Blabla de l'auteur : Salut à vous. Ok, ok j'avoue je suis hyper en retard mais bon. J'espère que vous ne m'en voudrez pas trop beaucoup et que ce chapitre vous plaira. Même s'il est principalement transitif. Sans plus tarder, je voudrais remercier Laura Fiction, Aurlie Jeni Kat (Salut miss. Pourquoi elle est interrompue quand elle veut lui dire ce qu'elle ressent ? La réponse est facile, c'est moi qui est l'auteur (tout s'explique mdr) J'espère que ce chapitre te plaira. Bisous), Solen (Salut miss. Olala désolée de t'avoie donné envie de pleurer. C'était pas voulu. Même si elle galère un max, comme tu vas le lire dans ce chapitre. Ah ah j'avoue que leur premier baiser est absolument superbe. Moi je craque à chaque fois. Ouais j'ai fait un Nate et un Jason intelligent et compréhensif. En même temps, je vois pas pourquoi ils auraient réagi autrement mais bon. J'espère que ça te plaira. Bisous), amy-chan, charl2ne, Tomy-Chan22 et celenia pour leurs reviews. Je vous adore.

Disclaimer : L'univers, ainsi que ses lieux, et ses personnages, ne m'appartient toujours pas ! (Hélas) C'est toujours la propriété de Disney ! Je ne fais que l'emprunter un court instant ! Et naturellement, je ne touche absolument rien, mais vous avez le droit de me laisser votre avis ! :p Et les corrections sont de chris87

PS : Je ne le précise pas mais on ne voit que la version de Mitchie. Bon si finalement, je le précise !

Chapitre 23

Le week-end passa rapidement. J'avais passé la plupart de mon samedi enfermé dans ma chambre pour faire mes devoirs, et le dimanche, avec les garçons car ils avaient décidé de me changer les idées. Résultat, nous étions sortis affronter le froid de l'hiver, pour aller patiner. J'avais dû faire un crochet à la banque, juste avant, allégeant momentanément mes économies, puisque je comptais me rembourser rapidement. Enfin bref. J'avais passé l'après-midi avec eux, à rire, décompresser, tout en observant, de temps à autre, mon meilleur ami. Je ne savais pas trop comment réagir, face à lui. Il ne semblait ni plus triste, ni plus joyeux qu'avant et les réflexions de Jason avaient cessé. J'en avais donc conclu, qu'il n'avait rien dit à propos de notre baiser de la veille. Je mourrais d'envie de l'embrasser, encore, mais je ne fis aucun geste dans ce sens. L'idée d'être officiellement avec lui me terrifiait. Je n'avais pas envie de voir toutes ces personnes nous regarder, nous montrer du doigt, et parler méchamment de mon histoire avec Shane. Et puis l'idée que nos parents et les garçons allaient dire qu'ils s'y attendaient et ça me gênait. Je ne sais pas, j'aurais aimé que personne ne le sache, ou ne s'en doute, avant nous. Maman avait arrêté de me taquiner à propos de lui, mais je voyais bien les regards pétillants qu'elle nous lançait quand on était en ensemble. Je fis un dernier tour de piste, puis je me dirigeais vers les gradins dans le but de faire une pause. J'en pouvais plus. M'asseyant, je me déchaussais, puis les regardais. Ils s'étaient arrêtés à plusieurs mètres, et discutaient entre eux. Ça ressemblait plus à un conciliabule, qu'autre chose, mais bon ! Visiblement, je n'étais pas concernée. Cependant, je vis Nate s'éloigner rapidement et me rejoindre.

« - Un problème, demandais-je.

« - Ouais, soupira-t-il. Comme chaque année ! A partir de mars, les cours s'intensifient, on ne voie pas les jours passer, vu qu'on profite des beaux jours qui reviennent, et sans qu'on s'en aperçoive, paf, dit-il en tapant son poing dans le plat de sa main, c'est le mois de juin, avec les examens. Je comptais utiliser le week-end prochain pour commencer à réviser sérieusement, tu vois, sauf qu'ils préfèrent sortir. Chaque année, c'est la même galère ! On se chamaille parce que je souhaite avoir mon diplôme du premier coup et eux, ne préfèrent réviser qu'à partir de la fin avril, par là.

« - Je vois ! Et tu te retrouves forcément en infériorité numérique.

Il acquiesça en souriant, et les deux autres arrivèrent à leur tour.

« - Mitchie, tu tombes bien !

« - C'est pourtant jamais prémédité, dis-je en faisant un jeu de mot vaseux qui les fit sourire.

« - Tu viendrais avec nous, le week-end prochain ! On comptait aller traîner dans un parc, ou peut-être aller au musée, ou ailleurs, lista Jason.

« - C'est gentil, mais c'est mon dernier week-end de libre. A partir de lundi, je bosse les enfants. A la fin de l'année, y a les examens, et je voudrais les avoir du premier coup, donc je vais reprendre mes cours depuis la seconde, pour avoir le plus de connaissances en tête, pour le jour J !

« - Flûte, Nate s'est trouvé une alliée, s'amusa Shane.

« - Et de taille ! On ne peut même pas l'assommer, c'est notre sœur.

