Titre : Crows Zero II

Traductrice : AngealSword

Base : Crows Zero II

Genre : De la baston, des prises de bec et de la romance…

Disclaimer : L'histoire de cette fic, ainsi que les personnages et l'univers ne m'appartiennent absolument pas. Je ne suis que l'humble traductrice qui a été autorisé par l'auteur à traduire et publier.

Crows Zero II

Chapitre quatre

By Avalon-Shiranui

Hana esquiva facilement le coup de poing du premier gars et fonça vers les autres. L'adrénaline pulsait dans ses veines, elle sauta en l'air et ses pieds allèrent directement frapper la poitrine d'un autre gars. Elle retomba sur ses pieds comme un chat inexpérimenté, mais elle esquiva d'autres coups et roula sur le côté. Un autre essaya de la frapper, mais aucun de ses coups ne l'atteignit car il n'était pas assez rapide. Elle réussit à lui faucher les jambes. Un autre essaya de l'attraper, mais elle frappa violemment son visage et leva son genou dans l'aine.

Puis elle reçut un coup à l'arrière de la tête et elle s'effondra face contre terre sur le trottoir. Ses oreilles bourdonnaient bruyamment et son esprit enregistra vaguement ses mains griffant le sol. Puis elle bascula sur le dos et quelqu'un la frappa durement au visage. Étrangement, ça ne lui fit pas autant mal que celles qu'elle avait déjà reçues dans le passé. Soit ce mec était plus faible qu'il en avait l'air, soit elle s'était habituée à prendre des coups. Il la souleva du sol par les cheveux et tordit un de ses bras dans son dos.

Hana voulut se jeter sur lui mais un deuxième mec vint l'aider à la retenir et elle se retrouva avec les deux bras tenus. Le plus grand se dirigea vers elle, ses cruelles intentions parfaitement évidentes dans son regard et clairement satisfait de son succès. Il fit craquer les jointures d'un de ses poings et quelques secondes après, il vint frapper au coin de son œil gauche. Le coup lui fit violemment tourner la tête et si le craquement de son cou ne fut pas entendu, elle le ressentit. Sa vision se troubla de point noirs alors qu'il la frappait au niveau de l'autre œil.

Quelque part sous cette cuisante douleur, un instinct prit possession de son psychisme. Il lui murmurait à l'oreille de façon subtile. L'un des gars desserra son emprise sur son bras et la voix cria. Elle arracha son bras et alla le cogner directement dans la tête du second qui la retenait, faisant fi de la douleur qui explosa dans ses doigts. Elle ne pouvait pas clairement voir, mais ses pieds la conduire dans la rue, ses adversaires la poursuivant.

Elle ne pourrait pas les distancer, elle savait qu'elle ne pourrait pas. L'adrénaline faisait faire des miracles, mais ce n'était pas omnipotent. Le corps avait ses limites et le sien commençait déjà à émettre des signes de protestations alors que ses poumons la brûlaient et que ses paupières menaçaient de se fermaient complètement sur sa vision floue. Oh mon dieu, la douleur était atroce.

« On ne peut pas forcer la loyauté. »

Ses pieds refusèrent de l'emmener plus loin, et pour une raison quelconque, elle fut contente de ça. Elle se retourna vers les gars qui haletaient dangereusement près d'elle, mais qui ne semblaient pas fatigué. C'était juste un échauffement. Elle était près de la rue principale maintenant, elle pourrait crier à l'aide. Mais elle aperçut le sourire suffisant du chef et ses pieds foncèrent vers eux en criant. Elle baissa la tête pour éviter le coup et elle se baissa pour le faucher au niveau des chevilles et le faire tomber au sol. Elle réussit à bloquer un poing, mais un troisième rencontra sa mâchoire.

Il leva le bras pour la frapper à nouveau, mais elle le prit par vitesse et le frappa la première. Le plus grand réussit à bloquer un de ses bras et son poing rencontra de nouveau son visage, et elle sentit la force s'évaporer dans ses membres. Mais elle n'appellerait pas à l'aide. Elle ne le ferait pas !

« - Il est battu. L'aider tuerait le peu de fierté qu'il lui reste. C'est une mentalité de combattant, tu ne peux pas comprendre. »

Une mentalité de combattant.

« Et un corbeau ne se laisse jamais marcher dessus. »

Jamais marcher dessus. Cette pensée raviva le peu de force qu'il lui restait, mais ce fut suffisant. Elle tendit le corps, poussant sur ses jambes et réussit à se défaire de sa prise. L'action fut si soudaine qu'elle le fit quelque peu reculer et elle lui enfonça son pied violemment dans son entrejambe. Il jura et s'effondra sur le côté, mais ses hommes réagirent aussitôt.

Quelqu'un l'agrippa par les cheveux et cela déclencha une bombe dans ses réflexes. Elle s'éloigna de lui, ignorant la douleur que cela causa au niveau de son cuir chevelu et son poing entra directement en contact avec un nez. Étonnamment, elle sentit les os craqués. Le gars la repoussa en arrière, et elle trébucha dans la manœuvre, l'élan la faisant heurter la vitrine d'un magasin.

Deux autres lui attrapèrent chacun un bras et ils la clouèrent au sol. Un lui tenait les bras au-dessus de la tête et l'autre écarta ses jambes puis s'assit sur ses genoux. Elle pouvait l'entendre déboucler sa ceinture et elle redoubla d'effort. Elle lutta si violemment qu'il tomba sur le côté et elle réussit à lui envoyer son pied dans sa tempe. L'autre mec eut le tord de lui lâcher les bras et elle lui saisit alors la tête et l'envoya contre la vitrine du magasin qui se brisa sous l'impact.

