NA : Je suis un peu émue de terminer cette histoire. Ce fut une grande aventure qui se termine maintenant! Je souhaite donc remercier chaque personne qui a lu ou qui a commenté cette petite brindille de mon imagination! Il est parfois difficile d'imaginer qu'une idée eue alors qu'on est seule dans une chambre d'hôtel de Montréal puisse monopoliser ma vie pendant sept mois! Encore une fois merci à tous ceux qui m'ont encouragé dans cette démarche, sans l'appui de la plupart d'entre vous, je n'y serai pas parvenu! MERCI!


Conclusion

Six mois plus tard

Tapant machinalement sur le clavier de son ordinateur, ignorant le scintillement coloré des lumières de Noël qui décoraient le laboratoire, elle rédigeait un rapport sur ses dernières conclusions concernant la fin de l'enquête Banks quand Angela entra dans son bureau, l'observa quelques secondes avant de s'écraser sur son sofa.

« Tu veux quelque chose Angela? Demanda Brennan sans quitter des yeux son écran qu'elle fixait avec attention.

- Un gros cheeseburger mayo-cornichon-ailes de poulets, stipula-t-elle méritant un regard dégoûté de la part de sa meilleure amie. Quoi? Deuxième trimestre, Zach a faim! Dit-elle en pointant son ventre gonflé.

- Il est neuf heures du matin!

- Dis-lui ça à lui, dit-il en plaçant une main sur son ventre.

- T'as une autre raison de venir me déranger que de te plaindre de tes envies résultantes des changements hormonaux causés par ta grossesse?

- Tu dois venir avec moi ce soir!

- Ange! Se plaignit-elle.

- Ce gars est super! Il est beau, il est drôle, je suis certaine que tu l'aimerais beaucoup!

- Ange, non!

- Allons, Bren! Tu n'es pas sortie de ce labo depuis que tu y as remis les pieds. Tu n'as pas vu d'autres gars qu'Hodgins, les internes et ton père dans les six derniers mois et je ne te parle même pas de ton caractère!

- Je ne vois pas de quoi tu veux parler!

- Les internes ont littéralement peur de toi, Brennan. Clark, qui aurait vendu sa jambe droite pour travailler avec toi, a quitté après deux jours parce que tu le traitais comme le premier imbécile venu!

- Ils doivent développer une plus grande résistance à la critique; Zach n'a jamais eu de problèmes avec le fait que j'étais sévère avec lui.

- Brennan, excuse mon langage, mais t'as besoin de t'envoyer en l'air, dit Angela alors que Brennan tourna sa tête vers elle. Oui, je l'ai dit, Bren! Tu dois t'envoyer en l'air… et vite! Je sens la tension sexuelle en toi jusqu'ici!

- Ange, je ne sais pas quoi dire! Oui, je ressens le besoin physiologique d'avoir une relation sexuelle avec quelqu'un, mais je n'ai pas ressenti de désir pour personne depuis près de six mois maintenant. On dirait que les hommes ne sont plus attirants à mes yeux.

- Essaye les femmes alors, dit l'artiste recevant immédiatement un regard accusateur de son amie. Ok, d'accord, mauvaise idée. Bren, commença-t-elle sur un ton sympathique, s'il-te-plait, ne me dis pas que c'est encore Booth!

- Je n'ai VRAIMENT pas envie d'en parler, Ange.

- Bren, ce n'est pas sain! Tu n'es sorti avec ce mec qu'une semaine il y a presque une demi-année de ça et tu n'as pas eu de ses nouvelles depuis trois mois. Tu ne peux pas vivre comme ça! Tu ne peux pas passer ta vie à attendre que le beau brun fasse son grand retour! Tu mérites mieux que ça!

- Je t'ai dit que je n'avais pas envie d'en parler, Ange. Je serais reconnaissante que tu acceptes ce fait et que cette conversation s'achève maintenant, affirma-t-elle fermement en éteignant son ordinateur avant de se lever pour quitter son bureau.

- Ma chérie! » Appela Angela derrière elle, mais il était trop tard, le mal était déjà fait. Elle vit son amie se diriger en vitesse vers la plateforme médicolégale où elle grimpa rapidement les marches pour retrouver son interne de la semaine.

