Bonjour à toutes !

Et voilà, nous y sommes : L'épilogue !

Pour une fois, pas de bavardage ! En théorie, je n'ai oublié personne et je vous ai toutes répondu personnellement !

Je vous laisse le découvrir et on se retrouve en bas ! ;-)

Pour celles que ça tente, il y a un petit conseil musical au milieu du chapitre ! Je trouve que ça leur correspond plutôt bien !

Bonne lecture !


Chapitre 39 : Épilogue.

Encore et toujours ma machine à café, ma meilleure alliée depuis maintenant presque sept ans. Seule dans ma cuisine, je fixe, sans réellement le voir, le liquide noir et brûlant s'écouler dans ma tasse pour la neuvième fois de la journée. Et dire qu'il n'est que 15h00 … Je presse le bouton pour éteindre l'appareil et comme à chaque fois, je recule de quelques pas et m'appuie contre la table, les yeux dans le vide, perdue dans mes pensées, perdue dans mes souvenirs.

Sept années … Il s'en est passé des choses depuis tout ce temps … Comme tous les jours, je regarde en arrière, j'observe ce qu'a été ma vie.

Jusqu'à ce douze mars, je ne m'en sortais pas si mal. Je crois que j'étais même plutôt heureuse, du moins je pense, je ne me souviens plus très bien de ce que je ressentais à l'époque. Ma vision des choses a tellement changé depuis …

Mon boulot m'épuisait mais me passionnait, je le faisais avec cœur. J'étais fiancée, Jacob et moi venions d'acheter notre maison, nous avions des projets plein la tête et nous pensions avoir la vie devant nous. J'étais entourée, proche de ma famille, de mes amis. J'étais fière de ma vie, de ce que j'en avais fait, de ce que j'étais devenue, de ce que je construisais chaque jour.

Il avait suffit d'une nuit, d'une seconde d'inattention pour tout perdre …

Une seconde … ça paraît si peu. Provoquer la mort de trois personnes et conduire une quatrième à une lente agonie, détruire des familles, perdre l'estime, le respect et l'amour de mes proches, ne plus ressentir que du dégoût pour moi-même. Tout ça ne m'avait pris qu'une seconde …

Que dire des années qui ont suivies ?

Mon réveil à l'hôpital. Encore aujourd'hui, des frissons me parcourent lorsque j'y repense. Les bips aigus des moniteurs, la lumière aveuglante, l'air insufflé dans mes poumons, la douleur et les souvenirs. Je me souviens avoir lutté contre le respirateur, avoir arraché les fils des scopes, avoir essayé de me débattre sans que mes membres n'obéissent, avoir tenté de hurler malgré le masque. Et je me souviens de ma panique lorsqu'enfin j'ai compris.

Puis ma rééducation … Dieu que j'ai souffert durant ces longs mois ! Mais peu importe, je leur devais de toute façon, ça aurait été lâche et irrespectueux de m'apitoyer sur mon sort.

J'ai tout perdu cette nuit là. Ma famille, mes amis, ma bonne humeur, mon sourire, mon envie de vivre. Je n'ai fait que survivre depuis, parce que je n'avais pas le choix, parce que la vie m'a puni ainsi. Ce poids sur mes épaules, ma culpabilité, mes cauchemars et mes douleurs étaient ma sentence pour avoir commis cette impardonnable erreur.

Je ferme les yeux une minute, soupire et comme à chaque fois, je me relève. A quoi bon continuer ce rituel ? Pourquoi ne pas m'autoriser un répit, ne serait-ce qu'une journée, pour oublier ? Je ne reviendrai pas en arrière, je ne pourrai jamais rien changer à cette nuit. Il m'aura fallut bien du temps pour le comprendre et apprendre à vivre avec cette idée, pour ne plus me battre contre la fatalité. C'est ainsi, que je le veuille ou non, on ne m'a pas laissé le choix.

J'ai beau me sermonner intérieurement, mon esprit se rebelle, me ramène à mon passé, me force à faire le bilan. C'est devenu un reflex que je ne contrôle même pas. J'analyse, tout le temps, fais des liens, compare, observe mon évolution, ou plutôt l'évolution de ma vie.

Je suis morte une première fois, le douze mars il y a sept ans, le jour de mon anniversaire. Terrible ironie … Et il a fallut que je renaisse, que j'apprenne à marcher, que j'apprenne à vivre seule. Il m'a fallut tout recommencer. J'ai du avancer, malgré les cadavres dans mon placard. Quelle horrible expression … J'ai refait ma vie en compagnie de ces fantômes, avec ces voix qui hurlaient au monstre, avec cette fichue culpabilité, qui ronge et qui dévore l'âme. Comme si j'en avais une …

La conscience n'épargne rien, elle se fiche de vos scrupules, de votre mal-être, elle se rit des bonnes paroles comme ''tu n'y es pour rien, ce n'était qu'un accident''. Elle vous appuie sur la tête lorsque vous vous noyez, elle presse la détente si vous hésitez … Cette saloperie vous aiderait même à faire le nœud de la corde qui servirait à vous pendre ! Elle vous bouffe la vie, elle vous empêche de vivre, tout simplement.

