Bonjour tout le monde. Eh bien me revoilà avec une nouvelle fic et j'espère qu'elle vous plaira. Il s'agit d'une sorte de suite aux "Visages Perdus", donc ça peut être bien d'avoir lu la première fic avant, mais bon ce n'est pas non plus indispensable. Euh...Et bien je crois que c'est tout, il ne me reste plus qu'a vous souhaitez une bonne lecture.

Les persos ne sont pas à moi et cette histoire ne me rapporte rien, seulement le plaisir de l'écrire.

L'enquête se passe juste après le retour de l'équipe de Seattle (Les Visages Perdus), la team est au grand complet et le personnage de Seaver n'apparait pas.

L'Instinct de Survie

Chapitre 1: Ce qui m'interresse, ce n'est pas le bonheur de tous les hommes c'est celui de chacun.

Boris Vian

Mercredi …

-…Papa…

Une petite voix le tira peu à peu des profondeurs. Il sentit son corps se réveiller lentement et son esprit s'alarmer au son de l'appel.

- Papa.

Il se força à ouvrir les yeux un à un et les écarquilla doucement, se laissant éblouir par la lumière. Bientôt sa vue fut nette et il distingua le visage de son fils devant lui.

- Le film est fini, lui dit Jack.

Le film ? Quel film ? Il revint brusquement à la réalité et se découvrit étendu sur le canapé, dans le salon de son propre appartement. Il jeta de rapides coups d'œil à la salle autour de lui, s'attardant sur le mobilier et la décoration. De la chambre d'hôtel, de son agression, de sa mort lente et douloureuse, d'Emily…de tout cela il ne subsistait aucune trace.

Il se redressa et s'assit correctement sur le canapé, laissant libre une place que Jack occupa aussitôt. Tout ceci…n'aurait été qu'un rêve ?

Le fruit de son imagination.

Rien de ce qu'il avait vu n'avait été réel ? Devant l'air hébété qu'il devait afficher, Jack posa sa main sur son bras et lui dit :

- Ça va papa ? Tu as fait un cauchemar ?

Il se tourna vers son fils. Comment révéler à son enfant de cinq ans que son subconscient avait mis en scène ses fantasmes vis-à-vis d'Emily Prentiss, avant de lui envoyer au moment clé un tueur qui l'avait abattu de
sang froid ?

C'était tout simplement impossible.

Les mauvais rêves de Jack se nourrissaient de fantômes, de monstres et de dragons. Ceux de son père étaient peuplés de criminels, de pervers, de tortionnaires, d'assassins qui faisaient régner le mal partout où ils se rendaient. D'individus qui kidnappaient et séquestraient des êtres dans le seul but de satisfaire leur plaisir sadique.

- Un petit cauchemar de rien du tout, répondit-il à Jack en souriant. Alors le film t'a plu ?

À présent qu'il était tout à fait réveillé, il se souvenait qu'il avait plu toute la matinée et qu'en voyant que le temps ne s'améliorait guère en début d'après midi, Hotch s'était installé avec son fils devant la télé pour y regarder le DVD du dernier Disney.

- Ouais c'était super ! répondit Jack.

- Tu as faim ? Tu veux que l'on se fasse un maxi goûter bonhomme ?

- Ouais, s'écria le petit garçon en s'élançant vers la cuisine.

Hotch s'approcha du poste de télévision et l'éteignit. Il se passa ensuite une main sur le visage afin d'émerger totalement de son sommeil. Aaron lâcha un petit soupir en se remémorant son rêve. Avec un petit sourire en coin, il se dit que le début avait été bien plus qu'agréable, ce moment où il avait enfin pu serrer Emily dans ses bras.

En revanche son sourire s'effaça aussitôt lorsqu'il se rappela la scène finale.

Il n'eut pas le loisir d'y réfléchir plus longuement puisque Jack l'appela depuis la cuisine pour savoir si il pouvait manger une glace pour le goûter.


- Morgan on n'arrête s'il te plait ! Je n'en peux plus, supplia Emily.