Depuis maintenant plusieurs semaines, Brennan avait été attristée par le comportement de sa meilleure amie qui ne semblait pas comprendre ce qu'elle vivait. Elle n'avait pas voulu que les choses se déroulent comme ça et c'était avec un certain sentiment d'impuissance qu'elle repensait aux six mois pénibles qu'elle venait de passer.

Après cette douloureuse conversation avec Booth où il lui avait annoncé son départ imminent, ils avaient passé près de deux semaines pour le mieux inconfortables à l'hôpital où elle avait tenté de profiter au maximum du temps restreint qui lui restait auprès de lui. Lorsqu'il eut enfin son congé, elle l'avait même accompagné jusqu'à son appartement et l'avait aidé à faire ses bagages.

Ils s'étaient calmement séparés quand un taxi s'était arrêté devant eux devant amener Booth à la gare. Elle s'était avancée vers lui et sans ajouter un mot de plus – ce n'était pas nécessaire après tout ce qu'il lui avait promis – il la prit dans ses bras.

« Tu vas m'écrire, hein? Lui demanda-t-elle d'un ton qu'elle espérait ne pas trop être désespéré.

- Tous les jours », lui avait-il répondu.

Son premier courriel arriva comme promis le lendemain. Il lui y annonçait que son grand-père était, comme la majorité des gens de cet âge, peu familier avec la technologie et qu'il n'avait pas accès à un ordinateur à domicile. Il lui avait cependant garanti qu'il inclurait dans sa routine quotidienne une promenade jusqu'au café Internet du coin.

Il tint son engagement plus d'une semaine, mais un jour, après un orage plutôt prononcé dans la région, il avait omis de lui répondre. Il lui avait dit que cela n'arriverait plus; il n'avait pu être davantage en tord.

Tranquillement, ses messages se faisaient de plus en plus rares. Ils se distanciaient d'un jour, puis de deux. À un moment donné, elle dut attendre plus d'une semaine entre deux courriers. C'est à ce moment qu'elle avait compris qu'il perdait peu à peu son intérêt pour elle. Puis un matin, trois mois plus tôt, elle ouvrit son ordinateur et vit son nom percer l'écran.

Ma très, très chère Bones,

Je ne peux pas t'expliquer pourquoi, mais je devrai arrêter de t'écrire pour quelques temps. Ne crains rien. Je suis ni en danger de mort, ni en détresse. J'ai simplement décidé d'opter pour une nouvelle direction dans ma vie et je dois me retirer quelques temps pour ce faire.

Tel que je te l'avais promis au printemps, je te promets que je te reviendrai. Je n'ai jamais, dans ma vie, brisé volontairement une promesse importante. Je ne commencerai certainement pas avec celle que je t'ai faite. Je sais que nous ne nous sommes pas vus depuis très longtemps et que tu dois perdre lentement ta foi en moi. Je sais que mes courriels se font de plus en plus rares et que tu dois t'imaginer que je ne pense plus à toi.

Sache, ma belle Bones, que tu es tout ce qui hante mes pensées. Chaque minute de chaque heure de chaque jour, je pense à toi. Je t'avais quittée pour m'éloigner et voilà que tu es constamment auprès de moi. Tu me suis pendant mon jogging quotidien me poussant à aller un peu plus loin chaque jour alors que chaque pas est plus douloureux que le précédent. Je te sens à mes côtés pendant mes repas, mes prières, mes réflexions. Tu m'accompagnes dans ces froides nuits solitaires où ma solitude et mon angoisse me gardent éveillé jusqu'aux petites heures du matin. Tu me couvres de ta chaleur et envahis mes rêves les plus fantasmagoriques. Je sens le poids de ta présence dans toutes les décisions que je prends; même celle qui me force aujourd'hui à te dire au revoir.

Serait-ce trop te demander de m'attendre? As-tu la patience de garder la foi en moi le temps que je sois prêt à revenir à toi? Ai-je le droit de te demander un tel sacrifice simplement pour m'assurer que tu sois à moi à mon retour? Puis-je vraiment penser que tu puisses mettre ta vie en touche le temps que je répare la mienne?

Je ne te demanderai pas tout ça, j'en n'ai pas le droit. Je souhaite toutefois, du plus profond de moi-même, que tu n'oublies pas que je vais revenir à toi. C'est certain! Je ne sais pas si tu seras toujours disponible pour moi, Bones, mais je vais tout faire pour te revenir. C'est ma promesse.

