Titre : « Vers la douceur »

Auteur : Damoiselle A.

Résumé : Jasper Whitlock est pédiatre à l'hôpital de Seattle où il a la chance de travailler avec le célèbre Carlisle Cullen. Lorsque celui-ci lui présente sa nouvelle femme, Esmé, il sait qu'elle cache quelque chose… BS/JW All Human

NDA : Bonjour à tous ! Voici le dixième chapitre de Vers la douceur. Je suis absolument désolée pour le retard de publication qu'ont engendré des vacances mouvementées. Mais je ne vais pas vous retenir plus longtemps…

Merci à toutes celles qui ont attendu patiemment la suite de cette histoire, qui l'ont commentée, mise en alerte ou en favoris !

Bonne Lecture !

A.


Réponses aux reviews anonymes

stphanie

Coucou à toi !

Je suis contente que la publication t'ait fait plaisir ^^. C'est vrai que les études ne laissent pas beaucoup de temps pour écrire mais je crains que les vacances ne soient pire, je suis très en retard sur cette publication, et je m'en veux. Beaucoup. T.T* Mais je vais me faire pardonner en annonçant que cette fiction aura deux chapitres de plus que ce qui était prévu initialement ^^.

Les relations entre Senior et Junior sont assez compliquées, et je pense que ça se comprend. Le besoin de se manifester trouvera sa réponse dans le chapitre 11 je pense mais même s'il n'est pas un personnage des plus charmants, il était nécessaire à l'intrigue.

Il est vrai que je me suis bien amusée à décrire leur mariage, leurs gaffes, leur complicité... C'est un vrai plaisir après leur avoir fait subir tout cela xD

La suite est là, j'espère qu'elle te plaira. J'ai vu que tu avais crée un compte DAL j'ai répondu à ton commentaire sur Jazz et moi. Depuis j'ai publié et j'espère que cela te plaira ^^. J'attends avec impatience les coordonnées de ton compte FFnet.

Bises,
Adèle.

Guest

La suite est là, j'espère qu'elle te plaira ^^.

Bises,
Adèle.


Un merci tout spécial à une super correctrice, Ninie, sans qui ce chapitre serait beaucoup moins lisible !


CHAPITRE DIXIEME : CORIN

Notre voyage de noces avait été magique. Tous les mariés de la planète devaient se dire cela. J'avais pu passer des vacances de rêve avec la femme de mes rêves. Nous nous levions tard, visitions peu, mangions beaucoup et passions beaucoup de temps dans le lit de la suite.

Parfait.

Bella se retourna et sa tête vint se caler contre mon épaule. Son visage était complètement détendu, endormi. Nous nous étions peut-être trop emportés ce matin sous la douche. Mais c'étaient nos derniers moments en Italie, il fallait fêter cela décemment…

Je souris et jetai un coup d'œil au hublot. Nous ne devrions plus tarder à atterrir, ce que l'annonce de l'hôtesse confirma. Bella commença à papillonner des yeux. J'embrassais une à une ses paupières et elle partit dans un grand rire.

- Arrête… Jazz… Supplia-t-elle.

Je lui souris et lui permis de se caler contre moi, malgré nos deux ceintures.

- Nous sommes arrivés ?

- Oui, acquiesçai-je, nous sommes de retour à la maison.

- Peter vient nous chercher ?

- Si tu veux mon avis, ils seront tous là…

Bella me sourit tendrement.

- On va pouvoir se reposer à la maison, s'extasia-t-elle.

- Que se reposer ? M'enquis-je, feignant la panique.

Ma belle leva les yeux au ciel avant de me faire un sourire narquois.

- Et faire la décoration aussi.

Je fermais les yeux. C'était un coup bas. Il y a quelques semaines, Bella avait voulu décorer notre petite maison et avait jeté son dévolu sur des photographies encadrées, qui se posaient à l'aide de clous. Mes doigts s'en souvenaient encore.

Bella avait un regard lumineux. À vrai dire, elle rayonnait. Son corps entier exprimait la joie qu'elle contenait. Être la source de cette joie me rendait terriblement heureux.

Nous descendîmes, bras dessus, bras dessous de l'avion. À la sortie du terminal, Peter, Charlotte, Lily, Alice, Carlisle, Esmé, Maggie et Edward discutaient en nous attendant. Alice fut la première à réagir et me sauta dans les bras, heureuse de nous retrouver.

- On devrait penser à l'adopter, non ? Proposai-je à Bella en la voyant si excitée de nous revoir.

