Bonjour lecteurs, bonjour lectrices ! Je suis heureuse d'inaugurer ici l'ouverture officielle de la première grande fic de mon opération « Suite de Matrix ». Au programme : le retour de nos héros, l'établissement de traités de paix, la libération des prisonniers de la Matrice, et bien d'autres choses encore… Pour les découvrir, rien de plus simple : des yeux pour lire, des doigts pour taper des reviews (of course). Par contre, le projet étant énorme, à long terme, et représentant, pour moi, du temps et du travail, je vous demanderais un minimum syndical de commentaires (vous noterez l'emploi du verbe « demander » et pas « exiger » ^^). Bon. Sur ces bonnes paroles, je vous laisse à votre lecture !

PS : Attention : Néo et Trinity vont passer un certain nombre de chapitres (et de mois) à l'hôpital, dans le coma, donc…

Morpheus avait agi comme un automate durant les quatre jours qui avaient suivi ce que le peuple de Zion ne tarderait pas à appeler « La Dernière Bataille ». Il semblait qu'il n'y en aurait pas d'autre, effectivement, et le capitaine du Neb' ne savait pas s'il devait s'en réjouir… Il avait perdu les deux derniers membres de son équipage dans cette guerre. Néo et Trinity. Personne ne pouvait garantir qu'ils étaient morts mais, après tout, s'ils avaient été vivants, ils auraient signalé leur présence, non ?

Après le retrait des machines, tout avait été très vite : Lock et le conseil avaient ordonné que les brèches soient refermées, les portes réparées et barricadées, les armements remis en état avant d'envisager d'autres réparations. Ils semblaient persuadés que les machines allaient revenir d'un instant à l'autre. Morpheus avait tenté de voir le conseiller Haman pour lui expliquer que tout était fini, que Néo avait accompli sa mission, mais il y avait pas mal de monde qui cherchait à parler aux conseillers, et lui pas plus que les autres n'avait pu l'approcher. Alors il était redescendu sur les docks, rejoindre Niobe et les autres. Il y avait tant à faire… Il n'avait pas le temps de s'apitoyer.

Plusieurs personnes étaient venu lui demander ce qu'il était advenu de l'élu, et il avait pris le temps de répondre à chacun, d'expliquer que Néo était parti à 01 pour arrêter cette guerre, qu'il avait vraisemblablement réussi, mais qu'on était toujours sans nouvelles de lui.

Dans la matinée du troisième jour, deux des gros bras de Lock vinrent lui ordonner de les suivre, et il s'exécuta, de mauvaise grâce. Il aurait préféré que Tête de Mort le laisse faire son deuil en paix, mais non, même ça, il n'y aurait pas droit.

- Je peux faire quelque chose pour vous, mon commandant ?

Comme il s'y attendait, Lock était d'une humeur massacrante. Visiblement, il n'avait pas apprécié que Niobe le délaisse pour rester aux côtés de Morpheus et lui apporter du réconfort, et il ne cherchait pas à s'en cacher.

- Vous vous amusez bien, j'imagine, Morpheus ?

- Je ne comprends pas de quoi vous parlez, Monsieur. Je me contente de suivre les ordres en réparant ce que vous nous avez demandé de réparer.

- Bien sûr, bien sûr… Et peut-on savoir qui vous a demandé d'aller raconter à tout le monde que la guerre était finie ?

Le capitaine haussa un sourcil. Il ne s'attendait pas à ça.

- Mon commandant, personne n'a besoin de moi pour l'apprendre : les machines sont parties. Néo a réussi…

- Néo, Néo, toujours lui ! Combien de fois devrais-je vous dire que je ne crois pas à vos histoires de prophétie et de messie ?

- Comment expliquez-vous la retraite des machines alors que leur victoire était proche, dans ce cas, mon commandant ?, demanda sèchement Morpheus, qui commençait à avoir du mal à conserver son calme.

