Disclaimer: Twilight est la propriété de Stephenie Meyer. L'histoire appartient à wmr1601 (lien sur mon profil), je ne fais que traduire.

Bonjour tout le monde! Vous allez bien?

Comme je l'ai dit sur mon autre traduction, je suis impardonnable et j'ai vraiment honte d'avoir mis autant de temps à poster, et je ne vais pas vous raconter ma vie, mais pour faire court: soucis de connexion, boulot en 3x8 et vacances scolaires. Alors je m'excuse de vous avoir fait attendre aussi longtemps et j'espère que vous serez tout de même au rendez-vous.

Toujours par manque de temps, je n'ai pas répondu aux reviews, j'ai préféré privilégier le chapitre, j'espère que vous ne m'en voudrez pas trop :$.

Merci à: Grazie, mlca66: Oui l'histoire est en pause pour le moment, l'auteur attendait un heureux évènement et elle a préféré se consacrer à sa famille pour le moment. C'est un break et non un abandon, donc rassure-toi, il y aura bien une fin, il faudra attendre ;) En ce qui concerne le passé d'Edward, l'une de tes deux suppositions est la bonne ;) ; sarinette60, Elodie pixie B, aelita48, Habswifes, aussidagility, Maryfanfictions: Tu as vu juste ;) , birginie, littlemissbelly: Bienvenue sur cette traduction et merci pour ta review. Je n'ai pas de nouvelles de l'auteur pour le moment, la naissance était prévu pour juillet donc elle doit être très occupée =). Merci à toutes pour vos reviews, ça me fait vraiment plaisir que cette histoire vous plaise, merci aussi à l'anonyme qui m'a laissé un petit mot et merci pour les nouvelles mises en alerte/favori.

Merci également à ma bêta, Missleez, qui est toujours au taquet :)

Sur ce je vous laisse à votre lecture, Edward a des révélations à vous faire :P

N/A : Avertissement : Ce chapitre est l'une des raisons pour laquelle cette histoire est rated M. Il y a ici des images qui pourraient troubler les lecteurs les plus sensibles. Je tiens juste à le préciser à l'avance.


Précédemment : Je le suivis d'un air hébété sur le tapis bleu marine, jusque dans l'ascenseur, le long de plusieurs portes au deuxième étage, et dans une chambre. Edward laissa tomber mon sac sur le sol près de la porte, se retourna et ferma le verrou et la chaîne, puis il me souleva, à ma grande surprise, et me porta vers l'un des deux grands lits dans la chambre. Nous nous installâmes côte à côte sur le lit, le bras d'Edward autour de moi et ma tête blottie contre son épaule.

« Bella ? » dit-il après un moment. Son ton était grave, et je sus qu'il était sur le point de dire quelque chose de lourd.

« Oui ? »

« Je pense qu'il est temps que je te raconte mon histoire. »


~*CHAPITRE 17 : Passé, présent et futur*~


« T-ton histoire ? » J'étais nerveuse. Bien sûr je voulais entendre son histoire, mais qu'il en parle maintenant, semblait presque... sinistre.

« Oui. Ce n'est pas juste que je te demande de me faire confiance si je ne te retourne pas l'honneur. »

Je hochai la tête minutieusement, puis je me rappelai que ma tête était contre son torse. Il n'avait certainement pas vu, et peut-être pas senti, le mouvement. « D'accord. » Je commençai à me redresser pour le regarder, mais il resserra son emprise sur mes épaules, me tenant efficacement en place. Je stoppai mes mouvements, le laissant contrôler les choses pour l'instant.

