Disclaimer: Twilight est la propriété de Stephenie Meyer. L'histoire appartient à wmr1601 (lien sur mon profil), je ne fais que traduire.

Salut tout le monde!

Je sais que je viens de commencer une nouvelle histoire pas plus tard qu'hier, mais celle-ci est un peu spéciale pour moi :)

L'auteur de "Pen Pals" m'a proposé de la traduire, ce qui est drôle c'est qu'elle ne l'avait pas encore posté sur FF. En fait, nous allons poster simultanément elle et moi^^. C'est une nouvelle expérience pour moi car je ne connais pas du tout la suite de l'histoire, je n'ai que les deux premiers chapitres, mais je lui fais confiance, je sais que je ne serais pas déçue :). J'espère que vous aimerez ce premier chapitre tout autant que moi.

N'hésitez pas à aller voir la bannière de cette fiction sur le profil de l'auteur, elle est magnifique.

Je tiens à remercier ma beta, Missleez, qui est vraiment formidable d'avoir été aussi rapide ;)


~ * Chapitre 1 : Un concerto de souvenirs * ~


Mes doigts voletaient sur les touches du piano alors que je réfléchissais à tout ce qui s'était passé aujourd'hui. Pour être parfaitement honnête, ça avait été une journée normale et c'était ce que je trouvais frustrant. La normalité était censée être bonne, mais elle ne l'était plus. La normalité s'était se faire des câlins, des baisers, et se dire je t'aime. La normalité s'était sortir avec des amis, passer du temps avec notre famille, et faire l'amour plusieurs fois par semaine. La vieille normalité me manquait.

Je n'entendais pas vraiment ce que je jouais au piano, mais ce n'était pas grave, le plus important c'était que je jouais. C'était ce que j'aimais au piano c'était tellement thérapeutique pour moi. Aucun de mes autres instruments ne me fournissaient la même thérapie contemplative que le piano. J'étais heureuse que lors de ses problèmes d'argent, il ne m'avait pas forcé à m'en débarrasser. Je me seraisbattue contre lui, bien sûr, mais à la fin, je savais qu'il aurait gagné. Il gagnait toujours.

Il y avait trop de pensées qui défilaient dans mon esprit, et je me concentrai plutôt sur les sons du piano pour essayer de noyer la misère qui jouait dans ma tête. Si je pouvais écouter, vraiment écouter, de la musique, j'espéraisne pas penser à la tournure désagréable que ma vie avait pris ces deux dernières années.

La chanson était complexe, et pendant une fraction de seconde, je me demandai comment je la jouais, et même plus, comment je l'avais écrite. Les sons venant de mon vieux piano droit n'étaient rien de moins qu'à couper le souffle. Cependant, je connaissais cette chanson c'était devenu une partie de moi au cours des quatre dernières années, qui avait pris racine dans mon cœur et qui vivait là. Depuis la première fois où je l'avais écrite alors que j'avais dix-huit ans, elle avait été modifiée et des choses avaient été ajoutées à plusieurs reprises une sorte d'autobiographie. Tout comme ma propre vie qui avait mal tourné et s'était transformée jusqu'à ne plus être évocatrice de mon ancien moi, j'avais donc changé la chanson. Le début était moelleux, heureux et en majorité optimiste, mais le mouvement le plus récent que j'avais ajouté au morceau avait été résolument différent. C'était lent, lunatique, et sombre, presque déprimant. C'étaient les notes qui venaient de mes doigts désormais, et entendre cette partie du morceau, mon morceau, montrait que simplement écouter de la musique ne me ferait pas me sentir mieux. Cependant, je ne pus me résoudre à arrêter et à revenir à la partie plus heureuse. D'une certaine façon, je pensais que je ne voulais pas me souvenir de ces moments heureux. Dans ma tête je le faisais, mais dans mon cœur je savais que me souvenir des moments heureux me ferait culpabiliser à propos des pensées que j'avais eu et dela décision que j'avais prise.

