Titre : Crows Zero II

Traductrice : AngealSword

Base : Crows Zero II

Genre : De la baston, des prises de bec et de la romance…

Disclaimer : L'histoire de cette fic, ainsi que les personnages et l'univers ne m'appartiennent absolument pas. Je ne suis que l'humble traductrice qui a été autorisé par l'auteur à traduire et publier.

Crows Zero II

Chapitre cinq

By Avalon-Shiranui

« - Oh mon dieu. » Les flammes s'élevaient haut dans le ciel, comme si l'enfer voulait saisir l'école comme une serre. Regarder ce feu qui détruisait le bâtiment petit à petit lui faisait horreur. C'était choquant en premier lieu. Ça ne pouvait pas être vrai. Pas Suzuran, l'école des Corbeaux imbattables. Ce n'était tout simplement pas possible.

Mais alors, pourquoi pleurait-elle ? Elle aurait dû s'en rendre compte plus tôt parce que ses joues étaient déjà bien mouillées, mais l'acte lui était venu si naturellement qu'il ne lui était pas venu à l'esprit de les essuyer. Les flammes prenaient de l'envergure et la fumée devint plus dense autour d'elle. Elle se pencha en avant et toussa. Pas Suzuran. Comment cela pouvait être possible ?

Puis elle vit autre chose, quelque chose au milieu des flammes. La fumée rendait sa vision difficile et elle grogna de frustration. C'était quelqu'un.

« - Sumi ! » Hana se couvrit le nez avec sa manche et s'avança vers les flammes. Approcher était presque impossible et la fumée lui irritait les yeux, la faisant pleurer et tousser. Elle pouvait sentir la chaleur des flammes alors qu'elle atteignit la jeune fille. Sumi avait une barre à la main et tentait de se frayer un chemin à l'intérieur du bâtiment. « - Sumi ! Que fais-tu ? »

« - Nous devons tous mettre dehors ! » Elle ne se tourna même pas. « - Nous devons tout mettre dehors ! »

« - Arrête, tu vas te faire tuer ! » Elle tira le bras de Sumi mais Sumi la repoussa, l'envoyant au sol. Sumi saisit plus fermement la barre, se brûlant contre le fer chaud, puis cria en l'abattant contre les débris en feu qui lui bloquaient l'accès. « - Sumi ! » Hana se releva et lui arracha la barre des mains, mais Sumi était prête à le faire à main nue. Hana lui attrapa les deux bras et la maintint alors qu'elle se débattait. « - Sumi ! Arrête ! »

« - Nous devons tout sortir ! Nous devons le sauver ! » Dieu qu'elle était forte ! Elle était peut-être une Serizawa, mais cette sorte de férocité qui l'animait ne provenait que de son délire.

Hana réussit tant bien que mal à l'éloigner du bâtiment, puis elle se plaça devant Sumi, faisant barrage de son corps. Quant Sumi tenta de retourner vers le feu, elle la gifla. La colère de Sumi se transforma alors en état de choc, mais son regard resta noir. Hana lui attrapa les épaules et la secoua. « - Ce n'est pas la peine, Sumi. »

« - Comment peux-tu dire ça ? Nous devons le sauver ! Nous pouvons… »

« - C'est juste un bâtiment, Sumi ! » Maintenant, le trouble sembla disparaitre du visage de Sumi et Hana la serra plus fort. « - C'est juste un immeuble. Et Suzuran est beaucoup plus que ça. »

Le visage de Sumi se tordit et elle fondit soudainement en larme. « - Hana. »

Mais alors la fenêtre près d'elles explosa et un rugissement de chaleur les frappa. Hana saisit les bras de Sumi et la força à se redresser. « - Allons-y ! Allez, allez ! » Ella la poussa en avant, loin du brasier et de la fumée noire. Même quand elles furent loin du feu, elle garda une prise serrée sur le poignet de Sumi et continua à l'entrainer plus loin.

Atteignant finalement la clôture, Sumi s'effondra soudainement comme un poids mort et Hana se tourna juste à temps pour l'attraper. Elles tombèrent au sol, respirant enfin l'air frais et n'ayant plus cette chaleur étouffante leur léchant le visage.

Elles regardèrent les flammes réduire tout en cendre, puis Sumi tourna la tête et sanglota contre la chemise d'Hana, tout en se serrant contre elle. « - Je peux pas y croire. » Gémit-elle dans son giron. « - Je ne peux pas croire qu'ils l'ont brûlé ! »

Hana referma ses bras autour de Sumi et la berça doucement. Elle ne savait pas quoi dire, mais alors que Sumi pleurait, elle serra les dents et pleura aussi. Sumi avait raison. Qui pourrait y croire ? Comment avaient-ils pu s'abaisser à ça ?

« - Sumi ! » Hana leva les yeux, surprise, et un groupe de garçon quittèrent le bâtiment principal de Suzuran et courut vers elles. Tamao les atteignit le premier et se laissa tomber à genoux à leurs côtés. « - Sumi ? »

Sumi se tourna vers lui et ses pleurs cessèrent instantanément. « - Tamao. » Elle le serra avec un seul bras, gardant sa main blessée contre sa poitrine.

« - Qu'est-il arrivé ? » Lui demanda-t-il.

Izaki se laissa tomber à côté d'eux et poussa Hana pour prendre Sumi. « - Es-tu blessée ? »

Hana lâcha Sumi et répondit à sa place. « - Elle s'est brûlée la main. »

« - Laisse-moi voir. » Tamao prit la main de Sumi et l'inspecta tandis que Tokio et les autres les rejoignaient.

Hana recula alors qu'ils entourèrent Sumi. Elle aurait dû se sentir comme une étrangère mais elle ne le fit pas. Oubliée comme un fantôme mais toujours là. Le bâtiment en flamme la faisait toujours pleurer, involontairement et silencieusement.

Elle aurait pu mourir. Sumi aurait pu mourir. Mais elle l'avait sauvée et la cavalerie était arrivée. Oh mon dieu. Quelque chose se passa dans son estomac, ce qu'elle supprimait jusqu'à maintenant. Son corps tremblait, et sa poitrine se soulevait. Un cri allait venir. Elle pouvait le sentir, c'était inévitable.

Regardant la destruction, elle voulut capturer ce moment. Pour l'enregistre à la pointe de son esprit et ne jamais oublier. C'était le moment le plus déterminant de sa vie et elle ne savait pas comment se sentir. Pourquoi ne savait-elle pas ? Pourquoi son corps faisait tellement d'effort pour empêchait toutes ses émotions d'éclater ?

