NA : D'abord, merci d'avoir cliqué, c'est toujours un plaisir de savoir qu'il y a des gens qui aiment mes histoires. Cette vignette est différente des autres et je ne suis pas certaine du tout d'aimer ce chapitre, mais il était dans mes doigts et quand j'ouvre cet ordinateur, ce sont mes doigts qui dirigent et pas moi!

Histoires de premières fois

Lorsque le bruit du verre brisé fracassa le silence du labo, le monde a changé pour moi. Je n'avais pas compris immédiatement à ce moment que ma vie serait à ce point transformée par cet événement. Je ne comprends toujours pas comment une simple seconde ait pu modifier ainsi le cours de nos vies.

J'avais vu Booth se jeter par terre couvrant le corps de Monsieur Nigel-Murray du sien dans un vain effort pour lui sauver la vie. En réalité, j'ai cru pendant quelques secondes que tout allait bien et que cet incident n'était que le fruit de la tension que nous vivions ces derniers jours. J'étais soulagée.

C'est à ce moment que j'ai vu la flaque de sang sous le corps de mon stagiaire s'élargir rapidement, trop rapidement pour entretenir quelques espoirs. Booth sauta sur la blessure et s'y appuya à deux mains pour stopper l'hémorragie. J'entendais monsieur Nigel-Murray supplier de rester là, qu'il adorait cet endroit et je lui criais que je ne voulais pas qu'il parte, que de tous mes stagiaires, qu'il était mon favori. Avant que je ne le sache la lumière de son regard s'était éteinte.

Lorsque Booth, plus tard, avait insisté afin que je dorme chez lui – à l'origine, j'avais cru que c'était pour me protéger de Broadsky – je tentais de garder la tête froide, de paraître forte devant mon équipe, mais les dernières paroles de Vincent se répétaient dans ma tête. J'ai réalisé plus tard que Booth avait compris que j'aurais besoin d'une oreille fine pour m'écouter.

J'avais insisté pour dormir sur le canapé. Même s'il n'était pas confortable, je savais que Booth avait besoin d'une bonne nuit de sommeil. Après tout, il serait celui qui ferait face à Broadsky le lendemain.

La nuit s'était passée lentement. Logiquement, je savais que j'avais réussi à prendre sporadiquement quelques heures de sommeil, mais j'avais l'impression que je n'avais fermé l'œil que quelques minutes. Il était presque quatre heures trente du matin lorsque je m'étais réveillée, complètement désorientée, les mots de monsieur Nigel-Murray se répétant sans cesse dans ma tête comme un disque rayé.

'Ne me faites pas partir. J'adore ça ici. Je vous en prie, ne me laissez pas partir!'

Et je me demandais s'il croyait vraiment que je voulais qu'il quitte l'Institut, s'il craignait vraiment que je ne voulais plus de lui? Pourquoi avait-il dit ces paroles? Pourquoi croyait-il que je voulais qu'il parte?

Une autre pensée me vint à l'esprit. Et si Booth avait lui-même répondu au téléphone? Et si Angela n'avait pas préparé cette application pour son téléphone? Et si…

Et je réentendais les paroles de Vincent.

'Ne me faites pas partir. J'adore ça ici. Je vous en prie, ne me laissez pas partir!'

Je ne m'étais pas rendue compte avant ce moment que je pleurais. Je tentais de me convaincre que c'était normal, que je venais de vivre un énorme traumatisme, qu'il s'agissait des émotions reliées à la perte de monsieur Nigel-Murray; mais je savais que c'était plus que ça. C'était la peur de perdre Booth et c'était la tristesse d'avoir vu le plus intelligent de mes internes mourir sous mon regard larmoyant.

Je me sentais si seule. Je savais que Booth était de l'autre côté de la porte, mais je me sentais tellement seule! Je voulais qu'il passe ses bras autour de moi et qu'il me dise que tout irait bien comme il l'aurait fait auparavant. Avant cette soirée de printemps sur les marches du Hoover. Avant ce matin de mai où nous étions partis chacun dans notre avion pour une lointaine partie du monde. Avant ce midi d'automne où Hannah est débarquée à Washington.

Je me levai, j'avançai vers la porte de sa chambre que j'ouvris doucement, mais j'en n'avais pas encore passé le pas que je vis un pistolet pointé vers moi. Il cherchait son souffle, je le voyais désorienté. 'Je suis désolée', ai-je dit en levant les mains.

'Non, c'est moi qui suis désolé', avait-il répondu. 'Avez-vous entendu quelque chose?'