Il prit une profonde inspiration. « Je t'ai dit que j'avais été marié une fois avant. »

« Oui. »

« Angela était ma vie. On s'est rencontré lors de ma première année à l'université. Je faisais des études de commerce, elle faisait des études pour être infirmière. C'était une histoire d'amour tourbillon, et on s'est fiancé au bout de six mois, et marié un an après. On venait juste d'être diplômés. Je travaillais pour mon père, c'était avant qu'il prenne sa retraite, et Angela travaillait à l'hôpital des enfants ici à Portland. On est parti à l'école de Seattle, mais mes parents avaient déjà emménagé ici, et mon père m'a officiellement offert le poste dans son entreprise à la fin de ma première année, même s'il n'avait pas l'intention de prendre sa retraite avant plusieurs années. Quoi qu'il en soit, c'est la raison principale pour laquelle j'ai étudié le commerce, parce que je savais que je deviendrais éventuellement le patron. Les parents d'Angela vivaient à Rhode Island, mais elle avait appris à aimer le Pacifique Nord-Ouest, alors elle était plus qu'heureuse de rester ici. Elle avait toujours eu un faible pour les enfants, surtout pour les enfants malades. » Son ton était devenu plus doux, et mon cœur se brisa à l'écouter évoquer ses souvenirs. Pas parce que j'étais jalouse d'Angela, mais parce que je pouvais entendre la douleur dans sa voix alors qu'il revivait les souvenirs. « Son nom était approprié, c'était vraiment un ange. Elle était le point culminant de la vie des enfants tout comme elle était le point culminant de la mienne. »

Je remarquai qu'il utilisait le passé. Elle était. Il ne cessait de le répéter encore et encore, et je sus que cette histoire n'allait pas bien se terminer. Je restai silencieuse pendant qu'il retrouvait son sang-froid, ne voulant pas le distraire ou paraître insensible en interrompant ses pensées.

« En dehors du travail, on faisait tout ensemble. On n'a jamais ressenti le besoin de passer du temps séparément. Quel était le but quand nous nous avions l'un l'autre ? On ne s'est jamais disputé, jamais chamaillé sur les petites choses de la vie. On s'entendait parfaitement, notre relation était plus parfaite que ce que j'avais imaginé. Jusqu'à ce soir-là... » Il s'arrêta là, et je jetai un coup d'œil vers son visage, essayant de ne pas trop bouger ma tête. Son expression était une multitude d'émotions, mais surtout la peur et la peine. Il ne pleurait pas, mais on aurait dit qu'il le pourrait à tout moment. Je posai ma main sur son torse, recouvrant son corps dans un geste de soutien. Bien que j'étais désespérément curieuse de savoir ce qui n'avait pas été dans leur relation, je ne dis toujours rien. Il prit plusieurs inspirations tremblantes avant de continuer. « Le soir où je l'ai trouvée a été la pire soirée de toute ma vie. Tout ce que je connaissais s'est écroulé sur moi ce soir-là. A certains égards, ma vie a pris fin ce soir-là. Pas physiquement, bien sûr, mais émotionnellement. Je me suis renfermé pendant des mois, des années. Il n'y avait rien que personne ne pouvait faire pour me sortir de ma douleur induite par la stupeur. Mes parents ont essayé, mes frères et sœurs ont essayé, j'ai même fait une thérapie, et mon docteur a essayé. Rien n'a fonctionné. »

Ça ne m'échappa pas qu'il n'avait toujours rien dit sur ce qui n'allait pas dans la relation. Tout ce qu'il avait dit était 'le soir où je l'ai trouvée'. Que l'avait-il trouvée en train de faire ? Le tromper ? Faire ses bagages et partir ?

« Je suis rentré à la maison ce soir-là, c'était une semaine avant Thanksgiving, je m'en souviens parfaitement. La soirée était froide et piquante, et même s'il n'était que dix-huit heures, il faisait déjà noir. Je savais qu'Angela ne travaillait pas ce jour-là, elle travaillait quatre jours par semaine, et c'était son deuxième jour libre de la semaine. La première chose que j'ai remarqué quand je suis rentré à la maison ce soir-là c'est que la porte était déverrouillée. Ce n'était pas inhabituel, nécessairement, mais en y repensant, j'aurais dû y faire plus attention. Je suppose qu'avec le recul, tout est plus clair et tout ça. Mais à l'époque, ça ne m'avait pas semblait être important. La seconde chose c'était l'odeur de brûlé, qui a été mon premier indice que quelque chose n'allait pas, vu que la porte ne m'avait pas provoqué de seconde pensée. Angela n'était pas un gourmet ou quoi que ce soit, mais elle s'y connaissait en cuisine, elle faisait rarement brûler la nourriture. Je l'ai appelée, mais il n'y a eu aucune réponse. C'était inhabituel, aussi. Elle me retrouvait pratiquement à la porte la plupart des soirs, sauf quand elle travaillait. Je me souviens d'avoir fermé la porte avec mon pied, ça m'a resté parce que dans ma précipitation inquiète, je l'ai claquée un peu trop fort, et l'un des cadres est tombé du mur et s'est cassé. »

