Bonjour tout le monde !

Après plusieurs mois sans rien publier (juste un OS en deux ans je crois xD ) je reviens avec une fanfiction sur mon couple préféré : Drago/Hermione ! =)

Ca fait longtemps que je suis dessus, près de 3 ans, et j'espère que vous prendrez plaisir à la lire, autant que j'en ai pris à l'écrire ;)

Ca n'a peut-être pas d'importance, mais je précise que j'ai fini de l'écrire. Elle est donc complète et il n'y a donc a priori pas de risque d'abandon ni de manque d'inspiration (même s'il y a eu de long mois où elle est restée en suspens ces dernières années xD).

Voili, voilou. Comme d'habitude, les personnages et l'univers appartiennent à la fantastique J.K. Rowling, hormis ceux que j'ai inventés.

Bonne lecture à tous =)


Dans une agglomération écossaise de taille considérable, où les statistiques de délinquances frôlaient des sommets, la place Isaac Newton était bondée, comme tous les dimanches matin, jour de marché. A première vue, tout était calme. Les badauds passaient d'étal en étal, admiraient tantôt tel article, critiquaient ensuite les prix trop élevés, et finissaient par négocier avec le vendeur, parvenant parfois à un accord si ce dernier était de bonne humeur. Supervisant tout ce petit monde d'un œil inquisiteur, les quelques policiers mobilisés pour l'occasion, de nouvelles recrues, marchaient d'un pas assuré et fier à travers la foule, le regard impassible, suscitant admiration chez certains enfants et crainte chez d'autres.

- AU VOLEUR ! RATTRAPEZ CETTE GAMINE ! hurla alors un commerçant, le visage déformé par un rictus de rage, alors qu'une gamine d'une dizaine d'année s'enfuyait en courant à travers les allées bondées.

Aussitôt, les policiers, secondés par quelques civils, se lancèrent à sa poursuite, n'hésitant pas à bousculer quiconque les ralentissait dans leur course-poursuite.

L'adolescente, elle, ne brusquait personne. Avec une souplesse impressionnante, elle glissait le long des badauds qui se mettaient en travers de son chemin, effaçaient ses épaules de façon à les éviter, pour ensuite reprendre sa course.

Elle sauta par dessus un chien se trouvant sur son chemin, chaparda une pomme sur l'étal d'un marchand qui joignit ses cris de protestations à ceux des hommes d'armes.

Ces derniers continuaient seuls leur poursuite, les quelques passants qui les avaient rejoint ayant jeté l'éponge, épuisés. Mieux entraînés à la course qu'eux, les policiers courraient, hurlant à la fillette d'arrêter, de revenir, mais elle ne les écoutait pas.

Lorsque la jeune fille, sortant de la place du marché, obliqua à l'angle d'une rue, les hommes en uniformes échangèrent un regard entendu. Elle était coincée. La ruelle qu'elle venait d'emprunter était une impasse, ils n'auraient aucun mal à l'attraper. Un sourire naquit sur leurs lèvres et ils accélérèrent l'allure, sans aucun doute sur leur succès proche. Ils étaient débutants, ils ne pouvaient pas savoir.

Quand ils arrivèrent dans la ruelle, ils s'arrêtèrent net. La gamine était entrain d'escalader le mur. Elle avait jeté ce qu'elle avait chapardé de l'autre côté, et s'aidait maintenant des joints mal faits qui lui offraient de belles prises qu'elle crochetait pour se hisser jusque sur les briques supérieures.

Elle y parvint lorsque les policiers reprirent leurs esprits.

- Toi, là, descend, et viens ici toute suite ! aboya l'un d'eux.

La jeune fille se retourna, et les battements de son cœur affolé se calmèrent en constatant qu'elle était hors d'atteinte, et que les hommes qui lui faisaient face ne semblaient pas approcher pour venir la chercher.

- Allez ma belle, sois gentille ! Tu nous rends ce que tu as pris, et on oublie, d'accord ? proposa un deuxième homme d'une voix mielleuse, comme s'il s'adressait à une mioche de cinq ans.

- Ne sois pas stupide, tu vois bien qu'il n'y a pas d'issue, tu ne vas quand même pas sauter ! renchérit un troisième en s'avançant.

La fillette pencha la tête sur le côté. Ses lèvres s'étirèrent en un sourire insolent et, soudainement, elle se retourna et bondit.