Il a baissé son révolver et m'a demandé ce qu'il n'allait pas. Je lui ai tout dit, je lui ai répété les paroles de Vincent avant sa mort et de l'anxiété qu'elles me causaient. Il prit ma main et me laissa m'assoir à ses côtés sur son lit. Il m'expliqua d'une voix douce son interprétation des dires de Vincent, qu'il ne me parlait pas, mais à Dieu, à l'Univers, peu importe. Il m'expliqua simplement que Vincent ne voulait pas mourir, qu'il n'était pas prêt et qu'il voulait rester.

Et soudainement, je ne souhaitais que son confort, une boule d'émotion remontait dans ma gorge et je sentais les larmes remonter dans ma gorge.

'Est-ce que je peux?' lui avais-je demandé en regardant son épaule.

'Bien sûr, c'est pour ça que je suis là' m'avait-il répondu en enroulant ses bras autour de mes épaules et en nous laissant tomber sur son lit alors que mes sanglots s'accentuaient. Ma tête était couchée sur sa poitrine et je laissai ma main tracer un de ses muscles pectoraux. Il était confortable et chaud. Pour la première fois de ma vie, je me sentais en sécurité.

Mes sanglots se calmèrent tranquillement et je sentais ses mains caresser affectueusement et d'un geste apaisant mon bras et mon dos. Nous restâmes ainsi je ne sais combien de temps. Je savais par contre que le soleil commençait lentement à chatouiller l'horizon. Je gardais mes yeux fermés et profitait de ces quelques instants de recueillement entouré de ses bras réconfortants.

'Je suis là! Chhhhhut! Je suis là pour vous, Bones. Je serai toujours là pour vous…'

C'est à ce moment que je sentis ses lèvres se coller sur mon front dans un chaud, mais chaste et court baiser dont je n'accordais pas d'importance. Ce n'était pas la première fois que Booth démontrait un tel geste d'affection dans une situation similaire.

Lorsque je sentis ses lèvres pour la deuxième fois, par contre, celles-ci restant plus longtemps et plus chaleureusement contre mon front, pratiquement sur un de mes sourcils, je ne puis empêcher mon cœur de battre un brin plus fort, un brin plus rapidement. Je laissai donc ma main sur sa poitrine le caresser jusqu'à son épaule, le serrant davantage, si c'était possible, contre moi et je relevai la tête un tout petit peu, espérant lui donner un meilleur accès à mon visage.

Il en profita. Ses lèvres se posèrent sur mon nez, puis sur ma joue, évitant les miennes de peu. C'était une douce torture, une lente agonie. Ses baisers étaient tranquilles, sages. Ils n'étaient nourris de tonnerre, de passion ou d'une violente perte de raison. Il semblait simplement incapable de s'empêcher d'embrasser mon visage. Ses baisers en étaient presqu'à mon menton lorsque je fis le prochain pas. Je me retournai légèrement, juste assez afin de le coin de nos lèvres se touche. Il se tourna davantage et avant qu'un de nous ne sache réellement ce qui se passait, elles étaient capturées les unes dans les autres.

Le baiser était pur, chaud, doux. C'était le baiser de deux êtres en proie au deuil et à la tristesse. Il se brisa et Booth ouvrit les yeux pour les fixer dans les miens. Aucun mot ne fut nécessaire. Il se retourna délicatement, m'entrainant avec lui jusqu'à ce que je sois couchée sur le dos.

'Bones?' Il me demandait silencieusement, son regard fixé sur le mien, si j'étais certaine de vouloir franchir ce pas, si je voulais réellement aller plus loin avec lui et traverser cette ligne invisible entre nous deux; celle qui nous avait sauvé de plusieurs erreurs, de plusieurs moments de malaise, mais qui avait créé aussi un fossé entre nos sentiments et notre raison, nous avait fait souffert, nous avait mis en colère, nous avait même fait parfois pleurer. Il me demandait silencieusement si je voulais passer cette étape avec lui, si j'étais prête à aller plus loin. Je ne suis pas certaine de ce que reflétait mon regard à cet instant, mais je savais que je n'avais envie que d'une chose.

'S'il-vous-plait, Booth!' lui ai-je chuchoté d'une voix rauque avec désespoir et détresse. Il m'embrassa sur le champ, comprenant mon désir et mon besoin d'oublier quelques instants la douleur qui infligeait chaque cellule de mon être. Je pouvais sentir ses mains me caresser sur, sous mon sweatshirt. Je sentais ses doigts chatouiller mon abdomen, mon ventre, mes seins.

