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*°*…REVIVRE…*°*

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Et oui, me revoici entre deux chapitres de « Quatre Vies à relier » avec une nouvelle histoire !

Cette mini fiction en quatre parties prend en compte 'Twilight' et ce qu'il s'est passé dans 'New Moon' jusqu'au départ d'Edward.

L'histoire est déjà toute écrite alors je vous publierais un chapitre tous les jeudis !

/!\ Comme ma SuperBêta à quelques problèmes de connexion et ne peut donc pas corriger mes écrits pour le moment, je vous demanderais de ne pas faire attention aux fautes d'orthographe, syntaxe… !

Bien évidemment, tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, seule l'histoire est fabriquée par mes soins.

Je ne demande pas de reviews, j'écris pour le plaisir (mais merci quand même à ceux qui en laissent^^), alors bonne lecture !

Katty

*OoO*

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UN PRESENT QUE L'ON VIT MAL…

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BPOV :

Ce que j'aimai le plus à Denali, en Alaska, c'était la neige.

Cette glace cristallisée et agglomérée en flocons pouvant être ramifiés d'une infinité de façons me fascinait depuis que j'étais un vampire.

En effet, à la suite de ma soudaine et douloureuse transformation il y a vingt ans, j'avais en effet une vue –entre autres- très développée qui me permettait de voir tous les infirmes détails de ce phénomène naturelle qui m'apaisait.

Et pourtant, lors de mon existence humaine, j'avais détesté tout ce qui était pluie, neige et froid. J'avais aimé plus que tout le soleil, la chaleur, les couleurs brunes qui me rappelaient les paysages arides de Phoenix, en Arizona. J'avais seulement commencé à apprécier le vert, le froid et l'humidité constants de Forks, Etat de Washington, que lors de ma rencontre avec mon premier et seul amour, Edward Cullen.

Mais plus depuis ce jour.

Ce jour où j'avais tout perdu, en commençant par mon humanité.

En une année j'avais tout connu, étais passée par toutes les émotions : J'avais aimé un vampire, avait vécu des moments incroyables avec lui et sa famille, m'étais enfin sentie bien, entière, j'avais été heureuse, épanouie. Puis tout s'était effondré comme un château de cartes après mon dix-huitième et désastreux anniversaire.

Je sentis tout mon désespoir m'envahir de toute part, ma tristesse s'infiltrer dans chacun de mes pores. Je voulais pleurer ma peine mais mes larmes restèrent coincées dans ma gorge et mes yeux, refusant de couler à cause de ma condition de vampire.

Alors je me recroquevillai sur moi-même, sanglotant du mieux que je le pouvais tout en essayant de ne pas me laisser submerger par mes souvenirs qui, à force de m'y être rattachés lors de ma renaissance, restaient vivaces dans mon esprit.

J'étais allongée sur la neige, en proie à mon intolérable chagrin tout en regardant la neige me tomber dessus sans fondre sur ma peau gelée. Je voulais qu'elle m'engloutisse, qu'elle me fasse oublier ma peine, mais je savais que c'était un espoir utopique.

Tout ce que j'avais à faire était de patienter que ma douleur passe, d'essayer de la surpasser à défaut d'attendre –en vain- qu'elle s'amenuise. Et pour cela, il fallait que je me batte contre moi-même durant des heures, voire selon mon humeur, pendant des jours.

Je sentis une main aussi froide que la mienne me caresser les cheveux tandis que je continuai à pleurer sans larme mes pertes, ma douleur, et même si ce petit contact m'en rappelait celle d'un autre que j'aimai plus que tout mon être mais que j'avais aussi perdu, il m'apaisa légèrement :

-Ils sont partis ! Ils sont tous partis ! Pourquoi ça fait toujours aussi mal, Tanya ? Pourquoi la douleur ne veut pas s'en aller malgré toutes ces années ?

-Shh Bella, je suis là, tout va s'arranger un jour, je te le promets, souffla-t-elle d'une voix douce tout en commençant à chantonner une vieille berceuse de son ancienne vie d'humaine qui avait le don de me rassurer et de me détendre progressivement tout en me berçant contre elle.

J'aimai énormément Tanya.

Elle était à la fois une sœur, une meilleure amie, une confidente. Je me sentais à l'aise à ses côtés malgré le fait qu'elle m'ait avoué avoir eu un petit béguin pour Edward des années auparavant –comment pouvais-je lui en vouloir ?- et je savais que contrairement à Alice, elle serait toujours là pour moi au lieu de fuir sans s'expliquer ou me dire simplement au revoir.