A quelques dizaines de mètres, les hommes d'armes se figèrent de stupeur. Dans le silence qui s'était installé dans la ruelle, ils entendirent nettement le bruit qu'elle fit en atterrissant sur quelque chose qui devait être en taule. Ils échangèrent un regard ahuri, et, comme ils tenaient à leur honneur, décidèrent silencieusement et d'un commun accord de ne pas rapporter cette aventure à leurs supérieurs, sous peine d'être la risée de toute leur caserne. Une gamine de dix ans leur avait filé entre les doigts sans qu'ils n'aient rien pu faire…

Même si, plus tard, ils ne pipèrent mot à leurs collègues, qui pourtant avaient l'air d'être au courant de leur mésaventure, leur amour-propre en prit un sacré coup.

La fillette atterrit souplement sur le sol, soulagée. Son cœur reprit un rythme normal et elle sourit victorieusement. Elle avait une fois de plus réussi, et s'en sortait indemne.

C'était si facile ! Ces lourdauds et fortunés marchands ne se méfiaient jamais d'elle. Qui s'en serait méfiée ?

Si elle semblait petite aux yeux des adultes, elle était pourtant grande pour son âge. Ses longs cheveux roux-brun ramenés en une queue de cheval encadraient un visage innocent aux traits réguliers et harmonieux, à la peau pâle malgré le Soleil qui tapait déjà en cette fin de printemps. Rien en elle ne laissait deviner son côté rebelle et sauvage, si ce n'étaient ses gestes vifs et son regard farouche et méfiant. Après tout, la plupart des enfants de son âge portaient également des habits trop grands hérités de leurs aînés, et tachés d'avoir été portés lors de jeux plus ou moins propres. Aussi ses vêtements amples et sales ne se remarquaient-ils pas plus que cela.

Approcher d'un étale, se fondre entre les adultes, attendre que le marchand soit occupé, puis rapidement, agilement, tendre le bras, attraper l'objet convoité, et courir, vite, toujours plus vite, slalomer entre les passants, danser avec eux, se couler dans leurs mouvements pour les éviter, reprendre la course, semer les poursuivants. Assez débiles pour la croire naïve au point de revenir bien gentiment vers eux ! Tout cela était son passe-temps quotidien, ce qui occupait une grande partie de ses journées, quand elle ne jouait pas à se chamailler avec les autres enfants dans les aires de jeux.

Elle récupéra sa bandoulière au sol et en sortit une miche de pain encore chaude et croustillante, tout juste sortie du four. Un sourire apparut sur ses lèvres. Aujourd'hui, elle mangerait bien ! Sans compter la pomme qu'elle avait chapardé au marchand de fruit. Car depuis qu'Il avait disparu, quatre mois plus tôt, ses conditions de vie s'étaient considérablement dégradées.

Posant le tout sur une caisse de bois accolée au mur, elle épousseta un instant ses vêtements et reprit ses biens… avant de se figer sur place. Devant elle, alors que, quelques secondes plus tôt, il n'y avait personne, se tenait une femme.

La surprise passée, la fillette évalua rapidement la situation et jeta un coup d'œil circulaire autour d'elle. Elle ne pouvait fuir en escaladant le mur qu'elle venait de franchir, sous peine de se faire attraper par les policiers, certainement mécontents de leur échec. Elle ne pouvait pas non plus grimper le long de la façade située à sa droite. Pas assez de prises, et le peu qu'il y en avait étaient petites et glissantes. Pas sûres lorsque l'on voulait prendre la fuite.

- Ce n'est pas bien de voler, fit alors la femme d'une voix sévère. Vous allez devoir apprendre les bonnes manières si vous souhaitez entrer à Poudlard.

La gamine tressaillit et, ravalant la panique qui commençait à monter en elle, prit le temps d'évaluer son adversaire du regard. Grande, mince, âgée, très âgée, aux cheveux poivrés coiffés en un chignon strict, aux yeux verts perçant entourés de lunettes carrées. Elle n'avait rien d'un policier et ne semblait pas être hostile, même si elle arborait un visage intransigeant.

- Qu'est-ce que vous voulez ? lança hargneusement la rouquine en serrant contre elle son butin.

- Ce n'est pas bien de voler, Miss Westinger.


