Un grand merci à:

- Iloveharloc : la coautrice, corédactrice et correctrice de la présente fic.
- Ma mère yvette; mon frère Thomas et mes soeurs Camille & Jeanne, qui ont fait un travaille de correction complémentaire, tout en me soufflant des idées.
- SWEETCANDY37 : pour avoir traquée et relevée, de façon extrèmement minutieuse, tout les petites fautes qui avaient échappée aux relectures.
- Aerandir Linaewen : pour m'avoir appris comment remettre en forme un texte dont la présentation avait été chamboulé au moment de la mise ligne, ainsi que pour ses précieux conseils et ses petits trucs, sur la façon de construire des decriptifs et des dialogues.
- Esis : Qui m'a dépanné à plusieurs reprises, avec sa précieuse connaissance de l'univers de Matsumoto.

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Le Prince et le Pirate

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Tome 2 : Aigle & Corneille

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CHAPITRE I

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Dans le ciel d'Euphor à bord du Grand Stratéguerre, le navire de commandement des forces de Véga.
De la passerelle circulaire installé au sommet de la tour du gros vaisseau cylindrique, un grand borgne observait le paysage avec une grande jubilation.
La phase initiale du plan d'invasion de la planète s'était déroulée globalement comme prévu.
Tous les points stratégiques d'Euphor étaient tombés entre leurs mains, en moins de vingt-quatre heures et il n'y avait aucune raison pour que le reste ne suive pas, dans les délais prévus.

- Mon général!

Minos se retourna et vit son aide de camp - un dandy au physique avantageux et aux longs cheveux couleur châtain (1), les épaules recouvertes d'un manteau au revers de fourrure - le saluer bien bas et lui tendre une série de feuillets.

- Oui Colonel.
- Voilà le rapport que vous aviez demandé sur nos pertes.

L'aristocrate le parcourut rapidement et..

- Les deux golgoths et la quasi totalité des navettes de l'escadre d'invasion... au "tapis" !
- La raison en est malheureusement simple et même logique, mon général... Les sylvidres les ont envoyés directement au massacre, en les donnant en pâture au vaisseau de la "sorcière", pendant que leurs propres chasseurs se contentaient de donner la chasse aux navettes euphoriennes et de faire de l'attaque au sol.

Un rictus s'afficha sur les lèvres de Minos.

- Les garces! siffla-t-il entre ses dents... En même temps, je ne peux pas dire que cela me surprenne vraiment! J'appréhendais plus ou moins un coup fourré de ce genre de leur part... C'est d'ailleurs pour cette raison que j'avais veillé à ce que la plupart de nos Golgoths & Antéraks soient opportunément en "dérangement", juste avant l'attaque...ajouta-t-il avec un petit sourire. Bien sûr il n'était pas possible de faire "le coup de la panne" avec tous...Il fallait bien donner un hochet ou deux à Hortica!

Il se mit alors à rire...

- Mais pour les autres, cette courge a marché à fond... J'en ai eu la confirmation par un message d'Achéron, dans lequel cette poule mouillée se plaint de la soufflante qu'il s'est prise à cause de cette histoire!

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Une demi-heure plus tard, sur l'astroport d'Euphor, devant le complexe militaire.

- Tiens regarde.. Voila le "Tonneau-amiral" des végiens qui rapplique!

Midori regarda dans la direction où pointait le doigt d'Hérossa, et aperçut à son tour le vaisseau de Minos sur le point d'atterrir.

- Ah.. ça c'est notre "Albator-au-rabais" qui vient se pavaner!

Le Grand Stratéguerre se posa au plus près de l'astrogare, où l'attendait un comité d'accueil.

- Tiens c'est curieux!.. fit Midori. Je me serais plutôt attendue à ce qu'il choisisse la base militaire! D'habitude ces "encagoulés", préfèrent les décors imposants.
- Humm...Je pense que l' Halium doit y être pour quelque chose! répondit Hérossa en levant la tête vers le croiseur qui les dominait de sa taille, à quelques pas.
- Tu as certainement raison! sa présence sur le tarmac, au côté du "carrosse" de Minos, leur aurait gâché leurs photos souvenirs!
- C'est plus que probable! Tu imagines le tableau.. Le fleuron de leur flotte dominé en taille, devant public, par un croiseur sylvidre tout ce qu'il y a de plus courant...
- ... ce qui aurait été un affront pour notre généralissime! surenchérit Midori.