Hana se redressa et s'approcha alors du mastodonte qui dirigeait ces gars et qui gémissait encore de douleur en se tenant l'entrejambe avec les mains. Elle le frappa et il cria de douleur en étant incapable de riposter. Elle fit en sorte qu'il ne puisse pas récupérer de sitôt avant de l'envoyer tête la première contre une poubelle.

Puis tout fut silencieux autour d'elle sauf sa respiration haletante. Ils étaient battus. Elle avait gagnée. Cinq minutes s'écoulèrent avant qu'elle retourne auprès de Jun, et elle trouva la force de le hisser sur une de ses épaules pour reprendre leur chemin, mais sa vue était toujours aussi trouble.

« Tu pourrais être un corbeau, après tout. »


« - Les trois prochains cours seront utilisés pour que vous recherchiez vos projets pour la fin du mois. Rappelez-vous, vos sujets doivent être validés par mois s'ils ne l'ont pas déjà été et je ne veux aucun relâchement de votre part. Il y aura toujours des interros. Passez un bon week-end. » Takaguchi ferma son livre de leçon et rangea ses affaires alors que les étudiants quittaient la classe. Il fut le dernier.

« - Sensei ? »

Il leva les yeux et une inquiétude stupéfaite envahit ses traits. « - Hana-chan ! » Il s'avança rapidement vers la porte et prit son visage dans une main. « - Qu'est-il arrivé ? »

Hana se sentit gênée par les ecchymoses bleues et noires autour de ses yeux et de sa bouche. « - Sensei, vous me faites mal. »

Il adoucit son emprise mais ne la lâcha pas. « - Comment est-ce que ça t'est arrivé ? »

« - Je me suis battue la nuit dernière. » Répondit-elle simplement et elle sourit. « - Mais je vais bien. Je leur aie botté le cul, sensei ! »

Takaguchi n'était pas soulagé par ces nouvelles et la fit entrer dans son bureau. « - Assis-toi. Dis-moi exactement ce qui s'est passé. Qui était-ce ? »

« - Je ne suis pas venu pour ça. » Elle tapa dans ses mains et lui fit un sourire rassurant alors qu'il s'asseyait en face d'elle. Il avait un tel regard qu'on aurait dit plutôt un élève qu'un enseignant à cet instant. « - Je vais vraiment bien, sensei. Je suis seulement venue chercher les leçons que j'ai manquées. Je voulais venir, mais ça a été plus long avec le médecin que je ne le pensais. »

« - La leçon n'est pas importante… »

« - Sensei. » Coupa-t-elle sévèrement. « - Ne me parlez pas avec condescendance. Je dors assez dans votre classe pour ça. Vous ne pouvez pas me traiter autrement que de fainéante, vous ne savez pas ? » Il sourit et elle rigola. « - Mais je vous remercie pour votre inquiétude. »

Takaguchi se pencha sur le bureau et la regarda avec sérieux. Il avait quelque chose à l'esprit, ça se voyait dans ses yeux. « - J'ai appris pour le concours. Félicitations. »

Elle sourit. « - Arigato gozaimasu. »

« - Je suis allé voir et j'ai remarqué quelque chose de particulier sur une de tes photos. » Elle cligna curieusement des yeux et il baissa la voix. « - Il y avait une veste sur une chaise avec l'emblème du lycée pour garçon de Suzuran sur la poche. » Il baissa la voix. « - Ce sont eux que tu as utilisé pour ton projet ? »

Hana détourna les yeux. « - Hai. »

« - Est-ce eux qui t'ont fait ça ? »

« - Iie ! » Elle tourna des yeux furieux vers lui. « - Suzuran ne me blesserait jamais ! Ce sont mes amis ! »

« - Donc… » Continua-t-il, exprimant le fond de sa pensée. « - Connais-tu un certain Takiya Genji ? »

« - Genji-san ? » Elle plissa les yeux. « - Oui, pourquoi ? »

« - Son père, Takiya Hideo, est le chef du clan Ryuseikai, des Yakuza. »

« - Et alors ? » Siffla-t-elle.

« - Alors… » Continua calmement Takaguchi. « - Ca devient dangereux en ce moment. Le clan de Yazaki Joji perd un peu de son emprise, ce qui comprend bien sûr sa vie. »

« - C'est un Yakuza. Sa vie est toujours à risque. »

« - Yazaki n'est pas n'importe quel Yakuza. Il fera tout pour parvenir à ses fins. Il a déjà essayé de tuer Genji une fois, mais son homme n'a pas obéi. »

Hana pâlit. On avait essayé de tuer Genji ? Sérieusement ? Il était un peu téméraire et bagarreur, bien sûr, mais il était encore dans la fleur de l'âge, comment quelqu'un pourrait…

Elle se raidit. Takaguchi continuait à la regarder, mais quelque chose dans son regard l'énerva. Elle se leva et recula. « - Comment en savez-vous autant ? Ce n'est pas exactement le genre de renseignement qu'on trouve dans les manuels scolaires. » Il s'était levé également. Elle serra les poings. « - Sensei ? »

Takaguchi s'approcha et posa une main sur sa tête, brisant la tension et il sourit. « - Il suffit de rester hors des ennuis, Hana-chan. Ne me laisse pas te voir comme ça la prochaine fois. » Il prit sa sacoche et se dirigea vers la porte. « - Je ne prendrais pas en pitié une fainéante la prochaine fois. » Il s'arrêta sur le seuil et sourit par-dessus son épaule. « - Félicitation encore une fois, Hana-chan. Je suis fier de toi. »

Hana le regarda partir et toucha sa tête. « - Sensei. » Il en savait plus qu'il ne devrait. Sa préoccupation était gentille, mais ses connaissances dépassées le stade de celui d'un professeur. Il lui cachait quelque chose d'important, quelque chose à voir avec Genji, donc quelque chose à voir avec Suzuran, impliquant aussi Tamao peut-être.