À toi pour toujours, je t'aime.

Booth

C'était il y a trois mois. Lorsqu'elle avait lu ce courrier, elle avait pleuré des heures durant, croyant fermement que son histoire avec lui était terminée. Elle lui en avait voulu de lui faire vivre de si fortes émotions pour la laisser tomber par la suite.

Elle avait ensuite relu la lettre. Elle en avait analysé chaque mot, chaque syllabe, chaque lettre. Elle en avait cherché le sous-texte, le sens caché, le sens figuré, mais se souvint ensuite qu'il s'agissait de Booth. Cet homme ne faisait pas de sous-texte : il lui disait ce qu'il ressentait point-barre et s'il lui avait promis qu'il allait lui revenir, c'est qu'il allait un jour revenir. Quand? Elle l'ignorait, mais elle savait que chaque jour qui passait le rapprochait un peu plus de lui.

Elle avait gardé secret de ce dernier message. Personne ne savait ce que cette lettre contenait, mais tous, un peu curieux des développements de l'affaire, s'étaient informé de l'état de leur relation. Angela avait été la moins discrète, l'encourageant chaque jour à lui en dire un peu plus sur leurs communications. Elle lui avait finalement supplié d'arrêter ses interrogatoires, que Booth ne lui écrirait plus, que tout était terminé.

C'était pour cette raison que la conversation de la matinée lui avait fait autant de mal. Sans le savoir, son amie agissait comme l'éteignoir de sa flamme pour Booth. Une flamme d'espoir qui rapetissait un peu plus chaque jour.

S'éloignant de son bureau, alors qu'elle entendait le signal sonore du lecteur de sa carte de sécurité au pas de la plateforme, elle tentait de calmer son cœur qui battait la chamade. Une boule s'était formée dans sa gorge et cherchant à limiter les signes visibles de sa détresse, elle fit ce qu'elle avait fait durant ces trois derniers mois, elle mit sa tristesse dans une boîte et l'enterra très profondément en elle afin de l'oublier quelques heures et de se concentrer sur cadavre qu'on venait de sortir des limbes.

« Qu'avez-vous trouvé M. Nigel-Murray?

- Dr Brennan! Sursauta le jeune stagiaire, toujours un peu nerveux à l'arrivée de son sévère mentor, euhm… la victime était un mâle, caucasien, mi-trentain à début quarantaine, forte stature. Selon les marques sur les ossements, je dirais qu'il était un soldat ou un militaire quelconque. Je… dit-il en levant son regard vers son professeur qui avait les yeux de plus en plus rouges en entendant la description de la victime. Est-ce que tout va bien, Dr. Brennan?

- Je vais bien, M. Nigel-Murray, affirma-t-elle en reniflant. Vous pouvez continuer.

- Il n'est pas nécessaire d'être triste pour la victime, vous savez, tenta-t-il. Il a vécu à l'époque de la guerre d'Indépendance. Il n'a probablement plus beaucoup de famille qui s'inquiète pour lui.

- Vos trouvailles, M. Nigel-Murray, insista-t-elle.

- L'examen des isotopes démontre qu'il venait de la Virginie, j'attends des résultats plus précis pour vous donner des détails sur la région exacte d'où il provenait… Vous savez, l'être humain est la seule espèce qui pleure parce qu'elle est triste. Les évolutionnistes croient que c'est en raison de notre sociabilité que…

- Je suis le meilleur anthropologue de ce pays, M. Nigel-Murry, je suis au courant de ce fait.

- Étiez-vous aussi au courant que si vous cliquiez sur le premier lien de chaque page du site anglophone de Wikipédia, on finit toujours par arriver à la page de la philosophie? Par exemple, le premier lien de votre page est PhD, ensuite c'est Doctor et ensuite, agentive ending, puis english language, England, country, political geography, human, geography, geography, sciences, latin, italic language, indo-european, langage family, … »

Et comme si l'Univers avait voulu mettre fin à son calvaire, c'est à ce moment précis qu'elle vit Cam grimper d'un air furieux les marches de la plateforme.

« Dieu merci! Avait-elle laissé sortir contre sa volonté.

- Pardon! Demanda Cam.

- Rien, désolé.