« - Je te remercie Jason, c'est rassurant de savoir que j'évite les migraines parce que je suis votre sœur ! A ce propos, Nate, ça te dirait qu'on révise ensemble. On laissera ces deux messieurs profiter du soleil et des bienfaits de l'air extérieur, pendant qu'on préparera notre avenir ?

« - Après les cours au Colibri ?

J'acquiesçais en souriant, puis les prévins que j'allais boire quelque chose. Je vis, cependant, le regard assassin de mon meilleur ami, et celui victorieux de mon collègue de bio. J'ignore pourquoi, mais j'avais comme un mauvais pressentiment. Par politesse, je leur demandais s'ils voulaient venir et tandis que deux acceptèrent, Shane déclara qu'il allait continuer à patiner, avant de s'éloigner à vive allure.

« - J'ai raté le coche, là, commentais-je.

« - Pas si tu venais quand on répète, s'amusa Jason.

Sur ces mots, il enleva ses patins, et comme Nate était prêt, nous montâmes à la cafétéria. On prit tous un chocolat et je les interrogeais sur l'attitude de leur ami. Il semblait, visiblement, contrarié.

« - T'inquiète, ça lui passera, sourit mon partenaire de révision.

J'acquiesçais en me demandant quand même ce que j'avais fait. Sauf que voilà, je ne voyais pas du tout. Etait-il en colère, parce que j'acceptais d'aller au Colibri avec Nate pour réviser ? C'est stupide ! Ou alors de la jalousie mal placée. Je décidais d'en avoir le cœur net, me levais, et leur dis que j'allais régler un truc. Aussitôt, je repris mes patins, puis retournais sur la piste. Il était en train de patiner, les yeux visiblement ailleurs, puisqu'il entra en collision avec une jeune femme. Soupirant, je le rejoignis, en grimaçant de douleur. Ce que je peux avoir mal aux cuisses. Décidément, faut que je me remette au sport ! J'arrivais rapidement à sa hauteur, et lui barrais le passage. Il me regarda, avant de froncer les sourcils. Lorsqu'il me demanda où j'avais mis mon nouvel ami, je le regardais abasourdie, puis sans pouvoir m'en empêcher, j'éclatais de rire. Hilarité qu'il ne partageait visiblement pas, puisqu'il partit, continuant son chemin comme si je n'étais pas là. Je tentais de me calmer, et le rejoignis, une seconde fois. Je posais alors ma main sur son coude, comme il le faisait souvent. Il s'arrêta et observa mes doigts.

« - Désolée, pour mon fou rire, c'est juste qu'on dirait que tu es jaloux !

« - Et alors, qu'est-ce que ça ferait, si je l'étais ?

« - C'est ça alors ? T'es jaloux parce que je vais passer du temps avec Nate et nos bouquins, demandais-je étonnée.

« - Faux !

« - Tu mens presque aussi mal que moi ! Ecoute, j'ai toujours placé mes études avant le reste ! Je ne vais pas passer mon temps à réviser comme je vous l'ai dit, je vais faire des pauses.

« - Alors pourquoi l'avoir dit ?

« - Parce que Nate était seul sinon, dis-je en haussant les épaules. Ecoute, si tu veux, on aura qu'à se regarder un film ou faire autre chose, de temps à autre. Mais si je veux pouvoir entrer à Harvard comme je le souhaite, j'ai intérêt à bosser dard dard. Tout le monde n'a pas le talent pour se lancer dans la musique.

Il soupira, puis posa sa main sur la mienne. Ce geste me tordit l'estomac mais je ne dis rien. De toute façon, je n'aurais pas pu. Emilie, une des groupies des garçons, vint l'apostropher, et j'ôtais ma main de son bras alors qu'elle m'ignora délibérément. J'aurais même pu le prendre mal, mais je ne la connaissais pas, et je n'avais pas envie que ça change. Je n'eus donc aucun scrupule à les interrompre. Il était face à elle, les mains dans les poches de son manteau, et je glissais une de mes mains dans sa poche. Il me regarda étonné, et je dis.

« - Tu viens, on attend que toi.

Je me mordis la joue, en priant qu'il comprenne que je voulais juste qu'elle ne soit plus là. Son regard s'anima, et il ouvrit la bouche pour parler, sauf qu'elle fut plus rapide.

« - Il vous rejoindra après ! J'ai quelque chose à lui dire, alors du balai, la nouvelle !

Je la fixais méchamment, puis me tournais vers lui, et lui montrais ma montre. Je voulais lui dire, qu'on l'attendait et qu'elle devait faire vite, cette peste. Je commençais donc à m'éloigner quand j'eus une légère crampe. Suffisamment douloureuse pour que je m'arrête au milieu du chemin.

« - Hey ça va ma belle ?

« - Mouais! C'est juste que j'étais partie boire un peu pour reposer mes jambes, mais avec ton boudage, j'ai trop forcé ! Je ne le regrette pas cela dit !… Tu devrais rejoindre ta petite chérie, elle t'attend, commentais-je en la voyant nous fusiller des yeux.

