PROLOGUE

La sonnerie du réveil me scia littéralement le crâne en deux. Maladroitement, je tendis la main pour le faire taire mais je ne réussis qu'à me faire mal au poignet. Je levais les yeux pour voir qu'il était grand temps que je me lève si je ne voulais pas arriver au journal en retard.

La veille, Alice avait débarqué chez moi avec une bouteille de tequila dans chaque main, traînant derrière elle Rosalie.

« Qu'est-ce qu'on fête ? » demandai-je, un peu étonnée.

« Ma démission ! » répondit Rosalie amèrement.

Rosalie travaillait dans un garage. Depuis toute petite, elle était fascinée par la mécanique. Après le lycée, elle avait suivi des études de mécanique et avait trouvé tout de suite un travail. Tout allait bien sauf que le patron de Rosalie, Royce King, ne l'avait pas engagée seulement pour réparer des voitures. Ça faisait des semaines qu'il la harcelait. Et il était doué parce que personne ne l'avait jamais surpris. Royce lui avait fait clairement comprendre que si Rosalie tenait à garder son poste, elle devait passer sur le bureau. Ça avait été la goutte de trop et Rose lui avait remis sa démission.

Donc nous avions passé la soirée à déblatérer sur les hommes en enchaînant les shooters. Soirée que je payais maintenant. Je n'avais pas eu une telle gueule de bois depuis ma première année de fac. Je réussis à parvenir jusqu'à la douche sans trop de mal. Le contact du jet d'eau sur mon pauvre crâne me fit lâcher un juron qui aurait probablement fit rougir mon père, pourtant grand spécialiste dans ce domaine.

45 minutes plus tard, j'étais en bas de mon immeuble. Je hélai un taxi et m'engouffrai dedans. En arrivant au bureau, je saluai la secrétaire du patron du journal, Angéla. J'étais à peine assise à mon bureau que je m'ennuyais. En vérité, en ce moment je n'aimais pas mon travail. Le journal avait été racheté par un misogyne de base, Mike Newton. Il m'avait attribué la rubrique des chiens écrasés et autres sujets qui n'intéressent personne du genre, la ville qui a cuisiné la plus grosse pizza du pays. J'avais plusieurs fois demandé à Newton de me changer de rubrique, de me donner ma chance. Je voulais la rubrique critique littéraire mais j'avais parlé à un mur qui ne savait que répondre « faites vos preuves, on verra après ».

Je m'entendais plutôt bien avec mes collègues masculins et assez mal avec les filles. Je n'avais jamais supporté d'entendre parler de robes dessinée par Machin ou de cosmétique. De mon point de vue, une robe est une robe et le maquillage n'est fait que pour les jolies filles et je ne possédais ni l'un ni l'autre. Les conversations avec les hommes sont plus simples pour moi. Ils se fichent de savoir si vous êtes à la mode ou si ce jean vous fait de grosses fesses. Je maîtrisais les discussions avec les hommes sauf celles sur le sport. Je ne comprenais rien de rien au sport, que ce soit le baseball ou le football, les règles du jeu m'échappait et je ne voyais pas l'utilité de frapper une balle ou de se sauter les uns sur les autres pour un ballon en cuir. C'est bien pour ça qu'en dehors d'Alice et de Rosalie, je n'ai pas d'ami.

J'étais sur le point d'allumer mon ordinateur lorsque la vois de Newton tonna dans le couloir.

« SWAN, DANS MON BUREAU ! »

Je commençai à paniquer mais je me rappelai que je n'avais rien à me reprocher. Pour une fois.

Je me rendis dans le bureau de mon boss, en passant devant mes collègues qui me regardaient avec pitié pour certains, avec compassion pour d'autres. Génial.

Je frappai à la porte et entrai.

« Monsieur, vous… »

« Ouais. J'ai une grande nouvelle pour vous, Swan. Vous allez enfin pouvoir écrire une critique. »

J'exultai.

« Oh merci, monsieur, je… »

« Ne me remerciez pas trop vite. Je ne veux pas une simple critique. Je veux du vécu. »

« Du vécu ? »

J'étais un peu larguée là.

« Un nouveau livre vient de sortir. Beaucoup de concurrent en ont fait la critique. Je veux qu'on se démarque. Vous, vous allez vivre le livre et toutes les semaines vous publierez un article. »

« De quel livre on parle là ? » m'enquis-je en fronçant les sourcils.

« The perfect match ou comment rencontrer son âme sœur. » m'annonça-t-il en souriant.

« Vous voulez que je fasse une critique de ça ? »

« Pas une critique. Voyez ça comme un récit de voyage. Bien sûr, si vous ne voulez pas le faire, je peux toujours demander à quelqu'un d'autre. »

« Non, non, c'est bon ! je vais le faire. » répliquai-je vivement.

Le salaud jubilait. Je ne pouvais pas refuser une telle occasion et il le savait.

« Parfait. »

Quelqu'un frappa à la porte.

« Swan, vous travaillerez en équipe. Je veux le point de vue de la femme et celui de l'homme. Voilà votre coéquipier. »

La porte s'ouvrit sur Eward Cullen. De tous les hommes du journal, il fallait qu'on me colle avec le Dom Juan de service et surtout le gars en charge des pages sport.

« , non, non, non…. »

« Salut Swan ! Prête à faire équipe ? » demanda Edward, un sourire jusqu'aux oreilles.

Dans quoi je m'étais encore embarquée ?

Me voilà de retour avec ça ^^

alors à vous de me dire : je continue ou je supprime ?