Titre : Changements et Transitions

Résumé : Séries de vignettes relatant les mois suivants la finale de la saison six.

NA : Juste pour des fins de souci du détail, normalement, les personnages parlent entre eux en anglais.

NA 2 : Oui le début de ce chapitre ressemble au dernier de ma dernière fanfiction. Dans ma tête, ils discutent toujours de sujets importants au lit alors que Booth essaye de la distraire d'une manière suggestive.


Un changement est une modification objective de notre environnement. Débutant généralement par une nouveauté, il vient perturber notre équilibre établi. […] Il est extérieur à soi et daté dans le temps. La transition est tout son contraire. C'est le processus intérieur que l'on traverse émotionnellement pour digérer le changement. […] À l'inverse du changement, la transition est individuelle, subjective, et non factuelle : comble de malheur, elle dure beaucoup plus longtemps que le changement. En fait, elle prend le temps nécessaire pour que chaque individu parvienne à s'adapter (Bridges, 1995 dans Simon, 2000).


Chapitre 1 : Annonciations, première partie (Sweets, Angela et autres fouines)

4 :47 Chambre à coucher de Booth

Accoté contre le cadre de la porte de sa salle de bain, il regardait calmement monter et descendre ses draps au rythme de la respiration de la femme avec qui il partageait sa vie depuis les derniers mois. Comment ils en étaient arrivés là était toujours un mystère pour lui, mais chose sûre, il ne changerait sa situation pour rien au monde.

La seule lumière du 4 :47 rouge de son cadran illuminait la pièce, mais il y voyait comme s'il était en plein jour. Il regardait la femme qu'il aimait dormir et jamais il ne s'était senti aussi amoureux qu'en cet instant.

Il l'observait dormir se demandant sincèrement comment une femme aussi énergique pendant le jour pouvait sembler aussi calme la nuit et comme pour le faire mentir, elle se débarrassa vigoureusement des draps qui couvrait son corps laissant voir le gilet de coton ouaté qui s'était levé suffisamment haut pour laisser apercevoir son abdomen. Il sourit; même dans son sommeil, cette femme savait le surprendre.

Dans un geste subtil, il avança vers elle tel un prédateur s'approchant de sa proie. Il la fixait toujours, ne croyant pas la chance qu'il avait de l'avoir chez lui, dans son appartement, dans son lit, dans sa vie. Du pied du lit, il monta le long de son corps, sentant ses jambes s'écarter inconsciemment pour accueillir son assaut. Plaçant ses coudes de chaque côté de ses hanches, s'il se pencha sur elle et remonta juste un petit peu ce fameux sweatshirt gris qu'elle portait tous les soirs où ils dormaient chez lui afin de laisser voir son petit ventre à peine gonflé. Délicatement, il caressa la douce peau sous laquelle grandissait son enfant à naître.

Il n'arrivait toujours pas à y croire! Sous ses mains, dans le ventre de sa Bones, grossissait tous les jours son bébé. Un petit gars ou une petite fille juste à eux. Il avança ses lèvres est embrassant légèrement le ventre de la femme qu'il aimait, espérant ne pas la réveiller.

« Eh bébé, chuchotait-il. Tu vas bien? Mama Bones m'a dit que tu pouvais maintenant entendre alors j'ai pensé te dire un petit mot. Mama Bones m'a aussi dit que tu as maintenant des doigts et que tu grossis très, très vite. C'est toute une semaine pour toi, non? Si tu savais à quel point j'ai hâte de t'avoir dans mes bras, tu grandirais encore plus vite.

Eh! Pendant que je t'ai pour moi et que tu m'entends, peut-être peux-tu convaincre maman de m'épouser? Je répète encore et encore que je veux qu'elle m'épouse, elle ne veut rien entendre. Elle dit que le mariage n'est un rituel antique qui à l'origine servait à négocier des ententes entre des familles marchandes avec les femmes servant de monnaie d'échange. Et je lui dis alors que la dernière personne avec qui je veux négocier est son père, mais elle ne me croit pas. Peux-tu lui faire comprendre que je veux l'épouser que parce que je l'aime et que je veux passer le reste de ma vie avec elle?

- Booth, n'influence pas notre enfant pour que je te marie, ça ne fonctionnera pas.

- Allons Bones!

