** Cet OS est écrit pour un jeu du FoF, il fallait le rédiger sur le thème "Course" en une heure. Pour plus de précisions vous pouvez m'envoyer un mp. ** 17e nuit.

Disclaimer : Les personnages sont à JK Rowling.

Mini résumé : Neville n'a plus rien à se mettre sous la dent : il est grand temps d'aller faire les courses.

Premier OS de ce recueil (il lui a d'ailleurs donné son nom), qui rassemblera les OS écrits dans le cadre du jeu du FoF "une heure pour un thème".

Enjoy ;-)


Avec jardin

Le frigo est vide. Les placards sont vides. Même le congélateur est vide. Il ne reste qu'un misérable morceau de fromage, une pomme ramollie et un fond de jus d'orange, qui doit dater de l'an quarante. En bref, il est temps, très grand temps, de faire les courses.

J'enfile un manteau et ferme la porte à clef derrière moi. Dehors, le temps est gris, la pluie menace, le vent souffle fort dans les oreilles et le froid de novembre commence à piquer le nez et les yeux. L'épicerie n'est pas loin, mais j'aurais quand même préféré avoir une voiture ou quoi, juste pour avoir le chauffage, juste pour ne pas devoir porter les sacs. Je déteste les courses. Et puis, ça me rappelle à quel point ma mémoire est capricieuse : de retour à l'appartement, je déprime toujours en remarquant que je n'ai pas pensé à la moitié des choses à prendre. Si ce soir j'ai envie d'une délicieuse omelette, je serais capable d'acheter les champignons, les épices, le lard, les tomates, et d'oublier les œufs. Bon, voilà, je hais les courses. Vraiment.

Tiens, mais ça m'a donné envie d'une omelette, ça, en fait… allez, Neville. Des œufs. N'oublie pas les œufs. Tu vas y arriver, parce que justement, tu as dit que tu n'y arriverais pas. C'est logique. C'est toujours pareil.

L'air dans le magasin est chaud, et je relève la tête, saluant l'homme à la caisse. L'épicerie est vide, aujourd'hui, il n'y a personne. Je déplie les sacs que l'ai emportés de chez moi et commence à y fourrer des conserves, des légumes, des bouteilles, en petites quantités parce que je n'ai quand même que deux bras. Ah, si j'étais dans un quartier sorcier, au moins, je pourrais les faire léviter, ces foutues courses… j'ai toujours dit que j'aurais dû vivre sur le Chemin de Traverse. Là, il y a des dizaines de magasins, et on peut y aller en transplanant, c'est quand même beaucoup plus pratique. Lorsque je serai bien installé professionnellement et que j'aurai pu économiser un peu, j'y chercherai un appartement. Avec jardin, ou balcon, pour mes plantes. J'aimerais commencer à en cultiver d'autres que celles qui peuvent être mises dans une maison – les domestiques magiques ne sont pas très nombreuses, on a vite fait le tour.

-Neville ?

Je me retourne brusquement. C'est une jeune femme, qui me regarde avec de grands yeux étonnés et un sourire charmant. Et ses nattes blondes me ramènent des années en arrière.

-Hannah ! Ça alors !

S'en suit une conversation très basique du genre « comment ça va – qu'est-ce que tu deviens – pourquoi c'est la première fois que je te croise ici ».

-Parce que je viens de déménager, m'explique-t-elle sur un ton d'excuse. J'ai repris le Chaudron Baveur.

-Sans rire !

Elle rougit. Tout à coup, les courses ne me paraissent plus si pénibles. Même les sacs se sont allégés.

-Je vis là, maintenant. Et toi ?

-J'étudie la botanique. J'adore ça.

-Alors tu dois avoir beaucoup de plantes chez toi ? C'est génial. Parmi les cours de Poudlard c'était un de ceux qui me passionnaient le plus.

-J'en ai quelques-unes. Pas beaucoup, parce que je n'ai pas de jardin, et mon appartement est très petit. Alors c'est difficile.

Elle semble hésiter, puis me dit :

-Je cherche un locataire, pour boucler mes fins de mois. J'ai un jardin, petit mais qui ne demande qu'à être cultivé, et une chambre vide dans mon appartement. C'est au rez-de-chaussée du Chaudron Baveur. Le loyer n'est pas très cher, puisque c'est sous l'hôtel et juste à côté du bar, alors ce n'est pas la totale tranquillité. Mais la chambre et le jardin… si tu veux.

De moins en moins pénibles, ces courses, tout compte fait…

On parle encore un peu et finalement, on décide de se retrouver à un café pour discuter – de la chambre officiellement, mais que peut-on dire d'une chambre à un café ? Elle me la montrera et puis on parlera d'autre chose, c'est aussi simple que ça. Ça me fait vraiment plaisir de la revoir. Je ne sais pas pourquoi. Peut-être parce que ça me rappelle ma jeunesse, Poudlard et tout ça. Je vois encore régulièrement mes bons amis comme mes camarades de Gryffondor, ou Luna, mais ce n'est pas pareil. Une personne que j'ai vue régulièrement depuis la fin de ma scolarité ne sera plus vraiment associée à elle. Une personne, comme Hannah, que je n'ai plus vue depuis, je n'aurai de souvenirs d'elle que ceux en rapport à Poudlard.

Hannah quitte l'épicerie avec son sourire et me laisse avec le mien. Grand. Un peu béat. Un peu heureux.

Je vais payer.

Hannah me trotte dans la tête sur le chemin du retour. Le froid est moins piquant, la chaleur de mes joues l'empêche de m'atteindre, et mon sourire ne disparait pas.

Je pense toujours à elle en montant mes quatre étages sans ascenseur. Et en ouvrant la porte de la maison. En saluant une plante heureuse de me voir revenir. En déposant mes courses sur la table, en commençant à remplir mon frigo, mon congélateur, mon placard…

…oh non. J'ai oublié les œufs.