Je pouvais parfaitement imaginer la scène qu'il décrivait. Je pouvais presque sentir la poignée de la porte déverrouillée dans ma main, sentir l'odeur de brûlé, et entendre le verre du cadre se briser et le claquement de la porte.

« Notre appartement était au rez-de-chaussée, et il n'était pas immense, un peu plus petit que celui dans lequel je vis maintenant. J'ai pu aller dans la cuisine en moins de cinq secondes. Ce qui m'y attendait était quelque chose que personne ne devrait voir. » Sa voix craqua et il déglutit de façon audible à nouveau. « Ma femme, mon Angela, gisait dans une marre de sang. Le sol de la cuisine, qui était normalement d'un blanc immaculé, était recouvert d'une marre de liquide rouge foncé. Il y avait des éclaboussures sur les meubles du bas, et Angela était à plat ventre sur le sol. Sa tête était tournée d'un côté, ses magnifiques cheveux noirs emmêlés dans le sang séché. Ses yeux étaient fermés, à part à cause du sang, on aurait pu croire qu'elle dormait simplement. Jusqu'à ce qu'ils regardent plus bas sur son corps, c'était le cas. Je ne suis pas un expert en scène de crime, mais je regarde Les Experts, enfin, j'en avais l'habitude, mais je ne pouvais pas en gérer plus. Son chemisier rose était sombre et imbibé de sang. Je pouvais estimer l'endroit où la balle avait touché son dos, parce que la tâche était plus concentrée à cet endroit, s'allégeant légèrement tout en se répandant sur son chemisier. Je me souviens avoir hurlé, espéré que ce n'était pas vrai. Je voulais tellement que ce soit une sorte d'horrible cauchemar, que j'allais juste me réveiller et la tenir en sécurité dans mes bras. J'ai couru vers elle, sentis sous son nez pour voir si elle respirait, serré son poignet pour trouver un pouls, fais pression sur la plaie dans son dos dans une vaine tentative d'arrêter le saignement. Habituellement, je n'aime pas le sang, je n'en supporte pas la vue, mais cette fois, ça ne m'a pas dérangé. Tout ce qui m'importait c'était de l'aider. Tout ce que je voulais c'était qu'Angela aille bien. »

Mes yeux se remplirent de larmes. C'était vraiment la dernière chose à laquelle je m'attendais. Pas étonnant qu'il ne m'ait jamais parler de son passé auparavant.

« Je n'ai aucune idée de combien de temps je suis resté assis là, à la bercer dans cette marre collante. Finalement, les flics sont arrivés. Je pense que l'un des voisins a dû entendre mes lamentations. Je me suis demandé plus d'une fois que vu qu'ils m'ont entendu pleurer, comment ils n'ont pas entendu l'intrus ou le coup de feu qui lui a pris la vie, mais je n'ai jamais blâmé personne pour ça, à part le tueur. Les policiers et les ambulanciers sont arrivés, et j'ai été éloigné d'Angela. J'ai essayé de protester, mais j'étais trop désemparé pour me battre à ce moment-là. Ne pas contrôler mes émotions et mes actions était une chose terrible pour moi. J'ai toujours été du genre à contrôler toutes les situations et que se soit inutile à un moment si important a été particulièrement difficile pour moi. Ils m'ont fait sortir de l'appartement et m'ont fait asseoir au sol à l'arrière de l'ambulance. Les ambulanciers ont vérifié mes signes vitaux, mes yeux, tout. C'était exactement comme on le voit à la télé. Puis deux flics sont venus et m'ont posé un tas de questions. Je ne pourrais même pas te dire aujourd'hui qui ils étaient. Puis ils ont pris ma chemise comme preuve, et c'est tout. »

