Bonjour, voici une petite histoire en deux chapitres, normalement c'était un OS mais comme d'habitude je me suis emballée. Je vous souhaite une bonne lecture. Sorcière noire.

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Irrésistibles morsures.

-Ron ! dépêche-toi, nous partons en mission dans cinq minutes, cria Harry Potter en passant la tête à la porte qui donnait sur la salle de repos des aurors.

-Hey ! mais il fait nuit et notre journée est finie, et puis on vient de revenir de mission justement. On a bien le droit de souffler un peu quand même !

-Tu le feras quand on reviendra, remue-toi, c'est juste une visite de routine.

-Et où on va cette fois ? demanda le rouquin en se levant du canapé où il s'était affalé.

-Chez Perséphus.

-Encore ! mais c'est la troisième fois cette semaine.

-Je sais, répondit Harry en repoussant une de ses mèches rebelles en arrière. Mais ce soir Lukas nous accompagne, d'ailleurs il doit déjà nous attendre à la zone de transplanage.

-Et qu'est-ce qu'ils veulent qu'on trouve chez Perséphus ? Je me demande pourquoi ils insistent autant à nous envoyer là-bas puisqu'on en revient à chaque fois bredouille ?

-Tu sais que ce soir un vampire a été vu rôdant dans le quartier, il est blessé parait-il, et comme Perséphus est un revendeur illicite de sang on suppose que l'homme va tenter de se rendre chez lui, tu sais que Persé est reconnu pour son trafic de tout et de n'importe quoi ?

-Perséphus n'est pas un mauvais bougre, Harry, le ministère ferait mieux de s'occuper de ses affaires qui ne sont pas des plus honnêtes, si tu vois ce que je veux dire, ajouta le rouquin en arrivant à la zone de transplanage avec Harry. Ces perquisitions sont inutiles et ce vampire doit déjà être loin.

-Ouais, je vois très bien ce que tu veux dire sur l'honnêteté du ministère, cependant ça fait quatre ans qu'on fait ce métier, et jamais rien n'a été inutile, comme tu dis.

-Salut, Lukas, ricana Ron en voyant le grand échalas un peu gauche qui venait d'intégrer la brigade depuis un peu moins d'un mois.

-Bonjour, monsieur Weasley, monsieur Potter…

-Lukas, je t'ai déjà dit de nous appeler par notre prénom, soupira Harry, exaspéré. Ici entre nous il n'y a pas de monsieur qui tienne.

-Heu ! oui c'est vrai, monsie…..Harry.

-Vous êtes prêts ? rigola le fils de Molly, alors allons-y. En route pour la boutique de Perséphus, le plus gros trafiquant du Chemin De Traverse et bête noire du ministère, ironisa le rouquin.

Les trois aurors se volatilisèrent dans un claquement retentissant et réapparurent devant un magasin d'allure austère, aux vitres sales, et aux volets qui pendaient misérablement sur le côté. La boutique située dans l'Allée Des Embrumes ne respirait pas l'honnêteté, c'est vrai, pourtant Harry avait vu pire depuis qu'il avait intégré le corps des aurors.

-Je rentre le premier, ordonna le survivant. Lukas tu restes ici et tu surveilles les alentours, ne laisse personne entrer tant que nous ne sommes pas ressortis, Ron et moi.

-Personne ne rentrera, affirma la nouvelle recrue en sortant sa baguette et en l'agitant dans tous les sens.

-Rentre ça, idiot, tu vas blesser quelqu'un ! l'apostropha le Gryffondor en fronçant les sourcils. Tiens-toi prêt, inutile de te faire remarquer.

Harry et le roux pénétrèrent dans le magasin qui n'était pas encore fermé à cette heure du soir. Une ou deux lampes éclairaient les lieux mais ils n'y voyaient pas grand-chose quand même, Perséphus aimait s'entourer d'obscurité et de ténèbre. Pour mes clients spéciaux, disait-il parfois.

Ron fit le tour des étalages qui supportaient un tas de trucs étranges, et après avoir salué l'homme d'un signe de tête il alla vérifier la réserve. Harry, lui, monta à l'étage sous le regard amorphe mais néanmoins inquiet de Perséphus qu'il ignora délibérément.

L'homme n'a pas l'esprit tranquille, pensa Harry. Celui-ci sut qu'il avait raison quand il entendit une lame de parquet grincer subrepticement à l'étage. Il se retourna lentement et plongea dans le regard du boutiquier dont les yeux se firent implorants.

L'auror regarda de nouveau devant lui et grimpa le reste des marches en pointant sa baguette en avant. Le jeune sorcier de vingt-quatre ans ne mit pas longtemps avant de remarquer des gouttelettes de sang qui parsemaient le plancher du couloir et qui le conduisirent dans une chambre encore plus sombre que le rez-de-chaussée.