Mais il y avait eu des moments heureux, et j'avais pris soin de ne pas les rejeter dans le processus de prise de décision. Ça me déchirait de penser à partir, mais ensuite je me demandais, non pas pour la première fois depuis deux ans, ce qui me manquerait le plus entre mon mari et mon piano. Mari, me moquai-jeen silence. Le titre s'appliquait à peine à James pas plus. Il n'avait pas été violent physiquement, mais émotionnellement... enfin, c'était une toute autre affaire. Inconsciemment, mes doigts commencèrent à jouer le mouvement le plus déchirant de tous celui où j'avais réalisé que cette relation n'était pas saine. Les larmes coulèrent sur mon visage alors que la musique sortait de moi, jusqu'à ce que, très vite, je ne pus différencier les touches blanches des noires, devant moi.

Je n'entendis même pas la clé dans la serrure de la porte, et encore moins la porte s'ouvrir et se refermer. Je n'entendis pas les pas qui vinrent vers moi à travers la luxuriante moquette bleue du salon. Et donc, quand James s'assit à côté de moi sur le banc du piano, je sursautai. Il m'avait complètement prise par surprise. Je pouvais sentir l'adrénaline circuler dans mes veines alors que mes mains s'écrasaient sur les touches du piano, causant une discorde qui me fit tiquer. « Tu m'as fait peur » lui dis-je.

Il tendit les mains pour essuyer mes larmes, mais je reculai loin de lui. Il ne le remarqua pas ou il ne s'en soucia pas dans les deux cas, il ne me fit pas la remarque. J'espérai simplement qu'il prenne ça pour de la surprise dut au fait qu'il s'était assis à côté de moi. « Désolé bébé je ne voulais pas te prendre au dépourvu. Dis, c'est quoi que tu jouais ? Je n'ai pas reconnu. »

Bien sûr que tu ne la reconnais pas; j'ai fait très attention à ne pas jouer ce morceau, en particulier lorsque tu es dans le coin. « C'est vraiment rien, juste un petit truc sur lequel j'ai travaillé pour passer le temps pendant que tu étais au travail. » Ce n'était pas un mensonge, mais ce n'était pas toute la vérité, non plus.

« C'est extrêmement lunatique, tu ne penses pas ? »

Et ça commença. C'est ainsi que toutes nos conversations finissaient mal si rapidement. Il ne me comprenait plus. Ou peut-être il ne l'avait jamais fait je ne savais pas. J'avais épousé James quand j'avais dix-huit ans, tout juste sortie du lycée. Tout le monde avait supposé que c'était parce que j'étais enceinte, mais je ne l'étais pas. En fait, j'étais vierge jusqu'à notre nuit de noces. Lorsque les six premiers mois, puis neuf mois s'étaient écoulés sans bébé, les gens avaient fini par croire que nous nous étions mariés par amour. C'était vrai à l'époque j'avais aimé James, plus que tout, jusqu'à ce qu'il change complètement. Ça avait commencé lentement, si lentement que je l'avais à peine remarqué pendant longtemps. Il ne voulait pas que je travaille, disant que c'était son 'boulot' de prendre soin de moi. Je n'avais pas discuté de ce point trop difficile vu que je n'avais aucune éducation formelle en dehors de l'école publique et, par conséquent, très peu de compétences à offrir. Je ne voulais pas trimer dans un fast-food pour un salaire minimum, donc je le laissais subvenir à nos besoins. Vu qu'il avait trois ans de plus que moi,(nous nous étions rencontrés lors d'une fête que mon amie Victoria avait organisé James était le meilleur ami de son frère Laurent et il venait de l'Université de Washington), ça ne me paraissait pas déraisonnable qu'il pense ainsi.James était un travailleur acharné, il n'avait jamais eu l'aide de quiconque pour quoi que ce soit, et pendant les quatre années où nous avions étémariés, je n'avais jamais manqué de rien. Nous n'étions pas riches, loin de là, mais j'avais été bien soignée, et c'était ce qui importait. C'était ce que je me disais, en tout cas.