J'étais cependant persuadée que le regard noir n'était que pour moi. Haussant les épaules, il lui dit au revoir, et nous regagnâmes les gradins, doucement. J'ignorais que ça pouvait faire si mal, de passer une après-midi entre amis. Je m'assis rapidement et me déchaussais, avant d'étirer ma jambe doucement. Dès que la douleur se calma, je me relevais, et commençais à me diriger avec précaution, jusqu'à la table où était les deux autres. Sauf qu'une drôle de surprise nous y attendait. Abby, et Mia, dont je ne connaissais que le prénom, étaient assises avec les garçons. Bien qu'ils ne semblaient pas enchantés du tout par leurs présences. Nous arrivâmes quand Jason soupira.

« - Bon d'accord, j'y retourne, mais je te préviens Abby, la prochaine fois que tu me forces la main comme ça, je sévis.

« - T'es pas obligé de nous accompagner ! Nate serait peut-être ravie de nous aider. Oh salut Mitchie, salut Shane.

« - Salut la peste, quoi de neuf ?

« - Maman nous a amené à la patinoire, et a demandé à Jason de nous surveiller, dit-elle visiblement habituée au surnom que Shane lui avait donné.

« - Mitchie, je te présente Mia, ma dernière sœur.

« - Salut, dit-elle très timidement.

« - Salut ! Ravie de te rencontrer, dis-je avant de me tourner vers Jason. Allez, file t'occuper de tes sœurs ! Elles veulent aller patiner.

« - Bah suis-nous alors ! Je te rappelle que…

« - Pas possible, j'ai une crampe à la cuisse, m'excusais-je sincèrement. Mais dès que j'irais mieux, je t'y retrouve… Grand frère !

Il soupira, puis se leva, en emmenant les deux petites aux vestiaires pour qu'elles déposent leurs sacs. Shane commanda une boisson chaude et je grimaçais en notant que ma tasse était froide. Bon tant pis, de toute façon je n'avais pas besoin de chaleur mais de repos. Seulement à croire que nous ne pouvions être tranquille, Emilie revint avec dans son sillage, Mélodie, entre autre chose, puisque je notais également la présence de Sarah. Celles-ci investirent notre table, et les deux garçons soupirèrent. Je me contentais d'une grimace, le nez dans mon chocolat. Rapidement, Nate et Mélodie se mirent à discuter entre eux. Visiblement, ils avaient math ensemble, laissant Shane se débrouiller seul avec le troupeau de fille. Je l'aurais bien aidé, mais elles m'ignoraient presqu'autant que moi, donc. Cela dit, pour assurer mon soutien à mon meilleur ami, je lui pris la main, et il sourit tout en écoutant une des filles lui raconter un truc. Croyant que c'était pour elle, elle le lui retourna, et il haussa un sourcil avant de soupirer. Cependant, en gentil garçon, il les écouta parler, conversant même avec l'une d'entre elles, pendant que les autres parlaient mode, en le couvant des yeux. Je souris en songeant qu'en bon oiseau, Sarah veillait sur lui, comme si c'était son œuf. Soudain, j'explosais de rire en imaginant mon meilleur ami avec un bec en train d'essayer de sortir de sa coquille. Mon hilarité étonna toute la table, et ils me regardèrent sans comprendre. Celle-ci redoubla quand une rouquine aux cheveux courts, demanda ce que j'avais à glousser comme une dinde. Je me tournais vers Shane, m'excusais et me levais. Se faisant, je notais qu'il ne me lâchait pas la main, et je lui fis la bise en lui chuchotant que je retournais sur la piste. Il acquiesça et consentit à me lâcher. Nate m'interrogea du regard et je dis simplement :

« - Un problème d'horticulture, c'est rien !

Je les vis sourire tous les deux, avant de m'éloigner. Ma cuisse allant beaucoup mieux, je retournais patiner, pour aider Jason dans son baby-sitting. Lorsqu'il me vit arriver seule, il me demanda si j'avais laissé les deux autres s'entre-tuer et je soupirais.

« - Un groupe de dindes sauvages a envahi la table, résumais-je. Tu t'en sors ?

« - J'essaie de les fatiguer au maximum, tu vois, comme ça elles voudront rentrer plus vite, mais Abby a du manger un lion, elle pète la forme !

« - Paraît que l'amour donne des ailes, philosophais-je avant de sursauter quand je sentis une main se poser sur mon épaule.

« - Tu m'expliques ton fou rire ?

« - J'étais juste en train de m'apercevoir que si elles discutaient entre-elles, en refaisant le monde en parlant fringues, elles te couvaient aussi du regard, comme une maman oiseau surveille ses œufs ! Après, je t'ai imaginé, oisillon de Sarah, cassant ta coquille pour sortir de l'œuf, avec ton petit bec jaune ! Désolée, c'est venu tout seul, ajoutais-je en me mordant les lèvres.

Ils restèrent silencieux, les yeux dans le vague, sûrement pour imaginer la scène puisqu'ils se mirent à rire franchement. Je fus rassurée d'un coup, et nous patinâmes tous ensemble.

