Yuya se réveilla lentement. Ses yeux papillonèrent, afin de s'habituer à la douceur lumière qui entrait par la fenêtre de sa chambre. Elle tourna doucement la tête cers celle-ci et observa le soleil qui se levait, dont quelques rayons passaient à travers les arbres.

Elle tourna alors la tête de l'autre côté, et aperçut la jeune femme aux longs cheveux noirs.

- Bonjour Yuya, dit doucement la voix de Kitsuka. Tu te sens comment ?

Les yeux à demi-fermé, Yuya la regarda. Elle semblait ne pas savoir où elle se trouvait. Elle voulait répondre mais elle ne sentait plus ses lèvres, ni son corps. Elle avait une impression de bien-être, comme si elle ne supportait plus rien, comme si tous ses problèmes s'étaient envolés. Elle referma les yeux, cette impression de légèreté ne lui faisait pas peur. Elle savait qu'elle était de retour à l'auberge. Elle se rendormit.

Kitsuka souffla. Cela faisait presque quatre jours que Yuya dormait, et aujourd'hui était la première où elle ouvrait les yeux. Apparemment, elle n'était pas encore capable de parler. Elle se souvient très bien, quatre jours plutôt, que Kyo et Yuya, s'étaient volatilisés. Lorsqu'ils étaient revenus, Kyo, pratiquement exténué, et Yuya inconsciente dans ses bras, elle n'avait pas compris ce qu'il s'était passé.

Cela faisait trois jours qu'elle courrait après Luciole pour avoir des informations sur ce qui c'était passé, mais incroyablement, elle ne l'avait jamais croisé. Et la seule fois, où elle avait réussi à le trouver, dans le petit jardin près de la cuisine, allongé les bras derrière la tête, elle n'avait pas osé le réveiller, tellement il semblait paisible.

Lorsqu'elle était près de lui, elle se sentait comme en harmonie. Comme s'ils étaient deux pièce d'un même puzzle qui sont faites pour coincider entre elles.

Elle soupira. aujourd'hui, elle le trouverais ! Et aujourd'hui, il répondra enfin à ses questions !

Et pourtant, son instinct lui disait le contraire. Comme si elle devait s'éloigner de lui. Ses alarmes intérieures s'allumaient dès qu'elle l'approchait. Comme si... Comme si elle n'était pas pour lui. Son instinct lui disait cela et pourant, pourtant... Comment pouvons-nous nous sentir en harmonie avec une personne tout en voyant que c'était impossible.

Elle se leva, et sortir de la chambre de Yuya. Se poser ce genre de questions ne servait quà s'apitoyer sur son sort. Agir, des fois, c'était le mieux à faire. Sinon, on risquait de passer notre vie à se poser les mêmes questions.

- Luciole !

Alors qu'elle était sortie, Luciole avait l'air de se promener dans le couloir. Elle le rejoignit. Arrivée à sa hauteur, elle lui attrapa l'épaule pour le forcer à se tourner vers elle, à la regarder. A se baisser. L'homme aux cheveux blonds s'arrêta, sans la remarquer.

Kitsuka voyait son dos, droit, immobile. Elle le contourna et se plaça devant lui.

- Luciole, je sens que... Toi... Tu es comme moi ?

- Non, répondit-il sobrement.

- Quoi ? Elle sembla suprise.

- C'est un peu différent...

- Différent ? Je ne comprends pas.

- Tu la vois.

Kitsuka écarquilla les yeux, de surprise, certes, mais elle avait aussi beaucoup de mal à suivre ce que disait Luciole.

- Voir quoi ?

- C'est évident.

Puis, il la contourna à son tour et continua à avancer lentement le long du couloir, comme une invitation. Comme pour essayer de se mettre à l'allure de la jeune fille.

Elle le suivit.

- Luciole, est-ce que tu parles de l'aura ?

Il hocha la tête.

- La tienne est rouge.

- Oui.

Elle se renforgna, il ne pouvait pas répondre normalement. Bien sûr que non, il n'était pas normal ! Ils finirent par emprunter des escaliers. L'endroit où elle vivait depuis quelques temps était assez grand, elle ne savait pas du tout où il l'emmenait. Puis, ils débouchèrent sur une grande cour.

- Qu'est-ce que c'est que ça ? demande Kitsuka.

- Entraînement.

Kyo et Akira étaient au milieu de cette grande cour et s' sûr, ici, toute attaque faisant trop de dégâts était bannie. Seul le bruit des sabres s'entrechoquant était perceptible.

- Tu vas t'entraîner ? Non, attends, on n'en a pas fini !

Luciole était toujours planté près d'elle. Il haussa un sourcil, et sourit légèrement. Son sourire disparut instantanément. Kitsuka le jaugea. Puis, elle tourna son regard vers Kyo.

- Pourquoi Kyo n'a-t-il pas d'aura ?

- Il en a une.

- Non, je ne la vois pas.

- Si.

Elle le frappa légèrement à l'épaule.

- Explique-toi.

- Regarde-toi.

Elle fronça les sourcils puis se regarda. D'abord, ses mains, puis ses jambes. Et elle comprit.

- Je ne vois pas d'aura sur moi, je n'en ai pas alors ?

- Si, moi, je la vois, et je vois celle de Kyo aussi.

Elle sentait que si elle l'arrêtait là, il ne lui dirai plus rien... Elle s'avança de lui, au point que le bras de Luciole entra en contact avec son dos. Il s'écarta légèrement.

- C'est parce que tu ne la connais pas...

- Comment ça ?

- Tu ne sais pas à quoi correspond l'aura de Kyo et la tienne.

- Le noir, pour les personnes ayant des penchants mauvais, le gris, pour ceux qui changent de camp en fonction de leur besoin, le blanc pour la gentillesse, le rouge pour la force, le bleu pour la force d'esprit. Celle d'Akira. En général, les trois premières sont associés aux humains, et les deux autres pour les combattants comme vous...

Elle prit une inspiration, attendant l'explication de Luciole.

- Kitsuka, la tienne est transparente... Mais elle existe.

- Je ne comprends pas...

- Kyo et toi avez quelque chose en commun.

- Dis-moi...

- Vous venez du monde des esprits...

Elle se tourna vivement vers lui.

- Quoi ? Quoi ? C'est quoi ça ?

- Yuya et Kyo ont disparu, il y a 4 jours... Ils étaient dans le monde des esprits... Un monde parallèle au notre. Un monde constitué d'esprits. Les esprits de la nature...

- L'eau, l'air, le feu, la terre...

- Oui, les esprits de ceux qui avaient des dons, ceux qui sont appelés Kaïla et Léïron... Lorsqu'ils meurent, ils vont dans ce monde, et prennent une forme particulière, un papillon, un arbre, un oiseau, un dragon... Ils prennent la forme de ce qu'ils aurait pu être, en fonction de leur tempérament, de leur force... Est-ce que tu comprends ce que cela veut dire ?

La jeune fille trembla... D'abord légèrement, puis de plus en plus fort...

- Je suis morte...