Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, sauf ceux qui sont sortis de mon imagination.


Bonsoir !

Me revoilà avec une nouvelle fic sur le couple Bella et Edward, j'espère qu'elle vous plaira.

Je sais que j'avais annoncé à la fin d'Apprendre à vivre que ce serait une histoire de vampire, mais faute d'inspiration, j'ai modifié l'histoire et les Cullen seront humains.

Comme vous avez pu le voir dans le rating, cette histoire est classée M, certains passages risquent donc d'être durs, mais vous commencez à me connaître, non ?

Pour des facilités, je me suis permis de rapprocher Forks et Port Angeles de Seattle, donc, ne vous étonnez pas si vous lisez dans l'histoire que les deux petites villes sont en banlieue de Seattle.

Cette histoire est construite autour d'une enquête policière, je ne connais pas grand-chose aux grades ou aux procédures (surtout aux Etats-Unis), j'ai donc fait de mon mieux et j'espère que vous ne m'en tiendrez pas rigueur.

Je vais vous laisser tranquille avec mon blabla, il ne me reste plus qu'à vous souhaiter une bonne lecture.

Bonne soirée et à dimanche prochain pour la suite, enfin, si vous aimez… Bye ! ^_^


Chapitre 1 : La rencontre

Edward caressa tendrement la joue de son fils qui dormait tranquillement à côté de lui. Il se pencha et embrassa le front de l'enfant avant de se lever. Il entoura le corps du petit garçon avec des oreillers pour lui éviter une chute avant de se rendre dans la salle de bain de leur chambre d'hôtel. Il observa son reflet dans le miroir et soupira, jamais il n'arriverait à faire illusion ! Avec des gestes lents, il ôta son débardeur révélant les multiples pansements qui couvraient son torse. Son visage resta stoïque quand il retira l'un des pansements, il ne devait pas montrer sa souffrance, oublier la douleur. Il prit un peu de désinfectant et entreprit de nettoyer ses nombreuses plaies, ses doigts caressèrent les points de suture qui n'étaient pas tous tombés, pourtant, le chirurgien lui avait dit avoir utilisé du fil résorbable. Il secoua la tête et remit des pansements sur ses plaies avec plus de difficulté pour celles sur son flanc car ses côtes le faisaient encore souffrir. Edward s'occupa ensuite de la toilette du haut de son corps et de ses jambes, lorgnant vers la douche qu'il ne pouvait malheureusement pas encore utiliser. Il maudit ses doigts tremblants lorsqu'ils se posèrent sur la bordure de son boxer, pourtant, il devait le faire, il devait soigner les dernières traces de coupure …

Une fois sa toilette terminée, il s'habilla et revint dans la chambre pour voir son fils s'étirer dans leur lit, Stefan n'allait pas tarder à se réveiller. Il se réinstalla à ses côtés et caressa ses cheveux d'un noir de jais tout aussi ébouriffés que les siens. Bientôt, il put voir ses prunelles émeraudes comme les siennes encore ensommeillées le fixer.

«-Bonjour, mon ange, tu as bien dormi ? Demanda-t-il alors que son fils se blottissait contre lui.

Edward attendit, espéra une réponse, mais rien. Il ferma les yeux maudissant l'homme qui avait rendu muet son bien le plus précieux. Il soupira et se leva, portant l'enfant dans la salle de bain pour l'aider à faire sa toilette. Une fois sous la douche, son fils s'amusa avec l'eau, sourit, rigola lorsqu'il l'arrosa mais il ne prononça aucun mot.

-Alors, tu es content d'aller voir papi et mamie ? Questionna Edward en forçant son ton enjoué.

Stefan hocha vivement la tête pour unique réponse. Edward lui sourit avant de l'attraper pour le sortir de l'eau et l'essuyer. Il aurait tant aimé entendre son fils lui raconter les jeux qu'il ferait avec son grand-père tout en lui demandant si sa grand-mère allait lui faire son dessert préféré, mais non, il n'avait droit qu'au silence. Tout en aidant Stefan à s'habiller, il se demanda comment il allait pouvoir expliquer le soudain mutisme de son fils à ses parents. Il ne leur avait rien dit des derniers évènements qui avaient bouleversé sa vie, ne voulant pas les choquer ou les blesser, mais quand le pédopsychiatre lui avait dit qu'une atmosphère familiale et dénuée de stress pourrait aider Stefan, il n'avait pas hésité quitte à devoir subir le courroux de ses parents. Cependant, il se promit de ne pas tout leur dévoiler, ils n'avaient pas besoin de savoir, non, il était inutile de les faire souffrir.

-On va prendre notre petit-déjeuner, puis, on retrouvera papi et mamie.

Edward rangea leurs affaires et descendit régler leur chambre. Puis, son fils dans ses bras, ils se dirigèrent vers l'aéroport de Seattle où ils prirent leur repas. Ils terminèrent juste à temps pour se rendre dans le hall où ils étaient censés attendre ses parents à leur descente de l'avion. En effet, il avait préféré arriver la veille, mais il ne les en avait pas informé, préférant qu'ils le voient avec une mine un peu plus fraîche que celle qu'il avait en arrivant hier soir.

-Edward ! Stefan !

Il se retourna en reconnaissant la voix de sa mère, scannant la foule à sa rechercher. Soudain, il les vit. Esmé agitait une main dans sa direction, son autre main agrippant fermement celle de son père qui leur souriait. Ils se dirigèrent à grand pas vers eux et il ne put s'empêcher de penser que malgré leur âge, ils étaient toujours aussi magnifiques, le temps ne semblait pas avoir de prise sur eux. Sa mère portait une robe crème légère, un petit boléro marron et des escarpins. Ses longs cheveux auburn étaient attachés en un chignon un peu lâche, ses yeux caramel les observaient avec amour. Son père, Carlisle, la suivait de près, ses cheveux blonds impeccablement coiffés, ses yeux bleus emplis de tendresse se posèrent sur eux. Stefan s'agita dans ses bras et il le posa sur le sol pour qu'il puisse se jeter dans les bras de sa grand-mère. Celle-ci le couvrit de baisers pendant que son père s'approchait de lui.

-Bonjour, fils, vous avez fait bon voyage ?

-Oui, merci, papa, répondit-il en lui rendant son étreinte.

Il remarqua alors le léger froncement de sourcils de son père qu'il n'aurait pas distingué s'il n'avait pas été entraîné. Néanmoins, Carlisle reporta son attention sur Stefan qui lui tendait les bras, son père prit son petit-fils et il oublia la réaction de son père quand Esmé le prit à son tour dans ses bras.

-Comment vas-tu mon grand ?

-Ça va, dit-il en l'embrassant. Allez, rentrons à la maison.

Ses parents habitaient une petite ville en banlieue de Seattle qui se nommait Forks, ils y possédaient une villa perdue dans un écrin de verdure. Il voulut récupérer leur valise, mais son père fut le plus rapide.

-Papa, protesta-t-il en tentant de la reprendre.

-Un peu d'aide ne fait pas de mal, murmura son père.

Edward déglutit péniblement, savait-il ? Non, c'était impossible. Pourtant, Carlisle prit le sac le plus lourd, lui laissant la valise à roulette. Ses parents prirent Stefan par la main et il laissa de côté ses interrogations pour les suivre jusqu'à la Mercedes de son père. Sa mère s'installa à l'arrière avec Stefan pendant qu'ils rangeaient leurs affaires dans le coffre.

-Tu veux conduire ? Lui proposa son père.

-Tu me laisserais conduire ta Mercedes ? S'étonna Edward. Si mes souvenirs sont exacts, tu as failli faire une jaunisse quand j'ai eu mon permis et que je t'ai demandé les clefs.

-Je m'en souviens, grimaça son père, Esmé m'a menacé de me faire la tête pendant un mois si je ne te les donnais pas. Heureusement pour tes fesses, elle était intacte.

-C'est pourtant pas faute d'avoir cherché, se rappela Edward, tu l'as minutieusement examiné pendant une demi-heure avant de déclarer qu'il était temps que tu m'achètes un voiture.

-Tes notes étaient excellentes, il était normal que tu ais un petit cadeau, se justifia son père.

-Tu ne m'as donc pas acheté la Volvo pour que je ne prenne plus ta voiture ? Railla-t-il.