Alice me frappa à l'arrière de la tête.

- Aïe, protestai-je.

- Ça t'apprendra à dire des bêtises, asséna-t-elle en fronçant les sourcils, avant de se tourner vers Bella pour un récit détaillé de notre séjour.

Nous mîmes une bonne demi-heure à quitter l'aéroport. Après avoir salué et embrassé tout le monde, il avait fallu récupérer nos bagages et les charger dans notre toute nouvelle voiture. Nous nous donnâmes rendez-vous dans un restaurant du centre. Esmé et Alice voulaient absolument un récit de première main sur notre voyage de noces. Rose nous rejoindrait sur place. Si elles savaient…

Je pris le volant, nous sortant en douceur du parking. Aussi idiot que cela puisse paraître, ma moto me manquait.

- On ira se faire une balade à moto ce week end ? Demanda Bella, toujours aussi mal à l'aise dans une voiture.

- Oui, assurai-je en prenant sa main.


Nous étions rentrés depuis plusieurs jours et je devais reprendre le travail. Cela ne me plaisait pas du tout. Bella se sentait très fatiguée et elle commençait tout juste son nouveau boulot. À peine avait-elle reçu ses papiers provisoires, qu'elle avait commencé à faire des recherches pour des offres d'emploi. Elle venait d'être embauchée pour un trimestre dans un collège du centre-ville. J'aurais voulu être avec elle, ce que ne me permettraient pas vraiment mes gardes. Il allait falloir réorganiser ma façon de travailler.

Le matin de ma reprise, Bella me réveilla avec un bol de café fraîchement passé.

- T'ai-je dit que tu étais la femme parfaite ? La complimentai-je en m'asseyant dans le lit avec mon breuvage.

Elle éclata de rire.

- Tu devrais penser à le dire plus souvent… Plaisanta-t-elle.

- Tu es parfaite, repris-je d'une voix mortellement sérieuse, je t'aime et tu es ma femme.

Je conclus cette tirade par un long baiser caféiné. Au moment de nous séparer, elle sauta du lit. Je protestai vivement.

- Tu n'as pas le droit !

- Si on fait ce que tu as en tête, tu seras en retard, asséna-t-elle. Il est hors de question que tu sois en retard. Bouge tes fesses.

Je grognais pour la forme et partis sous la douche, frustré et heureux. Elle me jeta quasiment hors de la maison une fois prêt pour ne pas être tentée. Je partis pour l'hôpital à moto. Lorsque je n'étais pas présent pour la conduire, Bella prenait les transports en commun. J'envisageais sérieusement de lui offrir une moto.

Sam m'accueillit à l'entrée de l'hôpital.

- Tu as bien bronzé ? Me demanda-t-il avec un grand sourire.

- Bien sûr, répondis-je en sachant que mon teint n'était pas particulièrement hâlé.

Preuve s'il en était que nous n'avions pas passé beaucoup de temps à l'extérieur. Sam éclata de rire, et entra prendre son service avec moi. Carmen vint directement à mon côté.

- Nous avons un cas pour toi, en salle 3. Change-toi et vas-y.

La reprise commençait sur les chapeaux de roue. Le petit Tommy s'était fracturé le doigt en le glissant dans l'interstice entre le battant et le chambranle tandis que sa mère refermait la porte. La pauvre se sentait tellement coupable que je dus la rassurer. L'attelle fut vite placée, et je prescrivis une ordonnance d'antalgiques.

En sortant dans le couloir, je réalisais soudain combien ce métier m'avait manqué. Combien il était important pour moi, en dehors de toute considération sentimentale, de faire ce job. C'était ma passion, et une de mes raisons de vivre. Ainsi revigoré, tout me parut plus facile, plus simple. J'envoyai un message à Bella lors de ma pause, lui indiquant que je pensais à elle, ou plutôt à une certaine partie de son anatomie.

Mon déjeuner avec Sam fut écourté par une urgence. Je courus vers la salle indiquée et n'en crus pas mes yeux en entrant. Alice était au milieu de la salle d'observation, crachant tout ce qu'elle pouvait aux pauvres infirmières, chevillée à un brancard par Benjamin, à califourchon sur elle.

- Je ne me ferai pas soigner par un autre médecin ! Je veux le docteur Whitlock ou à la grande rigueur le docteur Cullen ! Allez me les chercher !

Edward entra à ma suite dans la salle. Alice était tellement prise par ces cris qu'elle ne remarqua pas notre présence. Ted paniqua légèrement.