« Eh bien, toute la musique n'est pas heureuse et optimiste, James. »

« Je suppose. » Il haussa les épaules. « Donc, tu as dit que 'tu avais travaillé dessus'. Est-ce que ça veut dire que tu as composé ça ? »

Merde. Merde, merde, merde. J'étais toujours très prudente dans ce que je disais, précisément pour éviter que ce genre de problème n'arrive. Ce serait beaucoup plus facile à expliquer si j'avais juste joué le morceau de quelqu'un d'autre le fait que ce soit l'original rendait ça infiniment plus difficile. Cependant, je ne pouvais pas lui mentir je ne pouvais simplement pas. Pas à ce sujet. Malgré le fait que je n'avais pas voulu partager ça avec lui, j'avais un sentiment de fierté pour mon travail. « Euh, ouais. »

J'attendis avec impatience d'entendre sa réaction. Ce fut le silence pendant ce qui sembla être des heures, mais ce fut en fait moins d'une minute. « Woaw, Bella... Juste woaw. Est-ce que ça signifie quelque chose ? Je veux dire, je ne comprends pas vraiment la musique et les conneries du genre, mais ça semblait assez... je ne sais pas, émotionnel ou quelque chose. Sans oublier le fait que tu pleurais pendant que tu jouais. »

« Ce n'est rien, vraiment » répondis-je. Encore une fois, ce n'était pas toute la vérité, mais c'était quelque chose dont je ne voulais pas lui parler.

« Tu es sûre ? C'était quoi les larmes alors ? »

« Écoute, James, je ne veux pas vraiment en parler. On peut changer de sujet s'il te plaît ? » je me levai du banc du piano et me déplaçai dans la pièce j'avais besoin d'espace. Je passai grossièrement mes mains sur mon visage, je me ressaisis, changeant moi même de sujet avant qu'il ne puisse rejeter cette demande. « Qu'est-ce que tu veux pour dîner ? Je suis allée faire des courses aujourd'hui, donc je peux te préparer tout ce que tu veux. »

Ilse tourna sur le banc du piano afin de regarder dans la pièce. Ses yeux parcoururent mon corps avec avidité, et je reculai légèrement. J'espérai sincèrement qu'il n'avait pas remarqué mon malaise face à son attention. Ce serait mauvais pour moi, très mauvais. « C'est vraiment ce dont tu veux parler ? De nourriture ? »

« Eh bien, euh, il est l'heure du dîner. Tu viens juste de rentrer du travail. Tu es sûrement... » je m'interrompis alors qu'il s'approchait de moi, m'enveloppant rapidement dans ses bras forts. Dans une vie passée, j'avais trouvé son étreinte réconfortante. Plus maintenant. Désormais, ça semblait trop possessif, presque effrayant. Je plaçai mes mains sur son torse d'une manière défensive ça pourrait aussi être interprété comme une pose de soumission, c'était pourquoi je l'avais choisie. Je savais qu'il ne se s'interrogerait pas sur mes motivations si je le touchais au moins un petit peu.

« J'ai faim, mais pas de nourriture » ronronna t-il à mon oreille. Ma respiration reprit et les battements de mon cœur devinrent erratiques. Foutue adrénaline encore. Je détestais la façon dont l'adrénaline me faisait ressentir plus que n'importe quoi d'autre.

« Oh ? » demandai-je, espérant que ma voix paraisse séduisante.

« Viens avec moi dans la chambre, Bella, et quand on aura terminé, je t'inviterai à dîner. » Le double sens de ses paroles fit battre mon cœur encore plus fort.

Je savais que je devais me soumettre à lui il était mon mari, et aucune quantité de malheur n'allait changer ça. J'avais promis de l'aimer, de l'honorer, et de lui obéir il y avait quatre ans et j'avais juste fait ça depuis, eh bien, les deux secondes, de toute façon. C'était le premier à me causer du chagrin maintenant. Je ne pouvais pas vivre dans un mariage sans amour désormais, et je savais que c'était juste ce que je faisais. Je n'aimais pas James je n'étais même pas sûre de l'avoir déjà aimé. J'avais un rendez-vous avec un avocat demain, mais pour ce soir, je ne voulais pas lui donner une raison pour que les choses se passent mal. C'était malhonnête de ma part, mais j'avais trop peur des conséquences de lui faire savoir mes actions avant que tout soit réglé. Et donc, je lui permis de me conduire dans notre chambre, et je lui mentis, feignant mon intérêt.

