.

CHAPITRE XVI

.

.

.

Le Queen Eméraldas entamait déjà son entrée dans l'atmosphère de Rubis, quand ils regagnèrent le poste de commandement

Eméraldas (qui commençait à ne plus sentir ses jambes) se laissa tomber dans son siège de capitaine, avant d'aborder avec Dillinger le sujet sensible des traîtres, en lui révélant ce dont elle avait préféré éviter de parler devant témoin : la véritable nature des agresseurs de Phénicia.

Le colonel eu un sourire amère.

- Je me doutais bien qu'il y avait forcément des "jaunes" parmi nous... Tous ces végiens et ces femmes que vous appelez des "sylvidres", n'ont pas pu surgir du néant, comme des diables de leurs boites, sans aide...Mais je ne me serais tout de même pas attendu à ce que certains de mes hommes, se comportent de façon aussi lâche!

Il revient au plus urgent, en soumettant la pirate à un feu roulant de questions sur la nature et l'origine des nouveaux alliées de Véga. Questions auxquelles elle répondit en faisant afficher sur les écrans, l'ensemble des informations que les SSX avaient pu glaner sur le sujet.
Pendant près d'une heure l'officier s'efforça de combler ses lacunes sur ces sylvidres, dont il ignorait encore l'existence, quelque heures plus tôt.

Il ne consentit à se détourner des écrans, qu'en entendant l'ordinateur demander la permission d'atterrir : l'astroport de la capitale Rubinienne était visible a travers les deux baies vitrées ovales de la passerelle.
Il se tourna vers la maîtresse du bord, mais ce fut pour constater que, ce que les végiens et les sylvidre n'avaient pu réussir, la fatigue y était parvenu : terrassé par cette dernière, Eméraldas s'était endormie.

.

.

Au dehors, le vaisseau pirate se fit bientôt rejoindre et encadrer par des navettes (1) des forces armées de Rubis.

Il n'y avait toutefois, aucun sous entendu hostile, envers les euphoriens, dans la présence de cette escorte...bien au contraire.
La nouvelle de l'attaque d'Euphor, et plus encore la réapparition des forces de véga, avait fait l'effet d'une bombe et déclencher un véritable branle-bas de combat, sur l'ensemble de la planète.
Sur l'astroport même, des milliers de Rubiniens guettaient l'arrivée du Queen Eméraldas, suite aux premières rumeurs sur son évasion mouvementée d'Euphor, pour avoir la confirmation de la réalité d'une guerre qui venait de se déclencher, presque à leur porte.

Cette confirmation, il la leur apporta de visu, en exhibant ses "cicatrices"!
La coque du vaillant vaisseau était constellé d'impacts et de traînées noirs.
Son blindage était noirci, bosselé et en partie arraché sur une large zone, autour de la dérive inférieur.
Cette dernière était elle-même éventrée sur presque un quart de sa surface, sur le coté droit.
Une autre brèche, énorme et béante, était visible sur le flanc gauche du fuselage, à mi longueur.

En voyant tout ces dégâts, nombreux était ceux qui se demandaient comment ce vaisseau faisait pour arriver à tenir encore en l'air.
Et pourtant, à leur grande surprise, le Queen Eméraldas fit un atterrissage impeccable sur le tarmac, qui bordait la grande piste rectangulaire..

.

.

A peine le vaisseau posé, une trentaine de robots sortirent des écoutilles et se répandirent comme des fourmis sur la surface de la coque.
Agrippés aux parois par l'intermédiaire de leurs chenilles magnétiques, ces infatigables ouvriers s'activèrent à démonter les plaques de blindage endommagé ainsi que toutes autres parties du revêtement ayant souffert des combats.
De leur coté les Euphoriens avaient commencé à débarquer leurs blessés au pied du vaisseau, où des ambulances les attendaient.

Avant de les y rejoindre, Dillinger confia à Sark la tâche de porter Eméraldas jusqu'à sa cabine.

- Je vous la confie caporal.. mais n'oubliez pas que nous lui devons tous la vie, alors traitez-la avec autant d'égards que s'il s'agissait d'une princesse de sang royal! sur cette dernière parole, il planta la son sous-officier en quittant le poste en compagnie du reste de ses soldats.