C'était elle et son clan qui m'avaient « sauvés » de Victoria même si j'aurais préféré qu'ils me démembrent et me brûlent après ce que j'avais fait. En effet, Laurent –par amour pour Irina qu'il refusait de quitter pour rejoindre son ancienne compagnon de route et m'attaquer- leur avait fait part des plans de la rouquine à mon encontre quand elle était allée le voir pour lui réclamer son soutien. Et comme les Denali connaissaient mes liens avec les Cullen, ils avaient décidés de me venir en aide.

Cependant, à cause de la compagne de James, j'avais perdu bien plus que mon humanité et avais énormément souffert avant d'être définitivement débarrassée d'elle.

D'ailleurs, depuis ce jour, je n'étais pas seulement un vampire rongé par la perte de son amour mais aussi par celle de tous les membres de sa famille.

Heureusement, les Denali m'avaient pris sous leur aile en m'aidant à m'acclimater à ma nouvelle condition de vampire végétarien mais surtout en m'offrant une nouvelle famille sur laquelle je pouvais réellement compter.

J'étais bien avec eux, du moins, aussi bien que je pouvais l'être après tout ce que j'avais vécu en trente-huit ans d'existence sur terre. De plus, et c'était un avantage non négligeable qui me permettait de rester plus ou moins sereinement à leurs côtés : Ils m'avaient promis de ne pas révéler le fait que j'étais vivante aux Cullen malgré les liens qui les unissaient.

Du moins, pas tant que je ne serais pas prête à les affronter.

En effet, je ne voulais pas de la pitié de ce clan que j'avais considéré, il y a deux décennies, comme ma deuxième famille. Après tout, j'étais dans un état lamentable depuis vingt ans malgré ma façade quelque peu joyeuse.

Je voulais pouvoir les accueillir avec le plus de détachement possible que je le pourrais malgré ce que je ressentais à leur égard.

Avant tout, il fallait que j'arrive à accepter le fait que je ne faisais plus partie de leur famille.

Jamais plus, sauf en tant que cousine éloignée du clan Denali.

De plus, je n'étais pas prête à revoir Edward car ça ne ferait que remuer le couteau dans la plaie. Encore plus s'il s'était trouvé une autre distraction, voire une vraie compagne vampire. Ça ne ferait que renforcer le désespoir qui avait élu domicile dans mon cœur qui pourtant n'était plus qu'un trou béant dans ma poitrine.

Mais le serais-je un jour ? Rien n'était moins sûr.

-Kate s'impatiente, sourit la belle vampire aux cheveux blonds vénitiens en se levant avant de river son regard doré vers l'Est d'où arrivait notre sœur.

Je ne pus m'empêcher de pouffer un peu en l'entendant courir vers nous en hurlant nos prénoms avant qu'elle ne s'élance dans les airs et n'atterrisse à nos côtés tel un boulet de canon, nous recouvrant de neige :

-Kate ! hurla Tanya en enlevant le plus gros de cette eau gelée qui était sur elle tout en la foudroyant du regard. Tu vas me le payer !

Mais avant même qu'elle ne puisse faire quelque chose, je leur lançai à toutes les deux une énorme boule de neige puis pris la fuite en m'esclaffant.

-BELLA ! crièrent-elle en me pourchassant.

-TU VAS REGRETTER TON GESTE, PETITE PESTE !

J'arrivai très rapidement dans la grande maison en bois de ma famille depuis vingt ans et me réfugiais derrière celle que je considérai comme la matriarche du clan :

-Sauve-moi, Carmen ! Tanya et Kate veulent me faire du mal ! rigolai-je.

-On ne court pas dans la maison, las niñas ! répliqua-t-elle faussement autoritaire. Et laisser ma petite Bella tranquille ! Mi pobre querida, continua-t-elle en me caressant les joues telle une mère le ferait envers son enfant, tu vas finir par être traumatisée !

-Ouais, Bella, ajouta ironiquement Kate, tout en croisant ses bras sur sa poitrine, à force de nous faire accuser de tes bêtises tu vas vraiment finir par être traumatisée.

-Tu es juste contrariée de ne pas pouvoir jouer à Kate-Toute-Puissante avec moi, vilaine centrale électrique !

-Toi et ton satané bouclier, maugréa-t-elle de mauvaise grâce. Un jour on arrivera bien à le désactiver nous-mêmes et tu verras alors de quel bois je me chauffe !

