Chapitre 11

Titre: Car l'amour est fort comme la mort.

Auteur: Sakuri

Rating: T

Résumé: Sam/Gabe, Dean/Cas slash. Léger AU. Quatre mois après l'apocalypse qui n'a pas eu lieu, Sam, Gabriel et Castiel sont ramenés à la vie tous ensemble, obligeant Sam à composer avec deux anges soudain humains et avec le fait qu'il ne devra jamais revoir son frère.

Disclaimer: Ni Sakuri ni moi ne possédons Supernatural, on fait juste joujou!

Note: Cette fic ne prend pas en compte la saison 6


xxx

"Ha, je viens juste de réaliser," fit le démon en pouffant de rire. "Cela ressemble au début d'une blague de mauvais gout : un Ange déchu, un dieu païen et un mort entrent dans un bar..."

"Est-ce que tu peux arrêter de me faire passer pour une sorte de zombie?"

"Il faut toujours que tu vois le mauvais côté des choses, c'est ça?"

Telle était la conversation de la nuit du nouvel an et elle était typique.

Bobby avait disparu en haut il y a environ une demi-heure, revendiquant le besoin d'être bien reposé s'il devait supporter toute une maison remplie d'idiots. Le reste d'entre eux avait envahi le salon, personne n'ayant envie d'aller déjà dormir. Sam était assis en tailleur sur le plancher, son dos appuyé au canapé occupé par Cas et Gabriel. Dean lui tendit une bière en passant, allant s'installer dans le fauteuil près de Crowley, qui se tenait dans l'embrasure de la porte avec une expression tentant de convaincre qu'il s'ennuyait comme pas permis – ses efforts étant ruinés par le fait qu'il ne semblait pas décidé à partir.

Finalement, Gabriel et Crowley ne s'étaient pas tant traumatisé l'un l'autre qu'entendus comme larrons en foire. (Avec toutes les possibilités de catastrophes que cela prévoyait, dans l'opinion de Sam.)

"Je sais que tu as 'vécu à la dure' pendant un certain temps maintenant," avait-il cinglé à l'archange un peu plus tôt, après les avoir observé lui et Crowley faire connaissance pendant presque une heure, "mais sûrement même toi, il te reste quelques limites. Tu sais que c'est un démon, n'est-ce pas ?"

Gabriel avait semblé offensé. "Hé, j'ai été accusé de beaucoup de choses - la plupart d'entre elles, certes, franchement vraies - mais je ne suis pas raciste!" "Et voilà," avait dit Crowley, levant le verre de scotch qu'il semblait avoir de manière permanente à porté de main et buvant un toast moqueur.

Exaspéré, Sam avait renoncé et les avait plantés là.

Au moment présent, cependant, l'archange s'était remis à se distraire de la façon habituelle: en cassant les pieds de Sam. Il avait manœuvré pour être assis directement derrière lui d'où il pouvait facilement atteindre ses cheveux, jouer avec les mèches, ou faire courir un ongle sur sa colonne vertébrale, provoquant de longs frissons. Par deux fois Sam lui avait donné un coup de coude dans le tibia en vengeance et il commençait à soupçonner qu'il devrait se déplacer s'il voulait y mettre un terme.

Il ne l'avait pas encore fait, cependant, Dieu seul savait pourquoi.

De l'autre bout du canapé, Castiel observait ces échanges avec perplexité. Il savait que son frère appréciait Sam, à sa façon, mais malgré tous ses efforts il ne pouvait pas comprendre la façon dont Gabriel choisissait d'exprimer cette affection. Il était presque complètement certain que cela ne suivait aucune coutume humaine ou angélique.

Mais au moins, supposait-il, peu importe ce qu'il pensait des méthodes peu orthodoxes de Gabriel, au moins son frère faisait quelque chose; agissant pour ce qu'il voulait; prenant des décisions d'une façon qui n'était jamais venue naturellement à Castiel. Il osa un regard vers Dean, qui était occupé à jeter des regards furieux à Crowley et il pensa à la conversation qu'il avait partagée avec Gabriel, il n'y a pas si longtemps, sur ce qu'il dirait à l'homme qui avait autrefois été son protégé, s'il le voyait jamais de nouveau.

Car l'amour est fort comme la mort, avait-il dit à l'époque. Il ne l'avait pas encore dit ici. Et, sincèrement, il n'avait pas le début d'une idée sur comment le faire.

Si jamais il le faisait.

"Pourquoi est-ce que tu es ici, d'ailleurs?" aboya soudain Dean apparemment en réponse à quelque chose que Crowley venait de lui dire.

Le démon haussa les épaules avec distinction. "Je suis un invité officiel, je suis sûr que tu t'en souviens."

"Plutôt un nuisible tenace, oui'..."

"Tu me brises le cœur, vraiment."

"Oh, ferme la, Crowley."

"Force-moi, mon chou."

Sam sourit légèrement en les écoutant, se rendant compte que cet échange était avait quelque chose d'habituel, comme si dire des rosseries faisait partie de leur quotidien. Il y avait l'hostilité là-dedans, certainement - mais pas la sorte qui aurait fait sortir le Colt à Dean ou incité Crowley à utiliser ses pouvoirs.