- Il faudrait peut-être intervenir, proposa-t-il en la voyant débrancher une perfusion.

- Ce serait potentiellement une bonne idée, avant qu'on ne soit obligé de la rendre totalement léthargique.

- Elle est là pour quoi ? Demanda Edward en enfilant des gants.

- Je n'en sais rien, répondis-je, mais si elle hurle comme cela, c'est que tout va bien.

Edward ricana dans son coin et se plaça face au champ de vision d'Alice. Elle s'arrêta net.

- Où est Jasper ? S'enquit-elle d'une voix plus calme.

- De quoi ? Tu le préfères à moi ? Déclara Ted d'une voix mortellement sérieuse, faisant se pâmer les infirmières présentes.

- Je suis ici, intervins-je avant qu'il ne sorte d'autres conneries.

- J'ai mal, Jazz, se plaignit-elle en me fixant dans les yeux.

- Si tu n'avais pas autant bougé, marmotta Benjamin en la tançant des yeux.

- Il était hors de question d'être soignée par quelqu'un d'autre dans cet hôpital.

Benjamin leva les yeux au ciel et me laissa la place de l'ausculter.

- Que s'est-il passé ? M'enquis-je

- Je me suis cassé la figure, expliqua Alice. Et j'ai très mal au pied.

Edward vérifia et Alice se mit à hurler.

- Tu as une fracture du gros orteil droit, diagnostiqua Edward en ricanant.

Benjamin se prit la tête dans les mains, désespéré par les talents de comédienne d'Alice.

- Ça fait super mal… Protesta Alice.

- Rappelle-moi de ne pas être de garde le jour où tu accoucheras, se moqua Ted en allant chercher une seringue d'antalgique et une attelle.

- Et pourquoi le laisses-tu me soigner ? Se récria Alice en me regardant.

- Je suis pédiatre, expliquai-je calmement à Alice tout en vérifiant qu'Edward ne faisait pas mal à notre petite chose avec la seringue, ma spécialité c'est de m'occuper des enfants… Et même si tu es petite, on ne peut plus franchement te considérer comme une enfant…

- Et alors ? Grinça-t-elle.

- Je suis urgentiste, donc plus apte à te poser une attelle que super Jasper, expliqua Edward en serrant les bandes.

Alice voulut répliquer, mais s'endormit d'un coup. Je paniquai légèrement et Benjamin se précipita vers elle.

- Ne vous inquiétez pas, assura Ted avec un sourire malicieux, elle se réveillera dans deux heures.

- Tu es un grand malade, constatai-je.

Il me fit un sourire étincelant et je quittai la salle d'observation. Mon travail était loin d'être terminé.


En rentrant ce soir-là, la maison embaumait. Bella avait intégralement briqué le parquet. Je faillis gémir, attendant que la catastrophe me tombe dessus. Bella ne briquait jamais par hasard. La dernière fois, elle avait dû virer un élève de son cours, et je l'avais retrouvé à faire les carreaux. Je ne savais pas encore ce qui m'attendait avec le parquet.

- Bella ? Je suis rentré.

J'entendis une chute dans le salon. Je m'y précipitais et la trouvais allongée sur le canapé, livre à terre. Je la pris dans mes bras avant de lui demander :

- Qu'y a-t-il ma belle ?

- Comment sais-tu qu'il y a quelque chose ?

- Sans compter ta position et mes années de psycho, je dirais que le parquet est définitivement trop bien ciré.

Elle gémit de défaite.

- Je savais que j'aurais dû choisir autre chose.

Je pris le parti d'en rire doucement.

- Qu'est-ce qu'il se passe ?

- J'ai… trouvé un message sur le fixe de la maison. Je n'ai pas osé l'écouter sans toi, mais l'indicatif dit que ça provient d'un autre comté.

Mon corps se crispa. Il s'agissait forcément d'une mauvaise nouvelle, toute ma famille était dans ce comté. Je serrai les dents avant d'aller appuyer sur le bouton de notre boîte vocale.

- Hum… Junior ? C'est moi. Je… j'aurais quelque chose à vous annoncer à ton frère et toi. Rappelle-moi le plus vite possible. Embrasse ta femme pour moi. À plus tard.

Quelque chose se noua dans mon ventre. Bella alla se nicher contre mon dos, ses bras m'entourant. Je puisai ma force dans son étreinte avant de rappeler mon père. Une sonnerie. Deux sonneries. Il décrocha à la troisième.

