Bonjour à toutes !

Disclaimer:Twilight appartient à S. Meyer et cette super histoire à chrometurtle. Je ne suis que la traductrice :)

Un immense merci à chrometurtle pour m'avoir confiée sa merveilleuse histoire ! N'hésitez surtout pas à aller lire la VO, c'est vraiment une fiction fabuleuse. (Tous les liens sont sur mon profil)

Une fois n'est pas coutume, je ne m'étendrai pas ^^

J'espère que vous aimerez !


Le Bureau

Je me tenais devant la porte depuis longtemps.

Je ne faisais pas les cents pas, je ne me rongeais pas les ongles ou encore, je n'avais pas lever la main pour frapper avant de la laisser tomber douloureusement à cause de mon indécision. J'observais simplement les défauts marqués du bois de la même façon qu'une personne aurait regardé son reflet dans le miroir. Le sang montait et battait à mes oreilles bien plus fort qu'il ne l'aurait dû. Je sentais le rouge sur mon visage, la sueur dans ma paume. Mais j'étais complètement immobile.

Il ne te demandera pas pardon. Il ne le peut pas.

Je ne savais absolument pas pourquoi il voulait me voir. J'étais sûre qu'il n'allait pas me reparler avant longtemps. Je me préparais déjà à plusieurs longues semaines de silence, seule dans cet immense espace. Pas très différents de la façon dont les choses s'étaient passées ces derniers mois. Je ne m'attendais pas à me réveiller avec un mot me demandant que je le retrouve à son bureau. Il y avait l'heure et rien de plus.

L'appréhension me parcourut alors que j'essayais de prédire ce qu'il me dirait, ce qu'il ferait. Mais il m'était impossible d'imaginer. Je savais tellement peu de choses sur lui. Quatre ans de mariage et je connaissais à peine mon mari.

Ce n'était pas à comme ça que ma vie devait se dérouler.

Puis je l'entendis: sa voix derrière la porte. Un mot unique et étouffé m'invitant à entrer.

Il savait que j'étais là, il savait que j'attendais. Comment est-ce que c'était possible, qu'il semblait me connaître si bien ? Je supposais qu'il ne me connaissait pas, il ne le pouvait pas mais pourtant, il prévoyait tous mes mouvements avant même que je les fasse. Il savait sans doute depuis le début qu'on allait en arriver là.

Mais encore une fois, s'il l'avait su, il aurait sans doute fait les choses très différemment.

Après tout, tout le monde voulait être heureux. Et nous n'avions certainement jamais été heureux.

Mes doigts frôlèrent légèrement le métal de la poignée ronde. Je sentis à peine le froid sur ma peau. Puis je l'agrippai dans ma main, fermement, avec une assurance que je n'avais pas. Je tournai la poignée et ouvrit la porte.

Quand j'entrai, mes yeux recherchèrent immédiatement les siens.

Il était assis à son bureau, les coudes sur le bois et ses doigts formaient une tente au dessus de sa bouche. Il me regardait calmement, son expression était complètement indéchiffrable. La même.

« Ferme la porte s'il te plait. » Sa voix était calme mais très sévère. Remplie d'autorité.

La porte se ferma derrière moi dans un petit clic alors que ma main ne quittait pas le bois. Nous étions seuls, personne n'était au tour de nous pour écouter notre conversation mais il voulait quand même m'enfermer. Il m'avait toujours préférée piégée.

Le silence qui s'étirait entre nous était long et tendu. Je quittai son visage des yeux et me mis à fixer le sol. Je ne gigotais pas. Pas pour lui. Je balançai tout mon poids sur ma jambe gauche et sans le regarder, j'attendis.

Après un moment, j'entendis ses mains tomber doucement sur le bureau, loin de sa bouche. Je levai suffisamment vite la tête pour le voir s'appuyer légèrement dans son fauteuil. Il ne me quittait pas des yeux. Son regard était dur et il me fixait comme s'il pouvait voir tout ce que j'essayais de lui cacher. Le sang qui résonne, mes paumes moites.

