Bonjour bonjour tout le monde ! Je sais, je suis un peu plus en retard que ce que j'avais prévu mais ce n'est pas vraiment ma faute mais plus celle de mon pc qui m'a lachement laché au mois de juillet, autant dire, le plus mauvais mois hormis noel pour mettre du fric dans une réparation. Bref, j'ai pris beaucoup de retard dans l'écriture de cette fic, mais maintenant, c'est ok, j'en vois presque la fin et j'ai décidé de me mettre à poster.

Je voulais préciser que l'idée de base de cette fic ne m'appartient pas et vient d'une saga dont je suis hyper fan, le cercle des immortels de Sherrilyn Kenyon. cette fic est donc tirée du premier tome, l'homme maudit de la saga des Dark Hunters. Les personnages, pour la plupart, appartiennent à Stephenie Meyer ou viennent de la mythologie grecque.

Je vous souhaites une bonne lecture, je compte poster une fois par semaine, le jeudi.


Doté d'une force suprême et d'un courage incomparable, il était béni des dieux, craint des mortels et désiré des femmes.*

Guerrier d'élite, son intelligence et son habilité au combat en faisait un redoutable adversaire qui faisait trembler les plus valeureux soldats.

Mais Arès** n'était pas le seul dieu qui se fut intéressé à ce jeune homme et on pouvait dire que la déesse de l'amour et de la beauté, s'était aussi penchée sur son berceau. Il excellait dans l'art de l'amour, d'un tempérament fougueux et insatiable, il fascinait la gente féminine qui sous ses caresses, atteignait le plaisir suprême.

Aucune ne résistait à son charme.

Ce fut par jalousie et convoitise que l'on jeta sur lui une malédiction ne pouvant être rompue et qui le condamnait à un destin cruel : sans relâche, il doit offrir à ses invocatrices le plaisir absolu. De pleine lune en pleine lune, à travers les siècles, il est condamné à partager leur couche et à leur faire l'amour infatigablement jusqu'à ce qu'il soit contraint de quitter le monde des mortels laissant ses maîtresses inconsolables d'avoir connu un tel plaisir qu'elles ne retrouveront jamais sans lui*.

Edward Masen, tel est son nom.

Serrez ce livre contre votre cœur, invoquez le trois fois par son nom une nuit de pleine lune à minuit. Il viendra alors à vous jusqu'à la prochaine lune pour vous satisfaire sans rien réclamer en retour, et pour la première fois de votre vie, dans ses bras, vous atteindrez le paradis.

Je refermai le livre et jetai un regard perplexe à ma meilleure amie.

-C'Est-ce que tu as trouvé de mieux pour mon anniversaire ? Un bouquin poussiéreux et fantasque sur un dieu du sexe ?

Ma meilleure amie, Alice Witlock soupira en secouant la tête.

-Il faut l'invoquer, et ensuite à toi les plaisirs de la chair, tu as besoin d'une bonne baise ma petite, quoi de mieux pour tes vingt cinq ans qu'un mâle, un vrai ?

-L'année dernière tu m'as offert un bon d'achat chez Victoria Secret.

Un sourire étira mon visage alors qu'Alice levait les yeux au ciel.

-Et on peut savoir à qui tu l'as montrée ta lingerie ? Le seul qui y a eu droit est Teddy Bear !

-C'est parce qu'il est l'ours de ma vie.

Teddy Bear est mon ours en peluche et je l'ai depuis mes six ans.

L'amoureuse de Teddy c'est moi, Isabella Swan dite Bella, célibataire, plutôt banale ayant vingt cinq ans aujourd'hui. La dingue montée sur ressort et qui adore les trucs vaudous, occultes et j'en passe c'est Alice, ma meilleure amie depuis le bac à sable.

-Ca m'étonnerait beaucoup que ton ours puisse te gratter là où ça te démange chérie ! Sérieusement Bella, ça fait combien de temps que tu n'as pas eu de mec ?

Je fis la grimace et me tassai un peu sur moi-même. Elle n'avait pas tort sur ce coup là, je n'avais pas eu de mec depuis….trop longtemps.

-C'est pas de lire un texte débile en dansant nue au clair de lune qui va y changer quelque chose ! Les mecs ça tombe pas du ciel ou sinon, ça se saurait !

-Faut danser nue au clair de lune ?

Alice m'arracha le bouquin des mains et je ricanai. Elle le parcourut un instant avant de m'en donner un coup sur le bras.