- Junior ? Appela-t-il et sa voix me sembla comme éteinte.

- Oui ? Où es-tu ?

- À l'hôpital. On est en train de me transférer.

- Pardon ? M'écriai-je violemment.

- J'ai eu un accident, j'ai besoin d'une opération. J'ai demandé à aller dans ton hôpital. Je n'ai pas confiance en tous ces médecins…

- Tu veux dire que tu as demandé à être transféré dans un autre comté dans un état précaire ? Dis-je incrédule.

- J'étais à Seattle. Pourrais-tu me retrouver à l'hosto avec ton frère ?

- Oui, oui, je l'appelle.

- Bien.

Le téléphone raccrocha et je me retrouvai choqué devant le mur du salon.

- Ça va ? S'enquit Bella inquiète.

- Pas vraiment ma belle. Mon père a été hospitalisé. Il faut prévenir Peter.

- Je l'appelle tout de suite, me répondit-elle en dégainant son portable.

- Merci, soufflai-je en m'affalant dans le canapé.

Sur Seattle ? Mais comment avait-il eu son accident ? Pourquoi vouloir absolument aller dans son hôpital ? Bella me guida dans toutes les tâches. Elle prit une trousse de toilette, des draps et une serviette, au cas où mon père en aurait besoin. Peter nous rejoindrait à l'hôpital avec Carlisle. Edward était de garde.

- Jasper tu peux nous conduire ? Me demanda-t-elle sérieusement.

- Hein ? Rétorquai-je brillamment.

Une douleur cuisante me sortit de l'état de choc et de torpeur dans lequel j'étais plongé. Je compris que Bella venait de me gifler.

- Tu m'as frappé ! L'accusai-je en fronçant les sourcils.

Elle se contenta de me sourire en me tendant les clefs de la moto. Nous l'enfourchâmes d'un seul mouvement. Béquille rangée, main sur l'accélérateur, je partis comme une fusée pour un slalom jusqu'à l'hôpital.


Nous arrivâmes avant Peter et Carlisle. Nous apprîmes que Jasper Senior venait d'arriver, il était monté dans une des chambres. Je pris le dossier qu'on me tendit.

Mon père avait eu un accident de voiture sur Seattle. Il avait de la chance d'y réchapper avec peu de dégâts : quelques contusions, des côtes et une jambe cassée. Le plus préoccupant venait de la découverte d'une artère atrophiée près du cœur. Il était urgent qu'on effectue un pontage aorto-coronarien.

Le docteur en moi prit le dessus, comptabilisant les chances objectives de survie. Liam était chargé de l'opération, je savais que nous pourrions lui faire totalement confiance. Je finis par souffler avant de m'effondrer sur un siège de la salle d'attente. Bella me tenait contre elle, ne me lâchant pas d'une semelle. Je me cramponnais à elle, persuadé que si je la lâchais une autre catastrophe nous tomberait dessus.

Carlisle et Peter arrivèrent ensemble, entrant en trombe dans le service d'accueil. Nous nous redressâmes tandis que mon frère me prenait dans ses bras. Carlisle était parti comme une flèche vers l'accueil pour obtenir le dossier de mon père et certainement faire appeler Edward.

Ce dernier arriva en courant du service de chirurgie. Il serra mon épaule en apprenant la raison de notre venue à l'hôpital. Après quelques minutes, Carlisle nous interrompit pour nous annoncer que nous pouvions monter. J'entrainais Bella et Peter à ma suite. Carlisle et Edward nous suivirent, mais nous laissèrent entrer seuls dans la chambre.

Jasper Senior était allongé sur un lit d'hôpital qui m'était si familier. Je regardai ses stats pour me donner une contenance. Peter le regarda dans les yeux, analysant sans doute qu'il était aussi blanc que ses draps.

- Ça va ? Demanda-t-il d'une voix douce.

Je ne savais pas s'il parlait à mon père ou à moi.

- Oui, oui, répondit la voix rocailleuse de notre père. Je suis solide.

- Tu devrais faire attention, rappelai-je, un pontage ce n'est pas rien.

- Le docteur a dit que cet accident m'avait sauvé la vie. J'ai une jambe dans le plâtre, mais j'aurai pu faire une crise cardiaque.

- Oui, ton artère est atrophiée.

- Et ça veut dire quoi ? S'enquit Peter.