Cette fois je me relève et me décide à bouger, emportant ma tasse de café avec moi. Le temps est plutôt beau aujourd'hui, il fait même assez chaud pour un mois de mai. Autant aller me flageller dehors ! Et pourquoi le faire de toute façon ? Rien n'y fait, rien ne change …

Ma culpabilité me joue toujours des tours, je suis toujours celle qui a ôté la vie … Je suis toujours un monstre aux yeux de ma mère, mes douleurs sont toujours là, je suis toujours cette infirmière pas franchement aimable qui bosse dans la rééducation pour tenter de trouver un semblant de rédemption, Edward est toujours en fauteuil …

Le soleil caresse ma peau et comme bien souvent, je m'assoie sur la rampe qui mène au jardin, mon mug entre les mains, les genoux repliés contre ma poitrine, toujours pensive. Aujourd'hui est un jour particulier et il faudrait être aveugle pour ne pas s'en rendre compte. Une jolie table sur la terrasse, dressée et décorée, des ballons partout, des banderoles. Un peu too much à mon goût, tout est dans l'excès, tout est très ''Alice''.

- Enfin te voilà ! Il va être l'heure d'ouvrir les cadeaux !

Quand on parle du loup … Ma belle-sœur, cette pile électrique ! Jasper et elle se sont mariés le mois dernier. Alice est agaçante au possible, toujours de bonne humeur, toujours le sourire, toujours pleine d'énergie, elle m'épuise ! Mais je l'adore … Et je n'ai jamais vu mon frère aussi heureux. Petit sourire léger de ma part, probablement pas très convaincant.

- Ça peut attendre encore quelques minutes je crois.

Elle s'installe à mes côtés et m'observe une seconde tandis que je regarde nos invités du jour à quelques mètres de nous. Elle se rapproche encore plus, me donne un petit coup d'épaule amical.

- Je donnerai tout pour connaître tes pensées !

Si tu savais Alice … Je ne la regarde pas, me contente de fixer la scène qui se déroule devant moi et, alors qu'un soupire m'échappe, je ne peux m'empêcher de sourire à nouveau. Légèrement, presque imperceptiblement, mais sincèrement cette fois.

Petit conseil musical : Luke conard, Superhero

Ma belle-famille, mon père, mon frère, Edward … Ils s'amusent, ils rient. Mon sourire s'efface et je pince mes lèvres sans réellement m'en rendre compte. Je les fixe toujours mais mes yeux se perdent dans mes souvenirs.

- Tu sais, il y a sept ans, je pensais que ma vie s'était arrêtée avec l'accident. Je me pensais condamnée, je pensais qu'il m'était interdit de sourire.

Alice m'observe maintenant, son sourire s'est effacé également. Elle m'écoute, sans un mot, avec attention, avec égard.

- Et puis Edward est entré dans ma vie … Il a tout bouleversé, tout chamboulé. J'étais censée l'aider, le remettre sur pieds. Je voulais tellement le faire remarcher ! C'était un vrai défi pour moi. Mais c'était égoïste, c'est moi que je cherchais à satisfaire. Comme si faire des miracles pouvait effacer mes erreurs du passé …

- Mais tu as fait des miracles avec lui ! Il ne sera probablement jamais champion de courses à pied mais il est capable de faire quelques pas. Et crois-moi, il n'échangerait sa vie actuelle pour rien au monde, et certainement pas pour ses jambes ! Aussi étrange que ça puisse paraître, sa chute, ta carrière, tout est lié. Vous étiez fait pour vous rencontrer, vous êtes deux âmes sœurs.

Un petit rire, discret, alors que je repense à nos débuts, à nos disputes, à nos combats. Puis notre rapprochement, lent, les liens qui se sont créés, indestructibles. Nous avons appris à nous faire confiance, à nous apprivoiser, à nous aimer, jusqu'à nous souder l'un à l'autre.

Une gorgée de café et je reprends mes confidences, me parlant presque à moi même.

- Les choses ont été difficiles pour moi. Edward a appliqué mes méthodes. Il m'a bousculé, a frappé là où ça faisait mal pour me faire réagir. Il m'a torturé pour mieux me soigner ensuite, pour m'aider à sortir la tête de l'eau. Il m'a poussé dans mes retranchements pour me forcer à voir les choses différemment. Il a détruit mes barrières pour construire quelque chose de plus beau.