-Mais au fait, où sont Eléazar, Irina et Laurent ? demandai-je.

-Eléazar est parti chasser, sourit Carmen.

-Et pour changer, le petit couple d'amoureux transi est en train de batifoler quelque part loin d'ici, s'amusa Tanya en roulant des yeux.

-Pff, c'est dur de vivre avec deux couples dans la maison entre le boucan qu'ils font et l'amour mièvre qui circule dans l'air, se plaignit Kate. Je comprends pourquoi Edward a décidé de quitter sa famille pour rester seul après ce qu'il a vécu avec toi !

Cette dernière écarquilla des yeux en me regardant, se rendant compte de la petite bombe qu'elle venait de lâcher tandis que les deux autres vampires s'étaient figées d'appréhension en attendant ma réaction.

Sauf que je ne savais pas comment réagir.

-Je suis désolée Bella, souffla la belle blonde en se mordant la lèvre inférieure.

Je demeurai raide, silencieuse, tandis que tout se bousculait dans ma tête et parmi mes émotions. Bien évidemment, mon cœur mort se rappela à mon bon souvenir en me faisant souffrir de mille maux mais je restai de marbre afin de ne pas craquer devant ma famille car même si elle me faisait du mal en disant –à tort- qu'Edward m'avait aimé et m'aimait encore, elle ne méritait pas de souffrir en me voyant aller mal.

Pas après tout ce qu'ils aient fait pour m'aider à aller mieux.

J'avais besoin de maintenir ma façade en place tant que je ne serais pas seule.

-Ce n'est pas grave, Kate, dis-je en lui faisant un sourire plus que crispé. Excusez-moi, mais j'ai besoin d'aller dans ma chambre.

J'entendis très facilement Tanya et Carmen enguirlander la troisième vampire mais je ne prêtai pas attention à leurs propos. Je ne les connaissais que trop.

Je montai à l'étage où se trouvait ma chambre et m'y enfermai avant de m'allonger sur mon immense lit deux places. J'attrapai la télécommande de ma chaine-hifi et allumai cette dernière puis la berceuse que m'avait composé Edward résonna tandis que je regardai le peu de photos que j'avais des Cullen, évitant soigneusement de poser mon regard sur celles où il était présent. Je n'étais pas prête pour ça même si son image était très claire dans mon esprit.

Je me souviendrais toujours de la surprise qui m'avait envahi quand j'avais découvert le cd qu'Edward m'avait gravé de diverses mélodies jouées au piano, les billets d'avion pour Jacksonville ainsi que toutes les photos des Cullen que j'avais prises lors de mon dix-huitième anniversaire cachés sous une latte cassée de ma chambre quand j'étais revenue chez Charlie afin de récupérer certains objets avant que je ne brûle la maison. En incendiant l'endroit où avait vécut mon père, j'avais définitivement fermé le chapitre de mon existence humaine à leurs côtés même si je chérirais durant toute mon existence les souvenirs que j'avais d'eux et m'en voudrais toute ma vie de leurs morts.

La berceuse d'Edward, quant à elle, me permettait de calmer le désespoir qu'avait causé son départ quand penser à mon premier et seul amour devenait trop dur. Je trouvai d'ailleurs souvent ironique que la musique de l'homme qui m'avait brisé était ce qui me permettait de me raccrocher à mon existence vampirique, à aller un peu mieux. Mais c'était toujours le cas.

Edward avait et aurait toujours ce pouvoir sur moi du fait que l'amour que je lui porterai jusqu'à la fin des temps lui permettait facilement de me faire autant de bien qu'il m'avait fait mal.

Et même si maintenant j'aurai aimé ne plus avoir à souffrir d'un amour à sens unique, je ne pouvais pas m'empêcher de l'aimer. C'était irréversible, définitif et ce, quelque soit les années qu'allaient remplir mon éternité.

J'ignorai combien de temps je restai là, allongée sur mon lit, à écouter en boucle ma berceuse tout en ressassant indéfiniment mes merveilleux souvenirs d'avec Edward mais je fus rejointe par Tanya qui s'installa à mes côtés et qui me caressa les cheveux tandis que je m'accrochai à elle comme à une bouée de sauvetage.

Aucune de nous ne parla.

La vampire se contenta de m'apporter silencieusement son soutien, sachant pertinemment que je ne voulais rien entendre. Ni les excuses de Kate, ni les mots de réconforts bateaux, et encore moins cette hypothèse selon laquelle Edward m'aimerait encore.

