Salutations à tous mes lecteurs.

Voici le premier chapitre d'un cross-over entre Naruto et Le Seigneur des Anneaux.

Avant toute chose, sachez que c'est une histoire alternative, tirée d'une de mes précédentes fanfics, Un monde de sang, de larmes et de souffrances, la modification de la trame se trouvant au niveau du chapitre 49.

Bien qu'avoir lu la fic originale puisse aider, il n'est pas nécessaire de le faire. Les secrets seront révélés lentement.

Cette fiction met en scène une Sakura très différente de l'habituelle, avec ses secrets et ses fourberies. N'attendez pas qu'elle soit honnête et sincère. Après tout, un ninja, c'est un combattant de l'ombre et j'ajouterais cette maxime du roi Louis XI : "Qui ne sait pas dissimuler, ne sait pas régner"

Bonne lecture.

Disclaimer : Naruto appartient à Masashi Kishimoto, Le Seigneur des Anneaux appartient à J.R.R. Tolkien.


Chapitre 1 : Un voyage imprévu.

La pluie tombait sans discontinuer au dessus de la forêt de buildings qu'était Amegakure. Le son des gouttelettes qui martelaient les toits de zinc était un simple fond sonore auquel on ne prêtait plus attention après avoir passé quelques heures en ville. L'eau ruisselait sur chacune des façades des gratte-ciels, s'écoulant dans d'immenses gouttières drainant les eaux vers le lac qui cerclait la capitale du pays de la pluie. Les immenses projecteurs qui balayaient la ville étaient sans cesse en activité, assurant la surveillance des rues inondées dont la plupart des fenêtres étaient condamnées par de lourds rideaux de fer.

Au milieu de cette monstrueuse masse de métal amalgamé et parcouru de lignes électriques, l'on trouvait un étrange bâtiment, encore plus oppressant que le reste de cette forteresse de métal froid et impersonnel. Cette tour était vaguement semblable à un être humain et la laideur externe donnait envie à n'importe qui de faire demi-tour.

Alors que le tonnerre grondait, les violents sons des éléments en furie ne suffisaient pas à couvrir le vacarme produit par la bataille qui avait lieu sur le toit de l'usine de traitement des eaux usées.

Quatre ninjas, vêtus de capes noires ornées de nuages carmins, s'affrontaient dans une lutte à mort, luttant de toute leur forces dans cet affrontement qui déterminerait du sort du monde shinobi.

Alors que les trois derniers survivants de l'Akatsuki, c'est-à-dire Konan, Zetsu et Sakura luttaient ensemble, ils étaient en difficulté face à leur adversaire. Leur ennemi était un vétéran de l'ancien monde shinobi, qui avait des décennies d'expérience derrière lui.

Engoncé dans son armure rouge, le fier Uchiha Madara luttait comme un lion pour triompher. Le légendaire shinobi avait soigneusement mis son plan en œuvre depuis des années et ne comptait pas laisser la moindre chance à leurs adversaires. C'était lui le véritable fondateur de l'Akatsuki et il ne laisserait pas ni cette utopiste de Konan, ni cette parvenue aux cheveux roses, lui voler les fruits de son travail.

Avec une fureur indescriptible dans son regard de sang, l'homme qui trouvait tant de plaisir à combattre agita son grand éventail, générant de nouvelles bourrasques de vent.

Alors que Konan s'envolait et que Zetsu s'ancrait au sol par le biais de ses racines, Sakura concentra son chakra dans ses pieds pour résister à la tempête. Ce fut peine perdue face à la puissance que Madara mettait dans son attaque, déterminé à triompher.

La rafale envoya Sakura contre l'un des pylônes d'acier qui se dressait en arrière plan, servant de support à de multiples câbles électriques. La violence du coup fit grimacer la combattante aux cheveux roses, alors qu'elle se relevait péniblement de son violent choc contre la masse de métal.

- Tu ne t'en tireras pas, Madara ! hurla son adversaire déterminée, qui fut jadis une kunoichi fidèle à Konoha.

Un sourire naquit entre lès lèvres du centenaire, alors qu'il éloignait les nuées d'origamis de Konan.

- Tu penses pouvoir me vaincre, Haruno ? ajouta t-il avec mépris. Alors affronte le vrai pouvoir du Sharingan éternel !