- Non, Booth, je te l'ai dit. On pourra habiter ensemble quand nous serons prêts, nous pouvons signer des papiers légaux si tu le souhaites, mais il n'est pas question que je te marie.

- Le bébé serait mieux si on se mariait.

- Tu savais qu'en 2010, 63% des enfants nés au Québec étaient nés en dehors du mariage? Tu me dis que 63% des bébés québécois sont destinés à une vie de misère?

- Ça ne compte pas, ils parlent français là-bas! Disait-il en embrassant le ventre de la copine. On sait tous que les gens qui parlent le français ont une manière étrange de voir la vie.

- En quoi la langue influence le taux de naissance dans les couples qui ne souhaitent pas entrer dans une union matrimoniale?

- Chut! Tentait-il de changer de sujet. Le bébé dort!

- Booth! Tu sais que même si les fœtus de quinze semaines peuvent entendre, les neurones ne sont pas encore assez développés pour qu'il comprenne quoi que ce soit.

- Bones! Murmurait-il. Il faut se taire, tu vas réveiller le bébé, avait-il rit en remontant tranquillement le long du corps de sa bien-aimée pour l'embrasser sur la bouche.

- Tu sais ce que la quinzième semaine signifie, Booth? Disait-elle entre deux baisers alors que Booth ne sortit qu'un grognement de reconnaissance. Ça signifie que je suis entrée dans mon deuxième trimestre.

- Et puis alors? Demanda-t-il en attaquant son cou.

- Alors, tu sais... il sera bientôt difficile de tout cacher… alors…

- Alors? Ses mains se glissaient sous son sweatshirt.

- Je crois qu'on devrait commencer par informer Angela.

- S'il-te-plaît ne prononce pas le nom d'Angela quand je m'apprête à te faire l'amour.

- Elle ne faisait que donner le sein à son enfant. J'aurais cru qu'en tant que mâle hétérosexuel enclin à la paternité, tu aurais aimé la vision de la poitrine d'Angela en train de nourrir au sein son enfant.

- Les mâles hétérosexuels, comme tu le dis – il avait maintenant arrêté son assaut du corps de son amante afin de prononcer cette clarification – ont souvent beaucoup de difficulté à concevoir que les seins servent à la fois à la nutrition et au sexe en même temps. Soit la nutrition, soit le sexe. Pas les deux. Parmi toutes les situations où j'ai pu imaginer voir les seins d'Angela, la dernière est certainement pendant l'allaitement.

- Tu as imaginé les seins d'Angela? Demanda Bones d'un ton à la fois irritée et amusée. Booth ravala sa salive.

- Bien… quelques fois, quand nous avons commencé à travailler ensemble… mais tu ne joignais toujours dans ces fantasmes.

- Intéressant.

- Pas que j'aie toujours ces fantasmes.

- Parce que tu as vu les seins d'Angela dans un contexte complètement asexué, clarifia-t-elle.

- Exactement. Tu es dorénavant la seule dans mes pensées.

- Pour en revenir au sujet, tu crois qu'on devrait dire à Angela d'abord?

- Je croyais plutôt Sweets.

- Sweets?

- Ouais, il m'a beaucoup aidé dans la dernière année et aussi irritant peut-il être, il est devenu un de mes bons amis.

- Mais Angela est ma meilleure amie…

- Et si on leur disait en même temps. Toi, tu le dis à Angela pendant que moi je le dis à Sweets. Tout le monde sera content.

- Ça me paraît un compromis acceptable!

- Excellent.

- Et les autres?

- J'ai mon plan à ce propos. Maintenant, cessons de parler de l'escouade des fouines, dit-il en remontant son t-shirt par-dessus sa tête, c'est l'heure du cadeau de fête des pères ».

Laissant échapper un petit rire, Bones embrassa l'homme qu'elle aimait de toute sa passion sachant très bien que tout se passerait bien.


17 :04 Founding Father's

Il était assis au bar du Founding Father's en attendant l'arrivée du jeune psychologue à qui il avait donné rendez-vous. Buvant au goulot la bouteille de bière qu'il avait évitée de boire devant Bones depuis qu'il avait appris la nouvelle de sa grossesse, il laissa le liquide froid descendre le long de sa gorge dans sa sensation de picotement et de relaxation qui venait après chaque gorgée.

