N.B. : Tout d'abord, je tiens à remercier Myriam et Frenchnuts pour votre fidélité à suivre ce récit ainsi que pour vos charmants commentaires que vous avez la gentillesse de me laisser. Merci à vous deux ainsi qu'aux lectrices et lecteurs qui lisent cette fic sans nécessairement laisser leurs impressions par écrit.

En passant, ce chapitre s'inscrit davantage comme un chapitre de transition. Il n'est pas très long mais annonce un tournant dans l'action… Au plaisir du relire! France

Résidence de Hammed

Dimanche : 15h.13 P.M.

Installée dans le laboratoire de Hammed, Scully travaillait rapidement, improvisant avec l'équipement informatique à sa disposition tandis que Paul, Keven et Sarah lui donnaient un coup de main. De leur côté, Sindy et Mulder préparaient Cathy en douceur.

Plus tôt cet après-midi là, Hammed qui bricolait un de ses terminaux avait entendu la sonnerie de la porte. D'un geste impatient, il avait caché plusieurs de ses ordinateurs portables dans un cabinet métallique et s'était hâté de dissimuler des papiers importants que nul, à part le vieil homme qui fumait des tas de cigarettes et lui-même n'étaient autorisés à voir. D'un pas traînant, il était monté dans le hall principal et s'était dirigé vers la porte d'entrée. Jetant un coup d'œil furtif autour de lui, il avait marmonné un juron. Il détestait qu'on vienne l'embêter quand il travaillait sur le projet. Un projet top secret qui passait avant tout dans sa liste de priorités. La mort de son enfant de même que Penny qui perdait la raison n'étaient que des peccadilles en comparaison. De toute façon, cela le laissait complètement indifférent sauf une chose… La veille au soir, il avait reçu la visite des policiers. Et comble de malheur, il se tapait en plus le FBI qui le surveillait d'un peu trop près depuis la mort d'Amy.

« Merde! Qu'ils aillent se faire voir, bande de connards! Ils n'en avait rien à foutre! »

La nuit dernière, ces foutus policiers s'étaient amenés dans sa propriété suite au déclenchement du système d'alarme du voisin. Sans doute un gosse débile et vandale qui cherchait le grand frisson en s'amusant à tirer des cailloux sur n'importe quoi. Les flics lui avaient dit qu'ils devaient vérifier si tout était en ordre dans sa maison et sur son terrain. Sans lui laisser le temps de riposter, ils avaient fouillé sa résidence de fond en comble pour finalement découvrir Penny qui dormait d'un sommeil comateux dans la chambre du bébé. En colère et l'accusant de négligence criminelle, un des flics s'était empressé de téléphoner au 911 pour faire venir une ambulance. Peu de temps après, des ambulanciers étaient venus chercher Penny pour la transporter à l'hôpital des cinglés.

« Bon débarras! » avait-il pensé sans l'ombre d'un remords. « Elle n'avait qu'à ne pas fourrer son sale nez dans ses affaires! »

En revanche, la seule chose qu'il regrettait vraiment, c'était de ne pas lui avoir suffisamment injecté de son produit dans les veines. Bien dosé, celui-ci n'aurait pas tardé à réduire son pauvre petit cerveau en bouilli. Après tout, c'était sa faute puisqu'elle avait tenté de l'assassiner en premier. Donc, il était clair pour lui qu'elle ne méritait pas de vivre.

De plus, à cause de ses conneries, il avait passé la nuit en garde à vue. Et tôt le lendemain, le vieil homme qui supervisait le projet ainsi que ses expériences avait payé sa caution. Les flics l'avaient relâché non sans lui jeté quelques regards suspicieux.

Ne prenant pas le temps de se restaurer, Hammed s'était empressé de retourner chez lui. Une fois à la maison, il était descendu en hâte dans son sous-sol pour rattraper le temps perdu. Et voilà que des visiteurs impromptus avait sonné à sa porte. Une fois de plus, on venait déranger ses plans. Il avait été sur le point de jouer les hommes invisibles et de faire comme si la maison était déserte mais le vieil homme à la cigarette l'avait averti de suivre ses instructions à la lettre. Alors, il avait vérifié dans son œil magique qui venait le visiter. Pestant contre le mauvais sort qui s'acharnait sur lui, il avait reconnu les trois agents du FBI mais pas les autres qui les suivaient non loin derrière. Une enfant autiste qu'il avait vu parfois errer dans les parages les accompagnait. Un sourire machiavélique et peu avenant s'était brusquement dessiné sur son visage sec et froid lorsqu'il comprit que la situation était sur le point de tourner à son avantage. Mine de rien, il avait ouvert la porte pour accueillir ses visiteurs et les avait invité à entrer dans son antre.