D'un lumos sa baguette s'éclaira, puis il fit le tour de la pièce sans parvenir à trouver à qui appartenait le sang frais sur le sol.

-Je vais vérifier les autres pièces, le prévint le roux depuis le même palier que celui de Harry.

Le Gryffondor allait sortir de la chambre quand il avisa un insignifiant morceau de tissu noir, provenant d'une cape sans doute, dépasser de derrière la porte. Porte qu'il avait négligé de vérifier, comme un imbécile qu'il était.

Harry entendit Ron se diriger vers l'autre chambre tandis qu'il poussait lentement le battant de bois et apercevait, médusé, un homme ensanglanté qui semblait plus près de la mort que de la vie.

Sans se préoccuper de savoir pourquoi, l'auror aux yeux verts effaça sans perdre de temps les traces de sang, rangea sa baguette dans sa poche, et fit signe au fugitif de se taire et de ne faire aucun mouvement. Celui-ci opina avec difficulté en soufflant imperceptiblement de soulagement.

-Je reviens, attendez-moi, j'en ai pour même pas dix minutes, vous entendez ? chuchota l'auror. Vous n'êtes pas en sécurité ici, je vais vous ramener à Poudlard.

-Je ne suis pas sourd, Potter.

-Sourd, non, mais dans un sale état, certainement. Avez-vous pu boire au moins ?

-Pas eu le temps, suis tombé dans un piège, des moldus, trop nombreux, ahana le maître des potions qui avait été blessé en plusieurs endroits et qui s'affaiblissait de plus en plus.

-Harry, tu as fini avec la chambre ? interrogea l'auror Weasley depuis le couloir.

-Ouais, on peut partir, il n'y a rien d'intéressant ici, Ron.

-Tant mieux, mec. Il me tarde de rentrer chez moi, je suis crevé là !

-Tu peux rentrer directement si tu veux, moi je vais ramener Lukas avant de faire comme toi, on se verra lundi de toute façon.

-D'accord, à lundi alors, dit Ron en descendant les escaliers avec Harry qui l'avait rejoint et qui espérait que Snape allait l'attendre et ne pas faire une autre folie comme celle qu'il venait de tenter ce soir. D'ailleurs il était même étonnant qu'il n'ait pas attendu la pleine nuit avant d'agir, pourquoi une telle précipitation ?

Après qu'il ait raccompagné Lukas au quartier des aurors, Harry repartit sans perdre une minute à la boutique de Perséphus qui avait entre-temps fermé ses volets brinquebalants.

-Est-il toujours là-haut ? interrogea-t-il sous l'œil effaré de l'homme qui sursauta quand il vit le survivant devant lui sans qu'il ne l'ait entendu entrer.

-Mais….mais…je vous croyais parti, monsieur Potter !

-Inutile de vous inquiéter, je ne viens pas arrêter Snape, je veux juste l'aider.

-Oh ! Mais il n'y a personne là-haut…..

L'auror n'écouta pas les dénégations inutiles de l'homme, il monta les marches deux par deux avant de pénétrer dans la chambre et de vérifier si Snape y était encore ou s'il avait eu assez de force pour rentrer à Poudlard. Le maître des potions n'était plus derrière la porte, mais du sang encore frais partait en direction d'un vieux fauteuil décrépi. Harry ordonna un lumos à sa baguette et vit Snape, sans connaissance et plus pâle que jamais, affalé sur le siège de velours noir.

-Avez-vous des poches de sang ? demanda le survivant en se retournant vers le propriétaire de la boutique qui l'avait suivit en silence.

-Oui, avoua l'homme, mais elles ne sauveront pas Severus. C'est du sang que je vais chercher dans les abattoirs moldus, et lui ce qu'il a besoin c'est de sang humain, et ça je n'en ai plus, et puis il les a toujours refusées jusqu'à maintenant, j'essayais de le persuader de me laisser aller lui chercher une proie avant que vous n'arriviez avec vos amis aurors tout à l'heure. Je sais bien qu'il ne l'aurait pas mordue mais au moins j'aurai essayé.

-Depuis combien de temps est-il ici ?

-Deux heures, il n'a pas pu retransplaner, il est trop faible. Et puis je crois qu'il a reçu plusieurs balles en argent dans le corps, je n'ai pas eu le temps de vérifier, sans compter que cela n'aurait pas été facile de l'approcher, je me demande comment vous, vous y êtes parvenu sans qu'il ne vous arrache la gorge ?

-Je doute qu'il m'ait attaqué, et pour ce qui est des balles en argent elles ne peuvent rien contre lui, les moldus sont-ils ignares au point d'ignorer que l'argent tue les loups-garous et non les vampires ?