-Bécasse !

J'attrapai le livre et le jetai sur ma table basse.

-Buvons plutôt un coup, j'ai vingt cinq ans aujourd'hui, un quart de siècle et j'ai besoin de boire pour oublier ma non vie amoureuse !

-Tu vas le faire Bella.

Je me dirigeai vers la cuisine pour prendre la bouteille que j'avais mis au frais.

-Quoi donc ?

-L'invocation.

Je levai les yeux au ciel en prenant bien soin qu'elle ne me voie pas. Elle n'allait pas me lâcher avec ça, je la connaissais mieux que personne et quand elle avait une idée en tête, Alice ne lâchait pas le morceau.

-Plus tard. Si tu veux que j'invoque un dieu du sexe il faut que je sois bourrée pour ça.

Je revins avec la bouteille au salon et tendis les verres à mon amie. Je débouchai le champagne du mieux que je pus et en versai un peu dans les verres. Je n'avais pas beaucoup d'amis, pas de petit copain, pas de fête de prévue, autant être un peu gaie pour passer une bonne soirée.

Alice leva son verre et je souris.

-À ma Bella ! Puisses-tu trouver l'amour et être heureuse autant que je le suis avec mon homme.

Nos choquâmes nos verres et je bus ma coupe d'une traite, autant ne pas faire les choses à moitié.


-Joyeux anniversaire, joyeux anniversaire Bella !

Alice chantait d'une voix légèrement stridente et bourrée et j'applaudis des deux mains, en riant comme une idiote. Nous étions sorties dans mon jardin, c'était une belle nuit et la lune pleine brillait haut dans le ciel.

Je ne tenais pas très bien l'alcool et quelques verres suffisaient en général à me rendre bien, très bien dans ma peau et ce soir ne faisait pas exception à la règle.

Je fis une courbette et Alice frappa dans ses mains pour m'applaudir.

-Merci beaucoup pour ce chant…spécial.

Alice me rendit mon salut.

-De rien. Passons aux choses sérieuses ? Tu es beurrée ?

-Comme un petit lu.

Nous pouffâmes comme deux nouilles.

-Parfait, il est minuit pratiquement, récite l'invocation.

Je jetai ma tête en arrière et poussai un gémissement.

-Tatata ! Tu as promis !

Elle fit quelques pas en titubant avant d'attraper le livre qu'elle avait posé sur un de mes transats.

-Tiens prends-le, et serre le contre ton cœur.

Je pris le livre et le collai contre moi en l'étreignant comme un doudou.

-Oh grand dieu du sexe, viens à moi pour me satisfaire !

J'avais pris une voix théâtrale et Alice me donna un coup de coude.

-Idiote ! Tu dois appeler son nom trois fois en regardant la lune.

Je lui tirai la langue et levai les yeux vers la lune.

-Dieu du sexe, Dieu du…

-Tu le fais exprès ou quoi ! Je t'ai dit son nom !

Elle me jetai un regard mauvais et je roulai des yeux .

-Ca va hein ! J'ai compris ! Comment il s'appelle déjà ?

Alice siffla entre ses dents.

-Edward Masen ! Concentre-toi un peu !

Je soupirai et reportai mon attention sur la lune au dessus de moi. Je serrais le livre un peu plus fort et inspirais profondément.

-Edward Masen, Edward Masen, Edward Masen.

Je baissai les yeux et jetai un rapide coup d'œil autour de moi. Il n'y avait pas un frémissement dans l'air, rien n'avait bougé, tout était…normal.

Je me tournais vers Alice et haussai un sourcil, mais elle ne me portait aucune attention, fixant le buisson devant nous. Je vis ce dernier bouger doucement de quelques feuilles et Alice fit un pas en avant.

-Edward ?

Un gros chat noir en sortit et j'éclatai de rire alors qu'Alice soupirait.

-Regarde ! Voilà un mâle un vrai ! Tu crois qu'il va m'apporter le petit dej au lit ? Viens à moi oh grand matou !

Alice fit volte face et m'arracha le livre des mains.

-Donne moi ce truc, on a dû louper un truc quelque part.

Je ricanais alors qu'elle tournait les pages de façon frénétique, cherchant ce qu'on avait pu manquer.

-On a rien loupé Alice, je t'ai déjà dit que la magie c'était juste bon pour les cinglés et les contes pour enfants.

Ses épaules s'affaissèrent et elle referma le livre en faisant la grimace.