Puis ça avait quelque chose à avoir avec elle, et elle voulait savoir quoi.


Jun secoua la tête et mit un Dorito dans sa bouche. « - Je suis toujours étonné que tu es battu ces gars-là, Hana. Tu n'arrivais même pas à battre le gamin handicapé durant notre quatrième année. »

Hana le foudroya du regard et leva le poing vers lui, mais son sourire était satisfait. « - Si tu veux voir comment j'ai fais, tu aurais dû regarder. A qui la faute si je me suis battue toute seule ? » Il baissa la tête et regarda le sol. Elle fronça les sourcils puis lui lança sa serviette à la figure. « - Oie. Ne boude pas. Tu étais beaucoup trop ivre pour te battre de toute façon. » Jun la regarda une seconde puis de nouveau le sol. « - Oie. Arrête ça, tu me fais me sentir mal. »

« - J'aurais dû t'aider. Je suis ton meilleur ami et je n'étais pas là quand tu avais le plus besoin de moi. »

« - Je n'avais pas besoin de toi. Je me suis très bien débrouillée toute seul, comme tu peux le voir. J'aurais vraiment besoin de toi quand les examens approcheront et que je devrais utiliser tes notes parce que tu ne manques jamais un cours. J'ai besoin d'un ami, pas d'un garde du corps, et tu es bien meilleur à ça. »

Il fit la moue, mais leva les yeux vers elle. « - Vraiment ? »

« - Bien sûr ! Penses-tu que je pourrais mentir sur quelque chose comme ça ? » Elle réfléchit. « - En fait, si je pourrais, mais tu me connais depuis assez longtemps pour dire quand je mens ou pas, et cette fois, je suis honnête ! »

Il fronça les sourcils et pointa un doigt accusateur vers elle. « - Comment peux-tu consoler quelqu'un avec un commentaire comme ça ? N'as-tu jamais essayé de faire se sentir mieux quelqu'un ? »

« - Qui t'a demandé de te sentir mal ? Ne me fais pas passer pour la méchante, c'est toi qui a commencé à parler de ça ! »

« - Je ne peux pas m'en empêcher ! Il suffit que je regarde ton visage pour me rappeler que je suis un mauvais ami ! »

« - Je t'ai dis d'arrêter, Baka ! »

« - Mais… »

« - Junaki ! » Elle le regarda sévèrement. « - Si tu parles encore de la nuit dernière, je vais personnellement te botter le cul, compris ? »

Jun grimaça et elle leva le poing. « - Ok, ok ! Je n'en parlerais plus. » Il lui tira la langue. « - Bon sang, ces Yankees commencent à déteindre sur toi un peu plus chaque jour. »

« - Mange et tais-toi. »

« - Tu vois ce que je veux dire ? » Puis il fourra sa cuillère dans un pot de crème glacée au chocolat et la mit dans sa bouche. Ils avaient d'autres trucs à grignoter autour d'eux : du beurre de cacahuètes et des cookies, une poche pleine de raisins verts et une autre remplie de Doritos, des bâtonnets de fromages et tout un assortiment de bonbons. « - Pourquoi avons-nous emmenés tout ça ici ? N'as-tu pas dit que c'est là que les Yankees aiment flâner ? »

Elle lui lança un bonbon dessus. Il ne savait vraiment pas se taire quand il le fallait.

« - En parlant de démons, les voilà. »

Hana tourna la tête et, bien sûr, les membres de la Faction Serizawa approchèrent. Ils parlaient amicalement entre eux mais Tokio l'aperçut et s'arrêta. Son sourire disparut lentement et Tokaji l'imita. Tamao arriva entre eux et regarda curieusement Tokio, puis il remarqua Jun et elle assit dans la station-service. Mais son visage ne refléta rien à part un léger choc. Il marcha vers eux et baissa les yeux sur elle.

Elle détourna le regard et le silence perdura jusqu'à ce qu'elle décide de le briser. « - Tu as faim ? »

Quelque chose d'étrange se produisit. Aucune émotion n'apparut sur ses traits, et pourtant, il était nettement en colère, ça se voyait dans son regard. « - Qui t'a fais ça ? » Demanda-t-il à la place.

« - Tamao… »

« - Qui ? »

Elle haussa les épaules. « - Je ne connais pas leurs noms et je ne sais pas dans quelle école ils vont. »

« - A quoi ressemblait leurs uniformes ? »

« - Est-ce vraiment important que… »

« - Oui. » Interrompit-il.

Hana soupira et sourit faiblement. « - Non, ça ne l'est pas. C'est fait et je vais bien. Laisse tomber. »

« - Hana-chan. » Intervint Tokio tandis que lui et Tokaji les rejoignait. « - Comment peux-tu attendre de nous qu'on ignore cela ? Tu aurais pu être gravement blessée et que faire si ça arrive de nouveau ? »

« - Ça ne se reproduira pas. Ils n'oseront pas m'approcher une seconde fois. Et s'ils le font, je m'en sortirais encore. »

« - T'en sortir ne signifie pas que tu iras bien. » Aboya Tokaji. « - Dis-nous juste qui sont ces salauds. »

« - Je l'ai déjà dis, je ne sais pas qui c'était. Je ne me souviens pas vraiment à quoi ils ressemblaient, tout est arrivé si vite. »