-Tout est bon pour les moldus quand il s'agit d'éliminer ce qu'ils appellent, la vermine, cracha avec haine le protecteur des buveurs de sang.

-Bien, souffla Harry, comme il n'y a pas trente-six solutions et que le temps presse je vais lui donner un peu du mien. Juste ce qu'il faut pour le tirer d'affaire et le ramener en lieu sûr à l école.

-Je ne crois pas que ce soit une si bonne idée que ça, monsieur Potter, grogna l'homme. Imaginez qu'il fasse une dépendance à votre sang ?

-Impossible, on se déteste trop pour ça, rigola le jeune homme.

-Alors pourquoi essayez-vous de lui sauver la vie ?

-Parce qu'il a sauvé la mienne un nombre incalculable de fois, alors je lui dois bien ça. Et vous, pourquoi l'avez-vous caché chez vous et protégé ?

-Severus est un ami de longue date, et il était aux abois, c'était normal que je lui vienne en aide. Hélas je crois bien qu'il va vous être difficile de le faire revenir à lui afin qu'il vous morde. Cela-dit peut-être que quelques claques devraient faire l'affaire, Severus a horreur de ça, pouffa l'homme heureux de savoir qu'enfin quelqu'un allait s'occuper convenablement de Snape.

-Laissez-nous seul un moment, ensuite nous partirons et vous pourrez récupérer votre chambre, Perséphus.

-Comme vous voulez. Oh ! monsieur Potter, encore une chose, vous venez bien de dire que c'était vous qui allait ramener Severus….

-Oui, et alors ?

-Je crois que vous présumez de vos forces. Cela-dit je vous souhaite bonne chance, le vampire de Severus n'est pas toujours commode quand il prend le contrôle, marmonna l'homme en refermant la porte derrière lui.

Harry dévisagea Snape, celui-ci avait changé en quatre ans. Il semblait plus…beau, même si sa joue portait une estafilade et que beau n'était pas vraiment un mot qu'on pouvait attribuer à Snape. Pourtant il avait un petit il ne savait quoi qui le rendait beau. Il était toujours aussi grand et mince et son nez était toujours busqué, lui donnant un air sévère qu'il lui avait toujours connu.

L'auror repoussa doucement la tête du maître des potions en arrière puis il retira sa cape à l'insigne des aurors, son pull aussi, il échancra largement sa chemise en se demandant si finalement il n'était pas en train de faire une connerie monumentale, puis regarda l'homme sans connaissance.

Un peu de cran, se fustigea-t-il en lui-même. Qu'est-ce que Snape pourrait bien lui faire vu l'état lamentable dans lequel il était ? rien, bien évidemment.

-Snape ? appela l'auror, on se réveille là-dedans ! On sort ses petites canines pointues et on mord gentiment le monsieur sans lui faire de mal. Hey, Snape ! vous m'entendez ? le repas est servi !

Aucune réaction, l'homme semblait vraiment au plus mal, il allait devoir prendre des mesures radicales et ça ce n'était pas pour lui plaire plus que cela. Quoiqu'à bien y réfléchir donner des baffes à Snape il en rêvait depuis des années, sourit Harry en regardant le joue blafarde.

Le jeune homme ne mit pas deux heures pour lever sa main et flanquer une gifle retentissante au maître des potions qui réagit immédiatement.

-Cessez ça immédiatement si vous ne voulez pas vous retrouver sans votre main !

-J'essayais de vous réveiller, il ne faut pas rester ici, vous n'y êtes pas en sécurité, Snape.

-Foutez-moi la paix, je veux mourir, que j'en finisse une bonne fois pour toute avec ces imbécilités…..

-Pas question, en tout cas pas si je peux faire quelque chose pour empêcher ça, Snape.

-Je ne vous ai rien demandé, Potter.

-Bon au moins vous savez qui je suis, c'est déjà ça.

-Très drôle, maintenant allez-vous-en et laissez-moi crever tranquillement. Et puis je ne mords pas les humains, vous l'avez deviné ça, non ? sinon c'est que vous êtes encore plus bête que je ne le croyais.

-Pour quelqu'un qui est près de la mort vous semblez bien bavard. Et puis je vous rappelle que c'est moi qui vous l'ai proposé de mon plein gré, alors arrêtez de faire votre capricieux et votre tête de mule et sortez vos petites quenottes pointues.

Harry posa ses deux mains sur les accoudoirs du large fauteuil et s'assit sur les genoux du maître des potions qui grogna en se raidissant. Sans faire attention aux bougonnements le jeune sorcier approcha son cou au plus près des crocs du vampire qui devint fébrile, et dont les yeux rouges qui venaient de s'ouvrir brillèrent de convoitise en sentant la carotide battre furieusement devant son nez.