Harry James Potter, Hermione Jean Granger, et Ronald Billius Weasley, tous trois âgés de 17 ans, ont reçu hier l'Ordre de Merlin Première Classe pour avoir sauvé le monde sorcier de la Terreur imposée par Vous-Savez-Qui. Affichant un visage grave, le Survivant, parlant au nom du « Trio d'Or » comme les appellent leurs anciens camarades d'école, a souhaité rappeler que sans leurs proches, sans leurs amis, et sans l'ancien directeur de Poudlard, ils n'auraient jamais réussi à éliminer Vous-Savez-Qui.

Les trois jeunes sorciers ne sont restés que très peu de temps à la cérémonie, mais nos reporters ont pu de leur poser quelques questions avant qu'ils ne s'éclipsent. Nos journalistes les ont notamment interrogé sur ce qu'ils comptaient faire à présent que la guerre est belle et bien finie. A cette question, ils ont répondu qu'ils allaient mener une vie comme tout le monde. C'est à dire trouver un emploi, fonder une famille et vivre en essayant d'être heureux, sans pour autant oublier les victimes de la guerre. Nous leur souhaitons donc bonne chance au nom de toute l'équipe de la Gazette du Sorcier.

Peter Smith, reporter pour la Gazette du Sorcier, le 15 Août 1998.

Ce n'était que la fin du premier paragraphe. En vérité, les nouvelles sur les vainqueurs de la guerre, et plus particulièrement sur trois d'entre eux, couraient sur de nombreuses lignes, recouvrant toute une page, ainsi que celle d'après, et celle venant encore après. Quatre pages, cinq pages, six pages. Tout le journal leur était dédié.

Journal qui ne tarda pas à traverser la pièce sur toute sa longueur pour venir s'écraser contre le mur de pierre suintant, avant de glisser mollement sur une pile de ses semblables.

Dans les couloirs, les pas lourds des gardes résonnaient contre les pierres nues. L'ambiance des lieux, déjà sinistre au possible, n'en était que renforcée. Dans un parfait accord, la vingtaine de colosses s'occupant de « l'étage rouge » comme il était appelé, s'arrêtèrent devant les vingt pièces exiguës du couloir. Ils pointèrent tous leur baguette sur le verrou des portes, murmurèrent un sortilège, poussèrent les panneaux métalliques et, baguettes levées, ils entrèrent dans les cagibis, trop petits pour mériter le nom de chambres. Ce n'en étaient d'ailleurs pas.

Quelques secondes plus tard, dix-neuf d'entre eux en ressortaient en tenant un Homme en joue. Le dernier d'entre eux ressortit en faisant léviter derrière lui le cadavre d'un vingtième.

Le silence se fit dans le couloir.

Pesant.

Mortel.

Les gardes lancèrent un rapide coup d'œil au cadavre. Aucun d'eux ne cilla. Les hommes et les femmes qu'ils tenaient baguette en joue frissonnèrent.

Certains parce qu'ils connaissaient la victime. Un voisin, une connaissance, un ami.

D'autres parce que, plus sensibles que leurs voisins, et malgré tout ce qu'ils avaient fait dans leur vie, ne supportaient pas la vue d'un cadavre.

Tous, parce qu'ils se demandaient quand viendrait leur tour, quand ils se retrouveraient eux aussi flottant au bout d'une baguette.

Ils n'eurent pas le temps de s'éterniser. Tandis que le vingtième garde emmenait la dépouille, les dix-neuf autres traînèrent leurs proies jusqu'aux réfectoires.

Pièce sombre, au plafond bas, où régnait une odeur nauséabonde d'aliments pourris mélangée à celle des personnes dont les douches ne coulaient plus, le réfectoire était pourtant la pièce préférée de nombreux résidents du bâtiment, si l'on pouvaient se permettre de leur donner cette appellation.

Depuis un moment cependant, il y avait de moins en moins de monde attablé autour des longues tables de bois branlantes.

Beaucoup se demandaient où étaient passés leurs compagnons d'infortune, et comme dans tout endroit isolé du monde des vivants, les hypothèses et rumeurs les plus folles allaient bon train. Certains allaient même jusqu'à raconter que les absents avaient été découpés en morceaux, et qu'ils étaient maintenant dans les assiettes, une fourchette plantée dans un des nombreux morceaux de leur anatomie. Évidemment, peu les croyait, mais entendre pareille chose quand on mâchait une mixture collante au goût infecte n'incitait en rien à avaler.