- Il sera opéré par Liam, c'est l'un des meilleurs. On va placer une veine saine en aval pour dévier le sang de l'artère atrophiée. C'est une opération courante qui comporte très peu de risques pour le patient, récitais-je patiemment.

- Et si vous alliez chercher un café les garçons ? Proposa Bella avec un sourire. Je vous ai apporté quelques petites choses, précisa-t-elle à l'intention de mon père. Il faudrait que vous me disiez ce dont vous allez avoir besoin dans les prochains jours.

Peter me fit sortir de la chambre et me prit dans ses bras.

- Ça va aller Jazz ?

Je me rendis compte que je tremblais.

- Je ne sais pas comment encaisser ça. Je suis médecin et c'est mon père… Mon géniteur. Je ne sais pas comment je dois me sentir. Comme un fils qui a failli perdre son père ? Je ne me sens pas comme ça et je me sens horrible de ne pas me sentir comme ça…

Peter resserra son étreinte sur moi.

- Je t'avoue que je suis aussi perdu que toi, petit frère.


Les jours suivants passèrent dans une sorte de brouillard. Bella prit tout l'aspect matériel de l'opération en charge. Elle apportait de la nourriture et des vêtements à mon père, ainsi que tout le nécessaire de toilette. Elle venait lui rendre des visites avec moi tous les jours.

Lily et Charlotte étaient également passées. Carlisle visitait sa chambre lorsqu'il était de garde. Somme toute, il était très bien entouré pour quelqu'un qui n'avait jamais placé la famille au cœur de ses préoccupations.

L'opération se déroula sans problème et Liam vint me voir immédiatement après pour me faire un compte rendu qu'Edward traduisit en langage « non-chir » pour moi.

J'étais bouleversé par tout ce qui se passait. Mon travail me sauvait. J'avais quelque chose de stable dans cette fichue vie. Bella me maintenait aussi hors de l'eau. Elle me préparait à manger, supportait mon manque de réactions, comprenait mes états d'âme.

Je rentrais le soir, épuisé par la journée, et elle prenait soin de moi. J'essayais de prendre soin d'elle, même si je savais que je pataugeais complètement ces derniers temps.

En rentrant un peu plus tôt un après-midi, je la trouvais dans le salon, agitée par de gros sanglots. Je me précipitais immédiatement à son côté, la soulevant pour la prendre dans mes bras. Elle s'accrocha à moi comme une naufragée à une bouée.

Je nous installai confortablement sur le canapé, la maintenant contre moi en la berçant et lui murmurant combien elle était exceptionnelle, combien je l'aimais et combien elle avait été parfaite ces derniers temps avec moi. Ses pleurs redoublèrent à ce moment.

- Bella, que se passe-t-il ? Dis-je d'une voix douce.

Ma belle essaya de se redresser et je l'y aidais.

- Je… bafouilla-t-elle, je…

Ses sanglots obstruèrent sa gorge et j'embrassai ses paupières, ses joues et son cou pour l'apaiser.

- Respire, l'encourageai-je.

- Je… j'ai fait un test… Me révéla-t-elle me laissant encore plus perdu.

Elle chancela jusqu'à la table du salon et revint dans mes bras en me tendant un bâtonnet blanc. Les pièces du puzzle s'emboîtèrent dans mon esprit. Bella avait fait un test de grossesse. Elle pleurait.

- Oh ma chérie, je suis désolé, lui dis-je en la prenant dans mes bras, calant sa tête sous mon menton. Si tu m'en avais parlé, j'aurais été présent. Je suis vraiment désolé… Mais ne pleure pas, si cette fois-ci cela n'a pas fonctionné, cela marchera une prochaine fois… On va s'entraîner mon amour, je te le promets…

Ses petites mains s'appuyèrent sur mon torse pour me repousser. Je la laissai faire, permettant qu'elle se redresse.

- Non, non ce n'est pas ça, murmura-t-elle. Je suis enceinte.

Mon cerveau se stoppa, refusant de traiter l'information pendant plusieurs secondes. Lorsqu'il se remit en branle, je faillis jurer. J'étais médecin nom de dieu ! Et je n'avais strictement rien vu. Je n'avais pas dû faire autant attention à ma femme que ce que j'avais pu croire.

Elle avait tellement pris soin de moi ces derniers temps que nous n'avions pas réalisé certains changements. Je me sentais éminemment coupable. Toutes ces histoires nous avaient beaucoup trop occupés, nous aurions dû prendre du temps pour nous deux…

J'étais tellement coupable et tellement heureux à la fois. Un enfant avec Bella… Je pouvais m'avouer que je caressais ce rêve du doigt la nuit, surtout en ayant dans notre entourage Charlotte. Sa grossesse se passait bien, le couple de mon frère n'avait jamais été aussi solide. Cette nouvelle était un bonheur en perspective.