-Je vais te confier un petit secret, murmura Carlisle en lui faisant signe de se rapprocher, si je t'ai acheté une voiture, c'est uniquement pour être obligé de faire de même avec Emmett et Alice, car, eux, il était hors de question qu'ils conduisent ma voiture !

Edward éclata de rire. Il est vrai que les premières voitures de ses cadets avaient rapidement pris des coups.

-Allons-y, dit son père en lui donnant une tape sur l'épaule et en lui donnant les clefs.

-Non, conduits, je suis un peu fatigué.

-Très bien.

Son père lui sourit et ébouriffa ses cheveux avant de le laisser rejoindre sa place. Il attacha sa ceinture en écoutant sa mère qui racontait à Stefan comment elle avait redécorer sa chambre.

-Tu aimes le bleu ciel si mes souvenirs sont exacts ? Entendit-il sa mère dire et du coin de l'œil il vit son fils acquiescer. Tu verras papi a collé des étoiles au plafond, la nuit elles brillent. J'espère que ça va te plaire ?

-Je suis sûr que Stefan trouvera sa chambre merveilleuse.

-Combien de temps restez-vous ? Questionna Esmé.

-J'ai trois semaines de congé, je pense que nous resterons tout ce temps.

-Formidable ! Déclara sa mère. Cela faisait trop longtemps que je ne vous ai pas eu à la maison !

-Alors, Stefan, tu vas rentrer en grande maternelle à la rentrée, tu es impatient ?

Son père attendit une réponse, mais Stefan se contenta d'hausser les épaules et de se plonger dans la contemplation du paysage.

-Je… Il y a un problème ? Demanda doucement sa mère. Il n'a pas parlé depuis votre arrivée.

-A la maison, murmura-t-il simplement en se murant lui aussi dans le silence.

Edward remarqua le coup d'œil inquiet qu'échangèrent ses parents, mais ils n'insistèrent pas. Il ferma les yeux se concentrant, répétant le discours qu'il s'apprêtait à leur servir. Il ne rouvrit les paupières que lorsque son père emprunta le chemin qui conduisait à la villa. A peine la voiture fut-elle stoppée que Stefan se détacha et descendit pour courir dans le jardin.

-Doucement, lui cria-t-il, ou tu vas tomber.

Son fils l'ignora et grimpa le long d'une échelle pour atteindre sa cabane avant de redescendre sur le toboggan qui se trouvait sur l'autre côté. Edward laissa son fils sous la surveillance de ses parents et monta leurs bagages dans sa chambre, il rangea quelques affaires avant de redescendre pour leur faire face. Carlisle et Esmé étaient installés sur la terrasse, il prit place à leurs côtés autour de la table de jardin et sa mère lui servit un café.

-Que se passe-t-il ? S'enquit sa mère dont son visage exprimait clairement l'inquiétude.

-Stefan… Je…

-Tout va bien, le rassura son père en posant une main sur la sienne, prends ton temps.

Pour la première fois, il laissa tomber son masque. De part son métier, il avait pris l'habitude de dissimuler ses émotions, ses sentiments, il n'y avait qu'ici dans cette maison, avec ses parents qu'il redevenait lui-même.

-Une affaire a mal tourné, avoua-t-il dans un murmure son pupilles fixées sur son fils car il n'osait pas soutenir le regard de ses parents, l'homme que nous tentions d'arrêter m'a pris pour cible.

-Oh, mon Dieu ! Souffla sa mère.

-Edward que s'est-il passé ? Questionna son père d'une voix tremblante.

-Je ne sais comment, il a appris que j'avais un enfant. Il a enlevé Laila et Stefan pour me tendre un piège. Nous avons pu les secourir, mais… Il avait déjà tué Laila.

-Non, gémit Esmé.

-Nous n'avons jamais été marié ou été ensemble, murmura Edward perdu, je ne sais pas comment il a appris son existence et celle de Stefan. Je suis arrivé trop tard, Laila était morte et Stefan a refusé de prononcer un mot depuis ce jour-là.

-Oh, mon pauvre bébé, balbutia sa mère en essuyant ses larmes, on va prendre soin de vous, tu vas voir, Stefan va aller mieux.

-Combien de temps ?

La question de son père le désarçonna. Il releva la tête, hésitant à lui répondre, inquiet quant à leur réaction.

-Trois semaines, avoua-t-il en soutenant avec peine leurs regards blessés.

-Pourquoi… Pourquoi tu n'as rien dit ? On aurait pu t'aider ! S'occuper de Stefan, de toi, des funérailles.

-Je suis désolé, maman, mais… Les parents de Laila n'ont pas voulu de ma présence à l'enterrement.

-Comment ont-ils osé…

-Maman, la coupa-t-il, Laila et moi avons eu Stefan et même s'il est le plus beau cadeau que la vie ait pu me faire, c'était un accident. J'aimais Laila comme une amie et il en allait de même pour elle. A leurs yeux, je ne suis rien, si ce n'est le responsable de la mort de leur fille. Et puis, il y a eu l'enquête et j'ai dû me battre pour garder Stefan.

-Ils ont voulu te prendre Stefan ? Comprit son père.

-Oui, mais c'est réglé, il restera avec moi.

-Et le monstre qui…

-Il est mort, coupa-t-il en évitant le regard de sa mère. Le pédopsychiatre a dit qu'une ambiance familiale aiderait Stefan.

-Tu as bien fait de rentrer à la maison, acquiesça son père.

-Oui, on va prendre soin de vous.

Sa mère se leva et embrassa sa joue avant de partir dans la cuisine pour lui épargner ses larmes. Carlisle posa une main rassurante sur son épaule.

-Contrairement à ta mère, je ne suis pas dupe, tu nous caches quelque chose.

-Je…

-Non, souviens-toi juste que ma porte te sera toujours ouverte, quand tu seras prêt, je t'écouterai.

Son père lui sourit et lui donna une tape dans le dos avant de se lever et rejoindre Esmé à l'intérieur. Edward inspira profondément, puis, il quitta sa chaise pour rejoindre son fils qui s'était installé sur une balançoire. Il le poussa et un sourire se dessina sur son visage quand il l'entendit rire aux éclats. Après avoir joué une bonne heure, ils regagnèrent la villa. Ils montèrent à l'étage pour découvrir la chambre de Stefan et celui-ci s'émerveilla devant son nouveau lit ainsi que les jouets que ses parents avaient acheté. Il jeta un coup d'œil à sa montre et il demanda à son fils d'aller se laver les mains quand il vit que c'était l'heure du repas. Edward rentra dans la cuisine un peu hésitant, pas encore rassuré quant à la réaction de ses parents.

-Te voilà, mon chéri, dit Esmé en lui caressant la joue, où est Stefan ?

-Il se lave les mains.

-Edward, je sais que tu as toujours eu tendance à vouloir te débrouiller seul, ton père et moi avons toujours respecté ce trait de ton caractère, mais nous sommes ta famille et nous ne sommes pas là que pour partager les joies, laisse-nous partager tes peines, laisse-nous t'aider.

-Ta mère a raison Edward, malgré toutes ses années j'ai l'impression que tu fais tout pour ne pas nous déranger, mais cela n'a jamais été le cas.

-Je sais, admit-il.

-Nous t'aimons, Edward.

-Je le sais aussi et je ne vous remercierais jamais assez de l'amour que vous me donnez, de m'avoir adopté, mais parfois j'ai tellement peur de vous décevoir…

-Quoi que tu fasses, jamais tu ne nous décevras, assura Carlisle alors que sa mère le prenait dans ses bras.

Ils se séparèrent lorsqu'ils entendirent Stefan revenir au pas de course vers eux, son fils semblait affamé ! Edward aida son fils à s'installer sur une chaise et noua une serviette autour de son cou. Il le servit de crudités malgré son regard suppliant.

-Tu manges des tomates et des carottes sinon tu n'auras pas du dessert de grand-mère et je crois qu'elle a préparé une mousse au chocolat.

Tout en poussant un soupir théâtral, son fils prit sa fourchette et porta un morceau de tomate à sa bouche.

-Les autres vont bien ? Questionna Edward.

-Emmett a toujours autant de travail, tu sais qu'il est passé Lieutenant ? L'informa son père.

-Oui, il me l'a dit la semaine dernière au téléphone.