-Je croyais pourtant que ça marcherait, je suis désolée Bella.

Je m'approchai d'elle et la serrai contre moi.

-C'est pas grave, c'est l'intention qui compte et j'aurais adoré un mâle, un vrai.

Alice rit un peu contre moi avant de se décoller de notre étreinte.

-Je vais y aller, il est déjà tard, et Jaz va m'attendre.

-Tu devrais appeler un taxi.

-Et laisser là ma bagnole ? Non merci, je suis moins faite que toi, ça va aller.

Je la raccompagnai à l'intérieur et jetai le livre sur ma table basse.

-On s'appelle demain ?

Nous nous fîmes un câlin d'ours avant qu'Alice ne monte dans sa voiture et j'attendis qu'elle tourne au coin de la rue pour refermer la porte à clé sur moi.

Je me dirigeai vers la cuisine pour fermer ma porte-fenêtre avant de stopper net près du bar de ma cuisine. Il y avait quelque chose de pas normal dans le décor.

Un homme au milieu de mon salon et…à poil.

Je me mis à hurler comme une dingue et le mec sursauta. Je reculai de deux pas et attrapai la première chose que je trouvai en le brandissant devant moi comme une arme.

-Vous êtes qui ? Qu'est-ce que vous foutez chez moi !

Il me dévisagea comme s'il voyait une dingue et lorsqu'il haussa un sourcil je pris conscience de ce que j'avais empoigné pour me défendre.

Un rouleau de nappe en papier.

Je l'avais mis près de mon bar en attendant d'en recouvrir la table pour le dîner, et le pire, c'était qu'il était intact, je ne m'en étais même pas servi.

Je grognai. Pas sûr que j'arriverais à l'assommer avec cinq cent grammes de papier.

Il voulut faire un pas en avant mais je levai mon rouleau plus haut ce qui eu don de le faire sourire, mais au moins, il stoppa.

-Qu'est-ce que vous faites là ? Et…nu ?

-Vous m'avez appelé.

J'en restai un instant sous le choc.

Il avait la voix la plus douce et mélodieuse que j'avais jamais entendu chez un mec. Je le détaillai plus attentivement et ce que je vis me fis presque lâcher mon foutu rouleau.

Ce mec était un apollon, sans doute le plus bel homme que j'avais jamais vu de ma vie.

Il n'était pas beau non, il était plus que ça, d'une beauté fascinante, envoûtante, presque irréelle. Ses épaules, ses bras, son cou, sa musculature, tout en lui était un appel à la débauche, il respirait le sexe à plein nez.

Je baissai les yeux et ce que je vis me fis rougir. Je détournai immédiatement le regard et fixai un point derrière lui pour revenir à son visage.

-Je vous ai appelé moi ? J'ai pas commandé de gigolo ce soir vous vous êtes trompé d'adresse.

-Je regrette, mais je ne fais pas erreur, vous m'avez appelé.

Je devais avoir des yeux ronds comme des billes car il se mordilla la lèvre inférieure, geste qui trempa ma petite culotte.

-Vous avez lu l'incantation dans le livre.

Ce qu'il me sortit se fraya un chemin à mon cerveau et je baissai mon arme en roulant des yeux.

-Oh je vois. Ok j'ai compris. Combien elle vous a payé pour me faire ce cirque ?

Il parut étonné, et soit il était bon acteur, soit…soit rien du tout !

-Qui donc ?

-Alice Wittlock, ma déjantée de meilleure copine ! Je vais la buter pour m'avoir fait ce coup là, moi je vous le dis !

-Je suis désolé, je ne connais pas votre amie, vous m'avez appelé.

Il commençait à me saouler le Dieu grec là !

-Vous savez dire autre chose que « vous m'avez appelé » ? Et par tous les saints rhabillez-vous !

-Je n'ai pas de vêtements, je suis arrivé comme ça.

Ce fut mon tour de hausser un sourcil. Il se foutait de moi là ? Comment il avait pu venir jusqu'ici sans fringue ?

Je reposai mon rouleau de nappe sur le comptoir, de toute évidence il était nu et attardé mais il n'avait pas l'air d'un psychopathe, plutôt d'un mec paumé. Il ne me ferait rien, du moins je l'espérais.

Je passai ma main sur mes yeux d'un geste las. Il était deux heures du mat, j'étais légèrement cuitée, et je voulais aller me coucher.

-Écoutez, vous avez fait le déplacement pour rien, je ne suis pas intéressée. Je vais vous demander de partir.