« - Uniformes bleus marines. » Intervint soudainement Jun. Tous les yeux se tournèrent vers lui, y compris ceux avertisseurs d'Hana, mais il garda les siens rivé sur Tamao. « - Ils portaient des uniformes bleu marine avec un écusson représentant un aigle. Ils étaient cinq, dont un qui était plus grand et musclé que les autres, et c'est lui qui a fait toutes ces marques sur le visage d'Hana. Parce que c'est ta copine et ils voulaient te transmettre un message. Mais heureusement, Hana a géré et elle leur a foutu une belle pâtée. »

Tokio écarquilla les yeux et posa une main sur son épaule. « - Tu les as battus, Hana-chan ? Tous ? »

Hana rougit et lança un regard noir à Jun mais il restait concentré sur Tamao. « - Elle a fait ça pour toi. » Poursuivit-il. « - Pour protéger ta réputation. Te protéger. »

« - Junaki ! » Siffla-t-elle puis elle fit un sourire aux autres. « - Je ne suis pas venue ici pour ça. J'ai apporté quelques collations pour fêter sobrement ma victoire. » Tokio et Tokaji continuèrent à la regarder en silence tandis que Jun et Tamao ne se quittaient pas des yeux. Elle donna un coup dans le ventre de Tokio et son pied cogna contre le baril sur lequel Jun était assit, attirant son regard sur elle. « - Allez, régalez-vous ! La glace va finir par fondre si vous ne la mangez pas maintenant. »

Tokaji se pencha par-dessus l'épaule de Jun et piocha dans le sac de bonbons. « - Est-ce une fête ou un étalement de cochonnerie ? »

« - C'est mieux que l'alcool et le karaoké. » Répliqua-t-elle tandis que Tokio prenait un Dorito. « - Je ne pense pas avoir déjà entendu quelque chose d'aussi horrible de ma vie. »

« - C'est parce que tu n'as pas entendu Genji chanter. » Gloussa Tokio.

« - Nous n'étions pas si mal. » Protesta Jun, faisant une moue.

Hana lui balança un Dorito. « - Qu'ai-je dis à propos de manger et te taire ? »

« - Je ne me sens pas coupable ! Je me sens rejeté. »

Puis Tamao lui saisit le poignet et la leva de son siège et l'entraina avec lui. Jun commença à se lever mais Tokaji posa une main sur son épaule. Elle fut conduite hors de la station-service et s'arrêtèrent sous un arbre, hors de la vue des autres. Il lâcha son poignet et s'assit dans l'herbe sous l'arbre. « - Assis-toi. »

Hana regarda par-dessus son épaule maladroitement puis s'assit à côté de lui. « - Qu'est-ce qu'on fait ? »

Il prit une profonde inspiration. « - Hana. »

Elle haussa les sourcils. « - Quoi ? »

Il expira lentement et tourna la tête vers elle. « - A quoi diable pensais-tu ? Tu aurais dû t'enfuir. »

Elle n'avait pas envie de repenser à la nuit dernière. « - Je ne pouvais pas partir sans Jun… »

« - Alors tu aurais dû le laisser. » Bouillonnait-il. « - Ils n'étaient pas après lui, ils étaient après toi ! »

Pourquoi criait-il ? « - Je n'allais pas m'enfuir comme une poule mouillée ! »

« - Tu aurais pu finir sur une civière ou pire, morte ! C'est ce que tu veux ? »

« - Je ne veux pas être responsable de la chute de ta réputation ! »

« - Tu ne peux pas sauver quelque chose qui ne t'appartient pas, Hana ! »

« - Comment peux-tu dire que… »

« - Les gens diront toujours des choses sur moi. Cela fait parti du sacrifice que je dois faire, pas toi. »

« - Si, je le veux ! »

« - Non, tu ne peux pas ! »

« - Si, je le veux ! »

« - Doshite ? »

« - Parce que ! » Elle se mordit les lèvres mais ne continua pas. C'était même gênant qu'il le demande. « - Je suis ta petite-amie. »

Tamao pinça les lèvres, se forçant au calme, mais restait quand même assez énervé. « - As-tu une idée de ce que signifie être ma petite-amie ? La nuit dernière n'était-elle pas un exemple suffisant ? »

« - La nuit dernière m'a montré le genre de personne que je peux être, Tamao. Et ça m'a montré que je suis à la hauteur d'être ta petite-amie. » Elle était assise plus droite et regardait dans la rue. « - C'est une mentalité de combattant. Tu devrais comprendre. »

Tamao resta silencieux. Il aurait pu faire des trous dans sa tête pour tout ce qu'elle savait, mais elle entendit l'herbe bougeait. Soudain, des bras l'attrapèrent et elle fut tirée en arrière contre un corps. Il étendit ses jambes de chaque côté d'elle et il posa son menton contre sa clavicule, la tenant dans ses bras. Elle cessa de respirer tout d'abord, puis elle sourit et se cala mieux contre lui. Sentir son visage rugueux contre sa joue la fit rire, mais ils réussirent à rester tranquilles un moment, le silence s'installant entre eux pour leur permettre de profiter de ce doux instant.

Ses mains se posèrent sur ces bras musclés qui la tenait. Ironiquement, la restriction physique la mettait à l'aise.


Pauvre Jun, il resterait seul avec Tokaji et Tokio parce que Tamao avait insisté pour qu'ils aillent chez elle et qu'il examine lui-même son visage. Ils ne prirent même pas la peine d'aller prévenir les autres. La plupart de ses voisins étaient encore en cours ou en train de manger, donc personne ne vint lui poser des questions sur l'étranger qu'elle ramenait.

Hana s'installa en tailleur sur une des chaises de la table de la cuisine et Tamao tira une chaise en face d'elle, s'installant à cheval dessus. Il examina son visage, même si elle était déjà allée à l'hôpital. Ses mains étaient expérimentées et étonnamment douces. Elle ne pouvait pas s'empêcher de sourire légèrement face à cette tendresse.