-Décidément, entre vous deux, j'ai tout le loisir de me faire des cheveux blancs, pourquoi n'avez-vous pas fait médecine comme votre père ? Se lamenta Esmé.

-Désolée, maman, s'excusa-t-il.

-Envisages-tu de changer de profession ? Demanda doucement sa mère.

-Je ne sais pas, admit Edward, j'ai perdu beaucoup à cause de mon métier, mais, cependant, j'ai aidé tellement de personnes, j'ai réuni des familles, soulagé des personnes en deuil. Je ne sais pas. J'ai besoin de temps.

-Nous comprenons, assura son père avant de changer de sujet, sinon, Alice va présenter sa collection lors des défilés de la rentrée à New-York.

-C'est génial ! Je comprends mieux le message excité qu'elle m'a laissé lors du vol, mais elle ne m'avait pas dit quelle était la raison de sa joie. Je plains ce pauvre Jasper, elle doit être dans un état d'excitation inimaginable !

-Heureusement, il semblerait que Jazz soit le seul à savoir la canaliser un tant soit peu, acquiesça Carlisle.

-Et Rosalie ? Son garage fonctionne toujours aussi bien ?

-Oui, d'ailleurs, elle retape une Porsche 356 SC.

-Tu crois qu'elle me laisserait faire un petit tour avant de la rendre au propriétaire ?

-J'ai déjà posé la question et on a le droit de voir, mais pas de toucher, soupira son père.

Edward allait répliquer quand il sentit la main de son fils tirer sur sa manche pour attirer son attention. Stefan lui montra son verre et il s'empressa de le remplir.

-Tiens, mon cœur.

Stefan prit son verre et but une grande gorgée d'eau avant de le reposer. Un léger silence s'abattit sur la table, ses parents observèrent avec tristesse leur petit-fils. L'ambiance légère du début avait disparue. Il pouvait voir sa mère retenir ses sanglots et son père serraient fermement ses couverts. Il s'en voulait de leur faire de la peine, de les avoir déçus. Bien sûr, alors qu'il était hospitalisé, il avait pensé à les appeler, mais il avait honte, honte de ne pas avoir su protéger les siens, honte de l'état dans lequel il se trouvait. Il baissa la tête et ferma les yeux, tentant ainsi de contrôler le brusque accès de rage et de désespoir qui l'avait envahi. Il n'aurait pas dû venir.

-Arrête !

Edward releva la tête en entendant la voix de son père.

-Stefan, pourquoi n'irais-tu pas aider mamie en cuisine ?

Son fils regarda son grand-père avant de se tourner vers lui, il hocha doucement la tête et Stefan sortit de table.

-Tu ne pourras pas aider ton fils si tu n'avances pas toi-même. Je n'ai vu Laila que deux ou trois fois, mais c'était une jeune femme charmante, elle ne méritait pas ce sort et je suis certain qu'elle ne voudrait pas que tu te renfermes sur toi.

-Si seulement…

-Si seulement quoi ? Le coupa Carlisle en élevant la voix. Si seulement, tu n'avais pas choisi ce métier ? Si seulement, tu n'avais jamais rencontré Laila ? Si seulement, il y a 4 ans le préservatif n'avait pas lâché ? Si seulement, tu étais mort à sa place ? C'est ça que tu te dis ?

-Non ! S'offusqua Edward. Jamais, tu m'entends, jamais je ne regretterai la naissance de Stefan, je l'aime plus…

-Chut, calme-toi, je sais que tu aimes ton fils, qu'il est la prunelle de tes yeux et que tu ferais n'importe quoi pour lui, assura son père, mais tu n'es pas tout puissant. Pardonne-toi, je t'en prie, ou tu ne pourras pas aider Stefan.

-C'est dur, admit-il dans un murmure.

Son père parut soulagé de l'entendre parler ainsi, il se rapprocha pour passer un bras autour de ses épaules.

-Je ne sais pas comment faire, reprit Edward en essuyant une larme qui lui avait échappé.

-Si, tu le sais, le contredit Carlisle.

-Je…, bredouilla-t-il perdu.

-Sinon pourquoi serais-tu revenu à la maison ? Tu savais qu'ici vous pourriez guérir, vous reconstruire. On va prendre soin de toi, de Stefan et tu verras dans quelques jours tu supplieras pour que ton moulin à parole de fils se taise.

-J'aimerais tellement que ce soit vrai, avoua Edward en laissant échapper un sanglot.

-Tout va bien se passer. »

Son père l'étreignit et déposa un baiser dans ses cheveux. Edward se laissa aller entre ses bras forts et rassurants, Carlisle était le seul à pouvoir le consoler quand il était enfant et cela n'avait pas changé. Son père essuya ses larmes et déposa un baiser sur son front, puis, il retourna s'asseoir à sa place en entendant Esmé et Stefan arriver. Une fois le repas terminé, il monta à l'étage pour faire faire une sieste à son fils. Il allongea l'enfant dans son nouveau petit lit, mais au moment de partir, ce dernier le retint. Edward lui sourit et Stefan se poussa contre le mur pour lui faire le plus de place possible, il retira ses chaussures et s'allongea. Stefan vint se blottir contre lui, son doudou coincé sous un bras alors que son autre main agrippait fermement son tee-shirt. Edward fredonna la berceuse qu'il avait composé le jour de sa naissance. Stefan ne tarda pas à s'endormir et, pour une fois depuis des semaines, il sombra lui aussi dans un sommeil paisible sans avoir besoin de prendre des somnifères.


Isabella Swan rentra précipitamment dans son appartement, elle était en retard, terriblement en retard. La jeune femme rangea son arme de service en lieu sûr avant d'ôter son uniforme et de filer sous la douche. Une fois sous le jet chaud, elle s'autorisa quelques minutes de détente avant de se rendre à la villa Cullen. Esmé l'avait appelé la veille pour l'inviter à dîner en lui précisant que son père, Charlie, serait aussi présent ainsi que tous les enfants Cullen. Bella se faisait une joie de passer la soirée avec eux. Alice, la cadette de la famille, était sa meilleure amie depuis le bac à sable et malgré leur séparation elles étaient restées très proches. Elles s'étaient retrouvées depuis maintenant quelques années et ne se lâchaient plus. Et puis, il y avait Emmett, il était tout aussi protecteur envers elle qu'il l'était avec Alice. Leur trio s'était agrandit depuis le retour de leur famille avec Rosalie et Jasper, les compagnons respectifs de sa sœur et de son frère de cœur. La jeune femme rinça ses cheveux, oui, elle était impatiente de les voir, cependant, il y avait une personne qu'elle n'avait pas vraiment hâte de rencontrer…

Quand elle était petite, son univers ne tournait autour que de son père et de la famille Cullen. Renée, sa mère, avait quitté Charlie lorsqu'elle n'avait que trois ans et s'est tout naturellement qu'Esmé et Carlisle soutinrent son père dans cette épreuve. Quand Charlie travaillait, Esmé ou Carlisle venait la chercher à la sortie de l'école et elle jouait avec les enfants Cullen. Elle dormait souvent chez eux, son père étant Chef de la Police, il devait souvent s'absenter. Rapidement, les Cullen prirent une place particulière dans sa vie, elle aimait ses parents, mais les Cullen devinrent sa famille de cœur. Cependant ceux qu'elle aimait tant n'allaient pas tarder à lui briser le cœur. Elle se souvenait encore de ce jour-là, elle n'avait que 6 ans quand Alice avait débarqué à vélo chez elle. Bella avait accueilli son amie en larmes qui s'était jetée dans ses bras. Charlie, alerté par les sanglots, les avait rejoints et avait froncé les sourcils en voyant que sa meilleure amie était venue en vélo en pleine nuit. Il s'était dépêché d'appeler Carlisle et Esmé qui n'avaient pas tardé à débarquer avec un Emmett guère plus heureux que sa sœur. Charlie et elle avaient alors appris le départ de leurs amis de toujours, de leur seconde famille. Carlisle leur annonça en effet qu'ils partaient le lendemain pour Chicago avant d'embarquer pour Londres. Charlie fut étonné de leur départ précipité, mais Carlisle lui expliqua que son neveu venait de se retrouver orphelin et qu'il était seul à Londres, il était donc urgent pour eux d'aller le soutenir. Charlie comprit, mais pas elle. Elle ne comprenait pas pourquoi cet inconnu lui avait volé sa famille et elle l'avait haï pour cela. Les années étaient passées et sa haine s'était transformée en rancœur, rancœur que bien malgré elle, elle conservait aujourd'hui.