- Non trésor, une demi heure c'est une demi heure. On continue.

- Je t'en prie, geignit-elle pour le persuader. Je t'en supplie, aies pitié d'une simple et pauvre mortelle comme moi.

- Non, non, non…Tu as de la chance j'ai déjà été sympa de t'emmener ici. On aurait très bien pu faire ça dehors sous la pluie.

« Sous la pluie » pensa Emily.

Elle avait justement sauté de joie en voyant la pluie tombé ce matin et elle avait béni le ciel de la sauver de cette terrible épreuve qui l'attendait.
Peine perdue… Malheureusement pour elle, avec un homme comme Morgan, il fallait bien plus que quelques gouttes d'eau pour le détourner de son but.

- Aller encore 5 min, tiens bon Prentiss !

- J'en ai marre ! Je suis fatiguée, j'ai mal partout, j'ai chaud et j'ai soif, râla-t-elle.

- Cesse de te plaindre et cours !

En effet, ils se trouvaient tous les deux dans l'une des salles de sport que Derek fréquentait et chacun courrait sur un tapis de course.

- Concentre-toi sur ton rythme Emily, sur ta respiration, cela sera plus facile.

- Mon rythme…ouais c'est ça…mon œil…tortionnaire !

- Cesse de parler tu t'essouffles pour rien…et puis je te rappelle que c'est toi qui trouvais que tu te laissais un peu aller ces derniers temps !

- J'ai dis ça à JJ ! Et toi tu en as profité pour m'entrainer dans tes délires sportifs !

- Et toi tu as accepté !

- Parce que j'ai pensé que cela serait sympa, expliqua-t-elle. Je croyais qu'on se ferait une petite séance de remise en forme entre copines…

Elle vit le regard noir que lui jeta Morgan.

- …copains, se rattrapa-t-elle. Copain. Je pensais qu'on ferait une demi heure de sport avant d'aller se boire un petit cocktail quelque part…Pas que je passerai ma journée à faire des pompes, des abdos et de la course à pied!

Morgan lui adressa son plus brillant sourire.

- Ok, reprit-elle…c'est vrai…j'aurais dû me douter qu'avec toi je souffrirai…mais pas autant.

- Aller, répliqua Derek en ricanant, un dernier effort et après je t'emmène boire un verre au bar du club.

Emily acquiesça de la tête et poursuivit sa course. Quand moins de trois minutes plus tard Morgan arrêta enfin la machine, elle manqua de s'écrouler et crut qu'elle allait suffoquer. Elle toussa un peu et quand sa quinte de toux
fut calmée elle regarda Morgan et lui dit :

- Au lieu de te marrer à me regarder m'étouffer, va plutôt me chercher un énorme, un maxi coca bien frais.

- Un coca ? Tu plaisantes là ? Non un bon verre d'eau suffira. Tu ne vas pas reprendre toutes ces calories perdues en buvant un soda ! Rien ne vaut l'eau Prentiss.

Emily le regarda dépité et poussa un long soupir…


Pénélope s'étira en travers du lit, remontant sur elle la couette moelleuse et épaisse. Cela faisait des années qu'elle n'avait pas fait ça, passer une journée entière dans son lit à faire l'amour, grignoter, somnoler…Non à vrai dire elle n'avait même jamais fait ça.

Elle regarda Kevin entrer dans la petite chambre multicolore, l'informaticien portant pour tous vêtements un caleçon noir à rayure rouge. Elle lui sourit lorsqu'il s'avança les mains chargées d'un plateau sur lequel étaient disposés deux soufflés au chocolat surmontés d'une montagne de crème fouetté. Près d'eux trônait une rose rouge. Kevin était décidément un incorrigible romantique. Grâce à lui et à toutes ses petites attentions, elle en arrivait
à oublier l'horreur de son travail. Elle appréciait et savourait chaque instant passé a ses côtés, où il lui prodiguait amour, tendresse et passion. Tandis que le jeune homme s'asseyait sur le rebord du lit elle remercia en silence la vie de lui avoir permis de rencontrer Kevin Lynch.