Les gardiens firent asseoir les dix-neuf hommes et femmes et allèrent se poster à l'entrée de la pièce, près de leurs collègues tandis qu'on déposait les assiettes pleines d'un mélange étrange appelé ragoût par les cuisiniers.

Certains se jetèrent sans attendre dessus. Même si le goût était horrible, c'était de la nourriture, et il en fallait pour survivre dans pareil milieu.

D'autres, comme lui, tournèrent leur cuillère dans le potage, hésitant entre l'ingérer et mourir d'une maladie due aux aliments avariés, ou ne pas l'avaler et mourir de faim.

Avant qu'il ne décide de ne pas y toucher, le contenu de son assiette se trouvait dans l'estomac de son voisin, qui s'empiffrait comme un porc derrière une pile de 6 assiettes vides, sur lesquelles vint s'en ajouter une 7ème. Encore un qui essayait d'atteindre la crise de foi afin de se faire transférer à St Mangouste pour obtenir des soins, le bâtiment n'étant pas équipé pour.

L'homme à qui on avait piqué l'assiette le regarda avec dégoût et mépris avant de détourner la tête de cet horrible spectacle. Malheureusement pour lui, son regard se posa sur un autre prisonnier, qui embrassait bestialement une femme hideuse _ comment aurait-elle pu être autrement en vivant dans cet endroit sordide ? Les mains de l'homme se perdirent sous les lambeaux de vêtements et avant que ça ne dégénère, un des gardes leur lança un maléfice. Plus loin, un autre homme pleurait sans retenu sur l'épaule de son voisin, qui mangeait son ragoût avec ses doigts, en mettant la moitié partout sauf dans sa bouche.

Horrible vision que ces hommes redevenus bêtes.

Espoir d'un avenir meilleur qui s'estompe avec le temps.

Vie antérieure qui recule dans les souvenirs nostalgiques de la mémoire.

Tout cela tenait en un mot, en un seul et unique mot.

Voyant qu'il avait fini de manger, un garde s'avança vers lui, l'empoigna par le bras gauche qu'il lui tordit à moitié, le faisant hurler de douleur, avant de le tirer hors de la salle. Ils longèrent de nombreux couloirs et, lorsqu'ils arrivèrent devant une porte de bois massive, il ne rester plus grand chose de l'homme que le gardien tenait en joue. Ne reconnaissant pas les couloirs, et craignant qu'on ne l'emmène dans une pièce d'où ne sortaient que des hurlements de douleurs, il s'était débattu, et avait durement payé son comportement déplacé.

Le garde frappa et entra lorsqu'on lui en donna l'ordre. Il jeta ce qu'il restait de l'homme sur une chaise se trouvant devant un large bureau de chêne et à l'aide d'un maléfice, le ligota solidement, prenant un sadique plaisir à l'entendre gémir lorsque les cordes lui entaillèrent les poignets. Satisfait, il sortit de la pièce.

Edgar Uitiosus, debout derrière son imposant bureau, un cigare coincé entre les lèvres, eut un sourire mesquin en entendant la respiration saccadée de l'homme qui était dans la pièce, ficelé sur une chaise.

- Le voyage jusqu'ici n'a pas était trop… douloureux ? s'enquit-il en se retournant, un rictus mauvais sur le visage.

En face de lui, l'homme n'avait pas relevé la tête. Ses longs cheveux gris retombaient en mèches épaisses sur ses yeux, et quand il daigna lever son regard sur le petit homme qui lui faisait face, ce dernier frissonna malgré tout.

Des yeux d'acier,

Profonds, glacés, brillants.

Fous.

- Hum… se reprit-il, masquant son trouble. Vous êtes donc le détenu R.1998.12. Ou devrais-je dire,… l'ancien mangemort Drago Malfoy.

Uitiosus eut un sourire pervers en voyant le captif tressaillir et la lueur de ses yeux s'amplifier. Il aimait les pousser à bout, les voir craquer, enrager, fulminer en constatant qu'ils ne pouvaient pas lui sauter à la gorge pour l'égorger. Il avait toujours pris ses précautions, les faisant solidement attacher à une chaise, leur montrant là encore sa supériorité.

Lui debout, dominant.

Eux assis, dominés.

Prisonniers.