Bella sécha rapidement ses longs cheveux bruns qui ondulèrent légèrement, puis, la jeune femme enfila un jean bleu nuit avec un chemisier à manches courtes. Elle prit un pull pour la fin de soirée et prépara rapidement un petit sac car elle passerait la nuit chez son père, Forks n'était qu'à une demi-heure de route, mais Charlie serait heureux qu'elle reste chez lui. Une fois son sac prêt, elle verrouilla son appartement et descendit dans la rue pour récupérer sa voiture. Bella inspira profondément avant de prendre la route, elle devait mettre de côté son étrange rancœur. Une fois sa résolution prise, elle démarra.

La jeune femme venait de se garer devant la villa des Cullen quand elle vit par la porte entrouverte du garage que ce dernier était rempli, tout le monde était donc arrivé. Elle descendait de voiture quand la porte de la somptueuse maison s'ouvrit sur sa meilleure amie.

« -Bella !

Alice dévala les quelques marches du perron pour venir la serrer dans ses bras, Bella lui rendit son étreinte avant qu'ils ne soient rejoints par Emmett, Rosalie et Jazz qui l'embrassèrent à leur tour. Bras dessus, bras dessous, ils rejoignirent l'arrière de la maison où Charlie, Esmé et Carlisle se levèrent pour la saluer. Rapidement, elle se retrouva assise autour de la grande table en teck, un verre de vin blanc frais devant elle. Alors qu'ils discutaient tranquillement, Carlisle, qui s'était absenté, revint. La jeune femme, comme toute la tablée, ne put ignorer le regard inquiet que les époux Cullen échangèrent.

-Je viens de les réveiller, annonça Carlisle.

-Comment vont-ils ? Interrogea Esmé d'une voix tremblante.

-Aussi bien qu'ils le peuvent, souffla Carlisle.

-Que se passe-t-il ? Questionna Emmett en fronçant les sourcils.

-Ce que je vais vous dire devra rester entre nous, demanda Esmé, Edward…

-Chérie…, tenta d'intervenir le médecin.

-Non, ils doivent savoir. Carlisle, ils pourraient dire quelque chose qui les blesserait, plaida Esmé alors que son époux jetait un coup d'œil inquiet vers l'intérieur de la villa. Laila est morte.

-Quoi ? S'exclamèrent Alice et Emmett.

-Mais quand ? Interrogea Jasper.

-D'après ce qu'il a dit, cela fait 3 semaines, répondit Carlisle tout en surveillant l'intérieur, votre frère n'a rien voulu dire et affronter cela tout seul, mais s'il est ici, c'est qu'il a besoin de notre aide, de notre soutien.

-Comment va Stefan ? Murmura Alice en agrippant fermement la main de Jasper.

-Stefan s'est muré dans un mutisme post-traumatique, déclara Carlisle, il… Alors, vous avez bien dormi les garçons ?

Bella tourna la tête vers la baie vitrée où un homme venait d'apparaître, un petit garçon dans ses bras. Un sourire se dessina sur son visage quand elle croisa le regard émeraude ensommeillé de l'enfant, ce dernier se cacha aussitôt dans le cou de son père, ses cheveux ébouriffés effleurant le menton de celui-ci. La jeune femme leva alors les yeux et son souffle se bloqua dans sa poitrine quand elle vit le visage de l'homme. Ses traits étaient fins sans pour autant perdre de leur virilité, elle reconnut sans peine son nez et sa bouche, ils étaient identiques à ceux de Carlisle et d'Alice. Ses cheveux, aussi en désordre que ceux de son fils, étaient d'une teinte indéfinissable entre le blond et le roux, cependant, ce dont elle était sûre c'est que ses mains avaient envie de les caresser. Puis, elle croisa soudain son regard, jamais, elle n'avait vue des yeux d'une telle couleur, leur émeraude était unique et ils brillaient de mille feux malgré le voile de tristesse qu'elle pouvait y percevoir.

-Bonsoir.

Bella sentit son corps réagir à entendant la voix chaude et sensuelle de l'homme, elle dut prendre sur elle pour ne pas laisser échapper un gémissement.

-Edward, je te présente Charlie et sa fille Bella, dit Esmé en se levant pour passer un bras autour de la taille de l'homme.

-Ravi de faire votre connaissance, assura Edward en les saluant d'un hochement de tête. Voici mon fils, Stefan, mais il semblerait que ce soir il ait décidé de jouer à cache-cache.

Un léger gloussement résonna et un magnifique sourire se dessina sur le visage d'Edward quand il entendit l'enfant rire. Son fils sortit sa tête de sa cachette et leur jeta un coup d'œil. Soudain, un sourire radieux illumina le visage de l'enfant qui gigota pour que son père le pose par terre ce qu'il fit. Aussitôt, Stefan courut vers Emmett qui le réceptionna avant de le faire voltiger.

-Salut, beau gosse, dit Alice en prenant son frère dans ses bras.

-Bonjour, mon lutin, souffla Edward en embrassant sa sœur.

-Tu sais que tu ne mérites pas toutes ces étreintes, déclara Rose en prenant la place d'Alice.

-Et pourquoi donc ?

-Premièrement, tu habites trop loin de nous et deuxièmement parce que tu ne donnes pas assez de nouvelles sans parler de venir nous voir, bouda Rosalie.

-Rassure-toi, je suis là pour plusieurs jours et tu verras qu'à la fin c'est toi qui me mettras dans l'avion à coup de pied aux fesses.

-Viens là !

Rosalie étreignit son beau-frère, puis, ce fut le tour de Jasper et enfin Emmett qui portait son neveu à travers son épaule comme un vulgaire sac de pommes de terre. Une fois les embrassades terminées, la fratrie Cullen prit place autour de la table et Stefan quitta les genoux de son oncle pour ceux de son père. Esmé proposa un verre de vin à son fils, mais celui-ci refusa et prit du jus de fruit qu'il avait servi à son fils.

-Vous avez fait bon voyage ? Demanda Emmett avec un regard lourd de sous-entendus.

-Oui, répondit Edward en comprenant sa question voilée, Stefan et moi sommes heureux d'être ici.

-On va tellement vous dorloter que vous ne voudrez plus repartir, assura Alice en déposant un baiser sonore sur la joue de son aîné.

-Alors, Edward, c'est la première fois que tu viens à Forks ? Questionna Charlie.

-Non, j'étais déjà venu quelques fois, mais il est vrai que je ne suis jamais resté longtemps.

-En tout cas, je suis heureux de faire ta connaissance, tes parents ne tarissent pas d'éloge sur toi.

-Je suis sûr qu'ils exagèrent, murmura Edward en lançant un regard emplit d'amour à ses parents.

-Que veux-tu c'est le lot de tous les parents, soupira Charlie, et je suis sûr que tu agiras de même avec ton fils.

-Sûrement, admit le frère de sa meilleure amie en déposant un baiser dans les cheveux de son fils. Papa m'a dit que vous étiez le Chef de la Police de Forks ?

-C'est exact et Bella vient elle aussi de s'embarquer dans cette voie.

-Ouais, c'est ma toute dernière recrue ! Exulta Emmett. »

Bella but une gorgée de vin pour faire passer le commentaire qui lui venait aux lèvres. Dire que Charlie avait été heureux quand il avait appris qu'elle désirait entrer dans les forces de l'ordre était un euphémisme, il avait crié, tempêté, mais elle n'avait pas fléchi. Il avait finalement baissé les bras face à sa détermination, mais n'avait pas renoncé à mettre son grain de sel dans sa carrière. Elle avait débuté en faisant beaucoup de paperasse et quand enfin on lui avait offert une place où elle pourrait aller sur le terrain, elle se rendit compte que son supérieur serait le Lieutenant Cullen, son frère de cœur qui allait bien entendu la surprotéger, et son coéquipier n'était autre que Jacob Black, le fils du meilleur ami de son père. Autant dire que l'un comme l'autre, ils veillaient sur elle et qu'il se passerait du temps avant qu'elle ne se retrouve à poursuivre un voleur ou au cœur d'une enquête importante. Bella soupira et reposa son verre, c'est alors qu'elle se rendit compte qu'Edward la fixait. Elle lui lança un regard peu amène n'appréciant pas la manière dont il la regardait, elle lui offrit son plus beau regard froid avant de détourner la tête.