Les deux sylvidres se mirent à rire, c'est alors qu'elles furent interrompues par le signal d'appel du syPhone d'Hérossa.
"Au bout du fil", Hortica qui commença par demander un compte rendu sur le sauvetage en cour, des aviatrices abattues.
Après que sa subordonnée lui eut donné des nouvelles fraîches, notamment la récupération de onze de celles-ci, Hortica en vient à la raison principale de son appel :

- Hérossa! Je dois me rendre sur le Docrass (2) pour présenter mon rapport. En attendant mon éventuel retour c'est toi qui assureras l'intérim, et comme le Murem a besoin de réparation, c'est sur l' Halium que tu hisseras ta marque de commodore (3).

Après un bref salut elle coupa la communication.

Les deux sylvidres échangèrent un regard lourd de sous-entendus.

- Son "éventuel"...? Le clan de Kattan, n'a donc toujours pas enterré la hache de guerre avec ta supérieure !.?
- Hé non... Elles sont toujours à l'affût d'une occasion pour la faire passer sur le "billot"!.. Répondit Hérossa.

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De l'autre coté de la piste, Minos fut accueilli à sa descente par Kolos et ses hommes, qui lui rendirent les honneurs avant de l'accompagner dans une visite éclair des vestiges du banquet et de l'Aphélie (encore entouré de tribunes et d'estrades). Puis les végiens quittèrent à bord de véhicules l'enceinte de l'astroport en direction de la ville et du palais royal.

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Quand Actarus émergea de son inconscience, il eut pendant un bref instant, l'impression d'avoir rêvé les événements de la nuit en distinguant le plafond de sa propre chambre; mais la présence de deux soldats végiens en tenue de combat devant la porte, le ramena à la cruelle réalité : Véga était de retour sur Euphor!
Il ressentit que son bras gauche était plâtré et que son torse était recouvert de bandage.

Voyant leur prisonnier réveillé, l'un des factionnaires entrouvrit la porte et murmura quelques mots, à une tierce personne dans le couloir, avant de la refermer et de reprendre sa garde.
Le captif essaya de se redresser mais, comme sa soeur, il ressentit aussitôt de très violentes douleurs dans les cotes; mais le pire de la souffrance était dans son épaule droite, du côté de sa vieille blessure.
Résigné, il se laissa retomber sur le lit.

Quelques minutes plus tard un officier végien accompagné d'une femme en tenue médicale pénétra dans la pièce.
Le nouvel arrivant (qui n'était autre que l'adjoint de Minos) toisa le prince d'un air méprisant pendant une longue minute, avant d'aboyer un ordre à la femme en blanc.
Cette dernière, une toute jeune fille rousse aux cheveux mi-longs, obtempéra et s'approcha du lit, la tête basse.

Elle sortit du sac qu'elle portait en bandoulière un tensiomètre avec lequel elle enveloppa d'un geste fébrile l'avant-bras du prince; puis, d'un geste tout aussi nerveux, elle posa un stéthoscope sur sa poitrine et fit tout une série d'auscultations précipitées.

- Alors ! jeta l'officier.

- Le prince est en état de subir un entretien, colonel...

- Dis donc toi! Quand tu t'adresses à moi, tu dit "mon colonel".. compris!.. répliqua-t-il d'un ton méprisant... C'est peut-être la pétaudière chez les "orties"! mais dans l'armée de Véga, il y a des usages à respecter! et par ailleurs, tu n'as pas besoin de faire un long discours... tu dis "il est en état"! et basta!"

Il ajouta:

- Reste à ses cotés et tiens le éveillé jusqu'à la venue du général!

Il se dirigea vers la porte, et sortit.
Pendant que la jeune sylvidre s'affairait à ranger son matériel, Actarus, lui, s'efforçait de remettre de l'ordre dans sa tête:

"Ils ne m'ont pas tué, contrairement à mes parents, il y a dix ans ?... Mieux encore, ils ont pansé mes blessures... Ce qui veut dire qu'ils ont estimé que je pouvais leur être utile... mais utile de quelle façon? Comme trophée... Ou alors comme otage ?

Le moral de notre ami remonta d'un cran..

"Si c'est cela.. c'est que tout n'est pas perdu!.. Qu'il y a encore des forces qui leur résistent!.. Phénicia a peut-être réussi à récupérer Goldorak et à contre-attaquer avec le reste de l'armée !

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- Alors prince d'Euphor! Comment se sent-on ?... Beaucoup mieux j'espère ?

Tels furent les premiers mots de Minos en pénétrant dans la chambre.

Voyant la stupeur d'Actarus, il poursuivit en ricanant :

- Et oui Prince!...Lors de notre dernière rencontre, nous avons tous les deux loupé notre coup !.. Nous étions sensés nous entre-tuer avec panache dans ce duel entre ma soucoupe et ton Goldorak... mais au final, tu t'es dérobé à tire-d'aile comme un moineau ! et moi je me suis retrouvé à barboter dans l'eau comme un canard (4) !