Il grimaça et baissa les yeux.

-Je ne peux pas partir, vous m'avez appelé, je suis donc à votre service pendant trente jours, jusqu'à la prochaine lune.

Je retirai ce que j'avais dit, ce mec est bargeot.

- Excusez-moi ? C'est une blague.

Il esquissa un sourire qui n'atteignit pas ses yeux.

-J'adorerais, mais non.

J'étais agacée à présent.

-Ok. Bougez pas de là, et par pitié, couvrez vous !

Il parut déconcerté par ma demande et regarda un instant autour de lui. Je me dirigeai vers l'entrée, attrapai mon portable posé sur ma commode et cherchai d'un geste rageur, le numéro d'Alice.

Elle décrocha au bout de la quatrième sonnerie et je ne lui laissai pas le temps de dire quoique ce soit.

-Alice je vais t'étrangler !

-Quoi ? C'est qui ?

Je réprimai un hurlement de frustration.

-C'est Bella sale poivrote ! Il y a un mec nu dans mon salon et je sais que c'est toi sale garce !

Elle lâcha un petit hoquet et parut décuiter d'un coup.

-C'est pas vrai ? Ça a marché ? Bordel je le savais !

Elle se mit à crier de joie dans le téléphone et je dus décoller mon portable de mon oreille pour ne pas finir sourde.

-Marché ? Tu te fous de moi ? Combien tu l'as payé ce gars ? Et tu l'as trouvé où bon sang j'ai jamais vu un mec pareil !

Elle se calma et reprit d'une voix enjouée qui me donna la migraine.

-Je ne l'ai pas payé, on l'a invoqué tu te rappelle ?

-Ok stop on arrête les conneries maintenant. Il m'a déjà sorti le couplet de l'invocation, il n'arrête pas de dire « vous m'avez appelé », super bon comédien, à fond dans son rôle, mais je veux qu'il parte maintenant, tu l'as peut-être payé, je suis désolée pour ton fric mais fallait pas me faire ce coup là.

-Je ne l'ai pas payé Bella, c'est Edward Masen, et nous l'avons appelé. Il est à toi pendant un mois, profites en, tu as besoin de te décoincer.

Elle était sérieuse et je flippai réellement maintenant.

-Tu n'as vraiment rien fait ? C'est pas un gigolo ?

-Je t'ai donné le livre Bella, je jure que c'est tout. Ce mec est un dieu du sexe, il est là pour ça, pour te satisfaire.

Serait-ce possible que….non.

Je soupirai et laissai tomber.

-Ok Alice, je suis crevée à demain.

-Je t'appelle, et je veux tout savoir.

-Ouais c'est ça.

Je raccrochai et lâchai mon portable sur le meuble.

Je retournais au salon pour retrouver mon adonis, assis sur mon canapé, les hanches enroulées dans une couverture que j'avais abandonné là un peu plus tôt. Il me fixa un instant et je compris qu'il attendait que je parle.

-Comment vous vous appelez ?

-Edward.

Bien sur, logique.

-Edward Masen hein ?

-Oui.

Ok, il n'allait pas en démordre et j'en avais ma claque.

-Ok Edward, donc écoutez, je suis crevée là, donc vous pouvez dormir ici ce soir, et demain…enfin tout à l'heure, on avisera ok.

Il ne répondit pas et je pensais qu'il n'était pas très bavard, mais que pour l'heure, ce n'était pas ma préoccupation première.

Je partis en direction de ma chambre et vis qu'il se levait et m'emboîtait le pas. Je stoppai net et me retournai.

-Que faites-vous ?

Il stoppa à quelques centimètres de moi, une main tenant fermement la couverture qui le protégeait de la tenue d'Adam et ne parut pas comprendre, il faisait une moue étrange.

-Vous avez dit que nous allions nous coucher.

-Effectivement. Moi dans ma chambre, vous sur le canapé.

Il avait l'air si surpris que c'était presque drôle.

-Il est très confortable vous savez.

-Vous ne voulez pas que je dorme avec vous ?

Un sourire étira mon visage, malgré moi.

-Désolée mais vous avez beau être super canon, on se connait pas tous les deux, et faut pas pousser hein !

L'alcool me faisait dire n'importe quoi. La jeune fille bien élevée que j'étais n'aurait jamais dit à un garçon qu'il était super canon si elle n'avait pas un coup dans l'aile. Il fronça les sourcils et je lui montrai le canapé d'un geste de la main.