- J'ai une mauvaise nouvelle. Je viens de recevoir un courriel du FBI; Shaw vient d'être promue à de nouvelles fonctions.

- Quoi?

- Apparemment, une demande a été faite pour qu'on la place dans un autre secteur des crimes majeurs.

- Oh! C'est dommage, dit Brennan. J'appréciais beaucoup son travail! Elle était compétente, discrète et ne faisait pas de commentaires désobligeants à propos de notre travail. Savez-vous qui sera le prochain agent qui agira comme liaison officielle avec notre équipe?

- Non, le courriel ne le mentionnait pas, mais je suis certaine qu'on en aura des nouvelles bientôt.

- Je suis quand même attristée par ce départ. L'agent Shaw était une excellente et très enthousiaste investigatrice, elle manquera beaucoup à l'équipe j'en suis certaine!

- Espérons simplement que le prochain agent sera aussi compatissant! »


La nuit avait tranquillement remplacé le jour et le laboratoire s'était progressivement déserté de tous ses employés. Alors que la fatigue commençait à envahir son corps et que l'état d'éveil devenait peu à peu difficile à maintenir, elle comprit qu'il était temps de retourner chez elle, s'arrêtant d'abord au bureau de Cam pour lui annoncer son départ.

« Cam, si vous me cherchez, je serai chez moi.

- Tout va bien? Vous quittez beaucoup plus tard que ça habituellement

- Il me semble difficile de trouver l'énergie nécessaire pour continuer ultérieurement ma journée. Je vais donc me reposer un peu à la maison. J'espère que ça ne vous occasionne aucun ennui.

- Oh! Croyez-moi, Dr Brennan, je suis très contente que vous quittiez enfin ce labo. J'ai l'impression que vous n'êtes pas sortie d'ici depuis plusieurs semaines. Allez, il n'est que 19 heures. Profitez de votre soirée un peu!

- D'accord, merci Camille, sourit-elle avant de tourner les talons de sortir du bureau.

- Brennan! L'arrêta son amie.

- Quoi? Elle se retourna.

- Laissez-lui un peu de temps. Je connais Booth depuis qu'il était étudiant. Il n'a jamais fait une promesse qu'il n'a pas tenue ».

Elle ne dit mot. Les yeux rivés au plancher, elle hocha la tête d'un air triste et se retourna à nouveau pour se rendre à son bureau. Ses affaires et son nouvel appartement l'attendaient.

Aussitôt entrée, elle empoigna sa mallette qu'elle plaça sur son bureau afin de prendre avec elle les documents importants qu'elle aurait peut-être besoin à la maison si une idée de génie lui venait en tête.

Soudainement, alors que dos à la porte, elle enfournait machinalement de la paperasse dans son sac, l'air dans son bureau changea. Elle ne savait comment, mais un parfum familier avait envahi la pièce. Elle ferma les yeux et prit une grande inspiration. Sentant ses souvenirs l'envelopper, elle se laissait bercer par ces doux effluves, par ces chaleureuses réminiscences de Booth.

« Dr Tempérance Brennan qui part tôt du boulot, ce doit être une première », entendit-elle derrière elle. Cette voix, elle l'aurait reconnue entre mille. Son ton était léger, humoristique. Elle ferma les yeux et tenta de se convaincre que ce n'était pas un rêve. Elle se retourna et, dans la lumière tamisée du laboratoire, se tenait dans le cadre de sa porte celui qu'elle attendait depuis maintenant six mois la regardant l'œil brillant et un sourire coquin aux lèvres.

« Le monde doit vraiment être un endroit sûr si tu peux te permettre de partir tôt du boulot.

- Qu'est-ce que tu fais là? Demanda-t-elle

- Je t'avais dit que je reviendrais! Je suis là!

- T'es là?

- En chair et en os! Pour aussi longtemps que tu me voudras.

- T'es vraiment là?

- Apparemment, le FBI cherchait un nouvel agent spécial pour les relations avec l'Institut.

- FBI?

- Agent Spécial Seeley Booth, dit-il en lui sortant son badge.

- Tu es retourné au FBI, affirma-t-elle en caressant la médaille dorée que lui tendait son ancien amant. C'est ce que tu faisais ces derniers mois?