Il était sincèrement nerveux. Une fausse parole, un faux mouvement d'échiquier, pouvait rompre son partenariat avec Bones et il ne pouvait s'imaginer sa colère lorsqu'il lui annoncerait la nouvelle. Il devait bien jouer ses pièces et Sweets, malgré qu'il soit un bon ami et un excellent collègue, était définitivement son fou.

« Agent Booth, avait entendu Booth derrière lui.

- Docteur Sweets! Assoyez-vous! Vous voulez une bière? C'est ma tournée!

- Ouais, sûr! Pourquoi pas? Une bière serait bien ».

Après avoir commandé une bière à son ami, Booth commença à placer ses cartes.

« Vous allez bien? Comment va Daisy?

- Oh, soupirait le jeune homme. Daisy. Tout est terminé avec Daisy, il n'y a plus rien qui fonctionne. Vous savez, je ne crois pas que je ne serai jamais capable de lui refaire confiance un jour après qu'elle m'ait quitté l'an dernier.

- Peut-être a-t-elle changé? Ça fait plus d'un an de tout ça, n'avait-elle pas compris son erreur?

- Ouais, peut-être que moi aussi, j'ai changé.

- Je suis désolé, Sweets. Vous ne méritez pas cela! Mais parfois, quand on se sent forcé à s'engager avec quelqu'un, c'est que ce n'est pas la bonne personne.

- Vous parlez d'Hannah?

- Ouais, je veux dire, je voulais me prouver mon engagement envers elle en la demandant en mariage, mais maintenant je suis content qu'elle m'ait refusé!

- Vraiment?

- Je sais que ça n'aurait jamais marché. Elle ne voulait pas se marier, ni avoir d'enfants et de mon côté, je ne lui ai jamais rien dit à propos de mon passé, juste certains détails de ma relation avec Bones. Si j'étais toujours avec elle, il y aurait plusieurs choses que ne pourrais jamais avoir dans ma vie.

- C'est une façon de voir les choses, déclara le jeune psychologue avant de réfléchir un peu. Je suis fier de vous, Booth, votre cheminement émotionnel a beaucoup progressé ces derniers mois.

- Que voulez-vous dire?

- Il y a à peine quatre mois, vous refusiez sous aucune considération même prononcer le nom d'Hannah. Aujourd'hui, vous venez ne faire l'analyse post-partum de votre relation avec elle.

- Comme vous le dites, Sweets, j'ai progressé ».

Booth cherchait un moyen d'annoncer la nouvelle à Sweets. Évidemment, si Bones était là, elle lui annoncerait la nouvelle sans attendre, sans même le préparer. Il regardait sa bouteille, épluchant tranquille l'étiquette lorsque le jeune reprit parole.

« Ça va, Booth?

- Ouais, ouais, pourquoi vous me demandez ça?

- Vous me semblez nerveux.

- C'est juste que… je vis une situation… j'ai besoin de votre aide.

- Euh… Waouh! Ok! Vous me demandez mon aide! C'est une première! Ok en quoi, je peux vous…

- Bones est enceinte, dit-il en avalant une grande gorgée de bière.

- Oh nom d'un chien, Booth, je suis désolé! Je sais que vous avez toujours des sentiments forts pour docteur Brennan.

- Sweets…

- Mais je ne comprends pas. Je sais qu'elle n'a jamais réellement cru en la monogamie, mais je croyais qu'elle avait aussi des sentiments assez forts pour vous pour s'abstenir de coucher avec des hommes sans attachement comme elle le faisait autrefois… sauf si elle a décidé d'opter…

- Je suis le père.

- … pour l'insémination artificielle. Je veux dire, elle avait déjà pensé à l'insémination auparavant. Qu'est-ce que vous avez dit?

- Bones est enceinte, je suis le père.

- Ok, j'avais correctement compris. Waouh. Insémination artificielle?

- Dépôt direct.

- Docteur Brennan et vous?

- Le soir après la mort de Vincent.

- Oh…

- Et…

- Et?

- Et… nous sommes ensembles.

- Ensembles, ensembles?

- Aussi ensemble que deux personnes puissent l'être, sourit-il à son ami bouche-bée.

- Waouh, euh… je ne sais pas quoi dire.

- Vous pouvez commencer par félicitations.

- Ouais! Félicitations, Booth! Un bébé, c'est… waouh!

