, Rosabella01, Grazie, birginie, Caro632, MaPlumeMagique (tu es vraiment trop gentille lol je ne crois pas envoyer quelque chose en édition, là c'est facile on reprend des personnages existants, on change juste deux ou trois trucs... Créer des vrais personnages, c'est plus compliqué... ), aelita48, atchoum16, Imaginaire-de-kiki, sarinette60, tonie, Galswinthe (pour tout te dire, j'ai pensé un instant que Bella prendrait un couteau et trancherait Elisabeth pour accompagner son rosbeef, mais après je me suis dit qu'elle aurait été en prison et ça aurait été moche comme fin mdrr), calimero59, aryaueda, petitelulu27, Ilonka, tacha vaillant (hum... entendre le duo de Lola et Edward est compliqué par FF, mais j'ai essayé de le décrire au mieux :)), Nini Hathaway, canada02, katner, Habswifes, mmccg, Mariefandetwilight, erika shoval, Lily-Rose-Bella, kikinette11 et mlca66 (la musicothérapie est une chose vraiment très intéressante. Beaucoup d'autistes y ont recours, et c'est très agréable ! Des projets à suivre ? Je crains de devoir te répondre "non" pour le moment :)).

Voilà... Encore un très grand merci à tout le monde pour votre soutien. Cette histoire est "dédiée", ou du moins a été écrite, en pensant à toutes ces familles qui soutiennent leur enfant handicapé, physique ou moteur, et font les plus grands sacrifices pour que le regard des autres changent. Si mes quelques chapitres ont interpelé, ou changé ne serait-ce qu'une mentalité, alors j'ai réussi.

C'est curieux d'avoir commencé cette fanfiction quand mon cousin autiste était en vacances chez moi, et de la clôturer, alors qu'il est encore ici en vacances. Il est actuellement dans la pièce à côté, à jouer aux jeux vidéos et à baragouiner je ne sais pas trop quoi lol. Il va bien, comme on peut aller dans son cas. Il grandit, il devient adolescent et j'ose espérer, un jour, que tout ira mieux pour lui. Qu'il devienne autonome, ait un travail. Là où des familles espèrent voir leurs enfants réussir dans de grandes écoles, nous, on veut simplement qu'il réussisse à y aller, au collège...

Prenez soin de vous. On se retrouve bientôt.

Tiffany.

Epilogue : La meilleure journée de sa vie

~ Point de vue de Bella ~

Je n'arrivais pas à croire ce qui se déroulait sous mes yeux. Il y a un an, voire simplement six mois, je n'aurais pas imaginé que cela puisse se produire. En fait, je n'aurais jamais pensé que cela puisse avoir lieu. Et pourtant...

Edward était en studio d'enregistrement, derrière un immense et splendide piano à queue. Il jouait une mélodie merveilleusement douce et légère, et chantait de sa voix grave et suave. En soi, rien d'extraordinaire pour un chanteur. Mais ce qui était plus touchant, plus beau dans ce tableau, était ma fille assise à ses côtés, à fredonner.

Jacob avait accordé son autorisation parentale, pour que mon compagnon puisse enregistrer avec notre enfant. Elle chantonnait avec lui, sans complexe. Edward lui avait promis de faire du piano, qu'elle pourrait jouer. Il avait pu lui apprendre un petit accord très simple, et la chanson se terminait sur les murmures de ma fille, et sa petite mélodie, rendant l'instant très agréable.

Edward avait raison... C'était la plus belle piste de son album...

Le single devait sortir dans une quinzaine de jours, et Edward l'avait intitulé « Lola ». Ma fille prenait son rôle d'ambassadrice très à cœur, elle récitait les paroles de sa chanson tous les soirs avant de s'endormir, jusqu'à tomber dans l'épuisement le plus total. Elle semblait très excitée à l'idée d'être « une chanteuse » et elle n'avait pas dormi ou très peu pendant les trois jours précédents l'enregistrement.

Et la voilà. Là, en train d'enregistrer son premier morceau...

Très sérieusement, je n'avais jamais vu ma Lola nerveuse. A chaque repas, à chaque seconde entre elle et moi, elle était à mes côtés, se tordant les mains de façon anxieuse. Je l'avais incité à me parler, à me dire ce qu'elle n'osait pas dire. Je me rappellerais toujours de ses petits mots à elle.