Alors qu'il disait cette phrase, il saute à la gorge de Sakura et commence à l'étrangler de sa puissante poigne. En face de lui, la ninja réagit en s'entourant d'une aura plus sombre. La pupille du brun aux longs cheveux tournoya rapidement, essayant d'entraîner la combattante aux cheveux roses dans une autre dimension. Face à cette menace, Sakura répondit en utilisant Kamui, la technique de transposition. L'attaque envoyait simplement l'ennemi ailleurs, dans une autre dimension en ouvrant un portail.

Quand les deux derniers possesseurs du Sharingan se firent face, leurs pouvoirs déchirèrent le ciel. La déchirure parut flotter pendant quelques instants, avant de s'élargir pour engloutir les deux nukenin.

Konan et Zetsu, restés en arrière, car ils savaient qu'ils n'avaient pas les moyens de lutter contre cette fichue pupille, eurent juste le temps de voir un intense flash lumineux. Lorsque la luminosité redevint supportable, il ne restait qu'une sphère sombre, tandis que les deux adversaires s'effacèrent, absorbés dans une faille ouverte qui les conduirait vers un monde inconnu.

Tout ce qu'ils purent fugacement apercevoir dans ce passage, ce fut un vide noir, sans source lumière, brièvement éclairé par de pâles volutes violacés qui éclairaient faiblement le néant environnant, avant de s'estomper de nouveau.

Leur voyage dans cette stase leur sembla long, aussi pénible qu'une éternité à attendre, sans pouvoir rien faire. Alors qu'ils craignaient l'inconnu situé au-delà de cet étrange vortex, les deux combattants se séparèrent, cessant de fixer les yeux de l'autre pour s'éloigner avant d'être rapidement éjectés hors de cet espace situé au-delà des plans dimensionnels.

La jeune femme sentit poindre une violente migraine qui lui vrilla les tempes, comme si un marteau tambourinait sur son crâne. La dernière chose qu'elle vit avant de s'effondrer, ce fut un grand flou vert.

Lentement, alors qu'elle émergeait de son inconscience, ses sensations lui revinrent.

Toujours allongée sur le ventre et les yeux fermés, elle pouvait sentir l'odeur de terre humide sous son nez, ainsi que la sensation de chatouillis provoquée par les brins d'herbes encore couverts de rosée matinale. Ses mains tâtonnaient le sol, cherchant à obtenir une information, aussi minime soit-elle, sur son environnement.

Son corps lui semblait atrocement douloureux, alors elle préféra rester allongée pour calmer la douleur. Elle ouvrit timidement les yeux pour en savoir davantage sur le monde l'entourant. Si elle était dans de l'herbe humide, mais avec suffisamment de soleil pour la sécher rapidement, c'est qu'elle n'était plus à Amegakure. D'ailleurs, il n'y avait aucun pré autour du village fortifié et de son lac.

Elle essaya de se relever, mais son dos lui faisait souffrir le martyre. En même temps, sa tentative de soulever son corps avec ses bras fut toute aussi infructueuse, étant donné les multiples déchirures dans tous ses muscles.

En tant que ninja, elle connaissait de nombreuses techniques médicales et elle fit circuler un flot régulier de chakra pour irriguer tout son corps et réparer les multiples lésions internes. En attendant, elle allait devoir rester allongée dans ce pré inconnu, en espérant que personne d'hostile ne viendrait l'attaquer. Elle pourrait se défendre, mais au prix de nombreuses douleurs, ce qui n'était pas une possibilité plaisante.

Après quelques moments d'attente, ou elle perdit la notion du temps, les craquements légers de feuilles mortes piétinées, arrivèrent à son oreille. Des bruits de pas se faisaient entendre et s'avançaient vers elle. A première vue, c'était un homme assez négligé. Vêtu d'un long pantalon brun sale et d'un manteau vert à capuchon, on ne voyait de son visage qu'une barbe hirsute. Ses bottes étaient boueuses, indiquant qu'il avait au moins marché pendant plusieurs jours.

Ce qui effraya Sakura, c'est que cet homme ne devait pas être pris à la légère, comme le prouvait l'épée que cet inconnu avait à sa ceinture. Dans sa tête, elle commençait à envisager différentes hypothèses, tentant d'appréhender les motivations de l'homme. En tout cas, s'il tentait de la violer, elle n'aurait aucune pitié à lui envoyer un kunaï dans l'entrejambe. Sa main se rapprocha lentement de sa poche d'armes, tandis que l'homme s'agenouillait.