« -Bella !

-Oui, Alice ?

-Edward te demandait si ton travail te plaisait ? S'exaspéra le petit lutin. Mais apparemment tu étais dans la lune.

-Pardon, s'excusa-t-elle en sentant ses joues se colorer, oui, mon travail me plaît, même si j'aimerais travailler un peu plus sur le terrain.

-Tu as tort, cela peut être dangereux.

Bella serra les poings et darda un regard noir dans les prunelles émeraudes, comment osait-il dire cela ? Ne la croyait-il pas capable de se défendre ?

-Il me semble que l'époque où seuls les hommes pouvaient porter une arme est révolue, il y a beaucoup de femmes dans la police et ce n'est pas parce que nos organes de reproduction ne sont pas à l'extérieur de notre corps que nous sommes incapables de faire un aussi bon travail que vous ! S'emporta-t-elle.

-Je n'ai jamais dit ça, la contredit il, à mes yeux les femmes sont aussi compétentes que les hommes, mais peu importe notre sexe, la rue est remplie de monstres contre lesquels nous ne pouvons rien.

-Peut-être, mais si un jour, je me trouve face à l'un d'eux, je ne fuirais pas.

-Alors, c'est que tu es stupide !

-Moi qui pensais que le courage était une valeur commune aux Cullen, il semblerait que je me sois trompée ! J'imagine que tu es le genre de mec qui quand il voit quelqu'un se faire agresser détourne les yeux et…

-Bella !

La jeune femme se tut quand elle entendit la voix de sa meilleure amie, cette dernière agrippa son poignet la suppliant silencieusement de se taire. La jeune femme inspira profondément avant de se tourner vers son interlocuteur qui avait remarqué le geste de sa sœur. Alors qu'elle pensait qu'il allait s'excuser, il n'en fit rien, il se contenta simplement de détourner la tête pour discuter avec Jasper. Décidément, cet homme l'horripilait ! Un peu plus tôt dans la soirée, elle avait décidé de faire bonne impression, mais sa résolution s'était maintenant envolée.

-Bella, tu viens m'aider ? Questionna Alice en avançant vers la cuisine.

La jeune femme se leva et suivie son amie. Une fois dans la cuisine, Alice ouvrit le frigo et sortit les amuses bouches que sa mère avait préparées.

-Je suis désolée, assura sa meilleure amie.

-Alice, s'exaspéra Bella, tu n'as pas à t'excuser pour lui !

-Je ne m'excuse pas pour lui, je m'excuse pour la tension qui existe entre vous, j'ignore pourquoi, mais tu ne sembles pas avoir une bonne image de mon frère, c'est quelqu'un de très bien et…

-Il trouve que je n'ai pas ma place dans la police, coupa Bella qui sentait revenir son énervement.

-Edward n'a pas dit ça ! Il a simplement dit que travailler dans la rue est dangereux et sur ce coup il n'a pas tort !

-Alice, je suis capable de me défendre. Tu crois qu'on nous apprend quoi à l'école de police ? A faire du tricot ?

-Je sais que tu es capable de te défendre, soupira sa meilleure amie, mais tu n'es pas non plus Wonder Woman !

-Je le sais et crois-moi que je risque de regretter mes propos si un jour je me retrouve dans une fusillade, mais tu peux comprendre que j'ai envie de faire mes preuves ! Je ne compte pas rester simple officier toute ma vie et si je veux devenir Inspecteur ou Lieutenant comme ton frère, il faut que je fasse mes preuves.

-Je comprends. Bien, nous allons retourner là-bas et tu vas être charmante, d'accord ?

-Et pourquoi ? Maugréa la jeune femme.

-Parce que mon petit doigt me dit que mon frère ne te laisse pas totalement indifférente.

-N'importe quoi !

-Ta rapidité à contester et tes magnifiques rougeurs, ma chère, sont les plus beaux des aveux, se moqua Alice.

-Et alors ? De toute manière, je trouve ton frère bien trop étrange pour le trouver charmant !

-Etrange ?

-Oui. Alice, réveille-toi ! Il ne vous a même pas dit que sa femme était morte !

-Ils n'étaient pas mariés, ils étaient seulement amis, riposta sa meilleure amie. Stefan est malheureusement le résultat d'une soirée de déprime où coulait un peu trop d'alcool, le préservatif n'a pas fait son travail et neuf mois plus tard j'étais tatie. Edward a reconnu le petit et ils ont vécu dans le même immeuble jusqu'à l'an dernier, ils pouvaient ainsi s'occuper facilement de Stefan. Cependant, Laila a rencontré quelqu'un et elle a déménagé pour s'installer avec lui. Tu sais, je ne l'ai vu que trois fois en 4 ans, ils n'étaient pas un couple, c'était clair dans leur tête, juste de bons amis, et quand Edward venait ou que nous lui rendions visite, Stefan était là, mais jamais Laila. Crois-moi, même s'il ne le montre pas, je sais qu'Edward est triste, je connais mon frère et puis, il y a Stefan, il n'a pas le droit de craquer.

-Tu peux dire ce que tu veux, son comportement fait quand même froid dans le dos ! Cette femme était tout de même la mère de son fils ! Répliqua Bella avec ferveur. Admets que si tu étais à sa place du aurais tout de même appelé ta famille ?

-Tu ne sais pas tout, Bella, souffla Alice d'un ton las, malgré tout l'amour que mes parents lui ont donné, malgré le fait que nous l'ayons toujours considéré comme notre grand frère, Edward a toujours…

-Alice !

Les deux jeunes femmes sursautèrent en entendant la voix sèche de l'aîné des Cullen. Sa meilleure amie mordilla nerveusement sa lèvre inférieure en se demandant, tout comme elle, depuis combien de temps il était là.

-Edward…

-Stefan a faim, dit-il simplement en les ignorants pour se servir dans le frigo. »

Alice et elle échangèrent un regard avant de quitter la cuisine, le regard noir d'Edward ne leur donnant aucune envie de s'éterniser dans la pièce. Cependant, au moment de sortir, il attrapa la main d'Alice pour la retenir et déposa un baiser sur sa tempe avant de la relâcher. Le sourire de sa meilleure amie revint sur son visage, elle savait qu'elle était pardonnée. Le reste du repas se passa dans la bonne humeur, elle ne lui avait plus adressé la parole et il l'avait imité. Cependant ce soir-là quand elle se retrouva dans sa chambre d'adolescente, elle ne put s'empêcher de repenser à lui. A un moment durant le repas, alors qu'il pensait que personne ne l'observait, elle avait pu lire une sorte de rage teintée de tristesse se peindre sur son visage, mais il avait vite remis son masque impassible avant que quiconque ne le remarque. Bella se coucha dans son lit et ferma les yeux, elle devait cesser de penser à lui.


Edward s'éveilla doucement. Il n'avait pas dormi ainsi depuis des jours, peut-être parce qu'il se sentait en sécurité ? Cependant, cela ne semblait pas être le cas de son fils. Les invités de ses parents étaient partis vers minuit, Stefan dormait depuis longtemps dans son lit et il était lui-même monté se coucher vers une heure. Une demi-heure plus tard, il s'était levé et précipité dans la chambre de son fils en l'entendant hurler « papa ». Il était en train de le bercer dans ses bras quand ses parents les avaient rejoint, il les avait rassuré, Stefan s'étant déjà rendormi dans ses bras. Edward porta son fils jusqu'à sa chambre et l'allongea à ses côtés. Alors qu'il ouvrait les yeux, un léger sourire se dessina sur son visage quand il se souvint que son fils l'avait appelé, il n'avait pas crié ou pleuré jusqu'à ce qu'il l'entende, non, il l'avait appelé « papa ». Tout en se redressant, il pria pour que Stefan continue de progresser.