Je réalisais alors que Bella était en face de moi, se tortillant les doigts un regard apeuré sur le visage. Je me mordis les lèvres me prenant pour un idiot de la laisser dans le doute. Je la lovai contre moi, lui murmurant à quel point c'était parfait.

- Je suis désolé ma belle, j'aurai dû faire beaucoup plus attention à toi dernièrement. Je suis tellement heureux. Nous allons voir un mini-nous !

Je continuai à divaguer sur le fait qu'elle devrait me donner des cours pour m'occuper de notre enfant. Être pédiatre ne suffisait absolument pas et j'avais peur de lui communiquer mes névroses. Bella rit avec moi de cette situation, m'embrassa et se détendit.

- Mais pourquoi pleurais-tu mon amour ? M'enquis-je en caressant la peau de son ventre.

- J'avais peur que ça ne soit pas le moment, me révéla-t-elle d'une petite voix. Les circonstances n'étaient pas idéales, avec mon nouveau travail, ton père… Il n'était pas vraiment prévu… J'avais peur de devoir le laisser partir… J'étais tellement heureuse de savoir qu'il était là, je l'aime déjà tu sais, je ne voulais pas… m'en séparer.

Une indignation sourde monta en moi.

- Tu pensais vraiment que je t'aurais empêché d'avoir ce bébé ? Dis-je d'une voix un peu trop métallique.

Bella se redressa vivement pour me faire face.

- Non, maintenant je ne le pense pas. Jasper, je ne pensais pas clairement, je ne raisonnais pas. J'avais peur de tout et je pense que c'est la première excuse qui est venue à moi. J'avais tellement peur que tu ne veuilles pas de cet enfant que ce scénario s'est imposé.

- Quand bien même, nous en aurions discuté, je ne t'aurais jamais obligé à rien ! M'écriai-je scandalisé.

- Je le sais Jasper, mais tu ne peux pas en vouloir à une femme enceinte d'être à fleur de peau. Comprends-moi s'il te plaît. Nous vivons une période difficile, j'ai pensé que ce n'était… En fait, je crois que je n'ai pas pensé, j'étais un peu choquée …

Je la calai contre moi, m'apaisant à son contact et sous ses paroles. Elle s'excusa et je l'embrassai. Nous restâmes dans les bras l'un de l'autre un moment appréciant le contact, riant de nos angoisses, inventant des anecdotes pour notre futur.

- Il faudra que tu prennes un rendez-vous chez un gynécologue, rappelai-je en embrassant le bout de son nez.

- C'est fait. Dans ton hôpital, sourit-elle en me faisant un clin d'œil.

- Parfait, ma chère femme si indépendante. Allez, nous verrons pour sa chambre, son prénom et sa crise d'adolescence plus tard. Je commande à manger et nous allons prendre une douche…

Bella me fit un sourire resplendissant tandis que je commandais au traiteur. La livraison était prévue une heure plus tard. Cela laissant amplement le temps.

Je rejoignis ma belle dans la salle de bain. Elle était déjà nue dans la douche à l'italienne, se détendant sous le jet. Je me déshabillai rapidement et me glissai à ses côtés. Je la plaquai contre moi embrassant délicatement son cou sous son rire. J'entamai alors un massage de son dos, minutieux et précis. Je pétrissais sa peau m'enivrant de ses gémissements de plaisir et de son odeur si particulière.

Je clôturais mon massage par quelques caresses légères. Je sentis Bella prendre appui sur moi, se laissant complètement aller. J'aimais lui apporter ce genre d'apaisement. Sa détente était une marque de confiance appréciée. Mes lèvres partirent attaquer sa nuque et son cou tandis que mes mains passaient doucement sur ses tétons durcis.

Ma belle laissa échapper un gémissement et je pus constater qu'elle se touchait déjà.

- Jasper, s'il te plaît, viens… J'ai besoin de toi… soupira-t-elle.

Je voulus la taquiner en remplaçant sa main pendant quelques minutes, mais Bella s'agita de plus en plus, littéralement impatiente. Elle finit par se retourner pour se trouver face à moi. Elle prit appui sur moi pour se hisser sur mes hanches. Je pris ses jambes dans mes mains instinctivement avant de la plaquer contre le mur pour nous maintenir. Je sentais sa féminité contre mon sexe. Elle était chaude, douce, humide. Un paradis.