Il fut cependant déçu en remarquant que sa nouvelle victime du jour ne cherchait pas à défaire ses liens pour l'écorcher vif. Aussi décida-t-il de pousser le bouchon un peu plus loin.

- Votre silence est éloquent. Vous avez donc été condamné pour…14 ans, pour complicité de meurtre sur la personne d'Albus Dumbledore. Et votre peine, de 20 ans comme il en avait été premièrement décidé, a été allégé de 6 ans après que vous aillez contribué à l'arrestation de votre tante Bellatrix Lestrange en nous donnant des informations sur le lieu où elle se terrait. Vous voyez Malfoy, je ne connais pas uniquement votre nom.

Le directeur de la prison eut un froncement de sourcil contrarié. Malfoy ne réagissait pas. Du moins, pas comme il l'aurait voulu. Oh ça, il bouillonnait de l'intérieur, un aveugle l'aurait remarqué tant la tension qui émanait de lui était palpable. Mais il ne bougeait pas. Ne cherchait pas à le contredire, ni à lui répondre et encore moins à se libérer des cordes qui lui brûlait la chair des poignets.

Ne se démontant pas pour autant, il continua :

- 14 ans… Votre jugement n'aurait tenu qu'à moi, je vous aurez condamné à mort… ou à perpétuité, si j'avais été sous un bon jour, au moins pour punir votre père, ce larbin qui s'en sort indemne ! Le juge responsable de son procès était ivre le jour où il l'a innocenté ! s'écria-t-il, un accès de haine s'emparant de lui.

Il s'arrêta soudain, prit une grande bouffé de tabac qui le calma quelque peu, et reprit.

- 14 ans… et vous en êtes tout juste à la moitié !

Il saisit alors sa baguette et fit apparaître un miroir.

- Sept ans à peine, et regardez-vous, Malfoy ! Regardez-vous ! ordonna-t-il en plaçant le miroir devant le visage de Drago.

Ce dernier releva lentement la tête et ne put réprimer un frisson d'effroi. Son visage, autrefois fin et harmonieux, était à présent creux, squelettique, sale, vieilli. Eteinte la lueur de vie qui brillait autrefois dans ses yeux orageux, remplacée par une étincelle de folie frôlant la démence. Disparus les soyeux cheveux blonds, devenus broussailleuse crinière grise et crasseuse. Envolée la beauté légendaire des Malfoy, réduite à néant par 7 ans d'emprisonnement.

Horrible vision que ces hommes redevenus bêtes.

Espoir d'un avenir meilleur s'estompant avec le temps.

Vie antérieure qui recule dans les souvenirs nostalgiques de la mémoire.

Azkaban.

- Voyez Malfoy, voyez ce que vous êtes devenu ! Un rustre, un déchet humain, une bête ! Vous êtes à présent semblable en tous points à ce qu'était votre père après son séjour entre ces murs ! Lui a réussi à s'échapper, mais vous, vous ! s'écria-t-il, un nouvel accès de colère l'envahissant. Vous auriez du passer 14 ans de votre misérable vie ici ! Quatorze ans ! Et vous n'en ferez peut-être pas plus de la moitié à cause de cette stupide procédure de liberté sous tutelle instaurée par le Ministre ! vociféra-t-il

Il marqua une pose afin de reprendre son souffle puis continua, après avoir tiré à nouveau sur son cigare.

- Que l'on donne cette chance à de petites peines associées à de petits délinquants, je comprends, mais qu'on l'applique pour des gens comme vous ! De la vermine que je me force d'éradiquer depuis des années ! Et le pire, le Pire ! C'est que l'on vous place dans l'un des foyers les plus prisés de tous, où vous êtes sûr de ressortir libre avant moins de deux ans !

Drago, qui ne comprenait pas grand chose au délire du directeur de la prison, se contentait de le fixer avec mépris et haine.. Il n'avait jamais entendu parlé du projet de liberté sous tutelle instauré par le ministère, et encore moins de l'existence de ces « foyers ».

Des coups frappés à la porte stoppèrent Uitiosus dans son monologue démentiel et, se tournant vers le panneau de bois, il aboya l'ordre d'entrer. Un homme à la carrure imposante, aux larges épaules et au visage semblant taillé dans la roche tant il était dur entra, insensible à la colère de son supérieur, et prit la parole d'une voix impassible.

- Monsieur Uitiosus, Lady Malfoy est arrivée, elle vous attend aux parloirs.