Lorsque je me réveillerai quelques heures plus tard, nue et satisfaite, je me retrouverai seule dans son lit avec comme simple au revoir, un petit mot laissé sur l'oreiller.

'Bones, je suis au Hoover. Servez-vous dans mon garde-manger. Des agents vont vous escorter jusqu'à l'Institut. – Booth.'


Lorsqu'elle finit son histoire, elle retrouva quatre paires d'yeux tournés vers elle avec grande attention.

« C'est tout? Demanda Daisy, alors qu'Angela la frappa du coude.

- Vous m'avez demandé de vous décrire ma première fois avec Booth comme si j'écrivais le chapitre d'un roman. C'était ma première fois avec Booth. Je crois même que ma description était assez bien réussie. Je ne comprends pas votre déception miss Wick.

- Ce que Daisy voulait dire avec TANT DE TACT, avait insisté Camille, était qu'elle croyait que ce serait plus… comment dire? Plus romantique?

- Quelques heures plus tôt, nous avions tous les deux été témoins du meurtre sanglant d'un de mes stagiaires favoris, dit Brennan alors que Daisy sembla blessée par ce commentaire, il ne fallait pas s'attendre à un roman Arlequin.

- Je ne veux même pas savoir où tu as entendu parler de la littérature Arlequine, dit Angela, mais ne peux-tu pas comprendre que nous trouvions un peu triste que votre première fois ait été aussi… impersonnelle?

- C'était très personnelle, Angela. Il n'y avait que Booth et moi dans cette chambre.

- Ce n'est pas ce que je veux dire. J'ai toujours cru que votre première fois serait explosive… à couper le souffle.

- C'était assez explosif. J'ai bien atteint l'orgasme pendant la relation… comme toutes les fois où nous avons fait l'amour d'ailleurs. Et j'y ai dépensé une grande quantité d'énergie et j'étais hors d'haleine lors que le coït a cessé.

- Okay, laisse-moi garder le commentaire à propos de l'orgasme pour plus tard, dit Angela. Nous voulions dire que nous croyions que ta première fois avec Booth aurait été empreinte de davantage d'émotions positives plutôt que de deuil et de tristesse.

- Oh! Je dois dire que pendant les quelques jours qui ont suivi, j'ai pensé la même chose. Aujourd'hui, ça ne semble plus avoir d'importance.

- Moi, ce que j'aimerais réellement savoir est ce qui s'est passé par la suite, dit Caroline en prenant la parole pour la première fois depuis que Brennan avait terminé son histoire.

- Par la suite… ?

- Vous êtes ensembles aujourd'hui, ajouta Camille. Vous devez avoir eu une autre conversation que ce mot sur l'oreiller.

- Ah! Vous voulez avoir une suite à mon histoire? Demanda-t-elle alors que quatre têtes firent signe que oui. Voici ».


Je n'avais jamais senti un soulagement plus grand qu'au moment où j'ai entendu la voix de l'agent Shaw me dire que Booth avait arrêté Broadsky et qu'il était sain et sauf. Une lourde masse s'était effacée de mon corps et je pouvais à nouveau respirer.

Après avoir quitté l'appartement de Booth plus tôt dans la matinée, j'ai eu beaucoup de difficulté à me concentrer sur mon travail. Les seules pensées qui semblaient se former dans mon esprit étaient des réminiscences de la nuit précédente. La douceur de ses lèvres dans mon cou, la chaleur de ses mains sur mes seins, la sensation de tout son être sur le mien pendant que nous faisions l'amour. Je fixais le crâne de Leisenhger et les étranges lésions au processus mastoïde de la victime se transformaient en l'escalade de la passion que nous avions vécue ensemble. La puissance du frisson orgasmique qui avait traversé mon corps mon regard plongé dans le sien me frappait à nouveau comme jamais une sensation ne m'avait percutée auparavant. Je fixais le crâne de Leisenhger et pour la quarantième fois ce matin-là, je me demandais ce qu'avait causé les lésions au processus mastoïde de la victime.

C'est à ce moment précis qu'Angela pénétra dans la salle, sachant pertinemment bien que quelque chose clochait chez moi. J'étais sur le point de tout lui avouer lorsqu'Hodgins pénétra dans la salle avec des informations très importantes au sujet du portefeuille de Leisenhger. Après qu'elle lui ait hurlé de s'en aller au loin, très loin, elle se retourna vers moi.

« Allons, dis tout! M'avait-elle supplié.

- Angela.