« - Ça a l'air plus grave que ça en a l'air. » Dit-il d'un ton neutre. « - Les ecchymoses vont rester au moins deux semaines, mais ça désenflera d'ici quelques jours. Tu guéris rapidement. »

Hana leva un bras et fléchit le muscle. « - Je ne peux pas être brisée ! »

Il sourit, mais le cœur n'y était pas. « - Combien de fois t'ont-ils frappés ? »

« - Mm, le plus grand m'a donné la plupart des coups. Sept, peut-être huit fois. »

Il posa les mains sur ses genoux et la regarda droit dans les yeux. « - Est-ce tout ? Ils ne t'ont… rien fait d'autre ? »

Elle secoua la tête. « - Ils n'ont pas pu me tenir assez longtemps. »

Il se raidit. « - Mais ils ont essayé ? »

Hana se mordit la lèvre mais hocha la tête. « - Hai. »

La mâchoire de Tamao se contracta et il rangea le kit de premier secours. « - Ils ne s'en tireront pas comme ça, Hana. Je vais m'assurer qu'ils ne puissent plus te… » Il s'arrêta et se tourna vers elle. Ils se regardèrent puis il baissa les yeux, là où ses mains venaient soudainement de s'accrocher à sa chemise.

Elle rougit quand il la regarda de nouveau. « - Ne fais pas ça. Tu as déjà assez d'ennui avec Housen. »

Il hocha la tête. Puis il démêla ses jambes et les étendit de chaque côté de lui. Elle garda les yeux sur lui, mais son corps picota avec des sensations sauvages. Il glissa alors un bras autour de sa taille et l'attira à lui, la faisant enfourcher ses genoux. Elle haleta quand elle se retrouva à cheval sur lui, ses hanches glissant parfaitement contre les siennes. « - Que fais-tu ? » Murmura-t-elle.

Il caressa son visage d'une main tandis que l'autre allait se perdre dans ses cheveux. « - Je te séduis. »

Quel que soit ce qu'elle ait rêvé de ses lèvres irréprochables ne fut rien comparé au splendide frisson qui la traversa quand elles se posèrent enfin sur les siennes en un baiser passionné, alors que sa langue allait à la rencontre de la sienne. Elle avait arrêté de respirer, mais son cœur battait à cent à l'heure. Puis elle réalisa qu'elle était immobile, alors elle ferma les yeux et remua les lèvres en retour.

Cela l'incita à continuer et la main qui se trouvait sur son visage alla se poser au bas de son dos, la forçant à se coller un peu plus contre sa poitrine. Elle passa ses bras autour de son cou, ne voulant pas mettre de distance entre leurs deux corps.

Mais il y avait quelque chose et ses mains et ses mains se glissant sous sa chemise fut un rappel. Son visage était peut-être blessé, mais le reste de son corps avait lui aussi fait les frais de la bagarre, c'est pour cela qu'elle portait un chemisier à col haut pour dissimuler ses autres bleus. Ils étaient légers, et ses mains fortes sur sa peau les lui firent oublier alors qu'elle frissonnait.

Il grogna subitement, saisit ses cuisses, puis dans un mouvement audacieux, la souleva pour la poser sur la table de la cuisine. Les mains de Tamao glissaient avec impatience sur son corps, lui arrachant des soupirs alors que ses doigts retraçaient les courbes de son corps. Ses mains la parcoururent complètement jusqu'à ses cuisses, sans jamais rompre leur baiser passionné. Elle sentait le froid de la table sous sa peau mais gardait ses jambes serrées autour de lui et serra son visage entre ses mains tremblantes.

Ses doigts musclés défaisaient les boutons de sa chemise… mon dieu, qu'elle aimait la sensation de ses doigts calleux contre sa peau… et la première barrière de vêtement tomba. Il ne faisait pas froid dans l'appartement, mais la façon dont il la regardait lui envoyait des frissons jusque dans sa colonne vertébrale.

Elle voulait lui faire ressentir la même chose. Ses propres doigts glissèrent vers les boutons de sa chemise alors que ses lèvres allaient se poser dans son cou. Cependant, elle n'arrivait pas à les défaire, alors dans un élan de frustration et de désir, elle saisit le col de la chemise et tira fortement, arrachant les boutons sans état d'âme. Elle fit glisser le tissu sur ses épaules puis pressa ses mains contre sa poitrine nue et une ligne de poil disparaissait sous la ceinture, de la même couleur que ses cheveux.

Tamao la fit glisser de la table, et le linoléum était presque comme du glaçon contre ses pieds brûlants. Il prit son visage entre ses deux mains et l'embrassa lentement. C'était bon et elle se serra contre lui. Le contact de leurs peaux nues l'une contre l'autre les fit frissonner. Progressivement, le baiser prit fin et leurs lèvres se séparèrent.

Hana pouvait à peine respirer maintenant que la passion cédait la place à la réalité. L'espace physique entre eux existait à peine mais ça ne la gênait pas. Son esprit semblait aussi brouillé que le sien, elle était contente de le découvrir. Elle ouvrit la bouche, mais il déplaça sa tête alors qu'il la serrait fortement dans ses bras. Elle glissa sa joue dans son cou.

Oh, combien elle se sentait sûre et en sécurité à cet instant. Comment pourrait-il un jour s'en passer ?