Le reste de l'après-midi passa rapidement, puis je les prévins, vers dix-huit heures, que je devais rentrer. Il me restait un devoir à mettre au propre. Sautant sur l'occasion, Jason décida de rentrer aussi, et nous fîmes un crochet à la cafète pour prévenir Nate de ne pas nous chercher si jamais il retournait sur la piste. Il n'avait pas quitté Mélodie du reste de l'après-midi, et l'idée qu'elle puisse lui plaire, me fit sourire. Bon, y en a déjà un de casé, enfin c'est tout comme ! Je sens que je vais transformer le cours de boxe, en salon de thé… Je sortis et frissonnais en sentant le froid sur mon visage. Nous rentrâmes tranquillement et Shane m'accompagna jusqu'à chez moi, comme chaque fois. Me tournant vers lui, je lui demandais :

« - Dis donc, pourquoi tu ne me quittes pas avant que je sois devant chez moi ? Tu as peur que je m'envole ! Note, je ne m'en plains pas, j'aime beaucoup l'idée d'avoir un garde du corps, souris-je.

« - Au début, parce que je voulais te connaître plus ! Ensuite, c'était devenue une habitude, ça me permettait de prolonger nos conversations, admit-il avant d'ajouter plus sérieux, maintenant, c'est plus parce que je me sens obligé de te protéger ! Je n'ai pas envie qu'il t'arrive quelque chose !

« - Je suis une grande fille, tu sais ! Je sais me défendre !

Ok, je m'étais énervée, mais j'ai toujours détesté être faible, et ce n'est pas aujourd'hui que je vais changer. Je suis très fière, peut-être même trop, mais c'est ma façon de vivre, et je m'aime ainsi !

« - Calme-toi, soupira-t-il. Je n'aurais pas dû être aussi franc, mais je me comprends ! Ecoute, j'ai jamais dit que tu étais une créature sans défense, rassure-toi, c'est juste que… T'es une fille.

« - Tu dis ça comme si c'était une excuse valable, mais c'est faux ! Je ne vois pas en quoi être une fille fait de moi une personne à protéger. Au contraire, c'est les autres qui devraient se protéger de moi !

« - C'est pas ce que je veux dire ! Le fait que tu sois une fille n'explique pas tout, mais tu ne peux pas savoir ce qu'il peut se passer dans la tête d'un mec, quand il voit une jolie fille, surtout seule. Ce n'est pas toujours beau à entendre, crois-moi !

« - Oui, je sais, ils ne pensent qu'à… L'allonger, achevais-je avant de reprendre, mais je ne me laisserais pas faire… Une seconde fois ! Et si tu me raccompagnes juste pour jouer aux héros, tu peux arrêter ! Je déteste qu'on me protège !

Sur ces mots, je rentrais, et refermais derrière moi. Je détestais vraiment l'idée d'être sous surveillance. Comme si j'étais assez stupide pour me faire avoir une seconde fois ? Oh non ! Finis la petite Mitchie toute faiblarde ! Maintenant, le prochain qui tente quoi que ce soit, je lui colle mon genou entre les jambes, et il s'en souviendra ! Et s'il peut faire passer le mot, ça serait même parfait. Non, mais qu'est-ce qu'ils s'imaginent ? Que les femmes doivent encore être opprimées ? L'époque préhistorique est pourtant révolue depuis des lustres. Ça fait un millénaire ou deux qu'on a arrêté de traîner les femmes par les cheveux, au fond de la grotte, pour faire son affaire. Quoique, maintenant, on se sert de sentiments grotesques pour faire la même chose. Je secouais la tête, et montais à l'étage. J'avais mon devoir à recopier. Il me viderait la tête. Je m'installais à mon bureau, et soudain, je me sentie mal. Par rapport à Shane, j'entends. Je lui avais posé une question, il m'avait simplement répondu, et je l'avais envoyé balader. Pas très fair-play ! Mais je n'avais pas apprécié qu'il me considère comme quelque chose sans défense. Ceci dit, il m'aimait, donc il avait cette envie naturelle de me protéger du monde, de me mettre sous cloche. C'était une réaction logique me semble-t-il, donc la mienne disproportionnée. Soupirant, je posais mon stylo, et sortis mon portable de ma poche, pour lui envoyer un message d'excuse. Nous nous étions dits bien pires l'autre fois, et c'était lui qui avait eu l'intelligence de s'excuser le premier. A présent, j'étais la seule fautive, et je ne voulais pas que cette broutille gâche notre relation bizarre. Je lui expliquais donc, que j'avais confondu son besoin de me protéger avec le fait qu'il me prenait pour une créature faible. Il m'envoya rapidement sa réponse, m'assurant qu'il comprenait ma réaction, et qu'il s'excusait aussi d'avoir été trop franc, avant de me demander si je prenais le bus le lendemain. Je souris à cette question. Il savait très bien que c'était rare que papa m'emmène.