- Brennan, je suis ta meilleure amie, c'est un devoir, non une obligation de me dire lorsqu'un événement d'une grande importance se passe dans ta vie.

- J'ai couché avec Booth hier soir.

- Wô! Ok! Soupira-t-elle d'excitation. Ce n'est pas le moment de trop s'exciter, il reste plus de trois semaines avant que tu viennes au monde, avait-elle dit à son ventre enflé. Quand tu dis couché avec Booth, tu parles de sexe, oui?

- Oui, Booth et moi nous sommes engagés dans une relation sexuelle hier soir… plutôt ce matin.

- Ok, ok! Ouff! Tu as couché avec Booth. Est-ce que c'était… m'avait-elle demandé alors que je lui lançai du regard que je n'avais pas envie de donner de détails pour l'instant. Est-ce que ça veut dire que lui et toi êtes maintenant ensemble?

- Je l'ignore.

- Est-ce que vous allez coucher ensemble à nouveau?

- Je l'ignore.

- Bren… suppliait-elle pour quelques détails.

- Il était parti lorsque je me suis réveillée ce matin.

- Bren! Son ton était empathique, presque piteux. Tu sais que ça ne veut rien dire? Demanda-t-elle en me regardant baisser les yeux. Tu sais que Booth t'aime, non? »

Avec cette question, revenait le souvenir du moment où nous avions atteint le moment le plus passionné de notre relation. Je ne savais pas parfaitement ce qui s'était passé, mais j'étais certaine qu'au moment où il avait atteint l'orgasme, quelques secondes après moi, il avait dit une parole ressemblant à : 'Dieu que je vous aime!', avant de s'écrouler sur moi de tout son corps couvert de sueur.

« Il m'a laissé seule, ce matin, redonnais-je la seule preuve du détachement de Booth envers moi.

- Chérie, il y a un meurtrier sans pitié qui court dans les rues de Washington et dont la cible principale est Booth et ses amis. Plus que tout au monde, Booth veut l'arrêter avant qu'il ne fasse du mal à quelqu'un d'autre… toi en particulier. Il voulait s'éloigner de toi le plus rapidement possible afin d'éviter que tu sois dans la ligne de mire de Broadsky. Il va se mettre en danger aujourd'hui pour s'assurer que tu vives saine et sauve. Si ce n'est pas la plus grande preuve d'amour, je ne sais pas ce que c'est ».

J'hochai la tête, mais j'évitais toujours son regard. Je savais qu'elle avait raison, mais j'étais quand même blessée du départ de Booth. Je fixais le crâne de Leisenhger cherchant à déterminer ce qui pouvait causer les étranges lésions au processus mastoïde de la victime.

« N'érige pas ton mur de raison, chérie. Ce qui t'es arrivée hier soir, c'est une bonne chose, dit-elle avant de se retourner pour partir.

- Le processus mastoïde a deux petites lésions elliptiques, je crois que c'est le résultat d'un poing le frappant directement. Je dois faire des tests pour être certaine, mais je crois que Broadsky pourrait être blessé ».

Je relevai le regard vers Angela qui sourit, ne dit mot et sortit de la pièce.

Avec Hodgins nous en avions informé Booth de ma découverte et le sachant en danger de mort, l'inquiétude m'avait envahie. Et si j'avais eu tord? Et si Booth jouait les héros? Et si Broadsky était plus fort?

Assise avec mes collègues dans l'aire de repos, j'entendis mon téléphone sonner. Les mains tremblantes et maladroites, je m'y jetai pour arrêter au plus vite ce calvaire dans lequel j'étais plongée.

« Brennan.

- C'est l'agent Shaw. Agent Booth m'a demandé de vous dire qu'il était sain et sauf, qu'il a arrêté Broadsky, mais qu'il ne pouvait pas vous parler ce moment.

- Oui, oui. Je comprends. Merci, dis-je avant d'éteindre le téléphone. Booth a attrapé Broadsky.»

Les éclats de joie de mes collègues se firent entendre partout dans le labo. Je ne m'étais jamais sentie ainsi. Le soulagement et la joie de le savoir sain et sauf étaient si grands que je ne pouvais m'empêcher de lâcher un rire sentie. Mon regard croisa celui d'Angela et je pouvais sentir qu'elle aussi ressentait un grand soulagement pour moi.