Comme notre ami restait muet :

- Tu ne dis rien ! Comme je te comprends... Mais si cela peut te consoler, sache que cette fois-ci, nous n'avons pas l'intention de détruire ta planète, ni même d'en exterminer ses habitants!... Euphor sera notre nouvelle patrie, et les Euphoriens... hé! hé!.. Notre main d'oeuvre !

En voyant les yeux d'Actarus devenir noirs de fureur, la jubilation de Minos monta encore d'un cran :

... et pour te remercier de nous l'avoir si bien retapée, je te promets de tout faire pour te garder en vie le plus longtemps possible !

Suivit alors une séance de photo, avec un Minos tout sourire devant le lit de son ennemi vaincu.
Une fois terminé, le généralissime prit congé de son prisonnier :

- A plus tard Prince!...

juste avant de sortir, il ajouta:

- ... et toute mes condoléances pour ta petite soeur !

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Dans la base Militaire.

Kolos dressait avec l'aide de ses soldats un inventaire du butin capturé et s'informait sur les régions encore aux mains des Euphoriens, quand il vit arriver cinq de ses hommes avec les Balsamo à leur coté, dont un sur un brancard...

- Houlà! ils sont bien amochés les frangins !... fit le "Pépiniériste" en voyant l'oeil crevé et le nez écrasé de Gilbert, ainsi que le triste moignon (à demi carbonisé) qui restait de l'avant-bras d'Alexandre, allongé inanimé sur la civière...

- Si l'on en croit ce qu'ils nous ont hoqueté, mon lieutenant ! c'est La Sorcière Rouge qui leur serait tombée dessus, au moment où ils venaient de capturer la princesse d'Euphor... lui répondit l'un des nouveaux arrivants...

A l'énoncé de ce surnom... Kolos eut un coup de sang :

- Par Lucifer ! Elle nous aura vraiment mis les bâtons dans les roues jusqu'au bout, cette rouquine !

Après avoir écrasé deux-trois fois son poing contre une armoire métallique, le végien retrouva son calme et se mit à sourire:

"Enfin, tout ça c'est du passé ! ... à l'heure qu'il est sorcière de mon coeur, ce qu'il reste de toi et de tes tifs dérivent quelque part dans le cosmos...

- Mon lieutenant ! Que faisons nous d'eux ?
- On les garde en vie! et on essaie de les rafistoler un peu... On est loin d'être en sur-effectif. Et même estropiés ces deux-là, peuvent encore se rendre utiles !

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Peu après leur départ, Kolos se rendit sur les décombres du hangar aux astronefs.
Arrivé sur place, il héla le chef de l'équipe qui déblayait les gravats

- Alors sergent, qu'est-ce qu'il y a de récupérable ?
- A part de la boulonnerie... absolument rien, mon lieutenant !.. Leurs équipes de démolition ont fait du beau travail...
- Et pour le robot ?

- Ah ! Lui non plus, on n'est pas prêts de mettre la main dessus !... Tous les accès à son hangar souterrain ont été ensevelis sous les décombres, y compris le fond de la cage de son ascenseur ... et en plus, une bonne partie des sous-sols de cette zone est en feu, à cause des citernes à carburant qui s'y trouvaient!... ajouta-t-il en désignant du doigt les volutes de fumées qui montaient de la cage béante !
.. Il n'est d'ailleurs pas impossible que Goldorak lui-même soit en train de brûler!

"La vacherie !.. rugit intérieurement Kolos. sa capture nous aurait permis d'être un peu moins dépendants des Sylvidres. Avec un robot que nous aurions pu entretenir par nous-mêmes, ici sur place, grâce à l'usine qui avait tout l'outillage nécessaire pour la fabrication des pièces de rechange...

Il pointa son regard sur les bâtiments de l'usine en question.

"...maintenant, il va nous falloir tout modifier, tout adapter, avant de pouvoir nous passer des pièces que leur base astéroïde fabrique pour nos golgoths et navettes...
... - C'est vraiment trop injuste !" hurla-t-il, à la stupeur du sergent !

Alors qu'il continuait à ruminer en silence, l'officier sentit la main de son subordonné se poser sur son épaule :

- Hummm ouaiiis.. qu'y a-t-il Kariméros !
- On nous observe mon lieutenant...! Il y a une femme planquée derrière un poteau et elle ne ressemble pas du tout à une euphorienne... Quand vous avez crié, elle a sursauté, ce qui m'a permis de la repérer... elle se trouve à une vingtaine de mètres derrière vous, légèrement sur votre droite...