Debout face à Hammed, Scully, Mulder et Sindy n'aimèrent pas ce que l'homme dégageait mais l'échéance approchait. Le manque de temps était leur ennemi. À contrecœur, ils suivirent leur hôte et descendirent dans son laboratoire.

- Je vais placer deux paires d'électrodes, et quand le courant passera, nous devrions pouvoir intercepter les ondes cérébrales de Cathy, expliqua Scully.

- C'est parfait, Dana, approuva Mulder. On te laisse carte blanche.

De son côté, Paul se joignit à Keven et Sarah pour les assister. Il s'avança vers l'équipement informatique d'Hammed, sourit à Scully et l'aida à brancher le tout.

- Penses-tu qu'il y ait une puce électronique dans le cerveau de la petite? Interrogea le jeune homme en tendant un des électrodes à Scully.

- Non, je ne crois pas, répondit celle-ci en travaillant autour de l'enfant qui se laissait faire parfaitement docile. Selon moi, il est possible que quelqu'un ait modifié la composition chimique de son cerveau pour en utiliser les cellules comme des mémoires sur un disque dur.

Exhalant un léger soupir, la belle rouquine recula de quelques pas et examina attentivement la fillette.

« Voilà. Elle est prête », déclara-t-elle enfin satisfaite.

Aussitôt, Keven composa le numéro de l'observatoire naval.

- Nous serons en ligne dans un instant, dit-il à ses compagnons. Et quand le cerveau de Cathy sera relié à l'ordinateur de l'observatoire, celui-ci la testera en lui posant différentes questions.

Conscients que malgré son calme apparent, Cathy pouvait avoir besoin de réconfort, Mulder et Sindy vinrent s'asseoir près d'elle, lui tenant chacun une main.

- Nous n'entendrons pas les questions, expliqua Sarah qui se tenait près de Keven et suivait le déroulement de l'expérience. Mais nous verrons s'inscrire sur l'écran les réponses de Cathy.

- Ou bien celle de la banque de données, déclara Sindy. Bienvenue dans le monde moderne de la technologie, plaisanta-t-elle pour détendre l'atmosphère.

À ce moment là, une série de nombres et de formules apparurent sur le terminal d'Hammed.

D'ailleurs, celui-ci, complètement absorbé par l'expérience, paraissait totalement indifférent aux tragédies récentes vécues dans sa maison.

« Le profil d'un pur sociopathe », analysa Sindy écœurée.

Afin de s'arracher à ses sombres pensées, elle inspira lentement et profondément par le nez et se concentra, refusant de laisser entrer la colère dans le temple de ses émotions puisque cela risquait de l'affaiblir. Comme monsieur Wong et Ellie le lui avaient souvent répété, elle était le maître dans son être spirituel et devait éviter de se laisser dominer par la colère. Mieux valait canaliser cette énergie afin de demeurer forte dans un combat honnête. La clé de la victoire ne se trouvait nulle part ailleurs que dans son âme; cette technique, bien que difficile à gérer, était valable pour eux tous.

Pendant ce temps, les données continuaient de défiler en vitesse sur le terminal d'Hammed.

- Hé! s'exclamèrent tout à coup Mulder, Dana et Sindy tout excités. Mais ce sont les lois de Kepler!

- Oui, c'est bien cela, affirma Keven. Et d'après ce que je vois, elles décrivent les mouvements des planètes, en particulier ceux de la terre autour du soleil.

De nouvelles réponses s'inscrivirent sur l'écran, de même que de nouvelles formules de plus en plus longues et compliquées.

- J'enregistre tout ça en vidéo, grommela Hammed. Nous pourrons ainsi revoir les résultats de l'expérience.

Personne ne répondit.

Leur priorité était d'abord d'aider Cathy ainsi que les femmes et les enfants du quartier en découvrant qui les attaquaient et pourquoi…

Les données continuaient à entrer rapidement.

Sindy qui tenait toujours la main de Cathy se pencha vers l'écran et s'adressa à Scully.