« - Hé beh moi, maman tu sais, je vais chanter avec Edward Cullen... Tu sais, hein maman ? »

Je n'avais jamais vu ses petits yeux pleins d'espoir, des étoiles pétillantes dans son regard. Comme si elle réalisait, enfin, que le père de mon fils était bien Edward Cullen. A table, son regard changeait sur Edward. Elle redevenait la Lola timide du début, celle qui n'osait pas l'approcher. A ceci près qu'elle était devenue simplement la fan qui prenait conscience de sa chance.

- On va refaire une prise, Edward. J'ai pas de retour pour la p'tite ! Lançait l'ingénieur du son dans le micro.

Mon compagnon effectuait quelques réglages sur le micro, et le casque de Lola.

- Parle dans le micro, Lola...

Ma fille le regardait, timide.

- Vas-y ma belle...

Elle le fixait, comme soudainement bloquée. Je la voyais à travers la vitre, qui cherchait mon regard. Je me penchais vers l'ingénieur du son.

- Je peux ?

- Allez-y !

Je me penchais vers le micro.

- Lola chérie, c'est maman... Est-ce que tu m'entends ?

Elle regardait autour d'elle.

- Je suis ici ma belle, derrière la vitre, avec papa et Ethan ! Tu m'entends ? Tu vas bien mon cœur ?

- Oui...

Sa réponse fut timide, et à peine audible. L'ingénieur s'impatientait, mais tentait de rester poli et discret. De toute façon, rien que le regard meurtrier de Jacob en sa direction l'aurait dissuadé de tout commentaire.

- Il me faut une phrase plus longue et plus forte...

- OK... Lola ? Lola, ça te plaît de faire de la musique pour Edward ?

- Oui...

Le bonhomme me fit « non » de la tête.

- Chérie, j'ai vraiment besoin que tu me parles beaucoup plus... Ethan a envie de t'entendre parler...

Mon fils, que je tenais contre mon buste, se moquait comme de l'an quarante de cette journée, mais Lola était très intéressée et intriguée par le bébé. Tout ce qui touchait au monde d'Ethan l'interpellait. Elle avait pendant très longtemps calqué son mode de vie sur le sien. Elle se douchait quand je donnais le bain à son petit frère. Elle mangeait quand il prenait son biberon, elle dormait quand il dormait. Evidemment, elle avait aussi eu une période bizarre où elle avait fait « pipi dans la couche, comme Ethan ». Sauf qu'elle n'avait pas de couche ce jour-là. Pendant plus de deux mois, j'avais dû batailler pour lui apprendre à nouveau la propreté et ce fut une période difficile. Nous avions fait intervenir un troisième psychologue, qu'elle ne connaissait pas. La dame avait pu tirer des choses très intéressantes sur ma fille, comme le fait qu'elle ne comprenait pas qu'il soit plus petit qu'elle et qu'elle devenait le modèle. J'avais eu la phrase magique qui nous avait sorti de ce pas difficile : « Ethan fera tout ce que tu feras. Il apprendra en t'observant ».

Pas de la magie, mais presque...

- Je suis une chanteuse, Ethan ! Tu m'entends hein ? Hein, t'as vu je chante bien ton papa il a dit !

L'ingénieur du son paraissait alors soulagé et Edward souriait.

- C'est super ma Lola ! Ethan est ravi ! Merci !

- Ok Lola, Edward, on va recommencer... Lola, j'ai besoin que tu recommences à chanter, tu peux faire ça ?

Edward lui demandait également de chanter et elle s'y mit. Il se mit à rire.

- Attends ma belle, on va le faire quand je te le dirais, ok ?

Après une minute en silence où l'ingénieur du son réglait certains paramètres, Edward et Lola reprenaient enfin leur chanson. Le son était nettement meilleur dans le studio, et j'imaginais que cette prise était la bonne.

Qu'éternellement, ma fille aurait sa voix posée avec celle d'Edward...

J'observais le regard fier et sans limite de Jacob sur notre fille. Il était là, appuyé sur ses deux béquilles, heureux comme tout. Revenu de loin.