-Vous voyez, quand vous voulez, souffla le survivant en se sentant moins sûr de lui surtout que Snape haletait dans son cou en se cramponnant à ses bras.

-C'est juste ma nature qui reprend le dessus, Potter, le vampire en moi ne veut pas mourir, lui.

-Et il a bien raison, Snape. Que ferait Albus sans vous à Poudlard ?

Harry ne connut jamais la réponse. Des canines d'une longueur impressionnante transpercèrent sa gorge et une bouche goulue aspira immédiatement le sang avec ferveur et gourmandise. L'auror qui s'était préparé à ressentir une énorme douleur fut surpris. La légère piqûre n'était pas si horrible que ça, comme une prise de sang, sans plus.

Une main longue et fine se plaqua sur sa nuque tandis que l'autre caressait involontairement sa cuisse. Peu à peu toutes les blessures du vampire se refermèrent et se cicatrisèrent instantanément. Harry déjà dans les limbes entendit quand même des balles d'argent tomber sur le sol de la chambre.

Le maître des potions se sentait de mieux en mieux, ses sens revenaient au complet, tous ses sens. Il se retrouvait enfin entier et pas comme quand il buvait le sang des animaux, non là c'était bien différent, il se sentait vraiment complet, comme un véritable vampire devait l'être quand il s'abreuvait à une gorge humaine. Le sang de Potter était incomparable, si délicieusement bon, si exquis, si parfumé, si plein de lui que s'en était déstabilisant.

Potter venait de lui donner une part de lui sans prendre le temps de réfléchir comme d'habitude.

Snape allait s'en remettre même s'il venait de braver l'interdit qu'il s'était fixé. Il savait pertinemment que le sang qu'il buvait avant n'allait pas le maintenir en vie bien longtemps. Evidemment il avait pensé mourir sur le coup mais son vampire ne lui aurait jamais permis une chose pareille et Snape savait qu'il aurait pris le dessus, ce qu'il venait de faire avec Potter d'ailleurs.

Snape arrêta sa ponction mais garda ses lèvres sur la gorge, il passa sa langue sur les deux trous infimes afin qu'ils se referment, puis ses deux mains enveloppèrent la taille du survivant qui bien malgré lui se frottait lascivement contre son bas ventre.

Severus Snape n'ignorait pas qu'il pouvait y avoir une relation sexuelle pendant ou après une morsure, il savait aussi qu'il ne pouvait empêcher ça, que c'était naturel pour le mordu et le vampire. Seulement là il ne se sentait pas le droit de faire ça à Potter, il venait quand même de lui sauver la vie. Mais d'un côté il ne pouvait pas le laisser dans un tel état d'excitation non plus.

L'homme rapprocha encore plus près les hanches du jeune auror des siennes, et dans un mouvement passionné il se frotta indécemment contre la virilité du plus jeune qui semblait être à mille lieux de là. Snape osa même entamer un baiser auquel Harry répondit avec ferveur même si sa tête se trouvait dans un brouillard bienfaisant.

Le sorcier et le vampire se libérèrent par à coup dans leurs vêtements qui devinrent poisseux de leur semence. Snape reprit son souffle dans le cou du Gryffondor qui était endormi, épuisé par sa perte de sang et par l'orgasme qui avait suivi.

Snape ferma les yeux de contentement. Jamais il n'avait vécu une pareille expérience et c'était fabuleux ce désir dans ses reins qui avait embrasé son corps en entier. Depuis combien de temps n'avait-il pas ressenti un telle envie de sexe ? Il ne lui avait même pas fallu cinq minutes pour se rendre dans son pantalon, Potter non plus d'ailleurs.

Il recommencerait bien si le garçon n'était pas endormi, songea Snape en frottant sa hampe redevenue droite et dure contre l'aine de Harry.

-Je peux monter ? demanda Perséphus depuis le bas des escaliers.

-Tu peux venir, Perséphus, gronda le maître des potions en entendant de son ouïe fine l'homme lui demander la permission.

-J'avais le pied sur la première marche, s'étonna le boutiquier en entrant dans la chambre, comment tu…..ouais, laisse tomber, ajouta-t-il devant l'air moqueur de Snape.

-Tu es seul ?

-J'ai fermé la boutique, précisa Perséphus. Alors il t'a nourri ?

-Oui.

-Tu devrais prendre un calice, Severus, cela t'éviterai beaucoup d'ennui par la suite.

-Je commence à croire que tu as raison, mais m'attacher à quelqu'un me semble une décision difficile, enfin pour moi tout du moins.