Rossi raccrocha le téléphone : au bout du fil, Madeline, la délicieuse jeune femme qui était son nouvel agent lui avait fixé ses prochains rendez vous auprès de son éditeur.

Il avait fini son nouveau bouquin et la date de publication se rapprochait. La jeune agent avait semblé totalement excitée à l'autre bout du fil à l'idée du tabac que le livre ferait à sa sortie. Bien plus excitée que lui…la vérité était qu'il se moquait pas mal du succès de ses livres à présent.
Si par le passé, être un auteur de best-sellers lui avait procuré joie et plaisir, il en était depuis longtemps revenu.

Aujourd'hui il écrivait parce qu'il aimait cela, parce qu'il était doué pour ça, et dans l'unique but de partager son expérience auprès de futurs profilers. Les conférences de presse, les autographes, les remises de prix le fatiguaient plus qu'autre chose.

Il se vieillissait il en était conscient…et la voix jeune et vive de Madeline le lui rappelait fréquemment. Il pensa longuement à elle durant les minutes qui suivirent l'appel, jusqu'à ce qu'il décide que pour elle, pour
lui faire plaisir, il jouerait à fond le jeu de l'auteur connu et reconnu devant ses lecteurs.


Reid passa plus de quatre heures assis dans son box au milieu de la grande bibliothèque de Quantico. Il y feuilleta de nombreux ouvrages sur les nouvelles sciences physiques et chimiques, prenant des notes sur son calepin, contestant pour lui-même de nouvelles théories et suivant du bout de son index les milliers de mots encrés sur le papier que son cerveau mémorisait.

Quand à 18h30 on l'informa que la bibliothèque allait fermer ses portes il se leva de sa chaise et étira chacun de ses muscles. Puis il ramassa ses notes, les différents gobelets de café vides qu'il avait ingurgités au cours des
dernières heures et se dirigea vers la sortie. Une fois à l'extérieur du bâtiment il huma l'air froid du mois de mars, s'en remplit les poumons, et s'engouffra dans la station de métro à quelques mètres de lui.


JJ et Will éclatèrent de rire simultanément en voyant leur fils danser seul au milieu du salon, marquant le rythme sur ses petites jambes au son du dernier titre pop rock qui passait à la radio. Voyant ses parents sourire il
courut vers eux, sautant dans les bras de son père.

Ils regagnèrent tous les trois la cuisine de la petite maison que le couple avait achetée un an auparavant. La table mise, ils s'installèrent et dégustèrent le dîner que Jennifer avait pris le temps de préparer. Alors
qu'Henry jouait avec sa cuillère à trifouiller les petits pois de son assiette, JJ examina tour à tour son fils et William. En les regardant elle se rappela la chance qu'elle avait d'avoir ses deux être auprès d'elle. Will était l'homme qu'elle avait toujours cherché, il était celui grâce à qui aujourd'hui elle se sentait femme, mère et amante. Et c'était là tout ce qu'elle souhaitait, tout ce qu'elle attendait de la vie. Partager le restant de ses jours avec son fils et le père de celui-ci suffirait à son bonheur.
Jennifer finit par sortir de ses pensées lorsqu'elle vit Henri lui tendre une petite cuillère pleine de légumes.


Jeudi…

Aaron Hotchner se rendit à son travail peu de temps après avoir déposé Jack à l'école.

Quand il arriva au département, il salua quelques agents des différents services puis passa les portes de la BAU et s'arrêta un instant pour visualiser la scène sous ses yeux; ses collègues semblaient être tous déjà présents et s'étaient mis au travail. JJ était occupée à passer un coup de fil, Rossi étudiait des documents, Morgan et Reid se chamaillaient sous les yeux d'Emily qui jouait les arbitres tout en tapant des notes sur son ordinateur.