Je le sentis s'affaisser contre l'oreiller, comme si tous les souvenirs de ce qui lui était arrivé ce soir-là étaient épuisants. Et j'étais sûre que c'était le cas. Il avait raison quand il m'avait dit qu'il avait vu des horreurs pire que les miennes. Traverser ça, puis en parler à un thérapeute, et maintenant me le dire... Je ne pouvais pas m'imaginer aussi forte qu'Edward l'était. C'était une sorte de sur-homme d'avoir traversé ça qui savait combien de fois.

« Ils ont fait une autopsie. On m'a dit que c'était la procédure standard dans toutes les morts suspectes, alors je n'ai pas eu le choix. Je détestais l'idée qu'elle soit ouverte après sa mort déjà brutale, surtout vu que la cause de sa mort était évidente. J'ai eu envie de leur hurler de laisser son pauvre corps mutilé tranquille, de me laisser enterrer ma femme avec un semblant de respect, mais je savais que ces demandes auraient été ignorées. Sympa, j'adore ça. »

« Ils n'ont pas voulu me laisser rentrer à la maison le premier soir, alors je suis resté avec mes parents. En fait, ils ne m'ont pas laissé rentrer à la maison pendant quelques semaines. Mon père m'a donné un mois de congé pour gérer les choses, j'ai appelé ses parents, j'ai dû planifier ses funérailles... » Sa voix craqua. « Au moment où j'ai été blanchi par la police pour retourner à mon appartement, il avait été nettoyé. L'équipe de nettoyage des scènes de crime s'était occupé du sang dans la cuisine, ainsi que de quelques petites choses qui n'avaient rien avoir avec l'endroit où Angela était, comme le verre cassé quand j'avais fermé la porte avec un coup de pied. Même si j'avais raconté mon histoire aux flics sur la façon dont ça s'était passé, ils le considérait quand même comme faisant partie du crime. »

« Une semaine après avoir obtenu l'approbation de la police pour retourner dans l'appartement, j'ai donné mon préavis de trente jours. C'était une décision difficile, continuer à vivre dans l'endroit où ma femme avait été assassinée ou renoncer au seul endroit qu'on avait partagé. Ces deux arguments ont débattu en moi pendant tout le temps où j'étais en congé, ce qui a coïncidé avec les jours où la police le considérait encore comme une scène de crime. J'ai finalement décidé d'y rester, je voulais désespérément garder une sorte de connexion avec Angela, mais en y retournant ce premier soir, j'ai su que je ne pourrais pas. J'ai su que je ne pourrais pas mettre un pied dans la cuisine sans la voir là sur le sol. Je ne serais jamais capable de dormir dans ce lit sans sentir sa présence à côté de moi. » Il prit une inspiration tremblante. « Logiquement, je savais qu'il était normal de ressentir ces choses quand on était dans ma situation, mais ce n'était pas moi. J'ai toujours été fort, en contrôle, et j'ai détesté me sentir si hors de contrôle pendant ces semaines. Ça reste à ce jour, la période la plus sombre de ma vie. »

« Bien sûr que ça l'est, » murmurai-je. Comment ça ne pourrait pas être une période sombre ? Son histoire rendait la mienne comme la fête d'anniversaire d'un enfant.

Il effleura mon épaule et mon cou puis reprit. « C'est la raison pour laquelle je suis si protecteur avec toi, Bella. Avant Angela, je n'avais jamais ressenti ça pour quelqu'un, depuis elle, je n'avais plus ressenti ça pour quelqu'un, non plus. Jusqu'à toi. Je sais qu'il y a du mal dans le monde, et je comprends que je ne peux pas être tout pour tout le monde. Mais je ne suis pas intéressé de ressentir à nouveau ce que j'ai ressenti quand Angela a été tuée, aussi longtemps que je vivrais. »

« Est-ce qu'ils ont attrapé le gars... qui a fait ça ? » La question pouvait être insensible, mais je devais connaître la réponse à cette question.