-Toujours ce choix de vivre seul, hein ! pourtant un jour il faudra que tu y arrives, alors pourquoi pas de suite ? surtout que celui que tu tiens contre toi n'est pas moche du tout.

-Merci de m'avoir permis de me cacher chez toi, ajouta Severus Snape pour éviter de parler calice et Potter dans la même phrase.

-Je n'ai pas fait grand-chose puisque ce jeune auror t'a découvert. D'ailleurs je me demande pourquoi il t'a protégé ? enfin, toujours est-il que si ces deux aurors t'avaient embarqués ils n'auraient pas passés le seuil de ma boutique, un bon stupéfix et je t'aurai sorti de leurs griffes.

-Avec Potter je ne sais pas si tu y serais parvenu, il parait qu'il est un très bon auror.

L'homme au faciès un peu ingrat et grand ami de Snape, ricana.

-En attendant il ne connaît rien aux vampires. Imagine-toi qu'il m'a dit qu'une fois que tu auras bu de son sang, que c'est lui qui te ramènera à Poudlard ? Risible, non ?

-Ce jeune Gryffondor impétueux n'a pas songé une seule seconde que justement son sang allait me régénérer entièrement, et que c'est lui qui allait se retrouver sans force.

Snape se dégagea souplement du fauteuil et souleva Harry comme s'il ne pesait rien du tout.

-Tu l'emmènes avec toi ?

-Oui, il a besoin d'une potion génératrice et de beaucoup de repos. J'espère que demain matin il ira mieux sinon un vieux fou risque de me faire payer ça au centuple.

-Tu sais que le vieux fou en question te considère comme son fils, alors il ne sera pas trop sévère. Tu remercieras Potter de ma part, grâce à lui j'ai évité un aller retour à Londres pour te ramener une victime, bien je lui ai affirmé que tu étais foutu, ce qui n'était pas tout à fait faux, mais bon c'était un pieu mensonge, mon ami.

-Je ne sais pas si j'aurai bu, Perséphus. J'étais tellement découragé et dégoûté….

-Ben toi aussi ! aller attaquer un troupeau de brebis trois fois de suite, forcément les moldus allaient t'attendre avec des armes ! A quoi as-tu pensé, Severus ?

-La faim est mauvaise conseillère, mon ami, soupira le maître des potions qui resserra sa prise sur le corps inconscient contre lui en passant machinalement sa main sur le dos en une caresse lente et possessive.

-Je t'ai connu plus prudent que ça, que t'arrive-t-il ?

-Je te l'ai déjà dit, le sang des animaux ne me satisfait plus, il m'en faut de plus en plus pour que je me sente un minimum vivant, et au bout de deux heures la faim revient.

-D'où je te dis qu'il te faut un calice.

-J'y réfléchirai plus tard, ne m'en veut pas de te quitter mais je dois m'occuper d'un certain auror.

Le vampire reposa la tête du jeune homme sur son épaule, ramassa le pull et la cape du morveux et jeta une poignée de poudre de cheminette dans l'âtre du bon Perséphus après y être entrer avec son fardeau, pour atterrir quelques secondes plus tard dans sa propre chambre, dans les cachots de l'école de sorcellerie de Poudlard. Il déposa le survivant sur son lit puis il le déshabilla entièrement à l'aide de sa magie et le glissa entre les couvertures.

Snape s'assit ensuite au bord du lit et caressa les cheveux noirs en les repoussant un peu sur le côté. Il passa ensuite son doigt sur le visage, cajolant les lèvres douces pour ensuite poser son index sur la morsure, d'où résidait deux petites marques qui allaient rester quelques jours, comme un rappel à sa folie.

-Courageux et stupide, Potter, murmura le maître des potions au jeune homme endormi. Il n'y avait que vous d'assez téméraire pour tendre sa gorge à un vampire assoiffé. Je me demande pourquoi vous avez agi ainsi ? j'aurai pu vous vider de votre sang et vous tuer, est-ce que vous en êtes lucide ?

Le professeur laissa son regard d'ébène glisser sur la peau découverte du Gryffondor. Un corps très beau quoique un peu fin pour un homme, mais désirable à souhait. La peau légèrement dorée semblait si soyeuse, la bouche où il avait déjà posé ses lèvres l'appelait encore, il se sentait attiré par Potter, fortement attiré. Probablement une des conséquences de la morsure, pas de quoi s'inquiéter pour l'instant, raisonna Snape qui occulta le fait que Potter l'attirait bien avant ça.

L'homme se força à quitter la chambre bien qu'il aurait voulu rester près de sa victime consentante. Parvenu dans son salon il appela un elfe de maison et ordonna que les vêtements qu'il lui tendait soient lavés et repassés impeccablement, et ramenés ici dans les plus brefs délais.