Je ne revis Booth que lorsque les restes de Vincent étaient sur le point de quitter pour l'Angleterre. Après avoir placé son cercueil dans le véhicule, j'entourai de mon bras celui de Booth et échangeai un regard avec lui. Le seul fait de le toucher à nouveau, de sentir qu'il était encore vivant me rassurait. Je le vis sourire en coin et ensemble nous retournâmes à l'intérieur des bureaux de l'Institut où Sweets suggéra à tous de prendre un verre au Founding Father's.

« Du thé glacé, Bones? Avait rit Booth en voyant mon breuvage. Dites-moi au moins qu'il s'agit d'un Long Island.

- Je ne suis pas très encline à enterrer mon chagrin dans l'alcool ce soir, Booth.

- J'aurais pourtant cru que vous auriez été la première à demander de laisser la bouteille de Téquila sur le bar, sourit-il.

- Je n'en ressens pas le besoin, me retournai-je vers lui. Malgré la tristesse que je ressens pour la perte de monsieur Nigel-Murray, je ne veux pas engourdir mon système limbique dans une intoxication éthylique. Pas ce soir », avais-je répondu lui laissant comprendre que j'acceptais les émotions que je vivais, même si elles étaient contradictoires.

Nous restâmes silencieux quelques instants ne sachant quoi dire. Au loin, j'aperçus Angela se lever de son siège, se diriger vers le juke-box qui se trouvait dans le coin de la pièce et choisir une pièce musicale.

« J'aime cette chanson, dis-je alors que la chaleureuse voix de la chanteuse envahissait la salle.

- Adèle, elle est très populaire ces temps-ci, avait répondu Booth en levant son regard vers Angela et Hodgins qui tentait de partager une danse ensemble malgré l'énorme ventre de sa femme.

- Tu crois qu'ils seront de bons parents? Ai-je demandé.

- J'en suis certain, m'a-t-il répondu gardant le silence un moment avant de reprendre la parole. Angela est une bonne amie.

- Même si je ne vois pas le lien avec la maternité, je suis d'accord avec vous.

- Il n'y a pas de lien; elle a simplement compris que je souhaitais vous inviter à danser », dit-il en me tendant la main.

Ensemble, nous nous dirigeâmes vers le plancher de danse, évitant les regards trop heureux d'Angela et de Sweets. Je sentis Booth garder une main dans la sienne et placer son autre dans au creux de mes reins. Je posai ma main sur mon épaule et nous commençâmes à bouger au son de la musique.

« Vous avez quitté ce matin, tentais-je.

- Nous avons couché ensemble, Bones, je crois que nous pouvons nous tutoyer maintenant.

- D'accord.

- Je suis désolé… pour ce matin.

- Non, je peux comprendre. J'ai appris avec le temps que même après une nuit extraordinaire, les matins sont majoritairement très désagréables.

- Ce n'est pas ça, Bones. Je… je… je ne voulais pas te dire au revoir.

- Je ne comprends pas.

- Cette nuit a été si spéciale, Bones. Extraordinaire. Je n'ai jamais rien vécu de tel avec personne, Bones.

- Vraiment?

- Vraiment. Et après que tu te sois endormie, je suis resté éveillé. Je ne pouvais pas dormir. Tu étais là, couchée sur moi, tellement belle et je ne pouvais croire que c'était arrivé. Et je repensais à Broadsky et au danger de le pourchasser et je ne pouvais pas supporter l'idée que ce matin serait peut-être la dernière fois où je te verrais. Je voulais que tu gardes un bon souvenir de moi et non celui d'un 'au revoir' triste et maladroit fait à la hâte dans un cadre de porte. Nous avions passé un si beau moment. C'était le plus beau des adieux à mon avis.

- Je comprends ton point de vue… et maintenant?

- Maintenant?

- Que se passera-t-il maintenant?

- Tu parles de nous deux? Demanda-t-il alors que je hochai la tête. Sincèrement, je l'ignore.

- Es-tu toujours en colère?

- Un peu… à peine. Je suis un peu confus.

- Confus?

- Il y a deux mois, je demandais une autre femme en mariage. Aujourd'hui, je me sens bien avec toi. Comment je peux aimer une femme un jour et une autre le lendemain?

- Tes sentiments sont en opposition avec ton idée préconçue de ce qu'est l'amour, c'est ça? Clarifiais-je

- À peu près.

- Que suggères-tu alors?

- Que nous prenions cela lentement. Nous sommes tous les deux conscients de ce que pourrait être une relation ensemble. Nous sommes tous les deux conscients de nos sentiments l'un pour l'autre, en tout cas, je l'espère. Nous pouvons continuer à travailler ensemble, je souhaite simplement éviter les contacts physiques trop intimes, le temps de m'assurer que tu es la seule dans mon esprit.