Edward passa une main sur son visage, il sortit du lit et fut surpris de voir qu'il était presque 14 heures, il ne se rappelait jamais avoir dormi aussi longtemps ! Il fila vers la salle de bain, il soigna ses blessures avant de faire une toilette rapide. Une fois vêtu d'un pantalon en toile crème avec un tee-shirt blanc, il rejoignit le rez-de-chaussée qu'il trouva vide. Des éclats de rire attirèrent son attention et il rejoignit la terrasse. Les vestiges du repas de midi trônaient sur la table de jardin au-dessus de laquelle des parasols étendaient leur ombre protectrice. Un sourire se dessina sur son visage lorsqu'il vit sa famille en train de jouer dans la piscine. Stefan était installé sur les épaules de son grand-père et il combattait Rosalie qui était juchée sur le dos d'Emmett, sa belle-sœur poussa soudain un cri aigu avant tomber dans l'eau, entraînant son frère dans sa chute. Jasper et Alice prirent le relais pendant que Rose consolait Emmett qui n'aimait pas perdre même si c'était pour amuser son neveu. Il aperçut ensuite sa mère qui observait les autres jouer en compagnie de Bella, toutes deux étaient tranquillement assises sur les marches de la piscine. Son regard s'attarda quelques minutes sur la meilleure amie de sa sœur.

Bella Swan était sans conteste une ravissante jeune femme, ses longs cheveux bruns étaient retenus par une barrette à l'arrière de sa tête, sa peau semblait aussi douce que de la soie et son regard chocolatée lui donnait envie de la croquer. Oui, Isabella était vraiment magnifique, mais elle semblait aussi si fragile qu'hier soir quand il l'avait entendu parler de son désir d'avoir plus de travail sur le terrain, il avait eu peur pour elle. Bien qu'il sache qu'il ne fallait pas se fier aux apparences, la preuve Caitlin était redoutable dans un corps à corps, il n'avait pu s'empêcher de la mettre en garde.

« -Alors, on est réveillé la Belle au bois dormant ? Rit la voix tonitruante de son frère.

-Papa !

Son sourire s'élargit quand il entendit la voix de son fils, il parlait ! Carlisle s'approcha du rebord de la piscine et aida Stefan à en sortir, le petit garçon se précipita dans ses bras et il le serra fort contre lui, se moquant que ses vêtements se retrouvent mouillés.

-Hey, mon grand ! Tu t'amuses bien dans l'eau ?

Stefan hocha la tête pour lui dire que « oui », il fronça les sourcils en ne l'entendant pas répondre de vive voix.

-A part pour t'appeler, il n'a rien dit, lui apprit son père en devinant sa question muette.

-Tu veux manger quelque chose ? Lui demanda sa mère en caressant son bras pour le réconforter.

-Je vais me débrouiller.

-Non, assieds-toi et ne bouge pas !

Edward n'eut d'autre choix que de s'installer à table. Son père le rejoignit et le couva du regard, il regretta de ne pas avoir emporté ses lunettes de soleil. Il détourna les yeux pour voir que les nageurs avaient déserté la piscine pour se joindre à eux, enveloppés dans des serviettes. Sa mère ne tarda pas à revenir et déposa devant lui une assiette remplie de crudités et de blancs de poulet froid. Il la remercia d'un baiser sur la joue avant de manger tout en écoutant les autres discuter. A peine eut-il terminé son assiette qu'il sentit le regard enfantin de son frère se poser sur lui, quand il l'observait comme ça, cela voulait dire qu'Emmett préparait un mauvais coup !

-Alors, Eddie, t'as pas mis ton maillot ?

-Premièrement, ne m'appelle pas Eddie sinon tu risques de te retrouver dans l'incapacité de procréer, deuxièmement, non, je n'ai pas mis de maillot de bain parce que je ne compte pas me baigner.

-Pourtant avec cette chaleur ça te ferait du bien, renchérit Jasper avec un sourire espiègle.

En un clin d'œil, Jasper saisit Stefan qui était assis sur ses genoux pour le donner à Alice. Pendant ce temps, Emmett l'avait saisi par les aisselles et alors qu'il se débattait, Jasper vint lui donner un coup de main. Edward leur lança un regard noir ne souhaitant en aucune façon atterrir dans la piscine tout en serrant les dents car ses côtes n'appréciaient guère le traitement. Son frère et son beau-frère réussirent à le soulever quand tout à coup ils se figèrent.

-Non ! Papa ! Pas bobo ! Nooooon ! Papa !

Stefan se débattait comme un beau diable dans les bras d'Alice qui finit par le lâcher. Son fils se précipita sur Emmett qui était le plus près de lui et commença à le frapper avec ses petits poings. Aussitôt, Emmett et Jasper le relâchèrent et il s'agenouilla pour prendre l'enfant dans ses bras.

-Chut, souffla-t-il en lui caressant le dos, tout va bien, mon cœur, papa n'a rien, tu vois ?

Edward obligea son fils à se reculer de quelques pas pour que leurs regards se croisent. Ses pouces essuyèrent les larmes de son fils alors qu'il lui souriait tendrement.

-Tu vois, papa n'a rien. Tonton Emmett et tonton Jasper voulaient me faire une blague et me jeter dans l'eau, c'est un jeu, exactement comme quand tu jouais dans la piscine avec papi, tu t'en souviens ?

Stefan hocha la tête et il respira plusieurs fois profondément pour stopper ses larmes. Edward embrassa le front de son fils avant de se pencher pour murmurer quelques mots à l'oreille de son enfant. Tout en se redressant, il lança un regard d'avertissement à Jasper et à Emmett, ils avaient intérêts à jouer le jeu ! Stefan esquissa la même moue que son oncle quelques minutes plus tôt et, avec son aide, Stefan entraîna son oncle vers la piscine et Emmett sauta dans l'eau quand son neveu le poussa. Ils revinrent en courant vers la terrasse et Jasper subit le même sort pour la plus grande joie de Stefan qui ricanait des facéties de ses oncles. Edward prit son fils dans ses bras et ils regagnèrent leur place autour de la table. Les discussions reprirent, mais au bout d'une heure, il gagna le salon pour allonger Stefan qui somnolait sur le canapé, de là, il pourrait le surveiller. Quand il revint, il sentit peser sur lui le regard de Jasper.

-Quoi ? L'interrogea-t-il.

-Ça lui arrive souvent de faire des crises d'angoisse ? Questionna son beau-frère.

-Des crises d'angoisse ? Tu ne crois pas que tu exagères ? Répliqua Edward mal à l'aise.

-Il était vraiment terrorisé à l'idée que l'on puisse te faire du mal, constata tout haut Jasper soucieux.

-Il vient de perdre sa mère, tu ne crois pas que c'est normal qu'il craigne que je ne le quitte aussi ?

-Si, mais pas à ce point. Et puis, même si on est pas venu, on a entendu ses cris cette nuit.

-Ecoute, Jazz, Stefan est déjà suivi par un psy et si j'ai besoin de ton avis je te le demanderai. Je sais prendre soin de mon fils ! Je suis prêt à tout pour lui !

-Je n'ai jamais dit que… »

Edward décida qu'il en avait suffisamment entendu, il se leva et pénétra dans la maison. Il prit tendrement son fils dans ses bras et monta dans sa chambre. Il allongea Stefan dans son lit et l'y rejoignit. Ses doigts se perdirent dans les cheveux sombres de son enfant alors qu'il fredonnait une mélodie autant pour bercer son enfant que pour chasser ses sombres pensées. Lorsqu'il se sentit à nouveau maître de lui, il se releva et alla se passer de l'eau sur son visage. Il soupira et versa un peu d'eau dans un verre, il revint sur la pointe des pieds dans sa chambre dont il ouvrit le placard. Il en sortit sa valise et l'ouvrit, il déplaça le faux fond pour révéler plusieurs boîtes de médicaments. Edward prit plusieurs comprimés qu'il avala avec une gorgée d'eau. Il s'assit ensuite près de son fils et ferma les yeux, cherchant le peu de quiétude que lui apporterait certains des médicaments.


Bella avait observé sans dire un mot la dispute entre les deux amis. Elle comprenait l'inquiétude de Jasper et le reste de la famille semblait la partager, la réaction de Stefan lui avait apparu quelque peu disproportionnée, cependant, elle ne connaissait pas le petit garçon, ni les enfants en général, alors sa réaction était peut-être normale. Edward avait précipitamment quitté la table, emmenant son fils avec lui pour disparaître à l'étage. Jasper avait voulu le rattraper pour s'excuser, mais Carlisle lui avait demandé de ne pas bouger lui indiquant qu'il valait mieux laisser Edward se calmer tout seul. Bella avait aidé Esmé à débarrasser et Rosalie avec l'aide d'Alice nettoyèrent la cuisine pendant qu'elles remplissaient le lave-vaisselle. Elles avaient ensuite rejoint les hommes qui étaient installés sur les transats à l'ombre au bord de la piscine.