« Oui. Angela n'était pas la première, et comme la plupart des tueurs en série, ses victimes avaient plusieurs choses en commun, bien qu'ils ne les ont jamais tous su. Il ciblait les femmes d'une vingtaine d'années avec les cheveux et les yeux foncés. Il semblait se ficher de si elles étaient mariées ou non. J'ai appris la plupart de ces informations dans les rapports qui sont sortis après qu'il ait été attrapé. Les flics ont tendance à ne pas parler des détails aux familles des victimes une fois que 'nous avons attrapé le gars'. J'étais présent à son procès, mais ils ne m'ont jamais appelé à la barre des témoins. Je n'avais rien à offrir, et je le savais, alors je n'ai pas été en colère de ne pas avoir du raconter mon histoire. Tout ce que je savais du crime c'est ce que j'avais vu dans la cuisine, et le procureur avait des photos pour le prouver. Je n'avais absolument rien pour relier le bâtard suffisant assis à la table de la défense au meurtre de ma femme. Mais c'était important pour moi d'être là pendant le procès, pour ma propre tranquillité d'esprit et pour mettre fin à ça. Dieu merci, Angela avait été sa dernière victime, ils l'ont attrapé juste quelques mois après sa mort. Le procès a commencé au moment du premier anniversaire de sa disparition. L'accusation avait un dossier solide, et la défense a été pratiquement inexistante. Ils ont temporairement plaidé la folie, mais vu que c'était un cas de meurtres en série, le jury n'a pas marché. Après deux semaines entières de témoignages, ils sont revenus avec un verdict unanime en moins de quatre heures. »

« Il est où maintenant ? » J'avais remarqué qu'Edward aurait pu me décrire quand il avait parlé des cibles du tueur. J'espérai désespérément qu'il dise que le type était en prison.

« Au pénitencier de l'état de l'Oregon, à Salem. Il a été condamné à la peine capitale, alors il est dans le couloir de la mort, en train d'attendre une date d'exécution. Mais l'Oregon est un état libéral. Il est plus probable qu'il va mourir en prison qu'être exécuté. Bien sûr, ils me disent que c'est pas vrai, mais je suis réaliste. » Il haussa les épaules. « D'ailleurs, la mort est une punition trop facile pour les types comme ça. Il mérite d'être assis en prison, de vivre avec ce qu'il a fait, de souffrir tous les jours comme les familles de toutes ses victimes. »

Je poussai un soupir de soulagement silencieux.

Nous restâmes assis en silence pendant quelques minutes. Je ne voulais interrompre aucun train de pensées qu'Edward pouvait traverser, mais quand il me sembla évident qu'il n'allait rien dire de plus, je relevai la tête pour le regarder. « Merci d'avoir partagé ça avec moi. Je sais que ça a dû être difficile. »

« C'est vrai. Mais je suis content de te l'avoir dit. J'avais presque l'impression de te mentir en ne te le disant pas. Ça fait du bien d'en avoir parlé. » Il m'embrassa sur le front.

Nous tombâmes à nouveau dans un silence confortable. Je repensai à ce qu'il m'avait dit, et maintenant je comprenais tellement mieux pourquoi il était comme ça. Toutes ses actions avaient un sens, même celles qui semblaient irrationnelles à l'époque. Je comprenais son besoin de me protéger maintenant, et avec cette connaissance fermement en place, je pris de suite une décision consciente de ne plus trop me disputer avec lui pour ses tendances protectrices.

~ * MotHT * ~

Vu que nous avions laissé ma voiture à l'appartement, Edward m'emmena travailler dans la matinée. Après trois jours de congés, j'avais une journée de travail complète. J'arrivai au milieu du petit-déjeuner, et être occupée était une distraction bienvenue de tout ce qui se passait dans ma vie. Avec toutes mes tables complètes, je n'avais le temps de penser à rien, surtout pas à James.

Pendant l'accalmie en milieu de matinée, je discutai avec Delores. Elle était curieuse à propos d'Edward.