Le sexe était le même qu'il avait été pendant la plupart du mariage. En dépit de son ordre de venir (ce qui voulait également dire jouir) dans la chambre, il était plus inquiet pour sa propre libération que la mienne. Cependant, d'une manière malade et tordue, j'étais réellement heureuse à ce sujet. Je savais que dans mon état d'esprit actuel, ça prendrait une éternité pour moi de trouver ma libération, et bordel ce soir je n'en aurai pas. Parfois je m'en souciais, mais je n'étais juste pas d'humeur ce soir en même temps, je savais que je ne pouvais pas lui dire 'non'. Il pouvait ou non accepter cette réponse et c'était plus facile d'être d'accord avec tout ce que James voulait.

Il n'était pas trop dur avec moi, mais ce n'était pas pertinent. Je m'allongeai sur le lit conjugal, comptant essentiellement les moutons et attendant qu'il ait finit. J'avais à peine l'envie de simuler quoi que ce soit ce soir, mais c'était mieux si j'essayais plutôt que de paraître complètement désintéressée. Donc j'accrochai mes doigts dans ses cheveux et le rapprochai plus près, ce qui sembla être suffisant. Je gardai mes yeux fermement fermés, sachant que je lui dévoilerais mon attitude si je le regardais. Heureusement pour moi, il fut rapide ce soir il avait dû avoir une journée stressante au travail.

« Putain Bella, t'es trop bonne » marmonna t-il alors qu'il s'effondrait sur moi. Je savais que la réponse appropriée serait 'toi aussi', mais je ne pus me résoudre à prononcer les mots. Nous restions là pendant quelques minutes tandis que James respirait et reprenait un rythme cardiaque normal, puis il se retira, et nous nous dirigeâmes vers la salle de bain pour nous nettoyer.

Je fus heureuse de constater que la libido de James lui avait fait oublier ma chanson mélancolique. Alors que nous étions sous la douche, il avait oublié ma musique. J'étais secrètement contente, il ne semblait pas en vouloir au piano ou à ma musique, mais il ne comprenait pas mon amour pour la chanson, non plus. Ça avait été une partie de moi aussi longtemps que je me souvienne.

Mon père m'avait acheté mon premier piano jouet quand j'avais trois ans, bien que c'était plus un xylophone qu'un piano. Je me souvenais des petites touches couleur arc-en-ciel, dont chacune faisait un son différent. Ça avait été mon jouet préféré pendant longtemps. Selon mon père, qui m'avait élevé seul, depuis que ma mère nous avait quitté avant mon premier anniversaire, je l'avais toujours appelé mon 'na-no', et mon adoration pour la musique avait alors commencé.

Quand j'avais six ans, à ma demande, il avait commencé à m'envoyer à des leçons de piano officielles. Mon professeur, Miss Lydia, était brillante. Je n'avais jamais voulu arrêter, comme la plupart des enfants. Bien sûr, je les avais voulu ; mon père ne m'avait jamais forcé à les prendre. Miss Lydia avait été un premier modèle pour moi elle était la première véritable figure féminine positive dans ma vie. Je n'avais même pas réalisé qu'il m'en manquait une jusqu'à ce que je commence mes répétitions avec elle. Miss Lydia était un peu plus âgée que mon père et elle était veuve. Je pense que c'était la raison pour laquelle elle avait commencé à donner des cours de piano pas parce qu'elle avait besoin d'argent, mais parce qu'elle était seule. Nos séances se terminaient toujours par une boisson et des biscuits, et à parler du passé, je me rendais compte que c'était plus pour elle que pour moi. J'avais assisté aux cours de piano avec Miss Lydia jusqu'à mes quinze ans, au moment où elle m'avait dit, « Je pense que tu en sais plus que moi, Bella. J'ai vraiment dû me creuser la tête chaque semaine pour trouver quelque chose à t'apprendre, et je ne pense pas que je peux encore le faire. Considère toi comme officiellement diplômée de l'école de piano de Miss Lydia ». Cependant, Miss Lydia était devenue mon amie au fil des ans je reconnais que j'avais dépassé son niveau de compétence à environ treize ans, mais j'avais toujours continué parce que j'aimais cette femme. Elle avait pris la place de ma mère à mon mariage, s'asseyant à côté de mon père, et je ne l'aurais pas fait autrement. Elle avait été plus une mère pour moi que cette donneuse d'ovules ne l'avait jamais été. Et pour ces raisons, j'avais continué à revenir chaque semaine, même aujourd'hui, pour rendre visite à mon amie. Parfois, j'avais l'impression qu'elle était ma seule véritable amie dans ce monde. Elle était certainement la seule à qui j'avais confié les problèmes que j'avais avec James.