Je voulais passer au-dessus de ma peine, l'oublier, même si je savais que jamais je n'y parviendrais. L'esprit vampirique nous empêchait d'effacer notre mémoire infaillible.

-Je vais aller chasser au Parc National de Gates of the Arctic, annonçai-je à Tanya après être sortie de ma léthargie. Je pense y rester quelques jours.

-Tu veux que moi ou même Kate ou Carmen t'accompagnons ?

-Non, répondis-je. J'ai besoin de m'y rendre seule afin de me vider complètement l'esprit. Il faut que je tourne définitivement la page de mon amour pour Edward. Il me fait plus de mal que de bien et je n'arriverais pas à vivre pleinement auprès de vous si à chaque fois que vous mentionner les Cullen je me renferme comme une huitre. Je dois surmonter tout ça. Ça fait déjà vingt ans maintenant et si je ne le fais pas maintenant, je ne le ferais jamais.

Je pouvais voir la tristesse de Tanya dans ses prunelles dorées mais elle acquiesça, résignée, avant de m'enlacer et de me laisser partir.

C'est ainsi que pendant dix jours je restai assisse en plein milieu du Parc en question, à méditer sur mon passé et à travailler sur mon bouclier mentale. Et après être enfin en paix avec moi-même –malgré mon cœur meurtri- je décidai de retourner à Denali.

La maison était vide, mais je ne m'en inquiétai pas, surtout après avoir trouvé un mot à mon intention de la part des autres membres de ma famille m'avertissant qu'ils étaient partis chasser quelques jours.

Quand cette fois-ci je retournai dans ma chambre et regardai pour la première fois une photo d'Edward, au lieu de me laisser submerger par toutes les émotions qu'il me provoquait, j'inspirai profondément et serrai les dents. Oui, j'avais mal de le voir, sachant que je l'avais perdu à jamais, mais au-dessus de tout ça, je me permis enfin d'apprécier seulement les souvenirs que j'avais de lui.

Mon cœur mort saignait, mais je parvenais plus facilement à passer au-dessus de ma souffrance.

Je commençai à aller mieux.

J'allais pouvoir vraiment commencer à vivre mon existence vampirique.

Deux jours plus tard, alors que je discutai avec Eléazar de son expérience chez les Volturi, tandis que le reste de la famille vaquait à ses occupations dans les différentes pièces de la maison, nous entendîmes une voiture se diriger vers nous.

Très rapidement, nous nous regroupâmes tous dans le salon, nous interrogeant sur le visiteur qui ne tarda pas à frapper à notre porte alors que Tanya, en chef de clan, alla ouvrir à notre invité et je ne pus que me figer sous la surprise quand elle s'exclama, réellement surprise :

-Rosalie ?

-Salut Tanya, je dérange ?

-Non, bien sûr, entre très chère ! Mais qu'est-ce qui t'amène à Denali sans ta famille ? Sans même Emmett ?

Nous entendions tous très parfaitement les pas des deux vampires se diriger vers le salon où nous nous trouvions tous et si mon cœur battait, son rythme aurait été effréné. J'étais terrifiée par cette rencontre imprévue avec le membre des Cullen qui m'aimait le moins mais décidai de ne rien montrer, de ne pas me laisser écraser par mes émotions.

J'inspirai calmement et profondément, laissant Irina me tenir la main tandis que Kate posa son bras sur mes épaules. Carmen, Eléazar –assis en face de moi- m'encouragèrent du regard alors que Laurent restait de marbre aux côtés de sa compagne, malgré la curiosité qui le rongeait et que trahissaient ses yeux.

-Je commençai à ne plus supporter l'ambiance à la maison et voulais passer un peu de temps avec mes cousins d'Alaska, commença-t-elle en souriant avant de se figer quand son regard se posa dans le mien. Be… Bella ?

-Bonjour Rosalie, dis-je simplement.

-Oh, mon Dieu ! s'écria-t-elle, surprise. Tu es vivante ?

-Si on met de côté le fait que mon cœur ne bat plus depuis vingt ans et bien, oui, je suis bien vivante ! dis-je, sarcastique.

-Je n'arrive pas à le croire ! s'énerva-t-elle tout en serrant les poings. Qu'est-ce qu'elle fiche ici ? Depuis quand vous la cachez chez vous ?