« - Gomen. » Dit-il brusquement. « - Si je n'avais pas agi comme ça ce jour-là, tu n'aurais jamais été impliqué dans cette affaire. Ça n'aurait jamais dû t'arriver. »

Elle sourit contre sa peau. « - Tu as fais ce que tu pensais être juste, même si je ne pense pas que casser mon appareil photo était juste. »

Il s'écarta lentement mais ne leva pas les yeux. Il regarda ses mains se glisser vers le devant de son pantalon et détacher le bouton. Il descendit sans effort la fermeture éclaire et passa soigneusement ses doigts le long de ses hanches, faisant inévitablement descendre le vêtement. Ses doigts caressèrent la limite du sous-vêtement et sa peau satinée.

Puis il la regarda. « - Je te voulais. Vraiment. Mais je ne voulais pas de distraction alors j'ai essayé de t'effrayer. C'est pour cela que j'ai cassé ton appareil photo. »

Hana cligna des yeux puis secoua la tête en souriant. « - Baka. Si tu ne me voulais pas près de toi, tu n'aurais pas dû venir au concours. » Son pantalon finit par tomber complètement le long de ses jambes alors que les mains caressaient toujours ses hanches. Puis, elle fit un pas en arrière. « - Ou m'aider au bar. M'acheter un nouvel appareil photo. Me sauver d'Asako. Me laisser fréquenter tes amis ou m'apprendre ce que signifie être un corbeau. »

Elle passa les mains dans son dos pour défaire son soutien-gorge. Elle le balança au loin puis fit glisser sa culotte le long de ses jambes. Ses joues étaient rouges quand elle releva les yeux vers lui. « - Si tu veux toujours de moi, prends-moi. Parce que je ne te quitterais pas. Jamais. » Elle sourit timidement. « - Je t'aime, Tamao. »

La poitrine de Tamao se soulevait rapidement, mais ses yeux étaient rivés aux siens. « - Hana. » Il parcourut la faible distance entre eux et caressa son visage et ses cheveux. « - Tu n'aurais pas dû me dire ça. Maintenant, tu ne te débarrasseras jamais de moi. » Son regard se fit possessif. « - Tu es à moi. Ma petite-amie. » Puis il l'embrassa de nouveau et toutes ses pensées s'envolèrent alors qu'un bonheur passionné l'envahissait à chaque coup de langue, à chaque caresse.

La chambre n'avait jamais semblé si loin.


C'était un doux rêve. L'avait-elle imaginé ? Pourquoi l'avait-elle fait ? C'était doux, mais la réalité serait amère, du moins pour un temps. Comme le goût salé après avoir bu du lait, le goût originel devenait dégoûtant quand un arrière-goût s'attardait. Et ça sentait le poisson.

Hana ouvrit les yeux et fixa l'oreiller qu'elle serrait dans ses bras. Les couvertures étaient sans-dessus-dessous, la couvrant seulement que jusqu'à sa taille nue et elle était seule. Pourtant, l'air sentait le poisson.

A l'extérieur de la chambre, quelqu'un se déplaçait discrètement et l'odeur venait de là. Rêvait-elle encore ?

Hana se glissa hors du lit et enfila un tee-shirt trop grand pour elle avant d'aller dans le salon. Elle sourit instantanément alors qu'elle s'approchait de la cuisine. « - Je ne savais pas que tu savais cuisiner. »

Tamao leva les yeux de la poêle et sourit en retour. « - Ma cousine fait une formation pour devenir une pâtissière de renommée mondiale. J'ai appris quelques petites choses au passage. » Il désigna la table déjà dressée. « - Assis-toi. »

Elle s'installa à la table, face à lui pour pouvoir le regarder et croisa les bras. « - Tamao-sempai. » Il la regarda et elle sourit en voyant sa surprise. « - Je suis contente que tu saches cuisiner, parce que je brûle encore le pain grillé. »

Il sourit et continua de cuisiner. « - Décidément les artistes n'ont pas de compétences utiles. »

« - Oie. »

« - Les femmes devraient savoir cuisiner. Comment peux-tu arriver à faire brûler des toasts ? Ta mère ne t'a rien enseigné ? »

« - Je passais tout mon temps le nez dans un livre ! »

« - Nandemo iinjyanai. » Il éteignit le feu alors qu'il levait la poêle et versa le contenu dans deux assiettes. « - Totalement inutile. » Marmonna-t-il alors qu'il se retourna et mettait la poêle dans l'évier. Elle se mit à rire silencieusement mais le dissimula quand il revint. « - Compte sur Sumi pour t'apprendre quelques trucs. Je suis étonné que tu ne sois pas encore morte de faim. »

« - La ferme. » Elle joint alors les mains et sourit. « - Itadakimasu ! » Puis elle saisit ses couverts puis se mit à dévorer le repas.

Il sourit et se mit à manger aussi. « - Tu manges comme un clochard affamé. »

Hana le foudroya du regard défensivement. « - Regarde qui parle. Tu t'habille comme mon oncle mort. »

« - C'est confortable. »

« - S'habiller avec des loques, comme un sans-abri ? »

« - Dis la fille qui a arraché tous les boutons de ma chemise la nuit dernière ? »

Elle rougit puis lui donna un coup de pied quand il sourit victorieusement. Il grogna mais elle feint de ne pas s'en soucier. « - Je t'en achèterais une autre. »

« - Oublie ça. » Maugréa-t-il. « - Les vagabonds ont leur fierté aussi. »

« - Je pourrais me tromper. » Elle désigna sa poitrine nue. « - Quel genre de chemise veux-tu ? »

« - Je n'en veux pas. Tu vas l'utiliser comme un moyen d'obtenir plus d'argent de ma part. On pourrait aussi bien être déjà marié. »

« - Tu me devais cet appareil photo ! D'ailleurs, je n'ai plus besoin de toi pour l'argent. » Elle pencha la tête et rougit. « - Je t'ai pour le sexe maintenant. »

Tamao fit une pause puis se mit à rire. « - C'est tellement mieux ! »

« - Tu devrais te sentir chanceux ! » Puis Hana se leva de table pour aller chercher son téléphone portable qui sonnait. Elle le sortit de son sac et décrocha. « - Moshi moshi ? »

« - Hana-chan ? »

« - Sumi-chan ? » Tamao et elle échangèrent un regard. « - Quoi de neuf ? »

« - Sais-tu où est Tamao ? »

« - Oui, il est ici. »

« - Dis-lui de se rendre à Suzuran. »

« - Doshite ? » Sumi gardait son sang-froid mais Hana pouvait entendre l'urgence dans sa voix.