- Je n'avais pas passé deux jours à Philadelphie que je voulais revenir. Tu me manquais tellement, Bones, tu n'as pas idée. Mais je devais finir ma démarche. Peu à peu, je me suis rendu compte que les seuls moments de ma vie où j'avais été heureux s'étaient passés avec le FBI ou avec toi. J'ai donc décidé de reprendre du service.

- Tu peux reprendre ton ancien boulot comme ça?

- Non! Sourit-il. Même si le FBI et Caroline voulaient à nouveau m'avoir, avec ce qui est arrivé pendant l'enquête de Kent, je ne pouvais pas revenir comme ça. J'ai dû aller suivre un petit stage de mise à niveau à Quantico.

- C'est là où tu étais depuis trois mois?

- Je ne pouvais pas entrer en contact avec personne. Pas ma famille, pas mes amis, même pas toi! C'est ce qui a été le plus difficile. Tous les jours, je voulais te faire part de ce que je vivais, des découvertes que j'avais faites et des nouvelles techniques que j'avais apprises. Après trois mois, ils m'ont jugé assez compétent pour revenir et j'ai immédiatement sauté sur le poste de liaison officielle de l'Institut Jefferson!

- Tu veux dire que…

- Nous sommes partenaires, maintenant, Bones! Ça, c'est si tu veux bien de moi!

- Booth… t'es vraiment là », répéta-t-elle en se jetant dans ses bras.


Le lendemain matin

Boîte de beignets sous le bras, café à la main, elle frappait frénétiquement contre la porte de l'appartement de sa meilleure amie espérant désespérément se faire pardonner pour la peine qu'elle lui avait causé la veille. Après leur querelle de la matinée, Brennan ne lui avait plus adressé la parole et elle, qui avait prévue une soirée extraordinaire avec son amie et son mari, s'était retrouvée à ruminer seule dans son coin pendant que son époux tentait de lui faire comprendre que ses paroles avaient peut-être pu être déplacées.

Ainsi, désirant sincèrement se faire pardonner par son amie, elle venait, branche d'olivier à la main, ou plutôt boîte de beignets au bras, lui offrir ses plus authentiques excuses.

« Brennan, je sais que tu es là! J'ai vu ta voiture dans ton stationnement et ton concierge m'a dit que tu n'avais pas quitté à pied. Bren, je suis désolé, continuait-elle à travers la porte. Bren…! »

Il prit encore quelques secondes avant qu'elle n'entende une réponse de l'autre côté. L'entrouvrant, seul le visage de sa meilleure amie se fit voir.

« Oh, génial, Bren. Je suis tellement désolée pour hier. Je ne voulais pas te faire pleurer, c'est juste que tu avais l'air si triste que j'espérais que tu puisses te détendre un peu.

- Ange. C'est vraiment pas le bon moment, avait-elle dit d'un ton neutre.

- Qu'est-ce que tu veux dire, le bon moment? Demanda-t-elle en poussant la porte que Brennan avait tenté de garder fermée. Va t'habiller, Bren, on va faire les boutiques. Ça va te faire du bien! Affirma-t-elle en ignorant le regard illuminé de son amie et son rire radieux. Ne me dis pas que tu as du boulot parce que toi et moi savons très bien que c'est faux.

- Ange…

- Et qu'est-ce que tu fais en robe de chambre à cette heure de toute façon!

- Ange…

- Ne dis rien! Je sais que ce que j'ai dit hier peut être paru brusque, Bren, mais crois-moi, c'était pour ton bien. Je n'en pouvais plus de te voir te morfondre en attendant que le prince des promesses perdues revienne faire son tour dans ta vie, commença-t-elle en entendant un bruit de pas derrière elle. Oh! Mon Dieu, fit-elle en se retournant pour apercevoir Booth vêtu de simple boxer debout dans le corridor menant à la chambre de Brennan.

- Salut Angela », sourit Booth en s'approchant de Brennan pour lui donner un baiser sur la joue avant de se rendre à la cuisine pour se verser un verre de jus d'orange.

La bouche grande ouverte comme une carpe, elle observa enfin le sourire heureux de son amie et ses yeux rayonnant le bonheur qu'elle n'avait jamais eu auparavant.

« Salut Booth.

- Tu veux rester déjeuner? Dit-il en mangeant quelques raisins que Brennan avait laissé à sa vue.

- Euh… dit-elle embarrassée.