- Par éviter les contacts physiques, tu veux dire…

- Éviter de s'embrasser, de se tenir la main ou de se faire une caresse. Ce qu'on n'aurait pas fait auparavant.

- Oh.

- Tu n'es pas d'accord?

- C'est simplement que je ne suis pas certaine de ne pas pouvoir t'embrasser. Tes baisers provoquent la dépendance.

- Vraiment?

- Vraiment.

- Tu es consciente que, malgré tout, je t'aime, Bones?

- Je n'étais pas certaine que ton aveu d'hier était le reflet de tes réels sentiments ou simplement le fruit de la poussée de sérotonine due à une relation sexuelle intense.

- La relation a été intense parce que je t'aime, Bones. N'en doute jamais, d'accord?

- D'accord, acquiesçais-je avant de garder le silence quelques instants. Tu m'as dit une fois que lorsque je serai amoureuse, je le saurais. Je le sais maintenant, Booth. Je sais depuis un bon moment déjà que je suis amoureuse de vous aussi.

- Vous?

- Toi. Je crois qu'il me prendra quelques temps avant de m'adapter à ce changement dans notre relation, avouai-je alors que Booth laissa échapper un petit rire. Comment le saurai-je que tu seras prêt à entreprendre une véritable relation amoureuse avec moi?

- Tu le sauras d'accord?

- Ok. Et les autres?

- Les autres?

- Est-ce qu'on mentionne le fait que nous ayons couché ensemble aux autres? Angela le sait déjà.

- Sincèrement, je ne crois pas que ce soit de leurs affaires. C'est bien que tu en aies parlé à Angela par contre. C'est bien que tu aies quelqu'un à qui parler de ces choses ».

La danse finie, nous retournâmes à la table où Booth aboya un 'quoi?' à Sweets et Hodgins qui nous regardaient le sourire au coin des lèvres. Après quelques verres à la santé de Vincent, chacun prit ses choses et quittèrent le resto. Bientôt, il ne restait que Booth et moi debout sur le trottoir comme ça arrivait souvent.

J'appelai un taxi, j'y embarquai, mais avant que je puisse fermer la portière, Booth la retint d'une main.

« Tu sais quoi, Bones? Je déteste ce taxi. Tu appelles un taxi, tu y embarques et je reste seul à te regarder partir pathétiquement sur le trottoir. C'est terminé! J'embarque.

- Quoi?

- J'embarque dans ton taxi.

- Mais ta voiture.

- Je reviendrai la chercher, ce ne sera pas trop difficile de trouver un taxi.

- Tu es un homme bien étrange, Booth.

- Et c'est pour ça que tu m'aimes.

- Ouais. Peut-être bien ».

Arrivé chez moi, il demanda au taxi de l'attendre quelques instants et il m'escorta jusqu'à la porte.

« Tu sais que je suis capable de me déplacer moi-même jusqu'à la porte, Booth.

- Laisse-moi prendre soin de toi pour une fois, Bones, supplia-t-il. Tu sais mon idée d'attendre avant d'entreprendre notre relation? Demanda-t-il alors que je hochai de la tête. On pourrait la remettre à demain.

- Es-tu en train de me demander de coucher avec toi ce soir?

- Non! Non! Mais, je te regarde et tu es tellement belle. J'ai juste envie de t'embrasser une dernière fois.

- Une dernière fois?

- Une dernière fois avant que je sois prêt », avait-il dit en s'avançant vers moi pour m'embrasser.


« Mais vous êtes ensembles aujourd'hui, dit Daisy avec autant de tact que précédemment. Je veux dire, c'est vraiment romantique toute cette histoire, mais je ne comprends pas comment il vous a dit qu'il préférait attendre pour que vous soyez ensembles alors que vous êtes ensembles aujourd'hui.

- Je n'avais pas terminé mon histoire miss Wick ».


Nous nous dirigions vers le Founding Father's et j'avais les pensées qui allaient dans toutes les directions. Nous étions de retour en Amérique depuis à peine une semaine – toute l'équipe s'était rendue en Angleterre pour les funérailles de Vincent – lorsqu'on nous appela pour une nouvelle enquête. Un corps décomposé avait été trouvé dans une salle de quilles et nous avions dû enquêter sous couverture afin d'en trouver le coupable. Je dois avouer, cependant, que même pendant l'enquête, malgré ma grande capacité compartimenter les fortes émotions que je puisse ressentir, j'avais la tête ailleurs. Je pensais à Angela qui accouchait, je pensais à la tristesse du drame des dernières semaines, je pensais à cette nuit avec Booth, mais surtout, je pensais à mon rendez-vous chez le médecin le matin même.