Son regard s'attarda quelques secondes sur la jeune femme et il sentit son cœur battre une mesure beaucoup plus rapide qu'à l'accoutumée. Ignorant le tempo dans sa poitrine il s'avança, leur dit bonjour et grimpa les escaliers qui menaient à son bureau. Il déposa ses affaires, accrocha son manteau et s'approcha de la grande fenêtre qui donnait vue sur l'immense pièce de travail de ses agents. Il fixa Prentiss durant un instant; la jeune femme semblait aller bien à en juger par son sourire lumineux. Il devina qu'elle tentait de rester sérieuse et concentrée sur son travail mais ne pouvait s'empêcher de rire aux
taquineries que Morgan infligeait à Reid.

S'il avait écouté son cœur il serait immédiatement redescendu, il serait allé la voir, lui aurait demandé ce qu'elle avait fait de ses deux jours de repos. Son cœur aurait voulu savoir qu'elles avaient été ses occupations, si elle était sortie, si elle avait pris le temps de se reposer, n'importe quelle conversation lui permettant d'être auprès d'elle un bref instant.
Savoir si le temps de ces deux jours où ils ne s'étaient pas vu, elle avait pensé à lui autant qu'il avait pensé à elle.

Hélas il ne pouvait se permettre une telle attitude au sein de ce bureau. Il se retint donc et se contenta de la regarder un court moment à travers la façade de verre.


Vers quatorze heures, alors que chacun travaillaient derrière son bureau, ils virent un Hotch descendre de l'étage supérieur, un air contrarié plaqué sur le visage. Lorsqu'il arriva à leur niveau chacun se tourna vers lui et Reid demanda :

- Qu'est ce qui se passe ? Une nouvelle affaire ?

- Non pas pour l'instant…seulement une réunion en compagnie de Strauss a laquelle je ne peux échapper.

- Oh, fit Morgan sur le ton de la plaisanterie, vous savez ce que c'est, vous y êtes habitué. Elle va vouloir vous descendre, dissoudre l'équipe…bref rien de bien nouveau. Vous vous en sortirez très bien.

Spencer et Emily sourirent chacun dans leur coin en entendant leur collègue mais se ressaisir en remarquant l'expression toujours sévère de leur supérieur.

- Ce n'est pas la réunion qui m'ennui…L'école de Jack vient de m'appeler. Il se plaint d'être malade, de ne pas se sentir bien. Et Jessica s'est absentée pour la semaine, elle est partie rendre visite à sa mère. Je devrais en avoir fini avec cette réunion d'ici la sortie des écoles mais cela m'ennuie de le laisser là bas en étant malade. Mais je ne peux pas repousser cette entrevue.

Emily regarda son patron dont l'esprit semblait se torturer à la recherche d'une solution. Pour la seconde fois de la journée, il se trouvait là, près d'elle et elle senti une étrange légèreté l'envahir. Depuis leur retour de Seattle tout avait changé entre eux. Si aujourd'hui elle avait l'esprit lucide sur ses sentiments vis-à-vis de son patron cela n'avait pas toujours été le cas. Durant ces deux derniers jours elle avait fais le point sur elle, sur ce qu'elle ressentait et c'était rendu compte que non seulement elle était irrémédiablement amoureuse de son patron, mais surtout que cela ne datait pas d'hier. En y réfléchissant bien, elle avait compris qu'elle avait succombé au charme intriguant et mystérieux de Hotchner quelques semaines seulement après son arrivée au département. Et durant toutes ces années à ses côtés elle avait enfouie au plus profond d'elle-même ce qu'elle ressentait pour ne blesser personne…D'abord Hotch et sa famille, puis elle-même. Mais aujourd'hui tout était différent c'était lui qui avait dévoilé ses sentiments. Sans vraiment y réfléchir elle se leva, se posta devant son chef d'équipe et lui dit :

- Si vous voulez je peux m'occuper de Jack. Je peux aller le récupérer et le conduire chez le médecin.

Rapidement devant l'air étonné de son supérieur, elle baissa les yeux, se rassit sur sa chaise et sentant son visage s'empourprer elle ajouta :

- Enfin je dis ça…c'est vous qui voyez…

« Nom mais quelle conne ! Mais quelle conne » se dit elle pour elle-même en voyant qu'il continuait de la fixer sans parler.