Une heure s'était écoulée quand Bella réalisa qu'il était temps pour elle de regagner le domicile de son père, ce dernier n'allait pas tarder à rentrer de sa partie de pêche avec son vieil ami, Billy Black, le père de son coéquipier. Elle regagna la villa et alla dans la chambre d'Alice, sa meilleure amie lui ayant dit d'utiliser sa salle de bain où elle pourrait se doucher et se changer. La jeune femme était en train de brosser ses cheveux humides quand elle vit la porte de la chambre s'entrouvrir lentement pour dévoiler Stefan. Le petit garçon se figea et l'observa avec un air incertain lorsqu'il vit que ce n'était pas sa tante, mais elle.

« -Hey, bonhomme, dit-elle doucement en s'accroupissant pour être à sa hauteur, tu as fini ta sieste ?

Les petits doigts de Stefan se mirent à triturer la bordure de son tee-shirt alors qu'il osait à peine la regarder.

-Ton papa s'est endormi ?

A ces mots, Stefan quitta la chambre pour partir vers celle de son père dont la porte était entrouverte. Bella hésita quelques secondes, mais quelque chose au fond d'elle lui dit de suivre l'enfant. Elle poussa la porte de la chambre pour pouvoir entrer. Ses sourcils se froncèrent quand elle vit Edward à moitié avachi contre la tête de lit, sa tête pendant bizarrement sur le côté. Stefan était monté sur le lit et secouait nerveusement le bras de son père pour qu'il se réveille tout en l'appelant, mais ce dernier ne semblait pas l'entendre. Inquiète, Bella s'approcha. La jeune femme faillit s'étaler sur le sol de la chambre après s'être pris les pieds dans une valise, alors qu'elle se relevait, elle remarqua plusieurs flacons orange qui avaient roulé hors du bagage. Son inquiétude augmenta en flèche quand elle reconnut des noms d'antidépresseurs et de somnifères. Elle se releva précipitamment pour atteindre Edward, ses doigts tremblants se posèrent dans le creux du cou de l'homme où elle fut soulagée de percevoir un pouls.

-Edward ! L'appela-t-elle. Edward ! Réveille-toi !

-Papa ! Gémit Stefan en sanglotant.

-Tout va bien, mon grand, papa fait juste un gros dodo, tenta-t-elle de le rassurer. Edward ! Edward, debout !

La jeune femme donna de petites tapes sur les joues du dormeur, mais il n'esquissa aucun geste. Sa panique s'accrut et elle se dirigea vers l'immense baie vitrée qui ornait un pan de mur pour appeler à l'aide, Carlisle saurait quoi faire.

-Papa !

-Chaton, murmura une voix rauque et ensommeillée.

Bella poussa un soupir de soulagement quand elle entendit le son de sa voix, elle revint près du lit. Edward sembla alors se rendre compte de sa présence et posa sur elle un regard troublé.

-Papa ? Interrogea doucement Stefan.

-Papa va bien, mon cœur, il faisait juste dodo.

Rassuré par ces paroles et surtout de le voir éveillé, le petit garçon se blottit dans les bras de son père pour un câlin. Combien de temps Stefan avait-il tenté de réveiller sans succès son père avant qu'il ne se décide à aller chercher un adulte ? Cet enfant n'avait vraiment pas besoin de ça ! Sa colère grandit alors envers Edward qu'elle fusilla du regard.

-Que fais-tu dans ma chambre ? Demanda celui-ci d'une voix pâteuse.

-Je me changeais dans la chambre de ta sœur quand ton fils est venu, il pensait sûrement trouver sa tante et je l'ai suivi ici pour le trouver en train d'essayer désespérément de te réveiller, gronda-t-elle sans crier pour ne pas apeurer Stefan, comment peux-tu te comporter de manière aussi immature et dangereuse avec ton fils ?

-Pardon ?

-Tu m'as très bien compris ! A quoi tu te shootes ?

-Me shooter ? Répéta Edward perplexe.

Sa fureur grandit face au visage empli d'incompréhension de son vis-à-vis, elle aurait pu s'y laisser prendre, il était un remarquable acteur, seulement, elle avait trouvé les boîtes de comprimés. Elle se retourna et s'agenouilla pour saisir ces dernières et les lui mettre sous le nez.

-Tu as fouillé dans mes affaires ! S'énerva l'homme.

-Je n'ai pas fouillé, j'ai trébuché sur ta valise et ils sont tombés ! Tu crois que ça va aider ton fils que tu prennes ces cochonneries ? Il n'a pas besoin d'un père toxicomane !

-Toxicomane ?

-Tu vas répéter tout ce que je dis ?

-Tires-tu toujours aussi rapidement des conclusions ou suis-je le seul à ne pas bénéficier de ta clémence ?

-Je n'ai rien contre toi.

-Vraiment ? Insista Edward en plongeant son regard dans le sien. J'en doute, souffla-t-il au bout de quelques minutes de silence, dis-moi, Isabella, pourquoi réagis-tu aussi vivement à la vue de ces comprimés ? Aurais-tu eu un problème de dépendance ?

-Quoi ? S'offusqua la jeune femme.

-Non, pas toi, sûrement l'un de tes proches. Pas ton père, je l'ai vu hier, ta mère peut-être ?

-Espèce de….

-Langage, Isabella ! La coupa-t-il en désignant Stefan.

-Tu ne perds rien pour attendre, Cullen ! Tu ne pourras pas toujours te cacher derrière ton fils !

-Je peux aller le confier à mes parents et nous pourrons reprendre cette conversation si tu le désires, proposa l'homme dont l'éclat des yeux l'interpella et la désarçonna.

-Euh, non… Je… J'aime beaucoup Esmé et Carlisle et je ne voudrais pas qu'ils aient de la peine à cause de toi, donc, débarrasse-toi de ces trucs.

-Tu n'as qu'à les prendre, dit-il d'un ton désinvolte qui la surpris.

-T'en as d'autres de planqué ? Suspecta Bella.

-Tu veux me fouiller ? Proposa Edward clairement amusé.

-Ecoute-moi bien Cullen, je t'avertis que si je remarque dans ton comportement que tu as encore pris de ces cochonneries, je dirais tout à tes parents, c'est clair ?

-Très clair, Officier Swan ! Railla-t-il. »

La jeune femme souffla d'exaspération avant de sortir de la chambre en claquant la porte. Cet homme l'exaspérait autant qu'il l'attirait ! Car même si elle ne l'aurait pas admis, même sous la torture, il l'intriguait, il y avait quelque chose chez lui, quelque chose de fragile, de tendre qu'elle rêvait de pouvoir rassurer, étreindre. Chassant ce sentiment de ses pensées, elle dévala les marches menant aux escaliers, puis, elle salua la famille Cullen avant de rejoindre sa voiture. Elle n'avait roulé que quelques mètres quand elle aperçut Edward avec Stefan dans ses bras sur le perron, tous deux agitaient la main pour lui dire au revoir. Elle appuya sur l'accélérateur tout en serrant le volant d'un geste énervé, oui, il fallait qu'elle se tienne loin d'Edward Cullen car elle ne savait pas si la prochaine fois qu'elle le verrait elle le frapperait ou l'embrasserait !