« Il est incroyable, Delores. Je... » Je haussai les épaules, ne sachant pas trop quoi dire. « J'aurais aimé l'avoir rencontré il y a cinq ans. »

« Raconte : comment il est au lit ? » demanda la femme plus âgée en me faisant un clin d'œil complice.

« Delores ! » Je ne pus empêcher mon visage de rougir.

« Oh, allez, ma chérie. A mon âge, les choses commencent à ralentir. Permets-moi de vivre par procuration à travers toi. »

« Je ne suis pas du genre à raconter tous mes secrets. Mais même si c'était le cas, je n'ai rien à dire. On n'a pas... » je m'interrompis.

Elle eut l'air surprise. « Avec la façon dont il te regarde, j'étais certaine que vous le faisiez comme des lapins en chaleur. »

Mon visage se réchauffa davantage. « Ce n'est pas le cas. Et qu'est-ce que tu veux dire par 'la façon dont il me regarde' ? »

« Oh, ma chérie, ce garçon est dingue de toi. Je sais que je ne l'ai rencontré qu'une fois, mais il a à peine détourné ses yeux de toi pendant tout le temps qu'il a été là. Oh, je sais qu'il me regardait occasionnellement, » m'interrompit-elle lorsque j'essayai de la contredire, « mais c'était seulement quand il essayait que tu aies un peu de temps supplémentaire. »

J'y repensai et me rendis compte qu'elle avait presque raison. « Et quand il a commandé, » bafouillai-je en regardant mes mains. Elle ne prit pas la peine de répondre à ça, parce que nous savions toutes les deux que c'était un faible argument. Je levai les yeux vers elle. « Il est vraiment génial. Il est toujours à l'affût de ce qui est le mieux pour moi. »

« Ça ne me surprend pas du tout, ma chérie. C'est ce que les gens amoureux font. » Elle me tapota l'épaule et me sourit, les yeux brillants.

« Je suis pas... je veux dire, il n'est pas... On n'est pas amoureux Delores, » balbutiai-je, prise de court par ses paroles. « On ne se voit que depuis quelques semaines. »

« Qui a dit qu'il y avait une limite de temps en amour ? » Elle sourit à nouveau, se retourna, et se dirigea vers la cuisine, me laissant avec cette pensée.

Je m'agrippai au comptoir, ne croyant pas en ma capacité de soutenir mon propre poids. Heureusement il n'y avait personne dans la salle, alors je pouvais réfléchir à la conversation que j'avais eue avec Delores. C'était tellement loin de tout ce que j'aurais pu imaginer que je ne savais même pas par où commencer. Il n'y avait aucun moyen pour qu'elle ait raison. L'amour n'était pas quelque chose qui pouvait arriver en moins d'un mois, pas vrai ? Et ce n'était certainement pas quelque chose que quelqu'un extérieur à la situation, à la relation, devrait voir et reconnaître avant les personnes concernées.

L'histoire qu'Edward m'avait racontée se rejoua dans mon esprit. Il était amoureux d'Angela, il me l'avait dit directement. Ses mots me revinrent en tête : Avant Angela, je n'avais jamais ressenti ça pour quelqu'un, depuis elle, je n'avais plus ressenti ça pour quelqu'un, non plus. Jusqu'à toi.

Je suffoquai. Jusqu'à moi.

« Qu'est-ce qu'il y a ? On dirait que t'as vu un fantôme, » dit Delores en revenant de la cuisine avec une cafetière de café.

« Tu as raison, » murmurai-je en la regardant dans les yeux.

Elle savait exactement de quoi je parlais. « Bien sûr que j'ai raison. J'ai toujours raison. Parfois il faut juste plus de temps aux gens pour le voir. »

~ * MotHT * ~

Je savais que je ne pouvais pas parler à Edward de la petite bombe de Delores, alors quand il vint me chercher au travail ce soir-là, je m'assurer d'éviter de mettre la conversation sur l'amour sur la table. Bien sûr, nous n'en avions jamais parlé avant, alors ça ne vint pas vraiment, mais j'en étais encore assez consciente pour y prêter attention.