« - Ça ne semble pas très grave. » Déclara Tamao. « - Peut-être une brûlure au premier degrés. A quoi diable pensais-tu ? »

« - Nous t'avons vu depuis le toit du lycée. » Ajouta Tokio. « - Tu aurais pu être tuée ! »

Sumi secoua la tête. « - Non, Hana… » Elle tourna frénétiquement la tête, incapable de voir autour de la masse de gars. « - Où est Hana ? Hana ! » Elle serrait la main d'Izaki mais regarda désespérément Tamao. « - Elle m'a sauvé. »

Tout le monde parlait fort maintenant mais Tamao se leva. Il poussa les gars et vit Hana debout près d'eux dans l'ombre, les bras resserrés autour d'elle et tremblante comme si elle pleurait. Elle voulait s'enfuir, mais son regard la cloua sur place. Puis il marcha rapidement vers elle. Elle eut envie de reculer, mais il passa un bras autour de ses épaules tandis que l'autre se refermait à l'arrière de sa tête, et qu'il la serrait contre lui. Elle se cramponna à lui, profitant de sa chaleur corporelle.

« - Tu vas bien ? » Demanda-t-il dans un souffle, sans relâcher son emprise. « - Es-tu blessée ? »

Hana pleura de nouveau, sentant enfin un soulagement immense remplacer la peur. Elle pleura contre son épaule alors que ses doigts se refermaient sur sa chemise. Son corps tremblait plus que jamais, mais alors qu'elle pleurait, c'était comme une libération.

Tamao lui embrassa les cheveux, déposa quelques baiser sur sa tempe et pressa ses lèvres contre son oreille. « - Aishiteru. » Elle pleura plus fort mais son stress diminuait. « - Aishiteru. Tout ira bien, je te le promets. » Il lui déposa un autre baiser et la serra fortement. « - Aishiteru. »

Rien ne pouvait la mettre plus à l'aise. Il apaisait ses larmes et tuait la terrible répression. Elle ne se sentait plus asphyxiés et l'horrible chaleur n'était plus alors qu'elle se retrouvait dans cette forte étreinte. Elle fondait parfaitement contre lui. Le feu et la fumée étaient temporairement oubliés.

« - Nous devrions emmener Sumi à l'hôpital. » Déclara brusquement Izaki.

Hana regarda par-dessus l'épaule de Tamao et Izaki aidait Sumi à se redresser. Leurs yeux se rencontrèrent et Hana se sentit attirer par elle. Elle lâcha la chemise de Tamao qui la libéra curieusement. Sumi s'avança et Hana accourut aussitôt. Elles s'enlacèrent avec un sentiment d'urgence.

Elles étaient à jamais liées, Sumi et elle. Mais pas seulement elles. Elle était liée avec chacun d'entre eux maintenant, avec Suzuran. Le lien était scellé.

Elle était un corbeau.


Heureusement, les blessures de Sumi n'étaient pas graves, et ils passèrent peu de temps à l'hôpital. Hana offrit de les raccompagner, mais Sumi voulait du temps seul avec Izaki maintenant que ses nerfs étaient stabilisés. Hana comprit, elle voulait la même chose avec Tamao, mais elle garda son souhait secret. Il avait besoin d'être avec sa famille. Alors ils se dirent au revoir et se séparèrent.

Le retour jusqu'à l'appartement fut silencieux. Rien ne lui faisait peur. Elle appréciait l'obscurité et le silence après l'incendie.

Jun était parti quand elle rentra, mais il lui avait laissé une note pour lui dire de ne pas créer trop de problème alors qu'il était ivre. Elle lui avait laissé les deux films qu'ils n'avaient pas regardés.

Il était tard et l'adrénaline avait puisé toute son énergie. Fatiguée, fatiguée, fatiguée, trop fatiguée pour même verrouiller sa porte. Elle traversa le salon pour rejoindre sa chambre et s'effondra sur son lit.

Si fatiguée.


La porte était déverrouillée mais toutes les lumières étaient éteintes. Quelque chose lui était-il arrivé ? Pourtant, l'intérieur semblait tel qu'il l'avait laissé le matin même.

Mais elle n'était pas la même. Cette guerre les forçait à changer, faire des sacrifices. Combien aurait-elle encore à en faire ? Mieux encore, combien allait-elle en faire ?

Tamao verrouilla la porte derrière lui et se dirigea vers le fond de l'appartement, où se trouvait la chambre, dont la porte était aussi ouverte. Il regarda à l'intérieur et sourit. Elle gisait sur le lit, la poitrine et le visage contre le matelas et ses petits pieds pendant dans le vide. Elle n'avait même pas enlevé ses chaussures. Mais son visage était noir et une odeur de fumée planait dans la pièce.

Il n'aurait jamais dû la laisser entrer dans son monde. Il n'aurait jamais dû coucher avec elle. Il n'aurait jamais dû lui dire qu'il l'aimait. Il ne lui aurait jamais dit si elle ne le lui avait pas dit en premier.

Mais il l'avait fait. Il n'avait fait entrer, avait couché avec et lui avait dit. Et il l'aimait.

Tamao posa un genou sur le lit et lui caressa la nuque. « - Tu as besoin de te changer. Allez, je vais te donner un bain. » Il la redressa, puis passa un bras sous ses genoux pour la soulever. Elle gémit dans son sommeil et pressa son visage dans son cou.

Il la porta dans la salle de bain et entreprit de la déshabiller. Sa peau était comme de la porcelaine, mais leur amour avait prouvé qu'elle était faite d'une porcelaine solide. Il ne pouvait pas s'en empêcher, elle était trop belle. Ses mains retracèrent délibérément ses courbes et il embrassa ses zones sensibles, de ses poignets jusqu'au bout de ses seins. Il ne caressa pas ses hanches galbées. La tentation serait trop forte, alors il fit glisser son pantalon et ses sous-vêtements sans quitter les yeux du sol.

Quand elle fut complètement nue, il se déshabilla aussi. Elle gémissait de temps en temps quand il l'embrassait, mais n'ouvrit jamais les yeux. Mais elle le fit juste un peu, quand il fut complètement déshabillé et elle fit maladroitement un pas en avant, claquant ses lèvres contre les siennes. Il la tint en équilibre et ils s'embrassèrent. Ce fut court mais elle sourit contre ses lèvres.

Tamao la fit asseoir sur le tabouret et alluma la douche. Il prit le savon et entreprit de la savonner. En dehors du visage et de ses mains, sa peau était propre. Ses épaules étroites, son dos, ses fesses arrondies. Il entreprit de la laver entièrement. Elle s'adossa contre lui mais la sexualité n'en fut pas moins renforcée. Il nettoya l'intérieur de ses cuisses puis plus haut avant de nettoyer le devant de son corps, maintenant que ses parties les plus tentantes n'étaient plus couvertes. Puis il descendit le long d'une jambe, joua avec ses orteils, puis passa à l'autre avant de remonter sur son ventre, sur ses seins. Il lava un de ses bras, mais quand il arriva à la main, elle se libéra de sa prise pour s'approcher de son visage. Ses yeux ne s'ouvrirent pas, mais elle lui caressa le visage. Il sourit et entreprit de lui nettoyer l'autre bras, puis lava son cou et son visage. Une fois fait, il la rinça, lava ses cheveux, puis rinça de nouveau.