-Vous les déposerez sur le canapé si je ne suis pas là, ajouta-t-il. Et interdiction d'aller dans la chambre, je ne tolérerai pas ça, est-ce bien compris ?

L'elfe acquiesça en secouant la tête plusieurs fois de suite puis il prit les vêtements et disparut du salon sans demander son reste. Personne m'aimait venir chez le maître des potions et les elfes de Poudlard encore moins que les autres.

Snape n'eut pas le temps de se rendre dans le bureau d'Albus Dumbledore qu'il le vit sortir de sa cheminée comme un diable de sa boîte.

-Ah ! te voilà ! j'étais soucieux, Severus.

L'homme aux robes noires bougonna en faisant un vague signe de la main, semblant dire qu'il était assez grand pour s'occuper de lui.

Le directeur de l'école remarqua la robe déchirée et les tâches sombres qui la parsemaient, ce qui ne voulait dire qu'une chose. Ses yeux bleus perdirent de leur éclat et il dut s'assoir pendant que Snape levait les yeux au ciel.

-Je ne suis pas encore mort que je sache ! inutile de prendre cet air si affligé, Albus.

-Tu l'es déjà, Severus, et c'est bien suffisant pour moi.

-Si vous ne vous preniez pas pour mon père vous vous éviteriez tous ces soucis.

-Tu crois ça, Severus ?

-Oui, bon, je peux encore espérer, non ?

-Comment t'en es-tu sorti ? parce qu'à voir comment tu es revenu je suppose que tu as été agressé, par qui d'ailleurs ?

-Des moldus, avoua du bout des lèvres le vampire. J'ignorais qu'ils étaient aussi superstitieux dans nos campagnes. Deux ou trois malheureuses brebis égorgées et les voilà de suite qui pensent « vampires » comme si nous étions les seuls à agir ainsi !

-Le moldu a toujours été superstitieux, ce n'est pas nouveau, par contre tu aurais dû être plus prudent.

-Ce soir ce n'était guère possible, la faim était beaucoup trop présente en moi.

-Il faut, et ne va pas te fâcher ou t'enfuir, que tu penses sérieusement t'abreuver à une gorge humaine à l'avenir, Severus. Voilà des années que ton corps le réclame.

-Ben justement, je peux bien attendre quelques années de plus !

-Si tu me disais pourquoi tu parais en très grande forme ? A part ta tenue débraillée tu sembles comme complètement régénéré. Si je ne te connaissais pas si bien je dirais que tu as bu du sang humain.

Snape prit place à son tour dans un fauteuil, eh bien qu'il avait plutôt envie de se retrouver près d'une certaine personne aux magnifiques yeux verts, il s'obligea à rester là. En vérité son vampire voulait rejoindre Potter, comme s'il l'appelait, comme si son corps avait besoin de sa présence, une envie profonde de poser ses mains sur lui et de plonger son nez dans son cou pour respirer son odeur.

L'homme remua sur son siège mal à l'aise, une petite douleur lui comprima le cœur, il l'ignora mais c'était dur de résister. La conversation qui allait suivre, pensa-t-il n'allait pas être de tout repos, surtout quand Albus allait apprendre le nom de celui qui l'avait abreuvé à sa gorge. Bon là apparemment le vieux fou attendait une réponse.

-Ma victime est en ce moment dans mon lit, vieux curieux. Il se repose et quand il se réveillera je lui ferai boire une ou deux potions de régénération sanguine. Vous voilà rassuré ?

-Pourquoi un humain ?

-Il m'y a obligé.

-Pour quelle raison ?

-J'allais mourir…une deuxième fois, et il n'avait pas l'air d'aimer cette option, grogna le maître des potions. On se demande bien pourquoi ? après tout nous n'avons jamais étés, lui et moi, en très bon terme, si je puis dire.

-Qui est cet homme ?

-Je vous autorise à aller le voir mais ne le réveillez pas et ne le touchez pas, il doit absolument reprendre des forces.

Snape faillit dire ne le regardez même pas, restez ici, n'allez pas dans cette chambre qui abrite mon compagnon, mon calice. Il se retint, ses mots n'étaient pas les siens, juste ceux du vampire qui était en lui, se mentit-il pour plus de commodité.

Dumbledore se leva lourdement et alla dans la chambre, quand il en revint il retourna s'assoir à la même place tandis que Severus faisait léviter vers lui une tasse de thé bien odorante que le vieil homme prit distraitement.

-C'est bien Harry qui repose dans ton lit, Severus ? et tu dis que c'est lui qui t'a obligé à boire de son sang ?

-J'étais coincé chez Perséphus quand les aurors sont arrivés. Potter m'a découvert dans la chambre, c'est lui qui a caché ma présence aux autres et qui est revenu dix minutes plus tard pour m'offrir sa gorge, comment vouliez-vous que j'y résiste ?

