Spoilers : 2x21

Elle bandait son bras en silence, le visage fermé. Damon n'avait pas voulu au départ, mais en plus de la douleur à la limite du supportable, sa blessure commençait à le démanger, et s'il grattait cela empirerait les choses. Non pas qu'il pense que ce soit possible à ce stade.

Alors Elena jouait les infirmières – un fantasme récurrent chez lui, mais pas vraiment dans ces circonstances – parce que Stefan était tellement bouleversé qu'il avait été incapable de se taire. Mais il était évident que son abondante transpiration et le fait qu'il n'arrivait même plus à marcher droit auraient alerté Elena à un moment ou à un autre.

"Alors, Elijah s'est bien fichu de nous, hein?" dit-il, tentant de briser le lourd silence et essayant de provoquer une réaction. N'importe quelle réaction.

Il ne fut pas déçu en voyant le regard meurtrier qu'elle lui lança. "Effectivement, et si j'entends 'Je vous l'avais dit', je te jure que je te mords l'autre bras."

Il sourit en dépit de la douleur. Ça c'était son Elena, brave et courageuse. Elle avait toujours les yeux rouges suite à la perte de Jenna dans ces conditions si horribles. Et un peu de ce chagrin s'étendait à John aussi, sans doute. Mais elle continuait d'avancer, s'occupant de son frère et de ses amis, prête pour la prochaine bataille.

Dommage qu'il ne soit plus là pour voir ça.

Une douleur bien plus violente que celle de sa blessure lui perça le coeur. Il devait savoir.

"Est-ce que tu me hais?" demanda-t'il, se préparant mentalement à sa réponse.

Elle termina le bandage et ferma le kit de premiers soins avant de se tourner vers lui. Il y avait dans ses yeux un mélange de tristesse, de tendresse et de colère qui le laissa confus.

"Te haïr pour quoi, Damon? Pour avoir abusé de ma meilleure amie pendant des semaines? Tué mon frère? Traité Andie Starr comme ton jouet? M'avoir forcé à boire ton sang? Je suis probablement irresponsable ou dingue ou je ne sais quoi, mais non, je ne te hais pas pour cela. Je t'ai d'ailleurs pardonné."

Les yeux bleus de Damon restèrent rivés à son visage, buvant chaque mot. Il n'avait jamais espéré cela. Il aurait été content avec 'Je ne te déteste pas plus que cela'.

Il pouvait mourir en paix. Sauf qu'après ce petit speech, il n'avait plus aucune envie de mourir.

Mais elle n'avait pas fini.

"Mais te faire mordre par un loug-garou, ça...ça je ne peux pas te le pardonner," termina-t'elle, et sa voix se brisa sur le dernier mot.

Il se maudit de lui faire traverser cela en plus du reste. Leur relation avait évolué de façon spectaculaire ces derniers temps, et après ce baiser dans sa chambre il s'était senti vraiment heureux, et plein d'espoir pour la première fois depuis 145 ans. Et bien évidemment il avait fallu qu'il fiche tout en l'air comme à son habitude en la forçant stupidement à boire son sang. Mais l'idée de perdre Elena lui avait été insupportable et il avait perdu la tête.

Le fait qu'elle lui pardonne était tout bonnement un miracle.

La gorge trop serrée pour formuler une phrase correcte, il la prit dans ses bras. Elle passa son bras autour de son cou, son corps se modulant parfaitement et naturellement contre celui de Damon. Damon savait qu'il devait imprimer ce moment dans sa mémoire, car il n'y en aurait jamais d'autre. Il la serra un peu plus fort contre lui, essayant de lui transmettre par ce simple geste son amour et sa dévotion. Et malgré son aptitude à répondre du tac au tac et toujours trouver une réplique intelligente, il ne sut que dire en cet instant, ne put trouver les mots idéals.

Où peut-être avait-il juste peur de les prononcer.

Il lui demanda simplement, "Est-ce que vous penserez à moi de temps en temps?"

Il la sentit se raidir, avant qu'elle ne s'écarte et le regarde avec incrédulité.

"Quoi?"

"Est-ce que vous penserez à moi de temps en temps? Stefan et toi?"

Elena n'en crut pas ses oreilles. Pensait-il vraiment être si mal considéré et que tout le monde allait oublier son existence une fois qu'il ne serais plus là?

Elle réalisa alors qu'elle n'avait jamais vraiment compris à quel point il était émotionnellement détruit. Et ces derniers mois il n'avait pensé qu'à protéger la ville, elle-même, sa famille et ses amis.

Mais personne ne l'avait protégé lui. Et certainement pas de lui-même.

Avaient-ils tous été si aveugles ? Elle sentit son coeur se serrer, emplie d'angoisse et de regrets. Mais elle ne pouvait pas craquer maintenant.

Elle prit son visage dans ses main et lui dit d'une voix tremblante, "Damon Salvatore, je penserai à toi chaque jour de ma vie."

Il ferma les yeux, laissant les mots faire leur effet. Ceux-ci n'avaient aucun effet réparateurs sur sa blessure, mais étaient un véritable baume pour son âme. Et il en avait besoin comme il n'avait jamais rien eu besoin d'autre dans sa très longue vie.

Et il n'avait plus peur.

"Je t'aime, Elena."

"Je t'aime aussi, Damon."

Et d'un seul coup elle le retrouva, le sourire narquois bien en place malgré le regard fiévreux.

"Tu ne dis pas cela parce que je suis en train de mourir, hein?"

"Non Damon, "dit-elle en souriant. Elle aurait du se douter qu'il refuserait d'en faire un moment trop émotionnel. Mais la joie pure sur son visage trahissait ce qu'il ressentait vraiment.

"Qu'en est-il de Stefan?"

"Il sait. On est ok."

"Et il a toujours l'intention d'essayer de me sauver?"

"Plus que jamais."

Et c'était aussi simple que ça.