Lorsque je montais dans le bus le lundi, je souris en le voyant. Je songeais à cet hiver. J'aimais le voir le matin, dans le bus. Quand j'y montais, il fixait le sol, les mains dans les poches, le visage caché par son écharpe quasiment jusqu'aux yeux, et je trouvais ça mignon. A présent, le printemps revenait doucement, en ce début mars. Je m'arrêtais en le regardant. Il était debout, comme souvent, appuyé contre le carreau, la tête levée au plafond, et semblait en proie à une intense réflexion. Je me gardais donc de le déranger, me contentant juste de l'observer à la dérobée, en me régalant de ce moment qui n'appartiendrait qu'à moi. Un jour j'arriverais peut-être à lui confier ce que je ressentais. Pour le moment, c'était trop tôt. Je ne me sentais pas le courage de le lui dire, en le regardant en face. Peur de lire dans ses yeux, de la déception, ou de la pitié. Il n'y avait aucune raison que ça arrive, mais la peur était là. bien présente, elle irradiait chacune des cellules de mon corps, qui me hurlaient de ne rien dire. Ce n'était pas le bon moment. De plus, à force de devoir raconter mon histoire, et de parler avec mon psy, je commençais à sentir la profondeur de ma blessure. Je n'espérais plus de guérison totale, ou si elle devait avoir lieu, ça ne serait pas avant des années. Peut-être serais-je guérie pour mes trente ans, mais rien n'était moins sûr ! C'était pour toutes ces raisons, que je ne disais rien. Même si ça devait gâcher de précieux moments. Et si, quand j'aurais le courage de lui dire ce que je ressens, il n'a plus pour moi qu'une profonde amitié, alors je m'en contenterais. J'aurais des regrets, c'était certain, mais je ne pouvais pas lui dire que je l'aimais, alors que j'avais encore peur de son regard. Il était tellement expressif, qu'il s'en était effrayant parfois. Si la force de son amour était trop forte, je risquais d'être mal à l'aise dans ses bras, or je voulais éviter qu'il soit plus malheureux pour le moment. Même s'il ne me montrait rien, je savais qu'il n'était pas aussi heureux qu'il tentait de me le faire croire. Nous approchions du lycée, puisqu'il ne restait qu'un arrêt et je me rapprochais de lui. Je pris son bras sans un mot, et le passais autour de mes épaules, en me collant doucement à lui. Je ne pouvais peut être pas lui dire ce qu'il représentait pour moi, néanmoins je pouvais toujours lui faire sentir qu'il m'était indispensable. Et pour le moment, la chaleur de son amitié me suffisait. Elle me rassurait ! Je savais que je n'étais pas seule. Même s'il y avait Nate et Jason, ce que je partageais avec Shane, depuis le début, était plus profond, plus intense, et tellement plus beau. Il me serra contre lui, sans un mot, et nous fit descendre. Nous n'avions pas parlé. Je crois qu'en fait, nous n'avions plus besoin de mots, pour nous dire ce genre de chose. Je passais un bras sur sa taille, et nous rejoignîmes nos deux amis. Je les saluais, toujours sans un mot, puis me blottis, de nouveau, contre mon meilleur ami. Non ! Il est plus que ça. Quoi exactement, je ne saurais le dire ! Souvent, il était mon meilleur ami, mon confident, ou mon grand frère, et depuis qu'il connaissait mon passé, c'était aussi l'épaule sur laquelle m'appuyer quand ça devenait dure, et à présent, il était, sans en avoir conscience encore, le gardien de mon cœur.

J'entendis Jason demander ce que j'avais et Shane haussa simplement les épaules. Personne ne pouvait le savoir, puisque je gardais mes pensées pour moi. En fait, je ne disais rien, ni ce que je pensais, ni même les nombreuses questions que j'avais à poser à Nate. Mais, au pire, je le cuisinerais en bio. La sonnerie retentit, annonçant le début de la journée. Nous entrâmes dans bâtiment, et je les écoutais parler sans mot dire. J'avais, en quelque sorte, l'impression de retourner au début de l'année. Quand j'étais invisible, aux yeux de tous. Ce qui n'était plus le cas à présent, mais pour le moment, je me contentais de la sensation de l'être. Arrivés devant notre salle, Jason nous souhaita bon cours, alors que Shane tournait la tête vers moi. Je croisais son regard intrigué, et souris doucement. Il déposa un baiser sur ma tempe, en me souhaitant bonne chance pour le cours, et partis. Je le regardais s'éloigner, puis quand il eut disparu dans la marée, j'entrais dans la salle. Seulement mon collègue était dans l'encadrement, avec un petit sourire aux lèvres et le regard suspicieux. Des trois naturellement, c'est avec lui que j'ai cours. Des fois, je déteste ma vie ! Enfin des fois, mais c'est de plus en plus rare ! Nous nous installâmes en silence, et il me demanda si je faisais la grève de la parole. Je secouais la tête, et pris une feuille. « Je m'interroge juste sur la fin de ton après-midi avec M ! » Je fis glisser mon papier, et observais sa réaction. Elle fut à la hauteur de mes espérances, puisqu'il se gratta la nuque, légèrement gêné, avant de couler un regard vers moi. « Dis donc, t'es aussi bonne observatrice qu'élève ? Préviens-moi que je puisse faire plus attention ! Pour ton info, elle s'est très bien terminée. On a quitté la patinoire, à 20hrs. » Je lus son mot et souris « Et bé, finalement, tu vas avoir une copine alors ! Non, parce que vu comment tu la regardais hier, y a aucun doute sur tes sentiments. C'est plus que clair. Dans un dessin animé, tu aurais eu des petits cœurs dans les yeux ! » Il sourit et répliqua « Ouais, je suppose que j'avais le même regard que toi, à l'instant, quand Shane est parti en cours ! » Je sentis mes joues devenir rouges, mais répondis quand même. « Pour ma part, c'est beaucoup plus compliquée que tu ne le penses. Pour être franche, tout est vraiment confus ! Je sais plus où j'en suis ! » Le cours débuta alors que je faisais glisser ma feuille. Durant les quinze minutes qui suivirent, nous échangeâmes la feuille à diverses reprises. On parlait de ma vie qui se compliquait, sans toutefois mentionner pourquoi. En fait, il essayait de me faire avouer ce que je ressentais pour son ami, tout comme je souhaitais lui faire avouer pour Mélodie.

