Bonjour à tous. Pour ceux qui avaient déjà lus cette fanfiction, je vous informe que je n'ai rien changé à celle ci. Etant dans une période où je revois certaine choses et fait du ménage dans mes fanfictions, j'ai décidé de retaper un peu cette histoire qui avait été écrite d'un jet il y a bientôt deux ans. J'ai donc décidé de revoir les fautes d'orthographes et quelques formulations de phrases, en essayant de ne pas trop toucher à l'histoire initiale.

Pour ceux qui n'ont pas encore lu l'histoire, je vous souhaites une agréable lecture !


Introduction


« Le plus important n'est pas comment on meurt,

mais ce que nous faisions au moment de mourir... »

Le hérisson


Chloé eut la sensation que le vide l'entourait comme une masse lui tombant sur les épaules. Où étaient les invités ? Où étaient ses amis ? Où était partit Mathieu ?

Peu lui importait au fond. Elle avait conscience de respirer, de sentir et de penser; en cela elle était consciente. Mais lentement, un étrange malaise s'emparait d'elle...

Elle n'avait jamais repensé à son passé, s'isolant malgré elle du reste du monde. Elle s'était investie dans la psychologie criminelle car, inconsciemment, cela lui donnait l'impression de savoir ce qu'avait ressenti sa propre mère au moment de son meurtre. Les tueurs n'étaient eux-mêmes qu'une représentation de son propre père et comprendre pourquoi ils tuaient lui permettait de répondre à une question, enfouie en elle depuis son adolescence : Pourquoi ? Pourquoi avait il fait ça ? Acte de folie ou préméditation ?

Plus important encore, qui était-ELLE? Tenait-elle de sa mère ou de son père ? Était-elle vraiment digne d'être aimée ?

Depuis 15 ans elle avait entamé un travail long et douloureux sur elle-même dans lequel, après avoir cessé de se réinventer une histoire, d'accepter son enfance et par là même son géniteur, elle avait apprit à aller de l'avant : A aimer et s'autoriser à être également aimée.

Ses premiers contactes, ardus dans les premiers temps, avec l'équipe lui avait ouvert les yeux sur qui elle était de la façon la plus simple qu'il soit : Elle était aimée et acceptée pour ce qu'elle était ELLE, même si elle ne correspondait pas à l'image ordinaire de la plupart des gens.

L'arrivée de Louise avait tout bouleversé…

La jeune femme l'avait perturbée en ne cessant d'évoquer des images positives et heureuses de son père. Une image qui venait se heurter à ses propres souvenirs : ceux du corps de sa mère étendu au sol, venant à la suite de celle qui voyait son père couvert de sang s'enfuir. Chloé avait alors eu la sensation que sa vie entière n'avait été construite que sur un tissu de mensonges. Chloé avait rejetée cette image du père aimant que lui apportait Louise. Puis elle l'avait rassurée lui permettant de renouer avec son passé. Il était après tout à la fois le père de son enfance, aimant et rassurant, et celui trompeur, infidèle et fou qui avait arraché sa mère à la vie par une folie meurtrière.

Ces deux derniers mois, elle s'était laissé bercer dans un doux rêve, petit cocon douillet où elle se prenait à rêver d'une vie qui lui permettrait de mettre de côtés ses souffrances. Elle en prenait conscience aujourd'hui. Durant quelques mois, Chloé était redevenue l'adolescente innocente qui ne se souciait pas de l'avenir. Elle avait fait taire son instinct de psychologue qui lui soufflait que Louise était étrangement trop proche d'elle... Que tout ceci était trop beau, trop rapide… Ignorant les mises en garde de son ami.

C'est vrai. Chloé n'avait pas voulu écouter les doutes de Mathieu qui l'a ramenait dans cette réalité si dure. Elle avait voulu se protéger de la déception et s'éloigner de cet ami pour lequel son amitié évoluait en un attachement plus profond. Une sensation irrationnelle incontrôlable qui loin de la faire rêver comme une petite fille la tétanisait. L'issue d'une telle histoire, si histoire il pouvait y avoir, ne serait que souffrance. Elle se résumerait à deux mots : Passé et mariage.

- Chloé il faut que tu m'écoutes, Louise était mon infirmière. Elle était obsédée par toi. Elle m'a agressée. Je t'ai envoyé une lettre pour te prévenir mis je me suis doutée que tu ne l'avais pas lu...

Chloé chassa de sa main son père qu'elle entendait à peine. Comme un horrible réveil, comme si l'anesthésie n'avait soudainement plus d'effets. Des images de tous les défauts de Louise, ses incohérences et ses réactions étranges défilaient devant ses yeux.

Les remords l'envahissaient. Puis la voix lointaine de Mathieu " Je sais qu'elle vous manipule". Chloé réalisait qu'une seule personne avait été franche avec elle : Une !

- Chloé je sais que tu ne me crois pas mais je t'aime ma chérie. Donne-moi une chance. Je t'en prie écoutes...

- NONNNN !

Son père l'avait prévenue. Lui ! Ce tueur ! C'était le monde à l'envers !