« - Genji va affronter Rinda-Man à nouveau. Il a besoin de soutien. »

« - Que veux-tu dire ? »

Sumi fit une pause durant cinq longues secondes. « - Ne le dis pas à Tamao. Il doit juste aller là-bas. Mais… quelqu'un a essayé de tuer le père de Genji. »

Hana était heureuse que Tamao se soit remis à manger parce qu'elle écarquilla stupidement les yeux. Assassiner. Ou tenté d'assassiner dans ce cas. C'était épouvantable, mais le pourquoi de l'acte était évident. Elle se força à sourire et écarta le téléphone de son oreille. « - Tamao. » Il leva les yeux. « - Sumi dit que tu dois aller à Suzuran. Genji va défier Rinda-Man à nouveau. »

Tamao se leva immédiatement et enfila sa chemise dépourvu de bouton. « - Profite de ton petit-déjeuner. Je serais de retour plus tard. » Il lui embrassa la tempe et se dirigea vers la porte. « - Sois sage ! »

« - Ca compte pour toi aussi ! » Dès que la porte claqua, elle remit le téléphone contre l'oreille. « - Raconte-moi tout. »


C'était une terrible idée. Que diable faisait-elle ici ? Si Tamao le découvrait, les choses pouvaient devenir difficiles. Mais elle devait faire ça. L'odeur de la sueur était un rappel constant.

« - Narumi ! »

Toutes les têtes se tournèrent vers elle et un homme attrapa son bras lors de son avancée. Elle le repoussa et essaya de passer, mais il reprit son bras et le lui tordit dans le dos. Elle se débattit sauvagement contre lui. « - Narumi ! » Une main attrapa son cou et serra.

« - Ryo ! » Les mouvements cessèrent et Narumi traversa la pièce. « - Laisse-la passer. »

Hana repoussa aussitôt le gars et se retourna. Sa main alla s'abattre contre sa joue mais sa fureur ne diminua pas quand elle vit son visage. C'était lui qui l'avait attaqué quand elle était avec Makise. Elle le fixa. « - Ryo, hein ? » Il ne semblait pas dérouté par son attaque. « - Je m'occuperais de toi plus tard. » Elle se tourna vers Narumi et s'approcha de lui. « - Fais-les sortir. »

Narumi sourit mais leur fit signe de partir. « - Que puis-je pour toi, Hana-chan ? »

« - Où étais-tu hier soir ? »

« - Dehors. »

« - Tu faisais quoi ? »

« - Je comptais les étoiles. » Fit-il en haussant sarcastiquement un sourcil. « - Pourquoi es-tu là ? »

« - Tu as rencontré Genji ? »

Il parut amusé. « - Je l'ai croisé par hasard, plus exactement. »

« - Que lui as-tu dis ? »

« - Je lui ai donné mon briquet. » Il pencha la tête. « - Pourquoi me poses-tu toutes ces questions ? »

« - Le père de Genji a été attaqué la nuit dernière. » Elle le regarda avec soupçon. « - Le savais-tu ? »

« - Iie, mais alors quoi ? Tu es venu ici pour m'accuser ? »

« - Iie. » Hana se força à faire reculer sa colère. « - Je te connais assez bien, Narumi. Tu combats avec un code. Les tactiques de lâches, ce n'est pas ton genre, je suis seulement ici pour te prévenir de comment les autres vont réagir. Ça devient de plus en plus tendu entre Housen et Suzuran, alors je suis venu t'avertir : avance doucement. »

Narumi sourit et se rapprocha. « - Tu parles comme quelqu'un qui a déjà choisi son camp dans cette guerre. »

« - Je suis avec Suzuran. » Répondit-elle franchement. « - Je suis la petite-amie de Tamao maintenant. »

« - Vraiment ? » Il pencha la tête et étudia son visage. « - Tu aimes les mecs qui te frappent au visage ? »

Ce fut instinctif mais sa main alla le gifler au visage avec une vitesse impressionnante. « - Baka Yaro. » Marmonna-t-elle sombrement alors qu'elle s'éloignait et claquait la porte derrière elle.


Pourquoi était-elle allée l'avertir ? C'était un homme cultivé, il pouvait prendre soin de lui. Mais elle avait besoin de savoir.

Pourquoi ? Genji ne savait pas qui elle était, et Narumi n'avait rien à voir avec ce qui était arrivé au père de Genji. Pourtant, Sumi l'avait découvert. Cela donnait une raison suffisante pour qu'Hana doute. Si Sumi savait, d'autres pourraient le savoir aussi. Elle était avec Suzuran, mais elle appréciait Narumi. Vraiment.

« - Oie. » Cette voix était reconnaissable et elle gémit intérieurement. Non, pas ces idiots de nouveau.

Hana se tourna et posa ses mains sur ses hanches. « - Vous ne comptez pas sérieusement vous frotter de nouveau à moi, n'est-ce pas ? »

« - Nous n'allons pas te faciliter la tâche cette fois. » Grogna le grand homme. « - Tu n'as pas encore récupérée. Tu penses vraiment t'en sortir peut-être ? »

« - Ajoute à ton équation… » Intervint une autre voix. « - Une dose de chance. » Hana ne tourna pas la tête, mais elle reconnut la silhouette qui se posta à ses côtés.