« Bella ! Qu'est ce que tu fais là dedans ? » je fus tirée de mes souvenirs par la voix de James venant de l'autre pièce. Je ne m'étais même pas rendu compte qu'il était sorti, et je n'avais aucune idée de combien de temps j'avais été sous le jet d'eau chaude, mais apparemment, ça avait été trop long. La patience n'avait jamais été une des qualité de James, et je savais que les mots innocents qu'il criait maintenant, pouvaient rapidement devenir désagréables. Il n'avait jamais levé la main sur moi avant, mais il ne mâchait pas ses mots. Je passai mes mains dans mes cheveux une dernière fois pour m'assurer qu'ils étaient bien rincés, et je coupai l'eau. Vu que j'avais déjà pris plus de temps dans la douche qu'il pensait que j'aurais dû prendre, je me séchai rapidement et me dépêchai d'aller dans notre chambre avec la serviette enroulée autour de mon corps svelte. James était là, assis au pied du lit, mettant ses chaussettes. « Hmm, hmm, hmm » dit-il, en me souriant. « Tu es encore plus sexy humide et nue que tu l'es normalement. Et ça veut bien dire quelque chose, bébé t'es la meilleure des potiches. Je suis vraiment le connard le plus chanceux du monde que tu aies décidé de m'aimer moi parmi tant de gens. »

Je ne savais pas ce que je ressentais sur le fait qu'il m'ait appelée 'potiche'. Je pensais qu'il le concevait comme un compliment, mais ce n'était pas un compliment normal. Cependant, je devais faire attention à ses intentions, et donc je répondis par un 'Merci' et un sourire. « Alors, on va où ce soir ? Qu'est-ce que je dois porter ? »

Il me sourit, et pour la première fois depuis longtemps, je me sentis presque aimée. Quand il me regardait comme ça, je me rappelais pourquoi je l'avais épousé en premier lieu. Cependant, comme avec la musique avant, je devais éloigner ces pensées, sinon j'avais peur d'annuler mon rendez-vous de demain avec l'avocat. Si je faisais ça, j'allais être coincée ici pour toujours, et ce n'était pas ce que je voulais.

« Tu devrais porter ta petite robe noire. Tu vois celle dont je parle, pas vrai ? Avec les trucs... » il fit signe sur ses épaules, dans une tentative très masculine de décrire les bretelles, « … et le truc bouffant. » Maintenant il faisait des gestes sur ses cuisses, se référant à la jupe évasée. Elle n'était pas exactement bouffante, mais je compris ce qu'il voulait dire.

« Ouais, je vois celle dont tu parle. » Toujours uniquement vêtue de la serviette, je me rendis à la commode et sortis une culotte, mon soutien-gorge sans bretelles, et une paire de collants. Je terminai de m'essuyer, puis je m'assis à côté de James au pied du lit pour mettre mes sous-vêtements.

Quand je me levai pour marcher vers le placard, pour récupérer la robe noire, je me sentais belle je pouvais sentir le regard de James sur moi alors que je m'éloignais de lui, et quand je revins avec la robe, ces sentiments furent confirmés. Il me regardait avec avidité, et je pensais que je pouvais même voir son excitation à travers son pantalon, même si nous avions eu une relation sexuelle à peine une demi-heure avant. Je pensais que j'aurais dû être flattée, mais en fait ça me révulsait. Mon dieu, j'espère qu'il ne veut pas réitérer l'expérience ce soir. J'ouvris ma robe et la passai, tournant le dos à James lui demandant silencieusement de refermer ma robe.