« Mais qu'est ce qui t'as pris de lui proposer un truc pareil ! Et voila maintenant il va te prendre pour l'une de ses bonnes femmes qui cherchent a régenté la vie de leurs mecs quelques heures seulement après les avoir rencontré ! Mais quelle conne ! Apprend à te taire Emily, apprend à fermer ta bouche de temps à autre…Nom de Dieu, il va prendre peur, croire que tu cherche à t'imposer dans sa vie et tout sera fini avant même d'avoir eu le temps de commencer…et...et...ET pourquoi il me regarde comme ça ! »

Elle attendit stupidement qu'Hotch se décide à lui répondre quelque chose, bloquant sa respiration.

« Dis moi oui, dis moi non, dis moi d'aller me faire voir mais dis quelque chose bons sang ! »

Soudain les prunelles de son patron semblèrent s'éclaircir et son visage se détendre.

- Cela ne t'ennuierais pas Prentiss ? demanda t'il gentiment.

Emily respira à nouveau et répondit de la manière la plus naturelle possible.

- Non, non…j'ai quasiment fini mon travail et le reste peut attendre demain.

- Et bien je dois reconnaître que si cela ne te pose pas de problème, j'accepterais volontiers ta proposition.

- Cool...Super. Vous n'avez cas prévenir l'école de Jack que je passe le prendre et ensuite je le conduirais chez votre médecin.

- Cela ne t'embête vraiment pas, sûr ?

- Non pas du tout, répondit elle en souriant. Et puis Jack et moi on s'entend plutôt bien.

« Idiote ! Idiote ! Idiote ! Mais pourquoi tu lui dis ça ? Comme si lui rappelez a quel point tu t'entend bien avec son fils unique allait décider cet homme a passer le restant de ses jours avec toi, à t'épouser et a te faire…Oh mon Dieu…J'ai parlé de mariage ! J'ai parlé de mariage ! Ma pauvre Emily tu débloque ! »

Oui elle débloquait. Totalement. Ou plutôt la présence de Hotch la faisait débloquer.

- Oui je sais, répondit simplement Aaron.

« Il sait…mouaaah…il sait…et bien c'est super…ressaisit toi ! »

- Ok, reprit-elle en tentant de garder un semblant de calme. Bon et bien je pars tout de suite alors, comme ça vous pouvez assister à votre réunion, Jack peut être soigné et Strauss peut vous engueuler. Voilà comme ça tout le monde y trouve son compte.

« N'importe quoi ! Tout le monde y trouve son compte ! Wouhaou super réplique Emily ! Quelle sortie, bravo…tu ne pouvais faire mieux ! »

Elle attrapa son manteau, son sac, et éteignit son ordinateur.


Quinze minutes plus tard, elle se garait devant l'école de Jack et entrait dans la cours qui menait à l'établissement scolaire. Elle se dirigea ensuite jusqu'au bureau de la directrice, frappa à la porte et fut invité à y entrer. La directrice l'accueilli un sourire aux lèvres, l'informa que « l'agent Hotchner » l'avait prévenu de son arrivée et lui fit signer quelques documents autorisant Jack à sortir de l'école. Puis elle entraina Emily à travers de longs couloirs pour la conduire jusqu'à l'infirmerie ou le petit malade l'attendait sagement. Dés qu'elle entra dans la pièce, elle vit le petit garçon sauter du lit sur lequel il se reposait pour venir se jeter dans ses bras.

- Emily ! cria-t-il tandis qu'elle se baissait pour le serrer contre elle.

Elle savoura un instant la douceur de la joue de l'enfant contre la sienne.

- Alors comment te sens-tu ? lui demanda-t-elle en s'écartant légèrement.

- Ça va.

- Je pense qu'il s'agit seulement d'un petit rhume, lui expliqua l'infirmière. Un peu de repos et il sera à nouveau vite en forme.

- Très bien. Je vous remercie. Je l'emmène voir le médecin et nous vous tiendrons au courant.

- Parfait. Jack soigne toi bien et à très vite.