Lorsque l'inconnu retira son capuchon, la kunoichi cessa tout mouvement. L'homme qui devait avoir une quarantaine d'années avait des cheveux sombres, crasseux et désordonnés qui lui arrivaient au cou, mais ce qui rassura le plus Sakura, ce furent ses yeux profonds dans lesquels ne brillèrent aucune trace de malice.

- Allez vous bien, mademoiselle ? interrogea t-il avec inquiétude.

Sakura sentait que son corps avait partiellement récupéré de ses dommages, lui permettant de répondre par l'affirmative. Aussitôt, l'inconnu se détendit.

- Vous m'avez fait une belle peur, avoua t-il. De loin, les dessins sur votre manteau m'ont fait penser à du sang et j'ai craint que vous ne soyez blessés.

Avec fébrilité, la jeune femme se releva en acceptant la puissante poigne de l'homme aux habits boueux. Ce dernier eut l'occasion de détailler davantage l'étrange femme devant lui.

Elle avait des cheveux d'une couleur très étrange, retenus par un bandeau orné d'un symbole inconnu semblable à un escargot barré, leur longueur masquant le coté droit de son visage. Le seul œil visible était d'un vert intense, plein de vie et de vigueur. Son visage affichait une dureté inhabituelle chez une femme, mais sans se départir d'une certaine harmonie dans les traits. Le reste de son corps était masqué par ce long manteau aux dessins cramoisis, seules les extrémités de ses doigts dépassaient des manches. L'inconnue portait également de longues bottes noires avec de petits talons. Les chaussures qui moulaient la cheville et le bas de la jambe disparaissaient dans l'ombre sous le long manteau noir.

Après avoir rapidement détaillée l'inconnue, il lui demanda si elle savait toujours qui elle était et ou se rendait elle. C'était peu commun de croiser une femme si étrange, perdue dans les terres sauvages. Ses habits étonnants indiquaient qu'elle n'était pas exactement des environs.

- Je vous remercie de vous soucier de moi, répondit-elle avec politesse, mais j'aimerais bien savoir qui vous êtes.

La fin de la phrase indiquait que l'inconnue était sur la défensive, comme si elle se méfiait de quelque chose.

- Je suis un rôdeur, murmura le barbu. Ici, on m'appelle Grands-Pas.

Si cet individu semblait accepter de répondre à ses questions sans chercher à la tuer comme la nukenin qu'elle était, alors elle pouvait essayer de lui accorder un peu de confiance.

- Je me nomme Sakura Haruno, murmura la plus jeune.

- Eh bien, Dame Sakura, que faites vous seule au milieu des terres sauvages ? Les bêtes rodent la nuit et d'autres personnes auraient pu être mal intentionnées.

- Pour être honnête, avoua la ninja avec anxiété, je ne sais pas comment j'ai pu venir ici. C'est très flou dans mon esprit. La dernière chose que je me rappelle, c'était de me battre à Amegakure, mais après …

Amegakure. Ce nom ne disait absolument rien au rôdeur, qui avait pourtant baroudé aux quatre coins de la terre du milieu, jusqu'au pays de Rhûn et au désert du nord. La méfiance commença à le gagner, car apparemment, cette jeune femme ne semblait pas être à sa place ici. Rien qu'à la voir, on sentait qu'elle était étrangère à cet endroit.

- Je n'ai aucune idée d'où ce trouve cet endroit, répondit l'homme en haussant légèrement les épaules. Vous êtes quelque part dans les terres d'Eriador, au nord ouest de la Terre du Milieu.

La Terre du Milieu ? Cet endroit ne disait absolument rien à Sakura. Si seulement les ninjas étaient un peu plus versés dans l'exploration et la géographie, que dans les guerres intestines.

- L'Eriador ? Ou est-ce, par rapport aux pays élémentaires ? demanda la ninja avec une panique légère dans la voix. Vous avez sûrement entendu parler des nations shinobi ? demanda t-elle avec espoir.

- Je regrette, répondit Grands-Pas avec gravité, mais je n'ai aucune idée d'où peuvent se trouver ces terres.

Les yeux écarquillés, Sakura commença à s'inquiéter. Elle était désormais dans un endroit inconnu, loin des siens et des terres qu'elles connaissaient.

- Te voila loin de chez toi, murmura t-elle plus pour elle-même que pour l'étranger. Très, très loin.