De là, il repensa au rôle clé que le démon avait joué, à son aide vis-à-vis de l'Apocalypse et il lui vint la pensée morbidement amusante que, d'une façon ou d'une autre, Crowley faisait désormais partie de l'Equipe Libre-Arbitre.

Un pied s'incrusta soudainement, et douloureusement, dans ses reins, et il tendit instinctivement la main derrière lui pour saisir la cheville de Gabriel. Les muscles et les tendons s'agitèrent en signe sous ses doigts. Il les ignora, silencieux. Ne se retourna même pas, mais continua d'observer Dean et Crowley se quereller comme si rien n'était arrivé. Après une minute ou un peu plus, Gabriel arrêta d'essayer de récupérer son pied et grommela en signe de défaite. Cela aurait dû être le bon moment pour lâcher. Il y pensa. Ne comprenait pas vraiment ce qui lui fait fléchir les doigts au lieu de cela, maintenant sa prise juste un peu trop serrée. Derrière lui, Gabriel se figea. Sam se demanda vaguement ce qui diable était arrivé à sa résolution de ne pas envoyer les mauvais signaux.

Les voix grimpaient autour d'eux comme l'échange de son frère avec Crowley dégénérait vraie dispute et Castiel quitta le canapé pour rejoindre Dean. Il vint à l'esprit de Sam que personne ne leur prêtait aucune attention. Cela vint apparemment aussi venu à l'esprit de Gabriel parce que l'archange se pencha en avant, envahissant son espace personnel, son souffle dans son oreille comme il sifflait, "Tu sais, je commence à soupçonner que tu as un fétiche, Sammy."

Sam commença à tourner la tête, puis se rendit compte que cela les amènerait face à face et stoppa son mouvement aussi sec. Il déglutit maladroitement et réussit à grogner, "... Tu es vraiment ennuyeux."

Gabriel émit un rire étonné contre sa nuque, puis dit tranquillement, "Tu aimes ça." Il leva une main, ses doigts glissant d'eux-mêmes dans les cheveux de Sam et le geste ne pouvait pas être interprété comme une tentative de le consoler, cette fois-ci.

Sam essaya, sans y mettre bien du cœur, de se libérer. "Ne fais pas ça". Quelqu'un allait tourner la tête et les voir d'une seconde à l'autre et il serait difficile de convaincre quelqu'un que la position étrangement intime était en réalité juste un cas inoffensif de tirage de couettes.

(Il regrettait qu'il ne puisse pas trouver d'autre raison d'élever une objection. Aucune, en fait. Strictement aucune)

Gabriel sourit d'un air satisfait, tellement près maintenant que Sam pouvait en sentir la courbe contre sa peau. "La Nouvelle année vient de commencer. Je croyais que les humains avaient la tradition de s'envoyer en l'air à minuit ?"

Le choc le fit rire tout haut. Il rompit le charme : il se retourna, brisant la presque étreinte et fixa l'archange avec un regard incrédule. "En fait, nous avons cette tradition de s'embrasser à minuit. D'ailleurs, nous avons manqué minuit de presque deux heures. Et enfin je ne vais pas t'embrasser, si c'est à ça que tu fais allusion – ni à minuit ou ni à un autre moment."

Gabriel bouda, se jetant en arrière dans les coussins du canapé avec les bras croisés. "Mon Dieu, Sam, tu ne supportes même pas une petite plaisanterie."

" Oh, arrête de râler." Mais il souriait, incapable de s'en empêcher.

xxx

Ils renoncèrent à veiller plus quelque part vers trois heures du matin. Crowley disparu pour voler aller des âmes ou noyer des chatons ou quoi ce soit d'autre qu'il fasse au lieu de dormir et tous les autres s'acheminèrent vers leur lit.

Dean partageait sa chambre habituelle avec Sam, mais sur son chemin, il hésita à l'extérieur de la chambre nouvellement attribuée aux anges. Après une seconde ou deux il frappa et passa la tête à l'intérieur, momentanément déconcerté par la vue de Castiel vêtu de pyjamas qui avaient été autrefois à Sam. Il était occupé à plier les vêtements qu'il avait portés plus tôt, les disposant soigneusement sur une chaise. Il jeta un coup d'oeil par-dessus son épaule à l'entrée de Dean, un sourire dans ses yeux bleus bien que sa bouche ne bougea pas.

"Dean."

"Hey. Où est Gabriel?"

"Je crois qu'il dit bonne nuit à Sam." Castiel s'assit au bord du lit, baisant la tête vers le sol "Par ça je veux dire qu'il est probablement occupé à harceler ton frère avec son interprétation unique du thème de l'amitié."

Dean haussa un sourcil. "...Toujours bon à savoir."

"Tu voulais le voir pour quelque chose?"

"Gabriel ? Grand Dieu, non." Il glissa ses mains dans ses poches et entra de quelques pas dans la pièce. "Je voulais juste ... tu vois. Voir comment ça allait." Ils se regardèrent fixement, silencieusement, pendant un instant, jusqu'à ce que Dean tousse et recommence, "Donc tu vas bien alors ?"