-En quoi ça te regarde, Rosalie ? m'emportai-je en me levant empêchant quiconque de répondre. Je n'ai aucun compte à te rendre ! Ni à toi ni à aucun membre de ta famille !

-Est-ce que tu sais le mal que tu as causé quand on a apprit ta mort ? A quel point Carlisle, Esmé et Emmett ont été abattus ? A quel point Alice et Jasper culpabilisaient ? A quel point Edward est détruit ?

-Attends, répliquai-je sentant la rage m'envahir, tu m'accuses de tous les maux de ton clan alors que c'est vous qui êtes lâchement partis ? Tu ne sais pas les dégâts que vous avez infligés à ma vie, à ma famille, par quoi je suis passée, tout ce que j'ai perdu par votre faute sans que je ne vous ais blâmé jusque là, alors ferme-là, c'est clair ? FERME-LA !

-S'il te plait, calme-toi, querida, demanda Carmen en me prenant dans ses bras tandis que je fusillai du regard la femme d'Emmett qui me fixait, interloquée de me voir aussi furieuse malgré la tristesse qui devait facilement transparaitre de mes prunelles. Après tout, elle ne m'avait connu qu'en étant la gentille et pitoyable humaine que j'avais été.

-Bella fait partie de notre famille depuis plus de vingt ans, répondit Tanya. Depuis que, grâce à Laurent, nous l'ayons sauvé de Victoria.

-Victoria ? siffla Rosalie. Elle t'a attaqué à notre départ ?

-Elle a d'abord attendu que je sois en pleine dépression avant, informai-je mauvaise. Mais tu seras certainement ravie d'apprendre que j'ai énormément souffert de votre départ et des évènements qui ont suivis avant de rejoindre ma nouvelle famille, n'est-ce pas ?

-Je n'ai jamais voulu que tu souffres, Bella, soupira-t-elle. Je voulais juste que tu vives la vie humaine qu'on m'a enlevée.

-Surprise ! Malgré votre départ je suis quand même devenue un vampire !

-Pourquoi ne pas nous avoir cherché ? continua la belle blonde, impassible. On aurait pu t'aider. Edward…

-Vous chercher alors que c'est vous qui êtes partis sans rien dire ? Sans même me donner de nouvelles en six mois ? coupai-je en riant d'incrédulité. J'étais peut-être naïve d'avoir cru qu'Edward pouvait m'aimer ou que vous m'aviez acceptés parmi vous, malgré le fait que je ne sois qu'une simple humaine, parce que vous m'appréciez un tant soi peu mais les désillusions ont disparus avec ma transformation ! Sans parler du fait que j'avais encore assez d'amour propre pour ne pas m'imposer auprès de vous après tout ce qu'il s'est passé ! Je ne voulais pas de votre pitié ! Pire, que vous agissiez par culpabilité ! Après tout, je n'étais qu'une pathétique humaine tombée amoureuse d'un vampire ! Une distraction pour vous tous !

-Ça n'était pas comme ça…

-Rose, coupa Tanya en voyant que je n'en supporterais pas davantage. En connaissant tes anciens rapports avec Bella quand elle était humaine, je te conseille de ne pas en dire davantage. Ce n'est pas de toi que doivent venir les explications.

-Et si tu nous disais pourquoi tu es venue seule et pour combien de temps, suggéra gentiment Carmen.

-Comme vous le savez, ma famille va mal depuis la « mort » de Bella et comme ça ne s'arrangeait pas, j'ai voulu prendre l'air sauf que maintenant que je sais qu'elle est vivante, je ne peux pas rester ici une seconde de plus sans rien leur dire, soupira-t-elle.

Je restai impassible tandis que mon cœur mort semblait battre la chamade. Serait-il possible que ma mort les ait plus touchés que je ne le pensai ? Qu'ils s'étaient attachés à moi même si je n'étais que la distraction d'Edward ?

Un fol espoir grandissait en moi mais je tentai de le réprimer, ne voulant pas souffrir à nouveau. Surtout qu'ils n'étaient plus ma famille. Aucun d'entre eux. Je ne devais pas me laisser attendrir. J'allais encore me brûler les ailes et ça, c'était hors de question.

-Téléphone-leur, lançai-je mine de rien, surprenant tout le monde. Maintenant que tu es au courant, autant qu'ils le soient tous, pour ce que ça change !

Je voyais Rosalie sortir son portable tout en me fixant avec une tristesse qu'elle tentait tant bien que mal de cacher.