Elle ne me laissa pas apprécier longtemps cette sensation avant de s'empaler fermement contre moi, soupirant de bien-être. Je repris le contrôle de la situation en imprimant un rythme langoureux à notre étreinte, frottant mon pelvis contre son clitoris, cherchant à atteindre ce point si particulier en elle. La sensation était indescriptible et je dus ralentir mon rythme pour ne pas me laisser aller.

- Oh mon Dieu… Jasper, oui…

- Ça va ma belle ? Haletai-je.

- Encore… Plus fort, plus vite… Hum…

Je sentis ses parois se contracter sous moi. Je donnai quelques coups plus puissants et la vis se perdre dans un orgasme qui entraîna le mien. La lave se répandit dans mon corps, me laissant haletant et comblé, ma femme entre les bras.

- Je sens que cette grossesse va être très intéressante, avoua Bella dans un sourire.

Qui étais-je pour la contredire ?


Nous fûmes réveillés un dimanche matin par mon portable. La sonnerie stridente résonna dans la chambre et je me débattis avec les draps pour décrocher. Mon frère me sembla complètement incohérent dans ses propos mais c'était aussi peut-être le fait de mon esprit embrumé.

- Peter, quelle heure est-il ?

- Sept heures et demie ! Nous sommes à l'hôpital ! Charlotte va accoucher, elle est en salle de travail. Je voulais juste vous prévenir, je dois y retourner. Venez vite !

Sa voix surexcitée finit de me réveiller complètement.

- On arrive, assurai-je d'une voix rauque.

Bella se redressa sur un coude. Elle était magnifique et sa vue me détourna de mon frère pendant quelques minutes. Sa poitrine avait légèrement grossi et s'était arrondie. Sublime. Un petit renflement prenait place au niveau de son bas-ventre. Je l'embrassai avant d'effleurer les lèvres de ma bien-aimée.

- Que se passe-t-il ?

- Charlotte est en salle de travail. Nous devons y aller. Peter est survolté, répondis-je un sourire dans la voix.

- Ne te moque pas, M Whitlock, dans quelques mois se sera ton tour.

- Oh oui, gémis-je faussement la faisant rire. Encore quelques semaines à attendre avant de pouvoir l'annoncer à tout le monde, ce suspens me tuera…

Bella éclata de rire avant de sortir du lit pour se rendre directement sous la douche. J'eus envie de la suivre avant de me reprendre. Je descendis préparer le petit déjeuner. Ma belle était d'une réelle patience avec moi mais ces temps-ci son estomac n'était pas à contrarier !

Nous nous préparâmes en un temps record. Nous prîmes la moto pour nous rendre au Harborview Medical Center. À peine arrivés devant l'hôpital, Benjamin se présenta à nous avec un grand sourire plaqué sur les lèvres.

- Elle est au service maternité, attaqua-t-il sans préambule.

Il me serra la main avant d'embrasser Bella sur la joue.

- Le bébé n'est pas encore là, mais je peux déjà te dire que ton frère a fait des siennes… Poursuivit-il dans un grand sourire.

- Quel genre ? M'enquis-je.

- Du genre que s'il ne s'appelait pas Whitlock comme toi, il serait déjà dehors à attendre que sa femme ait accouchée.

- Mais qu'a-t-il fait ? Interrogea Bella, les yeux écarquillés.

- Il était légèrement paniqué et il a secoué tout le service pour qu'on trouve le bon docteur. Une vraie teigne.

Je souris à Benjamin. C'était bien mon frère, il pouvait devenir fou lorsqu'il sentait Charlotte dans un mauvais état. Espérons qu'il apprendra de ce premier accouchement, car selon ma belle-sœur, ce ne sera pas le dernier.

- Comment va mon père ? Demandai-je à Benjamin.

- Son état est stationnaire. Il va beaucoup mieux avec son dernier traitement, il devrait sortir sous peu.

- Tant mieux, soupirai-je en prenant ma Bella par la taille.

Benjamin acquiesça.

- Peter a-t-il eu le temps de prévenir tout le monde ? Questionna Bella.

- Non, il a appelé Lily et Jasper.

- Nous allons nous charger de rameuter les autres, souris-je en restant devant la porte de l'hôpital.

- Très bien, je dois retourner au travail. Faites-moi biper lorsque le petit sera né.