-J'imagine qu'effectivement tu n'as pas su y résister, il faudra que j'ai une discussion avec Harry demain, s'il a récupéré des forces, bien entendu.

-Je pense que oui, il faut dire que je me suis laissé un peu emporté, il y avait tellement longtemps que je n'avais bu pareil nectar. Mes plaies se sont refermées instantanément et le bien que j'ai ressenti n'avait rien à voir avec avant. Le sang de Potter est divin, s'épancha le vampire qui se vexa quand il entendit un gloussement sortir de la gorge du vieil homme.

-Je vais te laisser, Severus, je vois que tu vas bien, et Harry, ma foi, s'en remettra très vite.

-Quoi ! pas de mises en garde ? pas de hurlements parce que j'ai touché à votre précieux Potter ? pas un petit doloris pour m'apprendre à ne pas sortir le soir ?

-Non, pourquoi ferai-je une telle chose, il s'agit de ta vie, tu n'as pas besoin de ma permission pour sortir, comme tu n'as pas besoin de ma permission pour prendre un calice.

-Ah ! je le savais ! s'exclama Snape en faisant de grands signes avec ses bras. Je le savais que vous aviez cette idée en tête ! rien que le fait que vous ne disiez rien au sujet de Potter aurait dû me mettre la puce à l'oreille. Eh bien non, mon cher Albus, je ne veux pas de calice, est-ce que c'est clair ?

-Calme-toi, sinon tu vas me faire une crise d'anxiété, mon enfant.

-Je n'ai jamais fait de crise d'anxiété de toute ma vie. Arrêtez de vous foutre de moi, Albus !

-Non, mais ça pourrait arriver, et puis les vampires en font bien, eux !

-Un vampire ne fait de crise d'aucune sorte, vieux fou.

-Oui, répondit le directeur de Poudlard de l'air de dire que de toute façon il avait encore raison. Que décides-tu ?

-A quel sujet, s'enquit mielleusement le maître des potions en fronçant ses yeux noirs, se demandant s'il ne devait pas mettre le vieux sorcier hors de chez lui sur le champ.

-Harry, bien sûr, maintenant je te quitte, mais essai…

-Non, non, et non, je ne prendrais pas Potter comme calice. Mais par Merlin ! qu'est-ce que vous avez tous avec le morveux ?

Albus Dumbledore ricana et s'enfuit par la cheminée avec une souplesse hors du commun. Severus devenait nerveux, raisonna le vieil homme, il était plus que temps qu'il arrête de le titiller afin qu'il le laisse retourner auprès de son futur calice. Car le maître des potions pouvait toujours s'en défendre mais il était plus que prêt à prendre un compagnon.

Snape, lui, alla dans la chambre à grandes enjambées, il avait indubitablement besoin d'une douche pour effacer sa journée désastreuse et surtout sa soirée épuisante, sans parler des traces de sang et autre qui collaient à sa peau. L'homme revint de la salle de bain vingt minutes plus tard, il avait pris son temps, il avait surtout réfléchi pendant que l'eau coulait sur lui.

Harry remua dans son sommeil, se découvrant l'épaule puis le torse tout en murmurant des mots incompréhensibles. Le vampire s'arrêta, figé. Il ne pouvait quitter des yeux la forme endormie dans son lit. Il ressentit pour la troisième fois de la soirée son sexe frémir d'impatience sous son pyjama. Jamais, jamais il n'avait eu autant envie de quelqu'un, et là il fallait que ce quelqu'un soit Potter.

Merlin, Salazar, et les autres ! Pourquoi était-il allé chasser ce soir ? pourquoi avait-il fallu qu'il soit blessé, qu'on le chasse, et qu'il se retrouve chez Perséphus pour tomber directement entre les mains de ce satané Gryffondor aux yeux ensorceleurs ?

Il ne voulait pas d'un calice, il ne voulait pas s'attacher à quelqu'un qui le méprisera parce qu'il était un vampire qui se nourrissait de sang. Albus et Perséphus étaient fous de s'imaginer que le survivant allait accepter s'il lui en faisait la demande. Il allait rire, le stupide sauveur du monde sorcier. Il allait tellement rire de sa demande qu'il n'aura plus qu'à disparaître sous terre pour échapper à son humiliation.

Car oui il sera humilié, car oui le refus de Potter lui fera mal, car oui il avait des sentiments pour lui depuis des années de ça, et ça. Albus Dumbledore le savait très bien, le vil personnage.