Un jour, un sage a dit que toutes les bonnes choses ont une fin ! Pour nous, ça se termina quand M. Sondi intercepta la feuille. Je n'aurais jamais la réponse à ma question. Puisque les sous-entendus ne fonctionnaient pas avec lui, je lui avais posé la question d'une façon brutale, qui ne m'était pas familière. Soudain, j'oubliais de respirer quand le prof commença à lire la feuille à voix haute. Nous avions évoqué beaucoup de choses qui ne regardaient que nous, mais visiblement, le professeur en avait décidé autrement. Je pris vraiment peur. J'allais certes avoir sa réponse, mais toute la classe aussi ! Flûte, pourquoi avais-je commencé cette stupide feuille ?

« - … Tu l'aimes ? Pour être honnête, je ne sais pas ! Peut-être va savoir ! Tout ce que je peux te dire, mais ça reste entre-nous, c'est que c'est la première fois, que je ressens un truc pareil ! C'est comment dire ? Indescriptible ! Bon en même temps, bien que le sujet me passionne, je préfère y réfléchir dans mon coin, si t'y vois pas d'inconvénients ! Au fait, c'est toujours d'accord pour ce soir ?… Mitchie, je crois que Nate attend votre réponse ! Donnez-là lui, afin que je puisse reprendre mon cours, ajouta le prof.

Ok, je le déteste maintenant. Cependant, dans un élan de courage, sûrement venu des entrailles de la terre, je lui répondis clairement que je n'avais pas changé d'avis, et que notre rendez-vous tenait toujours. Après ça, aucun de nous ne parla, et le cours se termina. Je le saluais juste de la main et partis poursuivre ma journée seule. En fait, j'aurais pu me lier à d'autres personnes dans mes cours mais hormis Mélodie, qui je crois, risque d'être souvent avec nous, je ne fréquentais personne. La population du lycée m'ennuyait à mourir. Toutes les conversations se ressemblaient à tel point que s'en était risible. A croire qu'ils ne mûrissaient pas. A moins que ce soit moi qui aie grandi trop vite, allez savoir ! L'heure suivante passa sans que j'écoute un mot. Ce n'était pas si grave, puisque le chapitre débutait, enfin je crois, et ce soir, je bossais avec Nate. J'aurais donc tout le loisir de le comprendre avant demain. Lorsque je retrouvais les garçons, durant la pause, je ne fus pas surprise de voir ma partenaire de boxe avec eux. Je la saluais d'un signe de tête, alors qu'elle parlait avec enthousiasme. Pour ma part, je n'avais pas dit grand-chose de la matinée. Je pensais surtout à maman. Aujourd'hui, elle devait prendre rendez-vous avec un avocat, ce qui signifiait, à mes yeux, une nouvelle épreuve. Raconter, les grandes lignes, une nouvelle fois. Je commençais à en avoir marre. Je me demandais, un instant, si je ne pourrais pas écrire une bonne fois pour toute ce que j'avais vécue, et le leur faire lire. A mes yeux, ça serait plus simple et plus facile. Enfin, j'imagine que la justice n'accepterait pas. On dit toujours que la vie n'est qu'une série d'épreuve, pour ma part, j'étais en train de toutes les vivre. Les yeux perdus dans le vague, je sursautais quand une main me passa devant le nez. C'était mon meilleur ami. Il avait les sourcils froncés, et paraissait inquiet. Je lui souris doucement, et il me prit contre lui. Instinctivement, j'entourais sa taille de mes bras, et pris une grande bouffée de son odeur.

« - Vous êtes vraiment mignons, tous les deux ! On dirait vraiment que vous êtes en couple, déclara Mélodie avant d'être coupé par Nate.

« - Sujet sensible ! Si tu veux rester en bon terme avec nous, crois-moi vaut mieux l'éviter. Il y a eu assez de dispute à propos de ça.

« - Oubliez ce que j'ai dit !

Je secouais la tête et posais mes lèvres sur la joue de mon meilleur ami. Jason sourit, en expliquant que quand Nate prenait ma défense, c'était Shane qui en récoltait les honneurs, et je le fusillais des yeux. Cela dit, il n'avait pas tort, mais bon j'adorais embrasser mon confident. Cependant, je m'écartais quelques instants, pour remercier Nate d'un câlin et d'un bisou, puis retournais dans les bras protecteurs de celui qui avait changé ma vie, en tirant la langue au dernier. C'est vrai ! S'il n'avait pas cherché à me connaître, je serais toujours invisible pour tout le monde, sans ami, et je garderais encore mon secret. Finalement, il m'avait tellement donné, et aidé, qu'il méritait chacun des gestes que j'avais envers lui, même les plus bénins. C'était une personne extraordinaire, et je pris conscience que la séparation serait vraiment douloureuse, le jour où je repartirais à Salt Lake. Même si, je commençais sérieusement à apprécier cette ville. Le climat était similaire à celui de l'Utah, et les gens plus gentils ! En plus ici, j'avais tissé de vrais liens, avec des gens de mon âge, et même si j'avais beaucoup de mauvais souvenirs, j'en avais moins que dans mon ancienne ville. Cependant nous séparer, lorsque les cours reprirent, et durant l'heure d'anglais, je repensais, une nouvelle fois, à notre baiser. Si beau, si doux, et presque chaste. Rien qu'à ce souvenir, mon estomac se tordit d'envie, et je me demandais si je pourrais, un jour, le sentir contre moi. Il ne me suffisait que d'un geste pourtant, ou un simple mot, mais j'en étais incapable. Bon, j'allais devoir parler de ce point avec mon psy.