Bella laissa sa tête reposer contre l'appui-tête du siège passager, Jacob conduisait tranquillement dans une des rues huppée de la banlieue de Seattle. Bien entendu, après son petit laïus du week-end, Emmett l'avait enfin autorisée à aller patrouiller la nuit. La jeune femme avait un peu déchanté en voyant qu'ils allaient effectuer leur ronde dans une des parties les plus paisibles de la ville, Emmett avait d'ailleurs ricané en voyant son expression et elle se promit de le lui faire payer. La jeune femme laissa son regard balayer les rues désertes, il allait bientôt être trois heures du matin, et les passants étaient rares dans ce coin-là à une telle heure. Elle permit alors à son esprit de repenser à la soirée de la veille, elle était allée dîner chez Alice et Jasper, qu'elle n'avait été sa surprise lorsqu'elle avait remarqué qu'elle n'était pas la seule personne invitée. Assis autour de la table basse, Jasper et Edward faisaient une course de voiture avec Stefan. Dès qu'il la vit, l'enfant s'était précipité dans les bras de son père qui s'était alors tourné vers elle. Son cœur avait manqué un battement lorsque leur regard s'était croisé. La jeune femme avait rougi et détourné la tête face aux émeraudes inquisitrices. Le repas s'était passé relativement bien, même si elle n'arrivait toujours pas à cerner Edward Cullen, il pouvait être charmant avant de se révéler aussi froid qu'un iceberg ! En tout cas, ces gestes, son comportement, rien ne laissait deviner s'il continuait de prendre des médicaments ou non et les légères cernes qui entouraient ses yeux étaient peut-être la preuve d'un manque. A la fin du repas, elle n'en savait toujours pas plus sur lui, mais elle ne pouvait pas lui enlever un fait : il adorait littéralement Stefan et était attentif à la moindre de ses demandes, d'ailleurs, son visage n'était pas le même quand il s'occupait de l'enfant, elle retrouvait la partie douce, tendre de sa personne, celle qui l'attirait.

« -A toutes les voitures !

La voix du contrôleur radio s'éleva dans l'habitacle, Bella se redressa les sens soudain aux aguets.

-On vient de nous déclarer un incendie au 365 Maine Street, les pompiers sont en route, une assistance est demandée.

-Nous sommes juste à côté, réalisa Bella en attrapant le micro de la radio.

-Bella…

-Jake !

-Ok, soupira ce dernier en faisant demi-tour pour foncer vers le lieu de l'incendie.

-Ici patrouille 28, nous sommes sur North Street, nous nous rendons sur les lieux.

-Très bien patrouille 28, lui répondit le contrôleur, les pompiers seront sur place dans 5 minutes. Veuillez reprendre contact dès votre arrivée pour évaluation de la situation.

-Très bien.

-Patrouille 28, terminé.

-Terminé, répéta Bella.

Elle venait juste de raccrocher quand Jacob freina en se garant le long du trottoir. Ils descendirent et s'approchèrent de la maison dont la cave semblait en feu.

-Vous savez qui habite ici et s'ils ont pu sortir ? Demanda Jacob aux voisins qui observaient le spectacle depuis le trottoir.

-Jackson vit ici, mais sa voiture n'est pas dans l'allée, les informa un homme en pyjama.

-Son épouse ou ses enfants ? Interrogea Bella.

-Carry et lui se sont séparés il y a un an, les enfants vivent avec elle à Port Angeles, répondit la femme du voisin qui les avait renseigné.

-Vous êtes sûr qu'il n'y a personne à l'intérieur, insista la jeune femme en observant les flammes qui commençaient à gagner le rez-de-chaussée.

-Je ne pense pas, répondirent les époux en même temps.

-Je…

-Oui, Madame ? Dit-elle en se tournant vers une dame âgée.

-Il me semble… Je n'en suis pas sûre…

-Madame, il y a peut-être quelqu'un à l'intérieur, la pressa Bella, dites-moi ce que vous savez !

-J'ai cru entendre des cris, avoua la vieille dame, mais c'était avant que l'incendie ne se déclenche et je n'avais pas mon appareil auditif alors…

-Il faut entrer ! Il est peut être à l'intérieur ! Dit Bella à Jacob qui la retint par la main.

-Attends ! On est pas équipé pour !

-Mais…

-Les pompiers sont là ! Cria Jacob en la lâchant pour courir vers ces derniers.

En quelques secondes, les pompiers déployèrent les tuyaux et un groupe pénétra dans la maison pendant qu'ils s'occupaient de maintenir un paramètre de sécurité pour que les hommes du feu ne soient pas gênés dans leur travail tout en récoltant des témoignages. Il ne fallut qu'un quart d'heure aux pompiers pour maîtriser et éteindre l'incendie. Le capitaine s'approcha alors d'eux.

-Vous feriez mieux de dire à votre supérieur de venir, leur lança-t-il discrètement.

-Pourquoi ? Questionna Jacob en fronçant les sourcils.

-Il y avait quelqu'un dans la cave, leur apprit-il.

-Il a été surpris par le feu ? Demanda Bella.

-Non, à mon avis, l'incendie a été déclenché pour effacer les traces.

-Les traces ? Répéta Jacob perplexe.

-Il y a un homme en bas, suspendu à des poutrelles par des menottes, à mon avis le feu était là pour masquer d'éventuels indices.

-Bella, préviens Emmett ! Ordonna Jake.

La jeune femme hocha la tête et appela leur Lieutenant. Emmett l'avertit qu'il arrivait le plus vite possible avec la police scientifique. Suivant ses ordres, ils firent sortir les pompiers pour préserver au mieux la scène de crime, mais pas mal de dégâts avaient déjà étaient causés par le feu et l'eau. Une fois, Emmett arrivé, ils s'approchèrent de la maison en compagnie de deux policiers de la scientifique et du capitaine des pompiers.

-Je vous préviens, c'est pas beau à voir, les avertit le capitaine en haut des marches menant à la cave.

-Bella, tu devrais peut-être…

Emmett ne termina pas sa phrase quand il rencontra son regard noir, le grand brun se contenta d'hausser les épaules avant de suivre le capitaine dans la cave.

-Je pense que le ou les meurtriers ne pensaient pas que nous arriverions aussi vite ou alors ils ont mal fait leur boulot, le corps n'est pas entièrement brûlé.

Bella atteignit la dernière marche, elle aurait aimé prendre une grande inspiration pour se donner du courage mais l'odeur de chair brûlée l'en dissuada. Lentement, elle leva les yeux. Au milieu de la cave à moitié calcinée, un cadavre était suspendu. Les trois quarts du corps était brûlé, mais sur le peu de peau qui avait échappé aux flammes on pouvait voir de profondes coupures et des brûlures en forme de V. Elle s'interrogea sur ces dernières avant de comprendre que l'homme avait été marqué au fer rouge comme un animal. Ses yeux se posèrent alors sur le visage qui avait étrangement était épargné par les flammes, une sueur froide coula le long de son échine et ses jambes tremblèrent quand elle vit à quel point les traits de la victime laissaient transparaître sa peur, sa douleur. Son estomac se contracta.

-Sors !

Elle leva des yeux perdus vers Emmett qui venait de lui crier dessus.

-Sors ! Immédiatement !

Son supérieur l'empoigna violemment pour lui faire remonter les marches ce qu'elle fit d'un pas tremblant. A peine était-elle sortie de la maison qu'elle vomit. Une main peu douce tapota son dos et l'aida à se redresser.

-Vaux mieux que ça soit ici qu'en train de maculer ma scène de crime qui soit dit en passant est déjà suffisamment souillée.

-Désolée, dit-elle à l'adresse d'Emmett qui lui tendait une bouteille d'eau.

-Pas de soucis, moi aussi ça m'a retourné, c'est pas beau à voir.

-Mais t'as pas vomi.

-J'ai plus d'expérience que toi. Allez, grimpe dans la voiture, Jacob et toi vous rentrez au poste, je veux que vous me fassiez des recherches sur ce Jackson Williams et trouvez-moi les coordonnées de son ex-femme. Demandez à Bennett et Quil de relire les témoignages des voisins pour voir s'il n'y a pas d'indice, qu'ils cherchent aussi la voiture de Williams. Allez, courage ! »

Emmett lui donna une tape dans le dos avant de retourner dans la maison. Bella versa un peu de l'eau de la bouteille sur son visage avant de rejoindre Jake à la voiture, il était aussi pâle qu'elle et cela la rassura quelque peu. Cependant, alors qu'elle s'installait dans la voiture, elle put entendre la voix d'Edward Cullen lui rappeler qu'elle n'était qu'une petite chose fragile et que sa place n'était pas ici. Bella serra ses poings, elle allait lui prouver qu'il avait tort, comme tous les autres que ce soit Charlie ou Jacob, elle allait leur montrer de quoi elle était capable ! Oui, elle allait résoudre cette affaire se répéta-t-elle alors que le rire moqueur d'Edward résonnait à ses oreilles.