Bon, il serait temps de finir cette fic. Désolé pour l'attente, à vrai dire j'avais un peu oublié... Eh eh...

Merci à toutes les personnes qui ont commenté, peu importe la langue.


Septem Voices - Стаи птиц (акустика)


Le soleil dominait le ciel bleu azur sans nuages, illuminant l'océan qui reflétait ses rayons. Un vent doux soufflait sans violence, permettant aux bateaux de naviguer tranquillement, sans crainte de prendre du retard. C'était l'un de ces jours dont les navigateurs raffolaient et qui pouvaient arriver n'importe quand, notamment durant les belles saisons.

Sur un petit navire, un équipage de trois personnes laissait le vent les emmener là où bon lui semblait. Ils n'avaient aucun endroit où rentrer, ils voguaient librement sur l'eau, sans contrainte, mise à part peut-être une, qu'ils ne considéraient pas telle quelle. C'était comme un objectif dans leur traversée, une justification pour leurs voyages. Nul ne savait à quoi s'attendre exactement, ils laissaient leur imagination visualiser leur but final.

Tenant la barre, le capitaine Sparrow regardait la mer vineuse qui s'était autour de lui. Récemment, il avait pris une décision : il refusait de recruter des pirates tant qu'il n'aurait pas trouvé un autre bateau, celui-là étant bien trop petit et sans valeur. Mais pas n'importe lequel. Jack souhaitait un majestueux bâtiment digne du Black Pearl. C'était Angelica qui l'avait précisé, alors que lui-même ne pensait pas trouver un jour un navire de cette envergure.

Le Black Pearl était unique, et le meilleur dans son genre, affirmait-il. C'était là qu'elle l'arrêtait : le monde était grand, elle avait d'ailleurs vu dans la collection de son père des bateaux valant le détour. Devant son air dubitatif, elle avait juré qu'elle ne mourrait pas avant d'avoir trouvé cette perle rare qui remplacerait la précédente.

Cela faisait maintenant un mois depuis les événements en Espagne. Ils avaient fait un bout de chemin avec les sirènes qui leur avaient tout expliqué quant à leur survie ainsi que la nouvelle apparence de Philipp. Lorsque ce dernier avait été accroché au mât du Queen Ann's Revenge, Angelica l'avait aidé en tant qu'ancienne bonne sœur.

Si elle avait conservé ce statut, elle n'aurait pas été différente envers lui à ce moment précis. Peut-être restait-il en elle des traces de foi, mais en tout cas elle ne croyait plus en Dieu depuis des années, et cela ne changerait pas.

Le couple les avait finalement quittés au bout de quelques jours de navigation, afin de poursuivre leur propre chemin. Si Dieu le voulait, ils se reverraient un jour, comme le disait si bien Philipp. Dès lors, ce n'était plus que les trois compères, comme autrefois. Et cela leur convenait très bien, même si Jack n'était pas le grand capitaine Sparrow, à la tête d'une immense flotte. Lui aussi semblait content, sans posséder de pouvoir pour autant.

Monsieur Gibbs était ravi qu'il eût compris que le statut ne faisait pas tout dans une vie. Comme toujours, Jack profitait de l'instant présent sans rien regretter, gardant à l'esprit qu'il ne reverrait probablement pas Angelica le lendemain, ce qui l'effrayait. Il avait promis de rester à ses côtés jusqu'à la fin, et la séparation n'en serait que plus difficile.

Toutefois, Angelica restait très discrète concernant ce sujet qu'elle n'avait pas évoqué une seule fois depuis sa libération, un mois plus tôt. Il n'y avait eu aucun signe de vie des Espagnols depuis, ils avaient apparemment décidé de la laisser en paix, surtout qu'elle ne leur était plus d'aucune utilité. Sur ce point-là, il s'agissait d'une fin heureuse.

Nul n'abordait le sujet de sa maladie, comme s'il était tabou ou bien oublié. Ils continuaient leur vie comme si rien ne la dérangerait jamais. Comme si elle n'était pas condamnée. Depuis la bataille, rien ne s'était passé entre le capitaine ainsi que la seule femme à bord, néanmoins ils s'étaient rapprochés. Angelica paraissait avoir oublié la haine qu'elle éprouvait envers lui. Personne ne se plaignait de la situation, tout semblait apparemment aller pour le mieux du monde.

Depuis un mois, la jeune femme réfléchissait quant à sa situation. Depuis ce jour, elle n'avait plus craché de sang. Elle n'avait même pas toussé. Ses blessures continuaient de guérir et n'étaient pas entièrement refermées. Il s'agissait là de détails qu'elle gardait pour elle-même, comme pour éviter de se faire de faux espoirs.

Elle avait parfois l'impression de se trouver dans un rêve, tellement cela semblait trop beau pour être vrai. Elle ne pouvait que faire des suppositions, étant incapable de savoir pour sûr s'il s'agissait vraiment de la vérité.

Après avoir bu l'eau de la Fontaine de Jouvence, aucune maladie ne l'avait atteinte, sauf une : celle dont les Espagnols souffraient en ce moment. Elle ne savait pas pourquoi celle-là l'avait contaminée, sans doute parce qu'elle était trop virulente.

Elle avait émis la théorie selon laquelle les années de son père se battaient contre chaque maladie qui était d'ordinaire vaincue rapidement. Or, celle-là avait opposé plus de résistance. Elles s'étaient toutefois défendues et étaient parvenues à ralentir le processus. Il leur avait fallu plusieurs mois avant d'arriver à l'annihiler entièrement.

Sans pouvoir l'affirmer à cent pour cent, Angelica osait croire qu'elle n'était plus malade. Les symptômes avaient disparu, quelles autres preuves étaient encore nécessaires ? Elle avait du mal à croire qu'elle n'était plus condamnée. Était-ce la saignée qui l'avait sauvée ? Car elle n'avait plus souffert depuis.

Ces coupures le long de ses jambes n'avaient vraisemblablement pas seulement détruit la maladie. Ses années aussi s'étaient battues jusqu'au bout. La jeune femme n'entendait plus cette voix qui lui soufflait qu'elle était différente. Ses blessures n'avaient pas fini de guérir. L'autre jour, en cuisinant, elle s'était coupé, et cela ne lui avait pas fait si mal.

Comment l'expliquer, sinon par le fait qu'elle n'était plus immortelle ? Ses années avaient été emportées. Son père était définitivement mort, il ne vivait plus au travers d'elle. Finalement, il l'avait sauvée de la mort deux fois alors qu'il ne le voulait pas. Il était bien trop égoïste pour cela. Barbe Noire n'appartenait plus qu'au passé dorénavant. Angelica ne vivait plus pour lui mais pour elle-même. Il ne lui restait plus que ses années à elle et elle ne comptait pas les gâcher.

« Angelica, va surveiller l'horizon ! »

Elle se trouvait sur un bateau, en pleine mer, aux côtés de l'homme qu'elle aimait. Que demander de plus ?

« Oui, capitaine. »