Depuis que nous nous étions installés à Forks en nous mariant, nos choix alimentaires étaient limités, mais apparemment, James était d'humeur généreuse ce soir nous fîmes un trajet d'une heure en voiture pour Port Angeles où il y avait un restaurant chic Italien. Tout commença assez agréablement chacun de nous commanda un verre de vin pour accompagner nos repas, promettant qu'il n'y en aurait pas d'autre. C'était une chose à laquelle nous faisions tous les deux très attention l'alcool au volant était un sujet particulièrement sensible pour James. Il avait perdu un frère à cause d'un conducteur ivre il y avait cinq ans de ça, et il avait toujours promis qu'il ne causerait jamais à personne la douleur qu'il avait traversé. Peu importe à quel point parfois j'étais frustrée ou malheureuse, c'était une chose chezlui que j'avais toujours respectée.

La conversation coula aussi bien que d'habitude, sans problème majeur. Quand la nourriture arriva, toutes les conversations cessèrent. C'était une chose à laquelle j'étais habituée James n'aimait pas parler pendant qu'il mangeait. Il lisait le journal ou méditait simplement sur les événements de la journée, mais la conversation n'était pas quelque chose qui était 'autorisée' quand il y avait de la nourriture sur la table. Au premier abord, j'avais trouvé ça étrange, mais maintenant ça faisait simplement partie de ma vie. Avec la règle 'on ne parle pas', James mangeait rapidement. Il ne m'avait jamais expliqué pourquoi il n'aimait pas parler pendant qu'il mangeait, seulement qu'il ne le faisait pas. Plus d'une fois, je m'étais demandé si la raison pour laquelle il avait mis en place la règle : pour qu'il n'y ait pas beaucoup de temps passé à table. Je m'étais aussi demandé s'il y avait quelque chose dans le passé qui l'avait rendu comme ça, mais c'était un autre sujet qui était strictement interdit. Il m'avait raconté des passages de son enfance, mais jamais toute l'histoire. J'avais insisté au début de notre mariage, mais comme il se fermait à chaque fois, j'avais fini par abandonner. Je me doutais bien qu'il y avait quelque chose à voir avec son père parce que sa mère était célibataire, mais elle n'avait jamais parlé de quoi que ce soit, non plus. Comme avec James, après tant d'années à la questionner et à ne jamais obtenir de réponse claire, je m'étais simplement résignée à ne jamais savoir. Notre relations'était révélée meilleure quand j'avais arrêté de poser des questions.

Bien que James avait terminé sa nourriture, j'avais encore la moitié d'un plat de spaghettis à finir. La règle du non parler ne s'appliquait pas à ma nourriture dès que son assiette fut vide, il commença à parler. « Alors, je ne peux pas m'empêcher de penser à cette chanson que tu jouais quand je suis arrivé ce soir. Je pense qu'il y a quelque chose que tu ne me dis pas. Il n'y a pas moyen que quelqu'un qui est heureux dans sa vie puisse jouer quelque chose d'aussi lunatique que cette merde, et encore moins l'écrire. Donc, qu'est ce qui se passe, Bella ? »

J'avalai les pâtes que j'avais dans la bouche et pris une gorgée de mon vin avant de parler. « Je te promets que ce n'est rien, James. Tu ne devrais pas t'en préoccuper. » C'était plus une excuse qu'autre chose à cet instant. S'il continuait à me mettre la pression, je savais que je me renfermerais. Je le faisais toujours, je n'avais pas autant de pratique que lui pour cacher les choses.