La journée passa rapidement, et je retrouvais l'usage de la parole durant notre cours de boxe où j'interrogeais Mélodie, sur ce qu'elle ressentait pour Nate. Il était tellement gentil et génial qu'elle n'avait pas intérêt à se moquer de lui. Or, je voulais m'en assurer ! En aucun cas, je n'interférerais directement dans leur histoire, mais je voulais être sûre qu'elle ne voulait pas être avec lui, pour être plus connue au lycée. Après tout, une fois qu'elle en serait partie, à la fin de l'année, tout le monde l'oubliera, sauf ses amis. Il n'était donc pas utile qu'elle cherche à plaire à des gens qui l'oublieraient en moins de deux mois. Je fus rassurée en sondant son regard. Elle semblait vraiment l'apprécier au-delà de ce qu'on voyait de lui à l'extérieur et ce fut presque impossible de la faire changer de sujet. Je pris donc l'initiative, de l'inviter à manger avec nous. J'allais devoir m'y faire. Elle serait bientôt membre à part entière de notre groupe.

Le repas fut agréable. Nous avions pris une table plus grande, afin qu'on puisse tous s'asseoir, et lorsque les garçons arrivèrent, je notais l'étincelle dans les yeux de mon frère, et sourit. Au moins, je ne m'étais pas trompée. Il semblait vraiment sous le charme. Je repensais à sa réponse en biologie, et sourit. S'il ignorait ce qu'il ressentait, moi je n'étais pas dupe. Il ne la voyait comme une simple amie, tout comme il me voyait comme une sœur. Soudain, je me demandais si j'allais devoir lui raconter, ce que Dylan m'avait fait subir. Je n'en avais pas envie du tout, mais, si elle se mettait avec Nate, elle allait forcément entendre certaines phrases, et même la plus simple, genre « Je vois l'avocat ce soir » allait lui paraître sibylline ! Et entre amis, on n'a aucun secret, non ? Sauf que je ne pouvais pas lui raconter ! Je l'avais dit aux garçons, parce qu'ils étaient plus que des amis pour moi. C'était… Mes anges, avec comme preuve le pendentif qu'ils m'avaient offert. Je souris en le caressant du bout des doigts, et surprit le regard de Jason. Il se posait des questions, mais je ne voulais pas pourrir l'ambiance, ni même coller des migraines à Mélodie, en parlant d'un truc dont elle ignorait l'histoire, aussi je secouais la tête. Enfin, c'était mal le connaître puisqu'il était curieux.

« - Tu crois t'en tirer comme ça ? Raconte à tes frères, c'est quoi le problème ?

« - Rien, je t'assure ! Juste… Rien, soupirais-je avant de regarder la jeune femme.

Celle-ci nous observait l'un et l'autre en cherchant à comprendre, et je me sentais mal à l'aise. Elle allait bientôt poser des questions, et je n'étais pas prête à parler, ni certaine de vouloir le faire.

« - C'est pas le moment, Jason, argumenta mon voisin de bio. Tout à l'heure ?

« - Ouais, tout à l'heure !

Elle nous regarda, complètement paumée, et je la comprenais. A sa place j'aurais pas plus compris. Le reste du repas fut léger. Je soupçonnais les garçons de faire en sorte qu'elle oublie ce léger dialogue et je les en remerciais. Une fois terminé, on sortit faire un tour. Durant la balade, je mis mes mains dans mes poches, et eut un léger sursaut en sentant que quelque chose voulait y entrer de force, avant de sourire en constatant que ce n'était que la main de Shane. Je lui fis une place de bon cœur, et emprisonnais ses doigts. Une nouvelle fois, je croisais le regard de Mélodie, mais à présent, il pétillait de malice, et je me demandais ce qu'elle avait, avant de comprendre. C'est vrai que d'un point de vue, purement extérieur, nous agissions peut-être comme le couple que nous n'étions pas. Un jour prochain, peut-être.

Le reste de la journée passa rapidement, et au soir, Nate prit le bus avec Shane et moi, forcément, puisqu'on comptait aller réviser. Cela dit, ça n'a pas empêché mon meilleur ami, de me prendre tout contre lui, et moi d'adorer ce contact. En fait, c'était même le seul avec qui j'étais si proche, sans me figer. Il aurait pu poser ses doigts sur ma taille, et frôler ma peau, que je ne me serais pas écartée. Enfin, je crois ! Malheureusement, les bonnes choses ont une fin, et il nous quitta nous laissant seuls, Nate et moi.