"Oui, en fait," fut la réponse vaguement étonnée, comme si Castiel le réalisait tout juste lui-même. "Aujourd'hui ... ne s'est pas déroulé comme je le pensais. C'était une agréable surprise."

"Je ne te le fais pas dire." Il se laissa tomber sur le lit à côté de Cas, laissant le reste de la tension le quitter. La journée toute entière avait semblé surréaliste, trop bonne pour être vraie, et, étrangement, c'était seulement maintenant, assis à côté d'un Castiel humain dans un pyjama bien trop grand, que cela semblait un tant soit peu réel.

"Et toi?" demanda Castiel doucement, se tournant pour lui faire face. "Est-ce que tu vas bien?"

Et pendant un instant, Dean envisage d'envoyer balader ses idées machos pour une fois et de juste dire à Cas à quel point il lui avait foutrement manqué. Il s'imagina essayant de décrire ce que cela avait été, essayer de faire son deuil à la fois de Sam et Cas, comment il avait presque perdu la tête, combien cela semblait un foutu miracle qu'ils soient là tous les deux, intacts et en bonne santé, et comment une part enfouie de son esprit, qu'il essayait désespérément de faire taire, était terrifiée qu'il y ait un prix.

Cela l'interloqua, à quel point son envie de tout avouer était forte. Dans cette fraction de seconde, il voulut faire des choses folles, des choses stupides - comme admettre que le désastre complet avec Lisa ne venait pas seulement du fait qu'il restait un chasseur, mais aussi parce qu'il avait dit le mauvais nom au mauvais moment trop souvent. Il voulait aller chercher un de ses propres T-shirts, pour que Cas dorme dedans plutôt que dans des fringues ayant appartenu à quelqu'un d'autre. Il voulait faire quelque chose de désespéré et d'évident et d'honnête.

Mais, en fin de compte, Dean était toujours un Winchester - et chacun d'entre eux était aussi doué qu'un mur vis-à-vis de l'expression de ses émotions.

Donc il se contenta de tapoter l'ange avec rudesse sur l'épaule en se levant (et si sa main s'attarda plus longtemps qu'un geste purement informel aurait dû, c'était tout ce qu'il se permit). "Je suis content que tu sois de retour, Cas. Vraiment. Les choses ... n'étaient pas les mêmes sans toi."

Castiel leva son regard vers lui, solennel, hésitant comme s'il était sur le point de dire quelque chose en retour.

"C'qui y a?"

"Dean, je..."

Mais il s'arrêta, détournant le regard et l'estomac de Dean se contracta, car Cas ne brisait jamais leur duel visuel en premier- voire pas du tout. Il tenta de croiser son regard de nouveau. "Hé, allez qu'est-ce qui ne va pas ?"

Castiel s'était visiblement ressaisi, se redressant et revenant fixer Dean, comme si c'était inévitable. Il eut un petit sourire. "Rien. Je te demande pardon. J'ai besoin de sommeil, je suppose."

Rassuré, Dean hocha la tête avec compréhension. "Pas encore habitué à tous les besoins physiques humains ?"

"La faim se révèle particulièrement distrayante."

Dean sourit. "Tu sais quoi, je te ferai le petit-déjeuner demain matin. Le menu complet. Je te garantis que tu n'auras plus faim pendant une semaine après ça."

"J'apprécierais cela, Dean. Merci."

Il haussa les épaules, comme si ce n'était rien, comme si la dernière fois qu'il avait fait ça n'avait pas été quand Sam n'avait été qu'un gosse. Il tourna les talons vers le couloir, s'arrêtant sur le pas de la porte. "Bonne nuit, Cas."

"Bonne nuit."

Et il resta tout de même planté là. Il pourrait avoir dit quelque chose de plus, peut-être; quelque chose d'également insignifiant ou peut-être quelque chose qui aurait tout fait éclater - mais Gabriel choisit ce moment pour passer devant lui, lui expédiant un coude dans les côtes. "Arrête de souiller mon frère, Winchester. Ou, si tu insistes, va le faire dans ta foutue chambre. N'hésite pas à expédier Sammy ici, si tu as besoin d'intimité."

Dean grommela, exaspéré par l'interruption. "Ouais, tu rêves si tu penses que je vais te laisser seul avec Sam plus longtemps qu'absolument nécessaire."

Gabriel ouvrit les bras innocemment, mais Dean n'attendit pas de réponse, claquant la porte dans l'espoir d'avoir le dernier mot.

La voix assourdie de Gabriel était toujours audible, cependant, protestant d'un ton perçant, " Oh, allez ! Je te donnerais ma bénédiction pour sauter mon petit frère si tu me donnes la tienne!"

"Va te faire, Gabriel!" cria-t-il de toute sa voix, réveillant sans aucun doute toute la maisonnée, avant de dévaler le couloir. Il arriva à mi-chemin de sa chambre avant que les mots de l'archange atteignent finalement son cerveau. "Minute. Quoi?"

Gabriel n'ouvrit pas la porte de nouveau quand il revint y frapper, et Sam était commodément, obstinément endormi.

…A suivre.