Il lui essuya le visage avec une serviette et se leva, mais elle lui prit la main et le tira. Elle voulait qu'il s'asseye et il le fit. Elle prit le pommeau de douche, le mouilla puis prit le savon. Elle pouvait être à moitié endormie, mais ses gestes étaient assurés. Elle lui nettoya le devant du corps d'abord, commençant par ses longs bras, son torse, son ventre et sa taille. Elle voulut descendre la main plus bas, mais il retint son poignet. Il suffisait de la regarder pour voir qu'elle le séduisait, surtout avec son visage propre et clair.

Elle cligna des yeux et il la regarda. Lentement, elle savonna chaque pouce de lui. Il regarda le plafond, déterminé à ne pas tirer profit de la situation, mais elle n'arrêtait pas de le taquiner. Après avoir lavé ses jambes et ses pieds, elle lui fit signe de se retourner. Il le fit et elle lava son dos, son dos et ses fesses fermes, lui déposant des baisers ici et là dans le processus, puis elle lava ses cheveux aussi.

Tamao attacha ses cheveux par la suite, puis fit couler un bain chaud. Ce n'était pas nécessaire, mais il voulait que sa peau soit bien lavée. Espérons que cela ferait partir les dernières onces de peur de cette nuit. Il l'installa dans la baignoire et se plaça derrière elle en la tirant contre lui. Ses bras s'enroulèrent autour de sa taille et il lui embrassa le cou et l'oreille. Elle était bien ici, s'emboitant contre lui comme la seconde moitié d'un puzzle. Ce n'était pas juste qu'elle soit si parfaite pour lui. Elle ne pouvait faire mieux.

Elle dodelina légèrement de la tête. Elle était de nouveau en train de s'endormir. Il lui embrassa la tempe. « - Allons au lit. »

Il l'aida à sortir, l'essuya puis la porta jusqu'à la chambre. Il l'habilla avec une certaine difficulté car elle s'endormait de plus en plus, mais il resta patient. Il aimait faire des choses pour elle, même si elles étaient difficiles. Il préférait cela.

Quand ils furent tous les deux habillés, il la coucha dans le lit, s'installa à ses côtés et tira la couverture sur eux. Elle se blottit immédiatement contre lui, son bras s'enroulant autour de son ventre et enfoui son visage sous son menton mal rasé. Leurs jambes s'entremêlèrent et il l'attira plus contre elle. « - Aishiteru, Hana-chan. » Lui dit-il en embrassant son front alors qu'il écartait quelques mèches de cheveux.

Il était fatigué aussi. Il ne l'avait pas réalisé juqu'à maintenant qu'il la tenait dans le lit. Le sommeil n'avait jamais paru si attrayant.

Il la sentit sourire contre sa poitrine et elle murmura : « - Aishiteru, Tamao-senpai. »


Tamao se réveilla le lendemain matin en entendant de fortes vibrations provenant de la table de chevet. Il soupira et chercha à l'aveuglette son téléphone. « - Mohsi mosh ? »

« - Tamao-senpai, es-tu encore au lit ? »

Il gémit, confus, et se retourna dans le lit. Effectivement, il était vide. « - Hana ? Qu'est-ce que… ? »

« - J'avais des choses à faire aujourd'hui, mais toi, tu ferais mieux de lever tes fesses et d'aller à Suzuran. Après ce qui s'est passé hier soir, ce n'est pas le moment de flemmarder. Lèves-toi ! Ou je te jette hors de mon lit ce soir ! »

Merde, pourquoi les femmes devaient être si autoritaires ? « - Ok, je suis debout. » Il balança ses jambes hors du lit, se leva et s'étira. « - Tu aurais pu simplement me réveiller quand tu es partie. C'est quoi cette manière de me réveiller en m'appelant ? »

« - Ta conscience a tendance à entraver n'importe quoi pour essayer de faire quelque chose, Serizawa Tamao. »

« - Pas ma faute. Tu es la personne qui a fait l'erreur de séduire un Yankee. »

« - La ferme, baka. Je dois te laisser. Je viendrais à l'école plus tard. »

« - Attend. » Il voulut lui demander ce qu'elle faisait. Quelque chose réveilla sa suspicion, l'exhortant à lui demander des comptes. Mais il ne le fit pas. « - Tu te sens mieux ? »

« - Hai. » Il pouvait entendre le sourire dans sa voix. « - Arigato pour avoir prit soin de moi. »

C'est une bonne chose qu'elle ne soit pas là, car il détestait que les gens le voient rougir et la soudaine chaleur sur ses joues étaient certainement un blush. « - Eh bien, je te verrais plus tard, alors. »

« - Très bien. Botte des culs ! »

Il sourit et raccrocha. « - Kawaii. » Il se leva alors et entreprit de récupérer ses vêtements.


Hana remit son téléphone dans sa poche, mit la bandoulière de son appareil photo sur son épaule et entra dans le bureau. Il était petit et encombré mais intime, une sorte de tanière reclus. Takaguchi était assit derrière le bureau, penchait sur une pile de paperasse, se massant une tempe avec le stylo qu'il avait dans une main. Il ne l'entendit pas entrer, mais leva les yeux quand elle se racla la gorge. « - Hana-chan ! C'est une surprise. Que puis-je pour toi ? »

Hana prit un siège en face de lui et se pencha en avant. « - Sensei, nous devons être honnête l'un envers l'autre. Les choses sont mouvementées et si nous voulons collaborer, nous devons nous faire confiance. Je vais commencer. » Elle s'éclaircit la gorge. « - Je suis impliqué avec un étudiant de Suzuran, mais plus que ça, je me suis volontairement impliqué dans leur guerre contre Housen. Les deux écoles sont rivales depuis des années, mais les évènements se sont récemment dégénéré en une guerre, et la confrontation finale approche. Mais vous le saviez déjà, n'est-ce pas ? »

Il haussa un sourcil mais continua. « - Je suis aussi certaine que vous savez qu'une partie de Suzuran a brûlé la nuit dernière à cause de quelqu'un d'Housen et que le père de Genji a presque été tué. Surtout, sensei, je suis sûr que vous en savez plus que moi sur ce qui se passe, et même si je n'ai pas de preuves solides, je suis sûr que le conseil d'administration serait très intéressé par la simple spéculation que l'un de leur enseignant soit directement impliqué dans des activités de Yakuza. » Elle feignit la préoccupation. « - Que faire s'ils trouvent des preuves au final ? Mon dieu, vous pourriez être viré, sensei ! »

Takaguchi se pencha en arrière sur sa chaise et soupira. Il ne répondit pas en premier lieu, mais son regard était inébranlable. « - Quand j'étais jeune, j'étais un apprenti Yakuza. Je suis parti avant d'être entièrement accepté dans le clan, mais j'ai gardé quelques liens avec des amis qui sont impliqués avec eux. Et tu as raison, j'en sais beaucoup plus que ce que tu viens de me dire. Je sais, par exemple, qui a incendié Suzuran. » Elle se redressa.