- Merci.

- Comment vous sentez-vous là-dedans?

- Eh bien, Bones refuse toujours de me marier, on n'a toujours pas décidé si on allait habiter ensemble après que le bébé soit né, nous nous querellons encore plus qu'avant, mais je ne crois pas n'avoir jamais été aussi heureux. Je veux dire, c'est ce que j'ai toujours voulu, non? Un bébé avec Bones! Je n'arrive toujours pas à le croire. Elle commence à montrer un peu; elle a un tout petit bedon tout rond. Et Bones m'explique tous les jours où le bébé en est rendu dans son développement.

- C'est génial ça, avait dit doucement le psychologue avec le même sourire que son ami. Mais vous aviez dit que vous aviez besoin de mon aide.

- Ouais… le FBI…

- Oh! Comprit tout de suite le jeune psychologue.

- Ouais.

- Vous savez que je ne peux faire de recommandations qui sont contre les normes du FBI.

- Et c'est pour ça que j'ai besoin de votre aide. Il faut trouver un moyen de contourner les règles ou de convaincre les pousseurs de crayons du quatrième de les contourner.

- Éthiquement…

- Je ne vous demande pas de faire une entaille à votre code d'éthique, je vous demande simplement de nous dire si vous croyez que Bones et moi sommes toujours capables de travailler ensemble maintenant que nous entretenons une relation amoureuse monogame à long terme comme le dirait Bones.

- Je suppose. Il faudrait que je vous voie dans un contexte professionnel maintenant que vous êtes en relation!

- Vous nous avez vus au cours des trois derniers mois et vous n'avez même pas remarqué la différence dans notre relation. Bones et moi savons faire preuve de professionnalisme lorsque la situation l'impose. Soyez au moins avec moi lorsque j'annoncerai la grande nouvelle aux patrons. Ils vont vouloir votre opinion.

- D'accord, c'est la moindre des choses que je puisse faire pour vous!

- Ah! Vous êtes génial, Sweets! Eh, appela-t-il le barman, une autre bière pour mon ami.

- Ce ne sera pas nécess… ok, une autre.

- À Bones et à tous mes enfants nés ou à naître? Suggérait Booth en levant son verre.

- Au docteur Brennan et à vos enfants! Dit-il avant de prendre une gorgée. Alors, comment sont vos relations intimes avec…

- Oh non, Sweets, même s'ils nous imposent une thérapie quotidienne à vie, jamais, m'entendez-vous, jamais vous ne saurez mot à ce sujet. Il n'est pas question que je nourrisse vos fantasmes de jeune collégien.


17 :04 Royal Diner's

Partageant une assiette de frites avec sa meilleure amie, son petit Michael bien installé dans son siège de voiture à ses côtés, Brennan attendait nerveusement le bon moment pour annoncer sa grossesse à sa meilleure amie. Si elle avait appris une seule chose à propos des grandes annonces ces derniers mois était qu'il fallait les faire au bon moment.

Brennan avait longuement réfléchi au moment où elle avait annoncé à Booth qu'elle attendait un enfant. Ils marchaient en direction de son appartement parlant de la naissance de Michael et de ses répercussions dans la vie de ses parents lorsque Booth commença un long discours à propos du fait que la paternité était une bonne chose. Le moment lui avait semblé opportun. Elle lui annonça directement. « Je suis enceinte », avait-elle dit alors que l'air surpris que Booth avait sur le visage la poussa à préciser : « Tu es le père! » Il avait sorti le plus beau sourire qu'elle n'avait jamais vu sur son visage et soudainement, l'anxiété qu'elle avait ressentie à propos de son annonce était disparue. Il ne restait que l'espoir.

Ce moment lui avait prouvé que tout pouvait bien être pris si on choisissait le bon moment pour le dire. C'est ainsi qu'en faisant la conversation avec Angela, elle tentait de trouver le moment adéquat pour annoncer sa nouvelle.

« Tu vas bien ma chérie?

- Oui, oui.

- Tu étais sur une autre planète pendant un moment.

- Que dis-tu? Je n'ai pas quitté la Terre!

- C'est une figure de style, chérie. Ça voulait dire que tu étais distraite. Tu es sûre que tout va bien?

- Oui parfaitement bien, tenta-t-elle un sourire. Comment vas-tu, toi?