« Je ne sais pas, Bella, ça ne ressemblait pas à rien. Je veux dire, si tu me dis que ce n'était rien, alors je suppose que je dois te croire parce que, comme je te l'ai dit à la maison, je ne comprends pas ce truc. Mais pour un gars, qui n'écoute pas ce genre de... musique, je pourrais dire qu'il y avait une réelle émotion là-dedans. » La façon dont il buta sur le mot musique était presque comique. Il n'avait jamais bien compris mon amour pour le piano en fait, ce soir avait été la première fois qu'il avait essayé de donner un sens à ma façon de jouer.

« C'était très émouvant, ouais, mais ça ne voulait pas vraiment dire quelque chose. J'étais juste de mauvaise humeur quand je l'ai écrit la semaine dernière. » Je pris ma fourchette et je fis tournoyer les dents dans les nouilles, en espérant une nouvelle fois qu'il laisserait tomber la question.

Bien sûr, je n'eus pas cette chance. Sa main claqua sur la table, faisant rebondir les verres de vin avec la force de l'impact. « Merde ! » Il cria presque. « Bordel, pourquoi tu es en train de me mentir ? C'est juste une putain de chanson, Bella. En quoi cette connerie est elle si spéciale pour que tu sois toute bizarre ? Je sais qu'il y a plus que ce que tu me dis, et je veux que tu m'expliques. »

Mes yeux s'agrandirent d'effroi. Il avait perdu son sang froid avant, mais jamais en public. Normalement, il était un homme très privé, donc je savais que c'était quelque chose de grave pour lui, pour qu'il me crie dessus dans un endroit aussi publique qu'un restaurant. Dans une tentative pour calmer la situation, je murmurai avec ferveur « S'il te plaît, James, calme toi. Très bien, je vais te le dire, mais est-ce que ça peut attendre qu'on rentre à maison ? Je pourrais jouer chaque partie pour toi et t'expliquer. »

Cela sembla l'apaiser, du moins, temporairement. « Très bien. Si tu promets de m'éclairer à ce sujet dès qu'on sera à la maison. »

« Je le ferai ; je te le promets. En fait, on peut y aller maintenant j'ai terminé » je poussai mon assiette son explosion m'avait coupé l'appétit.

« Super. » Il jeta une cinquantaine de dollars sur la table, qui ferait plus que couvrir la nourriture, le vin et le pourboire, et il me tint la main à la sortie du restaurant.

Le trajet débuta assez ordinairement. Nous roulions vers l'Ouest sur la 101, retournant à Forks, et il y avait quelques autres voitures avec nous sur la route. Après l'intensité de notre conversation après le dîner, j'avais peur de parler maintenant, donc je ne le fis pas. James semblait penser attentivement à quelque chose je ne pouvais pas dire s'il se concentrait sur le trajet ou s'il réfléchissait à d'autre chose. Je laissai mon esprit vagabonder vers ce qui se passerait après mon départ. C'était libérateur de s'interroger sur les possibilités de ce que serait ma vie quand je ne serais plus mariée à James. J'imaginai partir de Forks. Mon père et Miss Lydia me manqueraient, mais j'aimerais aussi voir de nouveaux endroits. Peut-être qu'à la place je pourrais juste voyager pendant un certain temps. Ou m'éloigner pour une période, peut-être de deux ou trois ans. J'aimais assez cette idée.

Mon esprit se déplaça vers autre chose je me demandai ce qui s'était passé pour me faire douter de l'amour que je ressentais pour James. Il était là quand je l'avais épousé. Pas vrai ? Plus mon esprit y réfléchissait, moins j'étais sûre. Du moins, à l'époque je pensais que je l'aimais. Y avait-il un seul événement qui m'avait fait me sentir de cette façon ? Aucun en particulier dont je peux me souvenir. Ça avait juste été une lente dégradation au fil du temps. Ça arrivait, pas vrai ? Je n'étais pas anormale pour ça, je l'espérais.

« Merde ! » cria James, me surprenant.

Je sortis de ma rêverie, et la dernière chose que je vis furent les phares d'un gros camion venant droit sur nous.


Soooo... verdict? Ca vous a plu? J'espère en tout cas, n'hésitez pas à me donner votre avis sur ce chapitre :)

Et je vous dis à vendredi pour la suite de "My Facebook Reunion".