- Dana! Réveille-moi si je rêve. Mais en me référant à mes cours d'astrophysique, je constate que le cerveau de Cathy traite présentement de l'origine du système solaire. Est-ce possible? demanda-t-elle avec stupéfaction.

- Non seulement c'est possible, mais tu as raison, Sindy, répondit Scully. Cathy explique présentement des problèmes de structures thermiques et de champs magnétiques planétaires.

Elle fit un geste vers l'écran.

« Je suis désolée, mais je n'en sais plus assez en astrophysique pour tout comprendre. J'avoue que je suis dépassée. »

- Mais pourquoi aurait-on implanté une banque de données dans le cerveau de cette enfant? demanda Paul. Je ne comprends pas.

- Ce doit être à cause de l'endroit, de la géographie de notre quartier, expliqua Sarah. Le temple où le culte de Bel était célébré est la preuve que la Vallée de Los Angeles a toujours représenté quelque chose de particulier pour l'humanité. Nous ignorons combien d'autres enfants autistes ont vécu dans la région depuis les trois milles dernières années… Pour l'instant, nous ne connaissons que Cathy et il semble qu'elle serve de relais à une forme d'intelligence que nous ne connaissons pas encore.

- Et cette forme d'intelligence, interrompit soudainement Mulder, l'a peut-être programmée pour nous tuer.

Puis, s'adressant à Paul, il ajouta d'un ton sourd :

« Tu n'avais pas tort, vieux, de nous mettre en garde lors de notre dernière discussion. »

Paul soupira mais garda le silence.

- Pour ma part, lança Sindy d'un ton réfléchi, je demeure persuadée que ce n'est pas Cathy qui tue.

Elle croisa le regard de Scully qui l'approuva.

« Elle ne contrôle pas ce qui se passe en elle, poursuivit-elle avec verve. Cela, je l'ai bien compris en la sondant, hier. C'est pourquoi je suis persuadée qu'il y a une autre raison à ces morts. »

À ce moment précis, tout le monde vit sur l'écran la raison du blocage.

- Regardez! S'écria Scully en montrant l'écran d'un doigt tremblant.

Des nombres s'allumaient et s'éteignaient en désordre. Fascinée par cette révélation, Dana se pencha vers la fillette toujours immobile, calme et silencieuse sur sa chaise. Scully la contempla avec une émotion qu'elle n'arrivait pas à s'expliquer comme si tous ses points de repère se retrouvaient brusquement chamboulés.

- Dana?… Mulder?… souffla faiblement Sindy, interrompant d'une voix étranglée le cours des pensées de son amie. La banque de données dans le cerveau de Cathy. Elle est déréglée! N'est-ce pas?

- Exact, répondit Mulder.

- Et les étranges hommes qui cherchent Cathy, murmura Sarah en déglutissant avec difficulté, j'imagine qu'ils essaient de la trouver pour régler ce… brie, hésita-t-elle, osant à peine réfléchir aux souffrances qu'enduraient l'enfant depuis des lunes.

- Possible, approuva Scully. Donc, continua-t-elle, il se peut que la cause des attaques que nous subissons depuis quelques jours proviennent des sondes qui cherchent Cathy. Ce serait ces sondes qui auraient tué les trois fillettes. Et de plus, cela expliquerait pourquoi seules des victimes de sexe féminin auraient été attaquées.

Et tandis que Dana exposait sa théorie, Sindy, sa main tenant toujours celle de Cathy, se sentit brusquement aspirée dans un gouffre. C'est à ce moment là qu' elle comprit que leur groupe se trompait.

- Je crois, bredouilla-t-elle des tremolos dans la voix, qu'ils n'essaient pas seulement de trouver Cathy pour réparer la banque de données. Ils veulent détruire ce qu'ils ont implantée dans sa tête et la tuer.

Le choc de cette révélation entraîna chez les « Tigres » un lourd silence qui régna en maître dans la pièce.

- Mais que va-t-il se passer, alors? demanda tout à coup Paul d'une voix rauque.

- Selon moi, répondit Mulder la mâchoire serrée par l'anxiété, ils balaieront de plus en plus souvent notre quartier et la Vallée de leurs sondes jusqu'à ce qu'ils réussissent à détruire la banque de données dans le cerveau de Cathy et…

Hésitant à poursuivre sa sombre hypothèse, Mulder s'interrompit avant de conclure d'une voix basse :

« Et si cette tendance se maintient, les attaques s'intensifieront et finiront par vous tuer, les filles. »

- Mais, pouvons-nous faire quelque chose pour sauver Cathy du sort affreux qui l'attend? interrogea Sarah d'un ton désespéré, son cœur maternel l'empêchant de se préoccuper du danger qu'elle risquait.