Le médecin l'avait autorisé à quitter son fauteuil roulant plusieurs minutes par jour, avant d'augmenter progressivement le temps passé debout. Il refaisait des petits pas, et même s'il ne levait pas encore complètement ses pieds, les professionnels de la rééducation estimaient qu'il pourrait remarcher totalement normalement d'ici quatre mois. Le fait de le revoir debout, et surtout vivant, était déjà une récompense inestimable.

Le voyage avait été fatiguant pour lui, mais il avait tenu à être là, auprès de notre fille pour ce grand moment dans sa vie.

Quant à Ethan, et bien il était un petit garçon merveilleux. Il était désormais âgé de sept mois, et il s'épanouissait totalement. C'était un bébé extrêmement souriant et joyeux. Il faisait notre bonheur. Il pleurait rarement, même quand il était malade. Quand il avait quelques sanglots, nous savions immédiatement qu'il était vraiment malade, sinon il ne disait rien. Il mangeait parfaitement bien, et je lui proposais des compotes et des petites purées de toutes sortes que je prenais grand plaisir à lui concocter. Qu'il dévorait littéralement. Il avait incontestablement hérité de l'appétit de son père.

Il s'amusait facilement avec ses jouets, et il rampait rien que par la force de ses bras dans toute la maison. Son pédiatre pensait qu'il ne tarderait pas à marcher, probablement à neuf ou dix mois mais nous n'en étions pas encore là. Il était curieux de tout, et très souriant. Auprès d'Ethan, il n'y avait aucun problème. Tout coulait tranquillement et si j'étais sûre d'avoir des enfants aussi calmes que lui, j'en ferais dix de plus.

Mais chaque enfant est unique ! Et heureusement !

A chaque fois que sa grande sœur était proche de lui, il la fixait, tout souriant. Il la suivait systématiquement du regard, et cherchait parfois sa présence. Quand elle était dans la même pièce que lui, il voulait toujours aller vers elle. Alors parfois, ma Lola acceptait sa présence mais d'autres fois, elle remontait ses jambes ou s'enfuyait à toute vitesse et Ethan ne comprenait pas. Dans ces moments-là, je prenais mon fils contre moi et tentais de lui expliquer, calmement ce que j'avais répété à mon ventre pendant neuf mois, même s'il ne comprenait probablement pas encore tous mes mots. Qu'il avait une sœur exceptionnelle, douce, belle et intelligente mais qui vivait parfois dans sa petite bulle. Qu'il devrait être patient avec elle, gentil et tolérant. Qu'en échange, Lola serait toujours sa grande sœur, prête à « jouer » avec lui, à sa façon. La fraternité aurait pu plus mal se dérouler, et à part les petits incidents de propreté de ma fille, je me sentais satisfaite de la façon dont les choses évoluaient entre eux.

Edward chantait, sous les yeux admiratifs de ma fille. J'écoutais sa voix enivrante et fermais les yeux. J'aimais l'entendre chanter, réellement. Je veux dire, quand je l'écoute attentivement, son métier me paraît une évidence. S'il ne l'avait pas fait, ça aurait été un gâchis. J'aimais le voir jouer du piano à la maison. L'entendre faire sa musique était comme un apaisement, un relaxant puissant. Quand j'étais angoissée, ou débordée, il se mettait derrière son clavier et jouait ses chansons. J'aimais alors m'asseoir sur le canapé derrière lui, ou à ses côtés et l'écouter en posant ma tête contre son épaule. En fait, je me sentais complètement en phase avec lui, et je ne voulais plus aucun autre homme. Là où avant, Angela et moi passions notre temps à regarder les garçons dans la rue ou au café du coin, je ne pouvais plus le faire. Déjà, parce que probablement tous les hommes pâlissaient face à la beauté d'Edward. Et puis, parce que je le l'aimais tout simplement. Il me semblait que pas un jour ne passait sans que je ne l'aime encore plus. C'était puissant, et à la fois effrayant. Je ne pourrais plus jamais accepter qu'il parte, qu'on se quitte comme nous l'avions fait avant l'arrivée d'Ethan. Il était un compagnon parfait, un beau-père attentif et incroyablement ingénieux, et un papa merveilleux. Je ne me lassais pas de le voir agir avec notre fils. Il avait toujours du temps pour nous, malgré son statut de grande star. Mais à la maison, il était simplement Edward.