Je ne pouvais croire qu'en tant que meilleure anthropologue judiciaire au monde, je n'aie pu reconnaître les signes avant. Maintenant que j'en étais au courant, je remarquais mes iliums avaient commencé à s'éloigner afin d'élargir le canal de mise au monde. Mes seins étaient durs et pesaient plus lourd. Je vivais une grande fatigue et je n'avais pas eu mes menstruations depuis près de deux mois – faute que j'avais accordée à ma détresse émotionnelle. Tous les signes étaient là, mais je ne les avais pas vus. En fait, c'était la dernière chose qui m'était passée par la tête. C'est lors d'un examen de routine ce matin-là que j'avais appris la grande nouvelle : j'étais enceinte.

Le choc fut grand pour moi. Je connaissais les possibilités; Booth et moi n'avions pas pris de protections contraceptives ce soir-là et j'avais cessé l'utilisation de contraceptifs oraux avant d'aller aux Îles Moluques l'année dernière. Mais de savoir qu'en moi grandissait un fœtus dont Booth était le père était quelque peu difficile à imaginer. Pourtant, il n'y avait pas un autre homme sur la Terre avec qui je préférais avoir un enfant. Il avait toujours été le candidat idéal pour la paternité.

Est-ce que c'était le bon moment? Est-ce qu'il serait content? Fâché contre moi? Déçu? Je ne pouvais pas imaginer un autre rejet de sa part, spécialement pas maintenant que j'avais en moi le fruit de notre nuit ensemble. Et puis, il y avait toute ma vie qui allait changer… et l'accouchement, qui voudrait souffrir le martyr comme Angela avait souffert plus tôt?

« Ils étaient si contents, avais-je dit à Booth en chemin vers le bar. Toute leur vie va changer, j'aurais cru qu'ils auraient été plus appréhensifs.

- Bien, tu sais, avoir un bébé, c'est une bonne chose, avait-il dit comme s'il s'agissait de la chose la plus naturelle du monde.

- Tu le crois vraiment? Ai-je dit avec un brin d'espoir dans le fond de ma voix.

- Ouais, c'est un truc génial. Je stoppai mes pas ne pouvant effacer l'inquiétude de mon visage. Quoi? Quoi? Me demanda-t-il en croisant mon regard. Oh! Allons Bones! Le bébé… le bébé va bien. Ils ont un bébé en santé, d'accord, ils sont amoureux l'un de l'autre; c'est le plus beau jour de leur vie ». Voyant que je ne répondais rien, il répéta : « quoi? »

Je cherchai en moi chaque parcelle de courage, chaque parcelle d'espoir et je relevai mon regard pour croiser le sien.

« Je… je suis… je suis enceinte ».

Je pouvais lire le choc sur son visage et je sentis le besoin d'ajouter : « tu es le père ».

Je savais qu'il s'avait qu'il s'agissait d'une évidence. Il était le seul homme avec qui j'avais couché depuis plus d'un an. Mais alors que les mots s'éteignirent dans les rues sombres de Washington, je vis s'éclairer son visage d'un sourire qui aurait pu alimenter une petite ville. Je souris à mon tour.

« Tu… tu es enceinte? Demanda-t-il avec le même sourire idiot collé à ses lèvres. Tu… mon… bébé… sortait-il en approchant les mains de mon abdomen.

- Tu es content? Demandais-je stupidement.

- Si je suis content? Bones! Tu es enceinte. Tu vas avoir mon bébé! Comment je ne pourrais pas être content? Tu… waouh! Mon… tu… bébé? Balbutia-t-il.

- J'espère que tu ne parleras pas comme ça lorsque le bébé viendra au monde, sinon il risque de développer des retards sur le plan du... »

Je ne pus finir ma phrase. Je ne pus finir ma phrase parce que je fus coupée par les lèvres de Booth qui m'embrassaient comme si j'étais la dernière femme de la Terre et à ce moment-là, j'avais l'impression que j'étais la dernière femme de la Terre.

« Tu es vraiment content!

- Tu ne peux pas savoir à quel point!

- Est-ce que je peux en déduire que tu es prêt à commencer une relation avec moi? Demandais-je lorsque le baiser se brisa.

- Bones, tu… je vais te donner tout ce que tu veux… je vais… si tu veux… je vais t'épouser si tu veux. Tu… je t'aime, Bones! Tellement!