Et sans un mot ni un regard de plus, il sortit de la pièce.

Etouffant un juron, le directeur appela le garde qui avait amené Drago dans son bureau. Il ne tarda pas à arriver, et sur un signe de son patron, approcha la chaise où le Serpentard était ligoté du bureau alors que son supérieur sortait de la pièce.

La garde s'assit lourdement sur le fauteuil du bureau et sortit des parchemins d'un tiroir. Il en tendit deux au jeune homme assis en face de lui et lui ordonna de signer après lui avoir détaché une main et donné une plume et de l'encre.

Drago s'exécuta sans un mot, ne prenant même pas la peine de lire les documents sur lequel il apposait son nom. Au point où il en était, il aurait signé sa propre condamnation à mort que ça ne l'aurait pas dérangé.

Son bourreau en rangea un exemplaire dans le bureau, puis sortit un mince étui d'une étagère avant de libérer totalement son détenu de ses liens pour le conduire au pas de course jusqu'aux parloirs.

Edgar Uitiosus était mal à l'aise. Depuis dix minutes maintenant, il attendait que Don, un des gardes responsables de l'étage R, amène Malfoy jusqu'aux parloirs.

A côté de lui, à une certaine distance tout de même, Narcissa Malfoy attendait son fils, insensible au malaise du directeur de la prison et aux discussions animées qu'entretenaient certains détenus avec leurs visiteurs aux parloirs.

Lorsqu'elle vit venir son fils, elle dut batailler contre les larmes pour ne pas les laisser couler.

Le garde déverrouilla la porte séparant le côté prisonnier du côté civil et fit passer Drago sans ménagement de l'autre côté de la pièce, ce qui lui valut un regard glacial de la part de Narcissa et un regard lourd de sous-entendus du directeur pénitencier. Don haussa les épaules. Il se comportait toujours de cette manière avec les prisonniers, sous ordre de ses supérieurs. Ce n'était pas parce que leur proche était présent que ça allait changer !

- Oh Drago ! murmura Narcissa en prenant son fils dans ses bras avant d'enfouir son visage dans le cou du Serpentard.

Les familles qui s'entretenaient aux parloirs jetèrent aux deux Malfoy des regards mauvais et jaloux. Elles, n'avaient pas le droit de toucher ceux qu'elles étaient venues voir.

A moitié conscient de ce qui se passait autour de lui, Drago referma ses bras sur sa mère et la laissa l'étreindre à l'en étouffer jusqu'à ce qu'elle juge bon de le laisser respirer.

- Comment vas-tu ? s'enquit-elle, comprenant qu'il ne parlerait pas le premier.

Il posa sur elle ses yeux argentés teintés de folie et elle frémit, imperceptiblement, mais le geste était là. Cela faisait maintenant plus d'un mois qu'elle ne l'avait pas vu, et, même si elle s'était habituée à son silence et à son physique, elle n'avait pu se faire à ses yeux, à cette lueur démentielle qui les hantait depuis plus de sept ans.

- Mère, savez-vous quelque chose à propos d'un projet mis en place par le ministère concernant une certaine « liberté sous tutelle » ? demanda-t-il, ne répondant pas à sa question.

Sa voix était quelque peu éraillée par le manque de pratique, mais il s'y était fait, tout comme sa mère.

Narcissa ne broncha pas, habituée à ce qu'il réponde à ces questions par d'autres. Isolé du monde par une tour de pierre massive et une mer continuellement agitée, elle trouvait normal qu'il cherche à garder un minimum contact avec le monde dans lequel il vivait sans totalement y vivre. Elle savait que les journaux qu'on leur donnait, depuis que Sirius Black, son cousin, s'était enfui, n'étaient plus d'actualité et dataient de 7 ans, afin que le personnel soit certain qu'aucun des détenus ne s'enfuirait pour régler quelque compte avec une ancienne connaissance.

- Oui. Le ministère a mis en place ce projet il y a quelques mois déjà. Il consiste à donner une seconde chance à certains prisonniers condamnés à plus de cinq ans d'internement à Azkaban. Ils doivent se porter volontaires, ou quelqu'un, proche d'eux, le faire pour eux. La liste des volontaires est ensuite envoyée au ministère, où elle est traitée afin de savoir lesquels d'entre eux bénéficieront de cette…

- Et qu'advient-il d'eux s'ils sont choisis ? la coupa son fils, qui ne supportait plus l'ignorance dans laquelle il était plongé.