-Tu es sûre Bella ? m'interrogea Tanya, soucieuse.

Je haussai les épaules, ne sachant pas vraiment ce que je voulais, bataillant entre mon cœur et ma raison, tandis que je focalisai mon attention sur les tonalités du téléphone portable de la belle blonde, attendant d'entendre la voix de l'interlocuteur qu'elle était en train d'appeler de mon ouïe vampirique :

-Rosalie ? Tu vas bien ? demanda Carlisle.

-Oui, ça va à peu près bien. Est-ce que tout le monde peut m'entendre ?

-On t'entend tous ma Rosie chérie ! s'écria Emmett.

-Edward ? appela-t-elle.

-Je suis là, souffla une voix morne que je reconnaitrais entre mille et qui faisait serrer mon cœur mort douloureusement.

Rosalie inspira profondément, comme pour se donner du courage tandis que j'entendis Alice pousser un petit cri de surprise, venant sûrement d'avoir une vision de ce qu'allait révéler leur sœur et fille :

-Bella est vivante et vit avec les Denali.

Tandis qu'on entendait très facilement des hoquets de stupeur, seul un grognement attira mon attention :

-Ça t'amuse, Rosalie ? rugit Edward. Ça ne t'as pas suffit de m'en avoir fait voir de toutes les couleurs ces dernières années, il faut maintenant que tu remues le couteau dans la plaie ?

-Je suis vraiment là, intervins-je, le cœur lourd.

-Bella ? demanda-t-il, incrédule.

-Bella, c'est vraiment toi ? S'exclama Esmé, fébrile.

-Comme je l'ai dit à Rosalie à son arrivée, déclara Tanya coupant court aux interrogations des Cullen, Bella fait partie de notre clan depuis plus de vingt ans maintenant.

-Comment as-tu pu me cacher ça, Tanya ? s'écria Edward hors de lui, brisant mon cœur une nouvelle fois, comprenant qu'il était furieux que je sois auprès de ses amis proches.

-Nous avions promis à Bella de ne rien vous dire au sujet de son existence. Mais toutes les fois où je t'ai appelé, Edward, et que tu ne décrochais pas ou quand j'insistai auprès de ta famille pour que tu viennes à Denali sans que tu ne fasses l'effort de te déplacer, c'était des moyens détournés pour que tu la retrouves ! Alors ne me blâmes pas de ne t'avoir rien dit en sachant que j'ai essayé d'attirer ton attention sur ce qu'il se passait en Alaska pendant des années !

-J'arrive, annonça-t-il.

-Nous arrivons tous, rectifia Carlisle avant de couper la ligne.

-C'est quoi cette histoire, Tanya ? répliquai-je durement. Tu as essayé de faire venir Edward au cours de ces vingt dernières années ? Et vous étiez tous au courant j'imagine !

-C'est pour ton bien qu'on a agit ainsi, expliqua Irina.

-Sans compter qu'il l'aurait apprit un jour ou l'autre, compléta Tanya. Autant qu'il l'apprenne le plus vite possible pour qu'il puisse réparer ses erreurs et que vous arrêtiez tous les deux de souffrir à cause de malentendus.

-Il n'y a pas de malentendus ! m'emportai-je de nouveau. Edward ne m'a jamais aimé, alors quand est-ce que vous allez vous enregistrer cette affirmation dans le crâne ? Oh, et puis vous savez quoi ? Je ne vois pas pourquoi je m'emporte pour si peu : Je n'ai et ne veux plus rien à avoir avec les Cullen ! Qu'ils viennent, ils verront qui est ma véritable famille !

-Bella, tu devrais au moins l'écouter, suggéra Eléazar.

-C'est ce qu'on verra, maugréai-je en croisant les bras sur ma poitrine, comme pour me protéger d'une autre douleur qu'ils pourraient infliger à mon cœur déjà meurtri. J'imagine qu'ils seront là dans quelques heures, en attendant, je monte dans ma chambre.

J'étais énervée et essayai tant bien que mal de ne pas tout détruire autour de moi. Ça m'énervai d'agir comme une gamine récalcitrante envers ma famille mais ils n'avaient pas le droit de débarquer en Alaska à peine deux jours après que j'ai fait mon deuil d'eux, de lui. J'étais à peine guérie qu'ils allaient rouvrir chacune de mes blessures et infliger plus de dommages que je n'avais déjà.

-J'EN AI MA CLAQUE DE SOUFFRIR ! hurlai-je en cognant mon poing contre le mur.