Dana, soudain inspirée par une idée qui lui traversait l'esprit dévisagea Sarah, Paul et Mulder et lâcha d'un ton sans réplique :

- Il faut déprogrammer Cathy avec des produits psychotropes! Grâce à cela, la composition chimique de son cerveau sera modifiée et ça brisera la banque de données. C'est la seule façon de la libérer, mais nous devons nous hâter. Souvenez-vous! L'équinoxe d'automne est demain et quelque chose me dit que les hommes en noir qui cherchent Cathy vont vouloir la récupérer avant cette échéance. Et de notre côté, mesdames, nous devons trouver un moyen de devancer la prochaine attaque qui risque de nous atteindre n'importe quand.

- Alors, intervint Mulder qui ne voulait pas perdre un instant, on retourne vite chez toi, Paul. Si je me souviens bien, tu as toujours ton équipement? N'est-ce pas?

Paul approuva son ami d'un bref signe de tête tout en remarquant que Hammed les observait. Son regard avide lui glaça le sang. Mal à l'aise, il détourna les yeux de cet être sans scrupule et croisa ceux de Sindy qui le dévisageait avec une expression qui semblait lui dire :

« Chéri… tu as raison de te méfier d'Hammed. C'est un être cupide et ambitieux. Il va nous mettre des bâtons dans les roues, je le sens! Alors, nous devons faire vite et sortir Cathy de la Vallée avant qu'il ne soit trop tard. Le seul endroit où nous serons en mesure de la protéger se trouve sur les hauts plateaux de la montagne de l'Aigle. »

La gorge serrée, Paul retint son souffle et jeta un œil vers sa compagne pour lui signifier qu'il avait compris. Par la suite, il se dirigea vers Scully et l'aida à débrancher Cathy de l'ordinateur.

De son côté, Hammed avait écouté mine de rien les propos de ce groupe de tarés au sujet de la fillette autiste. Quelle bande de crétins! Ces fouilles-merde ignoraient qu'il en savait plus qu'il ne le laissait voir sur Cathy et les autres enfants autistes qui « leur » servaient de relais. Mais le vieil homme qui fumait des cigarettes l'avait averti de se méfier des trois agents, et surtout de ce Mulder, car celui-ci avait la fâcheuse habitude de fouiner dans des zones où personne n'osait mettre son nez.

Pendant que ces idiots d'agents discutaient sans se soucier de sa présence, Hammed jeta un regard furtif vers Scully et Paul qui terminaient de débrancher l'enfant. Omettant de réfléchir, il s'élança d'un bond vers eux et s'empara de Cathy. Cette enfant était un miracle de la science. Déjà, il commençait à faire des projets qui lui occasionneraient honneur et gloire. Ce que les « Tigres » venaient de découvrir chez cette enfant s'avérait bien plus intéressant que la simple opération d'espionnage qu'il mettait en place depuis plusieurs mois dans son quartier.

Durant des jours, il avait craint que Penny mette tout le monde au courant. Elle avait été révoltée à l'idée qu'il viole la vie privée de ses voisins. Mais tout cela était insignifiant à côté de ce que les autres venaient de découvrir. Alors, d'un geste brusque, Hammed s'empara de Cathy et l'entraîna vers la porte.

- Ne faite pas ça, Hammed ! s'écria Sindy terrifiée.

Les yeux écarquillés, la jeune femme recula près de Mulder et Scully. Elle savait ce qui allait se passer et les autres s'en doutaient aussi.

- Elle va le tuer, c'est sûr, chuchota Mulder à ses compagnons.

Enlacés, Keven et Sarah suivaient la scène d'un regard pétrifié.

Inconscient du danger, Hammed poussa Cathy vers la sortie mais l'enfant résista. Puis, d'un mouvement brusque, elle se retourna et trébucha contre la porte du sous-sol donnant sur l'extérieur. Menaçant, l'homme se pencha vers elle pour l'attraper. Aussitôt, la fillette enfonça ses yeux noirs qui tournoyèrent comme une vrille dans les yeux de son adversaire. Un éclair de lumière brillante traversa son regard. Hurlant comme un vociféré, Hammed porta les mains sur son visage, vacilla, et tomba sur le sol de son atelier en se tordant de douleur.