- Ils sont placés dans des foyers _ eux aussi volontaires et choisis par les employés du ministère _ sous la totale dépendance d'un membre de ce foyer. Si leur tuteur, comme ils sont appelés, les juge aptes à se réintégrer dans la société sorcière, le reste de leur peine est effacé, lui expliqua-t-elle.

- Et s'ils sont jugés inaptes à se réintégrer ?

- Ils sont renvoyés à Azkaban et doivent finir leur peine. Ils peuvent se reporter volontaires, mais seront en derniers sur les listes, lui répondit-elle dans un souffle.

Drago se mura dans le silence pour réfléchir à tout ce qu'il venait d'apprendre.

- Je ne me suis pas porté volontaire, remarqua-t-il après deux bonnes minutes de mutisme.

- J'ai demandé à ce que ton nom figure sur la liste, lui apprit Narcissa, répondant ainsi à sa question indirecte.

Son fils hocha lentement la tête mais ne pipa mot, ne lui donnant pas la possibilité de savoir s'il acceptait ou non sa décision.

Sa mère l'observa silencieusement et son cœur se serra douloureusement dans sa poitrine. Elle espérait vraiment que cette liberté sous tutelle permettrait à son fils de prendre un nouveau départ. Or, personne n'avait conduit Drago à une salle de bain digne de ce nom pour qu'il puisse se décrasser et se raser, et elle savait parfaitement que c'était un fait exprès. Uitiosus était un personnage des plus sadiques, et laisser les détenus reprendre leur apparence d'avant leur internement revenait pour lui à les avantager dans leur réinsertion. Un homme propre et bien habillé faisait toujours meilleure impression qu'un individu non rasé et vêtu de lambeaux. Sans compter que le regard fou de Drago souligné de cernes n'était pas pour arranger les choses.

- Lady Malfoy, il est l'heure, intervint alors le directeur de la prison en s'efforçant de sourire.

Narcissa lui jeta un regard noir puis, se tournant vers son fils, elle posa une main sur son épaule et glissa l'autre dans ses cheveux autrefois blonds.

- Drago, même si tu risques de m'en vouloir de nombreuses fois pour t'avoir inscrit sur cette liste, même si être sous la dépendance d'une personne autre que toi t'énervera plus d'une fois, promets-moi que tu feras tout pour ne pas être renvoyé dans cette horrible endroit, murmura-t-elle en plongeant ses yeux dans les siens.

Drago la regarda longuement, en silence. Sa mère, ses yeux bleus, ses longs cheveux clairs, ses traits fins et nobles, et pourtant si fatigués. Il savait que depuis que son père, touché par un maléfice mal lancé de Crabbe _ ce qui lui avait d'ailleurs valu son acquittement lors de son procès, la défense argumentant qu'il n'était pas un mangemort si ces derniers lui tiraient dessus – était dans le coma et lui en prison, elle ne dormait plus beaucoup. Elle venait le voir aux parloirs une fois par mois, le maximum qui lui était accordé, et elle rendait également visite à son mari, parfois. Elle le lui avait dit, un jour où, comme à son habitude, il était resté muet la plupart du temps qu'avait duré leur conversation au parloir. Il n'avait pas compris pourquoi elle lui disait cela, encore moins pourquoi elle le faisait. Son père, pour autant qu'il le connaissait, n'avait jamais été tendre, ni envers lui, ni envers elle. Il n'avait pas posé de questions.

- Drago, l'appela doucement sa mère, une lueur inquiète au fond des yeux.

- Je te le promets, répondit-il d'un ton monotone qui rendait ce serment creux.

Narcissa le prit dans ses bras et le serra contre elle une dernière fois avant de s'écarter. Elle resserra son châle sur ses épaules et le regarda disparaître par portoloin avec le directeur de la prison. Avec un triste sourire, elle transplana à St Mangouste pour une veille de son mari, qu'elle allait voir après chaque rencontre avec Drago.


Voilà pour ce premier chapitre =)

J'espère que vous avez aimé, même si l'ambiance est un peu sombre. Quant à la fillette de la première partie, vous aurez les explications dans les prochains chapitres ;)

N'oubliez pas la petite review pour me dire ce que vous en avez pensé =)