-Vous le canapé, moi ma chambre. C'est ça ou je vous fais dormir dehors !

-Très bien, mademoiselle, je ferais comme il vous plaira.

Son mademoiselle amena un nouveau sourire sur mon visage, au moins, il était bien éduqué.

-C'est Bella, bonne nuit…Edward.

Il me fit un sourire triste.

-Bonne nuit, Bella.

Je le regardai partir vers le canapé d'un air dépité et la vision de son dos nu et musclé me rendit toute chose. Je m'empressai de tourner les talons et de regagner ma chambre.

Je me déshabillai et glissai sous mes draps et pensant au jeune homme à moitié nu, couché sur mon divan. Si j'avais eu plus de cran, je me serais levée et j'aurais été lui sauter dessus. J'avais beau être un peu pompette, je n'étais pas ce genre de fille.

Je m'endormis rapidement, et un étrange garçon aux yeux verts peupla mes rêves.

Lorsque je me réveillai, il faisait déjà jour et je repensai à ce stupide rêve que je venais de faire. Vraiment étrange, je devais être en manque de sexe pour rêver d'un homme beau comme un dieu, descendu sur terre pour me satisfaire, comme si ça pouvait arriver dans la vie. Pas à moi en tout cas !

Je repoussai les couvertures en soupirant et enlevai une mèche de cheveux qui me tombait devant les yeux. Je ne bossais pas aujourd'hui et je pouvais prendre mon temps, ce qui était plutôt agréable. Je me levai avec précaution et me dirigeai vers la cuisine. J'avais encore les yeux dans le gaz et je filai droit devant moi sans un regard sur le côté.

Si j'avais été plus attentive, il ne m'aurait pas surprise.

-Bonjour.

Je sursautai et lâchai un petit cri de terreur. Je me retournai pour voir mon rêve de cette nuit, bien vivant, enroulé dans une couverture, assis sur mon canapé.

Je portai une main à mon cœur et tentai de réfréner sa course. Je dévisageai franchement mon hôte et il grimaça un sourire penaud.

-Donc ce n'était pas un rêve finalement.

Il pencha sa tête sur le coté et m'étudia avec soin. Je fis de même.

Mon cerveau embrouillé par l'alcool ne lui avait pas rendu justice et il était encore plus magnifique si c'était possible à la lumière du jour que cette nuit, au milieu des faibles lumières de mon salon.

Ses cheveux étaient couleur bronze, désordonnés et cela lui donnait un air de sortir du lit, diablement sexy, ce qui était le cas. Ses yeux étaient d'un vert profond comme je n'en avais jamais vu, semblable à deux émeraudes qu'il dardait sur moi. Sa peau était pâle et son torse incroyablement bien dessiné, il était tout simplement à se damner.

Je détournai les yeux. J'étais en train de le mater ouvertement, ce n'était pas mon genre de faire ça comme ça, et même si des pensées perverses me virent à l'esprit, je ne voulais surtout pas qu'il puisse le lire sur mon visage.

-Écoutez, je ne peux pas réfléchir tant que je n'ai pas bu de café, je vais faire le petit dej, vous avez faim ?

-Et bien…oui, merci.

Il paraissait gêné maintenant et je m'empressai de passer de l'autre côté du bar pour me diriger vers la cafetière. Je la mis en route, sortis le jus de fruit du frigo, de la confiture et attrapai un paquet de muffin. Je posai le tout sur la table et je vis qu'Edward m'avait rejoint et qu'il attendait manifestement mon accord pour s'installer.

-Prenez ce que vous voulez, installez vous, je vais vous donner du café.

Il s'installa sur une chaise et je vis qu'il était toujours enroulé dans ma couverture.

Je déposai une tasse fumante de café devant lui et m'installai à ma place.

-Il va falloir vous trouver des vêtements, vous ne pouvez pas rester enroulé dans cette couverture.

Il me regardait à nouveau d'une façon étrange et je commençais à douter de ses facultés mentales. S'il n'avait pas parlé, j'aurais même douté que nous parlions la même langue.

-Des vêtements, vous savez ? Ce sont des morceaux de tissu qu'on se met sur le corps pour cacher sa nudité. Un peu comme moi en ce moment.

Je pris mon débardeur entre deux doigts pour bien lui faire comprendre et il roula des yeux d'un air exaspéré.

-Je sais ce que sont des vêtements, je suis juste surpris car en général….enfin, je n'en ai pas mis depuis…longtemps.