Mathieu qui l'avait rejeté quelque fois mais qui l'acceptait comme une sœur, avait été le seul à se soucier réellement de ses sentiments et de son bien être. Quant à Louise… cette soeur si aimante qu'elle s'était plut à imaginer… n'avait fait que la trahir !

Elle s'était retrouvée la proie de son passé. Une fois de plus. Et elle ne l'acceptait pas ! Elle..elle était dans un état second. Triste... Comme ...comme saoule...

Quelque chose la rattrapait elle le sentait. Mais elle était seule pour le moment. Qu'est ce qui pourrait arriver de pire ? Un sentiment familier s'emparait doucement d'elle. Elle ne cessait d'avoir comme des sensations de déjà vus...

La fête... Le mariage... La stabilité du groupe, de la présence de ses amis...puis...puis la fuite Le malaise... Le rejet... Le besoin de fuir et de se changer les idées... De vaguer... L'envie d'aller n'importe où sauf de retourner en arrière...

Les rues de Paris le soir... Les couloirs du lieu du mariage...

Quelque chose la rattrapait elle le sentait.

Elle était vide et en même temps pleine.

On disait souvent que les voyages dans le temps n'existaient que dans les films sans pour autant nous douter de leur omniprésence dans nos vies.

- AAAAAAHHHHHH !

Ce cri pétrifia Chloé. Elle s'immobilisa et eut la sensation d'être hors de son corps.

Elle connaissait cette voix même si elle se mit à en douter l'espace de quelques instants. A espérer ne pas la connaitre. La peur, le désespoir, lui firent rejeter l'évidence. Elle n'était plus elle même. Elle n'était pas criminologue. Elle n'avait plus 30 ans. Elle était Chloé St Laurent, cette adolescente de 15 ans qui revenait de soirée.

Tout se passa au ralenti.

Une silhouette vêtue d'une robe blanche maculée de sang, sortit en courant. Du vin. Du vin pensa Chloé qui se rappela qu'elle avait renversé un liquide sur la robe de Louise. Du vin ! pensa t'elle paniquée.

Ses pensées s'embrouillèrent.

Son inconscient la plongea dans une autre réalité refusant de comprendre. Mais son cerveau ne l'entendait pas de cette oreille ! Il accéléra son pouls et diffusa de l'adrénaline dans tout son organisme. Il reconnaissait la voix comme étant celle de Mathieu et il l'associait à la tâche de sang qui maquillait la face droite du visage de Louise.

Son cerveau avait comprit la situation mais plus celui-ci envoyait des signaux à Chloé plus son inconscient la plongeait dans une sorte léthargie, dans une symbiose avec l'adolescente terrifiée qu'elle avait été.

L'évidence, le doute non permit lui fit rejeter l'idée qu'elle puisse à nouveau perdre un être cher et souffrir comme elle avait souffert.

Mais le piège vicieux du psychologique se referma sur elle. Chloé eut la sensation d'être projeter des années en arrière. Elle se demandait si elle rêvait...

La peur d'être confronter à la mort de son ami, comme elle l'avait été face à celle de sa mère, la fit hésiter. Plus elle avançait, plus son pas devenait lourd. Elle voulait espérer que Mathieu débarquerait derrière elle et la rassurerait.

Chloé franchit enfin le seuil de la salle étroite et s'avança. La vision de son partenaire, allongé, un bout de verre en travers de la gorge baignant dans son sang, l'acheva.

Ses mouvements étaient faibles mais elle voyait que la cage thoracique bougeait encore.

Chloé revint soudainement à elle. Elle eut de nouveau 30 ans et comprit que non, elle ne rêvait pas. Son collègue, son ami allait mourir par sa faute !

Elle voulait l'aider, prévenir les secours mais la peur de le perdre l'emporta.

Et s'il mourrait là, seul ? Elle avait l'impression que chaque seconde comptait. Elle ne voulait pas le laisser seul. Mais plus elle le voyait plus elle réalisait qu'elle était sur le point de le perdre. Elle se précipita vers lui et crut qu'on lui arrachait le cœur. Des sanglots remontaient. Elle aurait voulut lui dire combien elle était désolé, lui hurler de tenir bon. Mais la panique l'envahissait totalement. Elle était impuissante, pétrifiée, choquée ...

Alors le sceptre de son passé s'empara d'elle et elle laissa s'échapper tout ce qu'elle avait accumulé au fond d'elle depuis ces 15 longues années…

Chloé tenait la main de Mathieu et répétait son nom essayant de lui dire de s'accrocher sans parvenir à formuler le moindre mot. Malgré la paralysie de son partenaire, elle sentit une légère pression sur sa main. Il la voyait, elle le sentait, mais elle voyait également que le regard de Mathieu s'affaiblissait.

- A l'aide ! hurla-t-elle enfin.

Les minutes passèrent et lui parurent des heures. Reprenant son calme, Chloé réussit à marmonner des " je suis désolé". Elle entendit enfin les échos des pas de ses amis et se prit à espérer qu'ils le sauveraient…

Chloé sentit une dernière pression sur sa main et vit le regard de Mathieu devenir flou, absent...