- Oui, continua Brennan. On avait envie de recevoir quelques personnes pour fêter notre nouvelle cohabitation.

- Co… co… quoi?

- Eh bien, Booth m'expliquait, hier, qu'il vivait à l'hôtel en attendant de trouver un endroit plus adéquat pour habiter. Je lui ai donc suggéré de venir s'installer avec moi.

- Euh… Bren, est-ce que je peux te parler en privé quelques secondes?

- Oui. Bien sûr, dit-elle en se laissant traîner de l'autre côté de la porte recevant un petit sourire de Booth et un clin d'œil au passage. Ce genre de réaction avait été anticipée.

- Bren, dit-elle finalement alors qu'elle fermait la porte. C'est de la folie!

- Ange. Je n'ai jamais été plus certaine de quelque chose dans ma vie!

- Mais ça ne fait même 24 heures que tu l'as revu, vous ne pouvez pas habiter ensemble immédiatement.

- Ange, je te le dis! Je le sais, dit-elle. Je le sais! C'est lui. Nous savons que tout ne sera pas facile, mais mis à part toi, il est la personne sur Terre qui me connaît le mieux et il peut dire la même chose de moi. Ces derniers mois sans lui ont été une véritable torture. Tu m'as dit une fois que l'amour c'est quand on ne peut imaginer notre vie sans une personne et qu'il nous manque dès qu'il n'est plus près de nous. C'est exactement ce que je ressens pour lui, Ange. Je l'aime! Dit-elle un sourire fendu jusqu'aux oreilles et des larmes joyeuses dans ses yeux.

- Oh Brenn! Souffla-t-elle en prenant sa meilleure amie dans ses bras. C'est vrai? C'est vraiment ce que tu ressens pour lui? Brennan hocha la tête, des larmes de joie s'échappant de ses yeux. Je suis tellement contente pour toi, Bren! Si tu savais combien je suis heureuse!

- Tu entres? Notre invitation tient toujours.

- Non, je vais retourner chez moi et vous laisser en tête à tête. Je suis tellement heureuse pour toi, Brenn! Tu as trouvé ton Hodgins! » Rit-elle en pénétrant dans le condo de Brennan.

Booth qui s'était installé sur le comptoir pour boire son jus d'orange et lire le journal du jour leva les yeux sur Angela qui, souriant, prit son sac à main et s'approcha de lui pour déposer un baiser sur sa joue.

« Je vous souhaite beaucoup de bonheur à tous les deux, gloussa-t-elle avant de se diriger vers la sortie.

- Angela, dit-il la forçant à se tourner vers lui. Merci, sourit-il alors qu'Angela câlina pour la dernière fois son amie avant de sortir de la pièce. Alors, Bones, qu'est-ce que tu avais de prévu pour aujourd'hui? »

Elle ne dit pas mot, défaisant le nœud de sa robe de chambre, le laissant apercevoir sa peau crémeuse se dévoiler devant lui, elle se dirigea vers sa chambre, un sourire taquin au visage. Comprenant immédiatement ce qui se passait, il laissa tomber son jus et son journal et courut jusqu'à elle pour la prendre dans ses bras et la déposer sur le lit, tous les deux riant à gorge déployée.

Alors qu'ils faisaient l'amour, tous les deux riaient l'éternité de joies qu'ils étaient en train de se construire. Le peu qu'ils savaient, par contre, était que neuf mois plus tard, leur bonheur se vivrait à trois.

Fin.

NA : Il est difficile de m'imaginer voir cette histoire se terminer. Malheureusement pour moi (peut-être heureusement pour vous, ce n'est pas à moi d'en décider), j'ai l'imagination un peu trop débordante et j'ai déjà entamé la rédaction d'une nouvelle histoire à long terme qui s'appelle pour l'instant Northwest Avenue. Ce sera plus ou moins un autre univers alternatif où, cette fois, c'est Brennan qui a vécu un événement dans son passé qui aurait changé drastiquement son avenir. Peut-être sera-t-elle publiée dans les prochaines semaines, qui sait? Aussi, pour fêter la conclusion de cette histoire, j'ai prévu écrire un petit OS musical qui devrait être publié cette semaine et qui s'appellera Sans cri ni haine.

Je voulais encore une fois remercier chacun d'entre vous pour tout votre appui! MERCI!