- Ok Edward, elle est bien celle-là ! Tu veux écouter ?

- On arrive ! Tu viens Lola ? On va écouter notre disque !

Ma fille sautait du tabouret et attrapait la main qu'Edward lui tendait. Ils nous rejoignirent dans le studio et je me penchais vers ma fille.

- Je suis très fière de toi, mon cœur...

- Tu es très fière de moi ?

- Oui, vraiment très fière...

- Ça veut dire quoi ?

- Et bien, ça veut dire que je suis très heureuse d'être ta maman. Je suis très heureuse de t'avoir avec moi tout le temps et de te voir chanter. Je suis extrêmement contente, mon cœur...

- Ah ! D'accord !

Je l'embrassais et me relevais. Ethan, qui était dans mes bras, semblait mécontent que je m'éloigne de sa grande sœur. Il s'agitait dans tous les sens, et criait.

- Shh... Ethan, calme-toi... Ecoute la musique...

Mais il s'en fichait. Et puis, cela faisait longtemps que nous étions ici, et qu'il était dans mes bras. Il s'impatientait sûrement.

- Je vais sortir faire manger Ethan... murmurais-je à Edward.

- Reste pour écouter le disque...

Mais les gestes de nervosité d'Ethan m'en dissuadaient.

- Je le réécouterai tout à l'heure, d'accord ? Je dois aller lui donner à manger...

- Oui, d'accord...

- Lola chérie... Papa va rester avec toi et Edward, je vais aller donner à manger à Ethan...

- Ah ouais ?

- Oui, souriais-je.

- Ah mais... mais qu'est-ce qu'il va manger ?

- Une compote, et un petit suisse...

- Ah oui, une compote ?

- Oui...

- Une compote à quoi ?

- A l'abricot !

- Ah oui, une compote à l'abricot ? Est-ce qu'il aime ça ?

- Oui, c'est sa préférée...

- Ah bon c'est sa préférée ? D'accord, d'accord...

J'embrassais sa joue et me redressais. Edward me souriait.

- Va vite !

Je quittais le petit studio pour retrouver le jour. Ethan fronçait les sourcils, certainement ébloui par le contraste de lumière. Je m'installais sur un banc et sortais du sac, sa collation qu'Ethan dévorait, véritablement calmé.

Edward fit son apparition, au bout d'une dizaine de minutes alors que je terminais de donner la compote à notre fils. Il s'installait à côté de moi et embrassait son fils.

- Où est Lola ?

- Dans le studio avec Jacob... Elle m'a foutue dehors ! Riait-il.

- Quoi ?

Non mais je rêve...

- Oui, elle m'a dit « tu as beaucoup travaillé, va prendre l'air ! » ! Alors je suis parti !

- J'hallucine...

- Jacob était écroulé de rire...

- Elle a son petit caractère, c'est incroyable !

- Comme toi, sincèrement...

- Hé !

Il se marrait, déclenchant l'hilarité de notre fils.

- Ça te fait rire, toi ? Canaillou ! Il a déjà tout mangé ?

- Oui !

- Sérieux ?

- Ben oui... C'est qu'un petit suisse... ça met pas dix ans avec lui... Comme toi, en fait !

- Hé...

- Match nul ! Souriais-je.

Edward se penchait vers moi et m'embrassait.

- Renée arrive à quelle heure ?

- Dix-huit heures...

- Parfait, on partira ensemble...

- Oui ! A quelle heure ça va se finir ?

- Pff... Vingt et une heure, sans doute... 21h30... J'sais pas trop... De toute façon, si ta mère est fatiguée, elle peut dormir à la maison...

- Oui, c'était juste pour lui donner un ordre d'idée...

Ce soir, ma mère venait garder mes enfants. Edward donnait un petit concert privé pour quelques fans triés sur le volet, des gagnants de concours. Il se produisait dans les studios radio de Seattle, et c'était son premier concert depuis la naissance de notre fils. Il revenait progressivement à la musique, sans pour autant envisager une tournée pour le moment. Cet événement finirait par arriver, mais il voulait attendre encore un peu. Dans l'idéal, il espérait repartir sur les routes quand notre fils aurait un an. Encore quelques mois à profiter de lui, chaque jour...

..