-Oh !

Ce mec était à en croire Alice un esclave de l'amour et je me doutais bien qu'il avait dû être plus déshabillé qu'habillé mais quand même !

-Longtemps, c'est-à-dire ?

Il haussa les épaules.

-Je ne sais pas. Un bon millier d'années.

Je buggai littéralement sur sa dernière phrase. Je le fixai d'un air sûrement idiot car il baissa les yeux sur sa tasse de café et passa sa main dans ses cheveux dans un geste de nervosité.

Je tâchai de cacher mon ahurissement, bien qu'un peu tard, et repris sur ce que j'espérais être un ton désinvolte.

-Ok, mon amie Alice est une accroc à la mode, elle va nous trouver deux ou trois trucs rapidement.

Il releva la tête et ancra son regard au mien.

-Donc vous y croyez maintenant.

-À quoi ?

-Que je suis là pour vous, parce que vous m'avez appelé.

Je soupirai et lui fis un sourire penaud.

-Et bien…c'est dingue, délirant et j'en passe, mais vous êtes là non ? Je dois bien me rendre à l'évidence. Au fait, désolée pour ça, si j'avais su que c'était vrai, je n'aurais pas dit cette foutue incantation.

Il parut peiné par mes paroles.

-Vous regrettez.

-Non ! Enfin oui ! Ce n'est pas mon genre de faire ce genre de chose, et puis vous êtes ici contre votre volonté, c'est surtout ça qui me gêne.

Je bus une gorgée de café.

-Je n'étais pas sorti depuis…en quelle année sommes-nous ?

Je reposai ma tasse et attrapai un muffin. Je n'avais pas très faim et s'était surtout pour me donner une contenance, mais j'ouvris tout de même le pot de confiture de fraise.

-Nous sommes en 2010, le 13 septembre.

Il passa sa langue sur sa lèvre inférieure et ce geste m'électrisa. Il était nu sous sa couverture et je pouvais déjà voir le haut de son corps et…bordel vite une claque mentale !

-Je n'ai pas vu la lumière du jour depuis l'année 1953.

-Oh la vache !

J'en lâchai mon muffin et posai ma main sur ma bouche, consciente de l'avoir dit tout haut et il me regarda d'un air amusé.

-Désolée.

-Pas grave. Je sais, ça faisait longtemps. Je suis content d'être là, même si ça ne durera pas.

-Trente jours ?

Il acquiesça.

-Oui.

-Et ensuite vous retournerez dans le livre.

Il hocha la tête.

-Pourquoi ? Vous ne pouvez pas, je ne sais pas, démissionner ? Rendre votre tablier ?

Il rit franchement et le son de sa voix était pure et menaça de m'achever.

-C'est une malédiction, je ne peux pas m'en défaire, c'est ainsi.

-Une malédiction ? Comme la Belle au bois dormant ? Si vous embrassez une princesse est-ce que ça vous délivrera comme dans les contes ?

Il paraissait amusé maintenant et son sourire ne quitta pas son visage.

-Des contes pour enfant ? Non, le baiser d'une belle demoiselle ne me sauvera pas, j'en ai peur.

-Ha. Oui c'est bête.

Stupide, stupide Bella ! Il allait me prendre pour une vrai gourde, mais au moins il sourirait, j'avais pas tout perdu. Je changeai de sujet.

-Plus de soixante ans, vous devez mourir de faim, mangez.

Il me fit un sourire et porta la tasse café à ses lèvres. Il but une gorgée et ferma un instant les yeux dans un état de béatitude qui me donna le tournis. Je bus également une gorgée et remplis ensuite les deux verres de jus de fruit. Je tartinai un muffin de confiture et le lui tendis.

-Vous aimez la fraise ?

Il acquiesça et lorsqu'il tendit la main pour la prendre, il frôla mes doigts et mon cœur palpita. Il mangea avec soin et je trouvai ça plutôt admirable qu'il fasse preuve d'autant de retenue alors que je me serais voracement jetée sur tout ce qui se trouvait sur la table à sa place.

-C'est très bon, vous l'avez faites vous-même ?

Je m'éclaffai.

-Mon dieu non ! Je l'ai acheté au supermarché.

Il fronça les sourcils. Je précisai donc.

-C'est comme un très grand marchand, ou une échoppe géante si vous voulez.

-Oh ! Très bien, oui, je pense que des choses ont du changer, je ne suis pas sorti depuis…

-Soixante ans ?