« J'ai reçu un coup de fil de ma soeur du Colorado, hier soir. » dit-il enfin. Sa voix tranchante et charmante brisa le silence. « Mon père est décédé il y a deux jours. »

Je le regardais directement maintenant, d'un air résolu. Je sentis ma bouche s'ouvrir sous le choc. Je m'attendais à ce qu'il me dise tout, je m'attendais à ce qu'il me dise tout mais jamais je ne me serais attendu à ça.

Je sentis de la douleur et mes nerfs se relâchèrent alors que mes yeux remontaient. J'essayais désespérément de faire taire mon regard, la brûlure de mes larmes. Je ne pouvais pas pleurer son père. Pas devant lui.

« Je suis tellement désolée. » murmurai-je en serrant fermement mes mains l'une dans l'autre devant moi.

Ses yeux se plissèrent et il repoussa mes condoléances d'un geste de la main. Je n'avais rien d'autre à lui offrir, même pas de la compassion ou du réconfort. Il n'aurait rien accepter de moi.

« Je voulais juste t'informer que je vais aller à la maison d'Hartsel. » Il haussa des épaules. « Je t'aurais bien simplement laissé un mot pour t'expliquer la situation mais je voulais te donner la chance de te préparer. Je pensais aussi que ça n'aurait pas été très... gentil. »

Il fit un sourire méprisant en prononçant ce mot. Je tressaillis sans le vouloir.

« Quand est-ce que tu reviendras ? » lui demandai-je, incapable de parler plus fort. Je pense que c'était ses yeux. Ses yeux me rendaient les choses impossibles quand ils étaient sur moi.

Il soupira et se passa la main dans les cheveux. Il se leva lentement de sa chaise, les bras appuyés durement sur le bois. Le fait qu'il déploie son corps maigre d'un mètre quatre vingt huit aurait dû lui donner plus d'autorité. Ça ne fut pas le cas.

« Tu n'as pas compris. » dit-il en contournant lentement le bureau. Quand il fut devant, il s'appuya contre et croisa ses bras sur son torse.

Je fis automatiquement un pas en arrière, mes omoplates frôlèrent la porte derrière moi.

« Tu viens avec moi. » Sa voix était toujours complètement calme.

Un halètement s'échappa de mes lèvres et mes sourcils se froncèrent dans ma confusion. Je cherchai des indications sur son visage, son expression, une preuve qu'il plaisantait. Je savais que je n'en trouverais pas.

Il ne plaisantait jamais.

« Quoi ? » Ma voix était maintenant à peine plus forte qu'un murmure.

« Tu ne m'as pas entendu ? » demanda-t-il. Sa bouche se tordit en une grimace froide. Ses yeux étaient morts et calmes alors qu'il m'observait.

« Au Colorado ? » Je marmonnai ma stupide question. « À la maison ranch ? »

« Oui. » Sa voix était ferme. Elle n'était qu'assurance et stabilité. Je détestais sa voix.

Je fis un pas vers lui, m'éloignant de la porte. Je sentais l'énergie nerveuse, le désespoir qui me parcourait, quittant mes pores sous la forme de sueur et de peur.

« Tu ne peux pas faire ça. » sifflai-je.

Ses sourcils se levèrent légèrement et je vis les coins de sa bouche frémir, le début d'un sourire moqueur et amusé. Il se redressa, retirant son poids du bureau et fit un pas vers moi en réponse.

« Je pense que tu vas découvrir que je le peux vraiment, vraiment. » Sa voix était presque amusée.

Je ne pouvais pas accepter ça. Je ne pouvais pas supporter ça, je ne pouvais le supporter lui. Il parlait de ma vie comme si c'était une blague. Comme si j'étais juste une sorte de pion pour lui. Il m'avait toujours vu comme une possession, pas une personne.

Mais j'étais une personne.

« Tu ne peux pas me forcer à y aller avec toi. » rétorquai-je avec une assurance que je ressentais.

