Texte écrit dans le cadre de la 12ème nuit du Fof – un thème une heure – sur le Fer.

Un petit mot sur le fandom. C'est la série Mental, 13 épisodes diffusés aux USA donc peu d'audience, sur les tribulations d'un service psychiatrique d'un hôpital de Los Angeles. Les deux personnages sont internes, et les autres noms mentionnés sont les médecins titulaires. Voilà pour le contexte ! Bien sûr, rien n'est à moi, mais bonne lecture quand même.

Amitié métallique

Chloé se laissa aller dans le canapé de la salle silencieuse. Elle avait une heure de repos, ce n'était pas à négliger. Elle avait à peine posé sa tête sur le dossier que la porte s'ouvrit avec fracas. Elle n'eut même pas besoin de regarder pour savoir qu'Arturo venait d'entrer à son tour.

-C'est ma pause ! lâcha-t-elle. Pas la tienne.

-Je viens chercher mon encyclopédie, se défendit l'interne en ouvrant son casier.

-Les ordinateurs sont tombés en panne ?

-Très drôle, ironisa Arturo en sortant un vieux volume usé. Tu me vois aller fureter sur l'ordinateur de Bell ? Déjà qu'il ne me lâche pas…

-Qu'est-ce que tu cherches ?

-On vient d'amener quelqu'un qui se baladait dans la rue avec un sabre. Il dit qu'il est Napoléon.

-Rien que ça ? Pourquoi pas Attila ?

Arturo referma l'encyclopédie d'un coup sec.

-C'est une très bonne question, ça, pourquoi pas tu ne vas pas lui poser la question ?

Cette fois-ci, Chloé ouvrit les yeux. Arturo était charmeur, dragueur, parfois un peu lourd, mais il était rarement sarcastique.

-Ca ne va pas ? demanda-t-elle en se redressant.

Gardant la tête baissée, Arturo referma son casier en prenant garde de ne pas le faire claquer.

-C'est juste…

Il s'interrompit et eut un geste de dénégation.

Ca, il ne pouvait pas lui en parler. Le chantage, finalement, c'était lui le responsable, et personne d'autre.

-Dr Bell ne me lâche pas, c'est tout, finit-il par dire.

-Chacun son fardeau, philosopha Chloé. Je t'ai dit que Gallagher me faisait écrire des dissertations sur les cas que je traite ? Comme si je n'avais que ça à faire.

Arturo trouva quand même la force de sourire, même si, bon, ça ne se comparait pas au chantage de Bell. C'était du Chloé tout craché, à prétendre être de mauvaise humeur mais toujours là quand on en avait besoin.

-T'es sûre que tu ne changeras pas de bord ? fit-il en se retournant et en s'appuyant sur les portes des casiers, les mains dans les poches, en une attitude décontractée qu'il affectionnait.

-Ah, te voilà de retour ! railla-t-elle.

-Même pas une nuit ?

Elle secoua la tête, tout sourire.

-C'est comme le rideau de fer, on ne le voyait pas mais il était bien là.

-Y en a qui passait.

-Eh bien, tu ne seras pas si chanceux.

-Tu es cruelle, fit-il avec une fausse moue. De l'extérieur, on dirait que tu es toute douce, mais à l'intérieur, c'est plein de piquant !

-Mon frère m'appelait la Dame de Fer ! T'es libre de le reprendre à ton compte si tu veux.

-Une dame derrière un rideau. Y a des images moins jolies, conclut Arturo en se dirigeant vers la sortie.

Chloé ne répondit rien et se contenta d'un autre sourire.

-Je te jure qu'un jour, je ferai fondre le tout, dit-il en revenant vers elle.

-Pas comme tu le souhaites, répliqua-t-elle. Parce qu'on sera ami, mais rien de plus.

-Ca donnera quand même de très bons alliages.

Chloé eut un éclat de rire et Arturo retourna à son patient, le cœur plus léger.