Il posa ses coudes sur le bureau et emmêla ses doigts ensemble. « - Est-ce que tu es venu pour tout découvrir, Hana-chan ? »

Hana ne fut pas intimidée et croisa les bras sur le bureau. « - Iie. En fait, sensei, je suis venue ici pour vous demander une faveur. »

Il pencha la tête. « - Une faveur ? »

« - Hai. » Elle sourit. « - J'ai besoin de voir Takiya Hideo. »

Takaguchi la regarda alors en riant. « - Il n'y a pas moyen. Tu ne passeras jamais la sécurité et je ne peux pas sacrifier ma carrière pour l'un de tes jeux. »

« - Vous ne pouvez pas ? » Elle plongea la main à l'intérieur d'une de ses poches et en sortit un magnétophone en marche. Elle l'examina brièvement comme si elle était surprise de le trouver là puis haussa les épaules. « - Merde. Depuis combien de temps cette chose enregistre ? »

Il la regarda alors et soupira.


L'obscurité régnait dans l'hôpital. Certes, c'était de troisième ordre et nécessaire pour le cacher aux autres boss qui pourrait profiter de l'état faible d'Hideo. Mais l'odeur la dégoutait. Beuh, certainement pas hygiénique, même de troisième ordre.

Hana garda les yeux baissés, attentive à ne pas attirer la moindre attention des membres Yakuza errant dans les couloirs. Takaguchi avait réussi à distraire la réceptionniste assez longtemps pour qu'elle puisse se faufiler mais elle s'était en quelque sorte perdue dans les couloirs sombres. Où est-ce que Takaguchi avait dit qu'il se trouvait ? Tout cela n'avait aucun sens pour elle alors qu'elle observait l'intersection menant à plusieurs couloirs. Qui diable avait conçu un tel bâtiment ?

« - Fils de pute ! » Siffla-t-elle. « - Comment un hôpital peut être si compliqué qu'on peut même pas trouver la chambre d'un simple patron Yakuza ? Et où diable est sensei ? Ce vieux crétin ne m'est absolument d'aucune aide au final quand… »

« - Que diable pensais-tu faire, salaud ? »

Hana se plaqua contre le mur, attendant le pire, mais la voix ne s'adressait pas à elle et une autre prit le relais.

« - S'il vous plait, attendez ! Attendez ! Laissez-le partir ! »

« - Tais-toi ! »

« - Il n'allait rien faire ! S'il vous plaît, ne blessez pas Kawaishi ! S'il vous plait, prenez-vous-en à moi, il n'a rien à voir avec ça ! »

Elle s'avança dans le couloir et s'approcha d'une chambre où se trouvait un groupe de Yakuza devant la porte. Kawaishi devait être à l'intérieur, mais qui était l'autre gars ? Pourquoi est-ce que Kawaishi était là d'ailleurs ?

« - Je te connais. Tu es un des hommes de Joji ! »

« - S'il vous plait, pardonnez-nous ! » Plaida l'inconnu. « - Pardonnez-nous ! »

« - On les prend tous les deux ! »

Les gardes s'écartèrent un peu de la porte pour attraper les deux hommes à l'intérieur, juste assez longtemps pour qu'Hana puisse s'approcher sans que personne ne s'en aperçoive et puis tout devint silencieux. Elle pouvait entendre un moniteur cardiaque et rien d'autre. Qu'arrivait-il ? Audacieusement, elle regarda à l'intérieur.

« - Fais moins de bruit. » Marmonna faiblement une voix. « - Katagiri. » Un homme à proximité se rapprocha. « - On est dans un hôpital. » Elle ne savait pas qui était ce Katagiri, mais à travers la foule elle vit Kawaishi retenu par un Yakuza. « - Toi, de toutes les personnes, tu m'as sauvé la vie. Maintenant, je te retourne la faveur. Laissez-les partir. »

« - Mais patron, ils ont essayé de vous tuer ! » Qui ? Kawaishi ? Kawaishi avait essayé de tuer le père de Genji ? Pourquoi ? Comment savait-il quelque chose sur…

« - Envolez-vous… corbeaux. »

Et ce fut tout. Ce lien toujours insaisissable. Une mentalité de combattant.

« - Hana-chan. » Hana sursauta et se retourna alors que Takaguchi s'approchait d'elle. « - Il y a trop de monde ici. Partons. »

« - Attendez. » Elle lui fit signe de se taire et passa la porte. Elle n'avait pas fait tout ce chemin pour rien. « - Sumimasen. »

Les gardes se retournèrent et l'attrapèrent par un bras. Un autre voulu saisir la sangle de son appareil photo mais quelqu'un intervint. « - Attendez ! » Kawaishi leva les mains en signe de reddition, mais il se trouvait entre les gardes et elle. « - Elle est de Suzuran. Elle est des nôtres. »

Hana serra son appareil photo contre sa poitrine et s'inclina. « - Sumimasen. Je suis venu voir Takiya Hideo-sama. »

Les hommes se séparèrent comme la Mer Rouge et Hideo fut clairement visible à travers la pièce. Il semblait plus faible que ce à quoi elle s'attendait avec son masque à oxygène et le clip du moniteur cardiaque accroché à son doigt. Ses cheveux pendait autour de son visage mais ses yeux semblaient encore groggy alors qu'il tournait la tête vers elle et lui faisait signe de s'approchait. Elle hésita puis obéit, elle s'inclina devant lui et posa son appareil sur le lit. il cligna lentement des yeux. « - Tu as quelque chose à me dire, jeune fille ? »

Elle hocha la tête. « - Hai. Takiya Hideo-sama, je suis venu ici pour vous dire que Genji ne vous décevra pas. Même s'il ne conquis pas Suzuran, c'est un bon garçon qui ne vous décevra jamais. Je ne sais pas s'il vous l'a déjà dit, mais il se soucie beaucoup de vous. Vous êtes un patron Yakuza et c'est exigeant pour lui d'être votre fils. Mais Genji deviendra un grand homme un jour, alors patientez et regardez. »

« - Je me suis retrouvé impliquée dans la guerre entre Suzuran et Housen. Je n'ai jamais demandé à me retrouver là-dedans, mais c'est sans doute la meilleure chose qui me soit arrivée. J'aime Suzuran, tout ce qui le définie, même les connards qui étudient là-bas et qui n'apprennent rien, mais je les aime. Ce qui signifie que je vous aime aussi, Takiya-sama, et je voulais juste vous remercier pour avoir donné naissance à Genji. Sans lui… » Elle pinça les lèvres, ignorant les larmes qui brouillaient sa vision. « - Je n'aurais jamais pu avoir la possibilité de les aimer. Et je tenais à ce que vous le sachiez. »

Hideo cligna lentement des yeux, puis prit à nouveau une profonde inspiration. « - Y'a-t-il autre chose ? »

Hana hocha la tête. « - Hai. Avec votre permission, Takiya-sama, je voudrais vous prendre en photo. »

« - Hana ! » Takaguchi apparut soudainement et les gardiens ne purent le retenir. Il s'approcha d'elle et siffla à son oreille : « - Tu ne peux pas demander à un Yakuza de t'autoriser à le prendre en photo. C'est totalement inapproprié ! »

Hana l'ignora. « - S'il vous plait, Takiya-sama, laissez-moi prendre une photo. »