- Je me sens comme une vache qui doit être traite 7 à 8 fois par jour. Vivement l'invention du tire-lait pour laisser papa se lever la nuit pour s'occuper du bébé. Évidemment, avec ça sur les mamelons, je ressemble encore plus à une vache en train de me faire traire, mais au moins, j'ai un répit.

- L'allaitement reste le meilleur moyen pour nourrir les bébés. Le lait est composé spécialement pour les nourrissons et la mère transmet des anticorps essentiels à l'enfant.

- Heureusement qu'il ne reste que quelques semaines avant de commencer à lui donner des céréales. Mais assez parler de mes seins, tout va bien avec l'Agent Sexy?

- Ouais…

- Le sexe? Toujours aussi satisfaisant?

- Plus que satisfaisant! Il est beaucoup plus ouvert que je le croyais. Il a toujours été si prude à ce sujet… et il a une excellente forme physique.

- Il est fort… sourit Angela en levant les sourcils d'une manière suggestive.

- Ouais, sourit à son tour son amie.

- Je suis contente pour toi, ma chérie. Et maintenant, tu vas me dire ce qu'il ne va pas?

- Il n'y a rien qui ne va pas, Ange.

- Tente de faire croire ça à quelqu'un d'autre, chérie. Je connais cet air sur ton visage mieux que toi-même. Il y a quelque chose qui ne va pas et tu vas me dire ce que c'est.

- Il m'a encore demandé de l'épouser ce matin.

- On arrive aux détails juteux… attends un peu, as-tu dit encore?

- Ça fait plusieurs fois qu'il me fait la demande… plus d'une dizaine en fait.

- Chérie, pourquoi ne m'as-tu rien dit plus tôt?

- Il n'y avait pas de quoi battre un chat! Il m'aime, je l'aime; il veut m'épouser et je crois que le mariage est une institution archaïque destinée à priver les femmes de liberté économique et sociale.

- D'abord, on dit fouetter un chat. Ensuite, on dirait qu'il est insistant ton chevalier de costume trois pièces vêtu!

- Booth reste Booth, il est … têtu!

- Et toi aussi, tu l'es.

- Je suppose.

- Oh! Crois-moi, ma chérie! Ne le prend pas mal quand je te dis que Booth et toi gagneraient probablement le premier prix aux olympiques de l'entêtement! Ce que je trouve ça étrange, par contre, c'est qu'il te demande de t'épouser si peu de temps après le début de votre relation. On aurait pu croire qu'il avait appris sa leçon depuis sa demande avec Hannah.

- Il comprend mon point de vue et je comprends le sien. Nous nous sommes déjà entendus sur le fait d'aménager ensemble lorsque la situation l'exigera, mais il insiste sur le fait qu'on devrait se marier.

- Pourquoi?

- Ange… Brennan prit une bonne inspiration sachant que c'était le bon moment. Promets-moi de ne pas faire de scène.

- Dis-moi, par pitié, que tu ne veux pas rompre, Brennan. Parce que je te promets, pour l'amour du Ciel, que JE vais t'enfermer avec lui jusqu'à ce que vous sortiez soit dans les bras l'un de l'autre soit dans des sacs mortuaires!

- Ange, tu fais une scène… et je ne romps pas avec Booth.

- Ouf! Je peux respirer. C'est quoi ta grande nouvelle.

- Je suis enceinte.

- QUOI! Dis-moi que c'est pas vrai, hurla Angela!

- C'est complètement vrai, Ange, j'entame ma quinzième semaine de gestation.

- Oh mon Dieu, CHÉRIE! »

D'un bond, Angela fit tomber sa chaise et sauta au cou de sa copine afin de lui donner une grande embrassade.

« J'ai peine à y croire, tu es enceinte!

- Ouais.

- Oh mon Dieu! Comment Booth l'a pris?

- Il est fou de joie. Il est exténuant tellement il est surprotecteur, il a déjà acheté des gilets des Flyers de Philadelphie de toutes les tailles jusqu'à ce que le bébé ait 5 ans. Il lui parle, il est tout le temps en train de toucher ou d'embrasser mon ventre et il a déjà dressé une liste de noms possibles – qui sont tous horribles, par ailleurs. Je ne l'ai jamais vu aussi heureux.

- Oh! Que c'est mignon… mais attends un peu, quinze semaines? C'est au tout début de votre relation!