Potter qu'il avait observé quitter Poudlard après ses Aspics. Potter qu'il allait épier parfois la nuit en se postant devant le square Grimaurd. Potter, encore Potter, toujours Potter ! Oui, oui, et encore oui, il était amoureux de ce magnifique jeune homme de vingt-quatre ans, voilà pourquoi il ne pouvait lui demander de devenir son calice. Potter méritait mieux que lui, la chauve-souris des cachots que tout le monde haïssait n'était pas faite pour vivre avec quelqu'un.

Harry se retourna encore une fois, ce qui permit à Snape de se reprendre et de s'assoir dans un fauteuil qu'il ramena près du lit en tentant d'oublier sa virilité gorgée de sang qui ne voulait pas faiblir d'un iota. Personne ne connaissait ses sentiments pour Potter, il avait su préserver son secret, ça n'avait pas toujours été facile surtout que maintenant il se doutait fortement qu'Albus était au courant.

La nuit passa lentement pour le maître des potions. Le livre qu'il avait fait venir à lui était resté à la même page, ses yeux d'onyx ne parvenaient pas à se détacher de Harry et des deux petits trous de sa gorge. Severus Snape était incapable de regarder autre chose, pas quand son désir pour le Gryffondor devenait de plus en plus puissant et de plus en plus pressant.

Le matin arriva enfin et Snape pensa que ses ennuis allaient arriver quand l'auror allait se réveiller. Le professeur fit venir deux petites fioles de Régénération Sanguine qu'il posa sur la table de nuit, puis il attendit patiemment que son lion ouvre les yeux avant de les lui faire ingurgiter.

-Snape…. ? entendit l'homme une heure plus tard.

-Monsieur Potter….comment allez-vous ?

-Suis fatigué.

-Le contraire aurait été étonnant, j'ai là deux potions à votre intention, ajouta le vampire, pensez-vous pouvoir les boire ? ne vous inquiétez pas, auquel cas je vais vous aider.

Harry opina, il était vraiment éreinté, lessivé, fourbu.

Doucement Snape souleva l'auror et le fit tenir contre lui pendant qu'il déversait les fioles dans la bouche entrouverte.

-Buvez lentement, ceci devrait vous remettre sur pied dans une heure ou deux.

-Merci, chuchota l'auror en se laissant aller entre les bras du vampire.

-Non, merci à vous pour votre don précieux qui m'a rendu la vie, monsieur Potter.

-Je devais le faire, pour vous et pour moi, Snape.

-Pour vous… ? demanda, incrédule, Snape. Pourquoi pour vous ?

-Que ferai-je si vous n'étiez plus de ce monde, professeur ? sans vous je ne suis rien, rien du tout, ajouta Harry en soulevant sa main pour caresser la joue de l'homme.

-Vous dites n'importe quoi, vous êtes fatigué, oui…. La perte de sang vous fait divaguer certainement. Je n'aurai pas dû…..

-Je ne divague pas, et même si je suis dans le cirage je sais encore ce que je dis.

La chauve-souris des cachots rallongea le jeune sorcier entre les draps et le manque du corps contre lui se fit immédiatement ressentir.

Pourquoi ? pourquoi ressentait-il ce vide ? Il n'était pas son calice, que diable ! Pourtant le vampire en lui le reconnaissait comme tel, c'était la seule explication logique qu'il avait, et encore ! Celle-ci n'était même pas satisfaisante, enfin pas entièrement. Ou alors, et ceci était une option inimaginable, le morveux avait des sentiments sincères et d'une rare intensité pour lui, mais ça ce n'était pas envisageable, n'est-ce pas ?

-Ne restez pas sur ce fauteuil, il fait froid, chuchota Harry en tournant son regard inquiet vers le maître des potions. Allongez-vous près de moi.

-Je ne crains pas le froid, Potter.

-Mais moi oui, et là je suis gelé.

-Je ne peux pas vous réchauffer, n'oubliez pas ce que je suis….

-Votre présence me réchauffera, professeur, insista le survivant.

-Si j'obtempère allez-vous vous taire et dormir ?

-Je promets, plus un mot et je fermerai les yeux.

-Pourquoi j'ai la très nette impression que vous mentez ? demanda l'homme en s'allongeant dans le lit qui portait l'odeur délicieuse du satané Gryffondor.

L'auror ne répondit pas, il souffla tout simplement.

Snape renifla, ce qui amena un petit gloussement à Harry, et ce gloussement apaisa le vampire qui se détendit. Au moins Potter ne venait pas de faire un son dégoûté, pensa l'homme. La relaxation du maître des potions ne dura pas longtemps, un corps chaud et doux venait de se rapprocher de lui, une jambe vint même se loger entre les siennes et frôler un endroit très sensible, puis un bras enserra sa taille.

Qu'avait donc le morveux dans la tête ? s'interrogea Snape.