- On n'y manquera pas Benjamin, merci, lui répondis-je avec un grand sourire.

Bella appela tour à tour notre famille : en premier lieu Carlisle et Esmé, elle donna également les dernières nouvelles à ma mère, avant de téléphoner à tous nos amis : Alice qui jura de débarquer dans l'heure, Eléazar qui promit de prévenir Carmen, Rose et Emmett, Sam et son ami… Toutes les personnes qui nous avaient aidés et qui étaient présentes à notre mariage.

Nous rentrâmes dans l'hôpital et je nous conduisis vers la salle d'attente. Alice arriva quelques minutes après nous, une vraie pile électrique.

- Comment va Charlotte ? S'enquit-elle immédiatement.

- Elle est en salle de travail, nous n'en savons pas plus pour le moment, répondit Bella en souriant.

Alice se laissa choir sur une chaise, intériorisant son impatience. Je remarquai que son visage portait tous les signes de fatigue.

- Alors ? Que se passe-t-il pour que tu sois si fatiguée ?

- Le livre va être publié ! Nous révéla-t-elle avec un air gourmand. J'ai passé les dernières semaines à le peaufiner et croyez-moi ça va être un best-seller !

Nous discutâmes ensemble pendant quelques minutes. Très vite nous fûmes rejoints par toute notre petite famille. La salle d'attente devenait bondée. Nous formions une joyeuse bande, riant, s'empoignant, attendant la délivrance de Charlotte.

- JE SUIS PAPA ! JE SUIS PAPA !

L'exclamation coupa court à toutes nos discussions, nous nous tournâmes d'un seul corps vers l'entrée de la salle d'attente où Peter venait d'apparaître.

- C'est un garçon ! Il est en pleine santé ! Trois kilos huit cent pour cinquante-trois centimètres !

- Quelle bonne nouvelle ! S'exclama Carlisle.

- Félicitations, lança Sam en sortant une bouteille de champagne de la glacière qu'il avait apportée.

Chacun y alla de son compliment serrant le jeune père dans ses bras, l'embrassant et lui promettant de l'agitation dans son foyer pour les vingt prochaines années. Peter souriait d'un air benêt. Je le pris dans mes bras pour le féliciter. Son bonheur était visible sur son visage. Sam nous servit et Peter fut rappelé par une infirmière pour donner son premier bain au bébé.

Nous bûmes en leur honneur, chacun exposant sa joie. Nous investîmes la chambre de Charlotte dès qu'on nous le permit. Mon neveu était dans les bras de sa mère, endormi contre son sein. Charlotte paraissait épuisée, mais heureuse.

- La famille, je vous présente Corin Peter Whitlock, déclara-t-elle en nous souriant.

Lily laissa l'émotion la gagner en tenant dans ses bras son premier petit fils. Bientôt il ne sera plus seul, et je serrai Bella contre moi pour passer ma main sur son petit ventre. Elle me sourit et je l'embrassai. Une infirmière passa et fut interloquée par le bruit qui régnait dans la chambre. Elle nous fit sortir manu militari pour laisser la petite famille se reposer.

J'embrassai Charlotte et Corin, avant de donner une accolade à mon frère. Il passerait la nuit avec sa femme. Nous fîmes nos adieux et Peter descendit pour nous raccompagner à nos véhicules. Les gens nous regardaient curieusement.

Une femme rousse me héla dans le hall.

- Dr Whitlock ?

- Oui ? Souris-je en me retournant.

- Votre frère est-il ici ? Me demanda-t-elle fort curieusement.

- Oui, révéla Peter, c'est moi.

Notre petite troupe s'arrêta pour nous attendre.

- Je m'appelle Victoria, se présenta la jeune femme. Victoria Whitlock. Je suis votre demi-sœur.


Je rappelle à toutes mes aimables lectrices que tuer/torturer/enfermer dans un placard l'auteure ne peut qu'avoir des conséquences nocives sur la suite de la rédaction de cette histoire xD.

Honnêtement j'aimerais savoir ce que vous en avez penser, alors surtout lâchez vous =P. Je réponds à chacun avec force arguments et rougissements xD

Comme vous l'aurez deviné ce chapitre n'est pas le dernier il y en aura d'autres, même si leur nombre est encore un peu incertain xD

Je souhaite une bonne fin de vacances à ceux qui le sont encore et une bonne rentrée à ceux qui ne le sont plus ! Bises, à bientôt ! Adèle.