Cependant, je fus encore plus furieuse de voir que j'y avais fait un trou sous mon impulsion incontrôlée et décidai de sauter de ma fenêtre et de courir dans la forêt longeant notre maison afin d'éviter de tout détruire, espérant que chasser un peu me calmerait.

Mais je ne chassai pas, non, car courir me paraissait bien plus alléchant comme programme au moment où je me sentis voler entre les arbres à une vitesse folle. De plus, ça me permettait de partir loin de Denali, de ne pas revoir les Cullen étant donné que je n'en avais pas envie.

Cependant, c'était la solution de facilité, la voie du lâche.

Et comme je n'étais pas du genre à fuir les difficultés lorsque j'étais humaine, je me devais de les affronter en étant un vampire.

J'arrêtai ma course en soupirant de lassitude et analysai mon environnement avant de prendre en chasse un caribou et de m'abreuver de son sang qui coula dans ma gorge en même temps que je retrouvai un peu de mon calme.

Je ne savais pas si j'étais prête à une quelconque confrontation, mais de toute manière, je n'avais pas le choix alors je rebroussai chemin, après avoir fait disparaitre la carcasse de l'animal décédé, et retournai à Denali en prenant tout mon temps tout en essayant –en vain- de me convaincre que je ne cherchai pas à retarder l'échéance.

Je réprimai un grognement en voyant la Mercedes de Carlisle ainsi que l'Aston Martin d'Edward garées aux côtés du nouveau véhicule de chez BMW de Rosalie. Apparemment ils étaient déjà arrivés et à en juger par le boucan qui régnait à l'intérieur, l'ambiance devait être tendue.

Je pris mon courage à deux mains et pénétrai dans ma maison, le plus impassiblement possible. Toutes les têtes se tournèrent vers moi en même temps que leurs conversations s'arrêtèrent nettes.

Je ne regardai aucun Cullen, préférant fixer mon attention sur chacun des membres de ma famille pour voir s'ils allaient bien, finissant par Tanya qui m'envoya un sourire rassurant :

-Désolée du retard, j'avais besoin de chasser, lançai-je en m'approchant de cette dernière pour mettre un terme au silence assourdissant qui régnait sur la pièce.

-Oh mon Dieu, Bella ! Je suis vraiment heureuse de te revoir ! s'exclama Alice tout sourire en me prenant dans ses bras.

Je me retenais de l'envoyer physiquement bouler même si l'envie était vraiment forte, mais ne rendis pas son étreinte, attendant patiemment qu'elle me lâche pour que je puisse me placer aux côtés de ma famille.

-Si tu savais comme tu m'as manquée toutes ses années ! continua-t-elle, inconsciente de mon manque de réaction, me faisant bouillir de colère. Si j'avais su que tu étais devenue un vampire, je serais venue te chercher plus tôt et on aurait pu s'amuser toutes les deux depuis longtemps !

-Ouais, ouais, c'est ça, maugréai-je en tentant de me calmer. Continues de raconter tes salades, on y croit tous ! Maintenant tu peux me lâcher ?

Je sentis très facilement la vampire brune se figer avant d'enfin me libérer tandis qu'elle me regardait, surprise :

-Mais, Bella ? Qu'est-ce qui te prends ?

Je ne pus échapper un petit rire incrédule, mais surtout amer sortir de ma bouche tandis que je pris place entre Tanya et Kate avant que je ne plonge mon regard brillant de colère dans le sien, remplis d'interrogations :

-Qu'est-ce qui me prend ? Attends, laisse-moi donc éclaircir ta lanterne : Tu pars de Forks, sans me dire au revoir –non, que dis-je, sans me le dire tout court !- tu ne me donnes aucune de tes nouvelles pendant les six mois qui ont suivis et qui furent les derniers de mon existence humaine et après vingt ans, parce que tu viens avec de belles paroles, tu crois que je vais t'accueillir à bras ouverts ? On n'est pas chez Disney ici, ma petite ! Tout ne se pardonne pas en un claquement de doigts ! Je peux encore comprendre pourquoi je n'ai pas eu de nouvelles de Carlisle, Esmé et Emmett même si ça fait mal. De Rosalie et Jasper aussi puisque je n'étais pas proche d'eux. Je n'en attendais pas moins d'Edward vu que c'est lui qui a rompu, mais ne pas en recevoir de ma soi-disant meilleure amie, ça je ne peux ni le comprendre ni l'accepter.