- La première fois, la nuit après que Vincent soit…

- Oh! Chérie!

- Je veux dire… c'est la seule fois que nous l'avons fait avant que j'apprenne que j'étais enceinte. Booth plaisante parfois que son sperme a des superpouvoirs. Il dit que c'est la seule fois qu'il a oublié les protections depuis Parker.

- Il doit être bien fier notre Booth.

- Si tu l'avais vu, Ange quand je lui ai appris. Je ne croyais pas voir un homme si heureux. Il m'a embrassé, m'a dit qu'il m'aimait et lorsque j'ai paniqué en croyant qu'il ne m'aimait que parce que j'avais son bébé, il m'a dit ces choses Ange… je ne peux même les répéter. J'aurais l'impression de briser un serment!

- Waouh! Oh! Je suis si contente pour toi, chérie. Tu vas être une maman merveilleuse et j'ai des tonnes de lecture à t'offrir et des tas de conseils à te donner…


Le lendemain 10 :43, laboratoire médico-légal de l'institut Jefferson.

Brennan avait passé son avant-midi sur le qui-vive. Le matin même, Booth avait réussi – à l'aide de son sourire charmeur et de quelques faveurs indécentes – à la convaincre d'annoncer lui-même au reste de l'escouade des fouines la grande nouvelle. Elle avait acquiescé, mais avait regretté son acceptation au moment même où elle avait mis le pied dans le labo. Elle craignait que Booth engage une fanfare ou un parachutiste pour annoncer ce qu'il appelait la nouvelle du siècle et c'était avec beaucoup d'efforts qu'elle tentait de se concentrer sur l'enquête en cours.

« Dr. Edison, avez-vous examiné les sutures crâniennes de la victime?

- Oui, les sutures crâniennes et le développement des molaires laissent croire que la victime était âgée d'environ quinze ans. Il avait cependant une usure non-habituelle dans le joint entre la clavicule et l'humérus droit. Comme s'il effectuait souvent un mouvement de va-et-vient de gauche à droit et de haut en bas. Il y avait aussi des indicateurs laissant supposer que la victime portait quelque chose de très lourd sur ses épaules pendant une longue période de temps. Il semblerait que ses incisives et son os palatin aient été fracturés par un objet qui ait été forcé à l'intérieur de sa bouche. Il me reste à prendre des mesures afin de déterminer la dimension de l'objet, mais mes premières trouvailles laissent deviner un objet de forme tubulaire.

- J'ai trouvé une grande quantité de polyuréthane sur ses vêtements, avait annoncé Hodgins tenant dans ses mains un plateau contenant toutes sortes d'échantillons. Le polyuréthane peut servir dans des colles, peintures, plastique, caoutchouc et plusieurs autres composantes. Je vais le passer au masse-spectonomètre afin d'en apprendre davantage sur sa nature. J'ai aussi retrouvé des échardes d'érable et de plâtre.

- Attendez, vous n'avez toujours pas entendu la meilleure, avait dit Camille en pénétrant sur la plateforme. Mon examen de ce qui restait des poumons montre une grande quantité de polyuréthane à l'intérieur des alvéoles. Le tueur a vraisemblablement forcé l'objet dont le docteur Edison a fait mention dans la gorge de la victime et l'a étouffé avec le polyuréthane qui s'y trouvait».

Alors que Brennan allait commenter sur l'image horrible qui se dressait dans sa tête, elle entendit le son de la clochette d'une carte passant la sécurité de la plateforme. Elle se retourna et avant de savoir ce qui se passait, elle se retrouva attaquée par des lèvres qu'elle reconnaissait être celles de Booth. Répondant au langoureux baiser, évidemment non-professionnel, mais qui, dans sa situation hormonale actuelle était particulièrement la bienvenue, elle plaça une main sur la joue de Booth et rompit l'embrassade avant qu'il ne la prenne devant ses collègues et amis. Il sourit.

« Salut, dit-il d'un air niais.

- Salut », répondit-elle avec le même ton stupide alors qu'elle vit Booth faire quelque chose qu'elle n'aurait jamais cru voir faire. Il se pencha, releva son haut juste suffisamment afin que ses collègues voient son petit ventre gonflé et l'y embrassa.