Haletants de terreur, Scully, Mulder et Paul accoururent vers lui. Et tandis que Paul passait un bras autour des épaules de Hammed pour le retenir, celui-ci, après une dernière convulsion retomba immobile et sans vie.

Le souffle court, Mulder écarta les mains de l'homme de son visage pendant que Scully prenait son pouls.

Hammed avait les yeux grands ouverts comme s'il venait de se confronter à ses pires cauchemars. Et tout d'un coup, le sang se mit à couler de ses narines. Une odeur dégoûtante de cerveau grillé monta dans la pièce. Le cœur au bord des lèvres, les six amis hoquetèrent d'horreur en retenant leur envie de vomir.

- Elle l'a tué, gémit Sarah en regardant Cathy qui revenait lentement dans le coin de l'atelier.

Tel un animal craintif, la fillette se glissa par terre et posa ses magnifiques yeux noirs sur eux.

- Non, observa fermement Sindy en réprimant un frisson. Ce n'est pas elle qui a tué Hammed. Elle n'est qu'un instrument. À mon sens, ceux qui tirent les ficelles l'ont programmé pour réagir violemment quand elle se sent menacée. C'est tout.

- Possible, rétorqua Mulder d'un ton sec. Mais là, nous n'avons plus le choix. Si nous voulons sauver cette enfant de ces fumiers qui lui veulent du mal, nous devons ficher le camp d'ici. De toute façon, nous ne pouvons plus rien pour Hammed, annonça-t-il en désignant le corps recroquevillé de l'homme tandis que Scully s'empressait d'appeler l'ambulance et la police locale.

Une heure plus tard, épuisés, les six amis s'éclipsèrent, entraînant Cathy avec eux. Il était 17h.11. Plongés dans leurs pensées, ils marchaient silencieusement vers la jeep.

Soudain mal à l'aise, Sindy s'humecta les lèvres et regarda le ciel. L'atmosphère semblait lourde et figée. Puis, son cœur s'emballa lorsqu'elle perçut un grondement lointain et menaçant qui venait vers eux tel un monstre hypocrite et sournois. Pour la seconde fois, elle examina le ciel et remarqua avec effroi que sa couleur s'altérait bizarrement. Dix secondes plus tard, une série d'éclairs rouges déchira la voûte céleste et fendit la chaussée en deux juste derrière eux. Terrifiée, Cathy hurla et se cacha sous le siège arrière en pleurant.

- Fonce, Mulder! Vite! cria Scully en se bouchant les oreilles. Elle se recroquevilla pour se préparer à l'ultime attaque qui la frappait de plein fouet.

La douleur gagna ses cuisses, son ventre et son cerveau. Gémissant de souffrance, Dana, sous l'œil horrifié de Mulder, se plia en deux, bientôt imitées de Sindy, Sarah et Cathy. Souffrant le martyr, les trois femmes et l'enfant se tenaient la tête à deux mains avec tant de force que le sang commença à couler entre leurs doigts.

Fou d'angoisse, Mulder serra les dents et appuya brutalement sur l'accélérateur en faisant crisser les pneus. Voir Dana et ses compagnes souffrir ainsi lui faisait horreur. Ne se souciant guère des obstacles qui se présentaient devant lui, il coupa à travers champs, pressé d'arriver chez Paul afin de récupérer les psychotropes et fuir vers dieu sait où. Il ne pouvait se leurrer. L'heure de l'attaque massive commençait.

Non loin de la jeep qui roulait à toute vitesse, un éclair de feu frappa subitement la maison d'Hammed et de Penny Anderson. Celle-ci explosa violemment, puis une fumée noire et épaisse se dessina, formant un nuage opaque face au soleil couchant. Des débris de briques, de mortiers, de bois et de métaux chauffés à blancs s'élevèrent dans le ciel et retombèrent, s'éparpillant en ruines fumantes sur le sol.

Il ne restait plus rien d'Hammed et de ses travaux.

*** À Suivre ***

Si vous étiez à la place de Mulder ou Scully, que ressentiriez-vous ou que feriez-vous pour sauver vos amis et sortir de ce guêpier?… Vos idées sont les bienvenues. À bientôt!…

France :p