« J'ai appelé ma mère cet après-midi, je lui ai brièvement expliqué la situation, sans les détails importants, et elle est heureuse de te laisser vivre dans la maison d'hôtes aussi longtemps que tu en as besoin. Il y a juste un hic. »

« Lequel ? »

« Elle veut qu'on aille dîner là-bas ce soir pour parler des détails. »

« Oh. » Ce n'était pas si mauvais. « D'accord. On peut aller quelque part pour se doucher et se changer d'abord ? »

Il rit. « Bien sûr. Je nous ai déjà enregistré dans un autre motel, alors on va y aller. »

Une heure plus tard, j'étais propre et habillée convenablement pour dîner avec les parents d'Edward, et nous étions sur la route de la montagne en direction de chez eux. Je me souvenais de ma rêverie la dernière fois que nous étions ici, mais je n'allais pas la laisser me consommer cette fois. Tout ce que j'avais appris sur Edward depuis ce voyage me fit me sentir en sécurité quand j'étais avec lui. Je savais que ses paroles étaient vraies parce qu'il les suivait à la lettre. Il n'avait pas seulement dit qu'il prendrait soin de moi, il l'avait fait maintes et maintes fois. Alors je ne laissai pas cette affreuse pensée m'affectait de la façon dont elle l'avait fait auparavant.

Esmée avait préparé le dîner quand nous arrivâmes, et elle nous emmena tout de suite dans la salle à manger. Lorsque nous eûmes rempli nos assiettes, Carlisle parla en premier.

« Alors Bella, Edward nous a dit que tu aimerais vivre dans notre maison d'hôtes pendant un moment ? » Il n'avait pas l'air accusateur, juste comme s'il collectait des informations.

Je m'essuyai la bouche avec la serviette et me raclai la gorge. « Hm, oui, si ça ne vous dérange pas. Il y a certaines choses qui se passent dans mon appartement qui me mettent mal à l'aise et je me sentirai mieux en vivant ailleurs. »

« Il y a un problème avec la gestion ? » demanda Esmée en me lançant un regard inquiet.

« Non, rien de tel. » J'apaisai sa crainte qu'Edward ait aussi des problèmes, même si je n'étais pas sûre qu'il n'en ait pas. « En fait, hm, c'est mon ex-mari. » Je baissai les yeux sur mon assiette. Je savais que ce n'était que la deuxième fois que je rencontrais ces gens, mais j'avais toujours l'impression qu'en leur disant ça maintenant qu'au lieu de la semaine dernière quand nous étions venu, je leur avais menti.

« Oh. On n'avait pas réalisé que tu avais été mariée. »

« Ouais, euh, je l'ai été. On a divorcé un peu plus tôt dans l'année. »

« La seule chose qui me vient à l'esprit c'est de dire 'c'est trop triste', mais si tu as des problèmes avec lui aujourd'hui, je ne suis pas sûre que ce soit tout à fait le bon sentiment. » Son ton était doux, comme si elle essayait de m'assurer qu'elle ne portait pas de jugement.

« Non, ce n'est pas le cas » acquiesçai-je, en la regardant. Et je lui déballai mon histoire. Juste comme ça. Je ne le voulais pas, mais elle était si calme et elle semblait tellement digne de confiance que je ne pus m'en empêcher.

Tout le monde à table écouta attentivement. Quand j'eus fini, on aurait pu entendre une mouche voler.

Après un moment, Carlisle dit, « Bien sûr que tu peux rester ici, Bella. Il semblerait qu'Edward avait raison : tu ne peux pas rester dans ton appartement plus longtemps. »

« Certainement pas » confirma Esmée. « On doit te faire partir de là dès que possible. »

Edward me sourit avant de se tourner vers son père. « Je me demande si on devrait laisser ses affaires dans l'appartement pour le moment. Je ne veux pas que son ex la trouve ici, et s'il croit qu'elle vit encore là-bas, il est moins probable qu'il vienne la chercher. »

« Mais tu n'as pas dit que quelqu'un avait mis en place une caméra ? »

Edward jura. « Oui. Donc ça ne marchera pas. Il va remarquer qu'elle ne sera plus là. »

« En supposant que c'est lui qui l'a installée, » dit Carlisle. « Ce n'est pas juste d'accuser les gens. »

« Oh, c'est lui. J'en suis sûre, » sifflai-je. « Il m'a envoyé un message en disant qu'il aimait le décor quelques heures avant qu'on trouve la caméra. »

« C'est assez accablant, » reconnut-il.