- Ok, répondit gentiment l'enfant.

Emily l'aida à enfiler son petit manteau et à nouer son écharpe, puis attrapa le cartable de Jack et enfin ils sortirent tous les deux de l'établissement, la main de Jack enserrant la sienne.


Hotch avait fourni toutes les indications à Prentiss et contacté le médecin de famille pour l'informé de la situation, si bien qu'Emily et Jack n'eurent quasiment pas a attendre avant d'être reçu. Le docteur ausculta l'enfant et abouti au même diagnostique que l'infirmière scolaire. Emily resta auprès de Jack, l'aidant à se déshabiller, à s'installer sur le lit le temps de l'examen médical, puis à remettre ses vêtements. Le docteur prescrit au petit garçon quelques médicaments, du chaud et du repos.

Emily profita de la présence d'une pharmacie à proximité du cabinet pour aller acheter le traitement de Jack. Ainsi Hotchner n'aurait pas à s'en occuper en rentrant.

Elle essaya de le joindre pour le rassurer sur l'état de son fils mais elle tomba sur la boite vocale, son chef ayant sûrement dû couper son portable le temps de la réunion. Elle lui laissa un bref message lui disant que Jack n'avait qu'un rhume, qu'elle se chargeait de lui acheter les médicaments nécessaire et qu'ils rentraient directement après.

Tandis qu'elle patientait dans la file d'attente de la pharmacie elle observa Jack qui, de la porte de l'officine lorgnait sur la boutique d'en face. Emily le regarda amusée quand elle vit que Jack ne quittait pas des yeux les sucreries et viennoiseries qui y étaient exposé. Quand l'enfant revint auprès d'elle, il lui dit :

- Tu sais Emily c'est bientôt l'heure du gouter ?

- Vraiment ? fit-elle en souriant.

Elle fit mine de consulter sa montre et fit semblant d'être étonnée.

- 15H30 ? Mais oui tu as raison c'est presque l'heure de gouter.

- Hum hum, acquiesça Jack.

- Que dirais tu si en sortant de la pharmacie, nous allions nous acheter un gouter juste en face.

- Je dirais que c'est une très bonne idée, répondit Jack en souriant.

Un instant plus tard, ils achetaient tous deux des viennoiseries et se dirigeaient vers la voiture d'Emily. Après avoir vérifié que Jack était bien attaché, Prentiss s'installa au volant et démarra.

- Aller maintenant on rentre se mettre au chaud.

- ok.

Elle prit la route qui conduisait chez Hotch, guettant le ciel nuageux. Avec les températures bien en dessous des normales saisonnières, elle ne serait pas surprise s'il tombait d'ici ce soir quelques flocons de neige.

Avant de quitter le bureau, Hotch lui avait donné le trousseau de clés de son appartement afin qu'elle puisse y entrer et que Jack aille se reposer. Avoir dans son sac les clés du domicile de Hotch la rendait à la fois excitée et angoissée. Excitée à l'idée que Hotch lui ai confié les clés de « son » appartement…et angoissée a l'idée que cela serait peut être la seule et unique fois où cela se produirait.

Elle roulait depuis cinq minutes quand Jack à l'arrière se mit à lui parler du petit chat qu'elle avait accueilli chez elle. Emily fut heureuse de voir que le chaton avait été le fruit d'une conversation entre le père et le fils. Jack lui posa un tas de question sur le félin.

Comment l'avait elle appelé ? Sergio.

Sa couleur ? Noir fumé.

Que mangeait-il ? Des croquettes minuscules pour que les petites dents pointus du bébé puissent les croquer.

Où dormait-il ?

Emily sourit en repensant au premier jour ou elle avait ramené Sergio dans son appartement. Elle avait contacté rapidement un vétérinaire et pris rendez vous pour la journée même.

Puis elle avait abandonné le chat dans sa nouvelle demeure et était ressortie lui acheter de la nourriture, une caisse pour ses besoins et un panier rouge pour que l'animal puisse y dormir. Comme de nombreux nouveaux propriétaires d'animaux domestique, elle avait naïvement cru que le chaton comprendrait que ce panier recouvert d'épais coussin moelleux lui servirait de lit.