Quand nous arrivâmes au café, on monta à l'étage en prenant soin de s'installer à une autre table que celle que j'utilisais avec Shane. On sortit rapidement nos cahiers, pendant qu'une jeune femme nous apportait nos consommations. Je me demandais l'espace d'un instant où était Brian, puis haussais les épaules. Ce n'est pas important au fond. Je commençais donc, par reprendre mes cours de la journée, puis demandais le concours de Nate, pour les maths. Il ne pouvait pas être aussi nul que moi, dans cette matière. Il se révéla être un prof parfait, puisque je compris aussi vite que quand mon père m'aidait. En échange, il me demanda un coup de main en Civilisation, et je l'aidais avec plaisir. Je me demande qu'elle pouvait être la bête noire de Jason, mais je n'y réfléchis pas longtemps, préférant me concentrer sur mes révisions. Durant la pause que nous prîmes vers seize heures, il me demanda ce que j'avais et lui expliquais juste mes angoisses. Il m'assura qu'en aucun cas, j'étais obligée de lui en parler. Entre eux, ils n'avaient aucun secret mais c'est surtout parce qu'ils se connaissaient depuis longtemps. Ce n'est pas faux ça.

Dès que je revins à la maison, je fonçais dans ma chambre pour travailler encore un peu. Je pris néanmoins le temps d'envoyer un message à mon meilleur ami, pour le prévenir que j'aurais besoin de ses bras dès demain. En effet maman allait rentrer et me raconter son entretien avec l'avocat, ainsi que son nom. Parce que je ne le connaissais pas du tout. Il m'assura que ses bras seraient prêts, et je l'en remerciais.

Comme prévue, maman profita du dîner, pour nous expliquer que Maître Danel acceptait de me représenter. C'était une jeune femme de trente ans, qui voulait s'occuper de mon affaire, et avait hâte de me rencontrer afin de me parler de toutes les dispositions à prendre. Bon, au moins, c'est une femme. Ça me changera. Je trouve qu'il commençait à y avoir beaucoup trop d'hommes dans mon entourage. Cependant, je déchantais vite quand maman me dit que j'avais rendez-vous à quatorze heures le lendemain. J'allais donc louper mes cours de l'après-midi. Avec toutes ces absences, j'allais avoir du mal à réviser, moi. Il était hors de question que j'ai des lacunes. Aussi, dès mon arrivée au lycée le lendemain, je quittais les bras protecteurs de mon meilleur ami et fonçais, en salle des professeurs, avant de demander à parler à monsieur Madia, pour la Civilisation, puis madame Greco, pour l'espagnol. Il arriva le premier.

« - Bonjour professeur. Je voulais vous demander, s'il vous serait possible de me dire sur quel sujet allait reposer votre cours aujourd'hui ! J'ai un rendez-vous familial à l'extérieur et je ne pourrais pas y assister.

Il me demanda d'attendre, puis revint quelques minutes plus tard, avec des photocopies qu'il me tendit. C'était les grandes lignes et j'aurais simplement quelques recherches complémentaires à faire, si je voulais en savoir plus. Je lui promis d'effectuer les recherches en questions, puis répétais le même discours à ma prof d'espagnol. Elle fut moins conciliante et me donna simplement les devoirs que j'aurais à rendre, ainsi que le sujet du cours. Je la remerciais, puis repartis rejoindre tout le monde. Sauf que je ne m'attendais pas à l'ambiance légèrement froide, que je sentis. Saluant les deux garçons, et Mélodie, je demandais la raison du malaise.

« - Ne t'en fais pas, la belle ! T'as assez de choses à penser pour le moment.

« - C'est gentil de te soucier de ça Shane, mais, je préfèrerais savoir. J'ai l'impression que vous me cachez quelque chose d'important !

« - C'est rien ! J'ai juste posé trop de questions sur toi, et ça les a énervés, s'excusa-t-elle.

« - Désolée !

« - C'est pas grave ! Je voulais juste savoir de quoi vous parliez hier, et quand je suis arrivée, ils parlaient d'avocat. Je cherchais juste à comprendre. Sauf qu'ils prétendent que c'est à toi de m'en parler, et uniquement si tu le souhaites. Jason a ajouté que j'allais au-devant de sérieux problèmes si je t'y forçais, donc ne te sens pas obligée. Je sais pas pourquoi, mais quelque chose me dit que ce ne sont pas des paroles en l'air.

« - Désolée, mais je… Je ne peux pas te le dire. Je ne te connais pas assez, et c'est trop… Personnel. Les garçons ne le savent que parce qu'ils ont surpris une conversation qu'ils n'auraient jamais du entendre.

Elle n'ajouta rien, et la journée débuta. Je les prévins néanmoins que je ne serais pas en cours l'après-midi, et comme mon meilleur ami le savait depuis le trajet du bus, il se contenta de demander à Nate, s'il accepterait un réfugié orphelin dans son car, ce qui nous fit bien rire. Ceci dit, je n'avais pas envie d'être à ce soir. J'avais rendez-vous à deux heures chez mon avocate, et à dix-sept heures chez mon psy. Pas la joie tout ça ! Vivement que j'aille me coucher tiens !


Et voilà ! Encore un autre, qui n'était pas prévu ! J'espère qu'il vous a plu ? Bien que j'ignore encore si je vais mettre Nate avec Mélodie ou pas ! On verra ! J'hésite entre elle, et Abby !

Miss Tagada (L)