Il eut un sourire triste.

-Plus que ça.

Oui bien sûr, il ne devait pas voir autre chose que la chambre de ses maîtresses la plupart du temps. J'eus soudain pitié de lui, ou plutôt de ce qu'il avait dû endurer ces dernier milliers d'années.

-Je vous emmènerai, il faudra y retourner de toute façon en trente jours.

-Vous acceptez donc que je reste ici avec vous.

Ce n'était pas une question, plutôt une affirmation.

-Où iriez vous sinon ?

Il détourna les yeux et son regard dériva au loin, par delà la porte fenêtre.

-Nulle part je le crains. Je suis obligé de rester près de vous, d'assouvir vos besoins et ceux que vous engendrerez chez moi, sans ça, c'est la folie à coup sûr.

Je restai un instant bouche bée. J'allais vraiment devoir coucher avec lui alors, pas que l'idée me répugnais, bon sang c'était même le contraire, mais l'idée qu'il n'ait pas son mot à dire était révoltant pour moi. Il était une personne, un être humain et pas une vulgaire poupée gonflable sans sentiments, il aurait dû pouvoir choisir, il aurait dû pouvoir dire non.

-Je suis désolée.

Son regard retrouva le mien et il sourit gentiment.

-Ce n'est pas votre faute. Je sais ce que je suis, je l'accepte. Je suppose qu'on finit par s'habituer à tout.

Il avait murmuré les derniers mots et je baissai les yeux, je n'avais plus très faim tout à coup.

Je remplis à nouveau sa tasse de café et décidai de partir sur une note plus joyeuse.

-Comme on va vivre ensemble, je propose de laisser le vous de côté, si tu es d'accord.

Il me fit un sourire doux.

-Ca me parait bien.

-Tant mieux, ressers-toi autant que tu veux, je vais appeler mon amie Alice, pour qu'elle te trouve des vêtements. La salle de bain et dans le couloir, première porte à droite. Il y a du savon sur la baignoire et des serviettes dans le meuble. Tu tournes le bouton à gauche pour l'eau chaude et à droite pour l'eau froide. Si tu as un souci, appelle-moi.

-Très bien, merci Bella.

-C'est un plaisir.

Je partis avant de lui dire une ânerie plus grosse que moi et empoignai mon portable avant de m'affaler dans le canapé.

Alice hurla de joie à la mention «shopping» et elle me promit de faire au plus vite, et d'être là dans l'heure. Je vis Edward passer pour se rendre à la salle de bain et je fus rassurée lorsque j'entendis la douche couler, je n'avais pas besoin d'aller voir s'il s'en sortait…bien que ça aurait été tentant. Il en ressortit au bout de dix minutes les cheveux encore mouillés et je dus mordre l'intérieur de ma joue et enfoncer mes ongles dans le canapé pour ne pas le violer sur place.

Je n'allais pas survivre à ces trente jours.


Alice arriva alors que j'expliquais la fonction de la télé à Edward et il était tellement scotché à l'écran, complètement sidéré qu'il ne me vit même pas me lever pour aller ouvrir la porte.

Alice déboula devant moi comme un diable qui sortirait d'une boîte et entra en coup de vent dans mon appartement.

-Alors il est où cet apollon ?

Elle stoppa net en entrant dans le salon et je faillis lui rentrer dedans. Elle dévisageait Edward avec insistance, la bouche ouverte l'air sous le choc et si nous nous étions trouvées dans un dessin animé, on aurait pu voir de la bave dégouliner le long de son menton.

Edward qui avait tourné la tête à notre arrivée, passa sa main dans ses cheveux avant de refixer son attention sur la télé. Je vis tout de même qu'il était crispé et que sa mâchoire était serrée, signe qu'il n'appréciait pas vraiment l'attitude d'Alice à son égard.

Je donnai un coup de coude dans les côtes d'Alice.

-On fixe pas les gens comme ça Al, je te l'ai déjà dis, c'est mal élevé.

Elle cligna des yeux, parut se reprendre et me donna un sourire penaud.

-Désolée.

Elle s'avança vers le canapé, y déposa ses sacs et tendit une main devant le nez de mon copain de chambrée.

-Je suis Alice, enchantée.

Edward regarda sa main et lui tendit la sienne avec précaution.

-Edward.

Elle lui secoua vivement la main avant de le relâcher.