Il était fatigué, avait les nerfs à vif, et son équipage lui manquait cruellement. Et lui, n'avait-il pas droit à la paix ?

- Sans doute une stratégie quelconque…

- Une stratégie ? Les machines n'avaient pas besoin de revoir leur stratégie, Lock, elles étaient au bord de la victoire, nous allions être écrasés… !

- Mon commandant.

- Pardon ?

- C'est mon commandant, pour vous Morpheus…

- Que diable se passe-t-il ici, encore ?

Le conseiller Haman venait de faire son entrée, escorté par deux soldats. Il semblait presque aussi fatigué que Morpheus, et observait les deux hommes avec désapprobation.

- Nous avons beaucoup de travail messieurs. L'heure n'est pas aux disputes…

- Nous en sommes conscients, conseiller, dit doucement Morpheus. Soyez assurés que cela ne se reproduira plus.

Lock le fusilla du regard, mais il l'ignora.

- Morpheus, on m'a dit que vous aviez cherché à me joindre… ?

- C'est vrai, Monsieur. J'ai cru comprendre que vous vous prépariez à une autre attaque. Je pense que c'est une précaution inutile : Néo a réussi, la guerre et terminée.

- Êtes-vous certain de ce que vous affirmez, mon ami ? Une erreur nous serait fatale…

- Pourquoi les machine se seraient-elles retirées à l'aube de leur victoire, conseiller ?

- Je l'ignore. Néo nous a peut-être seulement obtenu un répit, il faudrait le lui demander…

- Pratique, ricana Lock. Cela fait trois jours que lui et Trinity sont portés disparus…

- C'est la raison de ma présence ici : nous avons reçu un message, vraisemblablement en provenance de la ville des machines…

- Ils sont vivants ?, demanda aussitôt Morpheus, avec espoir.

- Je l'ignore, mon ami. Le message ne provenait pas de vos hommes, mais des machines elles-mêmes. Elle prétendent être disposées à nous les rendre. D'après ce que nous avons compris, un petit groupe de sentinelles est en ce moment même en route pour Zion. Elles seront à nos portes dans quelques heures pour nous ramener Néo et Trinity…

Le capitaine du Neb' se redressa.

- Alors, il n'y a pas un instant à perdre : nous devons aller à leur rencontre, et…

- Pas si vite, l'interrompit Lock. Il s'agit sûrement d'un piège…

Morpheus se tourna vers lui, sans plus chercher à cacher son agacement…

- Il y a à peine trois jours, plusieurs milliers de sentinelles sont entrées dans Zion, puis en sont parti. À quoi leur servirait-il de nous tendre un piège maintenant alors qu'il leur suffirait de ré attaquer, nos positions défensives étant en état de faiblesse, au nom du ciel ?

Le conseiller Haman posa sa main sur le bras de Morpheus pour l'inciter au calme.

- Le capitaine Morpheus n'a pas tort, commandant.

- Conseiller, avec tout le respect que je vous dois, vos connaissances en matière de stratégie militaire sont plus limitées que les miennes, et…

- Et mon autorité dans cette ville est supérieure à la vôtre, aussi. Commandant, faîtes préparer un vaisseau en état de marche pour aller à la rencontre de ce groupe de sentinelles. Précisez leur qu'il s'agit d'une mission purement diplomatique et que notre priorité est de récupérer nos deux soldats en un seul morceau et sans que le moindre tir soit échangé. Qu'ils restent toutefois sur leur garde, mais sans hostilité inutile. Si la guerre est bel et bien terminée, nous ne souhaitons pas provoquer un nouveau conflit par mégarde, n'est-ce pas ? Venez, Morpheus, nous avons à parler…

Le capitaine du Neb' jeta à son vieux rival un sourire un brin ironique, mais au fond de lui il était heureux : il restait encore un espoir, un petit espoir…

Bon. Si vous êtes sages, je vous mets bientôt la suite. Mais je veux au moins une review, hein ? ^^