« Salut bébé! Avait-il dit avant de se relever pour faire face à sa bien-aimée. Bones, je peux te parler dans ton bureau? Demanda-t-il alors que Brennan, toujours stupéfaite ne fit que oui de la tête et s'apprêta à le suivre. Continuez votre beau travail l'escouade des fouines ».

Complètement stupéfait par ce qu'ils venaient de voir, les trois scientifiques restèrent plusieurs secondes sans bouger d'un poil. Aucun d'eux n'avait même remarqué le plateau qu'Hodgins avait laissé tomber dans un lourd fracassement ou ses échantillons qui n'étaient dorénavant bons que pour les déchets biologiques.

« J'ai pas rêvé, là ? Demanda Clark, les yeux toujours écarquillés. Ce qui s'est passé vient réellement de se passer?

- Angie? Cria Hodgins à sa femme riant aux larmes sachant pertinemment ce qui venait de se passer sur la plateforme médicolégale.

- Seeley Booth, je vais te tuer! » Avait dit sarcastiquement Camille avant de se mettre à rire de son ami qui avait toujours eu le don de la surprendre.


« T'as engrossé ma meilleure anthropologue judiciaire! S'était écrié Cam en croisant Booth à sa sortie du bureau de Brennan.

- Par pitié, ne le dis pas comme ça!

- Je pourrais le dire autrement : t'as bais…

- Arrête, arrête, je t'en prie, arrête! Oui, Bones est enceinte et oui, je suis le père et avant que tu dises quoique ce soit, non le bébé n'était pas prévu, mais il est la bienvenue.

- Elle a un bon moment de fait, son ventre.

- Elle en est à quinze semaines.

- Oh! Comprenant immédiatement les répercussions de cette information.

- Ouais, euhm… certains… certains… hésitait-il, cherchant les mots appropriés pour décrire la situation, certains événements ont été catalyseurs dans notre relation.

- Relation?

- T'as vu le baiser! Lui sourit-il.

- Et comment je vais faire moi pour faire rouler ce labo sans mon anthropologue-vedette?

- Tu t'es débrouillée six semaines sans Angela et Hodgins, tu te débrouilleras sans elle quelques mois, la taquina-t-il.

- T'as dit quelques mois? S'affola-t-elle.

- Bye Camille, rit-il en se séparant de la pathologiste avant de se faire interrompre à nouveau.

- Seeley!

- Quoi, Camille?

- Félicitations, t'as l'air heureux!

- Je le suis!

- Et si tu lui fais encore du mal, je t'arrache les couilles et je les donne à Hodgins pour qu'il fasse une de ses expériences sur elles!

- Ne t'en fais pas à ce propos! » Il se retourna et Cam l'observa sortir du labo, le sourire collé aux lèvres.

Elle hochait de la tête. Elle connaissait Seeley Booth depuis près de vingt ans; elle coroner, lui enquêteur, ils avaient toujours eu d'une quelconque manière cette étrange amitié – parfois avec bénéfice – qui était aussi satisfaisante que frustrante. Elle le connaissait comme le fond de sa poche et savait reconnaitre un Booth sincèrement et authentiquement heureux. Elle devait s'avouer soulager de voir son ami toucher enfin au bonheur. Elle savait que sa petite aventure avec Hannah avait été pour un temps apaisante pour lui ; il avait semblé remonter à la surface de ce gouffre dans lequel il s'était effondré peu avant son départ pour l'Afghanistan. Elle ignorait pourquoi d'ailleurs il était devenu soudainement si malheureux même si elle se doutait bien que quelque chose s'était passée entre lui et le docteur Brennan. Mais elle savait aussi que cette relation avec la journaliste le poussait un peu à agir d'une manière qui n'était pas totalement lui-même et même si elle essayait de lui en glisser mot, il n'écoutait rien. Il avait fallu qu'il fasse la gaffe de la demander en mariage pour s'apercevoir que même s'il semblait être heureux avec elle, il ne l'était pas.

Elle ignorait toujours ce qui s'était passé entre lui et le docteur Brennan pour que les événements d'aujourd'hui se soient passés – et elle avait bien intention de l'interroger jusqu'à ce qu'il cède et lui dise tout – mais elle était contente de voir son ami toucher enfin au bonheur qu'il méritait tant!