- Je t'aime aussi, Booth.

- Alors, tu vas m'épouser?

- Non, Booth. Tu sais que je ne crois pas au mariage. Je ne suis pas opposée à l'idée d'habiter ensemble un jour, mais non, pas de mariage.

- D'accord. Avait-il chuchoté avec tout le naturel du monde en collant mon front contre le sien. Je ne dis pas que je ne te le redemanderai pas à nouveau, mais j'accepte ta réponse… pour l'instant.

- Booth…

- Tu viens dormir chez moi ce soir? Invita-t-il avec espoir.

- Avec plaisir ».


« Il héla un taxi et ensemble, dans son appartement, nous fîmes l'amour pour la deuxième fois. Je ne croyais pas ça possible, mais la relation fut encore plus intense que la première, pleines de caresse, de doux baiser, d'aveux de notre affection et de rires câlins.

- Waouh, avait murmuré Daisy.

- Vous savez, pour la première fois, je suis d'accord avec la petite sur ce point, dit Caroline.

- Seeley Booth, tu m'étonneras toujours », avait dit à son tour Camille.

C'est sur ces paroles que la porte de l'appartement de Booth s'ouvrit pour le laisser entrer.

« Bones, tu ne croiras jamais qui a … commença-t-il, mais stoppa en voyant cinq paires d'yeux qui le regardaient avec admiration. Oh! Bonsoir. J'aurais cru que la petite fête était terminée. Il est plus de minuit, avait-il commencé alors que les cinq femmes continuaient à le regarder avec admiration et envie. Quoi?

- Vous savez quoi, dit Camille. Je crois qu'il est l'heure d'aller au lit, décida-t-elle en se levant debout, prenant son sac et son manteau avant de donner une petite tape sur l'épaule à Booth avant de sortir.

- Il est tard et j'ai cour demain, avait continué Caroline.

- Lance va m'attendre, se leva à son tour Daisy.

- Je crois que je vais y aller aussi, ce n'est pas nécessaire de faire garder le petit trop longtemps pour rien. La baby-sitter va me coûter une fortune, dit-elle en se levant avant de faire un câlin à Booth. Elle est chanceuse de vous avoir, chuchota-t-elle à l'oreille de l'amant de sa meilleure amie avant de s'en aller.

- Est-ce que j'ai brisé la petite fête? Demanda-t-il à Brennan qui était maintenant seule dans son salon.

- Si tu veux dire que ton arrivée a rompu les festivités, je crois que oui. Tu as brisé la petite fête.

- Je suis désolé.

- Il n'y a pas de quoi.

- C'était agréable.

- Ouais. Je n'ai pas beaucoup de références dans le domaine, mais c'était une douche de bébé agréable.

- Shower, Bones, on dit un shower.

- Shower veut dire douche, non?

- Laisse tomber, tu n'es pas fatiguée? Il est plus de minuit.

- Je vais bien, j'aurais besoin d'aide pour m'aider à me relever, par contre, dit-elle alors que Booth lui tendit la main pour l'aider à se lever. Booth?

- Mm?

- Je sais qu'il s'agit d'une supposition stupide et inutile, mais si je n'étais pas tombée enceinte, crois-tu que tu aurais pris long avant de t'assurer de mes sentiments pour moi?

- Bones, je t'ai dit à plusieurs reprises que toi et Lily êtes la meilleure chose qui me soit arrivée, avec Parker. Mais même si elle n'avait pas été là, j'avais prévu te dire ce soir-là que j'étais prêt. Je devenais fou à te regarder sans pouvoir te toucher. Entre le moment où nous nous sommes embrassés la première fois dans mon lit et ce soir-là, je n'ai pas pensé même une fois à Hannah. Tu es celle avec qui je veux passer le reste de ma vie, Bones. Marié ou non. Tu es la femme de ma vie ».

Elle l'embrassa d'un baiser chaste.

« Pourquoi les filles me regardaient comme si j'étais un morceau de viande lorsque je suis rentré?

- J'ai peut-être mentionné que nous n'avions eu aucun rapport sexuel où je n'ai pas atteint l'orgasme.

- BONES! »

Fin

NA2 : J'espère que vous avez aimé. N'hésitez pas à appuyer sur le gros bouton review pour les bons et les moins bons commentaires, je les lis tous avec assiduité et empressement. Comme je n'en ai pas beaucoup reçu pour mon dernier chapitre, je me demande sincèrement si c'est parce que mon écriture est moins intéressante. Merci beaucoup de m'avoir lu.