Une pause, nécessaire, indispensable même, alors que je repense au jour où il m'a emmené voir ma sœur. Je me revois, accroché à cette tombe comme j'aurais voulu m'accrocher à la vie de Rosalie, la retenir pour ne pas qu'elle parte. J'ai cru mourir une seconde fois, je pensais ne jamais me relever. Revivre ça, c'était insurmontable. Puis j'avais senti ces bras forts et pourtant tremblants, j'avais senti cette étreinte paternelle et aimante, j'avais entendu la voix de mon père, j'avais partagé ces sanglots.

- Il a fait l'impossible pour moi … la vie m'a offert une seconde chance en le mettant sur mon chemin. J'ai un homme merveilleux, j'ai retrouvé une partie de ma famille et j'en ai gagné une nouvelle absolument formidable.

Un soupire de plus et mon sourire, vrai cette fois, un rire même, alors que je repense à une de nos disputes. Après mes trois semaines d'absences, lorsqu'Edward est venu s'installer chez moi, ce jour où il s'est mit en tête de détruire définitivement ma carapace. Je lui avais reproché de vouloir jouer les super-héros. Quel idiote j'ai été. Il a été bien plus que ça.

- Il m'a offert une nouvelle vie et regarde la merveille que l'on a créé ensemble !

Une merveille, c'est peu dire … Notre puce, notre ange qui fête ses trois ans aujourd'hui. Pleine de vie et d'entrain, une boule d'énergie et d'amour, un remède miracle à tous mes maux.

Finalement si, tout a changé …

Comment ne pas sourire ? Comment ne pas rire en regardant cette petite chipie mener son père par le bout du nez, faire courir ses deux grand-pères, enlacer Esmée et prendre la main de Jasper pour sauter sur Emmett afin de ''faire la bagarre'' ? Comment ne pas s'émouvoir et l'imiter en l'entendant rire aux éclats ? Comment ne pas partager ce bonheur simple et vrai ?

Je pleure encore, c'est vrai, mais les larmes de tristesse sont rares désormais, elles ont été remplacées par des larmes de joie. Il suffit d'un mot de ma fille, d'une attention, d'un petit rien … qui aurait cru que je deviendrais émotive ?

Edward m'a appris à lâcher prise, il m'a redonné confiance, m'a permis d'envisager les choses sous un autre angle. C'est étrange de regretter, d'avoir des remords, de culpabiliser pour des faits, tout en se disant qu'on aurait de toute façon pas agi autrement. Je n'aurais pas laissé mes amis partir seuls et ivres morts, je n'aurais pas laissé Rachel conduire. Peu importe ce que ma conscience dira, je n'ai assassiné personne, je n'ai commis aucun meurtre. Je suis à l'origine d'un accident, pas d'un crime. Aussi inacceptables soient-elles, les choses sont ainsi.

Je ne sais pas où j'en serais si cette tragédie n'avait pas eu lieu. Je serais peut-être mariée, j'aurais peut-être un chien, j'aurais peut-être changé de travail pour aménager mon temps afin d'élever les trois enfants que Jacob voulait. Ou peut-être nous serions nous séparés, après tout ce n'était pas l'amour parfait entre nous, nous étions loin d'être incassable. Une chose est sûre, et c'est probablement ce qui fait que l'égoïste en moi ne voudrait surtout pas qu'on lui laisse le choix de revenir en arrière ou non je n'aurais pas connu Edward et je ne serais pas aussi comblée que je le suis maintenant, dans ses bras, dans sa vie.

Aujourd'hui, aux yeux de mes proches, aux yeux de ceux que j'aime, à mes yeux, je ne suis plus celle qui a causé la mort, je suis celle qui a donné la vie.

- Je n'aurais jamais pensé que cela me serait permis de nouveau et je n'aurais jamais cru pouvoir le redire, mais je suis heureuse. C'est à ça que je pensais Alice, je suis enfin heureuse.


FIN !


Cette fois c'est réellement la fin de cette histoire ! Même si ça me fait tout drôle de dire ''au revoir'' à ces personnages, il est temps de les laisser vivre leur vie, ils l'ont bien mérité !

J'espère que cette histoire vous aura plu ! En tout cas, j'ai pris beaucoup de plaisir à l'écrire !

Je tiens à vous remercier de m'avoir suivi malgré les « pauses » plus ou moins longues parfois, merci d'avoir pris le temps de me laisser des petits messages, ici ou sur facebook, merci aux anonymes auxquels j'aurais aimé pouvoir répondre. Bref, MERCI A TOUTES !

A très vite j'espère !

Prenez soin de vous !

Emma