« - Yamada Hana ! »

Hideo leva mollement une main et Takaguchi se tut. Puis il désigna l'appareil photo. « - Juste une. Mais pas maintenant. Quand j'irais mieux, je demanderais à Genji de te conduire à la maison. Tu pourras prendre une photo là-bas. » Il leva à nouveau la main. « - Mais si tu essayes quoi que se soit, ton sensei aura raison. Malheureusement. »

Elle sourit. « - Arigato, Takiya-sama. Arigato gozaimasu. »

Il agita la main et tourna la tête. « - Maintenant sortez, tout le monde. Je suis fatigué. »


Elle n'avait pas pu aller à Suzuran aussitôt après. Une fois hors de l'hôpital, Takaguchi lui avait passé un beau savon, puis elle avait dû faire une course et ensuite avait prit la direction de Suzuran. Elle se sentait revigorée par sa rencontre avec Hideo. Elle ne s'attendait pas à ce qu'il tienne sa promesse, mais de toute façon, son pardon envers Kawaishi et Katagiri renforça son optimiste. Les mots de Kawaishi aussi. Il n'était pas resté pour lui parler, mais avait hoché la tête avant de partir avec Katagiri. Ce n'était pas beaucoup, mais c'était comme un salut. Elle était vraiment un corbeau.

La station fut en vue et elle sourit. « - Tokaji ! » Il leva les yeux mais son visage habituel était sombre. « - Quel est le problème ? »

Il tira une bouffée de sa cigarette et tripota lentement le tuyau d'acier dans ses mains. « - GPS a officiellement déclaré la guerre à Housen aujourd'hui. Le combat final est pour demain. »

Elle haussa les épaules. « - Nous savions que ça allait arriver. Mais nous sommes prêts, non ? »

« - Pas nous. » Corrigea-t-il alors qu'il la regardait. « - Nous ne somme pas GPS. Nous sommes la Faction Serizawa, et nous ne suivons pas Takiya Genji. »

Elle fronça les sourcils. « - Mais vous allez vous battre les gars, non ? Je veux dire, vous ne pouvez pas le laisser y aller seul, il est trop en infériorité numérique. »

« - Alors espérons que son petit discours d'aujourd'hui lui apportera quelques hommes en plus. »

Hana le foudroya du regard puis le dépassa. Tokio l'aperçut le premier et alla à sa rencontre. « - Hana-chan… »

Elle lui tapota l'épaule et continua sa route vers Tamao qui était calmement assit dans un fauteuil. « - Tu ne vas pas aller avec Genji demain ? »

Tamao soupira mais croisa son regard noir. « - Je n'ai jamais dis que j'allais suivre Takiya. »

« - Mais c'est contre tout Suzuran, et pas seulement Genji ! »

« - Et c'est lui qui a provoqué cette guerre. Il est normal qu'il paye pour ses erreurs. »

Elle pinça les lèvres et gronda. « - Quel genre de putain de logique est-ce ? Si Genji est vaincu, c'est tout Suzuran qui le sera ! Une fois qu'ils l'auront battu, ils viendront pour toi ! »

« - Bien. » Aboya Tokaji. « - Ensuite, nous leur montrerons le vrai pouvoir de la faction Serizawa. »

« - La Faction Serizawa, c'est fini ! » Hurla Hana en se tournant farouchement vers Tokaji, puis elle revint sur Tamao. « - Genji est le leader de Suzuran, que vous le vouliez ou pas. Tu as été vaincu et c'est la fin de tout ça. »

« - Takiya ne fait rien pour cette école depuis qu'il a battu Tamao. » Intercéda Tokaji.

« - Et cette rébellion est mieux ? » Elle écarquilla les yeux lorsque Tamao pencha la tête en arrière et ferma les yeux. Le salaud ! Mais elle ne pouvait pas continuer à lui crier dessus pour ça. C'était son choix. Personne ne pouvait les forcer à faire quelque chose.

« - Bien. » Elle balança la poche qu'elle tenait à la main et elle atterrit directement sur sa poitrine. « - Tu es un connard ! » Elle retira la lanière qui se trouvait autour de son cou et le posa sur la table. « - Un connard têtu ! » Puis elle s'éloigna.

« - Hana. » Tokio essaya de l'arrêter mais elle le repoussa et continua.

Quand elle eut disparu, Tamao redressa la tête et regarda l'appareil photo sur la table. Il souleva la poche sur sa poitrine et en sortit le contenu. C'était une nouvelle chemise en flanelle, d'un beau rouge. Il soupira et la jeta sur la table à côté de l'appareil photo.

Tokio lui lança un regard désapprobateur.


« - Quel trou du cul. » Grogna-t-elle sous l'ombre d'un arbre. Comment pouvaient-ils être encore si têtus après tout ce qui s'est passé ? Après que Suzuran ait brûlé ? Tokaji l'avait dit lui-même, Genji avait demandé l'aide au reste de Suzuran, et ces salauds étaient encore plongés dans leur entêtement ? Elle renifla bruyamment et serra ses bras autour d'elle pour s'empêcher de pleurer tout aussi fort. « - De vrai trou du cul. » Marmonna-t-elle en essuyant ses larmes. « - Sale connard. »

« - Hana ? »

Hana ne fut pas surprise de voir Tokio apparaitre à ses côtés. Elle renifla et se déplaça pour lui faire de la place, mais garda les yeux baissés. « - Tu n'as pas toujours besoin de faire le Bon Samaritain, tu sais. »

Il sourit et s'assit à côté d'elle. Le silence dura quelques instants tandis qu'il la regardait. « - Gomen, Hana-chan. Il fait juste ce qu'il pense être le mieux. »

Elle voulait faire valoir. Elle était bonne pour les disputes. Elle avait fait ça toute sa vie. Mais elle ne parvint qu'à pleurer un peu plus et Tokio l'attira contre lui. Il lui tapota l'épaule d'une main et frotta son bras avec l'autre. Cela ne contribua guère à l'apaiser, mais c'était mieux que rien.

Et c'était rien comparé aux bras de Tamao.


Elle passa la nuit seule. Elle avait passé de nombreuses nuits seule, mais celle-ci était différente. Ce n'était pas seulement une nuit seule, c'était une nuit sans Tamao. Qui a besoin d'un salaud pareil ? Qui a besoin d'un putain de salaud pareil !

Elle bien sûr, quand elle passait la nuit à pleurer dans son lit. Son oreiller était mouillé à cause de ses larmes et elle le balança au sol. Ça n'avait pas d'importance qu'elle l'aime et qu'il l'aime. Ça n'avait pas d'importance qu'elle fasse partie de leur vie maintenant, ou que la défaite de GPS soit imminente. Rien de tout ça ne comptait. Ce qui importait, c'était qu'elle était seule maintenant, couché dans son lit sans amis ou sans famille. Sans lui.

Et personne n'avait l'habitude d'être seul. Pas vraiment. Jamais.