Edward ricana. « C'est un euphémisme. »

Ses parents ignorèrent son commentaire. « Alors, quand veux-tu emménager ? » demanda Esmée. Elle tapota doucement ma main.

« Oh. Euh, je n'ai pas vraiment pensé à un jour spécifique. Ça vient de se produire dans les dernières vingt-quatre heures, alors c'est assez soudain. »

« C'est parfaitement normal. Fais-nous savoir quand tu seras prête et la maison d'hôtes sera à toi. »

« Mais il y a quelques autres détails que j'aimerais aborder, » dit Carlisle.

Je le regardai d'un air interrogateur.

« Premièrement, Edward nous a dit que tu voulais payer un loyer. »

« Oui. » J'étais catégorique à ce sujet, et ma réponse fut ferme.

« On respecte ça Bella et on va honorer ton désir. Cependant, on ne peut pas en bonne conscience, te faire payer le montant du loyer que tu payes pour ton appartement. »

Je clignai des yeux. « Euh, d'accord ? » Ça sortit comme une question. Je n'étais pas entièrement sûre de savoir quoi dire d'autre.

« On peut se mettre d'accord sur deux tiers de ton loyer actuel ? Je suis sûr que la maison d'hôtes est plus petite que ton appartement. »

Je fis un calcul mental rapide. Le loyer de l'appartement était de cinq cent cinquante. Deux tiers de ça se situait entre trois cent cinquante et quatre cent. Je pouvais vivre avec ça. « Oui, je suis d'accord avec ça. Merci de ne pas me traiter comme un cas de charité. C'est important pour moi que je me débrouille moi-même. »

« On comprend, chérie, » dit Esmée. « C'est très noble à toi, et on apprécie. » Elle me fit un sourire chaleureux.

« Bien. La seconde chose c'est qu'on ne veut pas que ton ex-mari te trouve ici. Je connais Lydia, et je comprends qu'elle est ta meilleure amie. Maintenant, ne le prends pas mal, parce que je n'insinue pas du tout qu'elle lui a donné ton numéro de téléphone ou ton adresse volontairement, mais je pense qu'il serait mieux que tu aies une boîte postale pour le courrier et que tu dises juste aux gens que tu restes avec nous, sans jamais donner l'adresse. » Il me regardait avec une sollicitude paternelle.

« Êtes-vous réellement en train de suggérer que je ne dise pas à mon père ou à Miss Lydia où je vais séjourner ? » Je fronçai les sourcils. Ça pourrait être un briseur de marché.

« Non, bien sûr que non, » soupira-t-il. « Je pense juste qu'il serait mieux que tu ne donnes pas le numéro de la maison jusqu'à ce que ton ex-mari soit hors d'état de nuire. Je sais que ce que je dis est loin d'être idéal, mais moins de gens savent où tu es exactement, mieux c'est. »

« Mais mon père et Miss Lydia ne sont pas juste 'des gens', » soutins-je.

Il passa une main sur son visage. « Que dirais-tu d'un compromis ? Dis-leur où tu es, donne-leur l'adresse si tu veux, mais rappelle-leur qu'ils t'envoient les courriers à ta boîte postale. Demande-leur de ne pas écrire l'adresse physique ou de ne pas garder de traces de tout ça. »

Je souris. Je pouvais supporter ce compromis. « Marché conclu. »


On comprend mieux pourquoi il tient autant à protéger Bella, pauvre Edward ça a été dur pour lui :s

Bon comme je vous l'avais dit, cette histoire est désormais en pause, donc il va falloir patienter pour la suite. Dès que j'ai des nouvelles ou une quelconque information, je vous tiens au courant ;)

J'attends vos avis avec impatience^^

Très bon week-end!

A bientôt!

Gros bisoux