Ma mère terminait d'écouter le CD enregistré par Lola et Edward.

- C'est vraiment magnifique ! L'innocence de Lola donne toute sa légèreté au titre... Je peux en avoir une copie ?

- Le disque sort dans quinze jours, maman... souriais-je.

Je vérifiais une dernière fois le dosage des biberons pour Ethan.

- Tu as la poudre ici, tout est prêt ! Je t'ai mis les dosages dans les petites boîtes exprès, et...

- Bella, je SAIS faire un biberon, tu sais ?

- C'est pour éviter que tu t'embêtes...

Et parce que c'est mon boulot de maman...

- La purée et le steak haché de Lola sont dans la boîte dans le frigo, donne-lui une petite briquette de jus de fruits avant qu'elle n'aille au lit...

- Ça va l'exciter !

- Donne-lui quand même... ça fait un mois qu'elle prend sa briquette avant de dormir, et elle n'est pas du tout pénible ! Au contraire !

- Si tu le dis...

- Ce sont ses habitudes, maman... N'y déroge pas...

- Bien mon commandant !

Ce qu'elle est agaçante, parfois... Je lui expliquais les derniers détails, quand Edward arrivait comme un fou, téléphone à l'oreille.

- Bella !

- Quoi ?

- C'est Jasper au téléphone ! Alice et lui viennent de sortir du bureau des services d'adoption ! Les éducateurs sont d'accord, ils vont pouvoir adopter un enfant !

- Oh mais c'est génial !

Les démarches avaient été longues pour eux, et épuisantes nerveusement. Les voilà au bout du tunnel ! Ils vont être parents !

- Félicite-les de ma part !

- Bella vous félicite !

Il enclenchait le haut-parleur, et j'entendais la voix joyeuse de Jasper.

- « Merci Bella ! »

- Où est Alice ?

- « Elle est partie se balader... elle est très émue ! Tout a été très dur, et elle n'y croyait plus... »

Je comprenais Alice. Une grossesse, une fausse-couche, une stérilité... et enfin, une adoption. Le chemin avait été périlleux pour elle. Je pouvais comprendre qu'elle ait besoin de prendre quelques minutes pour elle. Elle va être maman, elle aussi... Edward retournait dans la chambre pour discuter avec son frère.

Lola apparut dans la cuisine, les mains dans le dos.

- Chérie, c'est mamie qui te garde ce soir. Maman et Papa vont voir Edward en concert, tu te rappelles ?

- Oui... Et Ethan ?

- Ethan reste avec toi, ici... Tu vas veiller sur lui, ok ? Mamie va te faire réchauffer la purée et ton steak haché, et Ethan mangera une petite purée de potiron et un yaourt à la banane.

Elle acquiesçait. J'avais pris l'habitude de détailler le menu de son frère.

- Est-ce que j'aurais un yaourt à la banane ?

- Oui, tu peux si tu veux...

- D'accord...

Elle restait immobile, dans nos pattes, jusqu'à 18h. Je rejoignais ma chambre, où Edward était allongé sur le lit. Ethan sur son torse, il s'amusait avec notre fils, caressant le petit nez du bébé avec le sien. Je souriais à ce tableau. Fière. Ouais. Plus que ça.

- Edward, il faut y aller...

- Ouais, j'arrive...

Il embrassait Ethan et se redressait. Je prenais mon fils dans mes bras et l'embrassais à mon tour.

- Je t'aime petit homme... Maman et papa reviennent ce soir... Ok ? Tu es sage ?

Edward s'approchait de nous, et nous enlaçait avant de déposer ses lèvres contre les siennes.

- Je t'aime Bella...

- Que me vaut cette déclaration ? Souriais-je.

- Rien... Je t'aime, c'est tout...

- Moi aussi...

Mais entre nous, Ethan s'agitait.

- Hey bébé ! Toi aussi je t'aime !

- Et moi aussi je t'aime ! T'en as de la chance... souriait Edward.

J'embrassais une dernière fois mes deux enfants, et Edward nous conduisait Jacob et moi, sur son lieu de concert.

..

