Auteure : Catherine G.

La culpabilité et l'ennui

15 mars 2005
Devant le bonheur perdu, je me demande encore si je serais capable de retourner au SAS.
L'envi ne manque pas, mais l'orgueil prend le dessus. Je sais qu'en y retournant, je revivrai sans cesse les mêmes choses, et cela pourrait être lassant. C'est difficile de rester de glace devant les paroles et les gestes de Johnson. Mais je dois faire taire son coeur qui est mort déjà, par ma faute... Je me disais loin des yeux loin du cœur... Mais les nombreux appels qu'il m'a lancés sur mon cellulaire prouvent bien le contraire. Presque un an que je joue l'inconnue lors de les escales dans les rues de Montréal. Heureusement j'ai déménagé si non, de me relancer jusqu'à chez moi lui serait venue à l'idée.

Washington m'a accueillie à bras ouverts. Depuis la mort d'Abraham, par contre, tout y est vide. Je n'ai pas les mêmes fonctions bien évidemment, je suis dans un bureau, il y a moins de risques. Je sens la présence d'Abraham partout où je passe dans les bureaux. J'ai récupéré ses essais en psychologie, puis quelques papiers sur l'ethno psychiatrie.
Je les ai lus, j'ai pu acquérir des connaissances, tout en me remémorant la tendresse de cet homme... C'était un véritable ami, et c'est ce qui me chagrine le plus. Mais il faut savoir cacher ses larmes... Si non, on devient trop sensible et ça se sent, c'est avec la sensibilité qu'on force les gens malgré nous à chercher sur notre vie. Johnson l'a bien vu que je n'étais pas normale, tout comme Abraham l'a découvert aussi, mais lui, il est venu me voir directement et m'en parler, là est toute la différence.

Ces jours-ci, je suis un peu à fleur de peau... Je ne sais pas si je m'ennui de la gang du SAS ou c'est de la culpabilité de les avoirs laissés à eux-mêmes. Et pourtant, ils ne sont plus ensembles, ils sont tous séparés. J'aimerais tellement revoir Dufour... Pour m'excuser de ne pas être allé le voir. C'est la chose que je regrette le plus. Oui, il y a aussi Johnson, mais je n'y pouvais rien, c'est comme ça! Il a fait à sa tête, il n'avait pas à se rendre chez moi et tuer Tétrault. Il aurait pu m'attendre, j'aurais peut-être pu sauver une vie, ou du moins tenter de la sauver. C'est la triste histoire de ma vie, toujours en train de faire du mal ou lorsque je veux faire du bien je ne suis pas là!

La culpabilité me ronge, mais je dois continuer... Continuer à vivre... Et continuer à travailler... Ça me fait oublier.
Fin