Le grand s'agita et l'un des autres gars parla nerveusement. « - Narumi. »

Le mastodonte grogna. « - Qu'est-ce que Housen a à voir avec la copine de Serizawa ? Si tu pars maintenant, peut-être que je vais rester calme, hein, Narumi ? »

« - Les perdants comme toi ne m'intéresse pas. Mais si tu pars maintenant, je vais peut-être te laisser avec tous tes doigts. »

« - Tu crois que je suis intimidé par toi ? »

« - Oie. » Ils se retournèrent et virent Tamao. Quand il s'approcha, elle n'en étais pas sûre, mais son regard aurait pu les tuer sur le champ. « - Vous êtes les connards qui avez attaqués Hana ? »

« - Serizawa. » Interrompit Narumi. « - Nous pouvons gérer ça. »

« - Et que pensez-vous pouvoir nous faire qu'à deux, connards ? » Hurla le sosie de Goliath.

« - Pas deux. » Corrigea Tamao en marchant calmement vers lui. « - Juste un, connard. » Puis il donna un violent coup de poing juste entre ses yeux globuleux et, bien que le gars resta debout quelques secondes, il s'effondra inconscient. Les autres ne cherchèrent même pas à tenter leur chance.

Tamao ne perdit pas son temps à les retenir et franchi la distance qui les séparait d'eux. « - Que fais-tu ici, Narumi ? »

« - Je donne un coup de main. » Il regarda Hana. « - Je ne voulais pas qu'Hana se retrouve à nouveau prise au milieu d'un combat. »

« - C'est à moi de m'en préoccuper. » Dit fermement Tamao, attirant le regard de Narumi sur lui. « - Pas toi. »

Narumi sourit. « - Je m'embrasse pas une fille sans prendre mes responsabilités envers elle après. »

Tamao était plus petit que Narumi, mais cela ne l'empêcha pas de le regarder droit dans les yeux alors que seulement quelques centimètres les séparaient. « - Alors tu ne devrais pas embrassé la fille d'un autre homme. »

Narumi continua à sourire à Tamao dont l'énervement ne semblait pas vouloir reculer. Hana passa son bras autour du coude de Tamao et lui prit la main avec l'autre. « - Tamao. » Murmura-t-elle. Il la regarda et il dû voir son inquiétude, car son énervement diminua un peu.

« - Alors. » Ils tournèrent les yeux vers Narumi dont le sourire avait disparu. « - Tu es la petite-amie de Serizawa. »

Hana savait qu'il était bouleversé mais elle hocha la tête. « - Hai. »

Le sourire revint et il recula. « - Serizawa, assure-toi que ton chef est digne pour me faire face. »

Tamao se raidit instinctivement mais il ne lui sauta pas dessus. « - Ne t'inquiète pas. Si Takiya ne te détruis pas, je le ferais. »

« - J'en suis impatient. » Puis Narumi se tourna et s'éloigna.

Hana soupira légèrement, un peu triste de comment les choses s'était passé avec Narumi, mais elle porta son attention sur Tamao. « - Est-ce que Genji a battu Rinda-man ? »

Les yeux de Tamao ne quittèrent pas le départ de Narumi. « - Iie. Mais il a fait mieux. »

« - Bon. » Elle lui lâcha le bras et se mit en face de lui, le forçant à la regarder. « - Va-t-il bien ? »

« - Bien. » Il se passa une main dans les cheveux puis se tourna et s'éloigna. « - Je dois rentrer. Tokio veut me voir. »

« - Ok. » Elle semblait plus soucieuse qu'elle ne le voulait et Tamao s'arrêta.

Il hésita puis se décida à parler. « - T'a-t-il vraiment embrassé ? »

Elle voulait lui dire non car après tout, elle ne l'avait pas voulu elle. Mais à la place, elle soupira. « - Hai. La nuit où ils ont fait les embuscades. »

Il hocha la tête. « - Soka. » Puis il partit.

Hana ne le suivit pas. Il ne le voulait pas. Résignée à sa solitude, elle rentra à son appartement dans l'espoir de faire un peu de ménage.

Pas de chance, Jun débarqua avec des bières et des films une heure plus tard. Elle se passa de la bière, mais accueillit avec soulagement sa présence et les films qui la distrairaient. Enfin, en quelque sorte. La plupart des films parlaient de Yakuza, mais elle appréciait l'idée tout de même. Jun finit par boire pratiquement toutes les bières alors qu'ils regardaient un deuxième film. Il n'était toujours pas habituer à l'alcool et ne lutta pas contre les effets secondaires.

Tamao n'appela pas une seule fois. Suzuran devait monopoliser tout son temps. Elle voulait lui donner le bénéfice du doute, mais sa colère l'avait rendu nerveuse. Il ne l'éviterait pas, ils étaient passés au-dessus de ça, mais ce doute était horrible. L'appel ne vint jamais.

Impossible de se concentrer, elle coucha Jun sur le canapé, saisit son téléphone et partit pour Suzuran. Personne ne l'aborda alors qu'elle avançait dans les rues sombres et désertes. Plus d'une fois, elle tourna dans la mauvaise rue. Elle n'avait jamais était à l'école pendant la nuit, comment pouvait-elle s'attendre à la trouver facilement ?

Enfin ce n'était pas important, parce qu'un bâtiment de l'école était en feu et la fumée qui s'élevait était voyante au loin.

« - Oh mon dieu. »

A suivre…