Le garde du corps d'Edward s'était improvisé auxiliaire de vie, et il avait aidé Jacob avec son fauteuil roulant. Rester debout pour un concert entier aurait été trop pour lui, alors nous avions amené son fauteuil. Les fans grouillaient déjà devant la radio derrière des barrières de sécurité, et nous remontions l'entrée sous les cris. Edward me tenait fermement la main, nos doigts enlacés, et il saluait la foule.

- Je reviens après le concert faire des photos et signer...

- Edward !

Elles lui tendaient des posters, des albums.

- Je reviens, c'est promis !

Il m'entraînait à l'intérieur et fut littéralement assailli par la presse, le directeur de la radio et les animateurs. On fut installés dans l'espace handicapé avec Jake, à attendre que le concert ne veuille bien commencer.

- Je suis impatiente comme tout ! Murmurais-je à Jacob.

- Ce qui serait énorme, c'est que Lola grimpe avec lui sur scène...

Euh...

- Ne lui en demande pas trop, d'accord ?

Il se mit à rire.

- Je plaisantais...

Une jeune femme, blonde aux yeux verts, rejoignait l'espace où nous étions, avec une femme d'une soixantaine d'années, elle aussi en fauteuil. Elle nous lançait un « bonsoir » timide, enfin c'est ce que j'imaginais jusqu'à ce que je la vois rougir et baisser les yeux sous le regard de Jacob.

Oh oh...

- Hé alors Maddie ! Il te plaît celui-là ?

- Grand-mère... grondait la jeune femme, visiblement gênée.

- Mais t'as raison ma fille ! Il faut se remettre en selle après une chute à cheval !

Je réprimais un fou-rire, alors que Jacob regardait partout ailleurs.

- Grand-mère, tu es ingérable !

- Ne me parle pas comme ça !

Elle se tournait vers Jacob.

- Vous êtes avec cette dame, monsieur ?

- N... non... c'est mon ex-femme... répondait Jacob.

- Ah ! Tant mieux ! Parce que vous plaisez à ma petite fille ! Elle a vingt-deux ans, elle s'appelle Madeleine, mais on l'appelle Maddie ! J'avais bien dit à sa mère que Madeleine était un prénom absolument ridicule, mais elle n'en a fait qu'à sa tête ! Elle vient de quitter son petit-ami, un goujat de première ! Vous êtes célibataire ?

- MAMIE ! Je suis désolée...

La jeune femme semblait vouloir s'enterrer six pieds sous terre, et j'essayais de ne pas me mettre à rire pour ne pas l'humilier. Fort heureusement, Edward montait sur scène et je pus oublier mon envie de rire.

Pourtant, pendant le concert, j'observais la jeune Maddie. Son regard croisait souvent celui de Jacob, et ils se souriaient aussi discrètement que possible. J'attrapais mon téléphone, et tapais un texto que j'envoyais à Jake.

« Elle te plaît ? »

Il me regardait bizarrement, avant de me répondre.

« Elle est jolie... »

« Alors, fonce ! Demande-lui son numéro

et si elle ne veut pas, demande-le à mamie ! »

Jacob fit mine de s'étouffer, et je réprimais un rire quand Edward entamait une de ses plus belles chansons d'amour. Il l'avait écrite une nuit, après notre première fois depuis la naissance d'Ethan. Avoir à nouveau des rapports m'avait un peu effrayée mais Edward avait été tendre et aimant. Patient. Il avait respecté mon besoin de retrouver mon corps, avant de m'aborder. Il avait été courtois et galant, recréant un espace intime. Nous recréant une vraie vie de couple. Dîner romantique, balade au bord de l'eau, bain chaud. J'avais accepté de me livrer à lui, en toute confiance. J'avais ressenti, pour la première fois, être une femme et non simplement une mère. Pour Edward, pour ses yeux, je n'étais pas seulement une personne qui fait à manger et fait la lessive. Non. Quand je plongeais dans son regard, j'étais simplement une femme.

Sa femme...

Il chantait, et captait mon regard. Je m'y noyais, moi seule connaissant le double sens de ses paroles. Le « tu » de ses paroles n'était adressé qu'à moi, et je jouissais pleinement de ce petit secret entre nous, ignorante des fans qui criaient ou chantaient avec lui.

L'homme de ma vie... Le père de mon fils...

Le concert se terminait. Edward se rapprochait du bord de la scène vers notre coin et me souriait.

- Tu as aimé ?

- J'ai adoré...