Resté seul en compagnie de la femme capitaine, toujours endormie dans son siège, le jeune homme bredouilla :

- La ramener dans sa cabine, je veux bien! Encore faudrait il que je sache où elle crèche...!

Il prit Eméraldas dans ses bras et commença à déambuler dans le dédale de coursives et d'escaliers, de l'immense vaisseau.
Heureusement pour lui, l'ordinateur central lui envoya de l'aide, sous la forme d'un robot technicien, couvert de crasse, qui vint se mettre à sa disposition pour lui servir de guide.

.

.

L'euphorien emboîta la "chenille" de la "boite de conserve", avec toujours la Râmetalienne, dans ses bras, et quelques minutes plus tard, l'étrange équipage pénétrait dans la cabine de cette dernière.

Sark resta pendant un instant interdit devant le luxe , certes discret, mais bien réel, de la grande salle qui s'offrait à ses yeux.

Le sol était couvert d'une épaisse moquette rouge, les plafonds et les murs étaient blancs et agrémentés de quelques tableaux et cadres à photos. Le mobilier se composait d'une dizaine de bibliothèques, vitrines et vaisseliers en bois précieux. Sur l'un des cotés de la pièce, une grande table rectangulaire en chêne du coté salle, huit sièges en bois, cuir et métal montés sur pivot. Et du coté mur : une grande banquette recouverte de cuir brun.

Le sous-officier se ressaisit et rejoignis le robot, qui ne l'avait pas attendu pour s'engouffrer à travers une porte ouverte, sur le coté gauche.
Derrière, une chambre... à peine moins vaste que la pièce précédente et au milieu duquel, trônait un grand lit en bois. Sur l'un des côtés se côtoyaient un bureau et un grand râtelier avec fusils, pistolets, sabres et épées divers. Au-dessus du burreau, un grand écran y était encastré; à l'opposé une grande penderie, y occupait toute la largeur du mur.

.

Sark déposa délicatement Eméraldas sur le lit et lui retira les ceinturons de ses armes (qu'il rangea dans le râtelier), ses bottes et sa cape avec laquelle il l'en recouvrit

- Dormez bien, capitaine! et merci pour tout.. murmura le jeune euphorien.

Il se leva et se dirigea vers la porte.
Juste avant d'éteindre la lumière, et de quitter la chambre, il se retourna une dernière fois pour ajouter sur un ton, où perçait la tristesse :

- ...en espérant qu'il ne soit pas déjà trop tard, et que vous n'ayiez pas risqué votre vie, et votre vaisseau en vain!

.

A suivre avec "Le prince et le pirate 2 : Aigle & corneille".
(dans la section Crossover : Captain Harlock & UFO Robo Grendizer).

.


(1) la aussi, ex-Véga.

.

Un grand merci : à Marie (alias "Bibi" & "Iloveharloc"), la coauteuse de cette histoire ; à nos deux correcteurs : mon frère Thomas et ma soeur Camille ; à Esis pour m'avoir dépanné à plusieurs reprises, avec sa précieuse connaissance de l'univers de Matsumoto et pour finir, à Aerandir Linaewen, pour m'avoir appris comment remettre en forme un texte dont la présentation avait été chamboulé par le ffnet.

Par ailleurs cette histoire est largement inspirée de la fanfiction : "Nouvelle-lumière", écrite par HydraGundam:

Les personnages de Kolos, Gilbert et Alexandre Balsamo, Dillinger, Achéron (1), Sark et Aphélia, ont été inventés par les auteurs... Les autres appartiennent à Go Nagai et à Leiji Matsumoto

Deux petits cas particulier, avec deux personnages qui étaient sans nom, dans Albator 78 : la syvidre boutonneuse (2), à qui j'ai attribuer celui d'"Avanère" (en allusion au personnage d'Ayvanère, dans la fantic "Alderan" de "Bibi") et la syvidre à la toque (3) à qui j'ai attribuer celui de Golon.

(1) Qui n'est pas le même que celui qui apparaît dans les épisodes n° 51, 52 et 53, de la série tv de Goldorak.
(2) Albator 78, ep.32.
(3) Albator 78, ep.24