Elle se réveilla au alentour de trois heures, emmêlée dans ses draps et sa tête sur un oreiller. Elle se retourna dans son lit, confuse et tomba sur un visage. Il dormait en face d'elle, à quelques centimètres de son corps. Elle voulut pleurer, mais ne put pas. Ses yeux étaient à court de larme pour l'instant.

Pourtant, elle appuya son corps contre le sien et l'embrassa. Il bougea un peu puis cligna des yeux. Ils se regardèrent en silence et Tamao ouvrit la bouche. Elle posa un doigt sur ses lèvres et secoua la tête. Des excuses, ce n'étaient que des mots. Ils ne voulaient rien dire. Puis il leva les mains, prit son visage en coupe et l'embrassa. Sa langue trouva la sienne instantanément et elle se laissa tomber sur le dos, avide de son toucher.

Il lui fit l'amour. C'était différent d'avant. La première fois, c'était passionné, consumé par le désir et l'envie de consommer leurs sentiments accablants. Cette fois, ils le firent lentement, savourant chaque contact et chaque baiser comme si c'était le dernier. C'était si doux, caressant tous les bons endroits de la bonne manière et ses lèvres qui ne restaient jamais longtemps loin des siennes. Il entra en elle maintes et maintes fois, et à chaque fois, c'était un accomplissement plus doux, plus fort.

Ensuite, une fois leur énergie dépensée, il s'endormit dans ses bras. Il la tenait comme un amant à sa déesse et elle lui rendit fermement son étreinte.


Hana se réveilla en entendant des coups contre sa porte. Il lui fallut un moment pour réaliser que Tamao avait disparu, ce qui n'était pas étonnant vu que l'après-midi était déjà là. Elle enfila rapidement des vêtements pour aller ouvrir la porte à l'inconnu qui continuait de frapper. « - C'est bon, j'arrive ! »

Mais elle se stoppa quand elle passa devant la cuisine. Son appareil photo et une petite note était posé sur le comptoir. Elle ignora les coups persistants et alla lire la note.

Tu as ma permission.

Elle haussa un sourcil et prit l'appareil photo. « - Hm ? »

« - Hana ! »

Hana cligna des yeux et se précipita vers la porte. « - Sumi-chan ? » Elle déverrouilla le verrou et ouvrit la porte. « - Sumi-chan ! »

Sumi roula des yeux. « - L'appel de Genji pour la bataille n'a pas rallié les troupes. Il y va seul ! »

« - Nani ? » Elle se précipita vers une paire de basket et arrangea un peu son apparence. « - Nous ne pouvons pas le laisser aller seul, nous… » Mais elle s'arrêta.

Sumi était à mi-chemin pour repartir puis se retourna face à son brusque silence. « - Hana-chan ? »

Hana regarda par-dessus son épaule vers la note et l'appareil photo qui était sur le comptoir. Tu as ma permission…

« Je n'ai même plus d'appareil photo et je n'ai plus de sujet depuis que, ah oui, "c'est une invasion de la vie privée de prendre des photos de personnes… »

« - … sans leur dire." C'est ce que j'ai dis. Il suffisait de vouloir nous le dire que tu voulais prendre des photos. »

« - Tamao. » Elle contracta la mâchoire et se précipita vers son appareil photo. « - Les choses vont devenir folles, Sumi-chan, et nous ne devons pas rater ça ! » Elle passa la lanière de l'appareil autour de son cou. « - Allons-y ! »

« - Euh… a… attend ! » Sumi claqua la porte derrière elle et rattrapa Hana. « - Hana-chan ! »

Mais elle ne s'arrêta pas. Il n'y avait pas de temps à perdre, et ils avaient attendu si longtemps pour ce moment. Elle ne pouvait pas le rater ! Ses pieds se déplaçaient plus vite que jamais, aussi sauvage et insouciant que son esprit. Elle avait presque l'impression qu'elle volait.

Housen aurait pu être trouvé dans le noir, même avec les arbres environnant, parce que les cris d'une bagarre se faisant entendre à des kilomètres. Hana franchi le portail et devant et s'arrêta. Au milieu de la cour, un attroupement de crâne chauve luttait contre une seule personne. Genji.

« - Hana ! » Sumi dérapa en s'arrêtant à ses côtés et elle attrapa son coude. « - Que fais-tu ici ? Es-tu folle ? »

« - Viens, Sumi-chan. » Hana s'accroupit et s'élança vers les buissons qui se trouvaient non loin du bâtiment. Personne ne la vit et Sumi lui emboita le pas. Elle se mit à plat ventre au sol et régla son appareil photo entre deux branches. C'était parfait.

« - Que fais-tu ? » Siffla Sumi.

« - Chut ! » Fit Hana en lui faisant signe de se taire. « - Attend juste une minute. »

« - Une minute pour quoi faire ? »

« - OIE ! »

C'est alors qu'elles les virent. La lutte à un contre cent cessa alors que tout le monde se tournait vers la masse noire qui approchait. GPS, menait par Chuta, Makise et Izaki.

« - Oh mon dieu. » Sumi se pencha alors et écarquilla les yeux. « - Tamao. »

La Faction Serizawa approchait elle aussi, avec au devant les frères Mikami, Tokaji, Tokio et Tamao. Pour une fois, Tamao portait sa veste d'uniforme de Suzuran et en dessous, une chemise rouge en flanelle familière. Et alors que les deux troupes avançaient, elles se mélangèrent. GPS et la Faction Serizawa se rejoignirent comme…

Hana sourit et pressa l'appareil photo contre son œil. « - Comme une nuée de corbeaux. »

« - Je ne le crois pas. » Haleta Sumi. « - Suzuran… unis. »

Les hommes s'arrêtèrent à plusieurs mètres de leurs adversaires et Tamao s'avança. Hana cessa de respirer et Sumi agrippa son épaule alors que son propre souffle se coupait. Le visage de Tamao était sévère.

« - Vous croyez qu'on va vous laisser massacrer notre chef sans rien faire ? »

Hana se retint de crier mais sourit plus que jamais et se retenant également de bondir sur ses pieds comme un petit enfant. Genji observait Tamao, et son visage remua, comme s'il était désireux de sourire lui aussi, et Tamao sourit. L'appareil captura parfaitement cet instant. C'était le plus parfait des moments.

Genji fit de nouveau face à Housen et les gars de Suzuran se préparèrent pour la bataille. Ce n'était qu'une question de seconde.

« - Takiya Genji ! » Appela alors Narumi et le visage du brun se ferma alors qu'il se préparait au combat. « - Rendez-vous sur le toit. Si tu arrive jusque là. »

Puis, Genji lança l'assaut dans un cri, et une vague de cri retentit dans la cour alors qu'une vague et une vague noire entraient en collision, comme l'obscurité et la lumière.