-Je sais. J'ai acheté deux ou trois choses pour dépanner, mais faudra y retourner. J'ai deux jeans, trois tee-shirts, sous-vêtements, une paire de basket, j'espère que ça sera à votre taille. Vous devriez essayer, qu'on voit ce que ça donne.

Edward me jeta un coup d'œil interrogateur et je hochais la tête en souriant. Il prit le premier sac, l'ouvrit avec précaution et en sortit un tee-shirt. Il l'enfila et ouvrit un second sac. Lorsqu'il en sortit un boxer et une paire de chaussette et que je vis qu'il relâchait la pression autour de la couverture qu'il gardait pour cacher sa nudité, je pris Alice par le bras et l'entrainait dans la cuisine.

-Viens je vais te faire un café.

Alice me suivit et roula des yeux lorsque je lâchai son bras.

-Tu n'es pas marrante, ça commençait à devenir intéressant.

Je lui jetai un regard courroucé.

-Sale perverse ! Tu es mariée je te rappelle !

Elle haussa les épaules.

-Regarder c'est pas de l'adultère ma petite !

-C'est ça ouais, je me demande ce qu'en penserait Jaz !

Elle mordilla sa lèvre inférieure et le sourire qu'elle me lança me fit pousser un gémissement.

- Raconte-moi Swan, je veux tout savoir !

Je reniflais bruyamment.

-Y a rien à dire, il a dormi sur le canapé et moi dans mon lit.

-En tout cas, il est canon, tu ne vas pas tenir le coup.

Je pris ma tête entre mes mains et soupirai.

-Bon sang, je le sais. Mais c'est tellement injuste, il n'a pas choisi son sort, il ne devrait pas être là. Tu connais son histoire ? Pourquoi a-t-il été maudit ?

Elle haussa les épaules et secoua la tête.

-Je ne sais pas Bella, il faudra que tu lui demandes.

-Oui, pas comme si on avait pas le temps d'apprendre à se connaître. Trente jours…

Alice me fit un sourire éclatant.

-Trente jours de débauche absolue ma petite, profites-en.

Je grognai et elle éclata de rire.

-Quoi ? On sait toutes les deux que tu vas craquer, pas besoin de…

Elle s'interrompit car Edward s'était adossé vers le bar de la cuisine et nous regardait craintivement, les mains le long du corps. Il n'avait pas l'air d'être à l'aise.

Il jeta un coup d'œil à son corps puis grimaça avant de me regarder d'un air inquiet.

-Est-ce que ça va ?

Si ça allait ? Bon sang, il était sublime.

Il portait un tee-shirt noir qui mettait en valeur sa musculature fine mais parfaite, et un jean bleu qui témoignait à quel point il était grand et bien foutu.

-C'est bien.

Je clignai des yeux aux paroles d'Alice et vit qu'Edward me fixait.

-Oui, parfait.

J'avais murmuré mais un sourire étira son visage et je me mordis la lèvre inférieure et détournant les yeux.

Alice jeta un coup d'œil à Edward avant de me regarder et roula des yeux.

-Bon je vous quitte moi, faut que j'aille bosser.

Elle fit quelques pas avant de s'arrêter devant Edward et de lui tendre la main.

-Ravie de t'avoir rencontré, on se reverra je pense.

Il acquiesça en lui serrant la main et je raccompagnai mon amie jusqu'à la porte.

-Laisse tes désirs parler pour toi ok ? On se voit bientôt.

Elle me serra un instant contre elle puis descendit les marches à toute allure avant de disparaître de sa démarche guillerette. Je soupirai et refermai la porte.

Je fermai les yeux pour me retourner avec, je l'espérais, un air serein sur le visage.

-On doit remplir le frigo et aller te trouver d'autres vêtements, tu es prêt pour faire les boutiques ?

Il grimaça, et passa sa main dans ses cheveux.

-Tu me dirigeras ? Pour ne pas que je sois…tu sais…ridicule…

J'éclatai de rire et il me regarda avec des yeux ronds, puis il parut peiné et cela me stoppa.

-Il n'y a rien de ridicule chez toi Edward, loin de là ! Tu n'as pas à t'en faire, je t'aiderai et tu vas voir des trucs super tu verras.

Il me fit un sourire timide et je partis me changer rapidement dans ma chambre avant de l'entraîner dans le tourbillon de la vie de Seattle.


J'espère que vous avez aimé ce premier chapitre, à jeudi prochain pour la suite.

* le cercle des immortels, l'homme maudit.

** dieu grec de la guerre