Il n'y avait qu'une seule ombre au tableau. Il fallait qu'il trouve son bonheur auprès de sa meilleure anthropologue judiciaire qui devrait probablement quitter le labo bientôt pour profiter des joies de la maternité.

« Je suppose que vous vous infiltrez dans mon bureau pour me parler de ma grossesse », avait dit froidement l'anthropologue lorsqu'elle avait pénétré dans son bureau, toujours un peu sous l'effet de la surprise.

« Oui, pardonnez-moi, docteur Brennan. Félicitations! Je suppose que vous êtes contente de la tournure des événements.

- Je trouve que même si elle n'était pas planifiée, cette grossesse m'apporte beaucoup de joie que je n'avais pas anticipée. J'apprécie énormément l'idée de la maternité et la relation avec Booth m'apporte également énormément de bonheur.

- Je suis sincèrement contente pour vous.

- Merci. Je suppose que vous voulez discuter de congé de maternité.

- Oui… Booth m'a dit que vous en étiez à quinze semaines.

- Oui, selon le médecin, je devrais accoucher en janvier. Je planifiais donc prendre congé pour le temps des Fêtes et revenir au boulot au début de mars. Qu'en pensez-vous?

- Vous savez, vous pouvez prendre plus de temps si vous le souhaitez, personne ne vous en voudra si vous prenez plus que les six semaines suggérées pour vous remettre de l'accouchement.

- Je lis présentement plusieurs ouvrages sur les premiers mois de la vie des nourrissons et vous avez raison, il est mentionné qu'il est à l'avantage de l'enfant que sa mère soit avec lui pendant les deux premières années de vie. Ce n'est cependant pas un sacrifice que je souhaite faire. Je me demandais donc, s'il était possible d'organiser un service de garde d'enfants ou un dispositif qui me permettrait d'amener avec moi mon enfant au laboratoire.

- Par dispositif, vous voulez signifier…

- Selon mes lectures, au cours des premiers mois, s'il est tempéré, le bébé ne fera essentiellement que dormir, il sera alors facile de l'amener dans le bureau afin qu'il dorme. Toutefois, vers le cinquième mois de vie, lorsqu'il commencera à être plus actif, je crois qu'il serait bon que l'institut engage une personne qui serait disposée à s'occuper de l'enfant pendant que je travaille sur les enquêtes. Je l'amènerais bien avec moi, mais la plateforme médico-légale et les scènes de crime ne sont guère des endroits appropriés pour un nourrisson ou un bambin.

- Vous voulez que l'institut engage une nounou?

- Essentiellement oui. Il serait aussi plus facile pour Angela et Hodgins de concilier leur travail et leur vie de famille. Je crois qu'ils ont l'intention de se reproduire en grande quantité.

- Écoutez docteur Brennan, j'ignore si le laboratoire est un endroit approprié pour installer un service de garde. Je ne dis pas non, mais, je crois que je vais réfléchir avant de vous donner une réponse définitive.

- Je comprends bien votre point de vue. Si la réponse tend vers la négative, je suppose que Booth et moi allons réfléchir à des alternatives.

- Bien, dit Cam avant de se retourner pour sortir du labo.

- Et peut-être la perspective de toutes ces grossesses dans le labo pourra vous faire changer d'idée à propos du fait que vous ne voulez pas avoir d'enfants qui soient biologiquement vôtres! »

Cam était habituée aux remarques directes du docteur Brennan. Elle jonglait avec elles tous les jours, mais elle dût s'arrêter un moment en entendant ce que venait de dire le docteur Brennan. Elle, revisiter l'idée d'avoir des enfants?

« Ai-je été insensible? Booth m'a dit une fois qu'en voyant un nouveau-né, les hormones nous poussaient à vouloir à notre tour un enfant. J'ai découvert qu'il avait raison. Malgré que j'étais déjà consciente de ma grossesse lors de la naissance de Michael Staccato Vincent, de voir le bébé m'a rassuré dans ma décision de garder le bébé! »

Cam avait eu peine à retrouver sa voix pour dire : « il n'y a pas de mal, docteur Brennan ». Et à la vitesse de l'éclair elle avait quitté le bureau avant même que quelqu'un puisse dire « rapport de toxicologie ».

À suivre… plus ou moins


Dans le prochain chapitre: Parker, Max, Hank apprennent la nouvelle du siècle et le FBI a son mot à dire!