« Erreur de débutante » songea t 'elle en se rappelant que la nuit venue, elle était couché depuis moins de dix minutes, quand la petite boule de poils noirs avait bondit sur le lit pour venir se pelotonner tout contre elle. Elle l'avait laissé là, toute la nuit, inventant pour excuse qu'il s'agissait de la toute première nuit de Sergio dans sa nouvelle maison et qu'il recherchait simplement une présence, une odeur familière.

Mais le soir suivant arriver, quand l'animal s'installa à nouveau près d'elle, Emily ne chercha pas une nouvelle excuse. La vérité était qu'elle adorait sentir le petit corps chaud du chaton se rouler en boule contre elle. Qu'elle aimait entendre le doux ronronnement de l'animal qui la berçait.

Toutefois elle n'entra pas dans les détails et expliqua simplement à Jack que Sergio avait un panier pour dormir.

- On peut aller le voir ? s'écria Jack.

- Qui ça ? Sergio ?

- Oui, oui, on peut aller le voir, répéta l'enfant tout excité à l'arrière du véhicule.

- Jack ce n'est pas une bonne idée. Tu es malade et il faut rentrer te reposer. Tu viendras le voir un autre jour.

- Oh non ! pas un autre jour ! S'il te plait Emily on y va aujourd'hui. S'il te plait ! s'il te plait ! lui répéta-t-il en frappant dans ses mains.

- Jack j'ai dis a ton père que je te ramenais chez toi et il risque de s'inquiéter si nous arrivons en retard.

« Explication nullissime ma pauvre Emi. » Hotch ne sera pas de retour chez lui avant au moins une heure voir plus.

- Mais non, lui dit Jack. On ne sera pas en retard, on ne restera que cinq petites minutes. Juste le temps de lui faire un petit câlin. S'il te plaiiit !

Elle regarda Jack dans son rétroviseur, Jack qui la suppliait de ses grands yeux sombres et pétillants.

« Bon sang résisterais je un jour au regard des Hotchner?»

Après tout, ils pouvaient s'arrêter cinq minutes a son appartement ils étaient juste a coté. Hotch ne lui en voudrais surement pas de présenter Sergio à Jack. Il savait ô combien son fils adorait les animaux.

Elle fixa de nouveau Jack dans le rétro.

- Bon d'accord, dit elle. Mais juste cinq minutes !

- Ouais, super !


Un instant plus tard, Emily se garait devant son immeuble et aidait Jack à descendre de la voiture. Une fois à l'intérieur de l'appartement, elle appela Sergio et accompagné de l'enfant chercha le chaton au travers des différentes pièces du logement.

- Il est ou ? demanda Jack après avoir fouillé le salon et la cuisine.

- Il doit se cacher.

Ils entrèrent dans la chambre a coucher d'Emily et ils virent apparaître le chaton. Jack s'approcha de lui tout doucement, prenant garde à ne pas l'effrayer. Il commença à le caresser, lui donnant du « Oh Sergio » du « petit chat » et du « que tu es mignon bébé » sous le regard attendrie d'Emily.

Elle se rapprocha d'eux et s'accroupi au coté de Jack. Rapidement l'enfant se mit à jouer avec l'animal, le prenant dans ses bras, le câlinant tandis que Prentiss les regardait faire connaissance.

Le temps fila vite, trop vite et Emily s'aperçu que les cinq minutes s'étaient déjà transformées en vingt cinq.

- Jack il va falloir y aller. Ton papa va nous attendre.

- Oh non pas déjà, lui répondit le garçon en frottant sa tête contre celle du chaton.

- Si, si aller on y va.

En voyant la petite bouille triste de l'enfant elle se pencha vers lui, et tout en lui caressant les cheveux, lui dit :

- Aller je te promets que tu pourras vite revenir le voir.

- Promis ?

- Oui c'est promis.

« A nous deux nous devrions pouvoir convaincre ton père » pensa t'elle.