Quelque chose passa dans ses yeux pendant un instant, interrompant leur calme. Il disparut aussi vite avant que je puisse identifier si c'était de la colère, de la haine, de la violence ou tout autre chose qu'il aurait pu ressentir en entendant ce que je venais d'impliquer, que je n'étais pas sa propriété.

« Tu es ma femme. Tu feras ce que je te dirai. » Sa voix n'avait jamais été aussi froide. Pas en quatre ans.

Je retins la peur que je ressentais quand je le regardais. Sa froideur, sa colère. Aucune trace de l'homme gentil et doux que j'avais accepté d'épouser. Le temps l'avait transformé en quelqu'un que je ne connaissais pas.

Encore une fois, je me souvins que je ne l'avais jamais vraiment connu.

« Pas pour longtemps. » dis-je. J'inspirai profondément en poussant ces mots à sortir.

Il fit un autre pas vers moi et mes yeux parcoururent son corps sans le vouloir. Il était mince et pâle mais je voyais encore les muscles sous sa peau. Ses émotions le rendaient plus fort, sa colère le rendait mortel. Je ne l'avais jamais respecté physiquement. Je n'avais jamais rien apprécié dans son corps. Il m'avait toujours paru si banal, tellement ordinaire.

Il était un lion maintenant.

« Tu trouves ça très sage, Bella ? » Sa question me raillait presque de sa douceur.

J'étais à nouveau en colère, repoussant mon bref instant de peur.

« Pourquoi pas putain ? » grondai-je durement. « Je ne t'aime pas, tu ne m'aimes pas. Ce mariage n'est pas... »

Je m'arrêtai, incertaine de savoir comment finir cette phrase.

J'avais toujours été incertaine quand à la façon de finir cette phrase, depuis que nous avions prononcé nos voeux. Qu'est-ce que ce mariage était, qu'est-ce qu'il n'était pas. Il n'y avait rien pour le décrire, pas de mots que j'aurais pu utiliser pour l'expliquer. Qu'est-ce qui l'avait commencé, l'avait fait tenir, l'avait fait marcher, l'avait fait s'écrouler. Et ce qu'il était devenu maintenant.

Il était seulement à quelques pas de moi mais je ne m'éloignai pas de lui.

« Et qu'est-ce que tu vas faire ? Où est-ce que tu vas aller ? » me demanda-t-il. Il exigeait des réponses à des questions mais il savait que je n'en avais aucune. « Tu n'as personne. »

« Je... »

Je n'avais personne.

Il avait raison.

J'avais tout abandonné pour être avec lui, lâché tout le monde. Je m'étais coupé des autres pour des raisons qui m'étaient propres. Des raisons que même lui n'avait jamais comprises.

Il profita de mon hésitation.

« Tu as raison, Bella. Je ne t'aime pas. » Il fit une pause. Ses yeux fixaient durement les miens et je découvris que je ne pouvais pas détourner le regard. « Mais personne d'autre ne t'aime non plus. »

Je sentis la chaleur de mes larmes salées sur mes joues. J'essayai de les essuyer rapidement mais il les avait visiblement remarquées. Il savait maintenant qu'il avait gagné.

Tout ce que j'avais fait dans ma vie semblait me ramener à ce moment-là. Le moment où je m'étais retrouvée inextricablement liée à un homme que je n'aimais pas, piégée dans une vie que je ne voulais pas, incapable de partir par peur d'avoir nulle part où aller. Si je le quittais, je me serais retrouvée complètement seule.

Malgré tout ce qu'il était, tout ce qu'il était devenu, il était toujours tout ce que j'avais.

« Prépare tes affaires. Nous partons demain. »

Edward claqua la porte derrière lui en sortant.


Je tente un nouveau mode de publication... les chapitres sont courts... Il y a beaucoup de questions et pas de réponses de ma part ^^ En gros beaucoup de mystère pour cette nouvelle histoire.

N'hésitez pas à laisser un message ! Prenez soin de vous !

XOXO

Eresy