INTRODUCTION

Arthur est dans son bureau à consulter des parchemins les sourcils froncés.

Des hurlements en provenance du couloir se font entendre, il se lève, ferme la porte puis retourne s'asseoir à sa table de travail.

Les hurlements continuent de plus belle, et parviennent à déconcentrer le roi malgré la porte close. ARTHUR interrompt son travail attendant qu'ils se calment, ce qui n'arrive pas. Excédé il se lève quitte la pièce et d'un pas décidé se dirige vers la source des cris : les cellules de Kaamelott.

ACTE I

Intérieur jour – Les cachots

ARTHUR et VENEC

Arthur apparait en bas de l'escalier qui débouche dans les cachots.

ARTHUR (criant)
C'est pas fini d'brayer, on vous entend d'en haut !

VENEC
He ben c'est pas trop tôt ! Une plombe que j'm'égosille.

ARTHUR
Pourquoi ça m'étonne pas de vous voir au cachot ?

VENEC
Non mais Sire croyez-moi, c'est pour moins qu'une broutille.

ARTHUR (dubitatif)
Je vous connais mon vieux, j'ai des raisons d'douter.

VENEC
Mais cette fois je vous jure, j'mérite même pas c'te peine
Je turbinais tranquille, sur mon stand au marché
Quand Bohort ordonna à la garde qu'elle m'emmène
Et pour prose illégale, pour trois jours m'a bouclé.

ARTHUR
Ah voilà donc toute l'histoire ! Défaut d'Alexandrin
Avez-vous oublié, qu'en ce jour on rimait ?

VENEC
J'étais dans le coltard… C'était tôt le matin.

ARTHUR
Je concède cependant que la peine est sévère.

VENEC
Libérez-moi alors ! Ici c'est pas très drôle.

ARTHUR
A la seule condition que vous fassiez en vers
Le discourt qui tantôt vous a valu la geôle.

VENEC
Et je s'rai libéré ?

(ARTHUR opine du chef)

Ca roule, on est parti :
Approchez brave gens ! J'ai tous ce qu'il vous faut
Pour alléger vos peines, et rendre plus belle vos vie
En soulageant vos bras, les muscles de votre dos :
De magnifiques gars des belles îles Éoliennes,
De solides chinois, de dociles irlandaises
Ils aideront madame dans ses tâches quotidiennes
Et monsieur dans les champs pour labourer la glaise
Pour une somme modique, une très belle affaire
Trois pièces d'or le chin'toc, pour le grec une de plus
Et pour tous les clients qui prendraient une paire
C'est pour moi, c'est cadeau, une irlandaise en sus.

ARTHUR
Vous voilà donc poète et comme promis gracié.

(Un gargouillis provenant de l'estomac d'Arthur se fait entendre)

Mais c'est qu'il se fait faim. Il faut que je filoche
Avec toute cette histoire j'ai sauté mon goûter
Karadoc m'a promis de faire une brioche.

(Arthur toune les talons en direction de l'escalier)

VENEC
Hé Sire ! Me laissez pas !

ARTHUR
Où ai-je donc la tête :

(solennel)

Pour commerce d'esclave, et là je suis clément
Trois semaines à croupir au fond d'une oubliette
Vous feront réfléchir.

(ARTHUR tourne les talons une nouvelle fois et s'empare de la torche laissant VENEC dans le noir total)

NOIR

VENEC
Rev'nez ! C'est pas marrant !