- Allez on est partie !

- Attend je lui fais un dernier bisou.

Elle le laissa faire. Puis tandis que l'enfant remettait son manteau et qu'elle attrapait le sien, on sonna à la porte.

- C'est peut être papa ? s'écria Jack.

- Je ne pense pas, lui répondit-elle en se dirigeant vers la porte. Il nous aurait d'abord appelé et puis comment aurait il deviné que nous sommes ici ?

- Sais pas, fit Jack en haussant les épaules.

Emily jeta un coup d'œil par le judas de la porte d'entrée.

- Non c'est un coursier, dit elle en défaisant le verrou.

- Un quoi ? cria Jack à l'autre bout de la pièce.

- Un livreur, expliqua t'elle.

Elle ouvrit la porte et se retrouva face a un homme, plutôt grand, la trentaine passée, casquette visé sur le crane et des yeux bleus glaciales.

- Bonjour, lui dit-elle.

- Agent Prentiss ?

- Oui.

- J'ai un colis pour vous.

- Un colis ?

L'homme lui tendit une boite et elle reconnu les emballages postaux classique.

- Oh très bien. Merci

- J'aurais besoin d'une signature s'il vous plait, demanda le livreur.

- Oui bien sûr.

L'homme lui donna un stylo et elle s'appuya sur le colis pour signer le bon de réception. Soupesant la boite, elle la trouva plutôt légère. Surement une bricole que ses parents lui envoyait du Mexique où ils étaient parti depuis plus d'un mois. Bien qu'elle ne soit pas très proche d'eux, elle devait reconnaître qu'ils avaient toujours ce genre de gentilles attentions envers elle.

Elle était en train de chercher sur le colis le tampon qui indiquerait l'origine de l'envoi quand elle senti une pointe douloureuse dans son cou. Presque instantanément elle s'effondra, ses jambes se dérobant sous elle et elle chuta lourdement sur le sol. Au moment où elle se fracassait le crâne par terre, elle vit le livreur ranger une seringue dans sa poche et franchir le pallier de la porte.

Immobilisée, Emily le vit se pencher sur elle, lui attraper les bras et la trainer dans l'appartement. L'homme alla ensuite refermer la porte, puis parti en direction du salon.

- Ja…Jack, voulut elle crier mais sa voix ne fut qu'un murmure.

Elle entendit les pas lourds et rapides de l'homme, suivi de la voix de l'enfant.

- Vous êtes qui ? demanda Jack. Où est Emily ?

Elle perçut un bruit de course au loin et le petit garçon crier. Elle aurait voulu se relever, bondir sur ses jambes, dégainer son arme, se battre contre cet homme qui s'en prenait a Jack. Elle aurait voulu hurler.

Mais aucun son ne sortit de sa bouche.

Elle se concentra sur ses jambes, lutta pour essayer d'en reprendre le contrôle et tenter de se relever. Rien à faire, elle était totalement paralysée. Impuissante. Emily se força à garder les yeux ouverts mais ses paupières alourdies gagnèrent la partie. Elle se senti lentement sombrer et dériver dans l'obscurité.

Sa dernière pensée lui rappela à quel point elle avait été idiote et irresponsable.

Elle, l'agent du FBI, elle qui connaissait si bien les ruses que les psychopathes utilisaient pour s'approcher de leurs victimes, avait été assez stupide pour ouvrir sa porte sans méfiance. Alors que son esprit tournoyait sans fin dans l'ombre noir, elle s'insulta en repensant à une phrase prononcée par son agresseur quelques minutes plus tôt… « Agent Prentiss »

Quelle avait été sotte ! Comment un simple livreur aurait il pu savoir qu'elle appartenait au Bureau Fédéral d'Investigation ?

Voilà pour ce premier chapitre, j'espère que vous ne vous êtes pas trop ennuyer a le lire :D Désolée pour les fautes mais seulement une partie a été corrigé, je me rattrape au prochain. Je vous posterais le second chapitre très vite, enfin si vous en avez envie. Bon week end a tous!