- Comme c'est original..! grinça Kolos d'un ton sarcastique,... Des bonnes femmes qui ne "ressemblent-pas-du-tout-à-une-euphorienne", à la Pépinière cela va faire presque deux ans qu'on en cultive et qu'on en a plantées un peu partout, alors forcément... on ne peut plus faire trois pas sur cette planète sans tomber sur une de ces fougères à deux guibolles !
- Mais mon Lieutenant, si j'en ai déjà vu une avec toque, c'est bien la première fois que je vois une Sylvidre Blonde !

Kolos rugit! et se retourna... juste à temps pour apercevoir furtivement une silhouette vêtue d'un manteau noir et à la chevelure dorée, disparaître derrière un bosquet au delà du périmètre de la base.
Il se lança immédiatement à sa poursuite, en compagnie de Kariméros, en passant à travers une brèche du mur d'enceinte.

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Après plusieurs minutes de course effrénée entre les arbustes, les deux Végiens repérèrent à nouveau leur proie en débouchant sur une lande désolée.

- La voila ! Elle se dirige vers les bâtiments de l'ancienne manufacture!

Les soldats redoublèrent d'effort mais bien qu'ils gagnassent du terrain sur la femme en noir, ils ne parvinrent pas à la rattraper, avant qu'elle ne disparaisse entre deux hangars

- Sors ton flingue ! Je prends par la gauche !... Toi par la droite ! cria Kolos, avant de s'engouffrer à son tour entre les deux bâtiments circulaires en briques rouges.

Après avoir contourné au pas de course les deux tiers d'un hangar, notre "pépiniériste" aperçut de dos, Kariméros cavalant entre plusieurs rangées de remorques délabrées.
Au moment où il se lançait sur ses talons, Kolos entendit un claquement sec, suivi d'un hurlement de douleur.
Il déboula sur un espace dégagé entre les remorques : son subalterne y était allongé, se tordant de douleur avec les mains sur le visage! ... Mais il n'eut pas le temps de s'en soucier car dans un sifflement, il vit arriver sur lui une lanière qui lui cingla son épaule gauche.
Sous la souffrance, l'officier tituba en arrière et heurta violemment le plateau d'une remorque.

Mais il se ressaisit,et riposta en canardant au jugé, droit devant lui avec son pistolet laser.

- Aaaah..! Sale garce...! Je vais te crever !

Il se lança au hasard des allées, tirant sans discontinuer, incendiant inutilement nombre de bâches sur les remorques.
Ayant progressivement retrouvé son sang froid, le "pépiniériste" cessa ses tirs et grimpa sur le toit d'un vieux camion où il fut bien vite rejoint par Kariméros, qui arborait maintenant une large balafre sanglante sur le visage!

Les végiens finirent par repérer la femme qu'ils pourchassaient : celle-ci se dirigeait vers un grand hangar métallique ouvert à ses deux extrémités.
Sans échanger un mot, ils reprirent la traque.

Cependant, alors qu'ils s'en approchaient, ils virent sortir du hangar, un train sifflant à toute vapeur,

- ..!.? D'où il sort ce tortillard..? bredouilla Kolos, stupéfait.
- ..!.? Je sais pas!.. Jamais vu une antiquité pareille.. répondit Kariméros.

Alors que le convoi s'éloignait sur la vieille voie désaffectée, l'officier ajouta :

- En attendant cette "Corneille" a réussi à mettre les voiles...

Il aboya:

- A l'astroport... et au trot !

Alors qu'ils rebroussaient chemin au pas de course, l'officier se ravisa et ordonna à son subalterne de faire demi-tour pour aller inspecter le hangar :

- on ne sait jamais, après tout : on ne l'a pas vue embarquer!

Le sergent acquiésça et s'en retourna à la manufacture, laissant son chef continuer seul.

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Moins d'un quart heure plus tard, ce dernier déboulait sur le tarmac et Cinq minutes après il décollait à bord d'une navette!
Une fois arrivé au dessus du hangar, le pilote fit descendre son engin et commença à remonter la voie ferrée à faible hauteur!

"Ça va être vite plié... se dit Kolos, avec un petit rictus aux lèvres.. Se barrer en train!... Faut vraiment être bécasse!

Mais les minutes s'écoulaient, sans que rien n'apparaisse à l'horizon... Pas même une fumée.

"Mais c'est pas possible! on aurait déjà dû l'avoir rattrapée !

Dix minutes plus tard, la navette survolait une vallée et son viaduc ferroviaire effondré; barré par une palissade ... intacte!


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(1) Goldorak ep.56.

(2) Le Vaisseau de la reine Sylvidra

(3) contre-amiral.

(4) Goldorak ep.74

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