Je savais que même le mot « adoré » n'était pas assez fort pour exprimer tout ce que j'avais ressenti. Se noyer dans une voix...

- Tu viens dans la loge deux minutes ?

- J'arrive...

- Je t'attends... murmura-t-il.

Je me tournais vers Jake mais il était en pleine discussion avec... la jeune Maddie... Sa grand-mère semblait extrêmement satisfaite, et les deux amoureux transits se regardaient, gênés l'un comme l'autre. Pourtant, ils se souriaient, et semblaient bien s'entendre. Jacob a le droit d'être heureux... Je m'éloignais vers la loge, accompagnée par une animatrice radio. J'ouvrais la porte après avoir toqué, et trouvais Edward en train d'envoyer un texto. Je le rejoignais.

- C'est qui ?

- C'est une journée particulière... Emmett va demander Rosalie en mariage !

- C'est vrai ?

J'avais envie de rire. De sourire. Une journée particulière... Merveilleusement particulière et positive...

- Il se lance ! Il est tout angoissé !

- Il va le faire quand ?

- Dans deux jours, ils fêteront leurs trois ans... Il m'a envoyé une photo de la bague... T'en pense quoi ?

J'observais l'écran, qui montrait un magnifique diamant bleu pâle.

- Elle va adorer !

- Je le crois aussi...

Il répondait à Emmett « superbe bague, bon courage on est avec toi ! » et éteignait son téléphone. Il passait ses mains sur mes hanches, avant de les poser sur mes reins. Je me rapprochais de lui. Il avait l'air rêveur, et heureux.

- Où est Jacob ?

- Il drague...

Je lui racontais toute l'histoire, et Edward souriait avant de m'embrasser.

- J'adore cette journée...

- Moi aussi... Jasper et Alice vont adopter... Rosalie va épouser Emmett, Jacob se trouve une copine, Ethan est vraiment un bébé génial et ma fille enregistre avec toi...

Ses lèvres se posaient une nouvelle fois sur les miennes, tendres et douces.

- Je voudrais qu'elle ne s'arrête jamais... murmurait-il.

Je me perdais contre ses lèvres, me sentant légère et volontaire. Une de ces journées idéales pour tout. Qui sourit à chaque acte que l'on vit. Un de ces moments trop brefs dans une vie... sa langue vint taquiner la mienne et je fondais littéralement contre lui, gémissant contre sa bouche alors qu'il me pressait contre son corps, caressant mon dos.

« Promets-moi de me faire signe, quand tu seras prête » m'avait-il dit, quand il m'avait demandé en mariage et que j'avais refusé.

Je n'avais vraiment eu aucune raison de refuser sa demande. Parce que mes craintes s'étaient envolées au bout d'une semaine de vie commune avec lui. Il n'était pas agaçant, ni pénible. Il respectait mon travail, et était à peu près ordonné. Je dis bien « à peu près »... Nos disputes étaient rares et quand elles existaient, lui ou moi culpabilisions avant même d'avoir fini de crier. Il me complétait, il était ma moitié. Simplement. Il était un père parfait, un beau-père génial.

Un amant merveilleux et généreux.

Le soupir de plaisir d'Edward me fit revenir à la réalité. Je lui souriais, et passais mes bras autour de son cou. Il posait son front contre le mien, et fermait les yeux. Puisque tout nous réussit...

- Edward ?

- Hum ?

- Est-ce que ta demande est toujours valable ?

- Laquelle ?

- Quand tu m'as demandé de t'épouser...

Il ne répondit pas immédiatement, et se reculait légèrement sans me lâcher.

- Tu es d'accord ?

- Si tu veux toujours de moi, je suis prête... Est-ce que tu veux bien m'épouser ?

Son rire, magnifique, emplissait alors la pièce. Il riait, et me soulevait dans ses bras, me rendant toute légère.

- Bien sûr que j'veux toujours t'épouser !

Mon cœur se gonflait d'amour, encore plus pour lui et je me laissais aller dans l'étreinte, dans l'euphorie, comblée par le baiser qu'il me donnait. Certaine d'avoir fait le bon choix, pour aujourd'hui, demain. Pour l'éternité, et un jour de plus.

Définitivement, aujourd'hui est la meilleure journée de ma vie...