Ils se battaient comme des fous et Housen était beaucoup plus nombreux que les Corbeaux. Mais les chiffres ne signifiaient rien ici. En quelques minutes, les uniformes blancs furent réduits à des tremplins alors que la vague noire avançait. « - Hé, Genji ! » Cria Tamao. « - Allons à l'intérieur ! »

Hana se tourna vers Sumi et lui attrapa l'épaule. « - Sumi-chan, tu es une bonne combattante ? »

« - Hein ? » Sumi haussa un sourcil. « - Ouais, je suppose que oui. Je n'ai jamais perdu un combat encore. »

« - Génial ! » Puis elle se leva et avança vers la mêlée. « - Tu vas me couvrir ! »

« - Hana ! »

Hana avançait à travers le flot de combattant et évita un gars qui était envoyé valsé, tout en gardant son appareil photo prêt. Quelqu'un essaya de l'attraper, mais le pied de Sumi vint heurter son visage et elles pénétrèrent dans le lycée.

Récupérer des photos était facile. Entre deux esquives et la défense de Sumi, aucun moment n'échappait à son objectif. Les frères Mikami se trouvaient dans la cage d'escalier du premier étage et Hana se sentit obligé d'assommer un gars quand il essaya de fracasser une chaise dans le dos de Manabu. Il eut un instant de surprise et sourit et elle le prit en photo.

En haut des escaliers et à travers le chaos, une bande de crâne chauve courait à travers les couloirs et les classes pour interceptaient les élèves de Suzuran. Elles se glissèrent facilement entre eux, étant donné que les gars étaient plus intéressés par leur combat et Hana eut un aperçut d'une bagarre dans une des salles de classe. Makise contre Narumi. Ils se faisaient face pour la première fois depuis l'embuscade. Ils avaient besoin de régler des choses. Un clic et les filles continuèrent leur chemin.

La bataille était partout, dans chaque couloir, chaque classe jusque dans les escaliers. Personne ne ralentissait et peu resté au sol assez longtemps. Quiconque ne se relevait pas assez vite était presque piétiner par une autre vague de combattant venant prendre leur place. Atteignant un corridor particulièrement fréquenté par des gars, Hana resta immobile pour prendre plusieurs plans rapprochés.

« - Izaki ! » L'attention d'Hana se porta vers l'endroit où Tokaji et Izaki combattaient. « - Escorte Genji jusqu'au toit ! »

« - Mêle-toi de tes fesses. » Rétorqua Izaki, mais ils échangèrent tous les deux un sourire. Puis l'instant de camaraderie fut terminé et la bataille reprit.

Izaki envoya bouler les gars qui se jetaient sur lui et monta les escaliers. Sumi se précipita pour le suivre et Hana prit quelques clichés de Tokaji et Chuta qui faisant face à un des chefs blond avant de suivre son garde du corps. C'était trop tard. Sumi et Izaki avait disparu à l'autre étage et Hana se glissa dans le couloir le plus proche.

Elle tomba alors sur Tokio en train de se battre contre quelques gars et un coup lui fit perdre son casque. Il reçut deux coups dans la tête et un violent coup de poing qui lui fit perdre l'équilibre, sa tête heurtant violemment le sol. Elle écarquilla les yeux, trop horrifiée pour prendre une photo et se précipita vers eux. « - Tokio ! »

Soudain, Tokio s'assit et se remit sur pieds. « - Non, pas question de flancher ! » Il envoya un de ses attaquants contre une vitre et donna un coup de boule à un autre. « - Venez vous battre, j'ai la tête dure ! » Il donna un autre coup de boule à un gars, puis un deuxième pour faire bonne mesure et se tourna. « - A qui le tour ? »

Hana attrapa un mec par le dos de sa veste et le poussa aussi fort qu'elle put. Il se cogna contre trois autres gars et ils s'écroulèrent contre une des vitres d'une salle de cours. « - Tokio-kun ! »

Tokio se tourna vers elle et leva un bras. « - Allez ! Continue ! Je m'occupe d'eux ! »

Elle frappa un gars en plein dans le nez, sentant l'os s'écrasait sous ses doigts. Puis elle se précipita vers la prochaine volée de marche.

Sumi et Izaki étaient là, ainsi que Genji et Tamao. Ils étaient dans une impasse cependant, car des bureaux et des chaises bloqués l'accès de l'escalier.

« - Bienvenu au dernier étage, les gars. » Matoba. Elle reconnaitrait cet idiot partout avec cette dent en or, et il avançait dans le couloir en direction du groupe de Suzuran. « - Mais le voyage s'arrête ici. »

« - Va te faire voir, connard. » Marmonna Genji. « - Réglons ça vite fait. »

« - En haut c'est la terrasse. » Fit Tamao alors qu'ils marchaient vers Matoba. « - Dégagez le passage. »

« - Oie ! » S'écria un élève de Suzuran. « - Venez m'aider ! »

« - Chargez ! » Cria Matoba et les crane chauves foncèrent vers eux.

Hana mit son appareil en bandoulière et rejoignit ceux qui déblayaient le passage. Il ne leur fallut pas longtemps, mais chaque seconde était précieuse avec ce qui se passait en dessous. Un passage fut fait et elle se hâta de descendre avec un autre de Suzuran qui s'écria : « - Oie ! Le passage est libre ! »

Genji et Tamao cessèrent l'assaut et se précipitèrent vers l'escalier. Izaki et Sumi restèrent en arrière pour les couvrir. Ils atteignirent l'escalier et Hana se mordit la lèvre quand Tamao l'aperçu. Il lui attrapa le coude et la traina avec lui et Genji. Housen chargeait derrière eux, mais Izaki et Sumi leur barrèrent le passage.

Up, up, c'était le dernier escalier et il n'y avait plus d'ennemis. Il ne restait plus qu'à tourner et…

Hana recula et se glissa dans le dos de Tamao. Sur le palier entre deux escaliers, de longs cheveux sombres entourant un visage pâle et inexpressif. Ryo.

« - Tu en as mis du temps. »

Tamao regarda Hana qui le fixait puis revint sur Ryo. « - Qui es-tu ? Je te connais pas. »

« - Je m'appelle Urushibara Ryo. »

L'expression de Tamao changea. Son souffle se coupa et il observa avec une légère curiosité ce gars qui restait stoïque. « - Le gars qui a massacré Shoji. »

Ryo l'ignora. « - C'est un honneur pour moi d'être celui qui va battre Serizawa. »

Hana serra son appareil contre elle et fit un pas en avant. « - Espèce de… »

Tamao la retint. Il ne lui attrapa pas le bras, il leva juste le bras devant elle pour l'arrêter alors que ses yeux restés braqués sur Ryo. « - Genji. » Il regarda Genji. « - Continue. Je m'occupe de lui. »

Tamao reporta son attention sur Ryo et Genji avança. Il dépassa Ryo et s'engagea sur les dernières marches, mais il s'arrêta. « - Tu n'aurais pas dû dire ça. Maintenant il va te dévorer tout cru. » Ryo et lui échangèrent un regard, puis il se précipita dans l'escalier et disparut par la porte du toit.

« - Hana-chan. » Tamao lui fit signe de descendre les escaliers. « - Reste à l'écart. »

Elle se mit hors du passage, mais pas hors de vue. « - Ryo. Permets-moi de m'asseoir sur ses marches. » Ils la regardèrent tous les deux alors qu'elle continuait. « - Je n'irais pas sur le toit. Je préfère rester pour voir Tamao te botter le cul. » Ryo ne répondit pas et Hana alla se percher sur la prochaine série d'escalier. Son appareil photo était prêt et la confrontation commença.