-Je suis désolée Bella, mais Edward avait pensé qu'une rupture nette et brutale te permettrait de moins souffrir de notre départ.

-Et bien évidemment, étant la distraction d'Edward, il fallait suivre ses directives sans se poser de questions !

J'essayai de rester la plus détachée possible mais avoir compris que notre amitié ait si peu compté pour Alice m'avait et me blessait encore énormément. A croire que j'avais vraiment été l'amusement de tout le clan Cullen le temps de leur passage à Forks.

-N'en veux pas à Alice à cause de mes choix, souffla Edward qui se trouvait un peu en retrait de sa famille. Je les ai contrains de me suivre sans te dire au revoir.

Même si je ne voulais pas croiser ses yeux, je ne pus que plonger dans ses prunelles dorées quand il me parla et le voir de nouveau, après vingt ans, m'électrocuta. Il était toujours aussi beau même si je redécouvrais ses traits de ma vision vampirique, mais j'avais sous-estimé l'attrait qu'il avait sur moi puisque je ne pouvais m'empêcher de l'admirer encore et encore, m'abreuvant de la seule chose que je pouvais obtenir de lui grâce à mes yeux. Mon amour pour lui m'étreignit douloureusement le cœur sachant qu'il était à sens unique et ce fut cette douleur qui me ramena sur terre –que je n'avais pourtant quitté qu'à peine quelques millisecondes- à la conversation que l'on avait :

-Et comme Alice est une pauvre petite créature toute fragile et soumise, elle ne pouvait pas batailler contre toi pour venir le faire elle-même ! Pire, elle ne pouvait pas utiliser ses visions pour te contrecarrer et prendre de mes nouvelles après votre départ sans que tu ne le saches ? Non, pour qu'elle fasse ça, il aurait fallu que je compte un minimum pour elle, ce qui n'était vraisemblablement pas le cas.

Je vis très nettement Alice prête à répliquer mais le regard que je lui lançai poussa Carlisle à poser sa main sur son épaule pour lui intimer le silence car, effectivement, ce n'était pas l'heure aux explications et règlements de comptes car à cet instant, j'étais une bombe à retardement prête à exploser :

-Et si nous nous installions tous et que nous discutions, proposa le patriarche des Cullen.

-Bien sûr, mis amigos, sourit Carmen en s'installant dans un des quatre grands canapés du salon suivit de nos invités et de notre famille.

Je m'installai entre Eléazar et Tanya avant de grimacer en voyant Edward s'asseoir en face de moi. J'évitai de le regarder plus que ça car je ne voulais pas voir de quelconques émotions traverser ses traits et qui me feraient perdre plus la tête. Je me devais de préserver mon cœur d'une autre blessure et pour cela, je devais me détacher de l'emprise qu'avait Edward sur moi.

Je croisai le regard brillant de malice d'Emmett, qui me souriait grandement et je ne pus m'empêcher de lui retourner son geste, sa bonne humeur étant contagieuse :

-Content de te voir vivante, Bella, lança-t-il. Enfin, aussi vivante qu'un vampire puisse l'être !

-Moi aussi je suis contente de me voir vivante, Emmett, plaisantai-je provoquant plusieurs rires dont ceux du géant.

-Et si pour commencer, vous nous racontiez comment Bella a rejoint votre famille, demanda Carlisle.

Je me figeai, sentant l'appréhension et la peur me gagner. Je savais qu'ils allaient demander des réponses à leurs questions, mais j'avais osé espérer retarder l'échéance par n'importe quels moyens. Malheureusement, en croisant les regards de ma famille je savais que je pouvais oublier mes projets de fuir loin d'ici :

-Je pense que c'est à Bella de raconter l'histoire car après tout, c'est la sienne étant donné que son arrivée parmi nous est liée de près à sa transformation, répondit sagement Eléazar. Te sens-tu prête à livrer ce qu'il s'est passé avant que tu ne nous rejoignes définitivement ? demanda-t-il en se tournant vers moi, le regard compatissant.

Le moment était venu. J'avais toujours plus ou moins joué à l'autruche avec ce sujet, ne voulant pas m'immerger plus que je ne l'étais déjà dans le passé sauf que cette fois c'était ce dernier qui m'était revenu en pleine figure.

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En espérant que cette première partie vous ait plu, je vous donne rendez-vous jeudi prochain pour la 2e partie qui dévoilera le passé de Bella !

Je vous embrasse,

Katty