Ryo était rapide. Ses attaques étaient bien chorégraphiées, parfaitement équilibré et exécutée avec précision, ce qui donnait plus d'impact. Tamao bloqua la plupart de ses coups, mais Ryo était trop rapide pour qu'il puisse contre-attaquer. Il repoussait Tamao de plus en plus vers les escaliers. Elle pouvait entendre Genji et Narumi dehors et voulait désespérément allé voir leur combat. Mais ses yeux ne quittèrent pas un seul instant Tamao et elle n'abaissa jamais son appareil de lui.

L'affrontement ne devrait pas tarder à arriver à sa fin. En faveur de qui, elle n'était pas sûre, mais elle connaissait ces garçons et elle connaissait Sumi. Battre Housen était plus important que de respirer. Cette guerre leur avait tous coûté quelque chose, mais ils étaient unis. Peut-être pas vraiment les uns envers les autres, mais ils étaient là pour Suzuran. Parce qu'au final, ils étaient tous des Corbeaux.

Tamao ne pouvait plus bloquer les attaques. Tous les assauts de Ryo atterrissait exactement où il les voulait, et Tamao encaissa chaque coup. Puis Ryo le frappa plus fort que les autre fois et envoya Tamao au bas des escaliers où il s'écrasa contre une pile de chaise et de bureau.

Hana sursauta mais garda son appareil braqué sur eux. Tamao ne s'était pas relevé.

« - Finalement, t'es pas si fort que ça. » Déclara Ryo dont la voix était peu élevée, comme s'il pensait tout fort sans s'en rendre compte.

Tamao s'appuya sur une chaise et se redressa en position assise. Il regarda Ryo et son visage se ferma airs qu'il se levait et montait tranquillement les escaliers. « - Qu'est-ce que t'a dis, Grande Tige ? »

Ryo se mit soudainement sur la défensive et recula. Il frappa son visage, encore, et encore, et encore, et encore, et encore avant d'envoyer son poing dans le ventre de Tamao, mais chaque attaque ne semblait plus atteindre Tamao qui gardait son visage sombre. Il donna un autre coup dans le visage de Tamao, mais cette fois-ci, Tamao intercepta son poing et le serra à la grande horreur de Ryo.

« - Les combats et l'art martiaux sont deux choses différentes. » Il fit une grimace, comme s'il demandait si Ryo avait compris alors qu'il le frappait directement au visage. Ryo s'écrasa contre les casiers, étourdi par le coup, puis se releva. « - C'est fini pour toi. » Tamao lui administra un coup de pied sauté et cette fois, Ryo ne se releva pas.

Hana descendit rejoindre Tamao pour l'aider, mais il n'avait pas vraiment besoin d'aide. « - Tu vas bien ? »

« - Très bien. » Il lui ébouriffa les cheveux. « - Je dois rejoindre Genji. »

« - Pas moi. » Elle mit son appareil photo en bandoulière et s'apprêta à descendre les escaliers. « - Je vais aller voir les autres ! Prend soin de Genji ! »

Son aide ne serait pas nécessaire, elle le savait. Si Suzuran gagnait, ils n'auraient pas besoin de son aide. Sinon, elle proposerait son aide aussi de toute façon. Mais elle ne pouvait pas regarder Genji et Narumi se battre. Elle n'avait pas gagné ce privilège et franchement, elle ne voulait pas. Ce qu'elle avait vu était plus que suffisant, et grâce à quelques centaines de dollars, ce serait beaucoup d'autres personnes qui verraient ça dans une galerie le mois prochain.

Elle rencontra Tokio d'abord qui de joie, passa un bras sur son épaule et ils descendirent encore. Makise vint à leu rencontre dans le couloir et ils l'aidèrent à descendre. Izaki et Sumi se trouvaient au premier étage avec les frères Mikami et Tokaji debout dans l'embrassure qui cherchait une cigarette.

« - Hana-chan. » Sumi se précipita vers elle et la serra dans ses bras. « - Dieu merci, tu vas bien. Gomen nasai, je ne voulais pas te laisser mais je… »

« - Je n'ai pas eu une seule égratignure. » Hana lui tapota l'épaule. « - D'ailleurs, j'aurais fait la même chose si ça aurait été Tamao. »

« - Comment ça se passe ? » Demanda Manabu avec urgence.

Elle haussa les épaules. « - Genji est sur le toit. Nous verrons bien ce qui va arriver. » Elle leva l'appareil photo et passa devant eux. « - Je reviens. Je vais prendre quelques photos. » Elle tapota le bras de Tokaji en passant près de lui et il lui sourit. Il était peut-être un connard avec les autres, mais pas avec elle.

Ce qu'il y avait dehors n'était rien en comparaison du carnage à l'intérieur, et beaucoup de gars étaient à terre ou se relever juste. Une fin idéale franchement alors qu'ils se dépoussiéraient et se félicitait les uns, les autres. Ah, ces gars-là étaient vraiment incroyables. Quelque que soit ce qui l'attendait dans les prochaines années ou comment sa vie pouvait devenir aventureuse, rien ne pourrait surpasser ce moment. Son moment d'éveil coïncidait avec la victoire de Suzuran sur Housen.

Pour l'instant. Les choses ne seraient plus jamais les mêmes entre Housen et Suzuran.

Elle prit la cour en photo et Hana fit ensuite face à l'école vaincue.

Suzuran sortit ensemble, s'acclamant et s'appuyant l'un sur l'autre victorieusement. Tokaji avait enfin allumé une cigarette, et Chuta passa devant lui pour offrir du feu à Genji. Izaki tenait sa cigarette dans une main et la main de Sumi dans l'autre. Elle tapotait l'épaule de Tokaji et sourit à Chuta alors qu'il courait devant eux. Tamao souriait lui aussi tandis que Tokio et Makise s'aidait mutuellement à marcher. Manabu souriait et fumait tandis que Go vérifiait ses dents.

Ils étaient une bande violente, mais ils étaient sa famille maintenant.

Genji et Tamao s'arrêtèrent et se retournèrent et Hana reconnu Washio debout dans un coin. Genji lui fit signe de venir et ils reprirent leur route. « - Rentrons à la maison. » Washio troqua sa veste d'Housen pour une de Suzuran et rejoignit le groupe.

Hana sourit et leva son appareil photo et immortalisa ce moment. Les gars l'accueillirent dans leur marche et Tamao passa un bras autour de sa taille. Ils se sourirent et elle passa ses bras autour de son cou, puis ils s'embrassèrent. Qui se souciait qu'ils soient en public ?

Ils étaient tous des corbeaux.


On est des corbeaux et alors ? Pensez à tous ces oiseaux qui ont été mis en cage et qui ne peuvent plus voler. J'ai de la peine pour eux. Moi, je préfère être un Corbeau…

FIN